15/04/2011

Quand on prononce le mot culture, vous entendez quoi ?

L'envie me démange de réagir au très beau texte de mon meilleur ennemi Pascal Holenweg, sur la culture. Parce qu'il ne voit dans le travail de l'artiste que son côté politique, nécessairement contestataire, selon lui. Normal, Holenweg pense politique et respire politique, jusqu'à l'extrémité du moindre poil de barbe. Anarcho-socialiste qui plus est. Or l'art c'est la vie. Et la vie, c'est la politique. Mais pas que...

S'il est incontestable que de très grandes oeuvres ont été de purs brulôts politiques, et de tous bords d'ailleurs, il y en eût tout autant qui ne le sont pas le moins du monde. Quand on prononce le mot culture, j'aime entendre répondre aussi "divertissement" et "éducation". Des masses ou de l'élite... Les deux ont besoin d'être informées, alertées et distraites. Quelques très grandes oeuvres - mes préférées - font tout cela à la fois, d'autres ne servent à rien ou juste à l'une ou l'autre, mais toutes sont de l'art, créées par des artistes.

En fait, en matière d'art et de culture, la seule règle est qu'il n'y en a pas, qu'il ne devrait pas y en avoir. Ce qui est contraire à la vocation de toute administration qui se respecte. D'aucuns pourraient ironiser sur la culture socialiste, ce serait idiot. Des socialistes ont été les meilleurs amis de la culture, d'autres ses fossoyeurs. Sans lien clair avec la qualité de leur travail politique.

"Che" Guevara est sans doute ce qui est arrivé de mieux à la salsa ! Car il l'a interdite, jugeant décadente cette musique métisse un peu trop juteuse pour le moraliste argentin blanc qu'il était.  Décadente et entretenue, comme une danseuse, par la maffia cubaine. En la contraignant à l'exil new-yorkais, il lui a offert une caisse de résonnance mondiale. Et donné naissance à l'une des plus belles chansons du patrimoine mondial de l'humanité:  "Cuando sali de Cuba", dans laquelle Celia Cruz raconte cet exil. A écouter ici

Pascal Holenweg préfère "Le Chant des partisans". C'est son droit. J'adore aussi des tas de chants révolutionnaires, les films militants sur la safra des 10 millions de tonnes à Cuba ont bercé ma jeunesse et  la littérature sans engagement peut n'être que lustration de nombril... Comme la littérature engagée aussi, d'ailleurs !

Jusqu'à la semaine dernière, en Côte d'Ivoire, le socialiste Laurent Gbagbo était l'ami des artistes, des musiciens (enfin, pas de tous) comme des cinéastes dont l'excellent Sidiki Bakaba, qui l'a accompagné jusqu'à la fin dans son  bunker, caméra au poing, et dont on est aujourd'hui sans nouvelle. On ne dira jamais assez la fidélité du griot à son maître, qui l'avait nommé patron du Palais de la Culture d'Abidjan. Bien des militaires n'ont pas eu ce courage...  Cependant le vernis culturel gbagbiste n'empêchait nullement le régime de faire brûler vif des civils aux barrages et d'assassiner les journalistes trop curieux.

N'empêche que sans le socialiste Jack Lang, que ma vieille mère  avait alpagué un jour sur un marché, je n'aurais jamais pu terminer mon premier film (en tant qu'auteur et producteur) qui n'avait pas passé la rampe des commissions d'aide sélective. Depuis, Ashakara a été diffusé jusqu'en Chine ou au Brésil et acheté aux Etats-Unis par Morgan Freeman en personne pour sa chaîne de télé... C'est incroyable ce que peuvent faire les vieilles mères décidées dans la vie des jeunes créateurs... Les relations de très haut niveau de mon paternel (le Ministre de la coopération - fondamental pour un film africain - et le propriétaire de Canal +), qu'il tutoyait depuis la guerre, avaient échoué à faire adopter le projet par leurs administrations, mais ma maman et son culot nous avait décroché l'avance sur recettes après réalisation. Pour un film à majorité suisse.

