16/12/2010

Cercueils, macaques et macaroni

En prétendant renvoyer la racaille française dans des cercueils, Eric Stauffer n'a pas franchi la ligne, il patauge de l'autre côté depuis le début. Il y a des gens qui ont des buts ou des idéaux: Lui, c'est le pognon vite acquis, mais comme toutes les entreprises financières dans lesquelles il s'est investi ont fait faillite, c'est devenu la politique, option fascisme et haine de l'autre. De parvenir à en faire un fond de commerce en dit long sur les dangers de notre temps.

Le Président du "Mouvement Citoyen Genevois" est en parfaite contradiction avec tout ce qui fait Genève et la Confédération Helvétique: la Suisse fut à l'origine de l'abolition de la peine de mort et les Conventions de Genève sont à l'opposé des éructations du tribun d'Onex.

Accessoirement, la racaille française qu'il veut faire passer de vie à trépas a certes commis des hold up et braqué des bolides en utilisant des explosifs et des armes de guerre, mais n'a jusqu'à présent tué personne, pas même blessé quiconque. Le seul mort, c'est ce voleur de bagnoles qui a cru bon de foncer à tombeau ouvert sur un barrage de police. Il s'est pris une balle qui relève probablement de la légitime défense, la justice tranchera. Mais s'en prendre aux forces de l'ordre doit amener des conséquences, c'est le début du respect, même si c'est cher payé.

Foin d'angélisme. Les truands sont des truands, et doivent être traités comme tels, notamment en donnant aux forces de l'ordre les moyens de les combattre. Qui soit dit-en passant, consistent bien davantage à effacer la frontière pour les-dites forces de l'ordre qu'à la fermer, n'en déplaise à certains commentateurs davantage exaltés par leurs idées que par la réalité. C'est la collaboration entre les divers corps des deux pays qui est la seule réponse efficace.

Force doit rester à la loi. La loi dit, dans tous les pays du monde: "Tu ne tueras point". Et si tu commets des actes délictueux, tu dois être puni, proportionnellement à ces actes et de manière juste. Pas n'importe comment. Le laxisme de la justice doit être combattu, mais certainement pas en lui substituant la loi de Lynch... Si le Président du MCG n'est pas capable de comprendre une chose aussi élémentaire, il ne peut prétendre à une quelconque responsabilité publique.

Il n'en est pas à sa première bavure. Traiter les Libyens - voire les Africains en général - de "macaques" en pleine affaire des otages, c'est aussi bête que méchant. De pareilles saillies, même les Le Pen n'osent pas. "Macaques", c'est tout de même autrement plus insultant que "macaroni", non ?

D'où lui vient cette haine des Français, des Arabes, et des Français arabes en particulier? A moitié italien, il a grandi en des temps où Genève s'inquiétait des truands venus d'Italie. Qui tiraient dans le tas, en faisant des morts. Jeune journaliste, j'ai assisté en direct à la fuite spectaculaire de Carlo Grua, braquant arme au poing une golf blanche banalisée, sous le nez des flics genevois qui la conduisaient.

La police genevoise s'est vengée de l'outrage (et du meurtre d'un policier), quelques temps plus tard, en exécutant Grua lors de son arrestation. Pas très casher, en termes de procédure judiciaire, mais le gars était un tueur patenté. Aucun responsable politique d'alors n'aurait cependant eu le mauvais goût de s'en réjouir publiquement ou de parler de "racaille italienne"...

Les flics genevois étaient pourtant sur le qui vive. Les braquages (avec des butins spectaculaires), se succédaient. Pour un simple excès de vitesse sur le Quai de Cologny, à 4 heures du matin, je m'étais retrouvé avec deux flingues sous le nez accompagnés de ces excuses d'un inspecteur: "Une Alfa à plaques noires, on vous a pris pour un gangster italien". J'aurais donc pu me faire tuer parce que je conduisais une Alfasud immatriculée 74, ce qui de loin pouvait la faire passer pour italienne...

Le professionnalisme des officiers de police genevois avait heureusement limité les risques. Je n'ose imaginer ce qu'il en serait avec des séides à la solde de Stauffer.

Commentaires

Bien dit, bravo!

Écrit par : spirou | 16/12/2010

Ce qui est inquietant, audela des ecrits de Stauffer, c est les commentaires d approbation de beacoup de commentaires...
Depuis qu il est entre en politique l ambiance s est electrise a geneve et certains esprits faibles se font deja justice eux meme, comme en temoigne ma voiture regulierement rayee a coup de clef. Petite variante il y a 2 semaines... Je me suis pris une raffale de cailloux de 3 ecoliers Meyrinois qui se sont enfuit, probablement pour aller poster leur exploit sur la page facebook de leur idole... A force d attiser la haine, il a reussi peu a peu a faire germer cette petite graine dans les tetes et c est inquietant.

Écrit par : Tron | 16/12/2010

Et oui, cher Monsieur,

Ce rital, du sud, c'est-à-dire, une racaille pour le nord...a oublié le "interdit aux chiens et aux Italiens", et le fameux Schwarzenbach... que ce soit Stauffer ou Poggia, d'ailleurs...

De plus, ces messieurs, devraient savoir que bon nombre de ces Italiens résident désormais en France voisine, tous les parents de mes amis Carougeois ont acquis une Maison en France voisine.

Écrit par : Café | 16/12/2010

A l'époque, Schengen n'existait pas et les garde-frontières veillaient aux postes de douane... Ce qui n'a jamais empêché les truands étrangers de passer la frontière. Même pendant la guerre, à l'époque des barbelés et des toblerones, les passages clandestins étaient nombreux. Alors fermer des douanes et rajouter du personnel sur la frontière, c'est une réponse aussi facile qu'inutile.

