08/04/2011

Le gros mensonge d'Antoine Vielliard

Mensonge ou "hénaurme" erreur d'évaluation ? Toujours est-il que lorsqu'il affirme que les multinationales (et les forfaits fiscaux dont bénéficient certaines d'entre elles) sont la cause des problèmes de logement et de transport des Genevois, Antoine Vielliard, nouveau représentant de Saint-Julien au parlement de Haute-Savoie dit de grosses bêtises. La preuve ? Il y a eu selon les chiffres du département des finances, 28 000 nouveaux emplois créés entre 2005 et 2010. Un chiffre tout à fait exceptionnel et qui a surpris tout le monde, mais qui est lié à l'attractivité globale de Genève. En effet, au total, il n'y a que 20 000 emplois dans toute la République qui sont concernés par les forfaits fiscaux ! Dont la grande majorité depuis bien avant 2005, à l'instar de Procter & Gamble.

Le nombre d'emplois créé entre 2005 et 2010 dans des entreprises bénéficiant de forfaits fiscaux (négoce international et multinationales) se situe entre 1000 et 2000 selon les chiffres du Département de David Hiler. Soit moins de 10% du total des emplois créés dans la période !

Alors bien sûr, ces quelques pour cent exercent une pression spectaculaire sur les loyers libres - qui sont ceux qui manquent le plus, n'en déplaise à la gauche et à l'ASLOCA - parce que les expats touchent des indemnités logements, que leurs entreprises rétribuent des agences spécialisées pour leur fournir ces logements et que les propriétaires préfèrent des locataires aux revenus assurés dont on peut penser qu'ils ne vont pas recourrir contre leur loyer dès le lendemain de leur entrée dans les lieux... Mais ni les expats, ni les forfaits fiscaux ne sont la source du problème.

L'origine du petchi actuel, c'est l'attractivité de Genève en elle-même, les savoir faire accumulés ici, le cadre de vie, bref, nos atouts. Les autorités n'y peuvent pas grand chose, sauf à péjorer exprès notre environnement. Péjoration en cours, de fait, qui pourrait bien forcer l'agglomération à ralentir sa croissance. Le tour de force d'Antoine Vielliard est d'être parvenu, à force de répéter son mantra en boucle, à convaincre les deux-tiers de la République, dont le Président du PS, qu'il y avait un coupable identifiable. Et en plus riche...

Plus grave, dans ses nouvelles fonctions au Conseil Général, Antoine Vielliard peut peser sur les décisions du département en matière d'aménagement. Déjà, il annonce que les demandes de financement nouvelles, dans les travaux du CEVA et du tram, devront être pris en charge entièrement par ceux qui en font la demande. Soit Genève et Annemasse-agglo. Ce qui met Annemasse-agglo en difficultés. C'est de bonne guerre, puisque Vielliard est de Saint-Julien. Mais il risque de le payer aux législatives, où les deux villes font partie de la même circonscription. Et où son principal concurrent sera un autre jeune loup, socialiste aux dents longues et frontalier lui aussi, le maire d'Ambilly Guillaume Mathelier. Or Annemasse a bien plus d'électeurs que Saint-Julien, qui comptent énormément sur les améliorations sensibles de la mobilité attendues des nouvelles liaisons avec Genève, CEVA et tram. Et dont Saint-Julien, à terme, devrait bénéficier avec un tram ou une liaison RER à son tour.

Selon Vielliard, puisque le canton ne parvient pas à respecter ses engagements sur le nombre de logements construits, il doit réduire sa croissance. Sinon, la France devrait refuser les transports publics. Magnifique auto-goal, pour tout le monde, a commencer par le Genevois français! Si Genève a un quart de siècle de retard sur les transports publics, le Genevois français a bien un siècle entier... Le problème, c'est que Genève a beau faire des efforts, on y construit bien moins facilement qu'en France. De même que l'attirance forte qu'exerce le label "Geneva" n'est que très faiblement dépendante des incitations fiscales. Et que ce n'est pas demain la veille que les entreprises se battront pour s'installer à Archamps ou Saint-Julien.

En clair, si Antoine Vielliard veut être un loyal défenseur des intérêts régionaux (qui sont aussi ceux de ses électeurs), il devrait changer son fusil d'épaule et appuyer franchement les efforts en matière de transport public, autant que la construction de logements. Reconnaître qu'il s'est trompé dans l'importance attribuée aux "expats" et aux forfaits fiscaux dans la croissance de l'agglomération serait un plus. Digne de l'humaniste et de l'honnête homme qu'il est, je crois, au fond.

Et puis encore un conseil, lui qui se plaint régulièrement des embouteillages croissants chaque jour entre son domicile de Saint-Julien et son lieu de travail au Petit-Lancy: il existe un bus, la ligne D, qui passe vraiment tout près des deux endroits, en ligne directe. Qu'attend-il pour chancher de mode de transport ? Pour un pendulaire, l'auto ne devrait entrer en ligne de compte que s'il n'y a pas de transport public à disposition.

Commentaires

Bof, Philippe, on peut facilement rétorquer que les riches aimantent le peuple, et que les multinationales qui ont des forfaits fiscaux aimantent les entreprises, créent une forme de polarisation, et même, si vous voulez, dynamisent l'activité économique, par le même coup: par exemple, les entreprises qui réussissent bien en France rêvent tout à coup de devenir voisines des multinationales en question. Si ce que vous dites était vrai, taxer les multinationales ne nuirait pas au dynamisme économique de l'ensemble; mais justement, on ne les taxe pas trop parce que ce n'est pas vrai, et que ces multinationales sont des moteurs. Même en France, on le sait bien, puisque l'Etat entre dans le capital de grosses multinationales françaises et les soutient même, souvent, au mépris du droit des travailleurs dans le monde, service public oblige! Car cela assure la richesse de l'Etat, la croissance économique, etc. Richesse de l'Etat qui peut permettre de créer quelques logements sociaux, mais en général, à l'écart, voire de l'autre côté d'une frontière, car les entreprises qui s'installent n'aiment guère la promiscuité. Tout cela n'est pas grave, mais vous vous laissez aveugler par la fierté d'être Genevois. Ce que vous dites n'est pas faux, peut-être, mais cela n'empêche pas que Vielliard n'a pas tort non plus. L'un n'empêche pas l'autre, en fait.

Écrit par : RM | 08/04/2011

Rémi, je ne tire aucune fierté particulière d'être Genevois, pas plus que d'être Français. La nationalité ne fait pas vraiment partie de mes valeurs et je me considère avant tout comme habitant de cette région, à cheval sur la frontière. En revanche, la notoriété de Genève est un fait indéniable. Au plan mondial, elle dépasse nettement Zurich et Lyon, caracolant dans le peloton de tête, avec des capitales 10 fois plus peuplées. Les lois et la matière grise accumulée ici en font un endroit idéal pour établir un QG international. En plus le cadre environnant (la Suisse et la Haute Savoie) sont idylliques. Là est la raison du succès, les forfaits fiscaux n'en étant qu'une petite part, qui compense la chèreté de la vie, notre principal handicap.
Ce sont des faits. De même que l'importance vitale pour le Genevois Français de développer des transports publics dignes de ce nom en son sein et avec Genève.
Bien sûr que les multinationales entraînent dans leur sillage toutes sortes d'autres entreprises et qu'il y a un effet boule de neige. Mais c'est justement ce que nie Antoine, qui prétend que les multinationales ne créent pas d'emplois locaux.
Le choix de fond est clair: veut-on continuer de se développer, ou régresser ? Maintenir le niveau actuel ne tient pas la route une seconde. Et qui dit régression dit diminution sensible du niveau de vie. Des deux côtés de la frontière. Il faut le savoir. Mais dans sous les cas, de meilleurs transports publics seront de toute manière nécessaires.
Quant à l'aménagement du territoire en France, il dépend de la France et du département de l'organiser. Personne ne met un pistolet sur la tempe des maires français pour signer un permis de construire. Et les responsables genevois sont les premiers à souhaiter que l'aménagement du territoire se fasse de manière plus harmonieuse, esthétique et respectueuse de la nature en Haute-Savoie ou dans le Pays de Gex. C'est notre intérêt à tous.

Écrit par : Philippe Souaille | 08/04/2011

Bonjour Philippe.
N'étant pas un spécialiste des questions économiques, je m'abstiendrai d'entrer dans ce débat. Je constate tout de même que Genève est le N° 1 de la finance privée et des échanges de matières premières dans le monde. C'est juste colossal !
Mon propos vise plutôt à définir les contours de ce qui devrait suivre. Les sonnettes d'alarmes sont nombreuses, certains promeuvent la décroissance ou la croissance zéro. Je n'en fait pas partie. Pourtant, à l'instar de Rosselat sur Nyon, je pense qu'il serait sage de lever le pied. Le monde entier rêve de s'installer à Genève ou ailleurs en Suisse. Notre quotidien est une exception dans le monde, non pas au sens du "Sonderfall", mais en terme de qualité de vie, de niveau de vie surtout.
J'attends de la part d'humanistes comme toi quelques clins d'yeux, des pistes qui nous permettraient de sortir de cet engrenage effréné de consommation-production qui s'essouffle. Et s'il faut pour cela envisager de diminuer sensiblement mon niveau de vie, je suis prêt. Nous ne ferions que nous rapprocher du reste de la planète pour mieux la comprendre.
Dans tous les cas, comme tu le sais, les ressources énergétiques ne sont pas inépuisables. D'ailleurs, entre parenthèses, je ne comprends pas comment il est encore possible de débattre de sortie ou non du nucléaire puisque l'uranium fera défaut dans moins de trente ans.
Alors Philippe, à quand un petit mot un peu visionnaire sur la suite de l'aventure humaine sur ce minuscule petit globe ?

