08/01/2011

Le foulard qui parle

Lorsque j'ai du apparaître à la télévision (ce qui n'était pas mon but, je préférais rester derrière la caméra, mais on ne me laissait pas rester derrière sans passer devant de temps à autre), j'ai du aller m'acheter quelques vestes de costumes et des cravates. Pas besoin des pantalons, je pouvais rester en jeans, vu que l'on ne me voyait pas les jambes...

Il ne me serait pas venu à l'idée de refuser de porter costard alors même qu'à l'époque je n'en portais jamais... La ménagère de moins de 50 ans et d'autres aussi estimaient nécessaire que j'adopte tel costume et si je n'étais pas d'accord, je n'avais qu'à choisir un autre job.

Autant je trouve légitime que des personnes de couleur et de religion diverses puissent exercer les métiers de la télévision, autant il me semble normal qu'ils ou elles se plient à des règles communes en termes de présentation. Je ne pense pas que cela soit contestable. Un journaliste déguisé en armailli, ou portant un t-shirt rouge avec une croix blanche aurait l'air ridicule et ne passerait pas à l'antenne.

Maintenant, il est évident que ces règles doivent refléter les aspirations et les goûts de la population. Le jour où la moitié de la population helvétique féminine sera voilée, la présence d'une jeune femme voilée à l'antenne ira de soi. Heureusement, on n'en est pas encore là. La question qui se pose pour les responsables de la RTS, c'est d'évaluer la normalité du cas. Et par ailleurs les compétences de la demoiselle. Parce que jusqu'à preuve du contraire, n'est pas engagé qui veut à la RTS.

Si elle a les compétences, le voile peut-il aujourd'hui être considéré comme une tenue "normale" (au sens de rentrant dans les normes), "discrète" (ne risquant pas de choquer) et "sérieuse" (contribuant à crédibiliser l'institution RTS) dans notre société romande de 2011 ? Personnellement, j'ai un doute.

Mais d'un autre côté, je pense que la tolérance doit être notre meilleure conseillère. Il serait légitime qu'en Egypte, par exemple, une présentatrice copte puisse présenter le journal avec une croix copte autour du cou. Ce serait un beau signal d'ouverture et de tolérance. Je sais, l'Egypte n'en est précisément plus là. Mais jusqu'à preuve du contraire, depuis quelques centaines de siècle, l'un des progrès essentiel de l'humanité a tout de même été de dépasser la loi du Talion. A fortiori entre civilisations.

Par ailleurs, dans l'islam, si la tolérance envers les minorités religieuses a généralement été la règle (pas toujours) cela fut au prix d'un statut spécial, clairement inférieur, impliquant le port de signes distinctifs, ressentis généralement comme humiliants. Exactement comme l'étoile jaune de la seconde guerre mondiale. La tolérance, qui devrait être la règle partout, peut-elle s'accompagner de signes distinctifs ostentatoires ?

Personnellement, je suis certain que cette jeune musulmane doit pouvoir exercer le métier de son choix à la radio ou même à la télé, du moment qu'elle en a les compétences, quelle que soit sa religion. Mais elle doit comprendre aussi que d'afficher ainsi ses convictions, dans notre société, la classe parmi les personnes sectaires, exactement comme un juif hassidim, dont les papillotes ne seraient sans doute pas admises, dans un service public comme la RTS. Et si tout journaliste a forcément des convictions, politiques et religieuses, afficher des positions sectaires ou extrémistes suffit généralement à vous bloquer toute perspective professionnelle. Et c'est normal.

Commentaires

Ayant rencontré un problème pour l'envoie de mon message, j'ai du supprimer deux liens hypertextes que je vais essayer d'envoyer à part.

Bonjour,

Les femmes qui ont choisi de porter le foulard tout en aspirant à une carrière professionnelle, savent pertinemment ce qui les attend. Elles savent qu'elles ne peuvent avoir accès à tous les métiers et il en est de même dans la plupart des pays dit musulmans. Je suis personnellement contre toute discrimination au travail et qu'on devrait juger la ou le candidat selon ses compétences, mais dans notre monde actuel, gouverné par la crainte, la haine et le rejet de l'autre (de part et d'autre), il serait sage de ne pas choisir des métiers qui alimenteraient les polémiques. Il y a des polémistes qui n'attendent et ne vivent que de cela. Il y a bien d'autres domaines où ces femmes peuvent s'épanouir professionnellement.

1) "Mais d'un autre côté, je pense que la tolérance doit être notre meilleure conseillère. Il serait légitime qu'en Egypte, par exemple, une présentatrice copte puisse présenter le journal avec une croix copte autour du cou..."

+ Ce serait bien et juste en effet, sauf que, comme je l'ai signalé plus haut, dans pratiquement tous les pays dit musulmans, on ne tolère ni foulard ni croix ni rien de ce qui s'éloigne de la ligne édictée par les gouvernements dictatoriaux qui les dirigent.

2) "Par ailleurs, dans l'islam, si la tolérance envers les minorités religieuses a généralement été la règle (pas toujours) cela fut au prix d'un statut spécial, clairement inférieur, impliquant le port de signes distinctifs, ressentis généralement comme humiliants. Exactement comme l'étoile jaune de la seconde guerre mondiale. La tolérance, qui devrait être la règle partout, peut-elle s'accompagner de signes distinctifs ostentatoires ?"

++ Impliquant le port de signes distinctifs?? Pouvez-vous donner des preuves sur vos allégations émanant des deux sources reconnues : Coran et hadiths?

Pour ma part, je suis fidèle aux enseignements suivants concernant ma relation avec les gens du Livre:

http://regardsdefemmesmusulmanes.blog.tdg.ch/archive/2010/05/20/la-promesse-du-prophete-muhammad-aux-chretiens.html

« Dieu ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Dieu aime les gens équitables.
Dieu vous défend seulement de prendre pour alliés ceux qui vous ont combattus pour la religion, chassés de vos demeures et ont aidé à votre expulsion. Et ceux qui les prennent pour alliés sont les injustes." » (Coran, 60:8-9)

Le Prophète de l'Islam a dit :

« ... Celui qui maltraite un sujet non musulman ou l'accable me trouvera sur son chemin... »

Ailleurs, il a dit aussi :

« ... celui qui fait du mal à un juif ou à un chrétien trouvera en moi son adversaire au jour du jugement ... »

Extrait du pacte conclu entre les gens du Livre et les musulmans de Médine : le 17ème article du pacte de l’Etat de la Cité de Médine :"Ceux des Juifs qui se joignent à nous seront assistés et bien traités. Ils ne souffriront pas d’injustice et leurs ennemis ne seront pas aidés. "

28. Le 25ème article : "Les Juifs de B’nai Awf et les croyants sont une seule Oumma unie. Ils vivront selon leur propre foi et les Musulmans vivront selon la leur."

