25/02/2011

Populisme : le pire de la droite + le pire de la gauche. Anchois ou non....

Que faire ? Comment contrer le populisme, qui siphonne les bases populaires des partis gouvernementaux, de gauche comme de droite ? Pas les contrer parce qu'ils dérangent, mais parce que

1) les mouvements populistes, lorsqu'ils sont arrivés au pouvoir, ont toujours été des dangers pour la démocratie, des dictatures en puissance, en commençant par la restriction des libertés de tous ceux qui ne pensent pas ou n'agissent pas comme eux. Procès d'intention en l'espèce ? Peut-être, mais des tas d'indices, à commencer par la personnalité de leurs leaders, me laissent penser qu'il vaut mieux ne pas prendre le risque. Et même si j'ai le plus grand respect pour les forces de l'ordre dans l'exercice de leurs fonctions, je n'ai guère envie de les voir sortir de leurs fonctions, en particulier se rapprocher du pouvoir. Chacun son job. Force doit rester à la loi, pas à la police, qui n'en est que le bras armé. Pas le cerveau.

2) les principes que les populistes défendent (préférence nationale, repli sur soi) sont contraires aux intérêts de l'économie. Pas seulement aux intérêts des riches. Contraire au mode de fonctionnement de tout un système qui fait tourner la machine Genève. Qui quoiqu'on en dise, tourne mieux qu'ailleurs, même s'il y a des disfonctionnements. Prenons le temps d'effectuer les règlages nécessaires, au lieu de faire demi-tour pour à coup sûr rejoindre la masse des moins biens lotis. Et moins bien lotis, cela concerne aussi bien les entrepreneurs, les cadres ou les fonctionnaires que les travailleurs pauvres ou les cas sociaux. Ailleurs, partout, à situation sociale égale, leur quotidien est pire. C'est incontestable. Et si d'aucuns pensent le contraire, personne ne les retient, tout le monde a le droit de quitter Genève pour s'en aller voir ailleurs si l'herbe y est plus verte. Cela ferait baisser la pression sur les loyers... Mais personne ne s'en va...

En fait le "ni gauche ni droite" des populistes, ce n'est pas essayer de prendre le meilleur des deux côtés (ce qui reste l'apanage de la vision centriste), c'est choisir ce qu'il y a de pire à droite et ce qui fonctionne le moins bien à gauche. Que faire donc pour éviter d'avoir à la fois Charybde et Scylla ?

La réponse du bakouninologue Pascal Holenweg est amusante: "back to the roots". Il entend développer le concept de gauche anchois, né d'un gag sur Facebook, pour renouveler  un idéal socialiste qui fait bien davantage recette chez les bobos que chez les prolos. Surtout à Genève, où le concept de classe ouvrière tend clairement vers zéro depuis quelques décennies.

Le problème est qu'il est à côté de la plaque, projetant ses propres aspirations oniriques de bobo fauché sur les désirs profonds de classes populaires qu'il semble méconnaître profondément. Le seul point commun qu'il ait avec elles est de ne pas gagner beaucoup d'argent. Mais les "pauvres" et les chômeurs, souvent déracinés, qui font les gros bataillons du MCG n'ont aucune envie de vélos Raleigh trois vitesses ou de payer le tram en assignats. Ils ne savent même pas ce que c'est. Ils veulent des voitures, des études pour leurs enfants, partir en vacances au pays, s'y construire une maison, bref des aspirations foncièrement petites-bourgeoises et parfaitement honorables au demeurant. Surtout lorsqu'on trime toute une vie pour.

Le problème d'Hollenweg est que plus personne ne croit sérieusement au paradis socialiste sur terre. Et qu'heureusement, tout aussi peu de gens croient encore aux merveilles d'un capitalisme sans régulation... Mais les gens simples ont besoin de croire en des idées simples. Besoin aussi d'avoir le sentiment que quelqu'un, quelque part s'occupe de leurs problèmes.  Si ce n'est plus dieu, alors qui ? L'espoir fait vivre, et leur espoir, c'est que leur situation va s'améliorer. Hors ce n'est pas le cas. Tout comme la classe moyenne, qu'ils aspirent à rejoindre, il y a bien des chances que leur situation se détériore dans les prochaines années.