Écrit par : Pierre JENNI | 08/04/2011

Bonjour Pierre, pour l'uranium, je n'en sais rien. Pour l'exception qu'est notre quotidien, je confirme. En terme de qualité de vie et de niveau de vie. Je ne sais pas si tu as déjà conduit un bâteau, mais c'est beaucoup plus compliqué qu'un taxi. Et pour un pétrolier de 300 000 t, il faut s'y prendre des dizaines de kilomètres avant, pour gérer l'inertie. Une machine comme Genève, c'est un peu pareil, sauf qu'en plus, personne n'est vraiment sûr de comment ça va réagir aux commandes. On peu juste faire des réglages ici ou là en espérant que ça marche.
Tu es prêt, toi, à réduire ton train de vie. Moi aussi. Mais sans rouler sur l'or, très loin de là, nous vivons correctement dans de jolies maisons et nous pouvons nous le permettre. C'est loin d'être le cas de tout le monde.
Il y a ceux qui sont obsédés par le pognon (et dans la Genève de la finance, crois moi, ça fait du monde) et à l'autre bout de l'échelle, ceux qui n'ont pas de quoi payer un camp de ski à leurs mômes. Voire en ont marre de manger des pâtes.
Mettre à bas le délicat équilibre de Genève, comme parlent de le faire les socialistes avec des mesures fiscales peu appropriées, c'est très risqué. Cela représente tout de même 20 000 emplois (qui eux paient des impôts et des gros) qui disparaîtraient du jour au lendemain. Soit sans doute plus d'un demi-milliards de rentrées fiscales en moins, rien que sur les salaires. Sans compter les retombées sur les entreprises locales qui verraient une chute drastique de la consommation. Les taxis perdraient un gros morceau de clientèle...
Bref, un cataclysme économique.
Certes, il y aurait des logements qui se libèrent et des places dans le tram et sur la route, mais à quoi bon, si l'on n'a plus de quoi payer le loyer ?
Si l'on veut avoir une chance de réduire la voilure en douceur, en continuant d'avoir les moyens d'aménager au mieux notre environnement, il faut procéder autrement, par petites touches.
En même temps, il est clair que cette prospérité insolente, quoiqu'on en dise, attire les regards et les nouveaux venus. Plus j'y pense, plus le parallèle entre Genève et Abidjan me parait flagrant. Comment faire pour gérer ces déséquilibres en respectant notre tradition humaniste ? Je n'ai pas de solutions miracles. Ou plutôt celles auxquelles j'ai réfléchi jusqu'à présent (exposées dans l'utopie urgente) sont à usage mondial, mais non régional.
Avec le Doc du Blog, et sans doute quelques autres, nous avons prévu de nous retrouver pour agiter nos neurones en commun, après le 17, indépendamment des partis politiques. Si ça te tente, tu en es.

Écrit par : Philippe Souaille | 08/04/2011

Philippe, le patriotisme n'est pas une conception consciente, mais un sentiment inconscient, et quoi que vous croyiez de vous-même, quand vous vous exprimez, vous montrez bien que vous le partagez, en ce qui concerne Genève, car les faits que vous donnez peuvent bien être vrais en eux-mêmes, ils ne vous en éblouissent pas moins, ils vous chatouillent agréablement au-dessous de la conscience, je dirais. En tout cas, quand on vous lit, cela se sent. Surtout si on n'est pas genevois soi-même. Lisez-vous avec le regard d'un étranger, et vous verrez.

Pour les emplois locaux, le déséquilibre entre les emplois qui sont surtout créés à Genève et les logements qui sont surtout créés en Haute-Savoie est un fait, c'est réel, je ne sais pas pourquoi vous le niez, vous-même. Dire qu'il y a aussi des emplois créés en Haute-Savoie, c'est comme de dire qu'il y a aussi des logements qui sont créés à Genève. C'est un peu absurde. La question n'est pas là: mais de savoir si on est content ou triste de cette situation. Antoine Vielliard est mécontent, vous pas, mais enfin, on ne peut pas prétendre qu'il a tort sur le fait lui-même.

Quoi que vous pensiez de vos conceptions sur les peuples en général, et les frontières, le fait est qu'on peut très bien avoir l'impression, vu de l'extérieur, que si vous êtes content, c'est parce que vous êtes à Genève, et que si Antoine n'est pas content, c'est qu'il est à Saint-Julien. Mais pour les faits, il est un peu inutile d'ergoter.

Maintenant, si on parle d'une façon sensée, il est évident que l'égalité est un principe à rechercher. Mais évidemment, ceux qui sont mécontents de la situation la demandent toujours plus que ceux qui sont contents: comme on dit, c'est humain. Ensuite, on peut avoir vis à vis de l'Egalité quand même un sentiment pas forcément intéressé, et dégagé du rapport de force qui règne au sein de la vie économique. Or, si je puis me permettre, Philippe, vous donnez l'impression d'être souvent prêt à faire faire des sacrifices à l'Egalité au nom de la réussite économique du plus grand nombre, comme disent les libéraux. C'est un choix. Quant au choix d'Antoine, je ne sais pas s'il est bien clair, à ce sujet, car au fond, peut-être qu'il a des choses en général un peu la même conception, sauf que, pour ce qui est de l'agglomération transfrontalière, il est du mauvais côté de la frontière, pour ainsi dire. Mais je suis peut-être mauvaise langue: peut-être qu'il est favorable à l'Egalité pour elle-même, sans interférence de sa situation personnelle.

Pour ce qui est de moi, je pense qu'il est impossible d'atteindre à l'Egalité parfaite, et qu'il faut bien se résigner à n'être qu'un Savoyard. Pauvreté n'est pas vice, comme disait l'autre. Cependant, le principe d'Egalité doit être régulièrement rappelé, non pas dans l'espour qu'elle puisse être réalisée après-demain, ni même, peut-être, avec l'espoir qu'elle progresse, mais au moins avec la volonté qu'elle ne régresse pas, car le monde ne progresse pas forcément de lui-même, parfois, au contraire, les déséquilibres s'accroissent tout naturellement!

Il faut donc se poser la question: quand je dis qu'on ne met pas le pistolet sur la tempe des Français voisins, quand je dis que le succès de Genève doit son succès à la seule Providence, est-ce que je favorise l'Egalité, ou pas spécialement? L'économie, c'est aussi le droit du plus fort, Philippe: il n'y a pas que quand on sort un pistolet! Ce serait trop facile.

Écrit par : RM | 08/04/2011

Si je peux me permettre de répondre sur le nucléaire, la pénurie à trente ans, c'est une mauvaise compréhension de la problématique car:

1) Il y a encore beaucoup à faire en terme de prospection. L'offre suffisant largement au vu de la demande actuelle, celle-ci reste à ce jour très sous-dimensionnée et la probabilité de la découverte de nouveau gisement est grande,

2) Surtout, une partie significative des déchêts nucléaires peuvent être eux-mêmes utilisés comme combustible nucléaire (on appelle cela notamment du MOX, soit un combustible qui mélange du plutonium issu du retraitement des déchêts et de l'uranium enrichi). On ne le fait pas à ce stade car cela nécessite un retraitement des déchêts et que le prix de l'uranium naturel est aujourd'hui si bas que cela ne se justifie pas sur le plan économique.

Soit, le nucléaire soulève certaines questions mais l'absence de combustible pour alimenter les centrales dans les trente ans est une mauvaise compréhension de la problématique.

Écrit par : sek | 08/04/2011

Bonjour Philippe Souaille,

Le billet et les chiffres que vous publiez sont très intéressants et instructifs et sur le fond je suis moi aussi convaincu que l'attractivité de Genève repose davantage sur d'autres facteurs que ceux de la fiscalité des entreprises et autres sociétés.
Ces facteurs d'attractivité ce sont l'environnement géographique, la qualité de vie, l'offre culturelle, la desserte internationale en liaisons aériennes, la desserte ferroviaire au plan national, mais également le cadre institutionnel de la Suisse et sa stabilité politique, la souplesse de son droit du travail, etc.

Toutefois cet extraordinaire dynamisme a aussi développé des effets pernicieux : l'insécurité, l'assèchement du marché immobilier, la congestion du trafic urbain, etc. ...

Il faut donc apporter des correctifs et les problèmes relevés appellent des réponses urgentes, au risque de déstabiliser le climat social et les relations transfrontalières qui font le lit du populisme ...

Vous évoquiez les indemnités de logement versées par certaines multinationales à leurs expatriés. Ce sont selon moi des abus manifestes que l'on pourrait légalement interdire. Il ne faut toutefois pas se bercer d'illusions, car une telle mesure serait de toutes manières faciles à contourner ...

Je ne connais pas personnellement Antoine Vielliard, sauf par le biais des blogs de la TdG. En désaccord avec lui, je l'ai parfois attaqué sur son blog, cependant je le crois honnête. Maintenant élu au Conseil général de Haute-Savoie grâce à des thèmes dont certains me semblent populistes, je crains qu'Antoine Vielliard ne se retrouve maintenant prisonnier d'une image qui n'est pas forcément la sienne et je ne souhaite pas qu'il ne devienne le pendant savoyard du tribun de notre MCG, ce qui serait bien évidemment catastrophique !

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 08/04/2011

Je ne sais pas avec quel regard vous me lisez, Rémi, mais j'espère que ce n'est pas avec un regard savoyard, parce que vous me lisez mal... Je n'ai jamais, jamais nié le déséquilibre entre logements d'un côté, emplois de l'autre. C'est un fait indéniable que je reconnais indéniablement. Mais je dis qu'il faut faire avec, et que ce déséquilibre n'est pas forcément une calamité. Surtout si l'on essaie de faire avec intelligemment.
Parce que tant que la Suisse sera la Suisse et la France la France, il en ira ainsi: il est plus facile et plus rentable de construire des logements en France qu'en Suisse et plus facile et plus rentable d'implanter des entreprises en Suisse qu'en France (et pas seulement pour des raisons fiscales, le niveau des charges sociales et les lois sur le licenciement des deux pays en sont les premiers responsables).
Il y a bien sûr des exceptions confirmant la règle, dans les deux cas.
Et je suis pour faciliter la construction de logements en Suisse, comme je suis pour tout ce qui pourrait attirer des entreprises en France. Mais ce n'est pas en se faisant hara-kiri, ce à quoi reviendrait le fait de bloquer les projets de transport en commun qu'on va améliorer quoi que ce soit à la situation. On ne fera que l'empirer.

