24/02/2010

Quand Décaillet dérape

Dans son émission de ce mercredi matin, sur Radio Cité, le Machiavel des ondes a inventé un nouveau concept politique. Selon lui, à partir d'un certain seuil électoral, qu'il fixe lui-même, d'autorité, on n'est plus un extrémiste. On peut entendre ici l'extrait de son émission, dans lequel il se fâche contre son invité, le jeune constituant radical Murat Julian Alder, parce que celui-ci qualifie le regroupement MCG-UDC d'extrêmiste.

"Comment, tonne Décaillet, pouvez qualifier le MCG d'extrémistes alors qu'ils font 17% des voix et que vous n'en faites que 11% ?" Il continue en parlant d'arrogance...

A noter que quelques secondes auparavant, le même Décaillet, avait qualifiée "d'extrême-gauche" la gauche redevenue extraparlementaire et qui représente en gros 14% des voix... Donc à l'extrême gauche avec 14% et plus à l'extrême-droite avec 17%...

Au-delà du déséquilibre flagrant de sa position, curieuse tout de même pour un journaliste en principe neutre, le pire est qu'avec son raisonnement, on ne peut plus qualifier Hitler d'extrémiste, puisqu'il fut tout de même élu avec 31% des voix. De même Mussolini, s'il avait été élu, aurait certainement fait un bon score... Ou encore Franco et aussi Staline...

Ce journaliste, qui se pique de culture politique, devrait tout de même savoir que ce n'est pas le nombre de voix qui situe quelqu'un sur l'échiquier, c'est la teneur de son discours et les mesures qu'il prend ou prétend prendre. Et jusqu'à preuve du contraire, tenir le discours violemment anti-frontalier que tient le MCG, c'est tenir un discours d'extrême-droite. Dresser les électeurs contre leurs voisins, c'est tenir un discours d'extrême-droite. Flatter la fibre nationaliste et les bas instincts, c'est tenir un discours d'extrême-droite.

Ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'histoire.

Par ailleurs, pour l'élection au Conseil d'Etat, le candidat radical totalise 49% des suffrages et le Président du MCG 29%. Ce qui définit aussi une capacité à rassembler au centre ou à rester sur les marges.

22/02/2010

Sommet de la Francophonie et 50ème anniversaire des Indépendances africaines

Au mois d'octobre doit se dérouler à Montreux le XIIIème sommet de la francophonie. Il coïncidera avec le 50ème anniversaire de l'Indépendance pour plusieurs pays d'Afrique, 1960 étant considérée comme la date clef pour tout le processus de libération des anciens Etats coloniaux.

Ce sera l'occasion de faire le point sur ces cinquante années, qui ont vu quelques beaux succès et pas mal d'échecs. Pourquoi, comment? Aurait-on pu mieux faire? Qu'est-ce qui a cloché et pourrait-on, à l'avenir, améliorer les choses, en matière de coopération et d'aide au développement, notamment ? Ce sont là des questions graves, qu'il importe de poser de temps à autre.

Les Chambres fédérales semblent un peu hésitantes sur l'engagement des crédits néecessaires à la manifestation, prévue initiatlement à Madagascar et sauvée in extremis par la Suisse devant l'impossibilité de la mener à bien dans la grande Ile... Le Canton de Vaud, qui accueille, se dit très réceptif. Il semblerait bon que celui de Genève l'épaule dans cette démarche, l'image de Genève ayant tout à y gagner.

Quant aux retombées économiques, en période de crise, il est toujours utile de pouvoir réchauffer d'utiles relations avec une soixantaine de gouvernements, pas forcément les plus riches, ni les plus influents, mais qui tous ont d'importants potentiels.

18/02/2010

Et pourquoi pas Ang Lee dans le rôle de Constance Bonacieux ?

Il y a deux semaines, une bande de lancement au cinéma m'a appris qu'Alexandre Dumas allait être interprété à l'écran par Gérard Depardieu, j'ai été choqué. Pas tant par la couleur de ses cheveux, j'ai des amis quarterons (un quart de sang noir, donc, comme le vrai Dumas) aussi blonds que Depardieu, mais parce que si le racisme est officiellement condamné, il est loin d'être disparu dans l'imaginaire populaire.