Malheureusement, dire cela ne fait certainement pas un programme politique. Personne ne peut espérer être élu en disant aux gens une vérité qu'ils n'ont nulle envie d'entendre. Surtout lorsqu'en face, les populistes prétendent qu'il suffirait de changer d'exécutif pour raser gratis dès le lendemain...

Le problème de bien des gens que la prospérité genevoise du XXème siècle a attiré ici, bravant souvent les contrôles aux frontières et autres joyeusetés xénophobes, c'est que la prospérité genevoise du XXIème siècle n'a plus vraiment besoin d'eux. Ou alors dans des catégories d'emploi qu'ils ne veulent pas ou ne peuvent pas remplir. Précisons tout de suite que le discours plus ou moins décroissant affirmant qu'il suffirait de leur trouver des jobs adaptés est sévèrement à côté de la plaque. Bien sûr qu'il faut faire de gros efforts en ce sens. Mais ces métiers traditionnels sont aujourd'hui largement condamnés par les lois de l'économie. Et les régions occidentales les pratiquant qui n'ont pas su se recycler sont à l'agonie. Créer des jobs à leur portée coûterait fort cher inutilement, à moins que ces jobs ne soient d'utilité publique... Encore faut-il qu'ils acceptent de s'y coller.

La réponse nationaliste, ou "cantonaliste" dans le cas du MCG, est encore plus stupide. Relever les frontières, dans un canton qui ne produit rien par lui-même, hormis des montres de luxe et qui vit pour plus des 3/4 de ses exportations, c'est juste suicidaire. Il est totalement irresponsable de penser que l'on pourrait multiplier les mesures contraires à la libre circulation des personnes sans de vigoureux chocs en retours sur nos échanges commerciaux ou financiers. Ce qui ferait les affaires à court terme des populistes en soudant les gens autour de leur identité, mais contribuerait à ruiner rapidement une économie entièrement dépendante de ses rapports à l'autre... Et grosse consommatrice de susbisdes sociaux fort couteux.

La réponse officielle et bien-pensante, à savoir former les gens aux métiers spécialisés dont nous avons cruellement besoin (excellent article dans le Temps de ce vendredi à ce sujet) est bient sûr une absolue nécessité. Mais un peu courte. Passé un certain âge, les gens ont du mal à se recycler, à faire une croix sur leur expérience accumulée. Et même chez les jeunes, tout le monde n'a pas la capacité - ou le goût - à suivre des études, même sans aller jusqu'au doctorat. Enfin, Genève entretient généreusement une population estampillée genevoise, et néanmoins polytoxicomane - sans laquelle les dealers étrangers n'existeraient pas et qui existait avant eux - à laquelle on peut ajouter ceux et celles de nos concitoyens qui ont un problème d'intempérance ou de dépendance psychologique. Une population nettement plus nombreuse qu'ailleurs, dans les pays où les conséquences d'une mise en marge sont autrement plus graves... Cette population conserve néanmoins son droit de vote et ne vote plus à gauche.

Quelle pourrait être la solution alors ? Je dois dire que si je le savais, je ne serais pas en train de l'écrire gratuitement dans un blog. Ma philantrophie a des limites... Comment rendre espoir à des gens dont tout indique que, sauf trouvaille technologique majeure et innatendue, leur vie demain, sera sans doute pire qu'aujourd'hui ? Si j'étais à la place d'un certain nombre d'entre eux, je prendrais mon 2ème pilier et j'irais tenter ma chance au soleil. Là où le faible coût de la vie donne de l'importance à mon petit pécule en Francs suisses... Où je chercherais à développer ma propre entreprise (en fait c'est ce que j'ai fait), dans un domaine que je maîtrise et qui a des débouchés. L'un des énormes avantages de notre système est qu'il permet cela très facilement, bien plus facilement, administrativement que dans les pays qui nous entourent. Mais le gros de la population qui souffre de ses conditions de vie ne le fera pas, car on lui a appris sa vie durant a se reposer sur les canevas existant: l'école, le job, le patron, les assurances sociales...