Ce que je veux dire, si j'ai quelque chose à dire, c'est qu'il n'y a pas de bonne manière de juger de la qualité d'une oeuvre et encore moins avant qu'elle n'existe. Ce qui est parfaitement contradictoire avec la logique de financement parfaitement régulée dont rêve la gauche. Sans le fait du prince, la diversité culturelle est morte ou au mieux assoupie. On l'a vu tant de fois, sans aller jusqu'aux 4 opéras populaires chinois, rejoués ad nauseam, ou au réalisme socialiste soviétique. Alors même que les périodes révolutionnaires sont souvent des périodes de foisonnement culturel.

A l'inverse, le fait du prince a offert au monde pléthore d'oeuvres monumentales, mais la culture populaire doit aussi exister pour les vivants d'aujourd'hui et pas seulement pour la postérité de demain.... La droite collectionne autant de casseroles que la gauche en matière artistique et culturelle. A l'instar du Che pour la salsa, le cinéma mondial doit énormément aux listes noires de McCarthy qui déplacèrent Hollywood en Méditerrannée durant une quinzaine d'années.

Entre 47 et 62, les plus grands succès du cinéma mondial furent tournés dans les studios de Cinecitta, de Londres et d'Almeria,  en Espagne franquiste, par des cinéastes et des producteurs communistes ! Les fonds transitaient par de discrètes banques genevoises pour payer ces gens travaillant sous pseudonyme. En Espagne, où régnait un contrôle des changes très strict, c'est une multinationale américaine bien connue à Genève qui payait les tournages avec l'argent des ventes de ses produits dans la péninsule. Les recettes des films engrangées dans le reste du monde permettaient de compenser. L'argent était ainsi sorti quasi légalement, puisqu'il finançait des dépenses en Espagne... Permettant à Carlos Saura de se former et aux franquistes de produire des bluettes populaires avec l'enfant-star Joselito...

Plusieurs des films ainsi réalisés dans le conflit et sous le manteau - mais avec souvent des budgets gargantuesques - sont des classiques qui ont marqué l'histoire du cinéma. Ils sont su mêler peinture de moeurs ou dénonciation sociale à la marge et distraction populaire au premier plan. Tout le contraire de ce que produisent habituellement les appareils culturels officiels, beaucoup plus élitistes. Qu'ils soient municipaux, cantonaux ou nationaux, ceux-ci sont nécessairement composé d'experts et de fonctionnaires, souvent les deux à la fois. Or les jugements des experts, s'ils ont un sens critique aiguisé, divergent quatre fois sur cinq de l'avis populaire qui fait les grands succès. Car ils sont nécessairement blasés et surinformés. Je le sais, j'ai été critique. Les fonctionnaires ont quant à eux besoin de règles et de process, que les créateurs ont vocation à bousculer. Sur ce point, Holenweg a raison, même si le bousculement n'est pas forcément politique ou social, très loin de là.

Or l'activité essentielle d'un créateur, à Genève aujourd'hui, consiste à monter des dossiers pour obtenir des financements. Qui seront examinés par des commissions dont les noms des membres sont publiés sur Internet (à la ville) ou pas (à l'Etat). Aligner des chiffres et les propos que veulent entendre les commissions, c'est une autre manière de faire des courbettes au Prince. Cela n'a en tout cas rien à voir avec le travail de création et moins encore avec le talent. Qui malheureusement est totalement contraire à tout le bel égalitarisme qui sous-tend l'idéologie socialiste. Même si bien des grands talents du XXème siècle furent socialistes ou même communistes. Malheureusement, sans talent, l'art devient inutile.

Le talent peut être celui de l'artiste, du producteur, ou même de l'agent culturel. Mais il n'entre pas vraiment dans les compétences des fonctionnaires de l'identifier. Pour évaluer, la fonction publique a besoin de critères objectifs et de données chiffrables, ce que par définition, la création artistique ne fournit pas, en dehors du nombre d'entrées, qui généralement n'est pas reconnu comme critère. Du coup, en Suisse, à Berne comme à Genève, on préfére juger de l'impact d'un projet sur le marché du travail artistique que de sa valeur artistique. Ce qui favorise une politique du clientélisme en lieu et place de politique culturelle.

