28/01/2010

PIWI, sors de ce corps !

 

Nous sommes toujours un peu seuls. Sauf peut être en de rares moments de communion particulièrement intenses avec un ou une partenaire. Ce que l'on appelle l'amour. Aussi imprévisible que mystérieux, sans cesse différent et jamais pareil.

Mais l'instant de grâce (céleste ? - allons osons le mot, sans référence biblique, contentons nous du 7ème ciel...) ne dure jamais, car il faut se lever, ou se rendormir, se brosser les dents ou enfiler son pyjama, courir bosser ou sortir de l'ascenseur... On se retrouve alors seul à nouveau. Jusqu'à la prochaine extase commune.

Parfois, aussi, quelques brefs instants de complicité, ou d'accord sur un point précis, nous font croire que l'on communique vraiment, que l'on communie, bref que l'on se comprend. C'est une forme d'amour aussi. Quoique moins explosive et humide que la précédente. L'avantage, c'est que cela peut être avec n'importe qui...

Mais dans l'ensemble, on est seul. Même quand on est à deux. Ou à cinquante. Avec soi-même et ses pensées, ce qui n'arrange rien quand on a le moral dans les chaussettes.

C'est pourquoi je pense très fort à Paula, qui tient la main de Per dans sa solitude presque absolue, là-bas, pas très loin, mais si loin de tout, au CESCO. Il en faut du courage pour accompagner un vieux grincheux comme lui, frustré de ne plus pouvoir parler, de ne plus pouvoir dessiner, de ne plus pouvoir tapoter son clavier, de ne plus pouvoir... rien.

Un espèce de fou furieux qui s'était remis à fumer après avoir vaincu une première fois un cancer du poumon. Mais tellement vivant.

Seulement, d'être vivant, cela ne sert qu'à une chose au fond: reculer le moment où on ne le sera plus, en en profitant un maximum d'ici là.

Alors je sais que ça ne se fait pas, que par superstition, personne n'aime lire à quelqu'un sa nécro avant qu'il soit mort. Mais au même titre que beaucoup d'entre nous aimeraient bien assister à leurs funérailles, pour voir combien sont là, et qui est vraiment triste ou fait semblant, et veiller à ce que les enfants reprennent vite le chemin de la vie... je vais lire à Per, de son vivant, la nécro que je lui dédie. Parce que je suis sûr que ce vieux pirate est assez à cheval sur les convenances pour en tirer un dernier (?) et malin plaisir... Car enfin, ce n'est pas donné à tout le monde, de lire sa nécro dans le journal...

Et tant mieux si ce coup là encore, il s'en sort et terrasse la sale bête. Comme cela il aura eu le temps d'apprendre tout le bien qu'on pense de lui.

Et pour l'occasion, je vais te tutoyer Per, ce que nous ne faisions pas, bien que nous nous soyons rencontrés quelque fois

 

Tu es un mec bien.

Un fonçeur, qui a mené sa barque à sa guise, sans crainte des récifs, pas même des tsunami.

Un gars généreux, toujours prêt à tendre la main quand cela peut aider, surtout si cela n'est pas en vain

Un créatif, jamais en panne d'idées.

Tu as été l'une des âmes perdues de ce microcosme blogueur de la Tribune de Genève, drôle de monde en ébullition permanente, Saint Jean-François, sois-en remercié !

Tu avais tes têtes et tes ennemis intimes, mais aussi de surprenantes et fulgurantes amitiés:

un drôle de croisement de Saint-Bernard et de Rackham le Rouge.

Volontiers grivois, amoureux de la bonne chair, surtout en bas résille, tu nous régalais de tes madeleines graphiques.

Tu nous manques déjà.

Et ne t'inquiète pas pour Paula... elle n'est pas encore rentrée au Brésil !

Parole de pirate.

Croix de bois, croix de fer, Arrhhh Teufel, si je mens je te rejoins là où personne ne va. Puisque ça n'existe pas :-) C'est ça qu'est cool !

