05/06/2009

Quand les trotskystes genevois marchent sur la tête

Solidarités, le parti de ceux qui se prétendaient jadis internationalistes, appelle aujourd'hui à manifester contre la remise d'un titre de Docteur Honoris Causa à Pascal Lamy. Ils le font de manière ignomineuse en le comparant à Jean Calvin qui a fait condamner à mort Jean Servet, tandis que le leader altermondialiste sud-coréen Lee-Kung Hyae s'est immolé à Cancun devant la réunion de l'OMC en 2003.

En dehors du fait que Pascal Lamy est catholique, ancien des Jeunesses Etudiantes Chrétiennes, et socialiste, il y a deux autres différences essentielles:

Pascal Lamy n'était pas encore en poste à l'OMC lors de la conférence de Cancun...

Jean Servet a été condamné. Lee-Kung Hyae s'est suicidé. De son plein gré. Par conviction politique et parce qu'il a choisi de devenir un martyr de la cause altermondialiste. Un martyr volontaire.

Ce faisant, il ne soutenait pas la cause des plus pauvres, qui sont beaucoup plus efficacement défendus par l'OMC de Lamy que par n'importe quelle autre Organisation Internationale, excepté peut-être le BIT, mais la cause des paysans largement subventionnés d'un pays développé, la Corée du Sud.


Les paysans subventionnés ont le droit de vivre, mais le fait est que les subventions qu'ils touchent font une concurrence déloyale aux petits paysans pauvres des pays qui n'ont pas les moyens de subventionner leur agriculture et qui se heurtent à nos barrières douanières, alors que nous avons impunément exporté nos produits chez eux durant des siècles (et pillé leurs ressources) pour asseoir notre prospérité.


Je rentre du Cambodge et du Vietnam où les discours sont unanimes, et c'est la même chose en Afrique, que je connais bien: les pays les plus pauvres ont un besoin vital de pouvoir accéder à nos marchés de manière stable et régulée, ce qu'organise précisément l'OMC. Et là-bas, l'OMC est acclamée. Accessoirement, nous avons nous besoin de matières premières et de débouchés pour nos produits, ce qui fait que globalement, tout le monde y trouve son compte.


Que Solidarités se range aux côtés de l'UDC ou du Front National pour soutenir la préférence nationale, et les intérêts des petits ou gros propriétaires suisses et occidentaux, dans une logique à courte vue, qui historiquement a toujours mené à la guerre, c'est son droit. Mais de grâce, qu'elle ne le fasse pas au nom de la défense des plus pauvres et encore moins de l'internationalisme prolétarien, car c'est là un mensonge éhonté, qui doit se faire retourner Trotsky dans sa tombe.

Commentaires

Au sein de la comission européenne, Lamy à toujours défendu une ligne dure du dogme néo-libéral, toujours au profit des multi-nationale, toujours contre le citoyen.

Alors, vous le voyez - avec vos jolie lunette noire - comme un saint, d'autres à l'esprit plus critique dénonce ces agissements qui nuissent au bien public.

Écrit par : Djinius | 05/06/2009

Les exportations mondialisées de produits alimentaires constituent une double aberration.

Le transport de matières qui sont légères consomme de grandes quantités d'énergie fossile.

D'autre part, cela consomme beaucoup d'eau pour des pays qui, souvent, en manquent. Il faut 1000 tonnes d'eau pour faire une tonne de blé. Et 16'000 tonnes d'eau pour une tonne de viande. Résultat : ces pays doivent pomper l'eau de plus en plus profondément, et assèchent leurs nappes phréatiques. En Andalousie, par exemple, l'eau se pompe aujourd'hui à plus de 1000 mètres de profondeur (ce qui consomme encore beaucoup d'énergie). Encore quelques années, et la contrée deviendra un désert.

Cette mondialisation des produits alimentaires représente la plus grande menace écologique qui pèse sur notre planète.

En outre, les conditions de travail dans la plupart des pays exportateurs de ces produits sont calamiteuses, et aggravées par ce phénomène de mondialisation.

Il est urgent de retirer à de l'OMC tout ce qui est agricole, et de le confier à des organismes prenant en compte ces facteurs, comme le FAO.