Après tout, pourquoi pas ? Le talent, qui peut être multiforme, grand ou petit, mais par nature insoumis, a aussi besoin d'un tissu professionnel compétent pour se développer et s'exprimer. Seulement il ne faudrait pas perdre de vue le but, qui est de soutenir la création. Lorsque le RAAC a été créé, à l'initiative de membres du PS, c'était pour conserver une saine diversité face aux velléités de regroupement de la culture sous l'étendard de la ville et des verts. Fort bien. Mais du coup, ce qui risque de se passer, si Sami Kanaan reçoit la charge de la culture, comme c'est parait-il prévu, c'est exactement ce que redoutait les initiateurs(trices) du RAAC. A savoir le regroupement de la culture entre les mains d'un seul parti, comme le soulignait Pascal Décaillet avec qui je suis pour une fois d'accord.

Je n'ai rien contre Sami Kanaan, dont je respecte profondément les compétences et l'ouverture d'esprit, que j'ai pu juger lorsque je défendais les thèses du TCS et lui celles de la mobilité douce... Je n'en ai pas davantage à l'égard de Charles Beer, à qui je viens d'ailleurs d'écrire hier pour solliciter un soutien modeste mais exceptionnel pour mon film sur l'histoire de la région, qui mériterait quelques fonds supplémentaires pour être terminé comme il le mérite. Un film en costumes, qui n'est pas oeuvre de nature à révolutionner l'art cinématographique, mais qui constituera un élément fort du patrimoine culturel et éducatif genevois. Qui curieusement n'a pas obtenu jusqu'à présent l'aide du Département de l'Instruction Publique, mais en revanche celle de la ville, contre l'avis de sa commission. Parce que les commissions n'aiment pas le genre de films que je fais. Pas assez avant-gardistes sur le plan artistique, ou pas du bon côté politique. Ou les deux. Et en plus réalisés en petite équipe avec des techniciens ayant le statut légal d'indépendants, donc payés sur factures, plutôt qu'avec des camarades syndiqués. Difficile de savoir la vraie raison, avec les commissions du Canton, qui ne motivent pas leurs décisions.

Seulement, mes films sont vus à la télévision, vendus en DVD et parfois dans le monde entier.  Oh pas bien cher, je ne donne ni dans le sexe ni dans le people, mais dans l'éducatif et le socio-politique. Et je n'ai pas encore su prouver mon immense talent :-) Mais la totale absence de subventions émanant des commisisons sur 35 films en 20 ans, représentant plusieurs millions de budget global me semble alarmante, quant à la pertinence du système. J'ai compensé tant bien que mal, souvent plus mal que bien avec les ventes, les coproductions, l'argent privé... Mais pour mes amis et collègues créateurs qui n'ont pas tous les mêmes relations et le même acharnement que moi, je crains le pire. Il finit par devenir humiliant de devoir se taire pour ne pas risquer de froisser. Ne dépendre que d'une seule couleur, d'une seule écurie, pour les années à venir, me semble extrêmement périlleux. Surtout si l'écurie en question ne dispose d'aucune majorité au conseil municipal ou au Grand Conseil. A moins bien sûr qu'elle ne se sente obligée de prouver son pluralisme dans les faits...

Commentaires

Si seulement l'Etat pouvait s'arrêter de s'occuper de culture! L'humanité en deviendrait beaucoup plus libre.

Écrit par : RM | 15/04/2011

"Quand on prononce le mot culture, vous entendez quoi ?"

Je n'entends qu'arrogance et nombrilisme de certains "créateurs" qui n'ont que cette solution pour nous faire croire qu'ils sont bons.

Et quand la culture est accolée au mot populaire, grand Dieu, où va-t-on si tout le monde est capable de comprendre une oeuvre !

Il faudrait une fois pour toutes savoir si n'importe quelle absconse diarrhée intellectuelle doit être soutenue par l'Etat. L'assurance-maladie coûte déjà assez cher comme cela.

En cela la remarque de RM mériterait au moins une réflexion...politique.