Aussi bien chez les blancs que les chez les noirs, d'ailleurs, l'image de l'homme noir souffre d'un grave déficit de personnalités remarquables en matière de sciences ou de littérature. Pour la femme noire, c'est moins grave, l'image de la blonde étant pire... L'histoire, la hiérarchie sociale a fait que peu d'hommes noirs furent en situation d'exprimer leur génie en littérature ou en mathématiques... Il y en eut pourtant quelques uns, à commencer par Dumas, étonnament même, lorsqu'on pense aux conditions qui leur étaient faites... Mais dans l'imaginaire populaire, la question des capacités n'en reste pas moins posée.

C'est pourquoi j'estime fort regrettable, et même criminel, lorsqu'un exemple positif existe, de ne pas le souligner, pire de le dérober à la conscience noire pour en faire un héros blanc. Je comprend qu'un Depardieu soit garant de meilleures recettes, mais il y a des choses avec lesquelles on ne devrait pas transiger. L'argument artistique selon lequel un acteur doit pouvoir jouer n'importe quel rôle et donc qu'un rôle doit pouvoir être joué par n'importe quel acteur n'est pas recevable au cinéma, pour un film de grande diffusion. C'est même de la malhonneteté intellectuelle de le prétendre, comme le fait mon ami AD dans l'Hebdo de ce matin. Il ne s'agit pas ici d'une oeuvre d'avant-garde dans laquelle toutes les audaces sont permises, mais d'un film historique à gros budget qui se doit d'être réaliste s'il veut avoir un quelconque succès public. La Môme Piaff interprétée par Ursula Andress aurait été un bide retentissant... Même si elle s'était trinqueballée en bikini durant la moitié du film !

Il y a 10 ans, j'ai refusé le finacement de TF1 sur un projet de fiction qui me tenait particulièrement à coeur, parce qu'ils voulaient m'obliger à faire jouer le rôle principal, un Ivoirien, par Pascal Légitimus, que j'apprécie énormément par ailleurs. Je lui avais même concocté dans le film un rôle délicieux de commissaire de police antillais à Annemasse. Mais Pascal fait à peu près aussi Africain que Schwarzenegger fait sicilien... Je ne suis de loin pas du genre à dénoncer le racisme à tout bout de champ, encore moins à lustrer le complexe de persécution de certains de mes potes de couleur. Mais là, il y avait du racisme dans l'attitude de TF1.

Heureusement, les choses bougent. L'acteur, alors inconnu et d'ailleurs également martiniquais, mais noir de peau, que je pressentais est devenu célèbre depuis grâce à une série policière sur France 2. Ce même France 2 dont la direction des programmes m'avait répondu, au sujet de mon film Ashakara, il y a 17 ans, que la France profonde n'était pas encore prête à voir des héros noirs... Tout en passant le Prince de Bel Air et des clips de rap à des heures de grande écoute.

Un jour espérons-le, ces questions n'auront plus d'importance. Mais pour l'heure ce n'est pas le cas, et le communautarisme prend du poil de la bête. Alors évitons les impairs et les fautes de goût. Et surtout donnons aux jeunes des quartiers d'autres images/perspectives de leur futur que celui des dealers ou des pimps de groupes de rap.

 

17/02/2010

De Frattini à Merz...

Les anti-européens de ce pays se délectent évidemment de l’incroyable saillie de l’Italien Frattini qui prend le parti de Kadhafi contre la Suisse. Ils ont tort, car c’est tout simplement la démonstration par l’absurde de l’imbécilité des égoïsmes nationaux qui fondent notre monde westphalien (le Traité de Westphalie, à la fin de la Guerre de Trente Ans, datant historiquement la naissance des Etats-Nations). C’est la preuve éclatante des dégâts que ces égoïsmes occasionnent en faisant passer l’intérêt national avant tous les autres. Avant la morale, avant la démocratie, avant l’intérêt général, qu’il soit européen, occidental ou mondial…

L’édification d’un mode de gouvernance globale et démocratique fait figure aujourd’hui d’utopie mais c’est pourtant la seule réponse intelligente et efficace aux problèmes de la planète. Selon les sondages effectués en 2005 et 2006, dans cinquante pays riches et pauvres, les deux tiers des terriens souhaitent un tel gouvernement… mais beaucoup le perçoivent comme un rêve.

