27/11/2009

Dépenses publiques: boulet ou tremplin ?

Coucou à tous... Boulot+déménagement+Internet en panne (arghhh, une semaine sans connexion, l'horreur !) et ce petit mot donc, très en retard, vu que la plupart d'entre vous ont déjà voté...

N'empêc he, j'ai été choqué par l'affiche des anti-CEVA collant un boulet énorme à nos générations futures par bébé interposé... D'abord le chifrre est faux. Et l'image est pernicieuse. Car s'il est un principe de base en économie comme en gestion, c'est de ne pas confondre les dépenses d'investissement avec les dépenses de consommation.

Distribuer de l'argent à la culture, aux aides sociales, aux banquiers dans le besoin, ou à l'armée, ce sont des dépenses de consommation, utilisées dans l'instant pour notre seul bien-être.  Et ce genre de dépenses, assez égoïstement, les Genevois ont déjà voté à plusieurs reprises pour dire qu'ils n'entendaient pas les réduire. or c'est en partie (un peu moins que par le passé, grâce à David Hiler) financé par l'endettement.

Construire des infrastructures en revanche, qui seront utilisables et réutilisables durant des générations, ce sont des dépenses d'investissement. A très longue durée. Nos enfants et les petits enfants de nos petits enfants en profiteront encore. Et si l'on attendait qu'ils soient grands pour les constuire, cela leur coûterait encore plus cher. C'est grâce à ces travaux d'infrastructures, effectués jadis par nos ancêtres, que nous avons un pays qui fonctionne bien avec des voies de communication efficaces. Et cela vaut aussi bien pour le CEVA que pour la traversée de Vésenaz ou mieux encore un traversée mixte (transports privés, transports collectifs) du lac et/ou de la rade.

Dans le jeu de la concuirrence mondiale entre places financières qui oppose aujourd'hui Genève à Singapour, Dubaï et quelques autres, nous ne pêchons clairement pas par excès d'enthousiasme en matière de dépenses d'investissements. Contrairement à nos concurrents. Notre sens de la mesure fait partie de nos atouts. Mais s'il devient avarice et frilosité excessive, il devient vilain défaut.

 

Commentaires

Mon cher confrère, il est urgent que je vous explique un peu ce qu'est l'investissement et le fonctionnement. Que l'investissement public ne se justifie que s'il est un peu producteur de bien-être, ce qui est sans doute le cas du CEVA, bien que d'autres tracés eussent été plus pertinents. Que l'investissement doit aussi être financé par les impôts et que l'investissement n'est donc pas vertueux en soi ou d'avantage que le fonctionnement. Quant à la dette, elle ne se réduit que lorsque l'épargne générée au cours de l'année (par une prudente réserve côté dépenses et un peu ou beaucoup de bonheur côté recettes, ce qui est arrivé à Hiler sans qu'il ne soit nécessaire de lui tirer un coup de chapeau), la dette donc ne se réduite que lorsque l'épargne dépasse le montant des investissements de l'année, ce qui ne fut, sauf erreur, jamais le cas à Genève depuis 30 ans à l'exception des rares années où des recettes miracles comme celle de l'an dernier permirent en effet de réduire un peu la dette. Pour le reste, comme tout ce qui est sur cette terre, la dette est relative et celle du canton de Genève, même si c'est de loin la plus grosse de tous les cantons/communes du pays, reste relativement supportable. A tout bientôt.

Écrit par : jf Mabut | 27/11/2009

"qui oppose aujourd'hui Genève à [...] Dubaï "

Je suppose que vous faites de l'humour?

Écrit par : Olivier | 27/11/2009

Olivier, non je ne fais pas de l'humour. Les responsables de l'immobilier de l'Emirat ont eu plus gros yeux que grand ventre (encore que sans la crise, cela aurait pu marcher...)mais la place financière continue d'être une concurrente tout à fait sérieuse.
Jean-François, Hiler aurait pu être aussi dépensier que ses prédécesseurs, mais ne l'a pas été, bien aidé en cela par ses compères du Conseil d'Etat, DIP mis à part. Sur le fond, le fait que les dépenses courantes, de fonctionnement, donc, ou de consommation, soient financées exactement de la même manière que les dépenses d'investissement, c à d par nos impôts tombe sous le sens...
Ce n'est pas le fait d'être ou non financé par nos impôts qui fait que c'est ou non vertueux. C'est bel et bien la finalité de la chose. Lorsque trop de personnes commencent à vivre du travail de trop peu, la société a un problème. Genève n'en est pas loin.

Écrit par : Philippe Souaille | 27/11/2009

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