Écrit par : MIchel Sommer | 15/04/2011

Philippe, votre billet me fait penser à l'évolution de l'art depuis le dadaïsme, qui a été une rupture majeure d'avec tout ce qui se faisait avant et des idées qui définissaient l'art. Le dadaïsme est à la fois pas pu tout politique car il n'y est revendiqué que le choc, la rupture, la provocation, la transgression, l'électrochoc par rapport à un monde donné. Et à la fois très politique pour les mêmes raisons, mais sans idéologie définie, sans reconceptualisation théorique.

L'Etat gère le vivre ensemble, il n'a pas à gérer la conscience des gens. C'est un peu l'objet du débat sur la prostitution en France actuellement. L'Etat est appelé à définir une morale du bien et du mal. Ce n'est pas son rôle, et le risque de tomber dans une forme de dictature est grand.

L'art a mille manière d'aborder le politique, c'est-à-dire le vivant et le monde. Le surréalisme qui a suivi le dadaïsme était une volonté de casser les moules de la pensée, de révolutionner la perception du monde.

Les romans sont une représentation sociologique du monde, et certains auteurs apportent beaucoup de vision de la société sans mettre un seul mot de politique au sens partisan du terme.

Pour moi le créatif est seul mais connecté au monde. Il dit les choses comme il les perçoit. Le résultat ne lui appartient pas entièrement, et c'est mieux, c'est un système ouvert. Il reste un moteur de l'évolution. L'art orienté politiquement est dans un système plus fermé. Il n'est plus un moteur de l'évolution, mais seulement une carte de visite.

Écrit par : hommelibre | 15/04/2011

RM & MS: entre la Ville et le Canton, c'est près de 300 millions qui vont à la culture chaque année. Il y aurait pourtant une solution... Pour le moins radicale, puisqu'il s'agirait de remplacer les subventions par une déduction fiscale équivalent aux montants investis dans la culture. En clair, vous auriez le choix entre payer vos impôts ou financer un projet culturel de votre choix. Pour ne pas trop plomber les recettes fiscales, on peut imaginer qu'une fois atteint le montant global de 300 millions, stop, plus aucune déduction n'est accordée jusqu'à l'année suivante.
L'avantage serait double : on pourrait redistribuer aux créateurs les frais de fonctionnement des services culturels officiels devenus inutiles et la diversité serait assurée, puisque chacun pourrait investir en fonction de ses goûts et lubies personnelles...
Chacun ayant de l'argent du moins... Avec en plus l'espoir d'en regagner sur les recettes. Ce qui présente tout de même de gros inconvénients, comme on peut le voir aux Etats-Unis où cela fonctionne un peu de cette manière. La production artistique sera orientée pour répondre aux envies des riches et susciter des rentrées financières, ce qui n'est pas mieux que le goût amer des commissions d'experts et de fonctionnaires. Juste différent.
C'est pourquoi la vraie solution est entre les deux. Il faut développer le principe de la déduction fiscale, en la découplant complètement du choix des commissions (contrairement à ce que souhaiterait faire la gauche - et c'est là un vrai débat de société), tout en maintenant en parallèle un soutien public basé sur des commissions aux critères clairs, publics et axés sur la diversité.
La plupart des sociétés disposent à la fois de systèmes de financement privé et public. Seule la Suisse romande, vu sa taille, connaît malheureusement un quasi monopole du public dans le financement de la culture. Il est en effet illusoire d'espérer rentabiliser une oeuvre de qualité sur un si petit marché, en n'ayant recours qu'au privé.
Ce n'est pourtant pas inéluctable. De tout obstacle, on peut faire un avantage: il suffit d'apprendre à travailler ici non pas pour la seule romandie, mais pour tout l'international. A commencer par la francophonie. C'est pourquoi il est impératif de développer des systèmes d'incitation fiscale qui amèneront des fonds privés à investir, non plus à perte, mais dans l'espoir de gagner. Mais c'est au niveau cantonal, voire fédéral que cela se joue.

