31/03/2011

Peut-on être royaliste en Suisse ?

Il est fasciné par la politique, sans la comprendre vraiment. Il l'analyse à la lumière de ses lectures, qui de Machiavel à Maurras, du pet du prince au nationalisme intégral, n'ont rien à voir avec la Suisse et pas davantage avec la démocratie. Sa passion vénérante pour les grands hommes est tout sauf helvétique. Entre Alpes et Jura, on coupe les têtes qui dépassent en guise de révérence. Pour le pire et le meilleur. Mais lui n'a toujours pas compris, et admis, qu'on ait brandi celle de Christoph au bout d'une pique.

Il n'a surtout aucune idée de la manière dont fonctionne réellement le peuple des électeurs. En bon croyant qu'il est, éduqué par la rigide austérité des bons pères de Saint-Maurice, il s'imagine volontiers le peuple se contenter de se prosterner devant les idoles qu'on lui dresse. Et que lui, éclairé par son talent, désigne d'un doigt salvateur. Doigt qu'il promène un peu partout, de la Tribune de Genève à Léman Bleu, en passant par One FM et le Nouvelliste... Etonnant pour quelqu'un qu'on pourrait qualifier "d'anti-suisse" tant ses valeurs sont étrangères à ce pays.

Car depuis un demi-millénaire, il s'en est passé des choses. Le protestantisme, les Lumières, la libre pensée, la démocratie... Et plus particulièrement en Suisse, le droit d'initiative et de référendum.  Qui conditionne la vie politique bien davantage qu'il ne le réalise. Son désir charnel d'être gouverné par un homme fort, chef d'une majorité tranchée, n'a guère de sens dans un système où le peuple peut, à tout moment, s'opposer à une décision ou en suggérer d'autres. Un tel système conduit naturellement à la concordance et au compromis, si l'on veut pouvoir gouverner. En préparant des projets qui soient une synthèse et une pesée d'intérêts. L'inverse précis de ce qu'il prêche à longueur de journée.

Alors certes, ailleurs, on fait autrement. Mais ailleurs, fait-on mieux ? Quel homme ou femme politique, en Suisse, ne rêve pas de pouvoir imposer ses vues au rouleau compresseur, comme cela se fait en France, aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne? Mais est-ce réellement ce dont le pays a besoin ? Le système suisse est lent, plein de défauts, mais ailleurs, réussit-on mieux ? Certes, ailleurs, cela donne l'illusion du mouvement, c'est beaucoup plus "saignant", plus amusant à commenter... Mais doit-on réorganiser la politique pour amuser davantage les commentateurs ?

Le hic, c'est que le discours de notre monarchiste exalté, porté par la vague populiste, parvient à séduire des candidats plus soucieux d'être élus que de morale publique. C'est le karma d'un politicien, ou d'une politicienne, que d'être prêt à tout ou presque pour être élu. Indépendamment de son intérêt personnel, comment mettre en pratique ses idées, si l'on n'est pas élu ? Mais tout est dans le "presque". Certaines compromissions compromettent la mise en application de certaines idées, même si elles peuvent en faciliter d'autres. Tout est une question de choix. Mais entre la démocratie helvétique et la tentation monarchique, il ne me semble pas qu'il y ait photo. Et heureusement, certains résistent et assument leur choix.

En résumé, si je puis me permettre une recommandation de vote pour ces élections au Conseil administratif de la Ville de Genève auxquelles je ne participe pas directement, je dirais "votez la liste de l'Entente, compacte". C'est le meilleur moyen d'assurer l'élection des meilleurs, tout en envoyant un message clair à tous ceux que tenteraient les sirènes populistes ou monarchistes, adeptes de l'homme providentiel.

Commentaires

certains dirigeants cantonaux pourraient peut-être répondre à votre question!

Écrit par : lovsmeralda | 31/03/2011

Lovesmeralda, vous faites erreur. Un monarque règne seul. Ils sont sept au Conseil d'Etat, de partis et de traditions différentes, s'essayant quotidiennement à l'exercice délicat - mais oh combien profitable - de la direction collégiale.

Écrit par : Philippe Souaille | 31/03/2011

Si les islamistes faisaient un coup d'état en Suisse, le peuple ne s'en rendrait même pas compte !

