15/08/2009

Besida Chair et Besida Lumière

Cette semaine, je terminais le montage d'un film sur la gouvernance mondiale. L'aboutissement de 4 années d'efforts intenses et parfois difficiles, huit, même, si l'on part du tout début…

Un moment particulièrement heureux de mon existence, qui eût été parfait si mon horoscope ne m'avait pas annoncé personnellement mardi matin que j'allais recevoir ce jour là des nouvelles brutales.

Sur le moment, je n'y ai guère prêté attention, mais lorsqu'on m'a appelé, une heure plus tard, pour m'annoncer la mort soudaine de Besida Tonwe, je me suis vraiment senti bizarre.

Elle était ma plus vieille amie. Ma meilleure amie. Elle était aussi une source d'inspiration pour mes livres et mon film sur cette gouvernance mondiale, qui s'avère tous les jours davantage indispensable.

Par nos longues conversations téléphoniques au cours desquelles elle me racontait ses expériences sur le front de la guerre et de la paix… Par son être même, sa lumière et son cosmopolitisme… Tellement intelligent.

Nous nous parlions de nos amours aussi, et de nos divorces. Une vraie amitié, solide depuis trente ans.

Cette semaine donc, aurait du être un moment parfait. Elle ne l'a pas été. La perfection n'est pas de ce monde, sauf peut-être en Besida. Personnellement, en trente ans, y compris dans la vie quotidienne, à New York, Abidjan ou Genève, je ne lui ai connu aucun défaut !

La bonne nouvelle c'est que si les moments totalement parfaits n'existent pas, les moments totalement imparfaits n'existent pas davantage. Sauf la mort d'un être cher bien sûr. D'un être de chair….

Mais tout ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort, et la mort d'un proche aussi. Parce que Besida était positive en toutes circonstances, qu'elle n'aurait pas voulu qu'on oublie que la vie continue. Et parce si l'athée que je suis est persuadé d'une chose c'est que si quoi que ce soit existe au-delà, Besida Lumière va utiliser toute son énergie à faire que les choses aillent mieux.

Je l'imagine très bien aller discuter avec les grands de ce monde, dans leur sommeil, comme elle le faisait de son vivant, avec les chefs de guerre et de bandes rebelles, en Côte d'Ivoire ou dans la Corne de l'Afrique. Le message sera le même: mieux vaut la palabre et l'échange que le chant des armes et le cri des mères.

Commentaires

A travers votre écrit, Besida reste bien vivante. Merci de nous la faire ainsi connaître.
Avec toute ma sympathie.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 15/08/2009

J'ai connu Besida à Dijon lors de nos études c'était déjà une grande dame généreuse de coeur. Elle était une référence pour nous, elle était dans notre groupe notre guide. J'aurai tellement aimée la revoir. Je garderai un souvenir impérissable de notre rencontre.
Dalila

Écrit par : serradj | 18/10/2009

Je conserve jalousement mon encart de la Tribune de Genève avec votre article.
Ma grande soeur à tous les niveaux. J' ai appris, il n'y a pas longtemps qu'elle avait fait ses études supérieures à Dijon, ma ville de naissance.
Elle était majestueuse sur son lit au funérarium. Il faut le faire quand même, jusqu'à la fin, oui c'est bien Besida.
A jamais.

Écrit par : andela catherine | 25/10/2009

C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris il y a quelques semaines la mort de Besida. Je l'ai bien connu car ayant fait mes études à Dijon.
Bien aprés, quand nous avons commencé à travailler, je la voyais notamment à NY et à Genéve. Ensuite, on s'est perdu de vue.
Je garde un excellent souvenir de Besida qui était pleine de lumiére et de vie.
Que Dieu l'accueille en son paradis. Amen

Écrit par : Souleymane DIOUF | 30/10/2009

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