Écrit par : Soli Pardo | 05/06/2009

Oui, il faut taxer tout produit alimentaire qui voyage, afin de payer les coûts induits par l'atteinte à l'environnement et aussi par des moyens de conservation en réaluité nuisibles à la santé, sur le long terme. A cet égard, cependant, il ne faut pas raisonner de façon douanière, car des pays vastes comme la France peuvent très bien polluer pour transporter d'est en ouest ceci ou cela. Inversement, dans les zones frontalières, le transport est réduit. Il faut donc un gouvernement mondial pour taxer tout déplacement anormal de denrées alimentaires. D'ailleurs, le vrai scandale fut que les produits subventionnés en Occident aient pu se vendre en Afrique moins chers que la production locale. Mais vouloir sectoriser géographiquement tous les départements de l'économie est en réalité dangereux. La division rationnelle du travail appliquée de façon systématique au monde entier est un leurre. Ce qui est intelligent, c'est d'équilibrer les choses, afin de tenir compte notamment de la spécificité des produits alimentaires, qui sont organiques, et qu'on ne peut pas transporter comme un morceau de métal ou de plastique. S'il y a surproduction agricole, c'est simple: il faut améliorer la qualité par le biologique, voire alléger le travail pratique des agriculteurs par de la formation intellectuelle et le développement de leurs connaissances. On ne peut pas construire la civilisation en sapant sa base, qui est une alimentation saine et sûre, parce que fraîche.

Écrit par : Rémi Mogenet | 05/06/2009

CQFD: Djinius et Pardo d'accord, l'extrême droite et l'extrême gauche ensemble pour raconter n'importe quoi.
l'Andalousie fait partie de l'UE, et n'a nul besoin de l'OMC pour exporter vers l'Europe et la Suisse. Accessoirement le blé et la viande ne sont pas vraiment ses produits d'exports favoris. L'Andalousie s'est spécialisée dans l'exploitation de travailleurs magrébins importés pour produire des primeurs, qui pourraient être produits au Maroc... Mais qui ne le sont pas parce que les contingentements europèens les bloquent. Exactement ce que l'OMC dénonce.
La logique du commerce mondial est de faire produire là où c'est le mieux adapté, le plus performant, sans barrières douanières qui faussent le jeu, comme dans le cas de l'Andalousie. Ou de la Suisse, dont les paysans engagent au noir des travailleurs de l'Est (comme M. Fattebert, conseiller national UDC) pour produire ici ce qui pourrait l'être à meilleur compte pour tout le monde là-bas.
Prétendre que les conditions de travail des pays pauvres sont aggravées par le phénomène de mondialisation est un mensonge pur et simple. La mondialisation crée des conditions de travail et donc de revenu, là où il n'y en avait tout simplement pas.
Quand à Djinius, avant d'asséner des contre-vérités sur un membre de votre propre parti (si j'ai bien compris ?), peut-être serait-il utile de s'intéresser à ce que dit l'homme, qui lui voyage sans cesse dans le monde entier et déjà, en tant que commissaire européen, soutenait des projets de développement dans de nombreux pays pauvres, où les gens lui sont aujourd'hui encore très reconnaissants. Je viens d'en rencontrer.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/06/2009

Les objections de Rémi me semblent beaucoup plus recevables. L'OMC a d'ailleurs prévu toute une gamme d'exceptions et de mesures d'accompagnement dans le cadre des accords de Doha, comme l'avait expliqué Lamy dans son débat avec le rapporteur spécial de l'ONU de Schooter.
Cela étant, il y a des produits qui doivent se consommer frais et localement et d'autres qui se conservent mieux. les Incas cryogénisaient déjà leurs céréales ce qui leur permettait de les conserver plus d'une année sans perte de qualité. Et de les faire circuler dans tout l'Empire.
De même, l'huile d'olive, le vin et le blé circulaient sur tout le pourtour de la Méditerranée dès dans l'Antiquité. A l'époque, changement climatique oblige, le Maghreb et l'Egypte étaient les greniers à blés de l'Empire Romain. Aujourd'hui, l'Egypte ne pourrait pas produire assez de céréales pour nourrir sa population. Sans compter qu'on pourrait aussi se passer de bananes et d'oranges, par exemple.
A noter aussi qu'au niveau du bilan écologique (production de Co2 etc...) un kilog de haricots verts kenyan rendu en Europe est moins polluant qu'un kilog de haricot vert produit en Europe. Tout simplement parce que les moyens de production africains sont beaucoup plus économes en énergie que ceux de nos paysans...
Il faut se garder des généralités.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/06/2009

Ahhh ces sacrés lunettes déformantes.