29. Le 36ème article : Il y aura entraide, le conseil et la bienveillance mutuelle entre les Musulmans et les Juifs."(Ibn kesir, es-Sire, II/322; Hamidullah, el-Vesaik, p.44-45, la Cohabitation à l'Est et des Sources Occidentales, p. 285)

Une lettre envoyée aux Chrétiens de Najran par le Prophète (pbsl) dit ; "Peu importe ce qui se passe, peu importe combien ils possèdent,que ce soit peu ou beaucoup, leurs églises et monastères leur appartiennent. Ils sont sous la responsabilité d'Allah et de Son Messager. Aucun évêque ne sera retiré de l'endroit où où il a été nommé évêque et envoyé ailleurs, ni aucun moine de son monastère ou un prêtre de sa propre église. Aucun changement ne sera apporté ni à leurs droit ni à leurs loi ni à leurs coutumes. Tant qu'ils se comportent honnêtement et respectent les responsabilités qui leur sont imposées, la protection d'Allah et de Son messager sera sur eux. Ils ne souffriront pas de l'oppression, et ils ne seront ni opprimés ni persécutés”

L'ignorance et la peur sont des voies sombres qui mènent à la désolation, que je refuse catégoriquement d'emprunter.

Bon week-end à vous.

Ps: Mon commentaire attirera probablement des personnes "bienveillantes", vous comprendrez que dans ces conditions, je préférerai m'abstenir d'en apporter d'autres. Mais si je l'estime nécessaire, j'en laisserai sur un de nos billets.

Écrit par : zakia | 08/01/2011

Ces femmes voilées qui refusent d'enlever leur foulard dans certaines conditions notemment professionnelle; prouve qu'elle sont bel et bien prisonnière de leur religion ou de leur mari barbu.

Quand à prétendre que l'islam leur est un choix, je leur rétorque que d'intégrer une secte style scientologie et d'en être prisonnier par la suite est aussi un choix personnel.

D.J

Écrit par : D.J | 08/01/2011

Je partage votre analyse, toutefois à vous lire attentivement j'éprouve des doutes sur l'authenticité de l'auteur(e) du billet.

Philippe Souaille, auriez-vous cédé le clavier à votre compagne ? :

" Personnellement, je suis certaine que cette jeune musulmane ..."

;o)

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 08/01/2011

Chère Zakia, tout d’abord mes excuses pour l’acceptation et la réponse tardive, mais j’avais des obligations ailleurs. Y compris des obligations de week-end J
Ceci dit, je ne vais pas vous citer les passages du coran qui déterminent le sort à réserver aux non-musulmans qui vous contredisent, et moins encore en français, qui n’est pas la langue originale. Or comme vous le savez, les traductions divergent et donnent lieu à des interprétations fort variées. Je laisse ce soin à d’autres, qui s’en sont fait une spécialité, quasiment une marque de fabrique.
L’Islam que vous professez est virtuel. Vous ne prenez dans le coran que ce qui est synonyme de paix et d’amour. Fort bien. Mais il n’y a pas que ça. Et le résultat, c’est que vous ne vous reconnaissez vraiment dans aucun des pays le pratiquant officiellement ou majoritairement, ni aujourd’hui, ni par le passé. Un peu comme les gauchistes que nous étions en 68 et au-delà, qui pour la plupart pouvaient dire : « le socialisme dont nous rêvons n’a jamais été appliqué partout, ni en URSS, ni à Cuba, ni en Chine… » Sauf qu’il n’était qu’un rêve, irréalisable dans le vrai monde.
La réalité, c’est que dans les périodes de tolérance de l’islam, celle-ci était limitée tout d’abord aux tenants des religions du livre. Les polythéistes, les athées, les animistes étaient généralement fort mal traités, réduits en esclavage, voire purement et simplement éliminés. Je connais suffisamment bien l’histoire de l’islamisation du sahel pour vous dire qu’elle s’est faite souvent dans le sang et l’horreur, au Mali par exemple. Par ailleurs je suis athée et si jamais je devais croire en quelque chose, je pense que cela ressemblerait davantage à du polythéisme, voire de l’animisme. Vous comprendrez donc que je puisse émettre quelques grosses réserves à l’idée d’une islamisation de la société dans laquelle je vis.
Concernant le statut des chrétiens et des juifs, il fut généralement défini par la dhimmitude. En gros, vous avez le droit d’exister, mais devez porter ceinture et vêtements identifiables, payer l’impôt spécial et n’avez le droit qu’aux professions dûment autorisées. Je vous l’accorde, le statut des juifs ou des musulmans en terre chrétienne était souvent pire. Sauf que nous avons évolué depuis le moyen-âge, précisément parce que nous avons cessé de vivre selon les préceptes religieux pour adopter ceux de la laïcité. Qui vous permettent aujourd’hui de vivre parmi nous sans contrainte… et sans signe distinctif infamant.

Écrit par : Philippe Souaille | 09/01/2011

"La Constitution fédérale mentionne que la compétence d’organiser les rapports entre l’Etat et les communautés religieuses est du ressort des cantons qui sont libres de le faire dans le respect des autres dispositions constitutionnelles (art. 72 al. 1 Cst. féd.).

Cela est sous la réserve de la dispositions spéciale qui prohibe les minarets (72 al. 3 Cst.féd.). Il est clair que le port d'un voile ou foulard islamique à la SSR conduirait certains à vouloir l'adoption d'une nouvelle disposition constitutionnelle au niveau fédéral au sujet du voile si ce n'est du foulard islamique. Les initiants sont là, qui attendent, l'occasion serait électoralement trop belle.

De plus, se pose une question de droit. Celle de l'effet du droit cantonal. Son statut fédéral exonère-t'il la SSR des lois cantonales territorialement compétentes ? Non, au vu de l'article 3 Cst.féd.. A tout le moins tant que la SSR n'est pas entravée par le droit cantonal dans les tâches que lui assigne le droit fédéral.

