05/09/2009

Vérités et contre vérités sur l'OMC

Rétablissons quelques vérités. La décision de retoucher la photo fut une décision stupide, prise unilatéralement par le responsable d'une agence de communication dont c'était la première campagne politique. Et sans doute la dernière, car il n'a pas compris la leçon et explique encore qu'il s'agissait de rendre le parking plus visible, sans intégrer le fait qu'il déformait la réalité. Une déformation représentative de ce qu'il y a de pire dans le marketing... Qui rabaisse les partisans de l'extension au niveau des opposants, qui ne cessent de mentir dans cette affaire.
C'est d'autant plus stupide s'il l'a fait de bonne foi, non pas pour tromper, mais pour montrer, et que c'est en quelque sorte un dégât collatéral. Llorsque les responsables de la campagne, délégués de partis par exemple, ont découvert l'affichette, ils n'ont relu que les textes, pas les photos, car ils ignoraient la retouche. Ils  ont donc donné leur blanc-seing de bonne foi. Mais les autorités n'ont rien à faire là-dedans, car elles ne se mêlent pas de l'organisation de la campagne.
Sur le fond, ces 6 petits arbres ou gros arbustes - par ailleurs sans valeur et sans intérêt - sont une parcelle qui n'est pas publique mais allouée à l'OMC par les accords de siège. Elle pourrait d'ailleurs interdire l'accès de toute cette parcelle au public, jusqu'aux rives du lac, ce qu'elle ne fait pas, à bien plaire, par respect des Genevois.
Cette coupe sera compensée au décuple par la plantation d'un nombre largement supérieurs d'arbustes destinés à enjoliver la haie de sécurité.
Celle-ci mordra très légèrement sur le Parc Barton qui jouxte cette parcelle et qui seul peut juridiquement faire l'objet d'une opposition, car effectivement public. Il ne perdra aucun de ses arbres, dont beaucoup sont vénérables et remarquables. Les qualificatifs que j'emploie ici :" petits arbres", "gros arbustes" "très légèrement"... sont aisément vérifiables ce dimanche en allant constater sur place, aux Journées portes-ouvertes de l'OMC.
Quant à Pascal Lamy, il n'est pas le pape de la dérégulation commerciale internationale, mais tout au contraire le patron d'une organisation chargée de réguler le commerce mondial. Le commerce existe depuis la nuit des temps, et dès leurs premières années, les petits humains troquent, échangent, partagent, bref font du commerce... Et parfois se disputent. C'est pourquoi il faut des règles et des tribunaux pour trancher les litiges en fonction des règles adoptées.
Depuis presque aussi longtemps,il existe un commerce international. Les hommes des cavernes échangeaient déjà des biens sur des milliers de kilomètres et l'Antiquité a fortement développé ces échanges. Seulement les lois sont nationales et lorsque surgissait un conflit commercial d'ordre international, il n'y avait guère de moyen de le règler pacifiquement à l'amiable.
Les litiges commerciaux et le protectionnisme qui leur est souvent lié sont, avec les religions, les premiers motifs de déclenchement des guerres dans l'histoire. La première et la seconde guerre mondiale en sont de parfaits exemples : l'Allemagne, l'Italie et le Japon avaient en commun un énorme problème d'approvisionnement en matières premières et le besoin de débouchés extérieurs pour leurs produits manufacturés, toutes choses que les puissances alliées monopolisaient depuis la première guerre mondiale.
C'est pourquoi le GATT, ancètre de l'OMC a été créé à la fin de la seconde guerre mondiale: pour édicter des règles internationales et dire le droit lorsque les lois nationales ne peuvent plus s'appliquer parce que le litige concerne plusieurs pays, donc plusieurs législations disparates.
Alors, svp, arrêtons de parler de dérégulation. L'OMC fixe des règles mondiales sur la base de l'accord unanime de tous ses pays membres, dont la Suisse. Ce faisant, certaines de ses règles contreviennent à des règles nationales et peuvent sembler défavorables à tel ou tel pays, ce qui explique l'impopularité de l'OMC dans certains milieux, paysans par exemple. Mais elles sont le fruit de négociations et d'échanges: je te donne ceci, et tu me donnes cela.
Le fruit aussi d'un rapport de forces au sein duquel les pays émergents et en développement sont aujourd'hui majoritaires, sans Conseil de Sécurité des 5 gros bras de la gouvernance mondiale pour y faire contrepoids.
Concrètement, cela porte des conséquences qui ne sont pas forcément favorables à nos pays développés, les plus riches de la planète, mais c'est l'expression de l'équité et de la démocratie. Il est assez cocasse de constater que ce sont les gauchistes, censés défendre le pauvre et l'orphelin qui sont le plus hostiles à ce renversement de situation.
Mais c'est logique, l'extrême gauche occidentale défend les intérêts des plus pauvres occidentaux. Qui sont effectivement lésés par la montée en puissance des pays pauvres et émergents. Les plus riches sont également lésés, mais d'une part ils ont de la marge et d'autre part, leur mobilité intellectuelle et financière leur permet d'être plus réactifs et moins dépendant d'une rente de situation, si parcimonieuse soit-elle.
A moyen et long terme, cependant, tout le monde y gagne. Parce que le monde global gagne ainsi en sécurité, ce qui est considérable à l'heure de la prolifération nucléaire, et parce qu'en rééquilibrant un peu les niveaux de richesse ici et là-bas, on autorise la mise en place d'un début de mesures sociales là-bas, qui au final, devrait permettre d'améliorer la situation de tous... Dans une société nettement plus respectueuse de l'environnement, si l'on veut qu'elle soit durable.
Et tout ceci se pense, se conçoit, se met au point et se réalise, peu à peu, ici, à Genève, à l'OMC, au BIT (enfin on dit l'OIT maintenant), à l'OMM... et aussi au PNUE à Naïrobi, et au PNUD à Bonn... mais c'est à Genève que les conférences les plus importantes se déroulent. Pour l'instant. Si elles devaient émigrer à Bonn ou à Naïrobi, le sort des plus pauvres ou des paysans d'ici serait d'un coup sérieusement péjoré, car ils auraient moins de poids dans les débats et surtout l'économie genevoise qui subventionne largement ces catégories sociales, serait saignée à blanc.