Or il existe aujourd’hui suffisamment de démocratie dans le monde, notamment dans les pays les plus puissants, pour qu’à terme, une telle volonté populaire s’impose au sommet de la pyramide, qui d’ailleurs n’est pas forcément contre, en dehors de quelques nationalistes étroits. Les modalités restent bien sûr à inventer, mais ce rêve d‘une nouvelle frontière mondiale n‘est-il pas l‘objectif idéal qui pourrait motiver les élites et les classes populaires dans la guerre que nous entamons contre la crise ?

Contre la crise et, pour la première fois dans l‘histoire de l‘humanité, pas contre le voisin accusé de tous les maux qui nous assaillent. Voisin qui demeure cependant l‘objectif facile et numéro un pour les populismes de tous poils qui sont loin d‘avoir rendu les armes.  En fait la situation est très simple, comme je l’écrivais déjà en 2007 dans l’Utopie Urgente, juste avant le déclenchement de la crise, dont aucune des causes fondamentales n’a véritablement été résolue:

Soit nous parvenons à bâtir cette gouvernance mondiale démocratique qui nous sauvera, soit nous fonçons droit vers un affrontement généralisé, potentiellement nucléaire, duquel émergera, comme pour les deux guerres mondiales précédentes, cette organisation mondiale démocratique dont la planète et l’humanité ont le plus urgent besoin.

La taille logique et naturelle des Etats est liée à la surface de leurs échanges et à la rapidité des communications de leur administration. Le temps mis par le pouvoir central a entendre et se faire entendre de ses provinces les plus reculées a toujours été le talon d’Achille des empires. Aujourd’hui, ce temps est instantané, et nos échanges sont mondiaux. Même en admettant une forme de décroissance, ou plutôt de réorientation de la croissance vers des activités plus durables, nul ne peut sérieusement songer vivre en autarcie.

Nous ne pouvons pas nous comporter indéfiniment en maffieux n’ayant aucune considération (en dehors de la charité au lendemain des catastrophes) pour tous ceux qui ne sont pas du clan. Même si ce clan est à l’échelle du pays. De ce point de vue, les Berlusconi, Frattini et Bossi n’ont rien à envier aux Blocher, Bruner et Stauffer, ou en France aux Le Pen, Besson ou de Villiers, ou même Frêche, tous ces politiciens qui font commerce du chauvinisme, comme en Afrique, les prostituées font « boutique mon cul ».

Défendre les intérêts du citoyen local, bien sûr, cela fait sens. D’autant qu’il est l’électeur. Mais très souvent ses intérêts à court terme divergent de ses intérêts à long terme, au premier rang desquels figurent la paix et l’équilibre du monde, meilleur gage de la prospérité commune. La politique, au sens grec et originel du terme, c’est la gestion des affaires de la cité. Sauf que notre cité aujourd’hui c’est le monde, dont les ressources sont limitées. Se coordonner pour se répartir équitablement, les parts du gâteau, ou se battre comme des enfants très mal élevés pour piquer la plus grosse part, c’est le dilemme simple auquel nous sommes aujourd’hui confrontés.