- Quid de l'impact droit cantonal genevois où la SSR officie pour partie ?

Genève est laïque et la laïcité est, aux yeux de la Cour européenne des droits de l'homme, une technique admissible afin de s'opposer à la shari'ah (Affaire Refah Partisi, mais aussi affaires du foulard islamique genevois (institutrice du primaire) et des foulards islamiques français (élèves de l'école secondaire)).


- La SSR serait-elle entravée dans la mission que lui prescrit le droit fédéral ?

Selon l'ancien juge fédéral Roulier le port du voile pourrait mettre mal à l'aise les interlocuteurs de cette journaliste. N'est-ce pas là la démonstration de ce que le port du foulard/voile et non sa prohibition pourrait entraver la SSR dans sa mission ? Certes l'ancien juge met en avant l'intolérance des interlocuteurs de la journalistes, intolérance qu'il condamne. Cela est-il pertinent ? La SSR ne doit-elle pas faire l'effort d'être au mieux acceptée par ses interlocuteurs pour être au mieux informée par ceux-ci. N'a-t'elle pas le devoir de s'adapter au terrain et à ses interlocuteurs pour accomplir au mieux sa mission ? N'est-ce pas ce qu'impose le droit à l'information de l'administré ? Si Monsieur Roulier veut voir en les interlocuteurs de la journaliste et non en le foulard/voile l'élément perturbateur, il perd de vue qu'en fin de compte que c'est l'administré et son droit à l'information qui est atteint. C'est la mission d'intérêt public de la SSR qui est compromise.

Écrit par : CEDH | 09/01/2011

Le port du voile refait surface sans cesse. Il est donc important de réfléchir sur le sens de la norme coranique censée régler ce voile. Cette norme est tellement ambiguë qu'elle donne lieu dans la société musulmane à différentes manières de voiler les femmes, chaque groupe prétendant obéir à des injonctions divines. Or, le Coran demande de couvrir le sexe et non pas la tête.

Écrit par : Sami Aldeeb | 09/01/2011

"(…) dans pratiquement tous les pays dit musulmans, on ne tolère ni foulard ni croix ni rien de ce qui s'éloigne de la ligne édictée par les gouvernements dictatoriaux qui les dirigent."

Le gouvernement musulman est par définition "dictatorial" et ce d’autant plus qu’il est musulman. Mais ce n’est pas son caractère dictatorial qui le rend intolérant envers les signes extérieurs religieux non musulmans, c’est l’influence de la religion islamique, qui considère toutes les autres religions comme des signes d’ignorance, d’égarement ou de perversion et qui cherche à en "protéger" les gens.

Et l’auteure du commentaire doit le savoir.

"Impliquant le port de signes distinctifs?? Pouvez-vous donner des preuves sur vos allégations émanant des deux sources reconnues : Coran et hadiths?"

Sophisme. L’affirmation originale indique que le port de signes distinctifs était obligatoire dans l’islam, pas qu’il est prescrit sous cette forme dans le coran. Pour prouver son affirmation, Philippe Souaille peut présenter l’une des nombreuses versions du Pacte d’Omar ou de quelconques éléments historiques établissant les faits.

Et l’auteure du commentaire le sait probablement.

"Pour ma part, je suis fidèle aux enseignements suivants concernant ma relation avec les gens du Livre:" (suivent diverses citations de déclarations)

Chaque musulman/e est libre de choisir ses références morales et religieuses… hors d’islam. Mais dans l’islam, ce qui compte, pour faire la loi, pour déterminer ce qui se passe vraiment, par exemple avec les chrétiens, ce ne sont pas de petits extraits de documents épars, c’est l’ensemble des textes, considéré globalement, dans leur hiérarchie d’authenticité interne et dans leurs enchaînement logiques. Dans cette perspective, (toutes) les paroles du prophète sont considérées et mises en regard de ses actes. Sur cette base, tous les collèges de juristes ont institué un djihad sanglant, une dhimma humiliante, des houdouds cruels et l’esclavagisme le plus inhumain de l’histoire connue. Avec des différences seulement insignifiantes quant au résultat. Car c’est là le message "divin" qui ressort clairement, sans équivoque, de l’ensemble des textes.

Et l’auteure du commentaire ne peut pas l’ignorer totalement, en son for intérieur. À moins bien sûr qu'elle ne connaisse l'islam que très partiellement.

Écrit par : Alain Jean-Mairet | 09/01/2011

J'ai censuré les attaques personnelles de Bob qui n'apportent rien au débat. Mon humanisme n'est pas sans limite et n'est pas une absence de règles. Tout au contraire, il consiste à chercher les bonnes règles, celles qui facilitent le vivre ensemble et l'harmonie plutôt que la haine et l'injustice.
Ce n'est certes pas facile et chaque progrès apporte son lot d'inconvénients. Une quête perpétuelle en quelque sorte. Ainsi, Zakia, je n'ai pas mis vos liens, qui me semblaient du prosélytisme davantage que votre réflexion personnelle. Du coup, je n'ai pas mis non plus ceux de Sami Aldeeb, alors qu'ils n'étaient qu'un lien vers son propre blog. Puis je me suis aperçu que je vous en avais laissé un par mégarde, exactement du même ordre... trop tard. Nobody's perfect. Et que Sami veuille bien me pardonner, même si je ne suis pas d'accord avec sa proposition d'interdire la construction de mosquées. Elles doivent simplement répondre aux exigences légales en termes de sécurité, d'intégration architecturale et environnementale dans le respect des normes du site choisi, etc...
Merci Jean de votre remarque sur ma coquille :-) que j'avais déjà corrigée. C'est bien moi l'auteur. Sans (e).

