14/04/2010

Décaillet crache le morceau et justifie la xénophobie... Avec des arguments bidon

 

Dans un éditorial de la Tribune de Genève, Saint-Pascal Décaillet intente un procès en démonologie à Micheline Calmy-Rey. Au-delà du ridicule de sa rhétorique tradicatholiste réchappée (ou rechapée ? ) du XIXème siècle, avec laquelle il tente de nous expliquer le monde, sa prose met les points sur les i : Pascal Décaillet roule pour le MCG.

Il reprend à son compte le slogan le plus galvaudé de ce parti: « les frontaliers volent le travail des Genevois ». Ou plus exactement des immigrés établis à Genève, et résidant depuis plus de dix ans, donc disposant d'un droit de vote, qui constituent le principal réservoir de voix du Mouvement des Citoyens Gendarmes.

Sauf que c'est faux. Et Alessandro Pelizzari le secrétaire général du syndicat UNIA, n'a pas manqué de le rappeler à la même réunion d'Annemasse :

« Les frontaliers ne volent pas le travail des résidents. En fait, ils sont plutôt utilisés comme volant de chômage, engagés en masse quand la conjoncture est haute, et premiers licenciés lorsque la crise est là» (NR: près de 10 000 à Genève ces derniers mois !). Mais pour Saint-Pascal, le secrétaire général du syndicat UNIA est sans doute un membre de la Genève d'en haut ? Il doit avoir sa carte du parti Libéral, pour sûr... Ce parti que Saint Pascal aimerait tant voir à sa botte, suivant ses ukases et ses desiderata de Machiavel de la Praille !  Comme ce n'est pas le cas, Saint Pascal préfère se consacrer à l'interprétation des messages nimbés de divine lumière du sieur Stauffer, qui traite les ressortissants et dirigeants d'un pays méditerranéen de « macaques » dans son émission...

Ce qui se passe, en réalité, c'est que Genève achève sa mue économique. L'ère industrielle est désormais morte et enterrée, seule la haute horlogerie maintenant tant bien que mal le flambeau. Plutôt mal avec la crise. L'ère de la finance pure et dure bât de l'aile, mais trouve opportunément un relais dans le négoce des matières premières. Cette mutation se traduit par un boni annuel impressionnant (autant qu'imprévu) de plusieurs centaines de millions sur les comptes du canton, depuis une législature pleine.

N'importe quel imbécile comprendrait que pareilles mutations entraînent des réajustements structurels et du personnel à recycler, autant qu'à à engager. Mais pas Pascal Décaillet, qui préfère lire l'économie à travers la lorgnette d'Eric Stauffer, homme d'affaires réputées foireuses, auto-déclaré indigent.

La seule chose de vraie, dans ce que dit Saint-Pascal, c'est qu'une partie de la population (qu'il appelle « le peuple profond », pourquoi cette partie là plutôt qu'une autre ?), certainement la plus prompte aux raccourcis faciles, croit au credo du MCG. Abondamment relayé dans toutes ses émissions par Saint-Pascal l'Omniprésent.

On ne peut laisser ces gens démunis face à la propagande honteuse et xénophobe de certains, qui se sont reconnus eux-mêmes dans le portrait d'une exploitation crapuleuse de l'égoïsme national. Il faut leur parler, leur montrer la réalité. Leur expliquer que sans les frontaliers, il n'y aurait pas plus de travail. Au contraire, bien des entreprises ne pouvant plus tourner, la prospérité du canton serait certainement moindre, et avec elle la capacité de Genève à financer son système social.

Par ailleurs, rappelons-le, la libre circulation a été votée par le peuple. Et plutôt deux fois qu'une. De plus, les vagues impresionnantes de la pire crise mondiale depuis 80 ans se sont brisées sans gros dégâts sur la prospérité genevoise... Précisément grâce aux frontaliers, au pilotage bien plus habile qu'il n'y parait des autorités... et aussi au facteur chance.

Pour en revenir aux errements maurassiens de Décaillet, je ne crois pas qu'il revienne à Micheline Calmy-Rey, Ministre des Affaires Etrangères, d'aller prêcher la bonne parole à l'intérieur des frontières. Chacun son job. Par contre, rencontrer, Pierre Lellouche, son collègue Secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes, dans une ville de France voisine, pour parler des frontaliers qui relèvent de son dicastère, cela fait indéniablement partie de son coeur de métier.

Merci de l'avoir fait, et d'avoir pris consciemment le gros risque politique de dire ce qui devait l'être. L'histoire est en train de se faire. L'organisation de notre région transfrontalière appelle de sérieuses adaptations. Cela n'est pas sans risque, notamment politiques, pour des élus, car si les bénéfices à long terme sont clairs, les changements engendrent forcément des mécontents à court terme. Pierre Lellouche prend tout autant de risques en proposant des zones franches, appliquant le droit suisse, ce qui met les syndicats français sur leurs pattes de derrière. Mais c'est en tâtonnant et en discutant qu'on progresse. A condition de ne pas se contenter de slogans simplificateurs et mensongers.