Écrit par : Corto | 31/03/2011

@Philippe Souaille,il s'agit d'un roi qui semblait endormi mais réveillé tout soudain par un millénium,le transformant radicalement en régent , croyant pouvoir régner sur deux Châteaux et non des moindres,cependant la guillotine toujours affutée par ses ducs de Guise,fait victime après victime aussi le peuple attend dans l'ombre de Marat afin de connaitre le nom de la prochaine en chantant le fameux Ah ça ira,ça ira!
bonne journée à vous

Écrit par : lovsmeralda | 31/03/2011

Je ne partage pas votre avis sur la nature profonde de ce servant de messe "maurassien-mystique certes, mais surtout manipulateur, hier soir lors d'une confrontation sur le Show-Ring entre Madame Salerno et le Salazar des Eaux-Vives, ce dernier en difficulté dans les cordes n' a du son salut qu'à l'intervention de l'"arbitre" qui a élégamment à l'aide d'une excitation littéraire tenté de déstabiliser la candidate socialiste.
En fait notre Pujadas est fasciné par les gens de pouvoir par les alcôves oû se traitent et surtout se maltraitent les affaires de ce théâtre tragique qu'est le politique. Il peut frétiller devant Ziegler ou Blocher qu'importe tant que l' ombre des anonymes continue de n'être le reflet que des inexistants, des sans voix ,je le soupçonne au contraire de n'adorer que son nombril et de n'avoir strictement aucune conviction.le Peuple n'est que le prétexte à ses incantations, la société n'existe pas.

Écrit par : briand | 31/03/2011

Post Tenebras Lux Peut-on être Maurassien Mystique et sans conviction , je parle de convictions dans le champ politique droite libérale - conservatrice ou révolutionnaire .

Écrit par : briand | 31/03/2011

Mais de qui parles-tu ? Quel est ce républicain autoritaire ?
Je ne connais qu'un royaliste à Genève ; il est d'un autre format je le crains : Me Marc Bonnant.
Quant à appeler à voter compact l'Entente au risque de voir passer Chevrolet.....je suis scié,cher Philippe. Tu as forcé sur le Cenovis. Considère que momentanément je te défais la paix.....en général je ne groume pas longtemps
p.l.

Écrit par : pierre losio | 31/03/2011

N'en n'avez vous pas un peu marre à force, cher Philippe ? Ne vous dites-vous pas parfois que le pire traitement qu'on puisse infliger à son ennemi, c'est de faire comme s'il n'existait pas, de n'en jamais parler...?

Écrit par : carlos | 31/03/2011

Une très petite correction : une dizaine d'enseignants au Collège de l'Abbaye de Saint Maurice sont des chanoines et non des "bons pères".
Le collège compte 100 professeurs et 1200 étudiants dont une bonne quarantaine sont des hellénistes et latinistes qui pourront poursuivre leurs études soit à l'Université de Genève soit à celle de Fribourg.
Espérons qu'ils ne se lancent pas dans la politique !
Bonne journée

Écrit par : Les rives du bisse | 31/03/2011

Carlos, Pascal Décaillet, puisqu'il s'agit de lui, n'est pas mon ennemi. Juste un agitateur disposant de nombreuses tribunes, d'où il distille un venin que j'estime dangereux pour notre vieille démocratie. Je crois utile de le dénoncer, si tant est que mon blog puisse avoir une quelconque influence.
Pierrot, désolé de ta bouderie. Mais je ne m'adressais pas aux militants de gauche dont on sait très bien qu'ils voteront compact, ou au mieux, rajouteront le nom d'un démocrate éclairé... Qui à priori pourrait faire avancer davantage de dossiers si le futur CA représentait mieux le rapport des forces politiques en ville. Soit au minimum un 3/2 plutôt qu'un 4/1, l'élection au système majoritaire étant ce qu'elle est...
L'espoir est mince, et les erreurs de casting ont été nombreuses, chez les Verts comme pour l'Entente. Autant Cramer et Hiler irradiaient de talent, autant vous semblez manquez de relève... Le PDC a de son côté confondu élections et télé-réalité. Quant à Florence Kraft-Babel, on peut se demander jusqu'à quel point elle n'a pas été sacrifiée sur l'autel des ambitions fédérales d'un amateur de ski nautique... Mais Florence n'est pas moins "gentille" qu'Esther et Chevrolet vaut largement un Pagani !
Les trois candidats qui ont clairement la carrure sont le radical et les deux socialistes, même si je ne porte pas, mais alors pas du tout M. Salerno dans mon coeur... Donc il y a au moins une deuxième place à prendre, et j'aimerais qu'elle soit prise. Même si l'espoir est ténu.
On se refait la paix après le 17 ?

