05/08/2009

Le pois de la France... et de la Suisse

Mon film "Le Secret des dieux" (première mondiale le 9 09 09 en soirée de clôture du Festival Médias Nord sud) parle entre autres du CEB, le Chief Executive Board, la conférence réunissant deux fois par an, alternativement en Suisse et aux Etats-Unis, les chefs des principales organisations intergouvernementales mondiales. Un véritable conseil des ministres du monde, qui devrait se réunir plus souvent. Où l'on constate qu'aucun pays ne compte plus d'un représentant parmi les 26 membres, sauf deux... les Etats-Unis (qui en ont quatre) et la France qui en a... quatre aussi !

L'Afrique francophone est aussi assez bien représentée, mieux que l'Asie en tout cas, et parmi les curiosités, il y a un saoudien... qui est une saoudienne ! Les femmes étant par ailleurs, là aussi, sous-représentées. Cette surreprésentation française tend à infirmer les ranking universitaires mondiaux, puisque l'ENA et Polytechnique sont au moins aussi bien représentés que Harvard... D'aucuns insinuent que la forte rivalité onusienne entre les obédiences fraternelles francophone et anglo-saxonnes y serait pour quelque chose.

Plus fondamentalement, il me parait évident que c'est le fruit direct du siècle des Lumières, qui fit la République Française comme les Etats-Unis... et la Suisse, car n'en déplaise aux nostalgiques du Grütli, la Suisse moderne est bel et bien née de la Révolution française et de l'intervention bonapartiste. Au même titre (et c'est là qu'on voit combien les destins des peuples sont liés) que la Suisse romande et la région genevoise ont joué un rôle essentiel dans la Révolution française.

Parce que ses banquiers prêtaient, ou ne prêtaient plus, au Roi, parce que Necker était son ministre, parce que Rousseau, Voltaire et Mme de Staël, parce que Marat, parce que les cent suisse, parce que les émeutiers qui ont pris la Bastille étaient dirigés par d'anciens mercenaires helvétiques, parce que la Révolution genevoise, avortée, a servi de ballon d'essai à celle de Paris... Bref, la France et la Suisse, ensemble se grandissent mutuellement, et la Genève internationale leur permet d'être aux premières loges.

A l'heure où la mondialisation politique, après la mondialisation économique, s'impose comme le recours naturel et la solution aux problèmes dramatiques de la planète, où les nations, peu à peu perdent de leur intérêt, il est bon de se souvenir qu'il restera toujours des groupes d'intérêts et de leur histoire, de l'Histoire, qui nous fait ce que nous sommes.

 

 

 

 

Commentaires

"d"eufel !
Bonjour Philippe,
il manque un "d" quelque part dans le titre, me semble-t-il.
(effacer ce comm' après correction)

;o)

Écrit par : Blondesen | 05/08/2009

On ne parle même pas de l'influence du Vicaire savoyard sur Robespierre et Napoléon...

Écrit par : Rémi Mogenet | 05/08/2009

Le pois de la France... et de la Suisse?

... En parlant de pois vous avez oublié l'Écosse!

Écrit par : Père Siffleur | 05/08/2009

Drôle de titre ! sic

Écrit par : Charly Schwarz | 05/08/2009

Un petit pois mais une grosse faute.~:o)

Écrit par : Azrael | 05/08/2009

Cher Philippe, voilà une information intéressante. Très peu de médias évoquent ce CEB.Et je partage entièrement ta vision sur l'étroitesse des rapports franco-suisses. Il est évident que Genève et la Suisse ont tenu un rôle éminent dans la Révolution de 1789. Il est tout aussi évident que l'Acte de Médiation de Bonaparte a permis à la Suisse moderne de naître. Il est troublant de constater que cet apport réciproque est aussi ignoré en France qu'en Suisse, notamment outre-Sarine.
De même, le poids - AVEC UN D, FOURTREMERDRE, ON NE CAUSE PAS PETITS POIS! - de la France au sein du CEB a de quoi faire réfléchir les yankolâtres. J'ai toujours cru que la France devait poursuivre et développer sa vision originale du monde, au lieu de faire comme les autres pays européens qui suivent les Anglo-Saxons comme des moutons de Panurge. Dont d'ailleurs, Washington n'a rien à foutre, sinon pour les tondre en cas de besoin. C'est pourquoi la décision de Sarkozy de rejoindre le commandement intégré de l'OTAN est pire qu'une erreur symbolique, comme l'ont fustigé deux anciens premiers ministres gaullistes, Juppé et de Villepin. Bien à toi JNC

Écrit par : Jean-Noël Cuénod | 05/08/2009

Ouille ouille ouille, on ne se relit jamais assez !
Un d oublié, même par inadvertance, c'est un peu de crédibilité qui s'envole... Mais bon j'assume, et je laisse ce gros titre évocateur de petits pois... verts et anglais, bien sûr comme il se doit, ce qui permettra ainsi à la perfide Albion d'être présente au CEB où elle ne compte aucun représentant !
Une précision encore, sur les 7 femmes parmi 19 hommes, 3 sont étasuniennes, et aucune française. Machisme pas mort, au pays de Marianne.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/08/2009

C'est la purée de poix.

Écrit par : J. Nizard | 05/08/2009

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