30/11/2009

OMC: c'était prévu depuis cet été

Il n'y a pas que l'UDC qui sait jouer de l'ambiguïté de ses affiches, L'extrême gauche aussi.
Depuis cet été, les milieux altermondialistes genevois collaient de jolies affichettes bleues et jaunes dans les lieux branchés en ville. Le message était clair, radical et ambitieux : "Détruisons l'OMC à l'occasion de sa conférence ministérielle de novembre",
Sur fond de flammes et de brasier, on y voyait un énergumène brandir ce qui semblait, à choix, des armes, des fourchettes (vertes ?) ou des cocktails molotov... Ces affichettes sont montrées dans le film que j'ai consacré à la mondialisation, qui sera diffusé vendredi 11 décembre à une heure pour le moins tardive sur TSR 2.
Un film, dont la première à eu lieu en septembre, qui explique entre autres à quoi sert l'OMC et pourquoi les altermondialistes se trompent lourdement, lorsqu'ils lui attribuent la responsabilité de tous les maux de la planète.
Un film qu'il aurait peut-être été utile de passer avant la manifestation, pour aider les manifestants pacifiques à comprendre qu'ils se trompaient de cible... 200 casseurs dans une manif de 2000 personnes bon enfant, c'est plus délicat à contrôler que 200 casseurs isolés qui manifestent tous seuls...
Même si Pascal Lamy prend leur défense, ou défend en tout cas leur droit à manifester, la responsabilité des organisateurs de la manifestation me semble néanmoins clairement engagée. Connaissant pertinement ces affiches, ayant eu des réunions préalables avec toutes les composantes de l'extrême-gauche, y compris les casseurs même si ceux-ci n'étaient pas clairement identifiés en tant que tels,  et ce dès cet été, ils ne pouvaient pas ne pas savoir qu'il y avait de très gros risques de débordement. Que certains s'y préparaient ! C'était même écrit rouge sur noir sur le site des autonomes vaudois.
Dans ces cas-là, il existe un remède simple, bien connu des organisateurs de manifestations dans le monde entier, sauf en Suisse, qui s'appelle "service d'ordre". Un groupe de militants, plutôt baraqués tant qu'à faire, bien coordonné et entraînés qui encadre la manifestation et empêche les casseurs d'y pénétrer ou d'en sortir.
C'est habituellement le rôle des syndicats ou des partis politiques de s'en charger. C'est le seul moyen d'éviter l'intervention policière qui, par définition, vu le degré de violence auquel sont prêts les casseurs et autres black block, ne peut être que massive et accompagnée de coups de matraques et autres lacrymogènes, bien incapables de reconnaître les gentils des méchants...