Nous européens en général et suisses en particulier avons bien profité. Pour tout dire, depuis quelques décades, nous nous sommes honteusement goinfrés, grâce notamment au secret bancaire. Certes quelques milliardaires en ont profité plus que d’autres, mais rappelons aujourd’hui qu’un assisté social à Genève perçoit une aide dix à vingt fois plus élevée que le salaire d’un fonctionnaire africain. Et si son loyer et sa nourriture sont plus chers (mais d’une qualité infiniment supérieure) tous les autres biens de consommation, de la radio à la voiture, sont nettement plus chers en Afrique, à qualité équivalente 

Ce que nos hommes politiques ont à gérer, c’est-ce challenge là: le passage d’une économie du chaque Etat pour soi à une collaboration et un partage rendus nécessaires… Mais qui pour l’heure passe encore essentiellement par l’expression de rapports de force. Ce que nous vivons, c’est l’écroulement de l’ancien monde, dans lequel le respect de l’Etat de droit camouflait en réalité mille arnaques petites  et grandes, dont le fruit bien souvent… continuait de fructifier tranquillement dans nos coffres.

Il reste à définir les règles du nouveau monde. G20, ONU, assemblée mondiale démocratique (un élu pour plus ou moins dix millions d’électeurs, par exemple) ou pas de règle du tout… Nos autorités politiques n’ont aucune réponse toute faite, Car il n’est pas de solution miracle et les meilleures ne sont pas les plus simples à mettre en place. En attendant, il faut parer au plus pressé, quasiment au jour le jour.

Défaut de prévisionnisme ? Oui certainement, d’autant que les catastrophes étaient annoncées.  Mais  tirer sur les pianistes comme le font systématiquement la presse et certains politiciens depuis quelques temps, ne sert à rien, hormis les intérêts extrémistes, qui par les temps qui courent, sont plutôt des extrémismes de droite.  La Suisse a-t-elle besoin  d’un homme providentiel ? Personnellement, je ne le pense pas. Dans la période il y aurait trop de risques que l’on hérite d’un Blocher plutôt que d’un Guisan. En revanche, la Suisse a besoin d’une stratégie claire, qui soit d’abord une stratégie réaliste.

L’abandon du secret bancaire contre l’accès aux marchés européens de service en est une. Qui de toute manière, sera l’issue finale, la seule question étant quand ? Se cacher la tête dans le sable n’a jamais été une solution pour personne. En attendant, on peut gagner du temps, ce qui a jusqu'à présent été la stratégie principale des banquiers. Mais vient un moment où le temps qu'on gagne finit par coûter très cher en atteinte à l'image. Au lieu de faire une croix sur le passé et de repartir à l'assaut avec une nouvelle stratégie, de nouveaux objectifs, une nouvelle éthique, une nouvelle image. Il est temps.

A noter la conférence du Professeur de Droit International des HEID, Nicolas Michel, ancien Secrétaire Général adjoint de l'ONU, consacré à l'émergence d'une communauté mondiale, le 2 mars à 18h30 à UNI II.

 

06/02/2010

MCG-UDC: quand les zégos font les inégaux

 

Tout a commencé par le dépit d'un journaliste mégalo de talent, qui un jour, pour faire bisquer la gauche qui l'avait déchu de son trône à la radio, imagina de bouleverser la culture politique de ce pays. Il voulait la mort du système de consensus développé patiemment par la démocratie helvétique. Il rêvait d'un affrontement, classique ailleurs, des blocs antagonistes. A commencer par Genève, où la télé locale lui offrait l'asile médiatique.

Pour parvenir à ses fins, il fallait que l'Entente et l'UDC se rapprochent, alors que les deux ailes centristes de l'entente (oui je sais, la géométrie et la politique ne sont pas toujours juxtaposables) lorgnaient plutôt du côté des verts pour l'une, des girouettes pour l'autre. Le journaliste émule de Machiavel eut beau faire des pieds et des mains, trépigner et tempêter, rien n'y fit. Il attribua son échec aux talents stratégiques d'un adversaire de l'ombre, en grande partie fantasmé et qui en rit encore, dont il fit désormais son ennemi numéro 1.