Le destin de tout pays du sud qui s'ouvre trop au libre échange ressemble à cela ... : http://www.monde-diplomatique.fr/2008/03/VIGNA/15719

Alors, "CQFD" , extrême gauche, extrême droite même combat, d'autres arguments de poids comme ça ?

Écrit par : Djinius | 05/06/2009

Philippe,

Je serais vraiment intéressé de connaître votre analyse/réaction à l'article que j'ai cité sur le Mexique.

Écrit par : Djinius | 05/06/2009

Vous savez bien, Philippe, qu'on transporte des fruits de très loin, et que ces fruits sont cueillis, conservés et transportés dans des conditions qui ne sont pas saines. La catastrophe, tout le monde peut la constater, à présent, sur ce point. Combien des pommes ouvertes se révèlent pourries à l'intérieur? La France est d'ailleurs largement responsable, parce qu'elle place dans le marché commun même des productions alimentaires réalisées dans l'Outre-Mer. Même en tant que courroie de transmission de la France, l'Union européenne s'avère néfaste, puisqu'elle procède de la même façon.

Le problème de l'OMC est qu'elle ne regarde pas trop la qualité: du moment que la pomme a poussé et a été cueillie et qu'elle peut être pesée, elle est contente. D'ailleurs, si les effets sur le coût final de la pollution, ou des moyens de conservation ou de transport (coût environnemental et sanitaire) sont sous-évalués, l'OMC ne s'en soucie pas. Elle ne regarde que les chiffres. Or, par principe, des effets indirects et sur le long terme sont moins bien évalués que les effets directs et immédiats. Il y a donc simplement un manque de conscience, au sein de l'OMC. La vérité est que la qualité nutritive des aliments ne pas être chiffrée aussi bien que l'OMC le prétend et veut s'en convaincre afin que son travail soit plus facile.

Le principe qui doit, pour les légumes verts non secs et les fruits, c'est à dire, remarquez-le, tout ce qui porte en soi une humidité - de l'eau -, faire prévaloir non les coûts apparents mais la proximité est indispensable. Dire qu'on peut transformer l'eau des fruits en glace sans dommage pour la qualité des aliments est complètement idiot, selon moi. Or, l'OMC s'en contentera pourtant assez bien. Elle croit toujours à Hibernatus. Elle vit dans la science-fiction.

Écrit par : Rémi Mogenet | 05/06/2009

Errata : Combien DE pommes ; la qualité nutrive ne PEUT pas être chiffrée.

Écrit par : Rémi Mogenet | 05/06/2009

Djinius, la réponse est dans le chapeau de l'article que vous citez et si vous ne portez pas d'oeillères en guise de lunettes de soleil, vous en conviendrez:
L'OMC n'a rien à voir avec l'ALENA, au contraire. L'ALENA est un accord bilatéral, précisément du type de ceux que combat l'OMC car ils livrent pieds et poings liés les pays les plus pauvres aux plus puissants, selon le principe bien connu, diviser pour régner. Au contraire, les accords de l'OMC font négocier tout le monde ensemble et donnent du coup plus de poids aux pays pauvres.
Par ailleurs, l'OMC est précisément contre les subventions aux produits agricoles, qui sont bien ce qui a causé un problème au Mexique, où le maïs étasunien subventionné était vendu moins cher que le maïs local...
L'OMC prône des accords équitables et tous les pays, pauvres ou riches, petits ou grands, du nord comme du sud, doivent se mettre d'accord avant qu'un règlement soit adopté. C'est l'organisation al plus démocratique qui soit et c'est à un diplomate genevois, Arthur Dunkel, que j'eus l'honneur et le privilège d'interviewer - je le dis parce qu'il demeure l'une des personnes les plus brillantes que j'ai rencontrées - qu'on le doit.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/06/2009

Rémy, le job de l'OMC n'est en rien de se préoccuper de ce qui est vendu ou transporté, ou consommé mais simplement que cela le soit dans des conditions équitables et sans distorsions de concurrence. A chacun son boulot.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/06/2009

"A l'époque, changement climatique oblige, le Maghreb et l'Egypte étaient les greniers à blés de l'Empire Romain. Aujourd'hui, l'Egypte ne pourrait pas produire assez de céréales pour nourrir sa population."