Écrit par : Philippe Souaille | 09/01/2011

Zakia, j'ai été voir le site marengo que vous m'aviez mis en lien. Qui confirme en fait à la fois mes propos sur vos croyances en un islam virtuel et ceux de Jeanmairet et autres anti-islamistes sur le double discours des prosélytes musulmans fondamentalistes aujourd'hui en Europe, ce que sont à priori les porteuses de voile.
On y trouve par exemple un poème guerrier appelant à jeter les français et les roumis à la mer et à les bouter hors d'Algérie (jusque là, pourquoi pas, la colonisation n'était pas "fair" du tout), mais également le souhait de traverser cette mer, pour prendre Paris et y imposer la vraie foi. Dès lors, les textes sur la tolérance intrinsèque du coran sont sérieusement relativisés, vous ne croyez pas ?
Vous-même, pouvez vous sérieusement m'affirmer que vous ne rêvez pas de voir l'islam imposer sa règle partout ?
De même, ce site présente l'attitude islamique à l'égard de la femme comme un progrès par rapport aux religions juives et chrétiennes de l'époque. Et c'est tout à fait vrai. Sauf que depuis lors nous avons évolués. Nous, c'est à dire la société d'origine judéo-chrétienne qui s'est fondamentalement modernisée, précisément parce qu'elle s'est sécularisée, en abandonnant ses préceptes religieux d'un autre âge.
Ce que n'a pas fait l'Islam. Du coup, la réalité, c'est que l'attitude honteuse à l'égard des petites filles décrite dans le site comme liée aux premiers temps du christianisme ou au paganisme, on la trouve aujourd'hui en terre d'islam. Et ne dites pas que cet Islam là n'est pas le vôtre. Je peux vous parler du Maroc et d'exemples vécus.

Écrit par : Philippe Souaille | 09/01/2011

Je vous donne ici le lien qui a disparu de mon commentaire sur le sens du voile selon le Coran:
http://blogdesamialdeeb.blog.tdg.ch/archive/2009/10/12/le-coran-demande-de-voiler-la-tete-ou-le-sexe.html

Écrit par : Sami Aldeeb | 09/01/2011

Si en pays musulman, le voile signifie la soumission de la femme à Dieu — et c’est son droit —, dans nos pays, le même voile signifie cette religion elle-même ; il s’agit de déclarer ostensiblement son identité jusque dans les lieux publics comme l’école, les hôpitaux, les médias publics ou les Parlements. De ce fait, ce bout de tissu acquiert une signification nouvelle, il n’est pas anodin.

Mais pourquoi réclamer une pareille visibilité de l’islam dans nos démocraties ? C’est que l’enjeu du fondamentalisme musulman n’est pas les Etats-Unis, mais l’Europe. Non pas tellement que ces fanatiques prétendent islamiser l’Europe, mais parce que c’est depuis l’Europe que partira la reconquête des terres musulmanes. Ces pays, en effet, s’ils ne sont pas particulièrement démocratiques, ne sont toutefois pas aux mains des intégristes : qu’on songe au Maroc, à l’Algérie, à l’Egypte, à la Turquie, à la Jordanie, où des modérés tiennent le pouvoir et le tiennent de manière suffisamment autoritaire pour ne pas souffrir d’opposition. Dans ces conditions, il y a peu de chances que l’islamisme puisse arriver au pouvoir dans ces pays-là.

Rien de tel en Europe. La tolérance émotionnelle que les extrémistes y trouvent leur assure un abri et une surface médiatique. De puissants réseaux activistes se sont constitués, dont le Londonistan est la plaque tournante. Ces réseaux affichent deux visages : d’une part, celui du terrorisme aveugle, on songe à l’Espagne, et c’est la face grimaçante ; d’autre part, celui qui prend le ton de la liberté, affiche un soutien aux Droits de l’homme, mais prône le voile en classe, refuse le statut laïc des lieux publics, n’est pas clair sur la lapidation, et c’est l’autre face.

Ces deux visages, relayés par nos médias, ne cessent de présenter aux extrémistes potentiels dans pays musulmans eux-mêmes l’espoir d’une libération, et d’une fierté retrouvée. La vaste entreprise de propagande que les intégristes promeuvent, avec notre complicité, vise principalement les populations musulmanes, sur terre musulmane.
Dans cette perspective, le voile islamique porté dans les lieux où se joue la république n’est pas un simple détail, ni l’obligation d’une conscience privée, c’est l’étendard d’Allah brandi dans les médias. Le message est clair : « Voyez comment, nous, intégristes, nous parvenons sous le visage d’ange de jeunes filles, à faire plier les démocraties païennes ! Suivez-nous ! »

Dieu merci ! la grande majorité des musulmans, ne se laisse pas abuser si facilement.

Écrit par : Jean Romain | 09/01/2011

@ Ph.Souaille

"Et que Sami veuille bien me pardonner, même si je ne suis pas d'accord avec sa proposition d'interdire la construction de mosquées. Elles doivent simplement répondre aux exigences légales en termes de sécurité, d'intégration architecturale et environnementale dans le respect des normes du site choisi, etc."

Se pose le problème du financement des mosquées. Récemment la Norvège a refusé la construction d'une mosquée au motif que celle-ci devait être financée par l'Arabie saoudite alors que ce pays n'autorise pas la construction d'église luthérienne. Est-il admissible que la Suisse n'instaure aucun contrôle en ce domaine ? Ne faut-il pas rendre aux musulmans de Suisse celle des mosquées qui, en Suisse, sont sous contrôle d'un pays étranger ignorant tout de la liberté religieuse, de la réciprocité en ce domaine et de la démocratie. Ne faut-il pas voir un danger à laisser contrôler une mosquée par un tel Etat étranger ?

Écrit par : CEDH | 09/01/2011

@ Zakia

Votre démarche prosélyte est toujours la même. Vous choisissez au sein des textes islamiques ce qui vous arrange. Est-ce par malice, ignorance ou conviction ? J'ai mon idée, mais cela n'a aucune importance ici et serait de nature à engager une inutile polémique.

Ce qui est important est de souligner que le rapport entre les diverses prescriptions islamiques à valeur juridiquement contraignante est déterminé, aujourd'hui et à travers les siècles, et que cette organisation des sources est reconnue, aujourd'hui encore, par les autorités les plus importantes. Et c'est cette organisation qui détermine ce qu'est l'Islam à ce jour. Pas votre avis personnel.

Les sources de ces prescriptions sont le Coran mais aussi la Sunnah, ensemble de faits et paroles attribués au prophète. Si le texte du Coran est fixé, l'étendue de la Sunnah varie selon les écoles juridiques musulmanes.

Le Coran comporte ceux des versets rédigé avant l'Hégire, donc rédigés à la Mecque, et ceux rédigés après l'Hégire, soit à Médine.

En cas de contradiction entre un verset de la Mecque et un verset de Médine, il faut appliquer celui de Médine et non celui de la Mecque. Par exemple, la prescription "Pas de contrainte en matière de religion", qui ressort du Coran de la Mecque est supplanté par les innombrables versets coranique médinois, qui préconisent le contraire.