Écrit par : Philippe Souaille | 31/03/2011

@pierre losio Bonnant Malant l'emperruqué échappé du 18ème siècle,pour l'avoir écouté "Roberto Zucco" dans un endroit où l'on ne rit pas selon le Capitaine Maudet soit la Comédie,une fois déshabillé de la rhetorique ultra-baroque, il reste une prose assez rance fleurant pas très bon l'arrière-cour plutôt que la cour du Roy.
Vivement la fin des élections et attendons peut-être le comique troupier au théâtre ce soir . Ignace Ignace Ignace est un petit nom charmant...Fernandel plutôt que Braudel

Écrit par : briand | 31/03/2011

@briand
....mais justement : si un producteur avait un peu d'audace il produirait Me MB au Petit Casino r. de Carouge. Je suis certain qu'il ferait le plein au moins trois soirs : par exemple un remake de sa plaidoirie sur le cas Zidane coup de boule lors d'une mémorable journée au Palais de justice avec Mes Leclerc, Vergès et Halpérin.
extrait : "si un jour le personnel du GdThéâtre est en grève ou que votre bibliothèque a brûlé, allez voir un match de football....."
c'était désopliant...mais chacun a son registre d'humour et je ne doute pas quevous en avez un, cher M. ou chère Mme.
p.l.

Écrit par : pierre losio | 31/03/2011

@ anti-journalistes indépendants et candidats dérangeants.
Qu'avez-vous donc à critiquer sans cesse un journaliste ou un candidat que beaucoup apprécient ou pas. De vos propos fielleux surgit une insondable rancune qui échappe à la compréhension du blogueur-lecteur, rendant ainsi vos critiques ringardes et insipides.

Écrit par : Torpille | 31/03/2011

Torpille, Pascal Décaillet n'est pas ce que j'appellerais un journaliste indépendant. Il a des opinions politiques, comme moi au demeurant, mais pas les mêmes. Il les rappelle à longueur de chroniques, et il a le droit d'aimer les monarques. Mais j'ai le droit d'estimer cela idiot et de le dire, me semble-t-il ? D'autant que rien ne vous oblige à lire ma prose.
Quant au candidat, duquel parlez-vous ? Au demeurant, nous sommes en campagne électorale. Si certains candidats veulent éviter de prendre des coups, peut-être auraient-il mieux fait de ne pas se présenter ?

Écrit par : Philippe Souaille | 31/03/2011

Messieurs Souaille et Décaillet passent le plus clair de leur précieux temps à médire l'un de l'autre quand ce n'est pas des autres. C'est malheureux mais c'est à cela qu'est réduit le journalisme sur cette tribune en tout cas!

Écrit par : lelouche | 31/03/2011

@Philippe Souaille
Deux erreurs, ce n'est pas grave. Enfin, la première ne l'est pas. Pascal Decaillet était élève de Florimont, comme moi, et donc de Saint François de Sales, pas de Saint-Maurice. La seconde est que l'on peut être républicain et admirer les hommes d'Etat et les grands hommes. Le dernier en date, en terre d'Helvétie pour le PLR, étant Couchepin. Il les dominait tous de deux têtes, avait lu Kipling et n'avait pas besoin d'être roi."Entre la démocratie helvétique et la tentation monarchique", il y a aujourd'hui la nécessité d'une majorité qui résulte du consensus et que des esprits au-dessus de la mêlée peuvent inspirer. Bref, dans la démocratie, il n'est pas interdit de favoriser l'excellence, à défaut de restaurer le pouvoir de l'aristocratie, le gouvernement des meilleurs. De l'ambition pour la SUisse, que diable !

Écrit par : Pierre Weiss | 01/04/2011

Il est vrai qu'il est partout, notre petit Gaxotte.

Écrit par : Azrael | 01/04/2011

Cher Pierre, merci de ta correction. La première. Et mes excuses aux chanoines et aux bons pères de Saint-Maurice pour leur avoir attribué des responsabilités qu'ils n'ont pas.
Pour ce qui est de la seconde, je n'ai jamais dit que l'on ne pouvait pas être républicain et admirer les grands hommes. Il est même bon qu'il s'en lève de temps à autre pour défendre les valeurs républicaines. Nous sommes tous d'accord là-dessus, même s'il y aurait à gloser et même à ironiser sur la définition d'un grand homme tel que les apprécie Pascal Décaillet. Couchepin, nous sommes d'accord. Blocher... hmm hmm... Stauffer ? Là, carrément je m'entrûche...

