01/02/2011

Pourquoi je me demande si je ne vais pas porter plainte contre Pascal Décaillet

Je ne résiste guère au plaisir de mettre mon grain de sel dans ce combat de coq. Même si à la demande de mon ami Gorgui, j'ai récemment baissé les armes. Unilatéralement à ce jour. Voilà, voilà...

Pascal Décaillet a sans doute manqué de professionnalisme en invitant un proche de Ben Ali en direct, sans savoir à qui il avait affaire, puisque c'est ce qu'il laisse entendre. Mais je crois volontiers, le connaissant, qu'il a effectivement du proposer à cette opposante tunisienne de venir rectifier. Cela lui ressemble, il aime trop démontrer l'ouverture béante de son éventail... Antonio Hodgers a donc été lui aussi un peu vite en besogne...

Maintenant cela vaut-il un procès ? Je ne crois pas non. Une rectification eût largement suffi. Si les personnages publics devaient faire des procès à chaque fois qu'ils se sentent diffamés sur face de bouc ou sur les blogs, que deviendraient les tribunaux. Même en cas d'atteinte à l'honneur, y compris à l'honneur professionnel. Je sais de quoi je parle. Il y a tout juste un an, Pascal Décaillet m'a gentiment accusé de n'êtrre rien, ce qui n'était pas bien grave, de mériter la disparition, n'eût été son opposition à la peine de mort (ce qui démontre surtout sa fébrilité à mon égard), mais aussi de puiser mon inspiration dans les paradis artificiels colombiens.

"Et puis, il connaît très bien l’Amérique latine, Philippe Souaille. C’est sans doute là-bas qu’il a dû commencer à consommer ce genre de produits hallucinogènes qui altère l’esprit et dissipe les sens".

Cela, comme de gentils avocats que je n'avais même pas sollicités m'en ont averti, c'est une accusation en bonne et due forme, caractéristique d'une atteinte à l'honneur et à ma réputation devant n'importe quel tribunal. Il se trouve qu'il m'est arrivé, dans ma jeunesse, comme une bonne partie de mes contemporains, de goûter à certains plaisirs défendus, mais cela fait un bon quart de siècle que j'ai arrêté. Ce que n'importe quelle visite médicale poussée pourrait aisément confirmer. Mais le plus drôle, c'est que dans un procès de ce style, c'est au calomniateur de faire la preuve de ce qu'il avance. Bon courage...

Donc il me vient une idée un peu saugrenue, que je résumerai en un simple conseil à l'égard de mon éminent confrère: retirez votre plainte cher Pascal. Elle vous dessert. La maintenir pourrait faire naître l'envie de vous infliger méchante leçon.

 

Commentaires

vous êtes journaliste , je ne le suis pas , mais il me semble qu'au delà des clivages politiques des égos locaux, se cache un problème de méthode, de séparation franche de ce qui est le fait du commentaire,l'analyse de l'opinion sans parler du militantisme.
le premier est l'affaire du journaliste, le second de l'éditorialiste et le dernier du chargé de communication.
Monsieur Decaillet s'ingénie à mélanger le tout dans une situation de quasi monopole sur les médias locaux "radio -télévision"
cela fausse complétement la perspective que l'auditeur, le spectateur, le lecteur , peut retenir de l'actualité locale, sa fascination du pouvoir est telle qu'elle influe de manière prépondérante sur son intervention journalistique face aux personnalités de gauche comme de droite. "aussi bien Danielle Mitterrand- Ziegler-Blocher avec un ton révérencieux évidemment plus incisif ou paternaliste avec le débutant qu'il faut encourager.Je me réfère à la rigueur de la presse anglo- saxone en la matière pour conclure , qu'il est temps que les dictateurs baroques "dégagent". Good night good luck

Écrit par : briand | 01/02/2011

Si vous admettez avoir consommé des stupéfiants, ça ne lui sera pas difficile de faire la preuve de la vérité de ce qu'il avance.

Et si ce n'est pas en Amérique du Sud que vous avez commencé, ce n'est guère attentatoire à l'honneur que de le dire.

Écrit par : Andres Gomez | 01/02/2011

C'est vrai, la plainte dessert...
... dessert tarte à la crème (pour le Genevois) et crème à Sion (pour le valaisan).

Remarque:
Le Valaisan n'est pas le "Libre-Chanteur" qui ne doit en aucun cas être confondu avec le "Libre-Penseur". Le Chanteur, lui, a déjà gagné son procès en diffamation pour avoir été comparé à quelqu'un qui était "un-peu-beaucoup-plus-pire" que lui.

