18/10/2009

Goldstone et les minarets

L'issue du vote au sujet du rapport Goldstone est consternante. Comme l'explique fort bien Andrès Allemand, son rapport était avant tout une tentative de réintroduire l'objectivité dans le débat israélo-arabe... Le dépassioner est en effet devenu plus que nécessaire. Ce qui implique pour chacun de reconnaître ses torts. Et même si l'occupé a le droit de se défendre par les moyens qui lui restent, il n'a pas plus que l'occupant le droit d'utiliser n'importe quel moyen...

Les invectives, la mauvaise foi (dictée comme souvent par des critères religieux, quel apparent paradoxe !) et l'absolue subjectivité qui dominent jusque dans ces blogs au sujet du Moyen-Orient, tant parmi les sionistes que parmi les islamistes est la preuve quotidienne d'un abcès purulent de bêtise humaine. Le petit juge Goldstone, qui avait fait partie de ceux qui sont parvenus à instaurer un processus judiciaire pacificateur en Afrique du Sud après l'apartheid, n'aura cependant pas travaillé en vain. Il a posé sa pierre, qui pour l'heure n'est qu'un grain de sable, que d'autres devront continuer de consolider. Mais surtout, il ne faut pas baisser les bras.

Même si la justice est une vue de l'esprit, même si l'objectivité n'est pas de ce monde, il y a des décisions plus justes que d'autres, des approches plus correctes que d'autres... Celle de Goldstone était juste et correcte, et le restera. Il faut se battre pour ce genre de démarche, comme il faut se battre pour que la loi soit la même pour tous en Suisse: c'est à dire par exemple, autoriser les minarets lorsqu'ils respectent les lois sur le bâti et l'environnement, et interdire les nuisances sonores ou les systèmes judiciaires communautaires... Les lignes de front ne sont pas si obscures qu'on veut bien le dire, que les extrémistes de tous bords cherchent à nous le faire croire.

Et l'ONU, à l'évidence doit être réformé. Le vieux principe d'un Etat, une voix n'a plus de sens. Il donne un pouvoir trop grand à certains qui ne le méritent pas et confinent de grands Etats comme la Chine, l'Inde ou le Brésil à la portion congrue. Le fait de parvenir à vivre ensemble dans une entité commune est un signe de maturité qui devrait être mieux récompensé dans les instances internationales.

Commentaires

A part ça, Andrès, la loi Justicia y Paz, en Colombie, s'inspire largement des processus sud-africains. Elle a été conçue avec l'appui d'experts de ce pays, pour parvenir à une vraie réconciliation nationale. Et peu à peu, les choses bougent dans le bon sens, indépendamment de ce que veulent en dire les propagandistes d'un seul camp, de plus en plus minoritaire sur place.
C'est mon impression d'observateur étranger au conflit, et c'est ce qui m'a motivé à défendre becs et ongles ce programme. Je ne suis pas certain de partager ce souci d'objectivité avec vos sources habituelles d'information sur ce conflit là... redevenu conflit oublié, depuis la libération d'Ingrid, comme c'était prévisible.

Écrit par : Philippe Souaille | 18/10/2009

Celà n'a rien à voir, mais... Hier soir en rentrant de Lyon, j'ai dépassé des saleuses sur l'autoroute avant Bellegarde... Brrr... L'hiver arrive.

Écrit par : Séraphin Lampion | 18/10/2009

Bonjour.
Puis-je une réflexion?

À mon point de vue, le refus de construction de minarets sur sol suisse représente un signal fort en politique étrangère.
Un signal de tolérance confessionnale, mais sans faiblesse et "prostitution" quant aux demandes et revendications excessives. Un STOP, en quelque sorte, avant d'en arriver à des situations problématiques graves, comme des jours fériés selon les fêtes musulmanes, suspension d'audiences dans les tribunaux pour cause de ramadan etc...
Il est à relever que dans l'histoire de la Suisse, depuis le début du 20eme siècle, nous avons une forte population de confession juive, sans jamais avoir rencontré de conflits (croix chrétiennes dans les écoles et lieux officiels, fêtes de Noël pouvant "choquer" certains élèves etc...)ni revendications comme cela se passe en Europe de la part des populations musulmanes.
Je n'aborde pas la situation des personnes pratiquant d'autres croyances ou religions; il est évident que ces personnes sont parfaitement respectueuses de nos us et coutumes, tout comme nous respectons les leurs.