En cas de contradiction entre la Sunnah et le Coran il faut appliquer la Sunnah. Par exemple, le Coran prescrit 100 coup de fouets en cas d'adultère et la Sunna la mort par lapidation. Il faut lapider.

Écrit par : CEDH | 09/01/2011

Aberteufel! Il vont nous les briser noch langsam, mit leurs foulards, unt anderen folklorik obligatoirien? Verlort zeit!
Philippe Souaille, Mes voeux pour 2011, ja,ch'ai déchà oublié.
Unt kourage, wenn sie wollen argumentieren sujetten wieso, la parpe! Ja elle va vous poussez avant vous aurez finite!
Nachste dans le sens bien connu,ja!
=@=rb
Ps: che passe avant Ali machin kommak? Pizza re

Écrit par : Redbaron mit sein cask | 10/01/2011

M. Souaille j'ai très apprécié votre article et je vous en remercie.
Cependant, je ne suis pas d'accord avec vous sur un point: le fait que les coptes d'Egypte devraient afficher leur effigie religieuse. Comme vous le dites, c'est comme de porter l'étoile jaune pour les juifs.
En ce qui concerne cette dame, la question ne devrait même pas se poser. Sensiblement, elle refuse de s'intégrer au sein de notre culture et société. Nous n'avons pas à accepter son prosélytisme dangereux. Au contraire, elle devrait être heureuse de pouvoir bénéficier de notre liberté d'expression, de plus en tant que femme, elle a la possibilité de s'épanouir contrairement à son pays dictatorial. Donc que fait-elle chez nous? Je pense qu'ainsi elle devrait retourner dans son pays qui applique ses règles qu'elle nous imposent. Combien de musulmans se sont intégrés en Suisse et bien heureux d'y vivre. Bravo à ces derniers. Nous traversons une période très difficile sur notre planète. Ces attentats, ces prises d'otages, dernièrement cet odieux crime qui a eu lieu au Niger deviennent inadmissibles. Nous devons prendre des décisions sans hésitation avant que tout dégénère. Ces jeunes français dont l'un avait décidé de faire sa carrière dans une ONG pour aider leur communauté et qui a été cruellement assassiné, ces faits ne devraient plus exister. Je suis triste, jamais auparavant j'aurais tenu de tels propos envers l'islam, mais aujourd'hui les limites ont été dépassées et nous devons sévir. Je pense réellement que cette dame devraient être simplement expulsée.l

Écrit par : rose des sables | 10/01/2011

@ CEDH

L'abrogation n'a en fait que rarement été pratiquée de manière purement manichéenne. Les juristes ont le plus souvent tenté de saisir le sens des termes et de distinguer entre ce qui peut faire office de règle générale (par exemple le verset "Nulle contrainte en religion") et ce qui a valeur d'exception à cette règle en se fondant sur des versets plus tardifs, mais de portée moins générale, plus contextualisée, et sur les actes supposés du prophète. Ainsi, historiquement, l’interprétation standard a été de reconnaître la validité générale de ce verset, mais en limitant son application à certains groupes de gens (au minimum aux apostats, aux femmes, aux enfants et aux prisonniers de guerre).

De même, il n’est pas (suffisamment) correct d’avancer que la sunnah prime sur le coran d’une manière générale. Ce qui prime, c’est simplement le comportement du prophète. S’il a dit une chose (dans le coran) et fait aussi le contraire, alors la règle (coranique) vaut, sauf pour les cas dont le contexte et/ou les circonstances s’apparentent aux actes contradictoires du prophète. Comme la sunnah est consacrée aux actes du prophète, le cas est très fréquent, mais il ne traduit pas une règle de base. Et bien sûr, à ce niveau, on découvre d’innombrables interprétations pour chaque cas traité par des juges, ce qui permet aux musulmans de prétendre que la charia est si subtile.

D’une certaine manière, cette complexité s’est encore étendue depuis l’introduction de codes dans les pays musulmans et la mise en place de systèmes mixtes (islam/modernité) comme les "républiques islamiques".

À noter aussi que si les délibérations des juges musulmans consignées par écrit et conservées jusqu’à nos jours présentent souvent une certaine subtilité, tout indique que de très nombreux jugements ont aussi été prononcés de manière beaucoup plus sommaire par de purs services de "maintien de l’ordre".

Écrit par : Alain Jean-Mairet | 10/01/2011

Jean Romain, merci de faire la différence entre islamistes et musulmans. J’ai censuré les propos de Hérisson, en dépit de ses louanges à mon égard, car il ne le faisait pas, s’exprimait de manière inutilement agressive et n’apportait rien de neuf au débat. De manière générale, j’ai décidé que je traiterai dorénavant les commentaires de mon blog comme un journaliste le fait du courrier des lecteurs. Acceptant ou refusant les commentaires en fonction de l’intérêt que je leur trouve pour le débat.
Concernant la distinction entre islamistes et musulmans, j’établis personne personnellement quatre sous-catégories.
- Les musulmans de culture musulmane, qui professent à l’égard de leurs religions d’origine les mêmes doutes que moi à l’égard de la mienne. Donc athées, ou distinguant nettement la croyance en un dieu unique des préceptes édictés par un homme analphabète du VIIè siècle. Ceux-là sont mes frères et mes sœurs et bien évidemment, ils sont de farouches partisans de la laïcité, seule garante du respect des diversités. Ils sont heureusement plus nombreux qu’on ne le pense.
- La grande masse des musulmans d’habitude, qui ne sont musulmans que parce qu’ils sont nés et ont élevés dans cette culture. Ils aspirent globalement à vivre en paix, et ne se posent pas trop de questions. Ils forment la majorité silencieuse, prise en tenaille entre ses aspirations légitimes à la modernité et au bien-être, les scories du passé colonial et leur foi de charbonniers. Les assimiler aux islamistes, même incidemment, c’est le plus sûr moyen de les rejeter du mauvais côté. C’est bien ce que tente de faire l’extrême-droite, pour durcir les fronts.
- les fondamentalistes, d’origine ou de conversion, dont l’islam conditionne étroitement le mode de vie, par choix et conviction. Nombre d’entre eux sont gens éminemment pacifiques, comme Zakia, qui s’applique à ne lire dans le Coran que les paroles bienfaisantes. Souvent de gauche, ils voient dans l’islam le protecteur du faible et de l’opprimé. Tout en profitant sans trop d’états d’âme des bienfaits de la civilisation matérialiste occidentale, helvétique en particulier. Ils n’en sont pas moins des militants, exactement comme n’importe quels autres exaltés de n’importe quelle autre secte ou religion. Et leur but est d’amener le bonheur sur terre. Comme tout un chacun, sauf qu’eux sont intimement persuadés que leur foi et l’application de ses préceptes est le seul moyen d’y arriver.
- les islamistes violents, terroristes et autres talibans ou pasdaran, qui à la différence des précédents, font une lecture littérale des passages les plus agressifs du Coran et agissent pour établir l’Islam universel par la violence.
Sur le fond, votre analyse est intéressante, mais je n’y crois pas vraiment, parce que je ne crois pas aux théories du complot, ou plus exactement je pense que les complots, lorsqu’ils existent, se heurtent forcément à la réalité, qui limitent drastiquement les résultats des comploteurs, quelles que soient leurs intentions originelles. Même si parfois, il peut arriver que des complots se greffent sur une situation qui leur soit naturellement favorable.
Dans le cas présent, même si des islamistes ou des fondamentalistes peuvent avoir le genre d’idées que vous décrivez, ils n’ont pas de petit bouton leur permettant de diriger les actes et les propos de tous les islamistes ou fondamentalistes en Europe, encore moins de tous les musulmans. Et ce n’est certainement pas pour mener une hypothétique guerre psychologique à l’autre bout du monde que nous devons, ici, priver des gens innocents du droit de se retrouver dans un lieu de culte adapté. Adapté à leur culte, mais aussi aux normes diverses en vigueur chez nous. Qui doivent inclure, je vous l’accorde volontiers, un contrôle strict du financement des-dits lieux.