29/11/2009

Eliane Souaille

Elle était née en un temps où il n'y avait ni ordinateur, ni télévision, ni congés payés, ni appareils ménagers, presque pas de voitures ni de téléphones... On se lavait avec de l'eau (froide) dans un broc et l'on allait faire pipi dans les toilettes au fond du jardin... La nuit, il y avait les pots de chambre, qui laissaient des effluves tenaces. Il n'y a pas si longtemps, juste 89 ans.
Sa mère était de la première génération de femmes au travail, durant la première guerre mondiale. Elle eut 20 ans durant la seconde, la privant des championnats qui lui étaient promis: elle venait de battre le record de France universitaire de saut en hauteur. Rebelle, à Normal Sup, rue d'Ulm, elle dansait sur les tables à la manière de Joséphine Baker, tandis que ses meilleurs copains battaient la mesure. Ils s'appelaient Behanzin, fils du Roi de Dahomey, et Rabemanjara, futur chantre de l'Indépendance malgache.
Début mai 44, à la faveur d'un bombardement de la gare de Reims, elle avait été protégée par un aviateur en civil, qui venait de reconnaître, en elle, celle qu'il appelait "queue de vache" en lui tirant ses nattes auburn, dans la cour de l'école primaire... Pilote de reconnaissance, il s'y connaissait en bombardements, pour en avoir vécu pas mal d'en dessous, en Allemagne, où il travaillait pour le 2ème bureau de l'Air, sous couverture des Accords d'Armistice.
Elle devait se marrier le mois suivant, mais elle doutait de son choix. Neuf mois plus tard, le fiancé avait été éconduit, et mon frère aîné naissait.... Malheureusement, son père avait entretemps été arrêté par la Gestapo. Fille mère et fille de Croix-de-feu, cela ne le faisait pas, et la jeune institutrice spécialisée s'était trouvée reniée par sa famille... et par l'Education Nationale. Autres temps, autres moeurs. Elle s'occupait d'enfants difficiles, hérédo-syphillitiques (comme on disait à l'époque) et autres cas sociaux. Ils avaient envoyé à l'hôpital son remplaçant, qui avait eu la mauvaise idée de jeter le bouquet de pissenlits fânés qu'ils lui  avaient offert pour son départ...
Avant d'être reniée, elle avait aidé à plusieurs reprises son paternel, croix de feu donc, parce que Poilu décoré au Chemin des Dames et chef d'ilôt de la défense civile, à aller récupèrer les victimes et les blessés dans les immeubles effondrés après les bombardements. Le sale boulot que personne ne voulait faire. Enceinte, elle avait récupèré des morceaux de membres et de corps dans des arbres ou sous des tables... Sans débriefing psychologique évidemment.
Elle détestait les Anglais, parce qu'ils avaient brûlé Jeanne d'Arc et parce qu'un Spitfire solitaire l'avait mitraillé alors qu'elle pédalait, seule, et enceinte de plusieurs mois sur une route de campagne, pour aller voir mon père (enfin à l'époque, ce n'était encore que celui de mon frère), en prison à Compiègnes. Elle avait du se jeter dans le fossé et le zinc était repassé une deuxième fois, toujours en mitraillant ! Finalement, mon futur père avait été transféré au Camp du Struthof, d'où il avait été libéré par les Américains.
La fin de la guerre et le mariage avait réuni la famille et ils étaient partis 8 ans au Maroc, où je fus conçu. Ma mère enseignait, mon père vendait des pneus, gagnait des rallyes et fignolait ses théories sur les déplacements de masse et la conduite automobile. Après quelques années parisiennes de collaboration avec SIMCA, ce fut l'arrivée en Suisse, à la demande de l'ACS et du DAS. Nous grandissions, ma soeur et moi. Ma mère nous avait un jour menacé de venir nous chercher au collège habillée en gitane et couverte de haillons, si nous persistions à porter nos jeans troués et largement déchirés... Comme nous la savions parfaitement capable de le faire, nous avions prudemment réduit nos excentricités... En prêchant le faux pour savoir le vrai, elle parvenait toujours à savoir à peu près où nous en étions ma soeur et moi...
A peu près...
A la faveur d'un projet de mon père, elle était devenu spécialiste en histoire des Caraïbes et de la Marine à voile... Les Frêres de la Côte n'avaient plus de secrets pour elle et ils lui avaient permis d'écrire plusieurs nouvelles, et un grand roman, que je publierai un jour...
Puis elle avait connu la douleur de perdre l'homme de sa vie, puis sa fille... Courageusement, a 80 ans, elle avait pris le relais dans l'éducation et l'amour de ses petits enfants. Jusqu'à ses dernières années, elle était aussi hospitalière à Lourdes et jusqu'à ses derniers mois, elle gèrait la librairie d'une association d'entraide, rachetant, triant, revendant tous ces bouquins qu'elle aimait tant.
Aujourd'hui ses petits enfants sont assez grands et elle est partie hier.

27/11/2009

Dépenses publiques: boulet ou tremplin ?

Coucou à tous... Boulot+déménagement+Internet en panne (arghhh, une semaine sans connexion, l'horreur !) et ce petit mot donc, très en retard, vu que la plupart d'entre vous ont déjà voté...

N'empêc he, j'ai été choqué par l'affiche des anti-CEVA collant un boulet énorme à nos générations futures par bébé interposé... D'abord le chifrre est faux. Et l'image est pernicieuse. Car s'il est un principe de base en économie comme en gestion, c'est de ne pas confondre les dépenses d'investissement avec les dépenses de consommation.

Distribuer de l'argent à la culture, aux aides sociales, aux banquiers dans le besoin, ou à l'armée, ce sont des dépenses de consommation, utilisées dans l'instant pour notre seul bien-être.  Et ce genre de dépenses, assez égoïstement, les Genevois ont déjà voté à plusieurs reprises pour dire qu'ils n'entendaient pas les réduire. or c'est en partie (un peu moins que par le passé, grâce à David Hiler) financé par l'endettement.