Écrit par : Philippe Souaille | 15/04/2011

Homme libre, on s'écarte un peu du sujet, là, mais l'Etat a forcément pour fonction aussi de dire la morale, le bien et le mal, et ce dans son rôle de gestion du vivre ensemble justement. Parce que tuer quelqu'un dans la rue, cela n'aide pas à vivre ensemble, et donc c'est interdit. C'est mal.
Mais je suis d'accord avec vous qu'il ne doit pas s'immiscer partout, sinon cela devient invivable. Le risque d'une dictature bien-pensante est réelle, mais en même temps, on constate tout au long de l'histoire des mouvements de va-et-vient entre des moeurs dissolue et la plus grande rigueur morale, sur des laps de temps variant entre quelques dizaines d'années ou deux ou trois siècles. L'existence ou l'interdiction de bains publics mixtes au cours du moyen âge en est une bonne illustration.
Après Mai 68 et la pilule en vente dans les Monoprix, nous entrons très vraisemblablement dans une époque plus stricte. Parce qu'il y a eu trop d'excès. Mais soyez tranquille, cela ne devrait pas durer plus de quelques décades...

Écrit par : Philippe Souaille | 15/04/2011

Philippe, pour moi, ce que vous dites est un peu absurde, la culture ne peut pas faire l'objet d'investissements au sens classique, il s'agit de dons, on ne peut pas attendre de retour mécanique sur l'investissement. Le principe de l'investissement, c'est justement ce qui rend immoral le soutien de l'Etat à la culture: c'est que l'Etat attend que cela le glorifie!

L'investissement culturel est toujours à perte, cela n'a rien à voir avec l'économie. "A perte", sauf évidemment que la culture est le seul biais par lequel l'humanité peut évoluer, d'une façon ou d'une autre. Même évoluer en retrouvant les bonnes vieilles valeurs, en retournant au culte des anges des vallées, s'il faut que des gens de cette sensibilité fassent des dons: et moi je souhaite qu'ils le puissent. La déduction fiscale, d'accord, pourquoi pas? C'est bien, c'est gentil, généreux. Mais moi je préfère que l'Etat oblige les patrons à payer assez leurs salariés pour inclure dans leur salaire un forfait "don libre à la culture" (ou "achat de biens culturels", quand ils sont commercialisés). Si seulement l'Etat pouvait ne pas se mêler, directement, de culture!

Il faut vraiment avoir peu de foi en la nature humaine pour croire que l'humanité d'elle-même n'est pas prête à donner pour de la culture, pour croire qu'il n'y a que l'élite qui dirige les Etats qui soit assez intelligente pour comprendre ce que la culture a d'important! Mais la vérité est que le peuple est prêt à mêler à ce qu'il donne à la culture quelque chose que l'Etat a habitué les gens à ne pas appeler de la culture, alors que c'en est, beaucoup de choses qui ne l'arrangent pas, par exemple les dons qu'on fait aux moines dans les pays bouddhistes.

Écrit par : RM | 15/04/2011

Et, non, Philippe ne dit pas ce qui est bien ou mal: il exécute ce que les citoyens trouvent bon ou mauvais. L'Etat est neutre. Il peut dire ce que les citoyens trouvent bon ou mauvais, mais il ne peut pas dire ce qui est réellement bon ou mauvais en soi. Sinon, l'Etat, c'est aussi une religion! Or, c'est illégal. Il n'en a pas le droit. Mais indirectement, vous avez bien vu que si l'Etat s'occupe de culture, c'est justement pour se donner le droit de dire ce qui est bon ou mauvais en soi, comme s'il était un dieu! Mais je pense plutôt que Dieu fasse que l'Etat enfin se contente d'exécuter ce que veulent les citoyens, et arrête de dire ce qui est bien ou mal en soi: car pour cela, il n'a aucune forme de compétence!

Écrit par : RM | 15/04/2011

Lire: "Et, non, Philippe, l'Etat ne dit pas ce qui est bien ou mal" (erratum).