La mention de Monsieur Souaille lue dans son billet "Pascal Décaillet m'a gentiment accusé de n'être rien" m'a remis à l'esprit cette page de l'Histoire des Grands Hommes de la Terre de Romandie. Je vous livre donc l'adresse du compte-rendu que j'avais commis à l'époque. Vous constaterez que ce (premier?) combat s'est déroulé à coups de plumes acérées, ni mouchetées, ni courtoises. Il faut dire que faire partie de l'Élite romande est un vraiment très difficile et dur métier! Une fois l'an, il faut remettre son titre en jeu... et quel jeu!

http://peresiffleur.blog.24heures.ch/archive/2010/02/26/combat-a-la-mesure-de-leur-demesure.html

Écrit par : Père Siffleur | 01/02/2011

Un honorable correspondant anonyme m'a envoyé hier soir un SMS sybillin:
"90 jours, cher Philippe. 90 jours." Ce qui signifie je le suppose, que je n'avais que 90 jours pour porter plainte. Possible, probable même, je vérifierai. Ainsi que le nom de l'anonyme, puisqu'il m'a opportunément laissé son numéro de natel. J'ai d'ailleurs ma petite idée. La forme est une signature. Mais sur le fond, cela ne change rien à l'affaire.
Charbonnier est maître chez lui et Pascal Décaillet doit pouvoir inviter qui il veut dans ses émissions. C'est en tout cas ma conception de la liberté de la presse. Et si Décaillet est franchement de droite (nettement trop à mon goût), c'est son problème, celui des gens qui le regardent et le cas échéant celui de ceux qui financent son émission. Ou qui accueillent ses éditoriaux.
La théorie de Briand, ci-dessus avancée, m'a toujours fait rigoler, depuis l'époque lointaine où j'avais encore des cheveux sur le crâne et où je suivais les cours de formation des journalistes.
Séparer le fait du commentaire à l'anglo-saxonne, c'est très joli, mais c'est purement cosmétique. La cause première de la subjectivité, en politique et ailleurs, c'est le choix du fait dont on décide de parler ou pas, et le choix des détails qu'on va révéler ou pas. Généralement, si l'on en révèle le plus possible, on fait un papier balancé, mi-chèvre mi-chou... Et l'on se le fait refuser par le réd en chef: "Tu dois angler ton papier, ton lecteur doit saisir ton point de vue, si tu n'en as pas, tu ne seras pas lu..." Et le journal pas vendu! La manière dont les très objectifs grands médias étasuniens ont couvert la décision d'envoyer les GI's en Irak, suivant la ligne Bush comme un seul homme, est à cet égard exemplaire.
Cela étant, je maintiens, Pascal Décaillet devrait retirer sa plainte. Pas parce que sinon je le poursuivrai à mon tour (que j'en aie le droit ou non) mais parce que le débat politique, à mon sens, ne doit pas se régler dans les prétoires. Hodgers, d'une certaine manière limite potentiellement la liberté de la presse en s'en prenant à Décaillet, mais il le fait sur Facebook, ce qui ne prête guère à conséquence et ce n'est donc là que l'expression de son opinion. le traiter d'apprenti dictateur sur ce coup est un peu court.
Lüscher s'en mêle, c'est son droit le plus strict, en tant que politicien. Mais en faire une affaire juridique, c'est aussi et même de manière nettement plus formelle qu'Hodgers, attaquer la liberté d'expression. C'est passer de l'agora au champ de bataille, du débat à la guerre et c'est surtout faire l'étalage d'une mentalité dévoyée du côté obscur de la force. Alors certes Dark Vador peut gagner. Mais ce faisant, il perd tout le reste.

Écrit par : Philippe Souaille | 02/02/2011

Il est clair que Décaillet aurait du, et pu, se servir de sa plume et de son verbe acéré pour se défendre, ou attaquer, de manière plus conforme à ce que l'on pouvait espérer de sa part.
Je ne doute pas qu'il se soit senti atteint dans son honneur, mais de quel honneur parle-t-il? Celui de journaliste? Depuis quand ne l'est-il plus vraiment?
Dans l'affaire du tunisien, il est son droit d'inviter qui bon lui semble. C'est-il trompé en invitant un proche du pouvoir? Pourquoi cela? Après tout, c'est une voix qui a également le droit de se faire entendre.
Où il se trompe, Décaillet, c'est quand il reconnaît ne pas avoir su vers qui allait la loyauté de son invité.
C'est une erreur frisant l'incompétence, ou, au mieux, une négligence indigne.
Une seconde erreur, peut être pire encore, est de penser que proposer un droit de réponse, accepté ou refusé d'ailleurs, dédouane de toute responsabilité.
Mais au royaume du combat d'égo, la reddition n'est point acceptable.