Il faut dire que ses plans avaient été largement mis à mal par le goût de certains udcistes pour les affiches et les slogans déplacés... et par l'émergence d'un OVNI populiste, dont il se mit à flagorner la mâle prestance, y décelant très tôt un parfum d'extrême droite qui lui stimulait agréablement les neurones. Pâmé devant sa propre extase, investi de sa mission mystique, il imagina de rassembler les deux pôles de l'extrême droite genevoise, pour enfin pouvoir courir sus aux gueux de gauche et à ce satané consensus, coupable d'affadissement de la vie politique... Là où tout ce qu'il l'amuse et le fait vibrer, c'est l'étalage de la tripaille et les coups de jarnac.

C'est alors que les deux gros nigauds tombèrent dans le panneau, à pieds joints.

L'Eric et le Christof, tout heureux de se serrer la main, se voyaient déjà, par la grâce de leur alliance, assis tout en haut de l'affiche. Sans voir un instant que les leaders, quels qu'ils soient, ne sont pas propriétaires des voix de leur parti, et qu'une fusion entre frères ennemis ne s'improvise pas. Qui sera le Röhmel de l'histoire ? La question reste ouverte, et les mois qui viennent seront un délice pour notre journaliste amateur d'intrigues et d'assassinats politiques.

L'argent bien sûr, tient son rôle: le premier. Le MCG est fauché, l'Eric bien davantage encore. Il est comme à son habitude aux abois. L'argent de M. et Mme Poggia n'ayant pas suffit à assurer la victoire, mais ayant conduit le MCG à voter pour les minarets, contre l'UDC, il devient évident que M. Poggia va faire les frais de l'accord. Pour lui, la chute est rude, on le voit mal revenir frapper aux portes du PDC... Du pain bénit que cet assassinat public, pour notre journaliste.

Du côté de Christof, on a les bourses pleines. Outre la fortune personnelle du Chef, les généreux donateurs n'ont jamais manqué. A commencer par l'UBS aux temps de sa splendeur, lorsque Blocher et Ospel étaient copains comme cochons... Remarquez que je n'ai pas dit qu'ils étaient des gros porcs, « copains comme cochons » c'est juste une expression de la langue française, comme "moutons noirs", par exemple.

Sentant le vent tourner, Christoph a lâchement abandonné son pote Marcel en rase campagne, où ce dernier s'est tout de même trouvé un immense pied à terre à un prix défiant toute concurrence. Des malveillants ont insinué qu'il avait bénéficié d'appuis politiques pour ce faire, mais ce n'est que pure calomnie. Revenons à nos moutons, euh non à nos corbeaux, enfin brefs, à l'amitié sincère qui successivement allie Christoph à ces as de la créativité financière que sont Marcel et Eric... Encore que l'un soit fauché et l'autre non...

Reste que si la fusion laisse les copains-rivaux sur le carreau au MCG, il en va de même à l'UDC. Hormis l'ex-chef de bande de la guerre des boutons qui se la joue solo, pardi, et qui serait prêt à tout pour se venger de ses ex-amis qui l'ont descendu de charrette en cours de route, les ténors de l'UDC genevoise ont du mal à déglutir ces jours. La couleuvre est un peu grosse.

Surtout pour le sémillant vigneron écolo dont le noeud pap de Président du Grand Conseil eut plus d'une fois maille à partir avec Eric le trublion, le paralyseur de débat, le squatteur d'antenne... Les stratèges zuricois, qui tout de même se plantent au moins une fois sur deux depuis quelques années, ont cette fois commis une grosse bourde. Car Eric le Sémillant digne, au contraire d'Eric le Trublion grotesque c'est les voix de la paysannerie, dont on sait qu'à Genève, elles votent groupées comme c'est pas permis.

Quand au MCG, sans son aile gauche, il est mal barré. Le résultat de ce voyage éclair du Christof à Genf, cela risque bien d'être un MCG-UDC amputé de ses voix de gauche et de ses voix paysannes, rien d'autre qu'un soufflé qui retombe comme une vieille chaussette. Avec peut-être deux nouvelles mini-formations à la clef... A moins que l'Eric (le trublion), soit à son tour descendu de son piédestal de Président de son parti, pour être propulsé vers... quoi ? L'UDC ? A coup sûr, il va rester des morts politiques sur le carreau !