Commentaires

C'est l'occasion ou jamais d'envoyer un message clair à cet organisme qui n'a d'autre but que de privatiser (*) tous les pans qui peuvent l'être encore de notre vie.

Pour ceux qui veulent savoir un peu mieux de quoi il en retourne, il faut lire http://www.monde-diplomatique.fr/2005/12/VIALE/13032

Ainsi, quand une multinationale de l'éducation attaquera l'Etat de Genève en justice car elle subventionne trop ses écoles et que cela constitue une distorsion de la concurence, il ne faudra pas oublier de remercier l'OMC.

Encore une chose sidérante, il faut savoir que le débat et négociations au sein de cette organisation sont strictements secrets et mené par des représentant des exécutifs des pays ... on est ainsi loin de tout contrôle démocratique.

(*) Cela se dit "libéraliser"

Écrit par : Djinius | 05/09/2009

Les altermondialistes prétendent qu'il n'y a aucun lien entre l'opposition à l'OMC et à son extension. Que cela n'aurait rien à voir. Ce serait donc par pur hasard que ceux qui refusent l'extension sont étonnement les mêmes que ceux qui organisent et animent les manifestations diverses contre l'OMC en général ?

Vouloir séparer les deux objets, en dissimulant qu'il ne s'agit que d'un prétexte, ne serait ce pas là le plus gros mensonge de toute cette campagne ?De même, les gens d'Attac se plaignent que les noms d'oiseaux fusent à l'égard de leur attitude si néfaste à la Genève Internationale. Ils se posent en victimes polies et responsables d'une agressivité déplacée.
Mais alors que pensent-ils de leurs camarades ayant imprimé ces petites affichettes bleues, que l'on voit fleurir sur nos murs avec ce slogan tout de même hyperviolent

"Détruisons l'OMC" ???

L'énergumème masqué qui y figure semble prêt à lancer ce qui ressemble fortement à un cocktail molotov ?Inutile de prétendre que cela n'a rien à voir. L'une des responsables d'Attac a ouvertement reconnu participer aux réunions préparatoires de ces manifs sans doute violentes, annoncées pour la fin de l'année.
D'un côté des mots, certes peu amènes, de l'autre des cocktails molotov et la volonté affichée de détruire par la violence une organisation dans laquelle travaillent 800 personnes à Genève. Qui sont les faux-gentils et les vrais méchants dans l'histoire ?