Commentaires

Bravo. Sous le vocabulaire châtié du journaliste se dissimule en fait des idées courtes, volontiers populistes. Il y a ainsi une très vieille tradition qui, de Maurras à Le Pen, place la syntaxe plus haut que l'Homme. Pour avancer dans le noir, et pour s'y déplacer en lumière des consciences perdues, Pascal Décaillet a besoin de l'obscurité des Eglises (politique, spirituelle, littéraire, etc). Ces réduits où viennent s'engluer la réflexion, l'intelligence et le coeur.

Écrit par : EmmaV. | 14/04/2010

C'est la spécialité de sa Sainte Suffisance que de proférer de risibles provocations, et de faire à la fois les questions et les réponses. Qui plus est, sa fascination pour l'UDC et ses clônes réactionnaires est particulièrement fétide.

Sa duplique d'aujourd'hui est à la hauteur de son personnage: moite et filandreux lorsqu'on l'admire, vindicatif, hargneux, intolérant et haineux lorsque l'on s'oppose à lui.

Rien ne change, et surtout pas lui.

Merci de m'avoir emprunté le sobriquet de "Saint Pascal"!

Écrit par : Déblogueur | 14/04/2010

"« Les frontaliers ne volent pas le travail des résidents. En fait, ils sont plutôt utilisés comme volant de chômage, engagés en masse quand la conjoncture est haute, et premiers licenciés lorsque la crise est là» (NR: près de 10 000 à Genève ces derniers mois !)."

Pourquoi ce mensonge?

Les chiffres sont clairs. Pour 2009, s'il y a eu 10143 départs, il y a eu aussi 11212 arrivées, soit une solde positif de plus de 1000.

C'est aussi dans les années 2004-2005-2006 que les soldes positifs ont été les plus forts et ce sont ces mêmes années où le chômage à Genève a été le plus important.

Et enfin, c'est en décembre 2009 que le nombre de travailleurs frontaliers est le plus grand jamais atteint à Genève avec 66.125 permis.

http://www.ge.ch/statistique/tel/publications/2010/resultats/dg-rs-2010-04.pdf

http://www.ge.ch/statistique/tel/compresse/2010/geneve_cp_2010_08.pdf

http://www.ge.ch/statistique/statistiques/domaines/03/03_03/tableaux.asp#2

http://www.ge.ch/statistique/statistiques/domaines/03/03_05/graphiques.asp

Écrit par : Johann | 14/04/2010

Mensonge, comme vous y allez, Johann.
Près de 10 000 frontaliers ont été licenciés en 2009 à Genève, d'après le Groupement des frontaliers, qui tient un registre très précis de ce genre de choses et ce mouvement a été confirmé tant par les syndicalistes que par les représentants des autorités genevoises présents à Annemasse samedi dernier.
Le chiffre des permis nouveaux attribués ou rendus n'a qu'un lointain rapport avec le nombre de chômeurs, attendu que si un frontalier est indemnisé en France, il n'en conserve pas moins son permis quelque temps, au cas où il retrouverait du travail en Suisse.
A noter qu'une grande partie des frontaliers licenciés était engagé sous un régime d'emploi temporaire.
Par ailleurs, même sans tenir compte de la décorrélation du nombre de chômeurs avec le nombre de permis, vos chiffres n'infirment pas les miens. Je parle de près de 10 000 licenciements, et vous de plus de 10 000 "départs". Où est le mensonge là-dedans ?

Écrit par : Philippe Souaille | 14/04/2010

"Par ailleurs, même sans tenir compte de la décorrélation du nombre de chômeurs avec le nombre de permis, vos chiffres n'infirment pas les miens. Je parle de près de 10 000 licenciements, et vous de plus de 10 000 "départs". Où est le mensonge là-dedans ?"

Le mensonge est de dire qu'en cas de crise les frontaliers jouent le rôle de volant de main d'oeuvre, quand ce nombre de frontaliers augmente dans le même temps et qu'il n'a jamais aussi été élevé qu'en décembre 2009. Vous passez aussi sous silence le nombre de licenciements des résidents.

Pour les années 2004 à 2006, la corrélation entre chômage et augmentation du nombre de frontaliers est très nette.

Écrit par : Johann | 14/04/2010

Sa Pascalerie devient franchement pénible. L'ominprésent-pédant roulant pour le MCG et les fachos de tout poils me casse les oreilles.

Écrit par : sa pascalerie | 14/04/2010

Vol de place de travailleur ou non, l'emploi massif de frontalier imprime une pression vers le bas sur les salaires.

Écrit par : Djinius | 14/04/2010

Merci au type qui tient ce blog d'avoir rendu encore plus sympatique le journaliste Pascal Décaillet. Et Philippe Souaille, qui c'est de mec-là ? A-t-il une fonction importante dans notre République ? Ou peut-être s'agit-il d'un simple gus qui se prend pour un grand ? A défaut de le savoir......

Écrit par : lappal | 14/04/2010

Si ce second match est à la mesure du premier... Il va y avoir du spectacle et de la démesure!