Mais ce que je dis est différent:
1) les références politiques de Pascal Décaillet ne sont pas républicaines mais monarchistes et d'un autre temps: Charles Maurras, Léon Bloy ou même Machiavel, qui est certes instructif mais n'avait aucune idée de ce que pourrait être un peuple souverain.
2) Le système helvétique, quelque ambition qu'on puisse avoir, n'est pas fait pour favoriser l'éclosion des grands hommes. C'est même tout le contraire. Et Couchepin, que j'apprécie particulièrement, l'a appris à ses dépends, au sujet de l'âge de la retraite, haï d'avoir eu raison trop tôt... Et perdant, politiquement. C'est la force et la faiblesse de la Suisse qui nous contraint à faire avancer la machine en évitant les à-coups trop brutaux.
3) Je ne crois pas qu'on puisse bâtir et consolider un pays en écrasant sa population sous le pouvoir de l'argent. L'aristocratie genevoise l'a appris à ses dépens et je te rappelle que 1789 a démarré à Saint-Gervais... Même si je respecte l'économie et la finance et si les champions de l'assistance me courent sur le système, la vérité me semble être au milieu du gué.
Le détournement des aspirations du peuple par l'extrême droite est quelque chose que j'ai en horreur. En plus c'est dangereux. Laisser arriver au pouvoir les tenants de la haine de l'autre et du conservatisme a toujours débouché sur des catastrophes. Entre autres parce qu'une fois qu'ils y sont, ils refusent d'en partir et prennent des mesures propres à déclencher des conflits avec le voisinage pour être certain d'y rester. Il n'y a aucune raison pour que cela change au XXIème siècle et Genève n'a nul besoin de cela.
4) Les extases de Pascal Décaillet (y compris, entre les lignes, pour Marine Le Pen), ajoutées à sa haine pour certaines personnes que je respecte profondément, de François Longchamp à Roger de Weck, ainsi que pour les valeurs qui me sont chères, cela me fait peur. Pour de vrai. Décaillet n'est qu'un agitateur mais les idées qu'il met en avant et soutient dans son émission ont conduit jadis aux pires catastrophes.
5) En ce qui me concerne, j'ai des valeurs qui sont la libre entreprise, le libre échange, la libre circulation, la libre pensée, la libre expression, ainsi que l'égalité des chances et des êtres humains, quelle que soit la couleur, la marque, le modèle, la religion, la nationalité ou les plaques minéralogiques de la cigogne ayant effectué la livraison. Ainsi qu'un minimum de solidarité pour mettre de l'huile dans les rouages.
Toutes ses valeurs me sont essentielles et si je t'accorde que la gauche contrevient à certaines, l'extrême-droite bien davantage à d'autres. Clairement, je préférerais vivre sous un gouvernement Vert ou Socialiste - d'ailleurs en Ville de Genève, j'y vis... - qu'UDC ou MCG. Et si aujourd'hui, le centre droit n'est plus majoritaire, c'est parce que l'UDC et le MCG montent en puissance. Si l'UDC veut être raisonnable et donner ses voix, pour éviter que la gauche l'emporte, puisqu'ils la haïssent, tant mieux. Sur les valeurs qui sont les nôtres. Mais pas question de s'engager à les suivre sur leur terrain.

Écrit par : Philippe Souaille | 01/04/2011

En te relisant, Pierre, je ne suis pas sûr de t'avoir compris. De quel consensus parles-tu ? S'il s'agit d'appuyer les grands hommes et les grandes femmes qui pourraient émerger au centre, j'en suis, bien évidemment. D'autant que nous en avons au moins un dans cette élection :-)

Écrit par : Philippe Souaille | 01/04/2011

Couchepin, un grand homme d'Etat ? Allons donc ! Bouffé par l'ambition, il est devenu conseiller fédéral, car c'était son destin...Seulement voilà, "l'ambition, c'est comme les échasses, ça peut hausser un homme, ça ne le grandit pas." Cette phrase n'est pas de moi, mais je la prends volontiers à mon compte.

Pour moi, un grand homme d'Etat, c'est celui qui fait avancer son pays et surtout les citoyens qui le composent. Provoquer et se mêler de tout et de rien, surtout de rien, ne saurait être assimilé à de la grandeur.

Attendez encore un peu, le Couchepin de Yann Lambiel va finir par nous apparaître comme l'original, et l'original comme une copie. Je vous l'aura bien dit.

