03/03/2011

Halte au racisme, à l'anti-sémitisme, au sionisme, au kémitisme... Etc

J'ai été interpellé hier par l'anecdote racontée par le copain avec qui j'ai commis les 400 coups à l'adolescence.

"l'autre jour je parlais à quelqu'un qui semblait découvrir que jétais juif... et puis patatra, toute l'armoire est arrivée... Hitler, la shoa, vous les feuj, vous remettez toujours ça sur le plateau... et moi je lui disais: mais moi je parle de rien... et ça continuait, et ça continuait... et lui me parlait uniquement du fait "qu'on parle toujours de ça" -- et moi, je lui disais qu'il ne parlait pas de "ça", mais du fait qu'on en parlait..."

Il se trouve que le copain en question s'est toujours opposé, depuis 40 ans que le connais, à l'utilisation de la shoah pour justifier ce qui n'est pas justifiable, notamment en Palestine. Et ses parents, et ses 6 frères et soeurs avec lui.  Pas seulement dans un cadre familial, mais public, au travers de leurs écrits, de leurs films, de leurs activités politiques. Je peux comprendre qu'il l'ait saumâtre et se pose des questions.

Comme se posent des questions ces autres amis, d'origine africaine, lorsque des footballeurs noirs de haut niveau se plaignent d'être de plus en plus souvent accueillis par des cris de singe et autres à leur entrée dans le stade. Et qu'à l'inverse, je bondisse lorsque je vois certains de ces amis - mais de loin pas tous - prétendre en gros que la violence de masse serait une invention blanche. Entre autres.

Nous sommes tous le fruit de notre histoire, nous disait cette cinéaste congolaise et nous réagissons en fonction d'elle. C'est indéniable. Même Marx l'affirmait, alors... En même temps, nous sommes tous des individus capables de nous affranchir des pesanteurs de nos racines. Et de dépasser le hasard du lieu ou de la communauté de notre naissance.

Les racismes et les ...ismes de toutes sortes montent en puissance depuis plusieurs années et tendent à séparer les gens, à les classer en communautés hostiles les unes aux autres. C'est grave et c'est dangereux. L'alternative au communautarisme, le vieux fonds républicain français est-il voué à l'échec ? Cette amie congolaise affirmait qu'elle n'en voulait plus. Soit, mais alors que faire, avec tous ces métis et toutes ces populations entremêlées ?

Le modèle anglo-saxon des communautés juxtaposées et hostiles tient davantage de la poudrière que de la situation durable. Le modèle africain, à savoir que tout individu étranger peut être assimilé et de fait l'est, mais en adoptant les coutumes de l'ethnie, ressemble davantage au modèle républicain. Mais doit-on, peut-on demander aux gens de renoncer à leurs racines en échange de leur intégration ? Qui reste de toute manière sujette à caution, puisqu'ils courrent toujours le risque d'être réduit à leur communauté d'origine, même lorsqu'ils s'en distancient ? En particulier pour les minorités visibles.

C'est un débat millénaire. Je me souviens avoir lu, à l'adolescence, un passionant bouquin de je ne sais plus qui  racontant la lutte "idéologique" au sein du peuple juif entre les tenants de l'assimilation et leurs adversaires, au fil du temps des pogroms et des bannissements. Le conflit perdure aujourd'hui, plus fort que jamais entre sionistes et soutiens de la cause palestinienne. Doit-on défendre d'abord des valeurs humaines ou les intérêts de son clan? Je penche évidemment pour la première variable et la plupart de mes amis avec moi, mais nous sommes de plus en plus isolés. Je crois que la ligne de détermination initiale doit rester de refuser l'amalgame. Un individu est un. Il appartient à un groupe, mais ce n'est pas parce qu'il commet une atrocité que tout le groupe est responsable. A l'inverse, ce n'est pas parce qu'un grand nombre de personnes de son groupe, même la majorité, adoptent un comportement répréhensible qu'il en est lui-même forcément coupable.

Et pour ce qui est des communautés "immigrées", l'intégration doit être un savant dosage d'assimilation des coutumes de la région hôte sans nier pour autant ce qui construit l'individu, à savoir aussi son appartenance à un ailleurs dont il conserve les traces. C'est complexe, c'est flou et c'est au coup par coup. Il faut cependant tenter d'encadrer la chose, légalement, pour éviter les délires extrémistes d'un côté ou de l'autre.