Voir un résumé du premier match sous:
http://peresiffleur.blog.24heures.ch/archive/2010/02/26/combat-a-la-mesure-de-leur-demesure.html

Écrit par : Père Siffleur | 14/04/2010

Johann, vous qui vous dites scientifique, pouvez-vous comprendre que lorsqu'il y a mutation du tissu économique, comme c'est le cas à Genève, et heureusement, car cela nous permet de réagir à la crise mieux que n'importe quelle autre ville ou région dans le monde, il y a des emplois qui se créent et d'autres qui disparaissent ?
Or les gens qui perdent leur emploi ne sont pas forcément aptes à occuper sans autre les emplois nouvellement créés. Il y a des emplois et des compétences qui disparaissent d'autres qui apparaissent. C'est ainsi, il faut faire avec et il faut trouver les savoir-faire là où ils existent. C'est aussi en ce sens que les frontaliers font office de volant de main d'oeuvre fort pratique.
Par ailleurs, pour répondre à Djinius, les hauts salaires genevois ne naissent pas par miracle, et encore moins d'une quelconque surcompétence de la main d'oeuvre locale. Ils sont le fruit d'une bonne santé économique due notamment à la place financière, à l'efficacité exportatrice de nos entreprises et de nos lois sur le travail et aussi à une bonne dose de protectionnisme.
La libre circulation a permis un bon de prospérité considérable, en facilitant nos exportations. Retranchons nous derrière le protectionnisme et nos exportations vont péricliter, et notre économie avec. C'est douloureusement mathématique.
On ne peut pas gagner sur tous les tableaux. Or en exportant, nos entreprises sont confrontées aux réalités mondiales, dont il leur faut tenir compte pour rester concurrentielles.
Genève est l'une des villes les plus riches du monde, l'une des régions les plus riches du monde. On peut décider de rentrer dans le rang, de tourner le dos à cette richesse, mais si une chose est certaine, c'est que cela ne va en aucun cas permettre d'augmenter les salaires. Parce que pour son seul marché, Genève ne produit pas grand chose, pour ne pas dire rien.
Pourrait-on une bonne fois parler de compétences ? Celles des gens qui acceptent de bouger sont mieux reconnues par le monde du travail, parce que l'expérience acquise dans le vaste monde, où généralement la concurrence est plus forte qu'en Suisse, est indéniablement un plus. Ce qui fait qu'à diplôme égal, un Suisse qui a travaillé à l'étranger sera davantage payé qu'un Suisse casanier s'il rentre au pays...
Il faut arrêter de flatter la médiocrité dans le sens du poil. Ce n'est certainement pas ce qui a fait le succès de la Suisse, mais tout au contraire une certaine capacité à retrousser ses manches et à se mettre au boulot. Vous n'avez plus de travail ? Créez vous-même votre job. La libre entreprise existe encore dans ce pays. C'est même beaucoup plus facile qu'en France et c'est l'un de nos gros avantages économiques.
Vous ne trouvez plus de logement dans vos prix ? Allez habiter sur France, à des tarifs bien inférieurs, tant qu'ils existent encore. Profitez en, c'est une chance immense que n'ont pas la plupart des gens dans le monde qui n'ont pas une telle différence de prix juste à côté de chez eux...
Certes, clamer ce que j'écris n'est pas du tout porteur électoralement, c'est pourquoi aucun parti n'ose le faire, et c'est d'ailleurs pourquoi je cesse dès demain toute affiliation à un parti politique. Pour pouvoir parler et agir librement dans le sens de ce que je crois juste, sans me sentir lié par des intérêts électoraux, forcément à court terme, et forcément limité à une circonscription, quelle qu'elle soit.
Et ce n'est pas prendre les gens de haut ou pour une masse informe, tout au contraire, c'est les considérer en individus responsables et leur parler vrai, sans chercher à leur agiter sous les yeux un chiffon rouge marqué "frontalier", pour ensuite se servir de leur haine comme marchepied vers le pouvoir.

Écrit par : Philippe Souaille | 14/04/2010

Merci Déblogueur, effectivement, Saint Pascal est un emprunt né sous les touches de votre clavier :-)

Écrit par : Philippe Souaille | 14/04/2010

Ah! Quel combat de géants! Quelle émotion!Quel enjeu! C'est beau et effrayant comme les combats d'Achille et Hector, de David et Goliath, comme celui de Roland et Olivier immortalisé par le grand Victor H.
"Ils se battent — combat terrible ! — corps à corps.
Voilà déjà longtemps que leurs chevaux sont morts ;
Ils sont là seuls tous deux dans une île du Rhône,
Le fleuve à grand bruit roule un flot rapide et jaune,
Le vent trempe en sifflant les brins d’herbe dans l’eau.
L’archange saint Michel attaquant Apollo
Ne ferait pas un choc plus étrange et plus sombre ;
Déjà, bien avant l’aube, ils combattaient dans l’ombre."

Vite, vite, la suite

Écrit par : Azrael | 14/04/2010

Mais, le sel attique (comme dirait G.S.) de Maurras n'est-elle pas justement dans la dénonciation du clientélisme des représentants du peuple, dans ces pseudo-démocraties que nous prenons pour des lanternes ?

Écrit par : Rabbit | 14/04/2010

@ Philipp Souaille,

Bravo et merci pour votre billet Philippe.

Stauffer a porte ouverte chez Décaillet du matin au soir.

Ce "mediapopulisme" est dangereux.

Que la direction de TDG tire le frein à main!

TC

Écrit par : Cook | 14/04/2010

"Pour les années 2004 à 2006, la corrélation entre chômage et augmentation du nombre de frontaliers est très nette."