Écrit par : Précis | 16/12/2010

Vous avez certainement raison, du moins je l'espère.

sauf qu'il faut voir les choses telles qu'elles sont et non telles qu'on aimerait les voir, nous ne vivons plus dans le bon vieux temps des utopies et des pensées magiques mais au jour d'aujourd'hui, de plus en plus dur et violent; et le futur s'annonce encore plus mal.
L'incivilité généralisée et le fait que plus personne ou presque ne craigne l'uniforme et ne respecte autrui ni les institutions est une réalité qui échappe aux pensées les plus nobles et fait le lit de tribuns populistes comme M. Stauffer.
Qu'on soit d'accord ou non, il est de fait que nous ne pouvons plus penser comme avant et que les actions doivent devenir plus visibles et aller au delà des mots, les plus beaux soient-ils.
Car si en Suisse, et à Genève tout particulièrement, on est très fort pour parler, pour émettre de belles idées et des concepts savants et réfléchis, on est un peu moins forts pour agir de manière efficace, on pense encore que les choses vont s'arranger toutes seules, et puis sinon, on attendra l'élection suivante et la patate chaude sera refilée à quelqu'un d'autre, etc... Il n'y a qu'à observer ce que devient Genève depuis une vingtaine d'années pour se rendre compte que rien ne va plus et que les jeux sont loin d'être faits.
Même si je ne me sentirai jamais en accord avec les propos de M. Stauffer, je puis au moins être conscient que par certains aspects, il met le coup de pied dans la fourmilière et oblige les autres à se positionner sur des sujets qui touchent la population en général, chose qu'ils ne font plus depuis longtemps déjà.
M. Stauffer a donc un rôle primordial dans le République, il dit parfois tout haut de que d'autres élus n'osent même pas penser tout bas par crainte de mettre leur carrière politique en danger. Les pleutres.
J'aime mieux un élu qui dit n'importe quoi et qui agit, les institutions étant là pour veiller aux débordements possibles, qu'un élu qui fait de l'esbrouffe pour être élu mais qu'on ne voit plus ni n'entend plus une fois l'isoloir rangé, ce qui soit dit en passant me semble le cas de pas mal de monde...
Bien sûr que M Stauffer va trop loin et parle trop, mais il nous donne au moins la possibilité de débattre et de pouvoir échanger, ce qui est toujours constructif dans la compréhension des idées des autres, et c'est la fermeture aux idées d'autrui qui est à la base même du racisme.

Écrit par : pipop | 16/12/2010

Regardez les retransmissions des scéances du grand conseil et vous verrez qu'il n'est pas possible de débattre avec cet énergumen ou autres membres de son parti. La plupart de ses interventions sont agressives et irrévérentielles, pour employer des termes modérés. Ce n'est plus le grain de sable dans la ménanique, mais plutôt l'enclume, le boulet qui passe son temps à mettre en avant que son parti est le seul à détenir la vérité. Si il n'approuve pas une idée, il traitera ses collègues d'incompétents au service de la république bananière (car l'insulte est aussi sa specialité). Si une proposition lui convient, il se l'appropriera immediatemment et affirmera que c'est à l'origine une proposition de son parti ou que si cette proposition a été faite, c'est parceque son parti est là pour secouer le cocotier...
A partir de là je doute qu'aucun débat constructif ne soit jamais envisageable.

Écrit par : pipalapop | 16/12/2010

C'est amusant, mais tous les partisans du MCG tiennent le même discours: Stauffer est excessif, mais il a raison. Et lui au moins agit.
Eh bien non, il a tort et il s'agite beaucoup et parle encore plus, mais n'agit pas. Qu'a-t-il créé de constructif dans sa vie, que ce soit en politique ou auparavant ? Qu'a-t-il fait hormis se plaindre et élever la voix ? Citez-moi une seule de ses réalisations concrètes ? Je ne parle pas de la dénonciation (fort discutable à mon sens) d'un salaire élevé dans un organisme para-public, mais d'une vraie réalisation, de quelque chose qu'il aurait mis en place et qui fonctionne ?
Il dit effectivement n'importe quoi, mais n'agit jamais, se contentant de vociférer. Ce qu'il se promet de faire à nouveau, dans les heures qui viennent, pour bloquer le vote du budget au Grand Conseil, par dépit de n'avoir pu y mettre son grain de sel. On sait que déjà que son obstruction va coûter au bas mot 150 000 Francs au contribuable genevois. Une paille.
Lui n'a jamais, au grand jamais, prouvé de quoi il était capable. C'est à dire non pas casser la gueule à quelqu'un à la récré, mais mener à terme la réalisation d'une entreprise, quelle qu'elle soit. Son seul atout, c'est son charisme vulgaire et sa grande gueule, qui malheureusement fait mouche. Comme ont séduit avant lui quelques Duce qui n'étaient malheureusement pas tous d'opérette.
Maintenant la litanie du "c'était mieux avant", racontez-là à d'autres, mais pas à moi. Je suis d'une génération née peu de temps après la guerre, que mes parents ont vécu dans leur chair. Et j'ai suffisamment bourlingué de par le monde pour savoir que partout ailleurs, c'est nettement pire qu'ici. Et ce que ce mieux être, même s'il nous coûte cher, nous le devons précisément à nos politiques (que vous accusez de tous les maux), à nos échanges avec l'extérieur et aussi à l'argent de l'extérieur qui fait des petits ici.
Nous avons vécu un demi-siècle de prospérité et nous en voyons la fin. C'est un fait dans lequel Genève et les Genevois ne peuvent pas grand chose, si ce n'est essayer de mener leur barque habilement. Tout le contraire de ce dont est capable un Stauffer. Ce n'est pas en virant au fascisme qu'on solutionnera quoi que ce soit, au contraire. La violence et les incivilités sont un problème, c'est un fait. Question d'éducation et de permissivité à revoir. Mais il me semble qu'en matière d'éducation déficiente, à tous points de vue, on est particulièrement bien pourvu au MCG. Je pense au respect de l'autre et au civisme autant qu'à l'orthographe. Le respect doit être pour tous. Pour l'uniforme aussi, mais en aucun cas pour l'uniforme uniquement.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/12/2010

Votre billet et le commentaire que vous y ajoutez sont les bienvenus.