C'est la base, mais c'est insuffisant. Il est frappant de constater que le racisme des blancs à l'égard des chinois ou des japonais est fort différent de celui que subissent les noirs. Les premiers sont craints, mais respectés. Et moi-même je conseille à mes amis africains de refuser le kémitisme (la théorie facho black en d'autres termes) car l'Afrique a meilleur temps d'exiger l'équité que d'espérer conquérir la suprématie par la force. Sauf que, de fait, l'Afrique ne sera vraiment respectée que quand elle sera en mesure de tailler des croupières à l'occident. Comme la Chine, le Japon ou l'Inde. Ce n'est pas demain la veille, mais on y vient. Lentement, très lentement, mais sûrement. Le décollage est amorcé et j'en suis personnellement très heureux.

c'est une histoire à suivre et ce devrait être passionant, parce que c'est la nôtre.

ps: une maison d'édition m'a contacté hier pour me demander l'autorisation de reproduire un de mes blogs (La Mondialisation, ce mal nécessaire) dans l'un de ses manuels scolaires. Voilà qui fait plaisir. Bien davantage que d'être payé pour écrire un article. Dommage tout de même que ça ne rapporte que du plaisir :-(

Commentaires

vous avez entièrement raison et vos ismes rejoignent mes nombreux coups de gueule contre eux,car tous ces ismes finissent pas vous rendre attentif à ce qui se cache vraiment et quand on l'a découvert,on comprend de mieux en mieux à qui ou quoi sert le recyclement ad eternem et plus que durable de la crucifixion du Christ ,décidément et moi qui cherchait midi à 14 heures!
bien à vous et bonne journée

Écrit par : Elena | 03/03/2011

Ce que vous dites sonne juste mais est frappé de statisme. Si vous mettez votre pensée dans une perspective dynamique, vous vous demanderez ce que deviennent 10% de (...) dans une société occidentale. La plupart des fractures se situent entre subjectivisme et objectivisme. J'ai épousé une femme black, donc je ne peux parler des conditions objectives de l'Europe ???
Traiter de fascistes ceux qui posent la question ne vous avance à rien. La question est bientôt là...

Écrit par : Géo | 03/03/2011

Dans un buffet canadien où chacun amène des spécialités issues de sa culture et de ses racines, la réussite tient à ce que chacun s'enrichisse de la diversité de tous. Cela ne signifie d'ailleurs pas que quiconque ait à renier sa propre origine ou à rechercher une quelconque justification au fait qu'il l'apprécie (Ah, la soupe de ma grand-mère...).

Celui qui vient avec la prétention d'avoir la meilleure nourriture et l'irrésistible envie de convaincre tous les autres de sa vérité sera mal-aimé de sa conduite, craint de son agressivité et pauvre de son étroitesse d'esprit.

Écrit par : gerardh | 03/03/2011

"ce que deviennent 10% de (...) dans une société occidentale."
Pourriez-vous nous dire ce que j'ai écrit et qui méritait cette censure ? Si qqn cherche à vous en faire porter la responsabilité, je m'engage à en répondre.
Mais cela intéresserait sûrement vos lecteurs de savoir ce que vous censurez.
Tel que vous l'avez laissé, je trouve mon commentaire incompréhensible.

Écrit par : Géo | 04/03/2011

@ Geo: "sous-chiens"... Je dois dire que même complète, votre phrase n'est toujours pas très compréhensible, car je ne vois pas à qui ou à quoi vous faites allusion, et qui traite qui de la sorte ?

Écrit par : Philippe Souaille | 07/03/2011

C'est du pipi de chat ton article...Quand la communauté sionniste de France ne tiendra plus les médias là tu seras peut etre crédible!! Mais pour l'instant ne mele pas le Khémétisme a tes inepties on ne peut plus insupportable a lire!!!

Cette philosophie te dépasse,a ton niveau tu ne peux pas en parler sans dire des aneries!!

Écrit par : Skaro OG | 19/03/2011

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