Je ne sais pas comment vous arrivez à une telle conclusion. Le taux de chomage à Genève est, depuis 1992-1993, en moyenne 3 % supérieur au taux national suisse (voir lien ci-dessous). En d'autres termes, le taux de chomage spécifique et élevé de Genève est bien antérieur à l'entrée en vigueur des bilatérales et l'arrivée des frontaliers en grand nombre. Ce taux a en effet augmenté de 2002 à 2005, mais le fait est que celui-ci a augmenté dans toute la Suisse. Faire porter cette augmentation aux seules frontaliers semble donc pour le moins bizarre.

Le fait que le taux de chomage à Genève est élevé depuis 1992-1993, et non pas depuis l'entrée en vigueur des bilatérales, tend à démontrer que la cause première n'est pas celle que vous mettez en avant. Qu'elle semble plutôt à chercher du côté de l'impact de la mondialisation sur Genève et son économie toute particulière, de la lenteur de sa propre population à s'adapter à de tels changements,.....

Écrit par : sek | 14/04/2010

Vous gagnez Philippe!
J'ai envoyé exactement le même texte au Sieur Décaillet - avant vous, même - et il ne l'a pas publié: Hou! la méchante!

Écrit par : Azrael | 14/04/2010

Rabbit, j'ai mis du temps à comprendre votre phrase un peu alambiquée... D'autant que vous semblez mélanger sel et selle... Mais bon, je vois ce que vous voulez dire. Mon retrait de la politique des partis aurait quelque chose de maurassien. Je ne crois pas en fait.
Mon intention est en résumé d'arrêter la politique pour pouvoir faire enfin de la politique. C'est à dire cesser de dépendre des visions à court terme organisées à l'échelle nationale, ou même locale, pour travailler sur le long terme, dans la prospective et à l'échelle globale. J'y reviendrai dans un prochain blog

Écrit par : Philippe Souaille | 14/04/2010

Décaillet s'offusque de la critique, alors que son business model est basé sur la critique. Des politiques, soit, mais puisqu'il fait lui-même de la politique, logique qu'il prenne des coups à son tour. Bien sûr pas de la part des politiques, qui meurent tous de trouille à l'idée de ne plus être invités.

Écrit par : Florentin | 14/04/2010

Je commence à en savoir plus sur ce fameux Philippe Souaille :-) Je ne le connaissais pas, pourtant je suis attentivement la politique genevoise. Mais quand je lis : " Mon intention est en résumé d'arrêter la politique pour pouvoir faire enfin de la politique. C'est à dire cesser de dépendre des visions à court terme organisées à l'échelle nationale, ou même locale, pour travailler sur le long terme, dans la prospective et à l'échelle globale..." .....je reste comme toujours très dubitatif devant l'incompréhensible langage usuel des citoyens élus qui se gargarisent à l'eau trouble dans les hémicycles parlementaires. Il est vrai que la politique n'est de loin pas une science exacte.

Écrit par : lappal | 14/04/2010

"Vous ne trouvez plus de logement dans vos prix ? Allez habiter sur France, à des tarifs bien inférieurs, tant qu'ils existent encore."

Là vous poussez un peu, comme on dit.
Il y a belle lurette que les prix de l'immobilier en France voisine flirtent avec ceux de Genève, sans oublier qu'il faut y rajouter le prix (et le temps) du transport. On oubliera pour aujourd'hui les pollutions diverses que cela entraîne.

Un autre effet collatéral est d'assêcher le marché immobilier pour les autochtones qui ne travaillent pas à Genève et entrent donc en cométition avec ces salariés mieux payés (et d'autant plus quand l'euro baisse).Ce qui pose également quelques problèmes aux "limitrophes" no "frontaliers"

Enfin, vous semblez ignorer que de l'autre côté de la frontière les habitations disponibles sont majoritairement proposées à la vente et non à la location.

Bref, rien n'est simple.

Écrit par : Azrael | 14/04/2010

Les loyers de France Voisine, cher Azrael (il en reste) sont totalement prohibitifs pour des fonctionnaires de l'Etat français, par exemple, mais ils restent accessibles en comparaison des Suisses. Sauf bien sûr si l'on bénéficie de subventions au logement à Genève. Et les tarifs d'achats restent très inférieurs, rendant l'accession à la propriété bien plus facile de l'autre côté de la frontière. Ce que je trouve personnellement une excellente chose. Nos conseillers nationaux genevois poussent d'ailleurs à la roue pour rendre la chose aussi plus aisée en Suisse et ils ont bien raison.
Cela étant je ne dis pas qu'il faut aller vivre de l'autre côté de la frontière, même si je l'ai fait durant 23 ans... Le problème des transports est effectivement très épineux et ne pourra se résoudre que par une politique de transports publics efficaces (RER + radiales d'approvisionnement en bus + P+R bien situés). Je dis qu'il faut arrêter de se faire une montagne de la frontière, qu'elle n'est qu'une ligne qui remonte à moins de deux siècles, qui partage une région jadis homogène.
Que Genève ne peut pas vivre sans arrière pays, et que l'arrière pays de Genève n'est pas uniquement en Suisse, loin de là. Maintenant, il est évident qu'un grand nombre de gens, dans la région, pas forcément les plus idiots, et des deux côtés de la frontière, profitent à plein des avantages qui peuvent exister d'un côté ou de l'autre et qui ne sont évidemment pas les mêmes.
Cet éventail large de possibilités, plus large qu'ailleurs dans bien des domaines, est une richesse fondamentale, l'une des causes de notre prospérité. Arrêtons de tirer comme des bobets sur le voisin et d'encourager la haine, et saisissons les opportunités qui s'offrent à tous, au lieu de chercher à capitaliser sur les frustrations.
Pour ce qui est de Lappal, que je ne connais pas non plus, hormis que vous êtes policier et que vous savez écrire (tiens, je viens d'accepter un flic écrivain parmi mes amis FB, serait-ce une épidémie ?) je ne peux que vous conseiller la lecture de mon livre que vous pouvez commander chez Payot ou chez Slatkine et aussi lire gratos sur www.utopieurgente.org, si si, c'est la maison qui régale.