Mais vous êtes journaliste, et de tels personnages n'existent que grâce à la place qui leur est faite par les médias.

Comparez le nombre d'articles consacrés aux coups de gueule d'un STAUFFER,
et ceux consacrés à l'activité de Mauro POGGIA.

Pourtant POGGIA avait partout devancé STAUFFER pour le Conseil d'Etat.

Bien sûr, les journalistes ne sont pas seuls responsables, leurs lecteurs aussi.
Il suffit de voir les commentaires postés sous les acticles :
Tout le monde s'y intéresse, de droite ou de gauche.

Un bémol :
Quel politicien répond à votre légitime exigence : avoir résolu un problème ?

CHAVANNE pour l'enseignement, GROBET pour les locataires (mais pas pour le logement), Bernard ZIEGLER pour la police, RIELLE contre le tabagisme,...
j'en oublie un ou deux, mais lesquels ?

PS :
Si STAUFFER est impliqué dans de nombreuses faillites, c'est surtout pour avoir été nommé liquidateur par l'Office des poursuites.
Le rôle néfaste de ces liquidateurs est mieux connu en France.

Écrit par : Lyonnais du 69 | 16/12/2010

Le "phénoméne " Stauffer procède d'une relation un peu perverse avec une certaine forme de journalisme privilégiant l'événementielle ,le côté factice des positionnements politiques caractérisés par des déclarations à l'emporte-pièce sur la sécurité ,sujet permettant tous les débordements de vocabulaire.
Ce buzz journalisitque fait vendre doit assurer des retombées publicitaires permet à certains commentateurs de nous vendre des tableaux d'Anker en guise de destin national des Décalgaillets ,ici un paysage apaisé de classe d'école là des soldats de l'armée c'est à dire un peu la même chose ,le service après-vente philosophique est assuré par le capoArle. à la sauce romaine.

Écrit par : briand | 16/12/2010

Stauffer est un sinistre charognard, mais il arrive malheureusement à faire des émules...

Les autres partis ont leur responsabilité car ils n'ont clairement pas voulu débattre de certains problèmes, en niant tout simplement leur existence. Ils ont laissé la place ainsi à l'émotionnel et à Stauffer...

Allez lire les commentaires sur cet article de la tdg, ça fait peur!
http://www.tdg.ch/geneve/actu-geneve/mecontents-wagons-geneve-bellegarde-2010-12-15

Le MCG va finir par arriver à ses fins, même s'il n'y aucune mesure politique protectionniste adoptée par Genève, certains frontaliers envisagent de retourner bosser en France (et pour la plupart ceci veut dire accepter une diminution de 30 ou 40 % de salaire et ajouter des déplacements vers Lyon, Grenoble et même pour certains Paris, donc une vie de famille directement touchée).

Désolée, c'est un peu hors sujet, puisque là, il était question de la "racaille", et pas des travailleurs. Mais là aussi, il est le seul à gesticuler et les deux derniers événements du genre tombent à pic pour alimenter le discours sécuritaire. Et pourtant, comme vous l'avez mentionné, il n'y a eu ni morts ni blessés, que des dégâts matériels, donc pas de quoi en faire un plat.

Écrit par : Lala | 16/12/2010

Il est vrai que l'obstination de la presse "locale" (ou se prétendant telle) à faire en n'importe quelle occasion, une ou plusieurs tartines des délires du psychopathe habitant, hélas, Onex, donne à cet énergumène un podium qui lui assure des appuis verbaux et scripturaux pour tout ce dont l'UDC et autres formations xénophobes ou racistes, voire sexistes, n'ont pas suffisamment convaincu de la virulence de leur haine des différences.

Alors, cessons de parler de cette marionnette et de ses obsessions, auquel le qualificatif de "tribun" ne le détermine que comme un obsédé de la "tribune" que la presse locale et d'autres, lui offrent et dont il a absolument besoin pour se faire entendre et persuader de ses obsessions nombre d'électeurs naïfs persuadés de leur "supériorité" parce que de race blanche, suisse ou mieux genevois.

Écrit par : La Jonquille | 16/12/2010

Bonjour Philippe,
J'apprécie ton franc parlé et ton coup de gueule dans les commentaires. Sur ce coup je suis plutôt avec toi. Pourtant, je pense que le personnage t'obnubile et t'empêche d'analyser sereinement la situation.
En premier lieu, il n'a rien contre les arabes. A titre d'exemple, je te rappelle qu'il défend les taxis privés qui sont à 98% des arabes. Je pourrais te mettre à disposition un enregistrement d'une AG des "bleus" où il se pose en défenseur des minarets et autres combats anti UDC.
Ensuite, si mes renseignements sont bons, il devrait (logiquement) céder la présidence du MCG à Poggia.
Mais surtout, tu sembles défendre la classe politique en place en fustigeant les manières du bonhomme et là je ne peux plus te suivre. La politique centriste est médiocre, bourrée de compromis limites, de langue de bois et de complaisance. C'est bien la raison pour laquelle le peuple en a ras le bol et périodiquement se tourne vers des partis qui dénoncent même s'ils ne proposent rien de concret (rappelle toi de Vigilance).
Comme tu le relèves, Stauffer est doué de charisme, il a trouvé les bon mots pour profiler son parti qui n'a pas fini dans son élan. Ton coup de gueule n'y changera pas grand chose. Juste un défoulement personnel. Ton humanisme, tes connaissances et ton métier sont autant d'atouts pour analyser en profondeur les causes de l'émergence d'énergumènes comme Stauffer, aller plus loin que le coup de gueule et dénoncer les vrais responsables qui, ici, me semblent être ceux que tu défends.
Cordialement
P. Jenni