Écrit par : RM | 15/04/2011

Non Remi, il existe incontestablement de la culture qui ne saurait être rentable, bien que méritant mille fois d'exister. Mais il existe aussi des formes d'expressions culturelles et artistiques de grande valeur qui peuvent être rentables, et même très rentables. Ce n'est pas parce qu'une oeuvre est un succès commercial qu'elle est forcément mauvaise ou sans intérêt.
Le système de l'avance sur recettes cinéma, en France,l'une des premières réalisations d'André Malraux en tant que Ministre de la Culture est un bon système. On vous prête de l'argent sur la base d'un projet pour que vous le meniez à bien. Si le film cartonne, vous remboursez. Ce qui permet de financer d'autres films. Si c'est un bide, vous ne remboursez pas. Si le bide n'est que commercial, mais que toute la critique vous encense, vous pourrez continuer. Mais si personne n'apprécie votre travail, il faudra vous financer autrement.
Du coup, le potentiel commercial fait partie des critères, même s'il est tempéré. Ce qui ne semble pas être le cas en Suisse, où les aides sont à perte, sans jamais rien à rembourser.

Écrit par : Philippe Souaille | 15/04/2011

Pour être totalement objectif, j'ajouterais que l'industrie du spectacle et du divertissement (bien que composée de professionnels de la profession - moins d'écho dans les retours, coco), peut être tout aussi incompétente que les commissions d'experts à déceler le talent. Pas seulement le génie incompris, mais aussi le vrai talent populaire. Combien de refus Elvis Presley a-t-il essuyé avant de réussir à faire passer son premier disque en radio ? Et les Beatles ?
C'est pourquoi, je serai toujours partisan de la plus grande ouverture possible à la diversité, quitte à ce que ce soit avec des moyens limités, pour des jeunes créateurs ayant encore tout à prouver. Mais au moins, leur donner leur chance, sans non plus leur mâcher tout le travail. L'apprentissage des plus grands artistes fut presque toujours une vallée de larmes. Ce n'est pas une malédiction, c'est juste que ça forme la jeunesse et le jugement.

Écrit par : Philippe Souaille | 15/04/2011

Si vous voulez, Philippe, je suis d'accord avec vous, et la preuve en est que j'ai dit qu'il fallait permettre aux salariés soit de faire des dons, soit d'acheter des biens culturels, s'ils étaient commercialisés. Or, cela signifie bien qu'ils peuvent être commercialisés et donc, gagner de l'argent. Mais moi, je suis contre les prêts ou dons d'Etat, je suis favorable aux prêts ou dons privés seulement. Car l'Etat est unitaire, mais les personnes privées sont très diverses. Cela prouve bien que si on veut de la diversité, il ne faut pas que l'Etat, puisqu'il est unitaire, intervienne dans la culture! D'ailleurs, notez que l'Etat ne le fait qu'avec l'argent des citoyens, qui, en démocratie, sont censés être d'accord pour le donner. Si l'Etat s'en charge à leur place, c'est bien qu'il veut que cela le glorifie. Car s'il faut rassembler un capital, il y a les associations. Malraux ne m'émeut pas, Machiavel lui-même a dit que le prince, s'il voulait gouverner, devait apparaître comme très généreux, comme un bienfaiteur du peuple. D'ailleurs, je n'aime que médiocrement ses livres.

Écrit par : RM | 15/04/2011

L'avance sur recettes est financée par un prélèvement sur les places de cinéma et sur les achats de films par les chaînes de télé. Donc ce n'est l'argent du contribuable directement, mais celui du consommateur de film. Ce que je trouve assez juste.
Malraux a dit et fait des bêtises, comme tout le monde. Mais aussi des trucs intéressants. Comme l'avance sur recettes ou les MJC, à l'époque.