Écrit par : Philippe Souaille | 14/04/2010

oups......je viens de cliquer au bon endroit, c-à-d sur Philippe Souaille. Mille excuses le CV est éloquent. Je pense que vous saurez pardonner les erreurs des nouveaux blogueurs :-) Au plaisir de vous lire.

Écrit par : lappal | 14/04/2010

Les pensées de Pascal sont en fait des tournesols qui s'orientent non pas seulement vers les lumières (une quasi inflation de citations l'atteste) mais et surtout vers les projecteurs qui éclairent des personnages miroirs dans lesquels il se mire, tels que Stauffer-Freysinger - Luscher Blocher,etc qui éclaire qui? , qui se sert de qui? et qu'importe les arguments il faut d'abord paraître.

Écrit par : briand | 14/04/2010

Toujours d'attaque, je lis. Bonne décision que celle que vous avez prise. Continuez à vous battre pour vos idées de la manière que vous le faites en général, c'est-à-dire en argumentant avec patience.
P.S. Et notez mon pseudonyme quelque peu aménagé, du moins pour ceux qui se souviennent de la charmante et vieillotte série "Chapeau melon et bottes de cuir" et de la délicieuse Tara King aux yeux innocents.

Écrit par : Mère-Grand | 14/04/2010

On ne peut rien contre la croyance. Le MCG croit à un problème de frontalier. Les analyses économiques par les chiffres contredisent M. Stauffer.

Ce serait comme si un astronome essayait d'expliquer à un astrologue adepte des horoscopes que ces derniers sont faux que depuis 2000 ans tout s'est décalé avec à l'appui l'analyse scientifique. Et bien c'est pareil avec les frontaliers selon le MCG, c'est peine perdue.

D.J

Écrit par : D.J | 14/04/2010

A mes yeux, Mère-Grand, rien ne remplacera jamais la première, l'originale, la seule, la vraie, l'inoubliable Emma Peel... Mais merci du coup de chapeau... Melon of course.

Écrit par : Philippe Souaille | 14/04/2010

@ P. Souaille,

En fait Emma Peel n'est pas la première; il y a une dizaine d'années de cela sur la chaîne TV " série club " du défunt bouquet satellite " TPS " repris par " Canalsat " diffusait une saison de chapeau melon encore plus ancienne que celle de Mme Peel. Cette saison fut diffusée en version originale et en noir et blanc dont la partenaire de Steed fut une blonde dont j'ai oublié le nom.

D.J

Écrit par : D.J | 14/04/2010

Mais quand donc regarderez-vous enfin une carte ? Genève est un cul de sac pour la Suisse (cela lui va bien, tiens...). Genève fait partie de la France : sa population est culturellement française, avec son mépris bien affiché pour les autres, les rupestres. Multiculturel comme la France : il vaut mieux avoir la chance d'y être Noir, Juif, homosexuel ou pédé puisque ce n'est pas la même chose, femme, chien méchant qu'honnête citoyen mâle.
Alors il est normal que le représentant en chef des anciens envahisseurs - les pauvres cathos valaisans, qui haïssaient (et qui haïssent toujours) leurs maîtres protestants riches genevois - s'en prenne aux nouveaux arrivants. c'est toujours le même schéma...

Écrit par : Géo | 14/04/2010

"Je ne sais pas comment vous arrivez à une telle conclusion."

Il suffit d'étudier les données fournies dans les liens que j'ai mis en ligne.


"Le taux de chomage à Genève est, depuis 1992-1993, en moyenne 3 % supérieur au taux national suisse (voir lien ci-dessous). En d'autres termes, le taux de chomage spécifique et élevé de Genève est bien antérieur à l'entrée en vigueur des bilatérales et l'arrivée des frontaliers en grand nombre."

Peau de balle. Vous n'avez pas étudié les données statistiques. Il y avait des frontaliers "en grand nombre" avant les bilatérales. A moins que 30'000 ne soit pas "un grand nombre".


"Ce taux a en effet augmenté de 2002 à 2005, mais le fait est que celui-ci a augmenté dans toute la Suisse."

Il a plus augmenté à Genève qu'en Suisse. Il est pratiquement le double à Genève par rapport à la Suisse (qui comprend les chiffres de Genève). Pourquoi? Ca c'est une question qu'elle est bonne, non?

Et si on raisonnait sur les chiffres absolus et pas sur les taux? Sur des personnes, c'est plus concret, non?