Écrit par : Pierre JENNI | 16/12/2010

Non Pierre, pas d'accord, pas d'accord du tout. En ce qui concerne les arabes, Stauffer vendrait père et mère du moment que cela peut lui rapporter des voix, ou de l'argent. Et le credo-créneau du MCG, c'est "pas de racisme, défendons les Genevois quels qu'ils soient contre les étrangers, quitte à ce qu'ils soient cousins des Genevois, du moment qu'ils habitent de l'autre côté de la frontière". Parce que les premiers votent et pas les seconds. Encore qu'il y ait de plus en plus de votants suisses en France :-))
Stauffer essaie d'appliquer son credo électoral, mais n'en pense pas moins. Traiter les libyens de "macaques" à la radio, comme il l'a fait il y a quelques mois est extrêmement révélateur de ce qu'il pense vraiment. Seul un type profondément raciste peut proférer de telles insanités. D'avoir épousé une métisse ne le dédouane aucunement. Quant aux minarets, c'est juste une histoire de pognon. Il court après l'argent de Blocher et rêve de faire une OPA sur l'UDC genevoise. En vain jusqu'à présent. Au moment où le MCG était au plus mal financièrement, Poggia est arrivé avec l'argent de son épouse, tunisienne, richissime et musulmane. Avec une condition: dire oui au minaret. C'est aussi simple et basique que cela et les autres leaders du MCG ont du avaler la couleuvre.
Quant aux politiciens "centristes", bien sûr que je les défends. C'est la base même de mes convictions politiques. Le "peuple" comme tu dis a des raisons d'être mécontent. Mais ces raisons sont en grande partie indépendantes du jeu politique. Plus même, si la politique menée à Genève globalement ces dernières années avait été différente, la situation du peuple serait bien pire.
Chaque progrès amène son lot de problèmes. Il n'y a pas de solution miracle. La politique, l'art de gérer la cité, n'est jamais qu'une perpétuelle quête d'équilibres instable entre des intérêts divergents.
Genève est la seule ville du monde développé qui a créé des emplois ces trois dernières années, et de loin celle où l'on a le moins vu passer la crise. Crois-tu vraiment que c'est juste par hasard ? Bien sûr que la solution retenue (pas toujours maîtrisée d'ailleurs, car largement dépendante de critères internationaux d'offre et de demande) génère des inconvénients. Mais si l'on ne continuait pas de se développer toujours plus vers des activités à haute valeur ajoutée, on régresserait très très vite. Le "peuple" comme tu dis n'a souvent que le "c'était mieux avant" à la bouche. Mais avant, c'est aussi les années trente, lorsque la fin de la SDN s'est ajoutée à la crise mondiale, touchant Genève de plein fouet. Les propriétaires immobiliers se jetaient par les fenêtres car il n'y avait plus personne pour payer les loyers... Crois-tu que les ouvriers et le peuple était heureux, quand il n'y avait plus rien à distribuer? Crois-tu que les 14 morts de Plainpalais, abattus par l'armée en 32, sont morts juste par hasard ?
Genève en dehors du commerce international et de la finance n'est rien. Il en est ainsi depuis le fin fond du Moyen-âge. Nous n'avons aucune ressource, sauf à bouffer du cardon tous les jours. Les générations précédentes ont su y ajouter des métiers successifs... L'horlogerie quand Calvin a interdit la joaillerie, la banque, lorsque Louis XI a attiré à Lyon les banquiers florentins qui finançaient jusqu'alors le business des Foires de Genève... La fonction publique internationale, quand Woodrow Wilson a créé la SDN...
L'emploi massif de frontaliers permet aujourd'hui de faire tourner la machine et la délocalisation de l'habitat sur France est un mal pour un bien. Alors bien sûr, dans le détail, on peut reprocher plein de choses aux équipes précédentes ou à celle-ci. Personnellement, j'en vois une énorme, manquante, c'est la Traversée de la rade, qui péjore considérablement toute la situation des transports, en empêchant de fermer le centre ville au trafic de transit, alors qu'il ne devrait être accessible que pour y aller faire ses courses. Comme à Strasbourg, par exemple. Ce qui ferait d'ailleurs bien les affaires de vous autres taxis.
Mais dans l'ensemble, ils s'en sortent plutôt bien et mieux qu'ailleurs. Et très certainement mieux que si les amis identitaires de ton copain Décaillet fermaient les frontières, attitude irresponsable s'il en est. La fermeture des frontières, historiquement, a toujours mené à la guerre. C'est quasi mathématique. A fortiori dans des climats comme ceux qui dominent actuellement. Et la dernière chose dont la Suisse et Genève en particulier pourraient avoir besoin, c'est d'un conflit avec leurs voisins. Qu'il soit économique ou militaire d'ailleurs. Quel que soit le niveau de l'euro contre le Franc, en cas de conflit, n'importe lequel des voisins de la Suisse l'écraserait sans coup férir. Militairement et aussi économiquement. C'est bassement numérique.
Le reste c'est de la gonflette, de la rodomontade de pseudo-suisses aux bras tellement noueux que les muscles leurs montent au cerveau.
Nous sommes condamnés à nous entendre avec notre environnement. Il se trouve que notre environnement est en France. Pas à Naples ou en Bolivie.
Maintenant est-ce que je fais une fixation sur le personnage ? Je ne crois pas. Il est dangereux. Dans la période que nous vivons en particulier. Et même si Poggia prenait la tête du parti, il n'en resterait pas moins dangereux. Ces trublions n'ont d'utilité que dans le rappel qu'ils font des problèmes que rencontre le peuple. Comme ils n'ont pas le début du dixième d'une solution constructive, ils doivent cependant rester loin du pouvoir si l'on veut éviter les catastrophes. Comme un enfant que l'on pourrait laisser jouer avec des allumettes, mais pas à côté d'un bidon d'essence. Et du pouvoir, je trouve qu'ils s'en rapprochent beaucoup trop à mon goût.
Comment les en éloigner ? Le seul outil dont je dispose, c'est le clavier de mon ordinateur. Alors je l'utilise. Mais si quelqu'un a de meilleurs idées, restant dans le cadre du jeu démocratique, elles sont les bienvenues.
Bises à toi et aux tiens.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/12/2010