Écrit par : Philippe Souaille | 08/04/2011

Rebus, je ne passe pas votre commentaire, qui est très exagéré - pas d'appart à moins de 10 000.- faut quand même pas pousser. Pour la moitié de ce prix, vous avez une maison de 6 pièces avec jardin. Quant au cas dont vous parlez, en tant que "journaleux" comme vous dites, je ne m'occupe ni de justice ni de faits divers. Vous devriez plutôt contacter la rédaction de la Tribune.

Écrit par : Philippe Souaille | 08/04/2011

Oui, je suis d'accord, il ne faut pas faire du chantage sur les transports en commun. Pour autant, il ne faut pas dire qu'on se résigne à l'inégalité parce que l'intérêt économique du plus grand nombre est en jeu, car pour moi, c'est antisocial. Mais il ne faut pas en faire un gros plat non plus et donner dans le scandale, en annonçant que puisque c'est comme ça, on va sévir! Mais excusez-moi, dans ce manque d'esprit philosophique et de résignation d'Antoine, dans cette absence de détachement, je ne vois pas de mensonge particulier. Juste qu'il est peut-être chagrin, quoiqu'il ne le dise pas, d'être né du mauvais côté de la barrière, comme qui dirait. Mais ce n'est qu'une hypothèse, bien sûr.

Écrit par : RM | 08/04/2011

Antoine est né du côté genevois de la frontière, Rémi. Enfin, je sais que c'était une image. Le mensonge ou en tout cas l'énorme erreur, c'est de prétendre que les forfaits fiscaux sont responsables de tout. Alors qu'ils représentent à peine 10% du problème. Et si une bonne part de la demande de logements dans le Genevois est du aux gens venant de Suisse, une part au moins équivalent est due à ceux qui viennent du reste de la France, pour travailler dans la région.
Essentiellement parce que l'on vit mieux dans le genevois français que dans la plupart des régions françaises. Faut-il réellement s'en plaindre ?

Écrit par : Philippe Souaille | 08/04/2011

Heu, franchement, la vie à Annecy est en fait plus agréable qu'à Annemasse, et bien sûr les prix montent aussi à Annecy, mais beaucoup de gens rêvent simplement de travailler en Suisse à cause de l'argent. Vous poétisez un peu trop, à mon avis, Philippe. On peut aussi apprécier Genève, bien sûr. C'est une ville à la fois champêtre et dynamique culturellement, où l'on se sent assez libre. L'entreprise y est assez libre aussi: c'est assez libéral. Cependant, comme je l'ai dit un autre jour, un Etat, je pense, ne doit pas chercher à favoriser les riches sous prétexte qu'ils tirent l'économie vers le haut, il doit être impartial. Je ne sais pas si à Genève on favorise tellement les riches, en fait, en France, on le fait beaucoup plus qu'on ne veut bien le dire, c'est masqué par la nationalisation complète ou partielle de plusieurs secteurs et par l'illusion qu'on a que l'Etat, c'est le Service public au sens propre, que ça l'est toujours. Ce qui est patent, c'est qu'en France, on favorise les Français riches, tandis qu'à Genève, on est plus ouvert sur l'étranger. Comme les plus riches sont à l'étranger, cela donne l'impression que Genève favorise plus les riches, mais d'un autre côté, la mondialisation est une réalité de notre temps. Je dois dire que si j'explore le problème du point de vue du secteur dans lequel j'essaie d'oeuvrer, qui est la culture, j'ai l'impression qu'à Genève, on est plus ouvert qu'à Paris sur les cultures régionales dont l'histoire n'a pas fait des cultures d'Etat, mais qu'elle a plutôt laissées dans la sphère du peuple. Et puisqu'il s'agit de relation transfrontalière, ce qu'on pourrait appeler la culture populaire de la France voisine, et qu'on appelle plus vulgairement, au fond, la culture savoyarde, eh bien, je peux attester que la presse genevoise ne la regarde pas forcément d'un oeil défavorable. On ne se crispe pas en face d'elle au même degré qu'on le fait à Paris. Donc, je suis d'accord avec vous. Mais l'Egalité parfaite, en tout, doit rester comme un but à l'horizon de tous, l'étoile du vaisseau spatial que l'histoire emprunte!

Écrit par : RM | 08/04/2011

Bonjour Philippe,

Décidément on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif. Depuis plusieurs mois tu t'évertue à nier une évidence que tout le monde constate dans notre région. Libre à toi.

Si j'ai été parmi les premiers à dénoncer ces politiques absurdes c'est qu'en tant que salarié d'une multinationale et élu local je suis à la fois dans le coeur nucléaire de ce modèle absurde et dans sa périphérie. J'en observe quotidiennement les modalités de fonctionnement et les effets pervers. Je constate le flux démographique. Pour ne parler que de la seule entreprise où je travaille, le nombre de collaborateur à augmenté d'environ 2700 personnes en 10 ans. Je ne prends en compte ici que les salariés et pas les très nombreux fournisseurs qui ont dû eux aussi déménager leurs bureaux (et qui ne bénéficient pas de dérogations fiscales directement, mais dont la venue est une conséquence directe des dérogations fiscales). On peut probablement parler d'environ 4000 emplois... et donc de 8000 habitants supplémentaires en 10 ans : et je ne parle ici que d'une seule entreprise.. !

Parmi les 100 personnes avec lesquelles je travaille, nous sommes trois à être orginaires de la région : un vaudois, une genevoise et moi... les 97 autres ont du venir s'installer, occuper un logement, utiliser une voiture pour se rendre au travail.

Je comprends que tu ai du mal à saisir cette réalité car tu ne la vois pas au quotidien : ni le fonctionnement.. quant aux nuisances elles te semblent acceptables.. mais le sont de moins en moins aux électeurs genevois.

Si tu veux vraiment faire progresser notre agglomération, si, comme moi, tu souhaites sincèrement que les parties françaises signent le prochain projet d'agglomération alors, tu n'as qu'une seule chose à faire : va convaincre le Maire de Veyrier de construire des logements (il te dira peut être alors qu'il est opposé au modèle de développement économique exogène), va convaincre David Hiller, Michèle Kunzler et Robert Cramer de peser de tout leur poids en faveur du projet des Cherpines (il ne te reste plus que quelques semaines), va convaincre des députés du Grand Conseil de modifier les lois fiscales qui incitent les communes à s'opposer aux projets de logements, va convaincre les uns et les autres de prendre les mesures nécessaires soit pour réduire les délais de construction, soit d'augmenter en parallèle le nombre de projet pour que la production de logement soit suffisante.

Va tout simplement convaincre les "responsables" politiques genevois de tenir les promesses qu'ils ont fait aux Genevois sur les logements : 2500 logements par an promis dans le programme de législature dont l'encre est encore fraiche !

Mais cesse de perdre ton temps : aucun élu du Genevois français ne pourra désormais céder sur cette condition de base du projet d'agglomération qu'est le rééquilibrage des logements.

Nous sommes nombreux à souhaiter que Genève cesse de mettre un autogoal à la région.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 08/04/2011

"Et puis encore un conseil, lui qui se plaint régulièrement des embouteillages croissants chaque jour entre son domicile de Saint-Julien et son lieu de travail au Petit-Lancy: il existe un bus, la ligne D, qui passe vraiment tout près des deux endroits, en ligne directe. Qu'attend-il pour chancher de mode de transport?"

Quoi! Qu'est-ce que j'apprends? Ce monsieur va de Saint-Julien au Petit-Lancy pour son travail et il ne prend pas le vélo, mais la voiture?"

Ce monsieur est à mes yeux complètement dévalué. Je ne lui accorde plus aucun crédit.


"Pour un pendulaire, l'auto ne devrait entrer en ligne de compte que s'il n'y a pas de transport public à disposition."

D'accord à 200%.

Écrit par : Johann | 08/04/2011

"Et qui dit régression dit diminution sensible du niveau de vie."

Cela dépend ce que vous mettez dans le "niveau de vie". Si vous n'y mettez que du quantitatif, peut-être. Mais ce qui est sûr, c'est que la qualité de la vie à Genève est en chute libre depuis plusieurs années. Si vous estimez que le niveau de vie augmente quand le bruit et la pollution augmentent, je trouve que vous avez une curieuse conception du "niveau de vie". Seulement monétaire.

Et ce qui est sûr c'est que le "niveau de vie" de ceux qui arrivent à Genève augmente. Mais pour les autres?

A part ça, la croissance aura nécessairement une fin. Il y a des limites physiques à tout. Et alors que se passera-t-il? Si ce n'est la "régression" dont vous parlez...

Écrit par : Johann | 08/04/2011

Johann, "niveau de vie" a en général une signification strictement monétaire. Sinon on parle de "qualité de la vie". J'ai, dans l'Utopie urgente, lancé quelques pistes de ce qui pourrait être une modification intelligente de notre qualité de vie, dans une optique plus durable et moins énergivore. Citant d'ailleurs David Hiler sur la question, qui suggère en boutade d'acheter plusieurs séances de massage par semaine plutôt qu'un 4x4. Mais si l'on veut éviter la catastrophe d'une récession brutale, il faut le faire en douceur.
Changer d'un coup tout le système, en se privant de rentrées substantielles, c'est prendre le risque d'une explosion sociale incontrôlée et incontrôlable. Entre autres.