 

Ps: pour la bonne bouche, rappelons que l'actuel vice-président du MCG, blogueur auto-anobli à l'orthographe aléatoire, membre fondateur de l'UDC genevoise, avait été exclu de son parti naissant pour faits de racisme... Il règne sur tout ce demi-monde aligné-couvert (pour l'instant...) un certain parfum de je ne sais quoi...

04/02/2010

Secret bancaire: vive l'OCDE

Très intéressante, les deux double pages que consacre l'Hebdo du jour à la tornade bancaire.

Patrick Odier y adopte le ton mesuré qui convient, loin des rodomontades de certains exaltés d'obédience zuricoise. Il est vrai que le nouveau patron des banquiers suisses est aussi vice-président d'Economie Suisse. Il est parfaitement au courant du poids important (unique au monde) de la place financière dans l'économie globale du pays, mais aussi de l'importance vitale, pour l'économie globale non bancaire, de conserver de bons rapports avec nos voisins qui consomment nos productions...

Mais l'autre double page est encore plus intéressante... Et porteuse d'excellentes nouvelles pour le monde bancaire helvétique.

On y apprend que l'OCDE envisage très sérieusement de changer son fusil ou plutôt sa doctrine d'épaule et de passer avec armes et bagages au service d'un échange généralisé et automatique d'informations entre tous les Etats du globe en matière d'évasion fiscale...

La nouvelle a de quoi faire frémir quelques riches (encore que les très très riches sont bien à l'abri derrière des trusts pour l'heure inattaquables) mais elle devrait réjouir nos banques. Contrairement à ce que suggère le journaliste en décrivant un ambassadeur Suisse largué par ce revirement...

Depuis belle lurette en effet, les plus éclairés et prévoyants de nos banquiers déclarent que mettre un terme au secret bancaire en matière fiscale, pourquoi pas, à condition que tout le monde le fasse en même temps. Et c'est exactement ce que l'OCDE suggère de faire.

A partir du moment où tout le monde est logé à la même enseigne, le savoir faire helvétique en matière financière, et la légendaire stabilité politique du pays (et du franc) ne peuvent que nous conserver nos clients. S'ils n'ont plus de raison d'aller planquer leurs avoirs ailleurs, où ils ne seraient pas davantage en sécurité, il n'y a aucune raison qu'ils ne les laissent pas ici.

Pour mémoire un Franc français changé en Franc suisse en 1960 vaut aujourd'hui 4 fois plus qu'un Franc resté Français. Et pour une Livre Sterling en près d'un siècle, c'est 12 fois plus si elle a été changée que si elle est restée libellée en « Pound ».

Évidement, les fraudeurs du fisc vont avoir à cracher au bassinet, alors qu'ils ont déjà senti lourdement passer le souffle de la crise... Comme tout le monde, sauf que dans leur cas, l'argent qu'il dissimulait faisait des petits exclusivement en bourse. Ils en ont bien profité durant des années, voire des décennies et aujourd'hui, les Etats se sont lourdement endettés pour sauver un système dont ils seront à nouveau les premiers à profiter, si la crise vient à passer. Il est logique qu'ils paient leur écot. C'est même nécessaire si l'on veut éviter que trop d'injustice ne finisse par plomber définitivement le système.

01/02/2010

Agora, un film d'une actualité brûlante

J'ai été voir dimanche soir un excellent film, que je reccomande à tous: Agora. L'histoire de la conquête d'Alexandrie au IVème siècle, par les fanatiques chrétiens. Qui exterminent les païens (grecs et égyptiens) puis, sous la conduite de l'évque Cyrille, les juifs... et finalement les chrétiens pas d'accord avec le massacre des précédents. Et enferment les femmes derrière leurs voiles. rappelant ce passage des Ecritures qui dit que les femmes doivent être réduites au silence.

Amenabar a signé là un un grand, un très grand film. Hipathie en est l'héroïne personnage bien réel, féministe grecque, astronome et philosophe réputée, qui ne voulut pas se soumettre à loi d'un dieu dont elle voulait pouvoir continuer à douter.