Rose des sables, je ne sais pas si une journaliste copte devrait pouvoir arborer sa croix à l'antenne. Je présentais cet exemple pour faire avancer la réflexion. De toute manière, le contexte est différent. Les coptes existaient en Egypte avant les musulmans et sont actuellement l'objet d'une persécution violente. Dans ce contexte, cela serait un signe fort des autorités égyptiennes d'autoriser ce genre de choses. Mais ce serait aussi extrêmement risqué pour la demoiselle, qui deviendrait une cible vivante pour des centaines d'exaltés martyrs potentiels.
En revanche, je ne suis absolument pas d'accord avec vos propos. Expulser cette jeune fille - qui est double nationale et a fait toutes sa scolarité ici - pour une simple affaire de fringue me parait tout à fait démesuré. Il y a 40 ans, des tas de jeunes voulaient changer radicalement la société et faisaient la nique aux bourgeois en portant des jeans troués, des cheveux longs, des tuniques à fleur... La société qu'il voulait mettre en place était plutôt d'inspiration californienne et nettement plus rigolote, mais le changement eût été tout aussi radical. Alors non, pas question d'expulsion.

Écrit par : Philippe Souaille | 10/01/2011

"Dieu merci ! la grande majorité des musulmans, ne se laisse pas abuser si facilement."
Ceux qui se laissent, par contre, abuser trop facilement, ce sont un trop grand nombre d'idéalistes aux idées politiques éthérées.
Croyants ou non. Souvent encore sous l'emprise de certaines des illusions de mai 68, de mouvements révolutionnaires divers (dont ils semblent ne pas avoir suivi l'évolution autoritaire et même sanglante parfois) et d'une attitude rétrograde envers l'évolution du monde moderne, souvent souillé, à leurs yeux, par l'influence diabolique des Etat-Unis.
Ils préfèrent projeter leurs illusions sur ce qui est en opposition avec les valeurs qui les ont pourtant nourris eux-mêmes, plutôt que de faire le saut dans le monde moderne véritable, quitte à en accepter à contre-coeur les imperfections, y compris les conflits et les injustices inévitables.

Écrit par : Mère-Grand | 10/01/2011

"De même, ce site présente l'attitude islamique à l'égard de la femme comme un progrès par rapport aux religions juives et chrétiennes de l'époque. Et c'est tout à fait vrai. "

Un progrès? En aucun cas. Car vous oubliez de dire que l'islam a constitué une formidable régression de la place de la femme dans la société arabe de l'époque. Avant l'islam, la femme arabe pouvait librement se marier, choisir son époux, voire plusieurs, hériter, mener ses affaires à sa guise, elle avait en somme les mêmes droits qu'un homme. L'islam a fait de la femme une mineure à vie, entièrement soumise au mâle qui peut tout décider à sa place (affaires, enfants, répudiation, divorce, mariage temporaire, etc.) sans parler de la polygamie alors que la polyandrie disparaît.

Ce mensonge est un classique de la propagande islamiste. Dommage que vous le repreniez à votre compte.

Écrit par : Johann | 10/01/2011

Johann, je ne crois pas que l'on puisse parler de "la femme arabe" du VIIème siècle en faisant des généralités. Pour ce que j'en sais, il s'agissait de tribus aux coutumes fort diverses les unes des autres. C'est d'ailleurs encore le cas au Yémen, où lorsque j'ai visité le pays, il y a trente ans, il y avait encore des femmes non voilées dans certaines tribus - non juives - à 150 km à vol d'oiseau de la Mecque.
Tandis que l'expansion de la religion juive et de son avatar chrétien amena un recul des libertés féminines dans le monde grec, par exemple. Et le patriarche d'Alexandrie, à la fin du VIIème siècle considérait les musulmanes comme des dépravées, appelant les bonnes chrétiennes à se voiler... o Tempora o mores...
Mais là où vous avez raison, c'est que l'Islam légal fait de la femme, partout où il existe, un être mineur, qui doit en référer à son chef de famille. Son père, son mari ou à défaut son frère. Ainsi qu'une séparation des sexes qui de fait contribue à minoriser les femmes. Se dire féministe et musulmane est une contradiction forte. Mais personnellement, je crois qu'il faut laisser une chance aux féministes musulmanes qui revendiquent le port du foulard par pudeur, tout en osant braver le monde. En-dehors de quelques islamistes pures et dures, je ne pense pas qu'elles jouent un double jeu. Plus vraisemblablement, elles tentent simplement de faire coïncider leur croyance du VIIème siècle avec leurs aspirations de femmes du XXIème.
Nous ne sommes qu'à l'aube de ce grand écart, qui forcément va les contraindre à modifier leurs attitudes avec le temps. Il sera intéressant de voir comment.