Je t'apprécie de plus en plus. Tu te lâche. ça doit être l'âge et l'envie de prendre des raccourcis. Rattraper le temps qui passe...
Bon, il y a de la matière et je ne veux pas saturer ton blog. Je te remercie d'avoir pris le temps de répondre de manière aussi élaborée. Je me limiterai à quelques remarques :
- Pour la rade, no comment ! si ce n'est que ça fait déjà 60 ans que ça dure. Espérons que ce coup-ci le souverain ne se laissera pas manipuler par les anti-bagnole.
- Ton clavier d'ordinateur n'est qu'une extension. Il y a moyen d'optimiser l'usage de cet outil (arme) en faisant plus que juste rouspéter.
- Je ne partage pas ton Europhilie. Mais ça tu le sais déjà. Je pars du principe que "small is beautifull" et sur ce point, je rejoins les thèses de l'UDC Genève qui ne tient pas particulièrement à développer la région. Les raisons ne sont pas le repli sur soi, le protectionnisme ou le racisme, mais juste un peu de réalisme. Pourquoi devrions-nous fuir en avant et développer indéfiniment notre économie ? Le pendant de ce choix, c'est plus de logements, plus de police, plus de voirie, plus de transports, plus, plus, plus, toujours plus mais jusqu'où ?
- Tu parles des frontières. C'est d'actualité avec l'essai de M. Debray. L'as-tu lu ? Les idéalistes de ton genre prônent la suppression de ces barrières artificielles. Soit, pourquoi pas ? Malheureusement l'effet direct de ce genre d'initiatives, qui sont une des conséquences de la globalisation, provoquent un repli quasi reptilien sur des valeurs de proximité rassurantes. Nous ne sommes pas prêts pour cette aventure, mais ça viendra. Toi et moi ne serons plus là pour le voir, mais nous aurons le plaisir de le sentir venir,... beaucoup plus tard.
- Genève sans la finance n'est rien. Je n'ai pas ta culture générale et ne saurais me prononcer dans ce domaine. Pourtant j'observe une contradiction avec ta référence à la SDN et le développement spectaculaire des ONG's qui participent au rayonnement international de notre ville qui caracole en tête des endroits où il fait bon vivre sur cette planète. Rien à voir avec les frontaliers que tu défends puisque tu en es.
Ceci dit, tu vas un peu vite dans tes conclusions. Je ne suis absolument pas en accord avec les velléités de l'UDC et du MCG dans le domaine des frontaliers. Je reconnais comme toi qu'ils participent constructivement au développent de notre canton. J'observe pourtant des abus et constate que nous avons le taux de chômage le plus élevé de Suisse.... à méditer.
- De là à parler de conflit économique ou militaire... je pense que tu t'égares. Surtout lorsque tu prétends que nous ne ferions pas le poids.
Tu nous dis condamnés à nous entendre avec notre environnement. Traduit en termes clairs c'est la France, voire l'Europe. Et bien vois-tu, c'est là que le bât blesse. Je ne supporte pas l'arrogance de cette Europe qui prétend nous imposer son diktat et je préfère voir mon niveau de vie baisser que de devoir m'incliner devant cet abus de pouvoir manifeste. Je suis sincèrement désolé de découvrir que tu défends Goliath et donc le développement économique effréné au détriment de notre qualité de vie.
Small is beautifull
Merci pour ta franchise.
Pierre

Écrit par : Pierre JENNI | 16/12/2010

Bonsoir Philippe Souaille,

Votre billet évoque deux thèmes qu'il convient à mon avis de distinguer :

-1° Le populisme de Stauffer et ses méfaits.

-2° La criminalité transfrontalière, bien réelle qu'il ne faudrait minimiser à aucun prix.

Sur le portrait que vous faites de Stauffer, sur ses dérives inadmissibles, je partage tout à fait votre point de vue. Toutefois, ne faut-il pas se poser quelques questions essentielles sur les raisons qui font le succès du MCG ?
Si Stauffer surfe sur une vague, ce n'est point par hasard, ni même à cause d'un certain charisme que d'aucuns lui prêtent, mais plutôt parce qu'il exploite habilement un malaise bien réel.

La criminalité transfrontalière fait partie de ce malaise, il ne faut pas se voiler la face, ni la banaliser. Sa recrudescence nous interpelle tout au contraire et la population attend des actes de nos autorités, des solutions susceptibles de la rassurer. Si les derniers bracages n'ont provoqué aucune victime, cela relève probablement plus du miracle que de la mansuétude des auteurs de ces actes.

Cela dit, il va de soi que Stauffer et son mouvement n'apportent rigoureusement aucune solution à ce problème. Quant à nos autorités, elles tardent à en apporter. Alors la population s'en inquiète et à bon droit.

