18/08/2009

Pour le bien des citoyens genevois

C'est un parti politique qui prétend agir pour le bien des citoyens genevois. En toute logique, il devrait donc être favorable à la réunion des deux réseaux ferroviaires du Canton, qui vont permettre d'améliorer d'un coup l'accessibilité en diminuant les nuisances automobiles frontalières, tellement décriées.

Certes, ce n'est pas le remède miracle solutionnant tous les problèmes de transport du canton, mais il en améliore plusieurs et en plus, c'est le seul à être prêt et financé, là maintenant, tout de suite. Comme le CEVA va très certainement simplifier notablement le quotidien de ceux qui vont pouvoir l'emprunter, et améliorer celui des autres, qui verront la paralysie et la pollution du centre diminuer, on pourrait s'attendre à ce que le MCG l'appuie. Il n'en est rien. Ce parti de neinsäger invétérés fait entendre sa voix, une fois encore.

On se perd en conjectures. D'où vient une telle contradiction entre les buts affichés et la réalité des faits ? La diminution des nuisances frontalières n'est-elle pas un objectif de ce parti ? C'est là qu'on réalise qu'à l'instar de tant d'autres partis obsédés par la prise du pouvoir avant lui, le MCG a un fond de commerce et que si les récriminations qui accompagnent ce fond de commerce lui font défaut, il perd sa raison d'être.

Moins de frontaliers en voiture, bien visibles dans les embouteillages du matin, c'est moins de voix potentielles pour les râleurs xénophobes. Le MCG n'y a donc aucun intérêt. D'où son action contre le CEVA, pour que la situation reste bloquée, et que la paralysie du canton le renforce. Une attitude factieuse et indigne. Qui va nous coûter encore un peu plus, sous prétexte d'économies ! Il est vrai que logique et politique ne font pas toujours bon ménage,

Commentaires

Là mon cher Philippe, on va diverger. Juste une question, peux-tu me dire combien seront-ils "ceux qui vont pouvoir l'emprunter". Quant au centre paralysé et pollué, l'Office de l'immobilité n'a pas attendu le CEVA pour le rendre inaccessible sauf l'axe Versonnex Mont-Blanc effectivement encore largement ouvert. Là, seul le bouclement du périphérique offre la solution. Et si plutôt que le CEVA on doublait cette autoroute Etrembières Vengeron d'une ligne de chemin de fer Annemasse Cointrin, on ferait d'une pierre deux coûts (route et rail sont financés par des budgets distincts à Berne). Et l'on pourrait peut-être même s'épargner le tunnel de Vésenaz et une nouvelle guerre de tranchée. ça fait 100 ans que le CEVA est un mauvais projet, mais aie confiance, il finira par se réaliser. Un mot encore, le retard actuel du CEVA n'est pas dû au référendum mais aux recours dont plusieurs s'avèrent justifiés et aux corrections et compléments exigés par l'Office fédéral qui on d'ailleurs débouché sur un budget qui a passé en sept ans de 940 millions à 1,45 milliard. On n'est pas loin du syndrome du stade. Bonne journée.

Écrit par : jf Mabut | 18/08/2009

Hello Jean-François, ta position anti-CEVA ne m'avait pas échappée.
Je peux comprendre que dans ton coin de canton, la liaison avec St-Ju puisse paraître prioritaire, mais ayant moi-même habité sucessivement, en trente ans, Annemasse, Saint-Julien, Annemasse, Massongy, Veigy, Gaillard, Annemasse et finalement Sciez avant de rejoindre Bellevue puis Carouge, le dessin du CEVA et de ses raccordements secondaires ne parait nettement le plus opportun. Pas idéal, mais opportun et prêt.
Comme partout, dans le monde entier, il relie les zones les plus densément peuplées en passant par des zones tout aussi densément peuplées, en utilisant de plus un maximum d'infrastructures ferroviaires existantes.
Pour le reste bien évidemment qu'il faut une traversée du Lac, mais ce n'est pas en torpillant le CEVA qu'on va la faire avancer d'un iota au contraire. Et vouloir embringuer les automobilistes dans ce baroud d'honneur anti-CEVA est mensonger. Le CEVA améliorera la circulation en ville en réduisant le nombre d'automobilistes, c'est une certitude.
De combien, je ne suis pas devin et ce genre d'études est de toute manière bidon, car il est impossible de prédire à l'avance quel sera l'impact (pourtant forcément réel) auprès de ceux, privés commerces et entreprises qui vont chercher à venir s'installer à proximité de ses gares parce que plus pratiques. L'ardeur que mettront les Français à installer des parkings d'échange et des liaisons connexes efficaces sera par ailleurs essentiel.
J'ai pu constater l'efficacité redoutable de solutions de transports en commun assez proches du CEVA dans l'esprit, dans les mégapoles d'Amérique Latine. Je pense par exemple au Transmillenio de Bogota, qui traverse la ville de part en part (par les zones les plus peuplées et les centres d'activité principaux) en doublant omnibus et bus express en site propre. C'est à cela que nous arriverons avec le CEVA, comme un RER parisien.
Et je n'ai jamais dit que les retards actuels étaient imputables aux référendaires (encore qu'ils soient parfois les mêmes que les opposants) mais les retards dûs au référendum incontestablement le seront.
Bien à toi, avec toute mon amitié