Ce que vous n'avez pas compris c'est que les courbes de chômeurs à Genève et de frontaliers sont inverses jusqu'en 2001. Et que ce n'est plus le cas dans les années suivantes. Et quand le chômage baisse, il ne baisse pas significativement alors que le nombre de frontaliers prend l'ascenseur.


"Faire porter cette augmentation aux seules frontaliers semble donc pour le moins bizarre."

Ce qui est bizarre c'est d'argumenter dans le vide, sans les chiffres réels.


"Le fait que le taux de chomage à Genève est élevé depuis 1992-1993, et non pas depuis l'entrée en vigueur des bilatérales, tend à démontrer que la cause première n'est pas celle que vous mettez en avant. Qu'elle semble plutôt à chercher du côté de l'impact de la mondialisation sur Genève et son économie toute particulière, de la lenteur de sa propre population à s'adapter à de tels changements,....."

Vous voulez sans doute nous faire croire que le travail des 66000 frontaliers ne pourrait en aucun cas être assuré par un des 20000 chômeurs? Que tous les travailleurs frontaliers sont des spécialistes hautement qualifiés? Y compris la majorité des femmes arrivées en 2009? Pas de chance, je connais au moins un cas où un directeur favorise systématiquement l'emploi d'un frontalier au détriment d'un résident. Par idéologie. Et par intérêt personnel.

Écrit par : Johann | 14/04/2010

"Johann, vous qui vous dites scientifique,"

Où avez-vous entendu cela?

Et si l'économie est une science, à quoi servent donc tous les produits dérivés du monde financier?


"pouvez-vous comprendre que lorsqu'il y a mutation du tissu économique, comme c'est le cas à Genève,"

A bon? Genève n'est pas tertiaire depuis 20 ans au moins?


"et heureusement, car cela nous permet de réagir à la crise mieux que n'importe quelle autre ville ou région dans le monde, il y a des emplois qui se créent et d'autres qui disparaissent ?"

Il y a aussi des emplois qui restent et qui sont pris par des frontaliers à compétence égale ou même à compétence inférieure. Mais peut-être le nierez vous?


"Or les gens qui perdent leur emploi ne sont pas forcément aptes à occuper sans autre les emplois nouvellement créés. Il y a des emplois et des compétences qui disparaissent d'autres qui apparaissent. C'est ainsi, il faut faire avec et il faut trouver les savoir-faire là où ils existent. C'est aussi en ce sens que les frontaliers font office de volant de main d'oeuvre fort pratique."

Le volant de main d'oeuvre c'était avant 2002, comme le montrent les courbes inverses du nombre de chômeurs et de frontaliers. Et vous n'êtes tout de même pas aussi naïf pour croire que tous les emplois de frontaliers sont des emplois nécessitant de super compétences.

Écrit par : Johann | 14/04/2010

Difficile de faire plus con en matière de commentaires!

Il semble impératif de vous aérer les neurones!


Un frontalier très peu enclin au travail, m'expliquait il y a quelques mois que es chômeurs genevois étaient des profiteurs, il ne me la pas répété 2 fois!

Écrit par : dominiquedegoumois | 14/04/2010

@ sek

Un examen des chiffres montre que le taux absolu de sur-chômage genevois par rapport au taux suisse est, depuis l'entrée en vigueur de l'accord sur la libre circulation des personnes (ALCP), de l'ordre de 3 %. Auparavant il était de l'ordre de 2.5 %. Il semble donc que l'impact des ALCP, s'il existe, n'est pas grand.

Je dis "s'il existe" au vu de la tendance, préexistante à l'entrée en vigueur de l'ALCP, à l'augmentation de ce taux de sur-chômage. Je n'exclu toutefois pas que l' ALCP ait eu un impact dès lors qu'il semble, jusqu'au début de la crise économique et depuis l'entrée en vigueur de l'ALCP, y avoir eu une légère augmentation du taux de sur-chômage.

Ce qui est certain c'est qu'on ne peut pas procéder à une analyse des avantages/inconvénients de l'ALCP pris isolément, y compris sur l'emploi. Il convient de prendre l'ensemble des bilatérales, notamment, les avantages commerciaux pour la Suisse pays exportateur, lesquelles sont bénéfiques pour l'emploi.

Je me demande tout de même si ce sur-chômage est supporté de manière égale par toute la population ? Sans doute pas. Les professions qui exigent le moins de qualifications, celles où l'ont trouve les victimes de dumping salarial (soins à la personnes, restauration, commerce de détail) sont sans doute les plus touchées.


@ Souaille

Pour le logement, vous avez raison. Je n'ai toujours pas compris pourquoi un blogeur disant vivre dans des conditions déplorables à Puplinge n'allait pas habiter de l'autre côté de la frontière à Moillesulaz, qui est quasiment situé sur la ligne de tram. On y trouve des logements. Certes, il ne sont pas donnés et ont un prix genevois. Mais un prix genevois "normal" d'y a quelques années, pas celui d'aujourd'hui en pénurie absolue.


@ Souaille (bis)

Quelles sont vos compétences profffessionnelles d'aujourd'hui que vous n'aviez pas à l'âge de 25 ans ?

La réponse à cette question, qui dérange une partie de notre population, explique pour beaucoup le problème du chômage incompressible.