Il ne sert à rien de se voiler la face, les relations transfrontalières se dégradent et la criminalité n'en est que l'un des éléments. D'autres facteurs viennent s'y ajouter : la quasi impossibilité de se loger à Genève, les prix de l'immobilier qui prennent l'ascenseur, une croissance économique presque arrogante qui péjore l'équilibre de l'habitat entre Genève et la France voisine, engendre le chaos dans la circulation et les transports et bien d'autres nuisances encore.

Par ailleurs, la frontière politique entre la Suisse et la France ne se résume pas à un tracé sur une carte, elle se traduit par des différences bien réelles aux niveaux institutionnel, politique, économique, fiscal, judiciaire, culturel, etc. C'est une réalité dont il faut tenir compte.

Et puis cette croissance économique, dont il faudrait se réjouir, n'est-elle pas inconsidérée au regard des laissés-pour-compte de cette même croissance, ces gens de peu et de rien, qui observent que des villas s'achètent à coups de plusieurs dizaines, voire centaines de millions sur le coteau de Cologny au profit de bénéficiaires de forfaits fiscaux ?

Cette situation ne peut perdurer, on va droit dans le mur.

Alors que faire ?

Ne serait-ce pas sagesse que de modérer un peu cette croissance, pour éviter des conflits sociaux majeurs à Genève, mais également pour rétablir de l'apaisement dans la région transfrontalière entre Genève et la France voisine ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 16/12/2010

Jean, je ne banalise pas la violence transfrontalière, qui doit être combattue, notamment en coordonnant mieux le travail des polices et des justices de nos pays. Ce à quoi s'emploie nos autorités, de concert avec les françaises. Je rappelle juste que cette criminalité étrangère a toujours existé. Lors de mes débuts à la locale de la Tribune il y a plus de 30 ans, c'étaient des italiens et des grenoblois. Aujourd'hui ce sont des lyonnais. Stauffer lui-même a maille à partir avec des truands marseillais. Quant à l'héroïne (qui depuis Genéve, rayonne sur la France voisine jusqu'à Lyon) son marché est tenu par des ressortissants des Balkans, qui la font transiter par la Suisse alémanique. Il y a 15 ans, le centre, c'était Zürich. Et au XIXème siècle, les brigands étaient de pauvres hères, valaisans ou fribourgeois. Des cantons, qui aujourd'hui nous envoient plutôt des gendarmes et des polémistes.
Faut-il ralentir la croissance ? Je crains que qui n'avance pas recule et que même une retraite en bon ordre, dans le contexte économique actuel, pourrait très vite prendre les allures d'une débandade. Maintenant, que les prix prennent l'ascenseur, c'est normal. C'est le cas dans tous les centres des grandes métropoles dans le monde. Si vous n'avez plus les moyens d'habiter Cologny, déménagez à Ambilly, c'est à deux kilomètres et vous y trouverez des villas de 300 mètres carrés avec piscine pour 800 000 Francs. 5 ou dix fois moins qu'à Cologny.
Si vous ne pouvez pas vous payer l'Avenue Foch ou la Vème Avenue, même si vous y êtes né, déménagez à Levallois ou à Newark... C'est une règle universelle. En vertu de quel privilège les Genevois devraient-ils y échapper ? Ils devraient plutôt être heureux d'avoir cette possibilité. D'ailleurs des dizaines de milliers d'entre eux sont très heureux d'en profiter.
Les savoyards non-frontaliers, de l'autre côté se plaignent également de l'augmentation des prix qui rebondit chez eux. Mais ils en tirent également des avantages. D'abord il y a du travail, ce qui est loin d'être négligeable. Le cadre de vie est certes cher, mais bien plus agréable que dans la plupart des coins en France. Ceux qui auraient le plus de raisons de se plaindre, ce sont les fonctionnaires parce qu'ils n'ont guère le choix.
Le salaire d'un gendarme genevois en début sa carrière est d'environ 8000 Francs par mois, ce qui ne l'empêche pas de faire valoir de nombreuses revendications, y compris par la grève. Celui de son collègue français est quatre fois inférieur, et il n'a pas le droit de faire grève. Ce sont là effectivement des disparités criantes. Il est possible qu'elles s'estompent si l'économie lève le pied, mais alors ce sera uniquement parce que le salaire du gendarme suisse se sera effondré.
Hors ce n'est pas ce que veulent les gens. Ils réclament des prix moins élevés, mais ne sont absolument pas prêts, contrairement à ce qu'affirme Pierre Jenny, à en adopter les conséquences liées sur leurs revenus. Les Stauffer et consorts leur promettent de raser gratis, alors ils préfèrent les croire. Mais la réalité est toute autre.
De même, Pierre, que lorsque j'énonce un fait, à savoir un rapport de forces clairement en faveur de n'importe quel grand pays européen, comparé à la Suisse, Il ne s'agit en rien d'un diktat. C'est le simple constat de populations qui ne sont pas à l'échelle. La Suisse raisonne en millions d'habitans, tous ses voisins en dizaines de millions... Et en centaines lorsqu'ils sont réunis dans l'UE. Cela n'a rien d'une attitude agressive, c'est juste un fait. David contre Goliath. Il arrive que David gagne... mais uniquement dans les légendes mythologiques. Et jusqu'à présent, le Goliath européen a fait preuve de beaucoup, d'énormément de mansuétude à l'égard du remuant petit David. Pourvu que ça dure.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/12/2010

Pierre, en sus des réponses précédentes, la finance et les ONG font partie d'un même monde, parce que leurs administrations ont bien des points en commun, que tout se passe ici, qu'il faut gérer les fonds, bref... Quant aux frontaliers, ils constituent plus des 2/3 du personnel dans de nombreuses organisations, et sont très présents dans quasi toutes les banques.
Tout est lié. La Genève internationale, c'est aussi et d'abord un vivier d'emplois et de compétences, qui se trouvent ici plus facilement qu'ailleurs. Mais c'est très concurrentiel. C'est cela le vrai problème. On n'est plus dans le doux train train qui permettait aux gens d'ici de vivre plus confortablement qu'ailleurs en se donnant plutôt moins de peine, grâce aux circonstances extérieures, globalement indépendantes de leurs compétences intrinsèques. Alors évidemment, ça bouleverse les habitudes.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/12/2010

@ Philippe Souaille,

Merci de votre réponse !

