20/11/2010

Voter est un plaisir

Le socialisme, cela peut être aussi le vote plus le sens de l'amour ! Du moins en Catalogne. Cliquez ci-dessous

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19/11/2010

Moutons noirs et justice fiscale

Une fois n'est pas coutume, j'ai beaucoup réfléchi avant de voter sur les initiatives fédérales du week-end, car mon choix n'était pas arrêté d'avance. Mais peu à peu, il s'est imposé.

DEFENDRE EFFICACEMENT LES MOUTONS NOIRS

Je voterai pour le contre projet à l'initiative UDC sur le renvoi des étrangers. Parce que si le contre-projet ne passe pas, ce sera l'initiative et elle est pire. Concrètement, la différence sera sensible et si la gauche veut être efficace, elle doit cesser de se draper dans sa dignité révolutionnaire en regardant passer les trains. En l'occurrence, le train qui risque de passer est celui de l'extrême-droite qui pourra se targuer d'être majoritaire, ce qui est faux.

Seulement, si les deux-tiers qui lui sont opposés se dispersent, c'est l'UDC qui gagne et les dégâts seront considérables, dans la tête des gens, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays. Ne lui offront pas cette victoire sur un plateau. Beaucoup d'amis français se souviennent encore avoir voté Chirac en se bouchant le nez et certains le regrettent. Mais ils regretteraient bien davantage de ne pas l'avoir fait, si Le Pen était passé.

LIMER LE SUPERPOUVOIR DES HYPERRICHES

Je voterai contre l'initiative socialiste sur la fiscalité. Franchement, j'ai vraiment beaucoup hésité. Je suis intimement persuadé que la constitution d'une caste d'hyperriches est dangereuse pour la démocratie et les équilibres sociaux. A l'échelle locale, nationale et mondiale. Mais l'initiative socialiste ne place pas la barre au bon endroit et n'utilise pas le bon moyen. Faute de mieux, la liberté de commerce et d'entreprendre reste le système le plus efficace, mais elle doit être encadrée.

Le problème n'est pas de gagner 200 000 ou 250 000 Francs par an, ni même 400 000... Certes j'en suis loin, comme la plupart des gens, mais cela ne me dérange pas que quelqu'un qui bosse fort en faisant un boulot compliqué chargé de responsabilités écrasantes, ou nécessitant un talent particulier, touche 10 fois plus qu'un petit salaire. Et je ne vois pas l'utilité de l'écraser d'impôts. Au contraire. D'autant que comme le dit l'argumentaire, cela va forcément se reporter aussi sur les classes d'en-dessous si l'on veut éviter un effet de seuil monstrueux (et toute la dissimulation fiscale qui l'accompagnerait).

Le problème, ce sont ceux qui, en revenus ou en rentes, gagnent 800 fois plus qu'un petit salaire. Pas pour le principe, tant mieux pour eux, mais parce que ces moyens exorbitants leur donnent le pouvoir d'acheter quasiment qui ils veulent quand ils veulent. Et en plus de transmettre ce pouvoir à leurs héritiers qui peuvent être de parfaits incompétents. Le problème, ce n'est pas le haut de la classe moyenne, les meilleures professions indépendantes, les directeurs de PME, les politiciens d'exécutif... Le problème, ce sont les multi-millionaires et les milliardaires.

Seulement, faire payer les milliardaires est peu efficace, du point de vue fiscal :

1) Ils sont très peu nombreux (à peine un millier de milliardaires à l'échelle mondiale) et les ponctionner rapporterait finalement assez peu, même s'ils sont très riches, et que beaucoup sont en Suisse

2) Cela rapporterait d'autant moins qu'ils sont très mobiles et possèdent largement les moyens de se payer des trusts et autres structures légales permettant par exemple à Mme Bettancourt de payer à peine 10% de ses revenus annuels en impôt.  Alors qu'ils sont 200 fois plus élevés que le seuil retenu par les socialistes. Ou encore 50 fois moins que ce qu'elle avait offert généreusement à son ami de coeur gai... Et puis les hyperriches ont aussi les moyens de déménager là où le vent fiscal les pousse.