Écrit par : Philippe Souaille | 18/08/2009

Le problème des genevois, c'est que tout un chacun se croit ingénieur..... Et oui à chaque grand projet, tout le monde pense avoir la meilleure solution. Cette mentalité, entretenue par la politique de bistrot du MCG, finit par faire capoter tous les grands projets dont Genève à besoin (traversée de la rade, CEVA, etc..)
Deux solutions se présentent à nous ; soit Genève se développe en construisant des infrastucures, soit Genève reste une petite ville avec ses problèmes de traffic. Si vous préfèrez la deuxième solution, arrêtons de faire venir des entreprises étrangères pour s'intaller ici mais ne nous plaignons pas si le niveau économique de Genève baisse .......

Écrit par : Polt | 18/08/2009

Cher Monsieur Souaille,

Votre propos serait intéressant si il montrait un minimum d'impartialité.

Malheureusement, il n'en n'est rien.

Ce contre quoi le MCG lutte c'est le mensonge construit par les milieux de la construction (la FER avec ses deux lanciers Bariller, Weiss, notamment) qui se sont appuyés sur l'aile verte pour monter ce dossier contre les intérêts réels de Genève et des genevois.

La bonne solution est bien celle d'une ligne Sud complétée par une fermeture de la boucle RER au Nord avec une traversée lacustre qui comprenne l'ensemble des trafics rail/route. Je vous invite à lire mon blog sur ce thème qui est plus explicite.

Pour ce qui est du tracé CEVA, il ne fait aucun doute que nous sommes en milieu urbain et que ce qui compte c'est des transports légers rapides à haute capacité. Pour cela il n'y a qu'une seule réponse, le métro. Le tracé actuel est parfait pour une telle implantation (avec en prime une pénétrante verte réservée à la mobilité douce en surface à la place de la ligne actuelle sur la 1ère moitié) avec une ligne qui passerait sous la rade dans sa plus petite largeur et venant à la gare en jonction directe avec le train.

Mais pour réaliser un tel projet il y a deux conditions nécessaires. Une vision qui dépasse les flèches de St Pierre et une volonté politique d'imposer cette vision aux partis avec lesquels ont s'est compromis à gouverner.

L'Entente de bric et de broc qui partage les bancs gouvernementaux avec la gauche BoBo ne remplit ni l'une ni l'autre de ces deux conditions.

Pire, les milieux du béton ont participé au mensonge collectif en sous estimant volontairement le projet. En termes plus crus, en mentant aux citoyens sur la réalité matérielle et incontrounable du coût final de ce projet qui n'a aucune pertinence de fond et constitue un puit... sans fond!

Maintenant, pour ce qui est des intérêts politiques dont vous accusez le MCG, permettez-moi de vous rappeler que le parti Libéral-Radical (telle est sa réalité en dépit des minauderies de dirigeants, tous plus hâbleurs les uns que les autres) est bien mal placé. En étant le plus fort soutien au blocage du logement,avec le seul but de servir le grand capital dont il est le laquais.

La pauvreté du bilan des constructions de nouveaux logements de la présente législature est là pour asseoir le propos.

Alors de grâce, M. Souaille, n'entrez pas dans une posture politique qui ne peut que vous discréditer. Vous méritez mieux!

Bonne journée,
P-E Dimier

Écrit par : Patrick-E. Dimier | 18/08/2009

Bonne analyse de la situation Philippe Souaille !

Assez tergiversé, des actes et un peu de réalisme ...

Si le référendum devait aboutir devant le peuple, ce serait des dizaines d'années de perdues, gâchées et on repartirait pour un tour, chacun y allant avec sa propre solution : barreau sud, tunnel ferroviaire sous-lacustre, etc. sans parler des coûts qui exploseraient alors à coup sûr !

Non Mabut, vous faites fausse route, ou faux rail, autant dire que vous déraillez ...
La solution que vous préconisez n'est pas réaliste, c'est juste une solution dilatoire. Mélanger ce problème ferroviaire avec les encombrements routiers, lesquels, même s'ils sont réels au combien, doivent être analysés et traités pour eux-mêmes, sauf à vouloir mettre à mort la seule solution réellement crédible, réaliste et réalisable rapidement.