Je ne suis pas favorable à une décroissance, je parle seulement de "modérer" la croissance qui pourrait peut-être contribuer à apaiser les tensions transfrontalières croissantes qui m'inquiètent réellement.
Il en va aussi de la cohésion sociale à Genève.

Quant à habiter Cologny, cela n'a jamais fait partie de mes ambitions !
Je ne suis pas envieux, seulement réaliste, lucide et surtout préoccupé par l'évolution de la situation ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 16/12/2010

Pierre et Jean, les deux apôtres, vous m'avez entraîné bien loin de mon thème initial et c'est très chronophage. Des imprécations inadmissibles du leader mcgétiste nous avons glissé à la politique globale du canton. Pour laquelle il ne saurait y avoir de réponse parfaite. Mais j'aimerais préciser et ensuite m'absenter, par manque de temps.Les ONG dont tu parles, Pierre, sont là d'abord parce que les Organisations intergouvernementales, ONU et consorts y sont. Et ces dernières restent à Genève à cause d'une certaine masse critique de compétences et d'infrastructures professionnelles, qui englobe les métiers de la finance et du trading global. Et réciproquement. C'est Genève capitale qui attire, au moins autant que son cadre de vie très favorable. La péjoration de celui-ci, notamment par l'augmentation des coûts de la vie et l'aggravation concertée des conditions de transport est un handicap certain. Car de très nombreuses autres villes dans le monde aimeraient bien nous piquer le trading, la finance et les organisations internationales, ainsi que les ONG qui vont avec. C'est pour cela qu'un recul ou même une stagnation pourrait avoir des conséquences catastrophiques. Qui auraient alors des répercussions très négatives sur le niveau de vie de tous les habitants du Canton. Le problème, c'est que Genève n'est pas une île et ne produit rien. Elle dépend d'un arrière-pays qui vit sous un autre régime fiscal, législatif, administratif, social etc... Cela engendre des différences dont une bonne partie est positive. Nous savons tous très bien, des deux côtés de la frontière, que l'essence et les cigarettes (ou les assurances) sont nettement moins chères en Suisse, la viande et le logement bien plus abordables en France.Cette différence de prix hallucinante des assurances (logement, véhicules, deux roues etc, souvent du simple au double) est la conséquence directe et le constat flagrant de niveaux de sécurité encore très différents des deux côtés de la frontière. De même que le salaire à l'embauche d'un gendarme, qui quadruple en changeant la couleur de l'uniforme. Le moindre débutant genevois est payé comme un général français...Ces écarts gigantesques entre voisins, ces privilèges qui sont les nôtres, habitant ou travaillant à Genève, développés en gros depuis la fin de la seconde guerre mondiale, sont immanquablement voués à s'estomper. A terme, ils ne peuvent subsister sans susciter autre chose qu'un formidable sentiment d'injustice qui balaierait toute résistance, ou paralyserait le système. Ce d'autant plus que ce supplément de bien être dépend, pour plus des 3/4, des recettes prélevées sur le reste du monde, dont nos voisins immédiats. Qui n'ont pas vocation à se laisser tondre indéfiniment. Genève est un château de cartes, éminemment fragile. Retirez-en une et l'ensemble s'écroule. Pour qu'il perdure, un minimum de solidarité de tous avec tous est nécessaire. On en est loin. Le tous incluant bien évidemment les habitants d'outre-frontière de la région.La logique d'extrême-droite qu'il s'agisse de l'UDC ou du MCG, se résume à se protéger de l'autre, à fermer la frontière, à se retrancher dans son réduit national. Elle est suicidaire, car notre prospérité découle de nos échanges, et que si plus des deux tiers des personnels de bien des organisations internationales n'avaient pas la possibilité de vivre en France, la Genève Internationale serait morte du jour au lendemain. Et avec elle la Genève financière, entraînant tout le système social genevois dans sa chute. Adieu veaux vaches cochons, couvées...Je n'ai jamais aimé Régis Debray et s'il ne dit pas que des bêtises, il choisit d'occulter tout un pan du problème: il n'y a pas d'alternative à la mondialisation autre que l'affrontement, la guerre et le reflux généralisé des niveaux de vie. La solution, que refuse de voir les altermondialistes d'extrême-droite ou d'extrême-gauche, c'est davantage de globalisation. Non pas pour faire disparaître les différences culturelles, qui survivront toujours, car il s'en crée sans cesse de nouvelles, mais pour réduire les inégalités et coordonner le développement, la sécurité, les infrastructures.C'est vrai à l'échelle mondiale comme à l'échelle locale. Il faut, comme en rêve Juan Somavia, le patron du BIT, créer un système social planétaire, qui pallie l'absence hurlante de toute assurance sociale ou de santé dans les pays pauvres et du même coup réduise le dumping social et salarial. Et coordonner urgemment les pratiques fiscales à l'échelle mondiale pour faire disparaître TOUS les paradis fiscaux et l'impunité fiscale dont jouissent milliardaires ET gros trafiquants. Faire à l'échelle mondiale ce que nos Etats-nations bourgeois ont fait entre le milieu du XIXème et le milieu du XXème, au prix du fascisme, du bolchevisme et d'une guerre mondiale: créer un système social solidaire.A l'échelle locale, il faut prendre en charge solidairement les besoins de tous. Améliorer l'infrastructure de transport et développer des logements sociaux adaptés, des deux côtés de la frontière. Sous des formes à inventer. Mais vite. La formule de l'agglomération franco-valdo-genevoise est la bonne, en dépit de réglages nécessaires et de son titre horrible. Pour ce dernier, je proposerai plutôt celui du film que je suis en train de lui consacrer, qui sera prêt pour Pâques: Genevois Pluriels.J'espère qu'il suscitera le débat public qui s'impose, des deux côtés de la frontière, sur ce que nous voulons et pouvons nous offrir - ou pas - pour cette région dont l'unité culturelle et identitaire (puisque tu en parles, Pierre) repose sur des bases communes millénaires, que seule la religion et la politique ont divisé par intermittence depuis 4 siècles.