Écrit par : Philippe Souaille | 08/04/2011

Antoine, comme je te l'ai expliqué sur le blog de Mabut, les responsables politiques genevois ont en général tout loisir de défendre la position de leur choix devant leur parti lorsque celui-ci décide de son mot d'ordre pour une votation. Mais s'ils sont mis en minorité par l'Assemblée générale, il n'est pas d'usage qu'ils défendent un mot d'ordre différent, ce qui serait peu démocratique.
Mais tranquilise-toi, il est peu probable que le référendum des Cherpines passe la rampe en votation cantonale et la campagne n'a pas encore vraiment commencée.
Pour le reste, je note avec plaisir que tu admets aujourd'hui ce que tu niais il y a quelques semaines, à savoir que les multinationales font aussi tourner l'économie locale.
Sur le fond, je ne nie nullement la croissance de la région, il faudrait être aveugle. Simplement tu l'attribues essentiellement aux multinationales, ce qui est faux. Le boom de ces dix dernières années correspond d'abord aux accords sur la libre circulation et l'attirance qu'exerce un bon salaire en Francs Suisses sur le reste de la planète et les ressortissants de l'Hexagone et de l'UE en particulier.
Notre minuscule entreprise reçoit plusieurs offres chaque mois de cameramen, monteurs, musiciens, venant de Paris, qui se sont établis en Haute-Savoie pour essayer de trouver du boulot ici. Et c'est pareil dans toutes les branches. De plus, s'ils ne trouvent pas de boulot, rien ne les empêche de monter leur propre boîte. Ce qui explique en bonne partie le succès du MCG, bien que leur argument soit complètement à côté de la plaque: réserver le travail aux résidents en excluant les frontaliers, quand tous les frontaliers ont le droit de devenir résidents demain s'ils le souhaitent, c'est juste stupide, en dehors ne pas être davantage conforme aux intérêts de l'économie qu'à nos traditions humanistes.
Moins de 10% de ce flux d'immigration concerne des multinationales. Et encore en Suisse, si l'on y ajoute les migrants arrivant dans la région pour bosser sur france, dans les magasins etc... C'est encore bien mois. La multi que tu connais de l'intérieur est d'ailleurs une grosse exception parmi les hedge funds et autres entreprises de négoce imposées au forfait, arrivées ces dernières années. Dans l'ensemble, elles emploient très peu de personnel, genre une ou deux dizaines, mais très qualifiés.
Voudrais-tu faire quitter Genève à P&G ? Ils sont là depuis des années, mais ils sont un des plus gros employeurs. Le plus gros des employeurs ayant bénéficié d'un forfait, certainement. Et ils continuent de grossir. A elle seule, l'entreprise semble donc assurer davantage de croissance que toutes les nouvelles boîtes bénéficiant d'un forfait ensemble! Cela ferait de la place de la voir partir... Mais ce serait aussi idiot que d'interdire aux nouveaux arrivants d'arriver.
Tes menaces sont tout aussi absurdes que celles du MCG. Il y a un moyen très simple à disposition des élus français pour rééquilibrer le logement : arrêtez de signer des permis de construire pour des projets destinés à l'évidence à des salaires suisses, et construisez à la place des HLM réservés aux salaires français. Evidemment, ça rapportera moins d'impôt frontalier, mais cela devrait permettre aux communes de se désintoxiquer, selon tes propres mots...
Heureusement, je ne crois pas que tu parviennes à être majoritaire à l'ARC sur une question aussi cruciale. Même si on ne sait jamais, en politique, c'est comme pour les Cherpines. En tout cas, remettre en cause le financement des moyens de transports publics utiles à tous serait la plus spectaculaire bêtise en matière d'aménagement commise dans la région depuis la suppression des rails de tram au milieu du XXème siècle. Cette fois là, c'est Genève qui avait fait la grosse boulette. 20 ans plus tard, montrez-vous plus intelligents !

Écrit par : Philippe Souaille | 08/04/2011

Rebus, oui, un revenu de 15 000 Francs, pour un loyer de 5000.- Ou deux salaires de 7500.-, soit un couple de profs genevois, car de nos jours, il est de coutume que les femmes travaillent, même si ce n'est pas encore toujours entré dans les moeurs helvétiques. Mais la villa de 6 pièces avec jardin que l'on peut avoir à ce prix sur le Canton de Genève, ce n'est en aucun cas la norme ! Simplement vous disiez que le moindre appart à Genève se louait 10 000.-/mois C'est grossièrement faux.
Pour votre info, les quelques fois où j'ai sauté la frontière, dans un sens ou dans l'autre, ce fut toujours avec enfants en âge de scolarité. Ce qui n'est pas un problème majeur. Ils peuvent changer de système scolaire ou au contraire rester dans l'autre et devenir frontaliers, dans un sens ou dans l'autre, les deux cas sont possibles. A condition de ne pas rester crochés à ses habitudes.
Concernant votre histoire de procès, je ne me mêle pas de ce que je ne connais pas. Adressez-vous à des médias qui seront ravis d'entendre votre scoop.

Écrit par : Philippe Souaille | 08/04/2011

@ Souaille

"Le gros mensonge d'Antoine Vielliard". Voilà un titre empreint de sagesse. Cependant, "Un des gros mensonges d'Antoine Vielliard." aurait été plus exact.

Par exemple, il nous affirme que 97 de ses 100 collègues au sein de P&G sont des expats. Or, son employeur, qui engage chaque année environ 200 personnes titulaires d'un diplôme de hautes études, en recrute une centaine sortant d'une haute école locale, a récemment déclaré la directrice de P&G. Bizarre ?

Vous relevez qu'AV fait usage de son véhicule personnel plutôt que des transports publics pour se rendre au travail. C'est dire qu'il ne saurait ressentir les inconvénients de la politique d'obstruction au transports publics qu'il préconise. Peut-être qu'il serait judicieux d'inciter P&G à renoncer à participer aux frais de parking se son personnel sur son lieu de travail.

Mais AV est-il un politicien digne d'être député à l'assemblée nationale comme vous le laissez entendre ? En effet, il a été élu, au delà de mensonges éculés répétés en boucle, sur d'illusoires solutions visant un domaine particulier. Il a été élu sur un seul thème.

Peut-on être politicien monothématique ? Quelles sont donc le positions d'AV ? On n'en sait rien. Son silence était nécessaire et fort judicieux pour qu'il soit élu (je reconnais qu'il est assez intelligent pour être fourbe). Mais le résultat est qu'il est le pendant, de l'autre côté de la frontière, du MCG. Le MCG critique une situation, qui selon lui privilégie les frontaliers (et sa base critique les frontaliers voleurs de travail) et AV critique le "sale" gouvernement genevois (et aussi les suisses qu'il n'hésite pas à traiter, une fois qu'ils sont installés en France parce que chassé par les migrants européens, de colons).

Voleurs de travail, d'un côté, colons, de l'autre, ça vole bas.

Vous mettez en avant les conditions cadres suisses et genevoises pour expliquer l'augmentation du nombre d'emploi. AV fait partie de ceux qui se plaignent de ce que la Suisse et Genève détournent du droit chemin des infirmières, des enseignants ou même des policiers, qui alors font défaut à la France. Est-ce vraiment la faute de la Suisse ? Ou bien celle de l'Europe, de la France ou de l'Allemagne qui chassent de par leur politique désastreuses les habitants. La faiblesse des rémunérations françaises ou portugaises et le chômage français ou espagnol est-il du fait de la Suisse ? Non ! Cette situation découle d'une très mauvaise gestion, notamment de la France, qu'elle ait été gouvernée à gauche ou a droite, avec ou sans cohabitation dans un sens ou dans l'autre. Quant à AV, centre droit, Modem, il n'est que la force d'apport traditionnelle de la droite et n'apportera aucun changement.

Mais au fond, Philippe, en votre qualité de membre fondateur du Modem suisse, les positions d'AV sont elles celles du Modem ? Si tel était le cas, j'en serai déçu et pas en bien.

Écrit par : CEDH | 09/04/2011

CEDH, nous sommes globalement d'accord, quoique:
1) Le différentiel de prospérité entre la Suisse et ses voisins tient en partie à la bonne gestion helvétique et à la moins bonne dans l'UE, mais aussi, incontestablement, au recel par la Suisse d'un certain nombre de richesses produites dans l'UE, par l'UE. Ce qui ne pourra pas se régler dans un cadre national mais impose des accords globaux. Qui sont en voie d'être imposés, tant par l'UE que par l'OCDE, ce que personnellement j'approuve. Nous avons les moyens de nous battre à armes égales, honnêtement, sans piller le fruit du travail des autres.
2) Je ne suis plus membre du Modem, même si je garde une affection certaine pour ses membres et ses idées. Mais je l'ai déjà dit, je pense que je voterais plutôt DSK, s'il se présente, en 2012... et à défaut, Bayrou ou Borloo. Ma seule vraie divergence avec DSK est sur Israël, mais c'est la première fois qu'un chef d'Etat serait aussi convaincu des vertus de la mondialisation humaniste et je veux voir ce que cela peut donner. Et puis un peu de changement, après Chirac et Sarko ne fera pas de mal.
3) Je suis certain qu'Antoine a l'étoffe d'un grand politicien. Y compris la ruse. Quelque part, dans son attitude "défense des intérêts français", il conserve le côté France profonde démo-chrétien de l'UDF, matrice du MODEM avant le Big Band Bayrou. Mais si la politique est un rapport de forces et si un politicien est élu pour défendre ses électeurs, il importe à mes yeux de le faire en respectant une certaine éthique. Je crois qu'Antoine finit par penser tout ce qu'il dit, sans se rendre compte qu'il simplifie à outrance. Mais pour être clair, à la fondation du MODEM, nous voulions au contraire travailler de concert des deux côtés de la frontière et avons passablement oeuvré pour ce faire. Tout le contraire que d'opposer les uns aux autres.

