10/12/2009

Faut-il aider les pétroliers ?

C'est important, ce qui se passe à Copenhague. Comme toujours dans ces enceintes internationales, les négociations sont serrées, voire sanglantes. Si tout le monde est à peu près d'accord sur les objectifs globaux, chacun (= chaque pays) souhaite y parvenir en payant le moins possible et en obtenant le maximum. Dans les pays démocratiques comme dans les autres, parce que les gouvernements doivent rendre compte à leurs électeurs et que les électeurs ont tendance à classer dans cet ordre leur intérêt personnel, puis leur intérêt national, puis l'intéret général. C'est humain, c'est normal, mais c'est idiot, car de l'intérêt général peut parfois dépendre l'acomplissement - ou la durabilité - de ses intérêts particuliers ou nationaux.
Les gens s'en rendront compte un jour, mais on en n'est pas encore là.
En attendant, les pays pauvres râlent après les Danois, qui font circuler un projet de résolution qui néglige gravement leurs intérêts, en donnant aux pays riches tout le temps nécessaire à s'adapter. Un test, sans doute comme dans toute négociation, pour permettre de jauger les capacités de réaction de l'adversaire, car l'idée même d'un tel accord parait surréaliste. Comme l'est à l'inverse, la prétention des pays producteurs de pétrole d'obtenir eux aussi des dédomagements de la communauté internationale pour les manque à gagner futurs, que des mesures clairement orientées anti-CO2 ne manqueraient pas de provoquer chez eux.
De telles mesures compensatoires à leur égard seraient inadmissibles. Ils ont bénéficié, durant quelques décennies, d'une manne providentielle dont ont été privés les autres pays en développement. A de rares exceptions près, ils se sont moqués éperdument des conséquences catastrophiques que pouvaient avoir sur les pays pauvres sans pétrole les hausses brutales de prix qu'ils ont parfois imposées. Les pétrothéocraties en ont même profité pour épandre un prosélytisme fâcheux sur une bonne partie du monde, au lieu de s'occuper d'investir pour préparer l'après-pétrole. Ce qui vaut aussi pour le chavisme. Les aider aujourd'hui serait un pur scandale, même si cela peut paraitre dans l'ordre des choses.

 

Commentaires

Bon ben vous voyez, quand vous vous donnez de la peine, on peut être d'accord! ;-)

"de l'intérêt général peut parfois dépendre l'acomplissement - ou la durabilité - de ses intérêts particuliers ou nationaux."

Woaw! Eh ben ça alors, venant de vous...
;-)

Écrit par : Sandro Minimo | 11/12/2009

Mon cher Sandro, comme je vous l'ai déjà dit, j'ai la fibre bien plus écologiste que vous ne le pensez et ce dès avant votre naissance. Mais je n'approuve pas le discours hystérique de certains écolos extrémistes, dont vous êtes un fameux représentant. Je préfère la science, la vraie, celle qui doute et questionne, au sectarisme, et l'objectivité, même utopique, au manichéisme. Lorsque vous aurez fait cette partie du chemin, ce qui vous viendra sans doute avec l'âge, en tout cas je l'espère pour vous, nous pourrons vraiment nous entendre.

Écrit par : Philippe Souaille | 11/12/2009

Je ne suis pas plus "extrémiste" que 80% des gens qui se trouvent à Copenhague en ce moment et qui demandent qu'on ne prenne pas le risque de grimper au dessus de 2°c d'augmentation... ce qui implique de réduire de 40% nos émissions d'ici à 2020 et de 95% d'ici à 2050.

Et cela ne se fera pas avec la voiture électrique :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/11/automobile-l-impossible-electrochoc-par-herve-leridon_1279122_3232.html

Amitiés,

Sandro "l'hystérique"

Écrit par : Sandro Minimo | 11/12/2009

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