Bien sûr la population n'a pas augmenté entre l'Antiquité et aujourd'hui. MDR!


"A noter aussi qu'au niveau du bilan écologique (production de Co2 etc...) un kilog de haricots verts kenyan rendu en Europe est moins polluant qu'un kilog de haricot vert produit en Europe."

Un autre mensonge, par un spécialiste ès qualité. Avec des généralités de ce genre on peut "démontrer" n'importe quoi. On en reparlera lorsque le prix du baril de pétrole aura quintuplé.

Et comme la production agricole suisse n'est pas rentable par rapport aux autres pays et en cas de respect des critères de l'omc, c'est l'agriculture suisse qui coulerait corps et bien. La division du travail agricole au niveau mondial, c'est la porte ouverte à des groupes qui contrôleront la production et la distribution, renforcées par les brevets sur le vivant.

Écrit par : Johann | 05/06/2009

Johann, apprenez à lire avant de mourir de rire. Le climat de l'Antiquité, plus froid qu'aujourd'hui, faisait que l'Afrique du Nord produisait énormément de blé.
Aujourd'hui, non seulement elle en produit moins, pour des raisons climatiques mais la population de l'Egypte a effectivement très largement augmenté, cela tombe sous le sens. Ce qui fait que le pays ne peut plus être autosuffisant alimentaire et donc qu'il lui faut importer...
Ce "mensonge" est le produit de calculs faits en Grande-Bretagne par les gens d'Oxfam, ONG bien connue et réputée pour le sérieux de ses travaux. Il n'y est pas question de prix (ni du pétrole ni de quoi que ce soit) mais d'équivalent carbone dépensés pour la production et le transport, plus de la pollution due aux engrais.
Accessoirement, l'impact des coûts de transport (bien que par avion) sur le prix d'un kilog de haricot vert est dérisoire. Lorsque le prix du pétrole aura quintuplé, il sera juste un peu moins dérisoire. S'il devient prohibitif, c'est très bien, les produits locaux redeviendront compétitifs. A moins que d'ici là, on développe les moyens de transporter autrement qu'en utilisant des moteurs à combustion...

Écrit par : Philippe Souaille | 05/06/2009

>>>>
Accessoirement, l'impact des coûts de transport (bien que par avion) sur le prix d'un kilog de haricot vert est dérisoire. Lorsque le prix du pétrole aura quintuplé, il sera juste un peu moins dérisoire. S'il devient prohibitif, c'est très bien, les produits locaux redeviendront compétitifs. A moins que d'ici là, on développe les moyens de transporter autrement qu'en utilisant des moteurs à combustion...

Écrit par : Sandro Minimo | 05/06/2009

Philippe, en réalité, il est totalement normal qu'un produit frais soit plus cher qu'un produit qui ne l'est pas. Or, l'OMC peut estimer que cela n'est pas équitable, si par exemple elle ne tient aucun compte de la qualité nutritive des aliments. Or, en perdant de sa fraîcheur, un produit perd de sa valeur objective. Mais cela ne se mesure pas mécaniquement. Si l'OMC ne veut pas tenir compte de la réalité de ce qui est produit et vendu, c'est qu'elle fait mal son travail, si les conditions de commercialisation elles-mêmes ont une influence sur le produit. Elle peut dire qu'elle fait confiance aux scientifiques, mais dans les faits, la nutritivité d'un aliment n'est pas réellement quantifiable, dans l'état actuel des connaissances: elle ne l'est pas d'une façon exacte. Dire qu'on fait confiance à la science est donc en l'espèce ne pas prendre ses responsabilités, et établir une équité abstraite. Il est inique que des fruits conservés artificiellement puissent venir concurrencer des fruits frais, et puis c'est tout. Une organisation normale du commerce exige qu'on calcule le coût de tout déplacement d'un produit qui souffre d'un déplacement, et qu'il soit facturé à l'exportateur. Si on part de la théorie que des fruits frais ne valent pas mieux que des fuits qui ont été déplacés, on devient inique avec les producteurs qui vendent près de chez eux, puisqu'ils offrent en réalité un service supérieur. Et ce n'est pas parce que l'OMC n'a reçu aucune information sur ce sujet qu'elle est innocente, puisqu'en fait, c'est son rôle de commander des études justement pour que cela soit mieux établi.