Construire des infrastructures en revanche, qui seront utilisables et réutilisables durant des générations, ce sont des dépenses d'investissement. A très longue durée. Nos enfants et les petits enfants de nos petits enfants en profiteront encore. Et si l'on attendait qu'ils soient grands pour les constuire, cela leur coûterait encore plus cher. C'est grâce à ces travaux d'infrastructures, effectués jadis par nos ancêtres, que nous avons un pays qui fonctionne bien avec des voies de communication efficaces. Et cela vaut aussi bien pour le CEVA que pour la traversée de Vésenaz ou mieux encore un traversée mixte (transports privés, transports collectifs) du lac et/ou de la rade.

Dans le jeu de la concuirrence mondiale entre places financières qui oppose aujourd'hui Genève à Singapour, Dubaï et quelques autres, nous ne pêchons clairement pas par excès d'enthousiasme en matière de dépenses d'investissements. Contrairement à nos concurrents. Notre sens de la mesure fait partie de nos atouts. Mais s'il devient avarice et frilosité excessive, il devient vilain défaut.

 

20/11/2009

Le menteur qui fait la morale

C'est très vilain de s'insulter, proclame dans un blog voisin M. Gobits, qui se positionne en gardien des bonnes moeurs et de la morale publique, tout en justifiant les poussées homophobes de son nouveau patron... Car M. Gobits, propagandiste sur le retours, roule déromais pour le MCG, c'est officiel. Le problème, c'est qu'avant de le reconnaître et de se profiler en chevalier blanc champion du respect et de la bienséance, M. Gobits a commencé par raconter publiquement - dans ces blogs - de gros mensonges.

En particulier qu'il n'avait rien à voir avec le MCG, mais trouvait que les autres partis étaient méchants avec ce mouvement et qu'il ne travaillait pas en politique à Genève, se réservant pour Zürich, parce qu'à Genève, cela ne payait pas assez... Tout cela alors qu'il était dûment mandaté par le MCG... Décidément qui se ressemble s'assemble entre gens peu soucieux d'annoncer la couleur...

Dans le registre, faites  ce que je dis, mais pas ce que je fais, à force de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, et d'avoir plus gros yeux que grand ventre, le MCG risque de connaître des heures difficiles. Financièrement parlant. Les engagements tous azimuths de spécialistes en communication qu'ils ont accumulé ces derniers temps vont côuter cher. Le Mouvement de M. Propre comptait-il sur des fauteuils au Conseil d'Etat pour s'assurer de quelques fromages bien coulants ? La pratique assidue du clientélisme, qui n'est pas pour rien dans la déconfiture du PS, champion toutes catégories, était pourtant dénoncée avec force par le mouvement des citoyens gens d'arme...

Manque de bol, pas d'élu, pas de clientélisme et déjà, M. Poggia, par associations d'assurés interposée, crie famine dans GHI. Ce même GHI, dont le responsable de politique genevoise vient opportunément d'être engagé par le MCG juste avant les élections...

11/11/2009

Mme Kunzler accepterez vous la traversée, si vous êtes élue avec 4 magistrats de l'Entente ?

 

J'étais hier coincé hier dans les embouteillages du matin, que je fréquente habituellement très peu, ayant la chance de travailler principalement à domicile et pouvant choisir mes heures. Et en plus je circule en ville en scooter. Mais, là je devais faire le tour du Canton, la voiture pleine pour cause de de déménagement et l'autoroute, comme le pont Butin étaient complètement bouchées. Sans parler de la Route des Jeunes et j'imagine du Pont du Mt Blanc.

Je suis pour le CEVA. Indéniablement. Ses 50 000 voyageurs devraient représenter un flot d'au moins 20 000 véhicules en moins aux heures de pointe, matin et soir, car c'est à peu près le quart de ce qui entre en ville ou traverse le canton à ce moment là. Le flux maximal, dans tous les domaines que ce soit, c'est le cauchemar du planificateur, et tous les moyens permettant de le réduire sont les bienvenus. Ce qui fait que je comprend Leuenberger.