Écrit par : Philippe Souaille | 10/01/2011

Cher Monsieur Souaille,

Vous avez décidé de censurer mon commentaire, car vous le trouviez inutilement agressif. En revanche, vous laissez passer ça:
"Il vont nous les briser noch langsam, mit leurs foulards, unt anderen folklorik obligatoirien? " (redbaron)
qui traduit, en substance, ma position.

Johann dit aussi ci-dessus que, avant l'islam, la femme arabe pouvait choisir son époux et que l'islam en a fait un être soumis au mâle. Exactement ce que j'ai écrit, avec d'autres mots.

Vous dites vous-même: "Se dire féministe et musulmane est une contradiction forte", ce qui reprend aussi mon propos (comment concilier l'attachement à des traditions ancestrales - moyennageuses - et la modernité)

J'ai pourtant veillé à modérer mon language (ni insultes ni grossièretés), mais visiblement, je ne parviens pas à cacher mon irritation face à ces histoires de femmes voilées, qui commencent sérieusement à me les briser menu (et ça, ce n'est pas agressif!)

Et mes louanges à votre égard (votre billet) étaient sincères.
Allez, sans rancune...

Écrit par : hérisson | 10/01/2011

Mère-Grand mon ami, permettez-moi tout d'abord de vous présenter mes meilleurs voeux. Auxquels j'ajoute ma perplexité. Suis-je visé par votre commentaire ? Où placez-vous la barre déclenchant vos emportements ? Car j'ai l'impression de répondre d'assez près à votre définition de l'idéaliste... A ceci près que je ne crois pas du tout, mais alors pas du tout avoir une attitude passéiste ou inadaptée au modernisme.
Tout au contraire, je pense que l'histoire n'est pas finie, mais qu'elle ne se répète pas forcément, même si c'est un risque bien réel. Je pense qu'il est possible d'échapper à l'influence des Etats-Unis, que c'est déjà en train de se faire et que cette influence fut positive en bien des points, mais aussi assez négative en beaucoup d'autres.
J'y reviendrai dans un blog consacré à l'histoire de la mondialisation, un de ces prochains jours. En résumé, je pense qu'il est encore possible d'échapper au conflit de civilisations, même si cela semble un peu plus difficile tous les jours et que les sirènes hurlant à l'affrontement sont bien davantage une résurgence du passé (assez hideuse à mon goût) qu'une promesse d'avenir.
Bref je pense qu'il faut poser des limites à l'affirmation de l'islamisme, mais en aucun cas s'en prendre aux musulmans pacifiques et tolérants qui sont la majorité. C'est une voie étroite, sur l'arrête, avec de grands vides de chaque côté, mais c'est la seule praticable à mon goût.

Écrit par : Philippe Souaille | 10/01/2011

@Philippe Souaille: "Bref je pense qu'il faut poser des limites à l'affirmation de l'islamisme, mais en aucun cas s'en prendre aux musulmans pacifiques et tolérants qui sont la majorité"

Je suis d'accord que la grande majorité des musulmans sont des pacifistes et ne cherchent qu'à vivre en paix et gagner leur vie décemment. Le problème réside dans le fait que toute masse même la plus pacifiste (prenez un troupeau de moutons) court un risque certain avec un bon meneur de masse. Un seul berger malveillant peut mener des millions de moutons pacifistes à l'abattoir. vous avez d'ailleurs pu voir comment un meneur islamiste est descendu dans les rues de Genève avec une masse de musulmans et d'idiots utiles, et vous avez vu comment les musulmans ont été prier en masse devant le Palais fédéral en Suisse pour protester contre les caricatures de Mahomet au Danemark.

D'où la nécessité de prendre ses précautions, de vacciner la masse contre de tels meneurs, de former (formater) les imams, et d'avoir un œil ouvert sur les agissements des islamistes... même s'ils paraissent un petit nombre négligeable. Un petit virus microscopique est capable d'abattre un homme de deux mètres en bonne santé si on laisse ce virus agir librement.

Écrit par : Sami Aldeeb | 10/01/2011

M. Aldeeb, je crois que l'on peut sans problème renverser votre réflexion. Un leader charismatique et fascisant peut fort bien parvenir à soulever une masse d'européens (ce qui inclus les Suisse) sûrs de leur bon droit pour les faire courir sus à la brebis galeuse, à l'étranger, à l'envahisseur, bref à celui qui ne pense ou ne croit pas comme nous. Ou porte des plaques 74...
C'est pourquoi il faut savoir raison garder et se défier autant de l'islamisme que de son miroir négatif style "...de souche". Et c'est pourquoi encore je me tapote le menton pensivement lorsque je vous vois qualifier de "masses musulmanes" les quelques centaines de barbus qui étaient allés prier devant le palais Fédéral.
Les musulmans sont aujourd'hui plusieurs centaines de milliers en Suisse. Moins d'un pour mille ont participé à cette manifestation. Alors parler de "masses" et crier au loup me parait assez déplacé.

Écrit par : Philippe Souaille | 10/01/2011

"Johann, je ne crois pas que l'on puisse parler de "la femme arabe" du VIIème siècle en faisant des généralités."

Et moi je crois que si en ce qui concerne ses droits : la femme arabe dans la société païenne avait plus de droits que dans la société islamique.


"Pour ce que j'en sais, il s'agissait de tribus aux coutumes fort diverses les unes des autres. C'est d'ailleurs encore le cas au Yémen, où lorsque j'ai visité le pays, il y a trente ans, il y avait encore des femmes non voilées dans certaines tribus - non juives - à 150 km à vol d'oiseau de la Mecque."

Et vous donnez un exemple qui va plus dans mon sens que dans le vôtre. Dans la société arabe pré-islamique, la femme avait des droits que la société islamique va lui dénier. Comme de ne pas être voilée, le voile étant instauré par la tradition islamique. Que certaines populations aient résisté au voile montre justement que les femmes n'étaient auparavant pas enfermées derrière ce tissu. Les femmes kabyles aussi ne l'ont pas accepté.