Écrit par : CEDH | 15/04/2010

Merci de tous ces commentaires, dans l'ensemble éclairés et éclairants.
CEDH, je ne comprends pas bien le sens de votre question. A 25 ans je débutais ma carrière de journaliste à la Tribune. 30 ans après, j'ai affiné mon style et amplifié mes connaissances, posé ma réflexion, développé notablement mon réseau relationnel, et j'ai peut-être, sans doute même quoi qu'il m'en coûte de le reconnaître, un peu moins d'énergie, mais sans doute mieux canalisée.
Seulement, si je voulais chercher du travail aujourd'hui (cela m'est arrivé ces dernières années, après la rédaction de mes livres, qui m'avait coupé de mes occupations professionnelles habituelles de cinéaste), une chose est certaine, je n'en trouverais pas ! Place aux jeunes, dans mon métier en tout cas, notamment parce qu'ils coûtent moins chers.
Le journalisme n'est donc pas un bon exemple de ce que je crois comprendre de votre question. C'est pourquoi je me suis remis à faire ce que je sais faire et qui ne dépend que de moi (et pour une toute petite partie, des commissions de subvention à la culture, qui ne m'ont jamais beaucoup aidé), à savoir des films et de la communication, sur des projets que je monte moi-même.
C'est long, c'est difficile, c'est aléatoire et ça paie très très mal en termes de temps passé et d'énergie dépensée, mais de quoi me plaindrais-je ? Je peux étaler un bilan qui gratte agréablement mon ego, qui impressionne même les policiers du MCG (coucou Lappal) et lorsque j'explique aux gens ce que je fais, je vois des étoiles s'allumer dans leurs yeux. Alors même si j'aime le luxe et les belles voitures, je me contente de ma vieille Rover de 1996... Comme quand j'avais 25 ans... Sauf que c'était une Cox, sans le cuir et les boiseries. Mais vert anglais, elle aussi!
Accessoirement, je dois lui changer les cardans, ce qui va me ruiner. Tout cela pour dire que je comprend très intimement ce que c'est que de vivre chichement, mais je sais aussi que je vis dix mille fois mieux (et ce n'est pas une formule de style, plutôt une réalité mathématique) que des milliards de gens sur cette planète, dont un certain nombre que j'ai filmés.
Alors oui, je peux le dire, le discours haineux, fétide et diviseur du MCG, je l'ai en horreur et je ne lâcherai pas le morceau. L'humanité a aujourd'hui, pour la première fois dans son histoire, les moyens et la possibilité de construire un système qui assure paix et stabilité, et de là prospérité équitable à l'ensemble de sa population.
Cela signifie certes pour nous un peu moins de luxe et de gaspillage, mais tellement plus de satisfactions essentielles qu'il ne me semble pas y avoir d'alternative. Face à cela, le discours d'un Stauffer et de ses partisans parait d'une hypocrisie scandaleuse.
Voilà ce que Stauffer a répondu à un journaliste qui lui demandait pourquoi il s'en prenait aux Frontaliers, qui paient leurs impôts à Genève, et pas aux Vaudois, qui n'en paient pas ? "Parce que cela serait contre-productif, électoralement, de s'en prendre à des gens ayant le passeport suisse". M. Satuffer se fiche de la réalité des problèmes des gens. Ce qu'il cherche, c'est des leviers d'accès au pouvoir. Le reste n'est qu'écran de fumée.

Écrit par : Philippe Souaille | 15/04/2010

En parlant des frontaliers Vaudois, ce n'est pas Mme Calamity-Rey qui souhaitait une double imposition ?

Écrit par : Rabbit | 15/04/2010

C'est fou le nombre de gens se disant éclairés qui connaissent avec précision tout ce qui se passe dans la tête d'Eric Stauffer, de Pascal Décaillet, et de tous ces autres qu'ils n'aiment pas! De vrais voyants qui se gaussent d'être rationnels! Ce sont eux les saints: ils traversent l'âme et l'esprit de leur prochain pour en tirer la quintessence qui leur convient. Des moralisateurs autosatisfaits de la grandeur de leurs propos. Forcément, ils ont décidé à l'avance que leurs paroles et leurs opinions sont supérieures à n'importe quelle autre, puisque c'est grâce à eux, les purs, que va s'élever l'humanité.

Écrit par : nondit | 15/04/2010

Au fond, si je comprends bien, dans cette république, on aime bien les frontaliers quand on en a besoin ou quand ils restent chez eux.

Écrit par : Michel Sommer | 15/04/2010

Je ne sais pas s'il faut faire des généralités à partir de ce qu'on lit dans les blogs, M. Sommer. Pour ma part, j'aime les gens, ou je les aime moins, mais c'est complètement indépendant de leur lieu de résidence, de leur couleur ou de quoi que ce soit du genre.
Il me semble néanmoins judicieux d'expliquer aux personnes qui pourraient être sensibles aux arguments "socio-économiques" du MCG qu'ils sont tout simplement faux et que le rejet des frontaliers pourrait bien se payer fort cher en termes d'image, dans une ville qui dépend à plus de 80% de ses exportations.
Et que croyez vous qu'il se passera quand les entreprises multinationales et les organisations internationales qui représentent, directement ou indirectement, plus de la moitié des emplois à Genève vont commencer à déménager, ulcérées par des grossièretés comme cette "pétition" contre les "frontaliers européens" !
Et que l'on ne vienne pas me parler de démocratie et de droit du peuple. Une grossièreté reste une grossièreté, même lorsqu'elle est proférée par plus de 4000 personnes.