Tout un système basé entre autres sur le pillage des ressources du tiers monde, dont nous avons tous honteusement profité. Même le mendiant du coin, dont l'escarcelle se remplit grâce à cet argent là. Il n'y est pour rien individuellement, le mendiant, ou l'assisté social qui reçoit son virement à la fin du mois, mais l'argent qui le fait vivre est en partie celui qui est pillé au reste du monde. Or le reste du monde s'est réveillé (et c'est tant mieux) et a commencé à se réapproprier ses richesses. Dans les arbitrages futurs, l'Europe et l'Amérique du Nord sont certainement ceux qui auront le plus à perdre. Genève, de par son statut de petite capitale mondiale dans bien des domaines essentiels, devrait pouvoir s'en tirer avec moins de casse qu'ailleurs. A condition de préserver ce statut justement, que tous les discours anti-expats et plus ou moins protectionnistes ou xénophobes sont en train de jeter par terre.

Parvenir à maintenir l'équité et l'équilibre dans les rapports sociaux au sein de notre bassin de vie, clairement transfrontalier, est essentiel. Les riches qui viennent chez nous profiter de ce hâvre de paix doivent comprendre qu'il y ont intérêt, et que cela a un coût. Qu'un cadre de vie harmonieux pour tous est plus agréable - et sans doute moins coûteux - qu'une armée de gardes du corps dérrière des miradors. Bref, si tout le monde savait se montrer intelligent, ce serait plus simple...

 

Commentaires

Ce n'est pas avec des socialistes dictateurs comme Ben Ali, Moubarak et Khadafi que Holenweg peut attirer les foules !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 25/02/2011

"Enfin, Genève entretient généreusement une population estampillée genevoise,... conserve néanmoins son droit de vote et ne vote plus à gauche."

Alors qui donc vote à gauche, si ce n'est ce ramassis de clochards de luxe qu'on appelle peuple genevois ? Les banquiers, les horlogers ? qu'est-ce qui vous fait prétendre cela, alors que l'essentiel est là : une population de petits profiteurs qui touche plein de fric à ne rien faire. Les petits bourgeois votent MCG parce qu'ils sont dégoûtés de ces gens-là...
J'ai pas mal fréquenté les genevois il y a une trentaine d'années et c'était sidérant. Une fille tombe-t-elle enceinte et va se retrouver fille-mère ? On lui alloue 4000 francs d'entrée de cause...Une autre touche 5000 francs par mois comme bourse pour de vagues études qu'elle ne fera pas jusqu'au bout, etc..etc...
Imaginez-vous ce que sont 4000 ou 5000 francs d'il y a trente ans ? Le double ?
Alors populisme, oui, mais de quel bord ?
PS. " Hors ce n'est pas le cas." Vous devriez sévèrement chicoter le nègre qui écrit vos textes pour faire des fautes pareilles. Ou - horreur et fatigue ! - les écrire vous-même...

Écrit par : Géo | 26/02/2011

Scipion, vos propos sont effectivement racîstes et donc je censure.
Victor, il semble que Pascal Hollenweg et vous ne soyez pas d'accord sur le nombre et l'identité des tyrans membres de l'Internationale socialiste. Il en a publié la liste sur son blog et les trois que vous citez n'y sont pas. Citer vos sources serait une réponse appropriée.
Géo, j'ai comme cela quelques blocages rédhibitoires, sur le nombre de p et de l dans appeler par exemple. Ou sur l'usage du Or et du hors. C'est pourtant évident, quand on se donne le mal d'y réfléchir, ce que je n'avais pas fait. Mea maxaima culpa, et merci de la rectification. Mon nègre n'y est pour rien, d'autant que je ne sais vraiment pas avec quoi diable je pourrais le payer, n'ayant pas de budget public à disposition dans lequel puiser pour écrire mon blog... Pour ce qui est de vos affirmations, je n'ai pas de raison de mettre votre parole en doute. Mais CHF 5000.- mensuel de bourse d'études, par exemple, cela ne correspond pas aux montants habituels.
Sur le fond, le clientélisme et le népotisme de la gauche à Genève sont de notoriété publique. La droite n'était d'ailleurs pas en reste jusqu'à une date récente. Mais je crains que les populistes d'extrême-droite (ce qu'ils sont, quoi qu'ils en disent) soient nettement pires.