Écrit par : Philippe Souaille | 09/04/2011

Suite à mon post précédent, je crois utile de citer deux de mes sources :

"Troisième employeur du canton avec un effectif de 3150 collaborateurs, Procter & Gamble pourrait salarier, si tout se déroule comme prévu,3300 personnes à la fin de l’année, signale Frédérique Reeb-Landry, directrice générale de P & G Genève. Chaque année, ce groupe recrute 200 jeunes universitaires, dont 100 dans le vivier local."

http://archives.tdg.ch/TG/TG/-/article-2011-03-1327/les-entreprises-embauchent-et-le-nombre-de-frontaliers-explose


"La force de Procter & Gamble: elle finance 80% des primes de l’assurance de base et semi-privée de ses collaborateurs. Et pour les conjoints et les enfants de ces derniers, elle participe à hauteur de 25% pour le paiement de ces mêmes primes. Quant à l’assurance-vie, elle la prend en charge à 100%. De plus, «le salarié et sa famille peuvent bénéficier d’une place de parking subventionnée sur le site de l’entreprise ou à proximité de celui-ci», explique Frédérique Reeb-Landry, en charge des relations publiques pour P & G. Si un membre du personnel préfère néanmoins le bus ou le tram, l’entreprise lui offre alors l’abonnement annuel aux Transports Publics Genevois afin d’encourager la mobilité douce. «Environ 60% de nos collaborateurs en bénéficient, soit environ 1500 véhicules en moins par jour dans Genève.»"

http://www.bilan.ch/dossier/les-21-meilleurs-employeurs-romands

Écrit par : CEDH | 09/04/2011

@ Philippe Souaille

1. Ce que l'UE impose à la Suisse et à d'autres Etats européens tels le Luxembourg, l'Irlande ou l'Autriche, c'est la délocalisation d'activité à haute valeur ajoutée en Asie et à Londres. Et ce sont des activités qui sont à la base de la prospérité occidentale.

C'est dire que l'UE exécute ceux qui en Europe sont le plus défavorisés.

Les attaques de l'UE, si elles visent à appauvrir la Suisse, n'enrichiront certainement pas les résidents de l'UE. L'UE joue une politique à somme négative, soit une politique dont toute l'Europe, au sens géographique, ressortira perdante. C'est d'ailleurs ce que fait au niveau local AV.


2. DSK, cela ne changera rien à rien. La France a besoin d'un électrochoc comme l'a connu il y a quelques années l'Autriche.


3. AV a peut-être l'étoffe d'un grand politicien. Mais ses dissimulations, ses mensonges, ses menaces font qu'il n'est certainement pas un homme d'Etat. Cet homme à pris un chemin : celui d'être une nuisance pour son pays.

Écrit par : CEDH | 09/04/2011

Gros mensonge ou réalité qu'on a pas envie de voir parce que ça arrange les bidons ?

Toujours est-il qu'on peut se demander pourquoi certains ont des forfaits fiscaux quand tous les autres paient plein tarif. Alors ? Pour "compenser un peu la chereté des prix en Suisse" ? Si c'est cela, toutes les entreprises établies en Suisse devraient avoir droit à un forfait fiscal, sinon il y a distortion de concurrence.

Dans quelques semaines, La Gauche lance une initiative pour l'abolition pure et simple des forfaits fiscaux des personnes physiques au niveau fédéral. Il faudra aussi songer bientôt à mettre un grand coup de balai du côté de la fiscalité des entreprises en Suisse.

Écrit par : Fufus | 09/04/2011

Un discours teinté de surdité et autosuffisance genevoise (« Nous donnons du travail à tout le monde ») - dommage. Personnellement, je suis très content qu'AV ait été élu puisqu’il semble être le seul qui a le courage de dire les vérités qui dérangent et d'avoir une vision à plus long terme pour notre agglomération.
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@CEDH: Vous n'aviez pas dit sur le blog d'AV que vous devriez partir à l'étranger? Je ne peux que vous encourager à le faire. Ainsi, vous découvrirez peut-être que les Suisses ne sont pas plus intelligent, honnête et beau que tous les autres habitants de cette planète - image que vous véhiculez sans cesse.
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@PS: Dites vous bien que votre situation est particulière puisque vous bénéficiez des avantages de pouvoir jouer à saute-mouton à travers la frontière là où les autres en subissent plutôt les inconvénients (tels que les tirades du MCG d'un coté et la pression immobilière effrénée de l'autre). Je suis cependant agréablement surpris par la lucidité que se manifeste dans le paragraphe suivant: "[...] mais aussi, incontestablement, au recel par la Suisse d'un certain nombre de richesses produites dans l'UE, par l'UE. Ce qui ne pourra pas se régler dans un cadre national mais impose des accords globaux. Qui sont en voie d'être imposés, tant par l'UE que par l'OCDE, ce que personnellement j'approuve. Nous avons les moyens de nous battre à armes égales, honnêtement, sans piller le fruit du travail des autres."
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Quant au terme "colon", je le trouve pleinement approprié pour les arrivants genevois en France qui ne sont motivés que par leur propre avantage, violent les lois du pays qui les accueille (pseudo-résidences secondaires, voitures...) et ne montrent aucun intérêt pour l'intégration dans la société locale (Ils ont peut-être été élevé dans le dédain de tout ce qui n'est pas suisse qui transpire du discours de CEDH). Or, ces colons sont de plus en plus nombreux (demandez à la population « en place » dans le Genevois français ; allez voir les chiffres dispo) et de plus en plus agressif : Il y a, dans des communes de la première colonne frontalière, un échange de populations dû au rapport de force économique qui est hallucinant. Prétendre, au contraire, que les nouveaux arrivants français et européens "cherchant du travail à GE" (PS) ou les "pauvres de l'Europe du Sud gracieusement accueillis par GE" (CEDH) soient capable d'exercer une telle pression foncière dans le Genevois français me semble bien absurde.
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"Il y a un moyen très simple à disposition des élus français pour rééquilibrer le logement : arrêtez de signer des permis de construire pour des projets destinés à l'évidence à des salaires suisses [5000-6000 EUR/m2 pour des apparts à Collonges-sous-Salève…], et construisez à la place des HLM réservés aux salaires français. Evidemment, ça rapportera moins d'impôt frontalier, mais cela devrait permettre aux communes de se désintoxiquer, selon tes propres mots...". Je pense que c'est effectivement une partie de la solution du problème, surtout si beaucoup de ceux en faveur desquels les permis sont établis viennent uniquement pour se comporter en colon (voir ci-dessus). L'autre alternative serait une imposition sur le revenu dans le pays de résidence (la France) de tous les frontaliers sur GE assorti de contrôles stricts pour éviter les abus aujourd'hui manifeste. Les communes auraient alors plus de moyens (y compris pour faire du logement social) et le problème de colonisation serait probablement moindre. Mais nous savons tous que réformer la fiscalité transfrontalière en place est une entreprise de longue haleine... Dans l'immédiat, AV a donc raison de surtout réclamer plus de logement coté GE pour éviter que cette source de tous les maux empire encore et encore.

Écrit par : Lucidité-svp | 09/04/2011

Bonne lecture de la page 3 du Temps de ce WE qui infirment vos propos sur le logement à Genève. Combien y t-il de petits jeunes qui commencent avec ne serait ce que 4000 par mois?

Je ne doute pas que les problèmes d’infrastructure logement école trafic seront les fossoyeurs de la prospérité actuelle. Il ne s'agit pas d'un souhait, mais une simple question économique. Est ce raisonnable de payer des mecs 3 fois plus qu'ailleurs pour qu'ils puissent payer des loyers et des frais de scolarité trois fois supérieur qu'ailleurs. Les memes raisons les ont déjà pousser à quitter Londres...

CEDH avez vous penser à consulter, vous êtes vraiment addict. J'avais cru comprendre que vous étiez appeler sous d'autres cieux, votre occupation professionnelles vous laisse pas mal de temps libre.

Écrit par : Rebus | 09/04/2011

Philippe, merci pour ton invitation.
Pour être honnête, je ne me sens pas le courage, la motivation et les qualités requises pour une telle entreprise.
En toute humilité, je pense pouvoir agir sur mon entourage immédiat, voire un poil élargi... ça s'arrête là. Pour voir plus large, il faudrait un engagement politique et, bien que j'aie de qui tenir, ça ne me fait pas du tout bander. Et pour moi, bander, c'est vital, au propre comme au figuré !
Merci pour ton engagement, merci de nous faire profiter de tes gamberges.
A +
Pierre

Écrit par : Pierre JENNI | 09/04/2011

Eh bien, quel déferlement en plein week-end ! Je vais tâcher de faire court:

1) je n'ai jamais nié les problèmes découlant des différences de fonctionnement législatif et administratif français et suisses. Je travaille même depuis plus d'un an au film que je réalise sur la question. Simplement, AV a bâti l'essentiel de son discours politique sur un constat faux et archi-faux. Il attribue la cause essentielle de tous ces problèmes aux forfaits fiscaux accordés à certaines entreprises, qui ne concernent en réalité qu'à peine 10% de l'accroissement démographique. Du coup, il préconise une solution miracle qui n'en est pas une, puisqu'il a mal lu l'énoncé. Ais-je encore le droit de le signaler ?

2) Imposer les frontaliers en France laisserait moins d'argent aux communes françaises frontalières que la rétrocession actuelle. Les frontaliers paient déjà la taxe d'habitation, la seule qui va aux communes. Le reste de leurs impôts partirait à Paris, et très probablement n'en reviendrait pas. Renseignez-vous.