Écrit par : Philippe Souaille | 05/09/2009

Merci pour cette excellente présentation et les très nombreux éléments que vous avez su insérer dans un texte qui aurait difficilement pu être plus court!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 05/09/2009

Et deux mensonges de plus, Djinius.
Dans tous les domaines sensibles, comme la santé, la gestion des plantes et des animaux, l'alimentation et bien sûr la culture ou l'éducation, les accords de l'OMC prévoient des possibilités d'exception, négociables pays par pays, en fonction des volontés exprimées par les pays concernés.
Et la grande majorité des exécutifs représentés à l'OMC ont été élus démocratiquement. Il leur revient d'organiser la consultation de leurs sociétés civiles lors de l'élaboration des accords, avant la signature, pour ne pas avoir de mauvaises surprises après. Tant qu'un accord n'est pas signé à l'unanimité, chacun des pays membres peut s'y opposer et dispose d'un droit de veto.
La teneur des discussions est globalement publique et clairement rapportée dans la presse de qualité, notamment anglo-saxonne, ou à Genève, par le Temps, dont le journaliste Ram Etwarea fait un excellent travail de ce point de vue. Mais de grâce, ne prenez pas le Monde diplo en exemple et encore moins comme bible, ce n'est qu'un brûlot gauchiste qui cumule approximations et propagande avec un redoutable manque de rigueur. Je me souviens encore de la une d'un de leurs numéros spéciaux, qui annonçait comme un scoop une interview exclusive de Saddrudin Aga Khan sur un sujet d'actualité... alors que celui-ci était décédé depuis deux ans déjà, sans que cela ne soit mentionné à aucun moment dans l'article!

Écrit par : Philippe Souaille | 06/09/2009

Oulala, il y a des "possibilités" d'exception, le sens global des discussions est public et me voila rassuré, les exécutifs ont été élus.

Il n'en demeure pas moins que l'objectif de cet organisme est de privatiser tout ce qui peut rapporter profit ... elle se dresse ainsi frontalement contre tout service et intérêt public.

Vivement qu'il déménage dans un pays dont les structures reflète mieux ses entrailles, le Quatar ou la Lybie par exemple.

Écrit par : Djinius | 07/09/2009

Ainsi, pour les secteurs protégés ou des exceptions sont "possibles", nous serons content d'apprendre qu'il y a l'AGCS : http://www.monde-diplomatique.fr/2000/07/GEORGE/10000

Concernant le monde diplomatique, vous oubliez de préciser qu'il s'agit également d'un journal notoirement antisémtique. (oui, vous êtes ridicule).

Écrit par : Djinius | 07/09/2009

"Je me souviens encore de la une d'un de leurs numéros spéciaux, qui annonçait comme un scoop une interview exclusive de Saddrudin (sic) Aga Khan sur un sujet d'actualité... alors que celui-ci était décédé depuis deux ans déjà, sans que cela ne soit mentionné à aucun moment dans l'article!", écrivez-vous, Monsieur Souaille.
Or, je ne trouve aucune trace de cette interview. Auriez-vous l'amabilité de nous indiquer la référence exacte de cette "interview" parue dans ce "brûlot gauchiste"...?

Écrit par : Yves Labrousse | 07/09/2009

Désolé, M. Labrousse, j'ai vu ce numéro spécial et l'ai feuilleté dans le rayon journaux d'un hypermarché il y a environ deux ans. Ma mémoire ne peut vous en dire plus. Il ne doit pas y avoir tellement de numéraux spéciaux, et l'annonce de l'article était en une, alors, bonne chasse.
Djinius, vous confondez tout et vous êtes tellement obstinément à côté de la plaque ! L'objectif de l'OMC n'a rien à voir avec la privatisation. L'objectif de l'OMC est de réguler le commerce mondial en édictant des règles communes à tous les acteurs. A aucun moment l'OMC n'intervient pour privatiser ou nationaliser.
Le but de cette organisation est de faire en sorte que si une loi existe dans un pays, elle soit appliquée indifféremment à tous les intervenants, nationaux ou étrangers. L'OMC ne s'occupe pas de savoir à qui appartient une entreprise, capitaux publics ou privés, mais elle combat en revanche les monopoles qui, publics ou privés, sont non seulement des entraves au commerce, mais quasiment systématiquement désavantagent les utilisateurs et/ou clients.
Quant à vos assertions sur le caractère soi-disant antisémite du Monde Diplo, elles n'engagent que vous.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/09/2009

"Quant à vos assertions sur le caractère soi-disant antisémite du Monde Diplo, elles n'engagent que vous."

En général, quand je mentionne ce journal dans un débat sur l'Israel, on finit - un peu comme vous qui le qualifiez de "brulot gauchiste" - invariablement par me dire qu'il s'agit d'un journal notoirement antisémite ...

Par contre, vous faites preuve d'un angélisme sidérant : le but de l'OMC est l'ouverture au commerce ... ainsi pour ouvrir au commerce des pans d'économie qui sont principalement en main de monopole publique ... il faut évidemment privatiser et déréguler.