Écrit par : Philippe Souaille | 15/04/2011

Une drole de note de Souailles, qui mèle comme parfois des propos d'une grande justesse avec d'autres qui relèvent plus d'"à-côtés" personnels ou qui tiennent, apparemment, au ressentiment. La problématique du budget de la culture, et de ses usages, à Genève, mériterait pourtant d'autres développements. J'en veux pour preuve notamment l'excroisance exponentielle de l'offre, offre et excroissance "hors-sol" et qui tiennent plus au "bougisme" relevé par le regretté Philippe Murray qu'à une vie culturelle saine et diversifiée. Mais au fond ne parle-t'on pas d'autre chose en parlant de culture à Genève, à savoir d'une vie culturelle dédiée au suventionnement de clientèles amies et "bien-votantes"? Pas d'inquiétude, Souailles, je crois qu'aucun des candidats, pas même ceux que vous détestez, ne s'est posé la question, et on les comprend. Vous pourrez donc continuez à détester qui vous voudrez, sans troubler votre digestion.

Écrit par : caton | 15/04/2011

Allons, c'est une taxe, tout le monde regarde des films! Mais quand on va voir "La Guerre des étoiles", on ne s'attend pas à financer un film qui porte un autre titre. C'est une contribution. Moi, je la trouve injuste, car elle consiste précisément à surtaxer la consommation culturelle, afin de donner du pouvoir à l'Etat dans le domaine. En plus, comme les films qui font le plus de recettes sont américains, cela consiste réellement à favoriser la nationalité au détriment de la qualité. Cela va à l'encontre de toute forme de liberté culturelle, mais même de progrès humain, car l'humanité ne gagne rien à la nationalité, la culture ne fait évoluer l'être humain que si elle a de la qualité. Or, l'Etat, pour juger de la qualité, n'a aucune forme de compétence, et la preuve en est qu'il regarde d'abord à la nationalité.

Écrit par : RM | 16/04/2011

Caton, je ne crois pas avoir de ressentiment. Ce qui est passé est passé et tant bien que mal, j'ai pu faire ce que j'avais envie de faire. Pas toujours aussi bien que je l'aurais voulu, mais quand je regarde autour de moi, j'aurais mauvaise grâce à me plaindre. Non je prend simplement des exemples qui me sont proches et qui m'ont marqué pour illustrer mon propos. Cela s'appelle faire partager son expérience de manière illustrée. Ou exemples à l'appui.
De plus, dans le cas présent, c'est je crois faire preuve d'honnêteté que de mentionner mes liens d'intérêts. On n'existe pas intellectuellement en dehors de ce que l'on est matériellement. Et si un Muray dit des choses justes, il me semble méconnaître les mécanismes économiques et sociaux qui sous-tendent le monde. Un peu comme Debord qui lorsqu'il dénonce avec raison la société du spectacle oublie cependant que la société n'est pas que spectacle. Il y a aussi les chinois... Et le reste du monde, qui ne s'arrête pas au périphérique. On ne peut pas développer une théorie aussi carrée et binaire que la sienne - si intéressante soit-elle - sans gommer ou oublier des pans entiers de la réalité.
Dans le cas présent, oui, la culture genevoise est avant tout clientéliste et oui, électoralement, il serait suicidaire de le dénoncer. Mais elle n'en est pas moins culture. Pour prendre un exemple personnel, j'ai été frappé dans les boîtes de nuit, par la propension des DJ "à la mode" à passer toutes sortes de daubes dans le style du lieu ou de la soirée, pour être à la page et n'oublier aucune nouveauté. Au lieu de se concentrer sur les bons morceaux, dont bien souvent surtout des anciens, parce que sur 15 nouveautés, une ou deux peut-être seulement ont de l'intérêt... Tous styles confondus.
C'est un phénomène indissociable de la culture. On peut choisir que de ne passer le bon, l'établi, le garanti sur facture. Mais on se prive alors de la découverte, d'une perle inconnue, d'une expérience imprévue. Tant que Genève a les moyens de ce foisonnement inégal, je l'approuve. Il est source de vie.
Ceci dit, dans le domaine qui est le mien, le cinéma, il est clair qu'il n'y aurait jamais eu Satyajit Ray sans des kilomètres de navets bollywoodiens, purement commerciaux. Ni de Youssef Chahine sans un cinéma égyptien produisant des tonnes de nanars kitchissimes mais très populaires. On attend toujours le génie qui naîtra à Nollywood, la nouvelle Mecque du DVD africain au Nigéria, mais il naîtra là beaucoup plus sûrement qu'à Ouagadougou, où l'on montre des oeuvres subventionnées. Le problème étant qu'à Genève, on met la charrue avant les boeufs en cherchant à faire naître les génies en faisant l'économie du divertissement populaire.
Cela étant, comme je le dis plus haut, l'adversité est un apprentissage et je n'ai heureusement pas fini d'apprendre. Dans une démarche créative, qu'elle soit philosophique ou artistique, et quelque part, tout au fond, j'ai l'immense prétention de marier les deux, l'expérience personnelle est forcément un moteur essentiel. N'est-ce pas Montaigne qui prétendait faire progresser le savoir de l'humanité en décrivant jusqu'à ses propres flatulences ?
Je ne pense pas que les miennes intéressent qui que ce soit, et de nos jours les proctologues sont là pour nous en apprendre bien davantage sur le sujet. Mais la manière dont je perçois le monde et comment j'interagis avec lui, me semblent dignes d'intérêt. "Vous êtes intéressant parce que vous n'êtes pas du sérail" m'a fit un jour un personnage de la République. Ce qui m'a surpris, j'avais au contraire le sentiment d'être bien intégré. Mais c'est vrai, je suis le produit d'une culture multiple, cosmopolite, qui me permet de tisser des liens différents. Merci de me lire, qui que vous soyez.
Ah et puis au fait, il parait qu'il y eut un "s" final à Souaille, mais comme il avait des consonances aristocratiques, mes ancêtres de 1789 ont préféré l'enlever et garder leur tête. Merci de respecter leur choix.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/04/2011