Écrit par : Philippe Souaille | 27/02/2011

"Scipion, vos propos sont effectivement racîstes et donc je censure."

En fait la vraie question est de savoir si ce sont mes propos ou les réalités qui sont racistes... Mais cette question-là ne vous effleure même pas...

Non que vous soyez incapable de l'imaginer, mais parce que vous ne vous la posez pas, terrifié que vous êtes par la réponse qui pourrait en surgir.

Écrit par : Scipion | 27/02/2011

Qualifier l'UDC de "populiste" me parait trés contre-productif.
Les mots sont importants ! Il existe une compétition sur le sens des mots et sur la légitimité des usages langagiers: Bourdieu nommait cela "lutte symboliques"...
Faut-il rappeller que le parti populiste russe fut à l'origine de la révolution de 1905? Que le frère de Lénine fut un militant "populiste" exécuté par le tsar?
Les populistes avaient des idées simples mais, par exemple, ils haïssaient les patrons, les marchands et les flics...
Ils vénéraient les gueux, les soldats vaincus infirmes et réduit à la mendicité, les étrangers sans droits, les ouvriers sous-payés, les pauvresses qui se prostituent pour nourrir une marmaille, les mendiants, les lépreux, les aveugles et les paralytiques...
Leur rêve était de chasser les marchands du monde comme Iésous Kristos les avaient chassés du temple...

Droite "populiste" et gauche "caviar" sont des concepts pièges qui fonctionnent ensemble, comme une sorte de couple pervers...Si tu traites l'UDC de "populiste" tu te classes toi-même dans la catégorie "GAUCHE CAVIAR"...Ce sont les journalistes socialistes parisiens qui ont promu le front national en le qualifiant ainsi: lorsque le peuple avait envie de vomir face aux dérives droitières et cupides des socialistes au pouvoir!!!

Écrit par : Documentaliste | 27/02/2011

Documentaliste, c'est bien joli de me tutoyer, mais sous pseudo, cela sonne un peu bizarre. Même avec Bourdieu à la rescousse, qui d'ailleurs ne fait pas partie de mes guides spirituels. Pour me classer dans la catégorie gauche caviar, il faudrait que je sois de gauche, ce qui sur le plan de la doctrine économique - la plus importante en la matière - n'est pas le cas, ou du moins ne l'est plus depuis longtemps.
Pour tout dire, je n'ai nulle envie de chasser les marchands du monde, ni du temple non plus d'ailleurs. Je crois tout au contraire qu'ils sont un élément essentiel à la société. Les moteurs de la production de richesses, sans qui nous serions toujours à l'âge des cavernes. Où en serions nous s'il n'y avait eu le premier marchand pour vendre et répandre la première roue ??? Par contre, je ne crois pas qu'ils doivent avoir tous les droits.
De même que je ne crois pas que d'être un perdant, avec ou sans circonstances le justifiant, ne donne tous les droits. Je pense en fait que la morale calviniste est en net progrès sur celle de Iésous Kristos...
Scipion, la question que vous posez, cela fait plus de 30 ans que je travaille à y répondre. Je la résume pour le lecteur: certaines sociétés sont-elles culturellement plus aptes que d'autres au progrès ? Etant entendu qu'il ne s'agit pas d'affaire de gênes, puisque je crois me souvenir que vous acceptez le fait que la répartition d'idiots, de gens dans la norme et de génies est assez également répartie de par le monde.
Il est évident que la réponse est oui. Tout en sachant que le progrès n'est pas forcément un but en soi. Mais l'aptitude à l'évolution dépend de nombreux facteurs extérieurs, climatiques, historiques et varie dans le temps. Les civilisations chinoises ou hindoues, par exemple, ont pu être jugées "supérieures" à la nôtre à certaines époques. Y compris les civilisations moyen-orientales, ou méditerranéennes sans lesquelles nous ne serions pas ce que nous sommes. Toutes ces cultures se sont d'ailleurs nourries les unes des autres.
Aujourd'hui, de nouvelles cultures se forgent et émergent, qui ne sont plus vraiment la nôtre. "Demain l'Afrique" est le titre d'un des documentaires sur lequel je travaille actuellement. Il commence à expliquer les causes du mauvais départ de l'Afrique - en questionnant y compris certains traits de la culture africaine - et les changements à l'oeuvre qui font que l'Afrique aujourd'hui est en train de décoller.
Notamment grâce au fait que les élites ont cessé de s'engouffrer exclusivement dans l'administration publique pour commencer à s'intéresser à l'entrepreneuriat, laissé jusqu'à présent entièrement aux mains des étrangers.

