29/05/2010

Le MCG est-il atteint de delirium très mince ou de contorsionnite aigüe ?

Plié de rire, il n'y a pas d'autre mot, en découvrant la nouvelle note du MCG, qui parvient à dénoncer "la dictature de l'Etat Nation" dans le cadre d'une manifestation de soutien aux gardes-frontières! Il en rajoute une couche en prônant "le modéle de région franco-valdo-genevoise entre peuples souverains" tout en dénonçant "la destruction programmée de la Suisse" et bien sûr "l'Europe bureaucratique" et "la mondialisation capitaliste"...

Donc en fait, le MCG est nationaliste, mais contre la nation. Il est régionaliste mais aussi contre l'Europe, alors que c'est l'Europe qui soutient et finance l'autonomie et l'essor des régions, en particulier les régions tranfrontalières. Le MCG vote aussi avec la droite contre la gauche sur tous les sujets importants, et défend mordicus le secret bancaire, arme numéro un du capital et de la finance mondiale, mais se déclare opposé à la mondialisation capitaliste...

Bref, en dehors du fait que tout cela ressemble furieusement à un catalogue détaillant toutes les vieilles lunes de l'extrême droite, les apports idéologiques incontrôlés, aussi divers que variés, font de ce texte un véritable modèle de pensée pataphysique. Dans le genre, c'est même une pieuvre d'art. Mais avec encore un peu d'effort, je suis sûr que le MCG peut faire mieux.

Pour les membres du MCG qui n'auraient pas tout compris, je rapelle que la Suisse est un Etat-Nation. Même si elle est plurilingue. Et les gardes-frontières sont censés protéger ses frontières. Donc dénoncer l'Etat nation et en même temps sa destruction programmée, c'est extrêmement contradictoire. Ce qui n'est d'ailleurs pas nouveau, puisque le MCG par le passé a déjà prôné l'autonomie genevoise, puis romande, tout en draguant l'UDC qui comme chacun sait est viscéralement fédérale...

En résumé l'affaire est simple: le MCG n'a aucune ligne politique. C'est juste un marchepied pour permettre au Numéro Zéro de l'organisation de gagner sa vie, après avoir échoué dans la plupart des combines qu'il avait essayé de monter auparavant. A voir la teneur et l'illogisme de ses communiqués, on comprend pourquoi...

 

Commentaires

Le problème, c'est qu'il semble qu'en politique, contrairement au monde des affaires, dire des conneries n'ait guère de conséquence. D'où son étonnante longévité dans son nouveau domaine d'activités.

Écrit par : Observateur | 29/05/2010

Ecrire appel avec un seul p, c'est sans doute un signe de culture. Ou d'ignorance, à l'image de ce blog.

Écrit par : lapin choucroute | 29/05/2010

La Suisse n'est pas un "Etat-nation". Seule une personne n'ayant rien compris à la Suisse, pétrie de jacobinisme à la française, peut écrire une pareille énormité. excusez-moi M. Soouaille, j'apprécie d'habitude vos interventions, mais lè, vous êtes à côté de vos pompes...

La Suisse se compose d'au moins quatre nations, quatre langues, presque autant de religions et de 26 cantons, dans un système à l'antipode du jacobinisme nommé fédéralisme.

Tant que vous vous voudrez analyser ce pays à l'aune jacobine vous en serez à l'antipode...

Écrit par : Yves Meier | 29/05/2010

Ecrire rappelle avec un seul p, c'est une faute d'orthographe qui aurait du me sauter aux yeux à la relecture. Nobody's perfect...
Pour le reste dire que la Suisse est un Etat-Nation, cela n'a rien à voir avec le jacobinisme français. D'abord parce que le concept d'Etat-Nation remonte au traité de Westphalie, qui marque la fin de la guerre de 30 ans, bien avant les jacobins.
Ensuite parce que la France n'était pas davantage une nation monolingue que la Suisse, et pas davantage dotée d'une religion unique. Simplement, les bretons, les corses, les occitans, les alsaciens, les créoles et même les savoyards ont du apprendre à parler français, parfois de force, tandis que l'on n'est pas (encore ?) obligés d'apprendre le Schwyzerdütsch. En fait historiquement, les élites alémaniques (et pas que les élites) apprenaient le français et le parlaient très correctement, ce qui facilitait grandement la cohésion nationale, attitude qui a changé progressivement depuis une trentaine d'années. Depuis en fait que le züridütsch a droit de cité à la DRS... Ce qui fait qu'aujourd'hui, mieux vaut parfois se parler en anglais. Mais on s'éloigne du sujet. Encore que... La langue parlée à la télévision n'est-elle pas aujourd'hui l'un des principaux creusets d'un pays ?
Un Etat Nation peut abriter plusieurs religions et peut-être une confédération. C'est le cas de l'Allemagne, dont les länder ont une vraie autonomie, c'est le cas aujourd'hui de l'Espagne (basques, catalans, andalous, ont autant d'autonomie qu'un canton suisse) et personne ne songerait à dénier à ces pays le titre d'Etat nation.
La Suisse est un Etat. Fédéral, certes, mais un Etat tout de même, doté de toutes les prérogatives usuelles. C'est aussi une nation, la meilleure preuve étant qu'il existe des nationalistes et surtout un sentiment national très fort. Il n'est qu'à voir comment les couleurs du drapeau se répandent dans un match de foot. C'est aussi une histoire commune, une manière commune de concevoir la politique, et c'est même des frontières naturelles assez clairement délimitées.
Bref Etat-nation ne veut en aucun cas dire "langue unique", ou "religion unique" et pas davantage "état centralisé".
J'ajouterai que la notion d'Europe bureaucratique mentionnée par le MCG est assez cocasse, dans la mesure où il a été calculé et prouvé que les structures administratives de l'Union européenne étaient les plus légères et les plus efficientes du monde, notamment en terme de budget géré par fonctionnaire et de tâches accomplies par chacun d'eux.
Tout au contraire de la Suisse, dont l'empilement administratif engendre malheureusement une importante - et coûteuse - bureaucratie.