3) Comme l'UE, je suis contre les forfaits fiscaux en tant qu'avantage particulier accordé à certaines entreprises étrangères. C'est déloyal. J'approuve en revanche une fiscalité uniforme pour toutes les entreprises, qui soient favorables aux entreprises. Qu'elles soient suisses ou étrangères désireuses de s'établir ici. C'est le meilleur moyen de lutter contre les délocalisations et de créer de l'emploi. C'est d'ailleurs l'un des principaux handicaps de l'économie française que de concentrer la charges fiscale et sociales en amont, sur l'entreprise. Ce qui fait qu'entre les parts patronales et ouvrières, une heure de salarié payé des clopinettes revient aussi cher, voire plus cher qu'une heure de salarié payé deux ou trois fois plus en Francs suisses. C'est l'une des causes de la délocalisation.

4) Le poids de l'impôt doit être transféré sur les personnes, de manière raisonnable évidemment, c'est à dire plutôt sur les impôts à la consommation, de manière sélective (très peu, voire pas du tout sur les biens de première nécessité) et beaucoup, voire énormément sur les produits de luxe, peu écologiques etc... Car si la société doit tendre à l'égalité, l'être humain, lui veut aussi se différencier de ses semblables. C'est une question d'ego. Alors si l'ego est utilisé pour faire payer l'impôt, au moins il servira à quelque chose.
Et pour celui qui veut s'offrir une Porsche, par exemple, ce sera beaucoup moins indolore, psychologiquement de payer 100% de tva que 20% d'impôts sur son revenu.

5) La réforme de la fiscalité doit être une ambition mondiale et se solder au final par une imposition plus forte des très grosses fortunes, leur quasi exemption fiscale actuelle laissant porter une trop grosse part de la solidarité et des équipements sur les classes moyennes. Ceci ne pourra être réalisée que si les très grosses fortunes ne peuvent plus virevolter d'un paradis à l'autre. l'OCDE, l'UE, les USA s'y essaient, l'Asie traîne la patte... Mais c'est uniquement dans un contexte de mondialisation accrue (= de gouvernance mondiale) que l'on y parviendra. Relever au contraire les frontières nationales, comme le souhaitent les populistes de droite ou les altermondilistes (et d'une certaine manière Antoine Vielliard) ne pourra avoir que l'effet inverse.

C'est très résumé. Pour plus de détails, je vous recommande de lire "Traité sarcastique de savoir-vivre sans nations" sur mon site www.utopieurgente.org

Écrit par : Philippe Souaille | 10/04/2011

@ Philippe Souaille

1) "Il (AV) attribue la cause essentielle de tous ces problèmes aux forfaits fiscaux accordés à certaines entreprises, qui ne concernent en réalité qu'à peine 10% de l'accroissement démographique."

Et moi, ai-je le droit de suggérer que de nombreux de problèmes genevois (logement, transport) proviennent d'une immigration incontrôlée ? De souhaiter une immigration quantitativement moindre et qualitativement choisie ? De m'offusquer de la priorité donnée aux européens, qui conduit à jeter hors de Suisse un médecin africain qui a séjourné plus de 10 ans à Genève alors que l'on accepte le premiers des traînes-savates européens dès lors qu'il travaille à tiers temps dans un bistrot et bénéficie pour le reste de l'Hospice général ? De voir en cette priorité aux européens une forme de racisme ? De respecter le principe de libre établissement du national ? Est-ce en soulignant les effets bénéfiques qu'a eu un sursaut nationaliste en Autriche, honteusement boycottée par l'Europe et la France de ce fait, que j'affirme la supériorité du Suisse ? Bien sûr que non. Je ne fais que penser que les nationalismes, qui n'empêchent pas la collaboration, sont l'un des rares obstacles au néolibéralisme.


2) "Imposer les frontaliers en France laisserait moins d'argent aux communes françaises frontalières que la rétrocession actuelle. Les frontaliers paient déjà la taxe d'habitation, la seule qui va aux communes. Le reste de leurs impôts partirait à Paris, et très probablement n'en reviendrait pas. Renseignez-vous."

J'ajouterais que les frontaliers de France paient la TVA sur leurs dépenses en France. Qui plus est à un taux moyens plus élevés que dans le reste de la France au vu de leur pouvoir d'achat plus élevé. Il en résulte (TVA, impôts locaux, redistribution de 3.5 % de la masse salariale) que les frontaliers en France paient plus d'impôt en France qu'en Suisse et que le même frontalier paie en France plus d'impôt que le français moyen. C'est dire qu'ils subventionnent le reste de la France. Le Genevois français, allias la France voisine, est victime de la rapacité de Paris, qui n'accorde même pas à ses fonctionnaire la prime grande ville. Ce racket va en augmentant comme on l'a vu au vu du taux de taxation du 2ème pilier ou de la future cotisation CMU (2014 ?) pour ceux qui, faute d'avoir choisi l'assurance maladie suisse, seront soumis d'office à la Sécu française.


3) "Comme l'UE, je suis contre les forfaits fiscaux en tant qu'avantage particulier accordé à certaines entreprises étrangères. C'est déloyal."

Vous avez votre propre concept de la loyauté. N'est il pas déloyal d'imposer par la force à la Suisse un régime fiscale particulier, sans argument sérieux quant au respect d'engagements internationaux préalables de la Suisse ?

Quel est le taux d'imposition en Irlande ? Beaucoup moins que le taux affiché, que l'UE trouve top bas. A tous le moins pour certaines sociétés. Celles qui profitent du réseaux de CDI de l'Irlande et des lois irlandaises en matière de relation avec certains paradis fiscaux. Le tout aboutissant à une imposition digne des avantages fiscaux que l'UE reprochez à la Suisse. Quant au Royaume-uni, il modifie sa législation pour ne plus imposer à un taux minimum les bénéfices rapatrié au RU en provenance de paradis fiscaux. Et le taux d'imposition bulgare ? N'est-ce pas déloyal ? L'UE ne devrait-elle pas balayer devant sa porte ?


4) "Le poids de l'impôt doit être transféré sur les personnes, de manière raisonnable évidemment, c'est à dire plutôt sur les impôts à la consommation, de manière sélective (très peu, voire pas du tout sur les biens de première nécessité) et beaucoup, voire énormément sur les produits de luxe, peu écologiques etc... Car si la société doit tendre à l'égalité, l'être humain, lui veut aussi se différencier de ses semblables. C'est une question d'ego. Alors si l'ego est utilisé pour faire payer l'impôt, au moins il servira à quelque chose. Et pour celui qui veut s'offrir une Porsche, par exemple, ce sera beaucoup moins indolore, psychologiquement de payer 100% de tva que 20% d'impôts sur son revenu."

Si vous voulez tenir compte de l'environnement il faudrait peut-être mieux taxer votre vieille gimbarde (c'est vous qui avez ainsi décrit votre véhicule automobile) que ma nouvelle Porsche -).

Plus sérieusement, je crois qu'il faut obliger les super-riches à dépenser afin de lutter contre les excès de liquidité financière qui conduit à des bulles détruisant l'économie réelle et les êtres humains (cf. Patrick Arthus). La super-taxation des ferrari ne m'apparaît pas une bonne idée. Il faut taxer le non achat de ferrari. La production de ferrari génère des emplois en Europe, pas notre prochaine éventuelle voiture asiatique à la production automatisée...

La fortune des super riches doit être super imposée.

A moins que l'on crée une incrimination pénale pour le riches qui ne dépenses pas assez. Ne faudrait-il pas créer une nouvelle infraction : la thésaurisation ?

Cela étant je suis d'accord avec vous il est tout à fait possible d'augmenter fortement le TVA pour qu'elle deviennent eurocompatible. Toutefois un taux sur les produits de luxe n'est pas eurocompatible, puisque l'UE ne prévoit qu'un taux ordinaire et un taux réduit. Cette augmentation permettrait de rabaisser à un niveau très bas les impôts sur les sociétés et de diminuer l'impôt sur les classes moyennes. Relevons que il est possible d'imposer lesdits bénéfices en la personne des bénéficiaires.

5) "La réforme de la fiscalité doit être une ambition mondiale et se solder au final par une imposition plus forte des très grosses fortunes, leur quasi exemption fiscale actuelle laissant porter une trop grosse part de la solidarité et des équipements sur les classes moyennes. Ceci ne pourra être réalisée que si les très grosses fortunes ne peuvent plus virevolter d'un paradis à l'autre. l'OCDE, l'UE, les USA s'y essaient, l'Asie traîne la patte... Mais c'est uniquement dans un contexte de mondialisation accrue (= de gouvernance mondiale) que l'on y parviendra. Relever au contraire les frontières nationales, comme le souhaitent les populistes de droite ou les altermondilistes (et d'une certaine manière Antoine Vielliard) ne pourra avoir que l'effet inverse."

Je n'y crois pas une seconde. La Grande-bretagne prend le chemin inverse, les USA ne touchent pas aux LLP (alors qu'il suffit d'une décision de l'administration Obama sans intervention du législatif) et autres moyens permettant aux non américains de frauder le fisc de leurs pays, dont le fisc suisse; l'asie se réjouit, sans compter les pays du golfe et les sympathiques lacune législatives sud-américaines....et de deux (au moins) pays africains.

"C'est très résumé. Pour plus de détails, je vous recommande de lire "Traité sarcastique de savoir-vivre sans nations" sur mon site www.utopieurgente.org"

J'y cours.

Écrit par : CEDH | 10/04/2011

@PS: Concernant votre point 2, il suffit simplement de regarder comment ça se passe dans des régions frontalières à la Suisse non-soumise à ce régime absurde d'IS et rétrocession à la genevoise (autour de Bâle par example). Or, force est de constater que ni en Alsace ni dans le pays de Bade les autochtones habitent dans de trous dans la terre et mangent des racines. Faut arrêter de prétendre en permance que Paris (ou Berlin, ou Rome, ou Vienne) sont uniquement des vampires qui rêvent de vider leur propres habitants jusqu'à la moëlle...

