15/07/2009

Medellin, une histoire, combien de vérités ... Et Shakira en prime

Il y a toujours plusieurs facettes à une histoire. Celle que rapporte aujourd'hui un reporter de la Tribune, connu pour ses opinions clairement anti-uribistes et néanmoins invité par le gouvernement colombien pour un voyage de presse est assez exemplaire. Parmi le groupe de repentis, para-militaires ou guerilleros d'extrême gauche qu'il a rencontré, travaillant ensemble dans le même programme, - ce qui est une réussite en soi, bien que non soulignée - il y en a un qui s'est vanté de nombreux crimes, tous plus horribles les uns que les autres. Evidemment, c'est un para-militaire.

C'est statistiquement logique, car ils sont beaucoup plus nombreux à avoir déposé les armes. parce que leurs chefs ont accepté de le faire, tandis que les chefs des FARC s'y opposent toujours et surtout, font exécuter les guérilleros qui se rendent et parfois leurs familles avec. Ce qui oblige le Gouvernement à les changer de région, lorsqu'il y en a - tout de même plusieurs milliers à ce jour - qui désertent, envers et contre tout.

Dommage, car on aurait pu avoir un gros titre de la Tribune disant "pour devenir guérillero, j'ai du exorbiter les yeux d'un enfant de 12 ans, couper la langue d'un père de famille, poser des mines sur les chemins d'accès aux champs d'un village, faire exploser une église emplie de femmes,de vieillards et d'enfants..." Toutes atrocités reconnues et officiellement imputées à des guérilleros d'extrême-gauche. La guerre est une saloperie, et personne n'en sort indemne. ce que tente de faire aujourd'hui la Colombie et son Gouvernement, c'est d'en sortir malgré tout. Tant bien que mal.

Seulement, il y a des forces qui ne s'en satisfont pas. Qui voudraient encore et toujours se venger des atrocités bien réelles que leurs copains ont subies, tout en oubliant celles qu'eux-mêmes ou ces mêmes copains ont infligées. La loi Justicia y paz, qui préside à la démobilisation en Colombie, est inspirée du processus de réconciliation sud-africain. le but, clairement affiché, est de tirer un trait sur le passé, qui est passé, de panser les plaies, avec les moyens du bord, et de repartir ensemble pour l'Avenir.

"Unis et Libres" est le slogan qui réunit aujourd'hui l'immense majorité des Colombiens. Libres des angoisses du passé et unis dans la volonté de construire un avenir meilleur.

Ce pauvre type, donc, raconte avoir commis les pires atrocités, et n'a pas été jugé pour cela. Il s'en veut. C'est le prototype même du repenti, à l'image de tous ceux que j'ai rencontrés et interviewés, à Medellin également en décembre 2008. Qui n'avaient pas de mots assez durs pour ceux qui, d'un bord ou de l'autre, refusaient de cesser le combat - ou y retournait ou se replongaient dans le narco-traffic. Plaie numéro un de la Colombie, comme du Mexique ou de l'Italie du Sud, qui lui servent de relais.

Le programme prévoit de juger les chefs et de réinsérer sans autres le menu fretin. Un exécuteur est-il un chef ou le menu fretin ? La question est existentielle et politique. Mais tant qu'on ne la posera que d'un côté, et avec l'évident désir de gêner le gouvernement, fustigeant aussi bien sa sévérité (quand il extradie) que sa clémence (quand il néglige les meurtres de la piétaille), on ne fera pas avancer d'un iota la cause colombienne.

On écrira juste quelques lignes partisanes, quelques lignes de plus, unilatérales, bien qu'ayant bénéficié de la très grande liberté de la presse qui règne en Colombie, au point d'en reprendre avec délectation les titres des journaux lorsqu'il attaquent le gouvernement... mais curieusement, tiens, tiens, jamais lorsqu'ils l'encensent ! Il peut n'y avoir qu'un cheveu entre le journalisme et la propagande, et ce n'est certainement pas le fait d'être payé pour faire l'un plutôt que l'autre qui fait la dfférence.

Êt comme c'est cette semaine la fête nationale colombienne, voici un joli cadeau : un extrait d'un concert pour la paix et la réconciliation, qui est tenu à Leticia, cité martyrisée par la guérilla, capitale de l'amazonie colombienne. Avec, en gust star : Shakira

http://www.youtube.com/watch?v=MWlhkUlY0Cg

Commentaires

Plusieurs façettes à l'histoire:
1. Uribe et ses copains contrôlent l'ensemble de la presse colombienne...alors question propagande, les colombiens sont bien servis.....
2. PLus de 50 sénateurs appartenant au parti de M. Uribe sont sous enquête pour lien avec les paras....
3. Il y a des scandales à répétion au sein de l'armée pour leurs liens avec les paras et les narcos
4. Et sans oublier de nombreux scandales concernant l'élection de M. Uribe ( achat de vote)
5. La Colombie tient le triste record de syndicalistes tués par balle, malgré les promesses de Monsieur le président pour les protéger

Cette liste d'atrocité est loin d'être exhaustive........alors prétendre que la situation s'améliore est une grossière erreur de jugement.

Écrit par : polt | 15/07/2009

Je retrouve ici certains de mes points de vue qui sont si difficiles à faire
comprendre en Europe. Du coup je me suis toujours dit que je choisissais mal mes
mots... Mais je ne suis pas sure que votre blog soit compris....
Mes points de vue: il n y a pas de tout blanc tout noir. Toutes les parties du conflit sont pourries ou tachées, l'innocence n existe pas. Je comprend que cela soit ainsi, je ne serai pas douce non plus si on touchait à ceux que j'aime. Tendre l'autre joue n'est pas pour moi. Mais après 12 ans passés en Colombie je suis arrivée à la conclusion qu'il FALLAIT faire la paix, et, tout le monde étant coupable, qu'il fallait faire le poing dans sa poche et, non pas pardonner, non pas oublier (surtout pas !), mais accepter de faire le pas tous ensemble vers le futur.

Ici, en Europe, les gens pensent qu il faut prendre position, pour la
guérilla ou pour le gouvernement… mais en Colombie il y a plus de liberté… Il y a toujours une loi qui dit le contraire de l'autre et même quand cela n'est pas le cas on peut faire comme si… Je connais des gens qui ont réussi à divorcer et à se remarier alors que le divorce n’existait pas à l’époque
en Colombie.

La Colombie n a pas besoin de juge extérieur, les Colombiens aimeraient bien que leur pays cvesse d'être la bête noire du reste du monde. Certains attendent de l'aide, mais avec Uribe je crois que cela est révolu, on n’attend plus le sauveur de la Colombie, on travaille tous pour aller de l'avant et tant pis pour ceux à l’étranger qui ne comprennent pas.
Par contre la dernière fois ou je suis allée à Bogota, en 2007, j'ai vu un pays qui allait beaucoup mieux, même très bien économiquement, mais peut être trop
bien..... avec une impression que l'argent de la drogue s'était démocratisé... Ce qui m'a été confirmé par des amis colombiens.... et la drogue, c'est vraiment la poisse

Écrit par : Epiphanie | 16/07/2009

Polt pense qu'être convalescent et la même chose que d'être toujours malade.

M. Souaille n'a jamais prétendu que la colombie et devenu aussi développé et politiquement stable,que les pays de l'union européenne.Mais il y a certainement un tas d'indice comme le PIB qui montre que ce pays et sur la bonne voie.Même si il y a du chemin à faire.

D.J

Écrit par : D.J | 21/07/2009

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