19/05/2010

Taxi XXII le retour... Et pourtant la solution crève les yeux.

Les taxis bleus manipulés par le MCG manifestent parce qu'ils trouvent le ticket d'entrée dans le métier trop cher, les taxis jaunes grommellent parce qu'ils estiment que le ticket de sortie n'est pas assez cher... Bref cela fait 35 ans que je vis à Genève et cela fait 35 ans que j'entends les taxis genevois qui râlent. Petit coucou souvenir en passant au brillant mais défunt Claude Savary, qui fut un temps, avec talent, leur porte-parole...

Pourtant Genève aurait besoin, plus que jamais, d'un service de taxi performant et bon marché, complément indispensable d'un réseau de transports publics de qualité dans une ville dont les voitures privées sont écartées de manière de plus en plus dissuasive. Seulement des taxis il n'y en a pas assez et surtout, ils sont trop chers... Et pas assez payés !

C'est un cercle vicieux: les taxis engraissent l'Etat (par la taxe d'entrée, par les impôts annuels et par la taxe sur l'essence), alors que les TPG sont grassement subventionnés. Ce qui me parait normal, notez, pour un service public. Mais le taxi c'est aussi un service public. Opéré par des individus ou des petites entreprises privées, mais service public quand même. Tout le monde ne peut pas attendre et utiliser les TPG ou la bicyclette pour ses déplacements. Si vous avez plusieurs rendez-vous en ville, des bagages, des commissions, une famille, ou que votre trajet sort de la norme, le recours au taxi  ne devrait pas être un luxe. Pas dans une ville embouteillée et sans parking.

La solution parait donc évidente. L'Etat annule les tickets d'entrée et les tickets de sortie (en dédommageant ces derniers), et accorde une aide au taxi qui compense au moins en partie ce que les-dits taxis lui rapportent (ne serait-ce qu'en essence), de manière à trouver de concert avec la branche, un tarif de la course qui permette aux chauffeurs de vivre (mais disons, taxi, faut pas non plus s'attendre à un revenu de conseiller d'Etat, dans les 5000 /mois me paraitrait juste, variable évidemment en fonction des heures travaillées de nuit etc...) et à la population de trouver des taxis à un prix abordable.

Comme le prix de la course sera moins cher, il y aura plus de gens pour l'utiliser. Le nombre de Genevois que je connais qui se déplacent en taxi à Paris, New York ou Madrid, mais jamais à Genève est juste hallucinant. Donc les chauffeurs s'y retrouveront. Vraisemblablement même, cela crééra des emplois pour les gens peu qualifiés qui habitent Genève depuis longtemps et la connaissent... Parce qu'à New York, le 1er immigrant venu s'y retrouve, avec les rues numérotés, mais à Genève, faut connaître.

Au final, cela fera certes un manque à gagner pour l'Etat (encore qu'à la longue, ce ne soit pas sûr) mais le prix à payer parait ridicule pour une amélioration considérable et immédiatement disponible des moyens de circuler en ville. Parce qu'un taxi ne remplace qu'une voiture à un instant T, mais sur la journée, au niveau des places de parc, il en remplace facilement une vingtaine, qui n'auront pas à se garer en ville.

Qu'en pense mon ami Pierre Jenny? Respire, va jouer quelques notes de musique (le chef des taxis genevois, tendance bonbonne jaune est un musicien de talent, à ses heures perdues), réfléchis et dis nous si le shéma pourrait tenir la route. Et sinon pourquoi? En n'oubliant pas qu'il y a toujours deux façons de gagner de l'argent: vendre très cher un service rare, ou bon marché un service abondant et très demandé...

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