03/08/2009

CEVA : Un barreau sud qui oublie le Châblais

 

Il suffit de prendre une carte de la région pour comprendre que le barreau sud devra tôt ou tard être relié au réseau de transport publics, mais qu'il n'est pas la réponse adaptée et prioritaire aux problèmes de la mobilité genevoise. Contrairement au CEVA.

Arguer qu'il collecterait plus de pendulaires motorisés n'est pas vrai. Ceux-ci passent la frontière en nombre à cet endroit parce que c'est là que l'autoroute franchit la frontière, mais l'autoroute longe toute la frontière et passe aussi par Annemasse. Le transfert route-rail se fera là où se feront les parkings d'échange pratiques, en France. Et pour le moment ils ne sont prévus nulle part, ce qui est certainement une faille des deux projets. Mais incontestablement, la variante CEVA drainera davantage de clientèle française que la variante Saint-Julien.

Derrière l'agglomération annemassienne, il y a en effet la vallée de l'Arve jusqu'à Cluses et Saint-Gervais, et surtout, surtout, tout le Châblais savoyard, jusqu'à Thonon qui sont de très importants bassins de peuplement frontalier et qui sont desservis par des voies ferrées. Il ne faut pas compter les faire passer par Saint-Julien pour se rendre à Genève, à l'aéroport ou sur Vaud, car ce serait un détours par l'autre bout du Canton.

Tandis qu'Annemasse étant situé au milieu, on peut très bien imaginer qu'une liaison ferroviaire soutenue de Saint-Julien vers Annemasse aurait quelques chances de succès, en attendant qu'un barreau de sud digne de ce nom soit tiré pour un tram. En attendant, un bus amélioré peut très bien faire l'affaire, puisque précisément le réseau routier rapide et performant en offre l'opportunité.

Les opposants au CEVA oublient de plus que la première fonction d'un métro ou d'un RER est de desservir et relier des zones urbaines à forte densité. C'est incontestablement le cas du CEVA. Tandis que le barreau sud relie une bourgade à une zone de fret, en passant par la campagne. Ils n'ont à vrai dire qu'une vision étroitement genevoise d'une région qui s'étend pourtant bien au-delà.

Normal, puisque l'opposition au CEVA se nourrit de la rencontre entre plusieurs sensibilités et intérêts, où l'on retrouve pêle-mêle des tenants d'une vieille hypothèse qui refusent de s'avouer battus, des opposants professionnels proches du MCG et des habitants de Champel apeurés par l'idée d'être reliés à la populace par un métro... Avec le risque bien réel de réunir une de ces majorités de circonstance qui en agitant le porte-monnaie aux yeux de l'électeur genevois est capable de paralyser tout projet d'avenir dans ce canton...

Commentaires

Si je puis me permettre, Philippe, Chablais s'écrit sans accent circonflexe.

Écrit par : Rémi Mogenet | 03/08/2009

Je ne sait pas si les autorités françaises vont investir dans des infrastructures pour faciliter l'éxode vers la Suisse,de leurs mains d'oeuvres qualifées?

Je me souvient d'un député UMP de la france voisine,demandant au parlement français de ne pas ratifier l'accord sur la libre circulation avec la Suisse.

Ce refus du député était dû notemment à l'explosion du coût du terrain et de la construction en France voisine de Genève.

Bon,heureusement pour nous que la France a ratifié cet accord.Car de toute façon,concernant l'exode de l'emplois en France vers la Suisse,est dûe avant-où à leurs politiques et non de la notre.

D.J

Écrit par : D.J | 03/08/2009

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