Je n'en suis pas moins extrêmement remonté contre mes amis écologistes, du moins ceux qui considèrent la Traversée comme un avatar moderne de l'antéchrist. Il semble que Michèle Kunzler en fasse partie. Et j'en ai autant à l'égard des socialistes, du moins là encore ceux qui participent au verrouillage du projet. Et je n'oublie pas cette partie des électeurs bourgeois de l'Entente, logés sur la Rive gauche, qui ont fait échouer le projet, en votation, pour ne pas voir de chantier sous leurs fenêtres. Exactement comme ceux qui aujourd'hui s'en prennent au CEVA avec des arguments bidons.

Tous ces gens sont en grande partie responsables du bug MCG, enflé dans les embouteillages quotidiens qui exaspèrent les citoyens travailleurs de ce canton et coûtent un argent considérable en heures de travail perdues. On le sait, l'histoire du frontalier qui pique la place de travail n'est qu'anecdotique et dissimule même souvent des cas sociaux. Peu d'employeurs Genevois, même avec un DRH frontalier, prendraient le risque de virer sans raison un bon travailleur ayant fait ses preuves... sauf si celles-ci ne jouent pas en sa faveur.

La haine larvée d'une partie de la population genevoise à l'égard des frontaliers vient certes d'une certaine morgue d'une partie de ces derniers, qui se la jouaient villas et train de vie de bourgeois avec des salaires qui ne permettaient aux grandes gueules de Genevois que de vivre modestement. Mais cette différence s'est largement estompée avec l'Euro et la libre circulation. En 40 ans, de 1960 à 2000, le Franc suisse avait multiplié par 4 sa valeur face au Franc Français. Mais depuis dix ans, les valeurs respectives de l'euro et du Franc suisse sont restées stables. Et les prix se sont équilibrés dans tous les domaines, même si la différence reste criante en matière d'immobilier, mais pas plus qu'entre n'importe quel centre chic et sa ceinture de banlieues.

C'est dans l'embouteillage quotidien que se niche l'exaspération des gens. Or si le nombre de plaques françaises a augmenté – de même que les flux frontaliers pendulaires, donc les embouteillages - c'est d'abord du fait du nombre de Suisses partis s'établir de l'autre côté de la frontière. Et c'est aussi du fait du corset procédurier, qui garrote la construction à Genève. Dans lequel on peut inclure la protection renforcée du locataire, au détriment de l'aide à l'accession à la propriété, contrairement à la France.

Pour tout compliquer, le renforcement des pouvoirs locauxi donne à chacun ou à chaque groupe – notamment communal - le droit d'imposer son intérêt immédiat à l'intérêt collectif. Ce qui mine la bonne entente et renforce les tendances centrifuges, ou disons séparatrices, plutôt que d'unir les forces dans des projets communs.

Les Verts, pour ne pas heurter de front l'électorat, ont multiplié les attaques sournoises envers la mobilité, détruisant les ondes vertes, rallongeant la durée des travaux, bref, embêtant les gens, sciemment. On en paie le prix aujourd'hui. Il est excellent que des trams soient construits, mais on aurait pu le faire autrement, et plus vite. Les faire passer plus souvent en souterrain, ou en aérien (il y en a de silencieux)... Et cesser de considérer notre zone agricole comme un tabou absolu...

Le meilleur moyen – pour ne pas dire le seul - de sortir la pollution et une bonne partie du trafic du centre ville, c'est de construire une traversée. Une fois le CEVA dûment accepté, cela doit devenir la priorité absolue du futur gouvernement, au même titre que la construction de logements – avec des logements sociaux, certes, mais aussi, et en nombre, des quartiers et des logements de qualité, dans lesquels des gens qui ont acquis une villa puissent avoir envie de revenir... Des quartiers bien reliés au réseau de transport en commun...

Bref, ôter une fois pour toutes les lunettes de l'idéologue et du lobbyiste, pour chausser celles de l'aménageur... Je ne crois pas que les grandes villes, les grandes idées, les grandes réalisations de l'humanité ont pu se faire en tenant compte de l'avis de tous. A fortiori lorsque l'avis de tous est manipulé et manipulable comme il peut l'être dans les processus de consultation et autres comités de quartiers chers à Mme Künzler. Il s'agit au contraire de dégager l'essentiel, sous la pluie d'avis disparates, afin de parvenir, au final à un consensus sur la réalisation faite.