Écrit par : Rémi Mogenet | 05/06/2009

Mais Rémi, si les Suisses ou les Français préfèrent acheter des prunes du Chili moins chères que les prunes d'ici, mais en toute saison et ce bien qu'elles soient sans saveur et d'une texture désagréable, c'est leur problème...
L'OMC n'intervient en rien dans cette histoire. Ce qu'elle dit, c'est juste que les Chiliens ont le droit de vendre leur mauvaises prunes si ils veulent. Et les Français ou les Valaisans de vendre les leurs, meilleures. Et plus chères. Mais qu'il n'y a pas vraiment de raison de les subventionner, ou d'imposer des barrières douanières aux mauvaises prunes chiliennes. Qui sont objectivement mauvaises. C'est au consommateur de trancher. Qui doit être informé de la provenance pour pouvoir choisir sans se faire arnaquer.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/06/2009

Philippe, envoyez-lui un bon pour un plein d'essence !!!

Écrit par : Octave Vairgebel | 05/06/2009

Il y en a qui n'ont toujours pas compris que le commerce mondial ce fait dans les 2 sens.Vouloir limiter voir interdire les importations de fruits et légumes de l'autre bout du monde pour des raisons idéologiques sur fond de protection du climat,celà n'empêchra pas "l'autre bout du monde"de fair idème sur nos produits d'exporatation.

Que dira t'on le jour ou les Japonais interdirons l'importation sur leurs territoire des montres suisses,par souci d'écologie en prétextant que eux sont capable de faire des montres de bonne qualités.

Du reste il serait insultant,de ne plus importer des denrées alimentaires sur le sol européens et de continuer à autoriser les exportations de ces mêmes produits.Pour ce derniers,rare sont cuex qui voudraient arr^ter le commerce mondial dans les deux sens.On connait très bien les réactions souvant violantes des agriculteurs.

D.J

Écrit par : D.J | 05/06/2009

Moi je pense que si, il faut faire des dons aux agriculteurs qui font des bons produits, ou qui présentent de bons produits sur le marché, exactement comme on fait des dons aux artistes qui font du bien au peuple. L'économie qui fonctionne seulement sur la loi de l'offre et de la demande est ridicule, car il n'est pas vrai que les produits soient dénués de valeur propre, et que tout prix est arbitraire et subjectif. L'humanisme dans l'économie, c'est justement de ne pas laisser les pulsions des consommateurs diriger l'économie. Car prétendre que le consommateur achète toujours en connaissance de cause ou qu'il pourra le faire bientôt, c'est vraiment soit être naïf, soit être hypocrite. Vendre de la cochonnerie et dire qu'on en a le droit dès qu'on trouve des acheteurs est en réalité parfaitement immoral. Or, réguler l'économie, c'est aussi la moraliser. L'humaniser, c'est aussi la moraliser. Parler seulement d'égalité théorique sans intérêt pour l'essence même de l'économie, qui n'est pas de vendre tout et n'importe quoi, mais de produire des biens utiles, correspondant à un besoin, je trouve cela inepte.

Écrit par : Rémi Mogenet | 08/06/2009

On avait l'avant-garde auto-proclamée du prolétariat, voici venue l'avant-garde auto-proclamée des consommateurs de tous pays. J'ai fortement l'impression que la grosse connerie sous-jacente au commentaire précédent fera cependant moins de morts. Le ridicule ne tue pas. Malheureusement.

Écrit par : Géo | 08/06/2009

Votre dernier billet ne s'affiche pas, Souaille. Vous devriez demander conseil à David Laufer...
Je suis impatient de lire ce que vous avez à dire sur les egos surdéveloppés des politiciens...

Écrit par : Géo | 08/06/2009

"Moi je pense que si, il faut faire des dons aux agriculteurs qui font des bons produits, ou qui présentent de bons produits sur le marché,"

Pourquoi? parce que donner chaque année 4 millards de Fr aux agriculteurs n'est pas suffisants?

D.J

Écrit par : D.J | 08/06/2009

Il faudrait mieux les répartir, afin d'aider l'agriculture biologique.