Mais aussi un signe envers les populations musulmanes modérées, modernisées, en Suisse.
Ces personnes ne revendiquent pas de minarets.
Les mosquées sont les vrais lieux de culte (et selon ce que j'ai lu, seul 10% de la population musulmane fréquente les mosquées)
Ces personnes craignent la montée de l'intégrisme en Occident, en Suisse.
D'autant que les minarets sont sources de conflits entre les diverses obédiences musulmanes.(Chiite, Sunnite, islam slave ottoman etc...)

Bref: la construction de minarets ne peut qu'être source de conflits, tant entre musulmans que dans la population non-musulmane et signe de faiblesse civile et politique.

La Suisse osera-t'elle créer un précédent?

Osera-t'elle dire: Stop, respect et liberté de croyance mais sans excès de tolérance.

Écrit par : Mireille LUISET | 18/10/2009

Heureusement, Mme Luiset, que personne de sérieux dans ce pays ne songe à laisser les clefs de la politique étrangère à l'UDC. On ne prend pas une décision de politique intérieure - de nature à influer sur nos modes de vie, un peu comme la charia d'ailleurs - juste pour montrer à l'extérieur que l'on a des ergots sur lesquels on est capable de se dresser !
Sur le fond, je suis bien d'accord avec vous qu'il faut établir des lignes de défenses, face à l'islamisme - et non pas face aux musulmans tolérants, j'en connais qui le sont bien davantage que vous - mais ces lignes doivent être défendables. C'est de la stratégie basique. On ne met pas un bastion au fond d'une cuvette... A moins de chercher à se prendre un Dien Bien Phu sur le coin de la figure.
En l'occurrence, l'interdiction des minarets par principe n'est pas défendable moralement, car non compatible avec l'esprit de notre constitution, et avec le principe d'égalité devant la loi. Il faut positionner nos lignes de défenses (je parle là de notre société libérale et laïque) sur des principes égalitaires et équitables, tels que ceux que j'ai énumérés ci-dessus:
pas de minaret s'ils contreviennent aux lois sur la construction
pas de traitement judiciaire particulier et ce en aucun cas
égalité de la femme en droit et en fait
pas de nuisance sonore, sauf cas exceptionnel... La suppression des cloches le dimanche, là où elles existent encore, ne me gênerait pas par exemple, avec des exceptions pour certaines fêtes, quelques fois dans l'année... De même que des youyous à la fin du Ramadan ne me gêneraient en rien, une fois par an.
Le but n'est pas de rendre la vie impossible aux musulmans, ou de les brimer, mais d'établir un corpus de règles de bon sens qui facilient le vivre ensemble en bonne entente et en toute amitié...

Écrit par : Philippe Souaille | 18/10/2009

Mireille Luiset @ excellent commentaire n'en deplaise Philippe Souaille a lire ses initiales on pourrai penser a un militant de gauche, que malheureusement il confirme dans ses ecrits.

encore merci pour votre reflexion, que j'aprecie!

Écrit par : 100blagues | 18/10/2009

J'ai souvent répété que de vouloir interdire les minarets pour lutter contre l'obscurantisme islamique,serait tout aussi efficace que de vouloir interdire les clochers pour lutter contre la pédophilie chez les curés.

Même si les musulmans de suisse sont originaires de pays laïcs Turquie et Bosnie pays où la religion reste une affaire privée et que les 10% seulement de musulmans fréquentent les mosquées,( merci Mireille vous confirmez mes dires lorsque j'affirme que les musulmans de suisse sont peu pratiquants)le risque de dérapage islamistes reste lui bien réel.Pour éviter cela (parait que c'est l'Arabie Saoudite qui finance la mosquée de Genève)et que celui qui paie commande,la formation des imams doit être obligatoire par l'état qui accueille.

D.J

Écrit par : D.J | 18/10/2009

Les commentaires sont fermés.