15/05/2009

Le roi du vallenato est mort

Rafael Escalona est décédé hier à Bogotà. Considéré comme le père du vallenato, il en était plutôt le plus grand chanteur, celui qui avait rendu célèbre ce style musical traditionnel, devenu grâce à lui emblématique de la Colombie. Un mélange de rythmes caraïbes accompagnés d'une note aigrelette d'accordéon diatonique. Une musique à la fois noire, hispanique et amérindienne, qui fait aujourd'hui chavirer le coeur de tous les colombiens.

Escalona ne chantait plus depuis de nombreuses années, mais certaines de ses chansons ont été reprises par les plus grands (ou les plus grandes, comme Withney Houston), sans qu'il en touche les droits, cédés à l'époque pour une bouchée de pain, comme l'autorise la législation américaine.

Voici en hommage un morceau de vallenato improvisé dans la rue par un groupe de copains, à Valledupar, la ville d'origine de cette musique.

http://www.youtube.com/watch?v=NmMweqwWZOY

Commentaires

Cher Philippe, je vous remercie de donner à certains de vos lecteurs l'occasion d'évoquer ce style de musique populaire colombienne un peu écrasée, dans le pays même par l'impact de la Salsa, sans parler d'imports encore moins authentiques. J'aurais tant à dire moi-même de l'impact sur moi du Vallenato, entendu pour la première fois sur les rives du Magdalena à Mompox (le lieu même des premières prises de vue du film "Chronique d'une mort annoncée" d'après le roman de Garcia Marquez) que j'y renonce pour ne pas transformer ce blog en un essai d'autobiographie, un peu loin de ses origines propres à Valledupar. Les interprétations étaient à cette occasion celles de Diomedes Diaz. Je me contenterai de dire que cet impact, vécu à 40 ans fut du même ordre d'intensité que celui qui me perça le coeur à l'âge de 17 ans lorsque sur un jukebox de la ville de Genève j'ai entendu tout par hasard Bessie Smith ("Imperatrice du Blues") chanter "Do your Duty". Chacun à sa manière, ils ont transformé ma vie à ces moments-là, ou du moins, ils y ont creusé des sillons à tout jamais. Comme le dit le poète nicaraguayen Rubén Garcia dans un poème où il fait d'un coup d'épée plantée tout près du coeur une métaphore de l'amour "si me lo quitas me matas, se me lo déjas me muero": si tu me la retires je meurs, si tu la laisse en place, elle me tue.
Bien à vous avec quelques souvenirs communs.

Écrit par : Mère | 18/05/2009

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