L'exact inverse de ce qui fut fait pour la Traversée, dont on sait (par de multiples sondages et par une votation toujours en vigueur) que les 2/3 ou les 3/4 des Genevois la réclament, mais qu'il leur est impossible de s'accorder sur le choix de la forme et de l'emplacement de celle-ci. Et bien dans ce cas, il revient au leader politique de choisir. Dans notre système, il aura un visage septuple. Mais de grâce qu'il avance.

Et plutôt, Mme Künzler, de nous dire que vous êtes contre la Traversée, nous aimerions savoir si vous êtes prête à y travailler dans la collégialité au cas, assez probable, d'une victoire de l'Entente ce dimanche. Ou si vous mettrez les pieds au mur, au risque de faire capoter la bonne entente souhaitable de l'Exécutif ? La question est également valable pour Me Pürro, que je subodore moins ferme que vous sur la doctrine, en tout cas sur ce point.

02/11/2009

Horizon vertical à Genève

 

La course en avant de l'économie mondiale ressemble assez au soutien à l'économie genevoise tel qu'il a été pratiqué ces dernières années, couplé à la libre circulation des personnes. Les autorités font en sorte d'assurer les conditions nécessaires à la croissance (ce qui déjà n'est pas simple et qui surtout s'avère nécessaire au fonctionnement de la société), sans toujours consentir aux investissements de fond qui seraient nécessaires pour assurer la durabilité de là-dite croissance... et le bien être des populations qu'elle laisse en plan.

Comme l'a très bien dit David Hiler, l'impact de l'afflux frontalier sur certaines catégories de population n'a pas été anticipé... Mais sans l'apport des frontaliers, l'économie genevoise aurait été moins performante et le chômage serait encore pire. En fait, Genève paie aujourd'hui le prix de décennies de développement au rabais, durant lesquelles on a privilégié la satisfaction des besoins personnels, tant par le moins d'impôts pour les plus riches, que par une politique d'assistance coûteuse aux plus démunis. Seule la classe moyenne étant ponctionnée.

Cela s'est fait au détriment des investissements d'infrastructures. Il y a 20 ans, on parlait déjà de métro, souterrain ou aérien, de traversée de la Rade, de CEVA etc... Rien de tout ceci n'a été entrepris, parce que certains avaient peur de l'expansion, et d'autres des coûts...

Pendant ce temps, la petite Genève devenait malgré tout une agglomération de près d'un million d'habitants, hyperétendue et dépourvue des infrastructures adaptées. Tous les partis en portent une part de responsabilité. Même les radicaux, qui en dépit de leur tradition de bâtisseurs, se sont contentés de mener des études très intéressantes, débouchant sur des projets futuristes allèchants, mais sans réelle volonté politique d'aboutir à des réalisations concrêtes.

Même au cours de cette campagne, personne ne semble prêt à dire les choses clairement: Genève doit se moderniser ou dépérir. Cela signifie un véritable réseau RER et vite, une liaison supplémentaire de transports publics et privés entre les deux rives (voire deux), une densification déterminée des zones comme la Praille, en oubliant les préceptes du Corbusier sur l'horizontalité, qui datent d'un autre temps.

Je viens de passer quelques jours à Los Angeles et Tokyo, les deux antithèses de l'horizontalité et de la verticalité. En dépit de ses excès, genre 3 ou 4 autoroutes superposées atteignant le 9è étage des immeubles, Tokyo, son métro et ses rues grouillantes de piétons en bonne santé parait bien plus moderne que la Cité des Anges, infiniment étalée sur un ou deux étages, se mourrant d'apoplexie sous ses voitures aux conducteurs gavés de hamburgers et de sucres rapides.

D'un autre côté dans la Tokyo dopée au gingembre, si propre et si organisée, tellement civile et civique, le taux de suicide atteint des proportions inégalées.

Nous avons la chance de pouvoir conjuguer les deux, toutes proportions gardées: les zones villas familiales et le centre ville animé. Avec en prime un hypercentre historique qui mérite d'être conservé. Mais la création de nouveaux quartiers urbains es devenu une nécessité. A la Praille et ailleurs, ils devront être bâtis en hauteur, et suffisamment irrigués par les transports publics pour assurer l'avenir.

Il est grand dommage que les prurits populistes aient comnplètement occulté ces points fondamentaux de la législature à venir. On aurait aimé que les électeurs, dans 15 jours, puissent se déterminer sur ces questions de fond, en toute connaissance de cause.