Allons de l'avant et contribuons à désengorger Genève !

Bien à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 18/08/2009

Bonjour M. Mabut,

Pour le nombre d'utilisateurs, il y a 15 000 frontaliers dans l'agglomeration d'Annemasse contre moins de 8000 dans tout le canton de Saint Julien. Au total, il y a 35000 frontaliers qui doivent ou pourraient a l'avenir passer par Annemasse. Il y en a moins de 15 000 via Saint Julien.

Mais surtout, il faut commencer a rattraper les 30 ans de retard que nous avons pris dans les transports en commun regionaux.. rattraper ce retard ne peut pas commencer en prenant a nouveau un delai de 15 a 20 ans ! Il sera trop tard. Le Genevois franco suisse sera totalement paralyse bien avant cette echeance.

Les hesitations sur le trace me font penser l'histoire de l'ane de buridan.. mort de faim faute d'avoir su choisir par quel saut d'orge commencer a manger. Il n'y a qu'un seul projet ficele a ce jour. Il n'y a qu'un seul projet finance et soutenu de part et d'autre de la frontiere. Aucun projet ne sera jamais parfait. Vu l'ampleur des defis de circulation, vu l'urgence alors que 20 voitures supplementaires occupent l'espace public du Genevois franco suisse chaque jour, le CEVA a la plus grande des qualites : il peut voir le jour avant qu'il ne soit trop tard.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 18/08/2009

Très aimable à vous, M. Dimier de vous préoccuper de mon crédit, mais encore une fois, le problème n'est plus d'imaginer le tracé parfait, mais de lancer les travaux de ce qui est prévu, et dont les projets d'exécution ont été menés à terme... ou d'attendre quelques années voire décennies de plus.
Les exemples sont tout de même assez frappants de l'immobilisme qui paralyse Genève. Et pour lequel il est un peu facile d'accuser les libéraux (et à fortiori les radicaux) en matière de logement par exemple, alors que nous savons tous comment la recourite aigue qui affecte ce canton englue les plus vaillants efforts.
Ne faites pas de politique politicienne, cher Monsieur Dimier, tant que vous restez dans la théorie, vous avez encore quelque crédit.

Écrit par : Philippe Souaille | 18/08/2009

Les arguments de M. Delaude, qui "en a marre des Français" sont affligeants et d'une mauvaise foi désarmante. Comment peut-on oser comparer des entrées sur autoroute reliées dans un cas à une autoroute de contournement et au reste de la Suisse (et de l'Europe) et dans l'autre à cette forme de cul-de-sac automobilistique, ou plutôt de nasse qu'est devenue Genève, avec des accès par voie ferrée ? Le CEVA remplacera justement ces absurdes détours par Bardonnex.
Par ailleurs les chiffres d'Antoine Vielliard sont très fiables: il s'agit du nombre de frontaliers inscrits dans les communes, il ne s'agit ni de sondages ni de statistiques, mais de faits...

Écrit par : Philippe Souaille | 18/08/2009

Désolé M. Souaille, mais le CEVA n'est à mon sens pas une solution faite pour les genevois, mais plutôt pour les annemassiens. En gros il reliera Annemasse à Cornavin-Lancy-Champel-HUG. En quoi un habitant de Meyrin, Onex, Vernier, Bernex ou même Versoix va bien pouvoir faire avec cette liaison à plus d'un milliard? Il y aura certes un peu moins de voitures. Mais à quel prix? On peut déjà être certain de l'augementation du prix, du retard de chantier, des désagréments (criculation et traveaux),... Ceci ce sera tous les genevois qui le paieront.

On parle de RER à la parisienne, mais c'est l'éléphant qui accouche d'une souris! On voit petit.

De toutes façons, vu le peu de contructions à pévoir sur Genève, on peut se dire que le futur des genevois est de devenir annemassiens! Gouverner c'est prévoir, ai-je lu....

Écrit par : Riro | 20/08/2009

En détail, M. Riro, le CEVA reliera directement Annemasse, Thonon, Evian à Chêne-Bourg, Eaux-Vives, Champel, la Praille, Cornavin, Nations, Chambésy, Bellevue, Versoix... Et par le biais de connexions tram ou train très efficaces, tous ces quartiers ou agglomérations à Vernier, Meyrin, Bernex, Saint-Julien, Sallanches, Ferney, etc... bref ce sera la colonne vertébrale du réseau. Une colonne vertébrale ne peut pas passer partout. C'est à cela que servent les extensions et les radiales. Comme les membres dans un corps.
L'argumentaire des pro-CEVA est vide de sens. C'est pour cela qu'il est si bien compris du MCG.

Écrit par : Philippe Souaille | 21/08/2009

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