Écrit par : Philippe Souaille | 17/12/2010

Monsieur Souaille, vous vous autorisez à affirmer, sans aucun fondement, mais sur un ton péremptoire qui laisserait supposer au lecteur que vous auriez des renseignement privilégiés:
"Au moment où le MCG était au plus mal financièrement, Poggia est arrivé avec l'argent de son épouse, tunisienne, richissime et musulmane. Avec une condition: dire oui au minaret. C'est aussi simple et basique que cela et les autres leaders du MCG ont du avaler la couleuvre."
Cette affirmation vise à concilier votre accusation de racisme à l'égard d'Eric Stauffer, avec le vote anti-initiative UDC préconisé par le MCG.
Sachez qu'aucun de mes proches n'a fait une quelconque donation au parti, et que mes contributions ont été celles prévues par les statuts. Si vous n'êtes pas convaincu, notre comptable est à votre disposition.
Quant à la prise de position du MCG contre l'initiative UDC, est a été prise à l'unanimité, lors d'une séance des délégués, à laquelle je n'avais pu assister.
Dommage pour votre démonstration.
Quant à Eric Stauffer, que vous qualifiez de fasciste et de raciste, pratiquant ainsi l'insulte que vous lui reprochez, je peux vous dire qu'il n'est ni l'un ni l'autre, et sa vie de famille en est le premier exemple. Dans sa bouche, le terme de "macaque" ne visait pas à désigner une population ou un race quelconques, ni même la population libyenne, qui n'est en rien responsable de l'attitude de ses dirigeants, lesquels n'ont pas été désignés de manière démocratique.
Il s'agissait de désigner l'attitude de personnes irrespectueuses et arrogantes méprisant les droits de l'hommes tout en donnant des leçons à autrui. Cette définition peut s'appliquer à bien des personnes, et les "macaques" sont aussi parmi nous.
Vous n'aimez pas Eric Stauffer, c'est votre droit, vous le dites, c'est également votre droit, mais évitez d'abord de dire n'importe quoi pour soutenir des thèses qui sont davantage des postulats, et ensuite de manier l'insulte pour prétedument la dénoncer.

Écrit par : poggia | 17/12/2010

Merci de nous consacrer votre temps, Philippe Souaille !

" Pierre et Jean, les deux apôtres, vous m'avez entraîné bien loin de mon thème initial et c'est très chronophage. "

Désolé de vous "pomper du temps", mais c'est la rançon du succès que voulez-vous !
Ils ne sont pas si nombreux les auteurs de blogs qui prennent le temps de répondre aux commentaires, alors on en profite.

"Apôtre" ? Merci pour le compliment, mais pour ma part je n'ai pas encore été canonisé, même si certaines (peu nombreuses il est vrai ...) pourraient encore me trouver "canon" !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 17/12/2010

Fort bien, M. Poggia. Mais à défaut de déranger votre comptable, je me contenterai volontiers de quelques informations de votre part sur ce que prévoient vos statuts en termes de contribution personnelle des membres les plus éminents ? Le montant en serait-il limité ? ce serait assez original ! Voudrez-vous nous dire simplement quel est le montant de vos contributions ? Rien dans la loi suisse et genevoise ne vous y oblige (et c'est bien dommage), je ne saurai donc m'y substituer, mais ce serait le meilleur moyen de couper court à la rumeur. Comme de confirmer que votre épouse n'est pas issue d'une riche famille musulmane d'un petit pays voisin de la Libye.
Quand au fait que la décision a été prise à l'unanimité, je n'y étais pas et vous croit donc volontiers. Je remarque toutefois que l'un de vos vice-président, député et membre fondateur, exclu en son temps de l'UDC genevoise pour racisme, celui qui se fait appeler "Sir", a publié une mise au point tonitruante au soir de la votation, clamant qu'il avait toujours dit que l'interdiction des minarets était une excellente chose. Il devait être absent le soir de la décision du parti, je suppose ?

Écrit par : Philippe Souaille | 18/12/2010

Encore une chose, concernant le lider maximo du MCG, outre qu'une fois que les mots ont été prononcés, il est toujours délicat d'essayer d'en changer le sens...
Ainsi "cercueil", par exemple signifiait certainement, dans la bouche de M. Stauffer, "passer en jugement dans un pays qui interdit la peine de mort..." Voilà qui me soulage.
L'ambiguïté du personnage dans ses attitudes m'amuse beaucoup. Devant les caméras de Léman Bleu, il se pose en porte-voix du peuple, ni gauche ni droite, ennemi acharné des puissants... auprès de qui il ne cesse de faire des ronds-de-jambe, dès que les caméras ont le dos tourné. Il vient saluer poliment et faire ami ami avec les libéraux, les radicaux, au point que ceux-ci en sont souvent gênés et abrègent. Le pire c'est qu'il ne s'en rend même pas compte.

Écrit par : Philippe Souaille | 18/12/2010

Comment ? Tu fais des excès de vitesse à quatre heure du matin ?
Shame on you !!!

;)

Écrit par : Urs Lotze | 31/12/2010

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