Écrit par : Lucidité-svp | 10/04/2011

@ Ceux qui me critiquent par des arguments ad personam

N'avez vous pas remarqué que la venue d'européens à Genève, ou directement en France voisine pour travailler à Genève, résulte pour nombre d'entre eux de ce qu'ils ont été réduit à la pauvreté et expulsés par les politiques néolibérales de leur pays respectifs (y compris pour les français venant de tous les coins de France) ? Politiques largement soutenue par une UE bolkesteinienne ?

N'avez vous pas remarqué que l'explosion du néolibéralisme a fait suite à la ponction opérées sur nos économies occidentales (et donc dans nos poches d'occidentaux et en priorité dans celle des moins nantis) par les pays producteurs de pétrole qui sont au bénéfice d'une rente foncière ? Que le noir destin de l'occident a été accéléré par l'entrée de la Chine à l'OMC ?

N'avez vous pas remarqué que nous sommes (devenus?) un peuple de fainéant incapable d'acquérir les connaissances et les savoir faire nécessaires, se complaisant dans l'achat de voitures et autres biens de consommation à crédit ? Le résident suisse étant très endetté.

N'avez vous pas remarqué que les activités à haute valeur ajoutée, qui sont nécessaires pour assurer notre prospérité et la pérennité de nos systèmes sociaux, nécessitent des neurones bien organisés. Qu'il est indispensable de les améliorer par l'éducation et une immigration choisie. Que notre système éducatif est tenu en échec par une immigration incontrôlée, comme le met en évidence la situation en la commune de Vernier, où toute les écoles sauf une sont en ZEP ?

N'avez vous pas remarqué que Genève dépense près de 20'000 francs par habitant dont plus de 10'000 provienne de l'impôt sur la fortune et le revenu. Que ce n'est pas les emplois à faible valeur ajoutée qui sont de nature à amener une famille avec deux enfants à payer 40'000 francs d'impôt par année ?

Désolé, l'arc lémanique (et non pas le Genevois) doit, en passant par Genève et l'EPFL, devenir non pas Monaco-sur-Léman mais Neurones-sur-Léman. Ce qui nécessite une immigration choisie et réservée en priorité à ceux qui sont aptes, africains compris, à s'inscrire dans des circuits économiques à haute valeur ajoutée. Pour ce faire il est urgentissime de permettre la circulation, quelqu'en soit la forme, entre Lausanne (et au delà) et Genève. Pour aller vite il y a une seule solution : la modification de la Constitution fédérale afin de lever les obstacles juridiques qui font qu'à ce jour il ne sera pas possible d'assurer les transports lémaniques avant quelques dizaines d'années. Le CEVA entre la gare des Eaux-vives et Annemasse est secondaire, notamment tant que son prolongement en direction du Chablais, de l'Arve et du pied du Salève ne sera pas sous toit. D'autant plus secondaire que le Genevois français s'en détourne, AV en tête. En n'étant pas même capable de le financer entre la frontière et Annemasse, la France ne sera pas capable de le financer au delà. Autant dire que le CEVA c'est de l'argent perdu. D'ailleurs à Annecy on s'en fout.


@ A l'adepte de l'injure du type colon.

Comment appelez-vous les européens qui habitent Genève, roulent plaques françaises, sont titulaires d'un permis frontalier et prétendent habiter en France pour échapper aux primes d'assurance maladie suisse et, au passage, détournent au bénéfice de la France et au détriment de la Suisse 3.5 % de leur salaire.

Écrit par : CEDH | 10/04/2011

@ Ceux qui me critiquent par des arguments ad personam

N'avez vous pas remarqué que la venue d'européens à Genève, ou directement en France voisine pour travailler à Genève, résulte pour nombre d'entre eux de ce qu'ils ont été réduit à la pauvreté et expulsés par les politiques néolibérales de leur pays respectifs (y compris pour les français venant de tous les coins de France) ? Politiques largement soutenue par une UE bolkesteinienne ?

N'avez vous pas remarqué que l'explosion du néolibéralisme a fait suite à la ponction opérées sur nos économies occidentales (et donc dans nos poches d'occidentaux et en priorité dans celle des moins nantis) par les pays producteurs de pétrole qui sont au bénéfice d'une rente foncière ? Que le noir destin de l'occident a été accéléré par l'entrée de la Chine à l'OMC ?

N'avez vous pas remarqué que nous sommes (devenus?) un peuple de fainéant incapable d'acquérir les connaissances et les savoir faire nécessaires, se complaisant dans l'achat de voitures et autres biens de consommation à crédit ? Le résident suisse étant très endetté.

N'avez vous pas remarqué que les activités à haute valeur ajoutée, qui sont nécessaires pour assurer notre prospérité et la pérennité de nos systèmes sociaux, nécessitent des neurones bien organisés. Qu'il est indispensable de les améliorer par l'éducation et une immigration choisie. Que notre système éducatif est tenu en échec par une immigration incontrôlée, comme le met en évidence la situation en la commune de Vernier, où toute les écoles sauf une sont en ZEP ?

N'avez vous pas remarqué que Genève dépense près de 20'000 francs par habitant dont plus de 10'000 provienne de l'impôt sur la fortune et le revenu. Que ce n'est pas les emplois à faible valeur ajoutée qui sont de nature à amener une famille avec deux enfants à payer 40'000 francs d'impôt par année ?

Désolé, l'arc lémanique (et non pas le Genevois) doit, en passant par Genève et l'EPFL, devenir non pas Monaco-sur-Léman mais Neurones-sur-Léman. Ce qui nécessite une immigration choisie et réservée en priorité à ceux qui sont aptes, africains compris, à s'inscrire dans des circuits économiques à haute valeur ajoutée. Pour ce faire il est urgentissime de permettre la circulation, quelqu'en soit la forme, entre Lausanne (et au delà) et Genève. Pour aller vite il y a une seule solution : la modification de la Constitution fédérale afin de lever les obstacles juridiques qui font qu'à ce jour il ne sera pas possible d'assurer les transports lémaniques avant quelques dizaines d'années. Le CEVA entre la gare des Eaux-vives et Annemasse est secondaire, notamment tant que son prolongement en direction du Chablais, de l'Arve et du pied du Salève ne sera pas sous toit. D'autant plus secondaire que le Genevois français s'en détourne, AV en tête. En n'étant pas même capable de le financer entre la frontière et Annemasse, la France ne sera pas capable de le financer au delà. Autant dire que le CEVA c'est de l'argent perdu. D'ailleurs à Annecy on s'en fout.


@ A l'adepte de l'injure du type colon.

Comment appelez-vous les européens qui habitent Genève, roulent plaques françaises, sont titulaires d'un permis frontalier et prétendent habiter en France pour échapper aux primes d'assurance maladie suisse et, au passage, détournent au bénéfice de la France et au détriment de la Suisse 3.5 % de leur salaire.

Écrit par : CEDH | 10/04/2011

@PS
Pékin s'écrit : 北京 , et a pour transcription en pinyin : běijīng. Non pas bei-jin.

Écrit par : CEDH | 10/04/2011

@CEDH: Bien que ça ne sert probalement pas à grande chose de dicuter avec vous... Le cas que vous décrivez, j'appelle ça des fraudeurs. Toutefois, j'ai l'intime conviction qu'il s'agit d'une poignée de cas isolés tandis que la bonanza des "ex"-Genevois sur France concerne des dizaines de milliers de personnes. Libre à vous d'attribuer le même impact sur les rélations transfrontalières aux deux cas de figure.

Indiquons également le lien vers "Mise au point" de ce soir:
http://www.tsr.ch/emissions/mise-au-point/2988915-mise-au-point.html
Là aussi, vous allez certainement nous dire qu'il n'est pas à la classe politique genevoise de faire son auto-critique mais que tout ceci est de la faute des méchants étrangers (AV en tête, j'imagine).

Sur ce, bonne semaine.

Écrit par : Lucidité-svp | 11/04/2011

@ Lucidité-SVP

1. J'ai visionné la première partie de l'émission. Rien de nouveau. Aucune explication, aucune solution. Tout au plus aura-t'on pu constater la bêtise de Chevrolet et l'insolence de Luscher.

Aussi, permettez-moi de rappeler :

a. Trop de liquidité mondiale participe à la création de bulles spéculatives financières.

b. L'excès de liquidité résulte du déséquilibre entre anciennes nations et nouvelles nations ainsi qu'à la thésaurisation pratiquées par les super-riches.

c. Déséquilibre et thésaurisation découlent de notre paresse et notre incapacité à acquérir connaissances et savoir faire. Mais aussi de notre lâcheté face aux bénéficiaires de la rente pétrolière, protégés par l'industrie pétrolière et la menace de l'islam qui pèse sur l'occident. Et encore de la complicité des peuples face au néolibéralisme, tant le peuple aime à se faire berner, par exemple par les républicains (aux USA), par la droite (dont la famille politique d'AV) et la gauche caviard (en France) ou l'UDC, tendance zürichoise (en Suisse).

d. La bulle qui nous concerne, la bulle immobilière lémanique, se fonde et spécule sur un déséquilibre réel entre l'offre et la demande. Trop peu d'offre ou trop de demande.

e. Trop peu d'offre c'est trop peu de construction. Et certains préconisent de bétonner à tout va. Ils perdent de vue que cela attisera le flux migratoire et générera une amplification des problèmes d'infrastructures matérielles et sociales. Et des problèmes financiers. C'est entrer dans une spirale ingérable.

f. Trop de demande c'est trop d'immigration ou trop de m2 par habitant.

g. AV a souligné cette sous-occupation de certains logements. Lorsque les enfants sont partis, les gens ne peuvent quitter leur appartement dès lors qu'ils paieraient plus cher pour un logement plus petit. Il a raison mais n'a proposé aucune solution.

h. L'excès d'immigration est du à un excès d'emploi, emplois dont profitent ceux qui viennent à Genève ou dans le Genevois parce qu'il n'en n'ont pas trouvé chez eux. Pourquoi ? Demander le donc à AV dont la famille politique a participé au gouvernement de la France pendant des lustres !

i. Lesdits emplois ne sont pas largement de créations fiscales exogènes comme radote AV. A ce qu'a relevé Souaille, je rajoute que dans le canton de Vaud seul 13 % des emplois sont exogènes et encore ne sont-il pas tous occupés par des expats, ni résultent-ils d'incitations fiscales. C'est dire que le matraquage fiscal n'est pas la solution.

j. Par contre, un contrôle des migrations, a pour avantage de diminuer les pressions sur l'ensemble des infrastructures matérielles et sociales, qui éclatent de toute part.

