07/12/2009

L'OMC, Copenhague... et nous

 

A vos disques durs : Vendredi soir à minuit (ou samedi à 0 h), TSR 2 diffuse « Le Secret des Dieux » qui comme son nom ne l'indique pas, fait le point sur le gouvernance mondiale. Au beau milieu de Copenhague, c'est l'occasion d'apprendre comment la planète est gérée... ou pas... et l'ampleur phénoménale de l'incompréhension populaire à ce sujet.

Comment faire, par exemple, pour que l'amélioration nécessaire du niveau de vie des plus pauvres ne se traduise pas par une aggravation de la pollution ? Et, vu que les ressources ne sont pas extensibles à l'infini, comment parvenir à cette amélioration sans réduire notablement le train de vie des classes moyennes occidentales, qui tiennent les cordons de la bourse et donc la clé - politique - des solutions dans nos pays globalement démocratiques?

Ces questions, et d'autres, je les ai posées à ceux qui s'en préoccupent, ou qui devraient le faire: chercheurs universitaires, chefs de gouvernements, dirigeants d'organisations internationales. Ainsi qu'à deux leaders altermondialistes locales, qui reconnaissent implicitement ne pas avoir de réponse et se cantonner dans un rôle de critique des solutions actuellement apportées.

La critique est aisée, mais l'art est difficile... c'est pourquoi j'ai le plus grand respect pour les équipes de hauts-fonctionnaires nationaux ou internationaux (actifs aussi dans le privé parfois) qui se sont attelés à cette tâche démentielle, mais oh combien nécessaire: penser et réorganiser la gouvernance mondiale pour la rendre plus efficace. Pour y parvenir, il faudra résoudre pluseurs équations du calibre de la quadrature du cercle, à commencer par la persistance des nationalismes et des irrédentismes de tous poils.

A la diffèrence des films de Hulot ou d'Arthus Bertand, ou avant eux, de l'Autrichien Sauper, le Secret des Dieux ne se contente pas de dénoncer l'urgence des problèmes (largement fantasmés voire bidonnés dans le cas du Cauchemar de Darwin) mais veut rendre accessible le débat sur les solutions. Une démarche peu payante à l'heure de la simplification médiatique à outrance, mais néanmoins nécessaire. Car si l'on se contente d'en rester à l'invective et à la dénonciation, parfois calomnieuse, on n'avancera pas.

Quelles doivent être les rôles respectifs de l'ONU, de l'OMC, de l'OMM, du PNUD, du PNUE ou du FMI dans l'orchestre symphonique aux multiples chefs d'orchestre qui se met en place ? Qui va écrire la partition et comment les coordonner ? Quelle est la légitimité du CEB, le Chief Executive Board ? Un Conseil des ministres du Monde qui regroupe tous les dirigeants des Organisations Internationales, parmi lesquels il n'y a pas plus d'un représentant par nation... Sauf quatre citoyens des Etats-Unis (dont trois à des postes mineurs) et quatre Français (dont trois à des postes majeurs...)

Certes, minuit c'est bien tard, quand on travaille le lendemain, mais c'est vendredi soir, et les magnétoscopes comme les disques durs sont là pour ça: enregistrer ce qui ne peut pas être vu sur le moment. Si la vox populi ne veut pas être larguée, dans les débats qui ne font que commencer sur la gestion commune de la maison monde, elle a tout intérêt à s'informer, pour se forger sa propre opinion.

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