Bon le plus tard possible, quand même.

Et puis à toi l'anar viking, descendant d'Hamlet, qui toute sa vie a clamé, « No Pasaran », je crois que pour toi, exceptionnellement, on peut tous reprendre en choeur le slogan d'en face : « Viva la Muerte ». Pas la peine de bandeau, même face au peloton !

Avec tout de même une prière, non pas à dieu, puisque la plupart d'entre nous n'y croyons pas, mais à la fée Clochette, celle qui préside aux rêves des sales gosses dans notre genre:

PIWI, sors de ce corps ! Et puis aussi du corps de John, qui passe sur le billard aujourd'hui.

On t'aime Per.

ps: Merci à Pascale d'être ton agent de liaison

Commentaires

J'ai failli oublier : le texte de la lettre que chacun peut (ou plutôt doit) envoyer à Mme la Conseillère Fédérale, en l'accommodant bien sûr à sa façon. pour ma part j'ajouterai que son élection fut une joie intense pour moi. D'une part c'est vrai, et en plus ça peut aider, on ne sait jamais !


Madame Evelyne WIDMER-SCHLUMPF

Présidente du Département fédéral de justice et police

Palais fédéral ouest

CH-3003 Berne

Madame la Conseillère Fédérale,

J’ai l’honneur de vous adresser une requête, en espérant que celle-ci trouvera grâce à vos yeux.

Il s’agit du cas de Madame Paula SOUZA DOMINGOS, originaire du Brésil, née le 16.10.1976.

Comme vous le savez, cette jeune femme est intégrée depuis 10 ans à Genève. Elle parle très bien la langue. C’est une travailleuse énergique et consciencieuse, qui donne pleine satisfaction à l’ESM qui l’a employée et qui souhaite continuer à utiliser ses compétences.

Il se trouve que le Permis d’établissement lui a été refusé, malgré un préavis positif de Genève, et que normalement elle sera expulsée de Suisse au 31 mars prochain. Je connais cette jeune femme et je suis très peiné de cette décision.

C’est une personne qui s’est toujours bien intégrée et sans problème avec la police ou la justice, si l’EMS ne peut la reprendre il devra engager de toutes façons un autre étranger, vu le manque de personnel suisse dans ce domaine, sa sœur jumelle est mariée à Genève, et l’on sait que séparer de force des jumeaux crée un traumatisme; de plus elle n’a plus de famille au Brésil, sa mère allant venir en Europe après le décès du père de Paula,
elle fait montre d’un très grand dévouement et compassion envers les personnes dont elle a la charge.

Je sais que les Permis d’établissement sont attribués en petit nombre et selon des critères préférentiels. Toutefois, j’ai le sentiment qu’en le refusant à Paula SOUZA DOMINGOS on ne rend pas justice à son intégration et son affection pour la Suisse, à ce qu’elle donne pour notre pays, et on passe à côté d’une personne très compétente et respectueuse.

C’est pourquoi je me permets de vous demander avec respect de bien vouloir reconsidérer le cas de Madame SOUZA DOMINGOS. Je pense qu’une révision de la décision initiale serait un acte adapté à cette situation et serait ressentie avec soulagement par tous ceux qui, à Genève, soutiennent Paula.

Je vous remercie de l’attention que vous porterez à la présente et je vous prie de recevoir, Madame la Conseillère Fédérale, mes salutations respectueuses.

Écrit par : Philippe Souaille | 28/01/2010

Rhaaaa la la! Je sens qu'il va y avoir des rires et des larmes aujourd'hui...

Merci Philippe ;-)

:-B

Écrit par : Pascale | 28/01/2010

Ja Teufel, enfin... complicité, superstition, etc. Alles wieso...
Nachste, à bientôt.
*en français dans le texte

Écrit par : Redbaron | 29/01/2010

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