D'ailleur, il n'est de loin pas démontrer que l'abaissement des barrières douanières et l'augmentation du commerce international entraîne automatiquement une hausse du bien être des populations dans son ensembe ... c'est même le contraire que dit la théorie néo-libérale (*): ce cela entraine une hausse du rendement des facteurs mobiles ... principalement le capital. Quelle surprise !

L'OMC est bel et bien un cheval de Troie du néo-libéralisme et de voire le travail de communication qu'elle fait pour se présenter sous un jour meilleure afin de s'accaparer un peu de l'espace public de Genève est pathétique.

J'espère que mon concitoyens ne seront pas dupes.

(*) Ce sont les conclusions même de la théorie néo-classique appliquée aux échanges internationaux.

Écrit par : Djinius | 07/09/2009

Votre réponse à ma question me laisse perplexe, M. Souaille. J'en attendais un peu plus du rédacteur en chef du Genevois, le journal du Parti Radical. En fait, cela s'appelle se faire prendre la main dans le sac! En moins politiquement correct, d'aucuns dirons que vous êtes un fieffé coquin!! Cette prétendue interview de Sadruddin Aga Khan n'a jamais été publié. Pour la simple et bonne raison que l'Aga Khan n'a jamais donné d'interview au Monde diplomatique. Il s'agissait en fait d'un article rédigé par le Prince, et parue en décembre 2002 dans ce même Monde diplomatique - cette affreux "brûlot gauchiste" qui "cumule approximations et propagande"... - sous le titre "Le développement durable, une notion pervertie". Soit 5 mois avant sa mort... Et non pas "deux ans après sa mort" comme vous l'écrivez. Une bien belle et déshonorante manipulation de votre part pour tenter de dénigrer un journal de qualité, me semble t-il.

Pour tout vous dire, cher monsieur Souaille, votre misérable tentative de désinformation n'étonnera personne.

Comme lorsque vous commettiez quelques dithyrambes ampoulés pour défendre l'indéfendable: la politique colombienne et son président. Omettant au passage de préciser que vous étiez grassement payé par le gouvernement de Colombie pour commettre vos articles. En gros, de la "propagande"... Gageons que le jour où un journaliste, un vrai, se penchera sur vos accointances et vos commanditaires, le tableau sera peu reluisant.

Écrit par : Yves Labrousse | 07/09/2009

"Il n'en demeure pas moins que l'objectif de cet organisme est de privatiser tout ce qui peut rapporter profit ... elle se dresse ainsi frontalement contre tout service et intérêt public."

Le rôle de l'OMC est de réguler le commerce mondial et non de privatiser le secteur public.Ce dernier ne sont que des décisions politiques dépendant seul des états.Le seul organisme international qui peut encourager ou conseiller les politiques libérales et les privatisations sans en décider pour autant reste l'OCDE.Mais en aucuns cas l'OMC.

La privatisation de l'école public par l'OMC,reste un phantasme pour les Djinius,pour se trouver des raisons de détester l'OMC à défaut de critiques crédibles.

D.J

Écrit par : D.J | 07/09/2009

Je viens de parcourir les références du Monde dilomatique proposées par Djinius.
Ces articles sont posés, clairs, argumentés, référenciés...bref pas vraiment un "brûlot".
Par contre, ce qui y est décrit et expliqué sur l'OMC, l'AGCS et autres "AMI" donne la nausée, beurk, quelle belle bande de salopards!!!!