A noter encore, cette phrase relevée dans Wikipedia "pour la France, la nation est un désir de vivre ensemble sous les mêmes règles au-delà des différences de chacun, tandis que pour l'Allemagne la nation est avant tout une cohésion, une culture commune, une langue". Le centralisme ne gomme pas forcément les différences, et le concept "nation", c'est un peu l'auberge espagnole... Chacun y met ce qu'il veut.
urtout

Écrit par : Philippe Souaille | 29/05/2010

Amusant que l'on me balance si souvent le jacobinisme à la française à la figure. Alors je répète: j'ai fait toute mon école primaire et l'essentiel de mes études secondaires en Suisse... Si je suis pétri de quelque chose, c'est au moins autant de Winkelried et de fédéralisme que de Jacobins et de centralisme... Encore, que démocratique, j'aimais bien...
Le plus drôle, c'est que j'ai bossé 30 ans dans la presse romande sans dire dans mes articles que j'étais français et aucun lecteur ne s'en est jamais aperçu... Lorsqu'au bout de 30 ans, je me suis fait naturaliser et que je suis devenu double national, tout le monde tombait des nues... "Ah bon, on aurait pas cru !"
Et depuis lors, c'est un des trucs que l'on me ressort le plus souvent : "C'est parce qu'il est français..."

Écrit par : Philippe Souaille | 29/05/2010

Laissez tomber, Philippe, il est tout surpris d'avoir réussi à trouver une faute de frappe, lui qui écrit souvent comme un illettré.
Ce lapin choucroute est sans doute MCG, ce qui ne l'empêche nullement de piquer aux Alsaciens leur choucroute, qui n'a JAMAIS été une spécialité genevoise (sauf au temps déjà fort lointains de la brasserie St Jean).
Mais comme vous le dites, subtilité et cohérence n'ont JAMAIS été la marque de fabrique des SA (Stauffer-Abteilungen)

Écrit par : csny | 29/05/2010

N'oubliez pas que la Suisse s'est surtout construite sur le concept de "Vaterland. Or, l'allemand distingue, ce que ne fait pas le français "Heimat" de "Vaterland". Une Nation ne peut se construire que sur la base d'une "Heimat", comme la France, l'Allemagne ou même les Etats-Unis. La Suisse a toujours privilégié le Vaterland, ce qui a pour conséquence qu'on ne peut pas parler de nation suisse. Il n'y a pas de nationalisme en Suisse, mais seulement du patriotisme. Je répète que tout cela est très jacobin. Renan commettait la même erreur il y a 150 ans.

Écrit par : Yves Meier | 30/05/2010

Ouaip, je suis certain que la Suisse Romande s'est bâtie sur le concept de Vaterland... Sans compter que les Waldstätten, en 1291, n'avaient que ce mot à la bouche... Ne serait-ce pas plus juste de penser qu'ils en avaient marre de verser l'impôt à l'Empereur et qu'ils entendaient profiter tranquillement, à l'abri de leurs nids d'aigle, des péages qu'ils prélevaient sur le commerce Nord-Sud ?

Par ailleurs la différenciation entre patriotisme et nationalisme est assez ténue, mais semble liée au fait que le patriote aime son pays, tandis que le nationaliste déteste le pays d'à côté. Je cite :
"Le « nationalisme » est un terme ambigu quand il n'est pas défini. Il entend toujours défendre une identité nationale, face à une agression extérieure. Il semble avoir besoin de désigner un « ennemi » pour exister." Ce qui n'est pas le cas du patriotisme, qui n'a pas besoin d'un ennemi pour exister.
Mais franchement, que fait l'UDC, si ce n'est se choisir un ennemi pour exister, en l'occurrence l'Union Européenne, qu'elle appelle le IVè Reich ?
Et que fait le MCG, si ce n'est se choisir un ennemi pour exister, en l'occurrence le frontalier français ou européen, qu'elle appelle de tous les noms ?
Vous allez sans doute aussi m'expliquer que leurs outrances graphiques ou verbales, que l'on n'avait plus vues ou entendues depuis la seconde guerre mondiale, ne sont pas du nationalisme ? Que c'est juste un sain patriotisme de bon voisinage, un truc de bons types... Vous devez avoir raison, c'est le jacobinisme qui m'aveugle. Mais entre nous, je ne vois pas ce qu'il vient faire là-dedans !