Écrit par : lefredo1978 | 02/02/2011

@M. Souaille:
- Vous n'avez pas déposé de plainte contre M. Décaillet (d'ailleurs si vous avez réellement pris de la drogue, et si vous l'affirmez ouvertement, vous auriez eu peu de chances...). Toujours est-il que maintenant c'est trop tard et que vous semblez regretter de n'avoir rien fait. Alors pourquoi conseillez-vous à M. Décaillet de commettre la même erreur que vous?
- Toute la presse romande s'enorgueillit d'être "irrévérencieuse". Il y a très peu de journalistes de droite, ce qui fait que les politiciens de gauche ont très peu l'habitude d'être la cible des moqueries des médias. Imaginez la complaisance de nos médias publics qui vont filmer MM. Hodgers et Cie en Tunisie, sans leur demander ce qu'ils foutent là! En termes de frais de campagne de pub, cela coûterait combien, cette exposition médiatique? Un journaliste se moque de ce voyage, et immédiatement M. Hodgers se fâche en reprochant à ce journaliste d'avoir soutenu le régime tunisien...

@lefredo1978:
Qui était la personne invitée sur le plateau de M. Décaillet?

Écrit par : Michael Kohlhaas | 02/02/2011

M. Kohlhaas, deux avocats de talent m'ont conseillé de porter plainte à l'époque, m'expliquant que je gagnais à tout coup. Je ne l'ai pas fait pour les raisons que j'expose ci-dessus: les tribunaux ont autre chose à faire. Par ailleurs, les duels à l'épée sont démodés.
Je ne le regrette aucunement. Je rappelle juste à Pascal Décaillet que si je l'avais fait, il aurait eu des ennuis mais que de ne pas l'avoir fait m'a laissé en accord avec ma conscience, la méchanceté n'étant pas mon fort. S'il veut faire étalage du contraire, ça le regarde, mais je pense qu'à long terme, c'est lui qui le regrettera.
Accessoirement, tant qu'on en reste au stade des propos, la discussion peut continuer. Si l'on choisit l'escalade et la guerre, il faut s'attendre à des retours de bâton plus violents. Je ne suis pas sûr que cela en vaille la peine, et en plus ce serait clairement une attaque envers la liberté d'expression, qui permet à Décaillet de s'exprimer sur un média largement subventionné par les autorités qu'il critique. Lüscher dit fort à propos que l'habitude des dictateurs est de museler la presse. Si fait, et nous ne sommes pas en dictature, l'existence de Genève à Chaud le prouve. Mais l'outil le plus souvent employé pour museler la libre parole, c'est la procédure judiciaire. Très exactement ce que Décaillet entend faire. A moins qu'il ne se ravise.

Écrit par : Philippe Souaille | 02/02/2011

Ah au fait, c'est bien Pascal Décaillet qui m'a envoyé un SMS hier soir, apparemment rassuré de ce qu'une prescription le mette à l'abri de poursuites... Que je n'aurais de toute manière pas intentées. C'était juste pour le faire bisquer :-)
Mais il devrait se méfier, parce que tout le monde n'est pas aussi sympa que moi et s'il continue dans cette voie, il lui faudra écrire en permanence avec un oeil dans la tombe pour surveiller Caïn, et ses dérapages éventuels... Le cauchemar, pour de vrai cette fois !

Écrit par : Philippe Souaille | 02/02/2011

Philippe,

Il ressort de votre billet que vous avez menacé Pascal Décaillet d'une plainte pénale s'il ne retirait pas celle qu'il dit avoir déposée contre Antonio Hodgers.

Il s'agit là et de votre part d'un délit manqué de contrainte. La contrainte est, aux termes de l'article 181 CP, punie de 3 ans d'emprisonnement et poursuivie d'office (dans la langue du commun des mortels vos écrits sont qualifié de chantage).

En suite d'histoire de prétendues diffamations, poursuivies sur plainte et passible de 90 jours-amende au maximum, vous faites fort !

Serez-vous le dindon de la farce ? En tous les cas voilà une tête bien faites que certains pourraient avoir plaisir à trancher.

J'en profite pour relever que les écrits d'Hodgers, tels que rapportés par Mabut, ne constituent pas une atteinte à l'honneur pénalement protégé. On peut être un honnête homme et parfaitement incompétent (je ne prétend pas que Décaillet le soit ou ne le soit pas). Le seule atteint dans son honneur par la contribution de Hodgers est le pro Ben Ali accusé d'être un diffamateur.

Quant au billet de Décaillet, il constitue une atteinte à l'honneur d'Hodgers puisqu'un honnête homme ne commet pas l'infraction de diffamation qu'impute Décaillet à Hodgers.

Pour ceux qui veulent faire mumuse, je précise :

- Que le délai pour porter plainte est de 3 mois;

- Que le retrait de plainte ne déploie aucun effet si celui qui est visé s'y oppose;

- Que le retrait de plainte peut survenir après la condamnation par le Tribunal pénal de première instance mais avant l'arrêt du Tribunal de seconde instance.

- Que les ordonnances de classement par le PG peuvent être payantes.

Faites donc mumuse, chers politiciens, avocat de la première heure cela ne rapporte guère.

Quant à vous Philippe, j'espère que vous garderez toute votre tête et vous souhaite une bonne année du lièvre (ou du lapin .. c'est selon).

Écrit par : CEDH | 03/02/2011

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