Écrit par : MIchel Sommer | 03/04/2011

Hors sujet, mais fondamental : aujourd'hui, il n'est plus question de posture pro-africaniste, mais de réalités : un ami mauritanien m'appelle d'Abidjan. Les soldats français protégent les citoyens français et les autres étrangers BLANCS.
Que faire pour qu'ils essaient de protéger aussi un peu les Africains de l'Ouest que les fachos socialistes pro-Gbagbo vont vouloir massacrer s'ils en ont l'occasion ? Les ambassades de ces pays n'ont qu'une réponse : chacun pour soi et dieu pour tous. Les Africains de l'Ouest vont se faire massacrer dans l'indifférence générale des médias européens, une fois de plus. Qui s'amusent à chercher des noises à Ouattara pour les massacres des forestiers à Diéboukué ou qqch comme ça ou à l'OTAN parce qu'un avion a répliqué aux tirs d'un de ces crétins libyens qui font semblant de se battre...

Écrit par : Géo | 03/04/2011

Michel Sommer, Pascal Couchepin fut un grand homme d'Etat... Suisse ! Un pays où, comme je le disais, on coupe les têtes qui dépassent, où le pouvoir s'exerce aujourd'hui essentiellement dans l'amélioration de la gestion du quotidien. Et où toute ambition personnelle doit d'abord apprendre à faire avec le référendum et l'initiative...
Pascal Couchepin avait une grande idée, basée sur une vision juste de l'avenir qui le conduisait à vouloir réformer l'AVS et l'âge de la retraite. Rendue nécessaire par l'évolution de la démographie, de la santé publique et de la situation mondiale. Il n'a pas su préparer suffisamment profondément l'opinion publique pour qu'elle l'accepte. Mais il a pris sur lui et contribué à ce que ses successeurs puissent faire passer le message.

Écrit par : Philippe Souaille | 04/04/2011

Géo: bonne question. Récurrente qui plus est. Le problème majeur résidant cependant dans le fait qu'exfiltrer quelques milliers de personnes ou quelques centaines de milliers, ce n'est pas du tout la même chose. C'est moins du racisme qu'une incapacité matérielle à assumer de telles opérations.
D'où l'enchaînement probable d'exactions ethniques et de vengeances dont bien sûr on imputera la responsabilité à l'ancien colonisateur. Ce que Paris avait souhaité éviter en 2002 par la ligne de démarcation et la cessation des hostilités. Qu'il n'aura réussi qu'à différer, suite à l'attitude fondamentalement anti-démocratique de Gbagbo, qui a refusé l'alternance, appuyé par la majorité de la population d'Abidjan, qui lui a donné 55% des voix à la dernière présidentielle.
J'y reviendrai sans doute dans un texte qui me démange sur l'évolution de la situation en CI et en Libye.

Écrit par : Philippe Souaille | 04/04/2011

Ah...les grands hommes et les grandes femmes suisses....faisons un sondage. Si vous demandez qu'on cite 5 "grands-es" suisses, vous verrez que fort peu de politiciens seront cités. Les premiers noms qui me viennent à l'esprit sont : Euler, Piaget, Klee, Ramuz, Le Corbusier, Frisch, Dunant,....... pour les politiques faut que je me creuse un peu l'esprit.....
p.l.

Écrit par : pierre losio | 04/04/2011

Pestalozzi, Auguste Piccard, Winkelried, Ursula Andress, non tu as raison, pas vraiment de politicien dans le lot... J'ajouterai bien Calvin à ma liste, mais s'il peut être considéré comme Genevois, "suisse" me paraîtrait vraiment tiré par les poils de la barbe.

Écrit par : Philippe Souaille | 04/04/2011

Le général Guisan ? Je dis cela parfaitement sérieusement, voir le billet que Philippe barraud lui a consacré...
L'ami mauritanien a pu m'appeler ce matin. 4 jours terré chez des amis ivoiriens (il est étranger, donc...), sa boutique ravagée et pillée. Pas de nourriture, pas d'eau. Mais une recharge téléphonique. Contrairement à tous mes principes, je vais l'aider (financièrement).
A Huambo, j'habitais la maison de la Fédération des CR à la Baixa cédée par le CICR. C'est son patron qui m'y a amené et on a beaucoup discuté. Quand je lui ai demandé pourquoi il ne revenait pas en Angola (on était en 1992), il m'a dit qu'il était revenu 6 fois et qu'à chaque fois il avait tout perdu.
Depuis, il vit à Genève...
Assez d'accord avec vos billets suivants. J'aurais apprécié plus d'autorité de la part des Français. Après tout, comme vous l'avez écrit, ils ont pris une grosse responsabilité en empêchant la progression des forces du N il y a quelques années...

Écrit par : Géo | 06/04/2011

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