Écrit par : Philippe Souaille | 30/05/2010

La nationalité n'a rien à faire là-dedans. Il y a des Jacobins suisses comme il y a des jacobins français.

Le jacobinisme, c'est ne pouvoir concevoir l'Etat que comme fort et surtout centralisateur. C'est nier la diversité. Ce sont les Jacobins qui ont gommé en France toutes les particularités régionales, assassiné le breton, le corse, l'alsacien. Pour un Jacobin, l'Etat ne peut être que "Nation".

Votre vision des pères fondateurs de la Confédération en est l'illustration. Les premier spéages alpins ne sont attestés qu'au XVème siècle, pour ne devenir conséquents qu'au XVIIIème. N'oubliez pas pas que les péages ne pouvaient être perçus que sur des ouvrages d'art et qu'il sne furent exigés sur les cols que lorsqu'ils devinrent carrossables car entretenus, ce que n'étaient pas les cols de Suisse centrale au XIIIème siècle.

Les Suisses primitifs étaient de simples paysans qui voulaient ne pas dépendre d'un pouvoir central situé loin de leurs péoccupations. Le ocmmerce de transit entre l'Allemagne et l'Italie était insignifiant jusqu'au XVIIème siècle à travers les Alpes. N'oubliez pas que les cols se passaient à dos d'homme, plus rarement à dos de mulet jusqu'aux années 1760, ce qui limitait le quantités de marchandise en transit.

Écrit par : Yves Meier | 31/05/2010

Cher Monsieur Meier, vous jouez malencontreusement sur les mots. Il se trouve que j'ai fait un film sur les Routes du Commerce, depuis la préhistoire, qui passe en ce moment à Shanghaï à l'exposition universelle.
Accessoirement, je descends semble-t-il d'une famille de nobliaux français (enfin qui ont tout de même leur place dans l'Histoire de France, des croisades et même de l'Histoire Suisse, pour y avoir traîné leurs cuirasses au milieu du XIVème siècle), les Sires de Coucy, qui dès le XIIème siècle prélevaient leur dîme sur tout ce qui se passait sous leurs fenêtres, sur la route reliant Paris au Nord de la France, à la Belgique et à l'Angleterre... Ce qui leur a permis de bâtir un donjon aux murs de 8m d'épaisseur, réputé le plus puissant d'Europe, jusqu'à sa destruction par les Prussiens en 1917.
Il n'est donc nul besoin d'ouvrage d'art pour établir un péage, il suffit de prélever un droit, manu militari, sur tout ce qui passe. Cela se pratique même dans le désert, avec les caravanes, ce fut l'origine de la fortune d'un certain Mohammed (Mahomet pour les francophones). Accessoirement il reste encore quelques ruines de voies romaines dans nos Alpes, aux Grisons par exemple, qui ne devaient pas être totalement désaffectées vers l'an 1200... Quant à la rareté du trafic, à l'époque, laissez-moi rire... Vous seriez surpris de savoir tout ce que l'on peut transporter à dos de mulets... ou de chameaux.
En l'occurrence, la route de la soie, des épices et du coton aboutissait à Venise d'où toutes ces matières repartaient vers l'Ouest de l'Europe par le Grand Saint-Bernard. Les barques du Léman les prenaient en charge, dès le XIIè XIIIè siècle du côté de Villeneuve vers les foires de Genève et Thonon, où elles étaient dispatchés vers Lyon, Londres et Paris. Les lainages et d'autres produits du nord faisaient la route en sens inverse.
Même si c'est moins bien documenté, il n'est pas douteux que le Gothard, la Maloja et les divers cols alpins alémaniques servaient de même dès le haut moyen-âge aux échanges commerciaux entre l'Allemagne et l'Italie. Epices, soie et coton dans un sens, lainage et ambre balte de l'autre.
Dès cette époque, Zürich, Bâle, Strasbourg étaient des cités puissantes, sans parler des principautés allemandes et le Saint Empire Romain Germanique étendait son influence jusqu'à Rome.
On peut même se demander par où transitaient les milliers d'esclaves (slaves) d'origine ukrainienne et russes qui étaient embarqués à Venise, au XIIIème siècle, pour être vendus aux marchands musulmans... Sans doute plus au sud, par l'Autriche et la Slovénie, mais dire qu'il n'y avait pas de trafic dans les Alpes, c'est juste un non-sens historique.

Écrit par : Philippe Souaille | 31/05/2010

Les commentaires sont fermés.