Il faut donc diminuer l'immigration à Genève -et sur l'arc lémanique- et en augmenter la qualité laborieuse, intellectuelle et financière. Il vaut mieux une maîtrise qualitative et quantitative de l'immigration qu'un éclatement de la bulle démographique.



2. "Bononza sur la France voisine". Mais mon cher Lucidité-SVP cela découle des Accords de libre circulation et de l'appartenance de la France à l'UE. La France a, je vous le rappelle, ratifié l'ALCP, comme chacun des états européens.

Dès lors la France a perdu le contrôle de la migration des suisses sur son territoire, tout comme la Suisse à perdu le contrôle de la migration des européens sur son territoire.

Si vous estimez que chacun devrait retrouver quelques compétences, je suis de votre avis.

N'oubliez tout de même pas qu'il y a beaucoup plus d'européen à Genève que de suisse dans le genevois français.


@ Souaille

N'avez-vous pas parfois envie de faire le vôtre l'adage : If you can't beat them join them !

Une bonne lecture, ou relecture : Considérations sur le gouvernement représentatif, John Stuart Mill, NRF, Gallimard.

Écrit par : CEDH | 12/04/2011

CEDH, je n'ai franchement pas le temps de répondre dans le détail à vos thèses UDCistes agrariennes (si j'ai bien tout compris). Qui franchement sont bancales: votre immigration sélective de haut niveau aura de toute manière besoin de petites mains pour faire son ménage, garder ses mômes, nettoyer ses malades et ses vieux, ramasser les poubelles, refaire les doutes etc...
Pour le reste, je ne considère pas la politique ou plus exactement l'engagement philosophique qui est le mien comme le moyen d'arriver au pouvoir, mais plutôt comme une façon de désigner le but à atteindre. Votre question n'a donc pas de sens, puisqu'elle ne s'intéresse qu'aux moyens, alors que c'est le but qui m'intéresse. Je pars du principe qu'en semant des graines de vérité, je travaille au bien commun, pas forcément dans l'immédiat, mais à long terme.

Écrit par : Philippe Souaille | 12/04/2011

@ Philippe Souaille

Je ne crois pas que la référence à J.S. Mill manifeste la méconnaissance de la notion de but. D'ailleurs, je ne crois pas que votre notion de bien commun s'éloigne fondamentalement de celle de J.S. Mill : le bonheur commun.

Cela relevé, il faut bien poser quelques principes généraux puisque nous sommes dans le domaine de la philosophie pratique et non de la métaphysique.

Pour ma part, je crois que les libertés idéales (grosso modo la CEDH ou le PIDCP) et les libertés de 2ème générations (grosso modo le Pacte des droits économiques et sociaux), combinés au libéralisme économique rhénan, sont les plus aptes à atteindre ce but.

Si un UDCiste agrarien rejette, contrairement à un UDCiste zürichois, le néolibéralisme économique et l'ultralibéralisme sociétal, comme je le fais, je doute qu'il adhère aux libertés de 2ème générations. Votre étiquette me semble donc bien infondée. Remarquez que pour ma part j'ai renoncé à vous coller une étiquette.

Pour résoudre un cas plus concret, le nôtre, je suis parti de ces principes et de constatations simples :

- que l'occident s'enfonçant et n'ayant pas fini de souffrir, il fallait qu'il se retrousse les méninges mais aussi les muscles (laborieux);

- qu'attirer les riches n'est pas forcément bête (financier).

Ce qui recouvre bien évidemment les personnes que vous citez dès lors qu'elles ne sont pas traîne-savates ou qu'elle n'exercent pas mal leur talent (en bourrant d'alcool les automobilistes, par exemple).

Sans doute, il y a aussi un autre principe que j'ai pris en compte : celui qui veut qu'un national est en droit de résider en son pays. C'est là un principe que beaucoup dirait être de droit naturel. Cela n'est pas important du point de vue utilitariste mais marque les limites d'une action concrète. Il s'agit d'une contrainte insurmontable dont il est vain de se demander si elle est juste. Nationaliste par défaut et non par conviction.

Ce qui précède est pour quelque temps mon testament de philosophie politique.

En vous remerciant de votre hospitalité, je vous souhaite de continuer avec succès dans votre dure besogne.

Écrit par : CEDH | 12/04/2011

CEDH: je ne connaissais Stuart Mill que de nom, et ce que je viens d'en découvrir m'incite à en savoir davantage. Merci donc.
Pour le reste, OK, je renonce à vous coller une étiquette. Mais je reste très sceptique quant à votre vision "nationale", qui n'est qu'une construction récente. De tous temps, des gens ont bougé lorsqu'ils n'étaient plus à l'aise chez eux. La migration est inhérente à la nature humaine et les groupes humains sont faits pour se mélanger... De même que si solidarité il doit y avoir, je ne vois pas les raisons justifiant qu'elle soit réservée aux membres d'un seul clan, tribu ou nation.
Si nous avons besoin de compétences extérieures, certaines compétences devenues obsolètes chez nous pourraient être utiles ailleurs. Le but n'est pas non plus de reconstruire New York ou Mexico à Genève, qui en perdrait son charme, mais d'assurer un développement harmonieux et planifié... Ce qui fait singulièrement défaut en France, où chaque maire fait à peu de choses près ce qu'il veut sans trop de concertation d'ensemble.
Philosophiquement, j'ai tendance à penser que l'on n'a rien sans rien et qu'il vaut mieux que cela reste ainsi. Quel que soit son lieu de naissance ! Ou en d'autres termes, que s'il faut aider les plus démunis, l'effort doit aussi être récompensé. En Suisse et à Genève comme ailleurs.

Écrit par : Philippe Souaille | 12/04/2011

@JS

Pour J.S. Mill, les fondements de son point de vue se trouvent plutôt dans L'utilitarisme ou De la liberté. L'opus cité met plutôt en exergue certains des inconvénients de la démocratie. Il est surtout intéressant de le lire en tenant compte de l'évolution postérieure à la publication de l'ouvrage.

Quant à l'appartenance nationale vous avez grosso modo raison elle est assez récente tout comme la démocratie "one man one vote". Cela n'est-il pas dû à la croissance démographique globale qui a conduit l'homme à coloniser la terre entière ? La terre devenant rare chacun n'est-il pas enclin à défendre son lopin de terre ou son "lopin d'eau" ?

Il est aussi un autre phénomène lié au nationalisme, qui n'a pas besoin d'être un facisme. La nationalité est pour beaucoup une marque identitaire dont ils ont besoin pour vivre. Parce qu'il n'en n'ont pas d'autre. C'est pourquoi elle ne peut pas être purement et simplement rejetée. Leur étiquette c'est suisse ou habitant de Genève. Il n'en n'ont pas d'autre suffisamment forte. Tous ne peuvent pas être comme ce couple de médecin de l'ex-yougoslavie et leurs enfants qui oublié leur identité nationale au bénéfice de leur identité professionnelle.

Je pense à Paula. Rappelez-vous cette dame brésilienne qu'un des blogeurs aujourd'hui décédé a épousé alors qu'elle était en instance d'expulsion. Elle était unanimement appréciée dans son emploi d'aide soignante en EMS. Elle avait un grand savoir faire et donc toute sa place dans l'arc lémanique. Savoir faire ne nécessite pas d'être Docteur Ingénieur des EPF.

Vous n'admettez pas que l'on ait rien sans rien. Donc vous rejetez le privilège de la nationalité. Et les privilèges découlant du statut social et financier des parents, vous les rejetez ?

Écrit par : CEDH | 12/04/2011

@PS

"Si nous avons besoin de compétences extérieures, certaines compétences devenues obsolètes chez nous pourraient être utiles ailleurs."

Voulez-vous expulser les nationaux d'un pays dont notre économie n'a plus besoin ? Cela me rappelle les entreprises françaises qui, dans leur plan social, proposent aux employés licenciés un emploi en Roumanie ou à Maurice.

Je crois ne pas vous avoir très bien compris.

Écrit par : CEDH | 12/04/2011

Eh bé, CEDh, je vous croyais en retraite philosophique, ou exilé, ou les deux à la fois ???
Pour les avantages issus du milieu social, je ne les supprime pas, dans mon monde idéal, mais je les compense (par une éducation gratuite et compétitive pour tous) et je les limite. Je situe la limite à la meilleure éducation possible et à une maison par enfant. Au-delà, il doit à mon avis y avoir redistribution, pour empêcher le phénomène actuel où l'on voit se reconstruire une aristocratie mondiale de l'argent, dotant de pouvoirs exorbitants, le cas échéant, de parfaits incapables. Parce que lorsqu'on est milliardaire, on dispose de pouvoirs exorbitants.
Et je n'expulse personne. Mais je ne retiens personne non plus. Si des gens pensent que leur avenir pourrait être meilleur ailleurs, ils ont meilleur temps de partir. Le problème de Genève, c'est que même dans les pires conditions, personne n'a envie d'en partir... Parce que tout le monde sait qu'ailleurs, il y a des places à prendre, mais à condition d'être prêt à se battre pour. Alors qu'ici, il suffit de voter socialiste pour voir son avenir assuré.

Écrit par : Philippe Souaille | 12/04/2011

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