En résumé, l'initiative fiscale socialiste est juste un missile qui ratera sa cible et ratiboisera davantage les mieux payés des travailleurs, sur qui retombe déjà l'essentiel de la charge collective. C'est du pragmatisme de mauvais aloi. Pour lutter efficacement contre le superpouvoir des hyperriches, il faut commencer par se mettre d'accord mondialement sur des objectifs clairs et agir au niveau de la transmission des patrimoines, souvent mis à l'abri dans toutes sortes de fondations. Il faut intervenir globalement, de manière concertée. Une utopie ? Peut-être, mais c'est assurément la seule voie qui pourra être efficace. Bien plus qu'une augmentation d'impôts pour mon chirurgien-dentiste ou le patron d'une usine de montres.

 

13/11/2010

La bave de Décaillet et les conseils de Mme Reding

Ainsi donc, M. Décaillet, si j'en crois votre apostrophe à Mme Reding, les Européens n'ont plus le droit de s'exprimer en Suisse, plus le droit de simplement donner leur avis ? Votre anti-européanisme primaire, secondaire et tertiaire vous aveugle, Pascal: vous ne vous rendez même plus compte que vous vous érigez en censeur de la pire espèce.

Il est vrai que vous avez l'indignation sélective. S'en prendre aux homos, pas bien, nous sommes d'accord. Par contre crier haro sur le mouton noir étranger, pas de problème... Et risquer inutilement des ennuis à tous les Suisses passant par la Libye, juste pour racoler le poivrot de café du commerce sur un sujet n'ayant rien à voir avec Kadhafi, là vous applaudissez des deux mains.

Voyez-vous, M. Décaillet, l'une des conquêtes fondamentales du droits des peuples est d'avoir obtenu que soit levé, au moins partiellement, le secret des négociations entre les puissances. La Confédération Helvétique s'est bâtie en partie là-dessus. Et lors du traité de Saint-Julien, en 1603, le Duc de Savoie enrageait que les Genevois et les cantons protestants (les cantons catholiques étaient alors l'allié du Duc, on nous l'a soigneusement gommé) révèlent au peuple les tenants et les aboutissants des pourparlers.

Que fait ici Mme Reding? Elle vient dire la vérité, sa vérité, celle de l'UE, de la commission européenne et (je le sais, pour y a voir fait des interviews, celle du parlement) dans le débat en cours. A savoir que l'Europe se lasse de la voie bilatérale et que celle-ci devient néfaste pour la Suisse, car elle la contraint sans pouvoir faire entendre sa voix dans les instances législatives et exécutives.

Elle ne fait que livrer une information, un point de vue, tout au plus un conseil, voire une invitation à nous joindre au club. Et vous comment réagissez-vous ? En prétendant la censurer, lui dénier le droit à la parole. C'est un parfait déni de démocratie. Qui plus est stupide, même dans votre logique: connaître son ennemi, savoir ce qu'il pense est une règle élémentaire. A moins que vous ne réserviez cette connaissance aux leaders maxi-mots que vous vous flattez de soutenir, et déniez le droit du petit peuple à l'information ?

C'est aussi faire montre d'une singulière absence de courtoisie : Mme Reding représente notre principal partenaire, dont nous tirons deux tiers de nos revenus et dont nous dépendons pour trois quarts de nos approvisionnements... A moins que ce ne soit l'inverse... Dans tous les cas, un gros client. Mme Reding y est en son sein la déléguée du plus petit état de l'UE, à peine le Canton de Genève. Elle n'en est pas moins vice-présidente de l'exécutif européen. Un peu comme un Président du Conseil Fédéral tessinois peut représenter 5 millions d'alémaniques et 1 million et demi de romands... Serait-ce ce symbole qui vous gêne aux entournures, M. Décaillet ?