Écrit par : Philippe Souaille | 28/02/2011

Je vous félicite pour ce texte, qui n'apporte aucune solution. Mais qui sonne juste! Oui l'occident va continuer sa lente agonie économique. La vie des genevois va devenir de plus en plus pénible, et ceci indépendamment du politique qui se trouve totalement hors jeux face au pouvoir économique. La solution serait donc de partir avec un petit pécule. Mais franchir le pas n'est pas chose aisée. Au delà de vivre sur le dos du patron, de l'Etat ou autres institutions. Nous vivons dans la peur. La peur de perdre le peu que nous avons. C'est humain.

Écrit par : Riro | 28/02/2011

"Sur le fond, le clientélisme et le népotisme de la gauche à Genève sont de notoriété publique. La droite n'était d'ailleurs pas en reste jusqu'à une date récente. Mais je crains que les populistes d'extrême-droite (ce qu'ils sont, quoi qu'ils en disent) soient nettement pires."
Oui mais là vous ne faites que souligner ce que je rabache : il y a une malédiction genevoise. Geneva delenda est (si mes souvenirs de latin sont bons...).
Je plaisante, je plaisante, mais rarement plaisanterie n'a eu autant de sérieux. Personnellement, je suis pour éjecter cette ville de la Confédération, ce serait bénéfique pour tout le monde. Genève = Monaco...

Écrit par : Géo | 28/02/2011

Géo, la 2ème proposition (l'éjection de la Confédération) me plairait assez... Comme cela on pourrait postuler tranquillement à l'UE :-) où l'on obtiendrait un statut analogue à celui de Malte ou du Luxembourg, plutôt confortable ma foi !
La 1ère proposition en revanche (la destruction), me parait nettement moins sympathique.
PS: pour ce qui est de votre latin, il semble que les romains écrivaient plutôt genava ou genua, ce qui d'ailleurs est d'origine ligure et signifie "proche de l'eau"

Écrit par : Philippe Souaille | 28/02/2011

Le problème est simple. L'électeur a aujourd'hui le choix entre des partis "populistes" et des partis "élitistes", qui passent leur temps à critiquer ce que le peuple vote, en usant d'un ton arrogant et sentencieux.

Le futur clivage politique, dans les années qui viennent, ne sera plus entre gauche et droite, notions dépassées à l'heure de la mondialisation ou socialistes et parti "bourgeois" s'entendent pour abaisser les frontières au détriment des travailleurs et de la sécurité de la population, mais opposera ceux qui pensent que le peuple a raison à ceux qui pensent que le peuple n'est pas suffisamment adulte et qu'il faut penser à sa place.

Être populiste sera donc penser comme le peuple ; être élitiste sera penser différemment du peuple et vouloir infléchir ce qu'il pense ou n'en avoir cure, car on le sait mieux.

On en a la démonstration lors du vote sur les minarets et l'expulsion des criminels étrangers Les rares partis à être partisans de ces initiatives étaient taxés de populistes (MCG et UDC), tout le reste de la caste politique, journalistique et universitaire estimant que le peuple avait mal voté, qu'il n'avait pas compris ce qu'il votait ou qu'il violait je ne sais quel droit supérieur.

Le mouvement n'est pas propre à la Suisse. Cette classe libérale de gauche et de droite, qui accapare la fonction publique, les médias et les hautes écoles existe aussi chez nos voisins et crée le même phénomène populaire de rejet. Que des politiciens canalisent ce rejet de la population de personnalités qui ne lui correspondent plus est naturel et continuera à s'amplifier sur notre Continent. Finalement, ces mouvements "populistes" recueillent progressivement une majorité mécontente et jusqu'ici silencieuse.