Écrit par : R.Mogenet | 09/06/2009

(Car supprimer les subventions, dans les faits, ruinerait les agriculteurs occidentaux, en tout cas français, et la proximité déjà serait impossible, et donc favoriserait forcément les produits non frais. Il faut savoir qu'officiellement, les légumes verts et frais congelés ne sont pas moins bons que les légumes frais et verts non congelés: c'est ce que disent les nutritionnistes patentés. Or, pour ma part, à tort ou à raison, je suis persuadé du contraire. Un légume qui a été congelé pourrit beaucoup plus vite. On peut dire: Oui, il faut le manger tout de suite. Mais ce n'est pas la question: s'il pourrit plus vite, c'est parce que sa force énergétique s'est déjà dissipée. Or, une fois dans l'organisme parce que consommé, ce légume donc ne donne pas l'énergie qu'on peut attendre de lui. Donc, il ne faut pas mettre fin aux subventions. Mais il faut les donner mieux, à ceux qui produisent d'une façon saine, afin que la santé publique s'améliore. Si on veut l'égalité, il n'y a qu'à aussi donner des aides aux producteurs africains qui font dans le biologique pour la population qui est proche de leur lieu de production.)

Écrit par : R.Mogenet | 09/06/2009

"Car supprimer les subventions, dans les faits, ruinerait les agriculteurs occidentaux, en tout cas français,"

Il se ruineraient ( du reste il se ruinent déjà malgré les millards)tant qu'ils se comporteront comme des corporations syndicalistes au lieu de se comporter comme de vrais entrepreneurs qui se feraient pour commencer,concurrence entre eux. Je ne serais pas par principe,opposé à des aides ciblées,comme pour des récoltes foutues pour cause d'intempéries ou de sècheresse.

D.J

Écrit par : D.J | 09/06/2009

La vraie concurrence libre serait qu'on permette aux agriculteurs de concurrencer les autres secteurs. Or, la vérité est qu'on n'aide pas les agriculteurs pour leurs beaux yeux, mais afin que les prix des denrées alimentaires restent bas: on veut que tout le monde puisse se nourrir. Le droit à se nourrir fait de l'agriculture une sorte de service public. Si l'agriculture était libéralisée, elle ferait supporter aux consommateurs les coûts de production. Alors, adieu les achats de machines-gadgets en tous genres, pour la plupart des gens. Adieu aussi les grosses fortunes créées par l'industrialisation que permet la fabrication de ces machines-gadgets, car l'agriculture ne peut pas être rationalisée et globalisée de la même façon que la fabrication des machines: elle dépend trop de la nature et du climat.

La concurrence entre les agriculteurs cependant existe déjà: les fromages entre eux ne sont pas complémentaires; si le reblochon est trop cher, les consommateurs achèteront du camembert. Il n'y a pas de solidarité particulière, en fait, entre les producteurs de reblochons et les producteurs de camemberts. Le public à cet égard montre fréquemment sa méconnaissance du fonctionnement de ce secteur.

Écrit par : Rémi Mogenet | 10/06/2009

Je dois être un consommateur atypique car bien que faisant régulièrement les courses, je ne me souviens pas avoir jamais choisi d'acheter du Reblochon ou du Camenbert ou du Mascarpone ou de l'Etivaz en fonction du prix (même quand j'étais fauché) mais uniquement en fonction de l'envie que j'en avais (et de l'attention que je portais à ce moment là à mes poignées d'amour et à mon taux de cholestérol... :-)

Écrit par : Philippe Souaille | 10/06/2009

C'est bien, Philippe, mais les gens que je connais qui font les courses régulièrement et qui établissent un budget clair pour leur nourriture ne font pas comme vous, et je peux vous dire que vous devez vraiment être minoritaires, ou qu'en tout cas ceux qui font comme vous ne doivent pas être significatifs, car que le reblochon se vende moins bien s'il est trop cher, je ne le tiens pas d'une conjecture personnelle, ou d'une intuition humaniste, mais de mon beau-frère, qui produit du lait à reblochon. Est-ce que vous avez parlé avec beaucoup de prfessionnels du secteur, avant de vous faire une opinion, Philippe?

Écrit par : Rémi Mogenet | 10/06/2009

"Si l'agriculture était libéralisée, elle ferait supporter aux consommateurs les coûts de production."

Elle le fait déjà supporter.En le faisant payer à double.Le produit et en 2 par les impôts.

D.J

Écrit par : D.J | 10/06/2009

Les commentaires sont fermés.