L'exemple le plus parlant du rôle possible de la femme dans la société mecquoise a été la propre femme de l'imposteur: veuve à deux reprises elle a hérité complètement de ses maris, c'est elle qui a choisi l'imposteur parmi ses employés, de 15 ans son cadet. Autrement dit c'est elle qui portait le pantalon dans cette famille, l'imposteur étant son subordonné. Une faute impardonnable pour l'ego gigantesque de l'imposteur qui invente une nouvelle religion pour tenter d'inverser les rôles. Jusqu'à sa mort la riche héritière va protéger son mari des Mecquois qui ont parfaitement compris le jeu de l'imposteur, ce fabriquant de mensonges. Une fois sa femme décédée, l'imposteur n'a que la ressource de fuir pour sauver sa peau et de se réfugier à Yatrib, pour le malheur des tribus juives de cette ville.


"Un leader charismatique et fascisant peut fort bien parvenir à soulever une masse d'européens (ce qui inclus les Suisse)"

Allons donc, c'est de la science fiction, un tel personnage n'existe plus. Ne peut plus exister. Tout se dilue dans le relativisme et il ne reste plus que des technocrates seulement capables de coups médiatiques qui se dégonflent très rapidement. Il suffit de voir l'exemple d'Obama ou de Nicolas le Petit. Des beaux parleurs aux paroles vides.

Écrit par : Johann | 10/01/2011

@Sami Aldeeb: Ca tombe bien, et vous preconisez le meme remede pour resoudre les problemes d'extremisme en dehors du monde musulman ?

Au hasard ce groupe de gens sur votre blog qui vomissent commentaire haineux apres commentaire haineux, appelant a la discrimination ouverte envers une population simplement du fait de sa religion.

Je vous suggere de vous regarder dans un miroir, et de tres pres quand vous parlez d'extremisme, parce que vous ne faites pas mieux que ces imams appelant a la haine de l'autre.

Écrit par : Stephane | 11/01/2011

Le foulard qui tue:
Benazir Bhutto femme, intellectuelle, élue démocratiquement dans un pays musulman et ensuite assassinée lâchement, un 27 décembre 2007.
4 femmes au Conseil fédéral élues démocratiquement en 2010.
La comparaison peut être un raccourci simpliste mais c'est une image forte. Elle rappelle la fragilité de la tolérance.
Bonne et heureuse année à tous

Écrit par : Noëlle Ribordy | 11/01/2011

Johann: il n'y a pas que les kabyles qui refusaient le voile, les berbères en général, dans le sud marocain par exemple. Et les africaines de l'ouest également, jusqu'à il y a peu. Mais lorsque Mohammed impose aux femmes arabes de se couvrir, c'est une coutume judéo-chrétienne qu'il reprend à son compte, que pratiquaient certaines tribus arabes de la région. Car la diversité des coutumes d'alors allait dans tous les sens et il y avait des tribus juives, chrétiennes, animistes polythéistes et, au sein de toutes ces tribus, toutes sortes de variantes de croyance et de moeurs.
C'est d'ailleurs bien pourquoi le changement fut possible. Si les moeurs avaient été unifiées à une vaste échelle, il eût été bien plus difficile d'en changer. Toute l'histoire humaine montre qu'il est très difficile, voire impossible de bouleverser des coutumes du jour au lendemain. Car les populations renâclent. Même l'Islam a du s'accommoder des moeurs locales, en Afrique et en Asie, pour parvenir à exister.
Quant à l'impossibilité d'un leadership fasciste dans l'Europe actuelle, j'aimerais vous croire, mais je n'en suis malheureusement pas aussi sûr. Il suffirait que la situation économique s'aggrave tant soit peu, ce qui ne va pas manquer de se produire, pour que les conditions soient réunies.
Et alors, le relativisme ambiant risquera bien plutôt d'être un terreau fertile sur lequel repoussera la bête immonde, car trop de gens ont encore besoin de croire en des choses simples, manichéennes: blanc noir, gauche droite, méchant gentil, musulman chrétien... Ou laïc...

Écrit par : Philippe Souaille | 11/01/2011

"Mère-Grand mon ami, permettez-moi tout d'abord de vous présenter mes meilleurs voeux. Auxquels j'ajoute ma perplexité. Suis-je visé par votre commentaire ?"
Je crois avoir répondu à vos voeux et à votre question, en partie du moins. Comme je ne retrouve pas cette réponse ici, je me permets de vous demander si vous l'avez reçue. Dans le cas contraire, j'aurais fait une erreur de manipulation et je me permettrai de la republier.
P.S. Si le deuxième cas de l'alternative s'applique, sachez déjà que vous n'étiez pas visé.
Amicalement.

Écrit par : Mère-Grand | 20/01/2011

Non, Mère-Grand, je ne crois pas l'avoir reçue et serai donc ravi de la lire.
J'en profite pour expliquer ici la suppression de ma dernière note, qui rectifiait quelques erreurs de jugement d'un de mes estimés confrères, sous un titre un brin provocateur il est vrai. Mon ami Gorgui n'Goye m'a appelé pour me dire qu'il trouverait bien que cesse ce petit jeu de massacre entre le-dit confrère et moi.
Ayant moi-même rabiboché Gorgui avec une importante institution au début de nos relations d'amitié, j'ai jugé que je pouvais lui rendre la pareille et lui offrir cette possibilité. Par ailleurs, je suis fondamentalement pacifiste, et si j'ai un désaccord philosophique sur la conception de la politique avec le-dit confrère (pour moi, la politique, c'est le bien commun et non le sang qui coule) j'apprécie son ouverture d'esprit.
Donc voilà, de manière unilatérale, j'ai supprimé cette note, dont le titre était un jeu de mot sur son nom. Soit dit en passant, j'attends toujours qu'un blogueur d'extrême-droite aux inféodations partisanes multi-cartes et qu'un conseiller national représentant la gauche du PS (ils s'étaient ligués contre moi, cela fait plaisir à voir !) en fasse de même à mon égard, mais pas grave, ça je sais que je risque d'attendre longtemps.

Écrit par : Philippe Souaille | 21/01/2011

Café, pourriez-vous me contacter SVP ? Je souhaite vous interviewer dans le cadre de mon film sur la région franco-valdo-genevoise et ses problèmes. Cela peut se faire en clair ou sous pseudo, avec visage masqué.
Laissez moi un mot ici avec une adresse mail valide. Merci.

Écrit par : Philippe Souaille | 21/01/2011

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