À part cela, Monsieru Souaille, dire que les choses ne tournent pas plus mal à Genève qu'ailleurs est fort de café. Nous avons le record de Suisse du chômage. Nous avons le record ds Suisse de la pénurie de logements durable. Nous avons le record de Suisse de la criminalité. Comme par hasard, il s'agit précisément des trois secteurs dont sont responsables des magistrats PLR. Vous me direz que ce n'est qu'un hasard et qu'il ont hérité de situations dont sont responsables leurs prédécesseurs. C'est l'excuse classique de "l'héritage", chère à tous les gouvernants inefficaces. Gouverner, ce n'est pas se complaire dans l'immobilisme en reprochant la situation à ses prédécesseurs. C'est faire avancer les choses. Les attaques de Longchamp contre le social, la complaisance coupable de Mark Muller et sa passivité, alliés à l'incurie de Mme Rochat, qui mandate à grands frais des experts pour dire ce que otut l emonde sait, à savoir que la police manque d'effectifs trouveront un jour ou l'autre une sanction par les urnes.

Écrit par : J.-L. Masson | 01/03/2011

M. Masson, vous me jugerez sans doute élitiste, si je vous dis que vous dites des bêtises ? Par exemple en affirmant que le MCG soutenait l'interdiction des minarets ! Vous devriez en parler à M. Poggia.
Ou en affirmant que les partis "élitistes" dans lesquels vous incluez le PLR, si je comprend bien, "passent leur temps à critiquer ce que le peuple vote". Si l'on prend la liste des votations fédérales de ces 20 dernières années, les mots d'ordre du PLR sont quasiment toujours votés. Les minarets étant l'exception.
Vous comprendrez dès lors que j'ai quelques réserves à suivre des politiciens qui soient aussi peu fiables dans leurs affirmations.
Quant à vos raisonnements, ils sont peut-être populaires, ils n'en sont pas moins faux. Et gouverner à partir de raisonnements faux peut amener à des catastrophes bien pires que quelques gros salaires aux SIG.
Pour exemple, je ne comparais pas Genève à la Suisse, mais au reste du monde. En ce qui concerne la Suisse, vous l'ignorez sans doute, mais Genève est le 2ème canton contributeur net au budget fédéral, derrière Zürich. Et Genève est aussi le 2ème canton contributeur net au budget fédéral par habitant, derrière Zoug.
Ce que je ne comprend pas très bien, c'est pourquoi vous êtes encore ici à Genève, si c'est tellement mieux ailleurs en Suisse ? Qu'attendez-vous pour aller trouver du travail ou un logement ou une meilleure sécurité à Uri, Schwitz ou Unterwald ? A moins que vous ne parliez pas le schwyzerdütsch ?
Alors il vous reste Anzère, Romont, ou Palézieux, pleins de communes charmantes, valaisannes fribourgeoises ou autres, où le chômage est bien moindre, les logements moins chers et la sécurité incontestablement meilleure... Entre autres parce que des dizaines de milliers de valaisans, fribourgeois, neuchâtelois ou, horreur, vaudois, viennent bosser à Genève et pour certains y vivre.
Quel serait le taux de chômage de ces merveilleux cantons ruraux si l'urbaine et cosmopolite Genève n'était pas là pour leur offrir du boulot - Et les revenus qui vont avec ?

Écrit par : Philippe Souaille | 01/03/2011

@Mr Masson

"des partis "élitistes", qui passent leur temps à critiquer ce que le peuple vote, en usant d'un ton arrogant et sentencieux"
Pour mémoire, qui est le parti qui critique et dénonce à tour de bras à Genève ? Allé, ça commence par un M. Et quel est le partie qui ne cesse de tirer sur la libre citculation alors qu'elle a été APPROUVEE par le peuple ? Allé, ça commence par un U !

"On en a la démonstration lors du vote sur les minarets et l'expulsion des criminels étrangers Les rares partis à être partisans de ces initiatives étaient taxés de populistes (MCG et UDC)"
Faux, le MCG soutenait publiquement le non à cette initiative : http://ch.novopress.info/4188/eric-stauffer-et-le-mcg-combattront-l%E2%80%99initiative-anti-minaret/

Écrit par : antoinio calpo | 02/03/2011

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