Écrit par : Olegna | 07/09/2009

M. Labrousse, avant de traiter les autres de fieffés coquins, renseignez-vous. Si ce que vous dites est vrai, à savoir que l'article datait de 2002, c'est donc qu'il a été ressorti à l'occasion de ce numéro spécial plusieurs années plus tard. Sans mention claire qu'il s'agissait d'une resucée (en tout cas je ne l'ai pas vue !) et sans mention non plus de la mort du Prince, qui avait du échapper à la rédaction parisienne.
Faire du neuf avec du vieux pour une revue prétendument d'actualité vendue assez cher en kiosque, c'est pitoyable, et c'est encore pire que ce que je croyais !
Cette reprise en tout cas a bel et bien existée, puisque je l'ai vue il y a deux ans environ. Trois au maximum, en tout cas largement après sa mort ! Que vous me croyiez ou pas m'est complètement égal. Mais puisque vous prétendez avoir accès aux archives du MD, fouillez donc leurs numéros spéciaux. Ou allez donc à la BPU, ils doivent avoir ces numéros dans leurs rayonnages.
Quant à vos allusions sur ma mission de conseil envers l'Ambassade de Colombie à Berne, elle était publique et je ne m'en suis jamais caché, puisqu'elle était et demeure mentionnée dans les "à propos" de ce blog. Un mandat non pas grassement payé, mais un revenu horaire inférieur à ce que touche un journaliste RP et très inférieur à ce que facture habituellement un conseil en communication. Et vraiment très très, mais alors là très très très inférieur à ce que percevait Jean-Pierre Gontard des services de Mme Calmy-Rey pour entre autres transporter des enveloppes cachetées entre leaders des FARC en Colombie et représentant des FARC en Suisse...
J'avais accepté ce travail à l'époque parce que je considèrais gratifiant d'aider un gouvernement démocratiquement élu à lutter contre la pègre narco-terroriste qui ravage ce magnifique pays qu'est la Colombie, en martyrisant ses habitants que j'aime. Je suis extrêmement fier d'y être un peu parvenu.
Quant à Djinius, qui décidément n'a pas inventé la poudre, il ne m'a pas échappé qu'un certain nombre de services publics étaient en situation de monopoles et c'est bien là le problème. L'OMC encore une fois, n'a rien contre les services publics. Elle souhaite juste que la concurrence puisse s'installer. Un service monopolistique, qu'il soit public ou privé, est un mauvais service qui au pire se fiche du client et au mieux tend à s'endormir sur ses lauriers. Le fait qu'une saine concurrence (privée ou publique - par exemple étrangère) viennent le concurrencer ne peut qu'être favorable au client-citoyen-consommateur...
Les services publics restent libres d'assurer un service minimum partout où ils le souhaitent, aux frais du contribuable... Du moment qu'ils n'empêchent pas la concurrence d'essayer d'en faire autant ou mieux, aux frais du client.

Écrit par : Philippe Souaille | 08/09/2009

Djinius, j'ai été lire les textes du Monde diplo que vous mettez en annexe. Ce sont des articles vieux de plusieurs années, d'avant la prise en main du secrétariat de l'OMC par Pascal Lamy. Ecrits par des personnes bien connues pour leur engagement politique dans ce que j'appelle l'extrême-gauche nationaliste, comme Susan George. Un comportement politique que j'ai personnellement en horreur, car typiquement petit-bourgeois de pays nanti refusant de partager avec les pauvres du sud. D'inviter de temps à autre dans les colloques un camarade du sud à qui l'on a lavé le cerveau ne change rien à l'affaire.
J'ai été trotskyste dans ma jeunesse et j'en ai gardé une valeur, l'internationalisme. Pour moi, un paysan, un comptable ou un ouvrier de mon pays ne valent pas mieux qu'un paysan, un comptable ou un ouvrier d'un pays pauvre éloigné de plusieurs milliers de kilomètres. Ils ont en théorie les mêmes droits et je m'efforce, dans la mesure de mes moyens de faire en sorte que cela soit vrai aussi en pratique.
La mondialisation est le meilleur moyen d'y parvenir. Une mondialisation améliorée, bien entendue et plus équitable. Sauf que vous autres altermondialistes prenez la solution pour le problème et vice versa. Le problème, c'est l'Etat-Nation, qui n'est plus de taille à faire contreproids aux puissances de l'argent qui elles sont internationales. Ce qui ne date pas d'aujourd'hui: durant la guerre de 14, certains dénonçait déjà "le grand capital apatride..."
Tenter de refermer les frontières serait une catastrophe économique qui nous mènerait tout droit à la guerre. Nucléaire ! Ce qu'il faut, c'est une forme d'Etat mondial, démocratique, qui dispose de pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires, pour créer les conditions de la stabilité et du développement, dans le respect de normes environnementales, sociales et fiscales qui s'imposeront alors, tout naturellement et surtout équitablement.
Des socialistes visionnaires et pragmatiques comme Pascal Lamy, Juan Somavia (le patron du BIT) et d'autres l'ont compris. Le changement ne se fera pas en quinze jours. Il prendra des années, mais la crise vient de lui donner un sérieux coup d'accélérateur. C'est très exactement le thème de mon film, dont la première mondiale aura lieu ce mercredi - sur invitation - 9 09 09 à 9 heures du soir (et c'est un hasard, mais il parait de bon augure) au CICG, en clôture du Forum Médias Nord Sud sur "LA FAIM DU MONDE".

Écrit par : Philippe Souaille | 08/09/2009

Les commentaires sont fermés.