Écrit par : Philippe Souaille | 15/04/2010

Les insultes envers les frontaliers ne touchent pas spécialement les multinationales. En revanche si Genève oblige (par quel moyen ?) les entreprises à appliquer à nouveau la préférence nationale alors que depuis les bilatérales on a assisté à une explosion des délocalisations vers ce canton, j'ai bien peur qu'elles partent dans le canton de Vaud voire plus loin...

Écrit par : eric | 15/04/2010

Les multinationales ne sont pas trop sensibles aux insultes à l'égard des frontaliers, mais une partie non négligeable de leur personnel est frontalière, soit d'origine, soit parce que ces gens n'ont pas trouvé à se loger sur le canton.
Si une partie non négligeable de leur personnel se fait insulter, rayer les voitures, ou se retrouve confrontée quotidiennement à la haine déclarée d'une quantité non négligeable de malotrus obtus, une haine qui s'étale à pleine pages de blogs, d'affiches, et maintenant de pétitions, elles vont finir par y être sensible. Je connais des boîtes et des organisations internationales où l'on commence à se poser des questions.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/04/2010

@ Ph. Souaille

"Quelles sont vos compétences professionnelles d'aujourd'hui que vous n'aviez pas à l'âge de 25 ans ?
La réponse à cette question, qui dérange une partie de notre population, explique pour beaucoup le problème du chômage incompressible."

Ce n'était pas une question qui s'adressait à vous en particulier. Mais une question que tous doivent se poser. Notamment les chômeurs de la cinquantaine, qui se lamentent en disant : on ne veut plus de nous ?

J'ai croisé des salariés virés après 20 ans dans une même entreprise, après restructuration, et galèrant à trouver un nouvel emploi. Tout y passe : l'âge, les frontaliers, ... Mais le fait qu'ils ne savent rien faire de ce qui est aujourd'hui utile, pour n'avoir rien appris pendant les 30 ans qui ont suivi leur formation initiale ne leur vient pas à l'esprit.

J'en ai croisé d'autres, la cinquantaine aussi, nouvel emploi à choisir parmi plusieurs employeurs. Qu'on-t'ils fait ? Langues supplémentaires (Russe/Mandarin/Arabe). Certificat en droit commercial chinois etc... Master en ..

Une partie du chômage incompressible s'explique par la propension de la population à s'endormir sur ses lauriers. Et une autre partie par le fait qu'ils n'ont jamais eu de lauriers.

Ceux là souffrent sans aucun doute de l'ouverture des frontières et du dumping salarial.

Quant à créer des emplois correspondant à leurs compétences, comme le préconise votre collègue de parti Antoine Veilliard, je me demande bien de quels emplois, localisables à Genève, il pourait s'agir ?

Écrit par : CEDH | 18/04/2010

J'ai un ami qui est au chomage depuis presque 1 an. Il est anglais, frontalier, expérimenté, et bon marché ! Par contre en entretien, c'est une vraie buse... J'ai du mal à comprendre qu'il ne trouve pas un emploi alors que le mcg dénonce tous les jours le mobbing frontalier. Ah oui, j'oubliais l'argument imparable : les frontaliers doivent craindre les nouveaux frontaliers qui viennent leur piquer leur boulot.
Ainsi soit-il...

Écrit par : nolwenn | 18/04/2010

Là je vous suis CEDH, d'autant que je sais pertinemment que j'aurais sans doute aujourd'hui une cage dorée de dir com dans une grosse organisation internationale si mon anglais, au lieu d'être véhiculaire, était parfait. De même que si mon allemand scolaire se complétait du schwyzerdütdch, bien des portes bernoises ou zuricoises me seraient ouvertes. Sauf qu'étant indépendant, je n'avais pas droit au chômage pour trouver le temps de me former.
Mais vous avez raison, sur le fond, et cela rejoint une réflexion que me faisait mon père, sur les gens qui une fois sortis de l'école, considèrent qu'ils ont fini d'apprendre pour le reste de leur vie. Dans une société qui bouge aussi vite que la nôtre, ils partent forcément perdant.
Ceci dit dans mon cas, c'est plutôt la richesse de mon CV et la diversité de mes activités qui font fuir les recruteurs et la phrase que j'ai le plus souvent entendue, c'est "vous êtes surqualifié pour le poste". Ben oui, je trouve aussi, mais j'avais quand même besoin de bosser...
Cela étant, Antoine Vielliard (avec 2 i, pas 3) n'est plus mon collègue de parti, dans la mesure où je n'ai plus aucune affiliation partisane, ni au MODEM, ni au Parti Libéral-Radical Genevois, pour des raisons indépendantes de ces deux partis, mais bien plutôt personnelles: pour les combats que je veux mener, mieux vaut pour tout le monde que je sois libre de toute attache. Mais j'y reviendrai dans un prochain blog.

Écrit par : Philippe Souaille | 18/04/2010

Lien intéressant pour la subvention par l'Etat de Genève de la formation permanente :

http://www.geneve.ch/caf/

Écrit par : CEDH | 18/04/2010

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