Rémi: :-)
Vous me battez sur mon propre terrain...

Écrit par : Philippe Souaille | 16/04/2011

Achteufel! Quelle embrouille à mimis! La kultur ist eine marécage, une cage et une mare ou il ne fait pas bon de jeter des pavés dedans (keine! même pas un!) parce que ça éklabousse sec! Ja!
Aber le vent divin de la GTF (référence pour afficionados) me pousse à rafalen!

So, déjà il y a l'objet culturel, le produit consommable, de masse souvent: cinoche=film, écrit= bouquin, unseweiter, que les gens paient, ja! En principe, ja! Ca c'est le kommerz! Mais si la Kultur n'est livrée qu'au kommerz, alors là... Che ne peux imachiner!
Dans la partie payée par le public, il y a DEJA une part payée par lui,en subventions chustementen! Car films, éditions, journaux bénéficient de subventions directen ou indirekten, Exu s'empare de celui qui le dénierait, ah!
Voilà pour les kulturenobjekt, rapidement rafalés!

Une autre partie de la kultur c'est les artisten le kréateurs, bref les prolos d'icelle, ces pourris ,ces galeux, ces flemmards! Là, certaines catégories touchent des subventions,ja, pour pouvoir créer! Ce sont les kinomans, les tanzers, les théatrenen, Punktschluss!

Pas de subventions pour les pikturen, les comixmacher, les escrivains! Pas d'avance sur recettes ni rien! Ils paient tout de leur poche et après, si le hasard la chance le lèchage de ... ja et aussi de bottes, et peut-être un mimnimoume de talent, peut-être ils beurre les spaghettis, ou se taillent un steack dans leur vache enragée, nein, pas leur Liebling, movaise spirite!
Ceci prouve que les subventions sont d'abord données à des "arts d'entreprises" (mit équipes de sous-prolos kreateuren,ja!).

So che dire c'est le marée-cage, on s'enfonce on s'enferme dans les lignes, teufel!

Une solution qui est valable, c'est le salaire universel (pas seulement pour artisten, nein, aber)! Wieso, le gars, la nana et l'artiste, ils ont pas le souci! Unt ils créent mieux, ja! Car le pognonproblèmen... C'est l'effet inverse, contrairement à ce qui se dit ou pense!
En plus, plus besoin de "Kommision", de jugement de "spécialisten", fatalement subjectif et copinatoire!
Suffite!
Che traitrisen mes pensées. Car miche ch'attends autre chose, ja! Unt tiens, Philippe Souaille (car avant c'est pour tout ceux qui lisent, et jetzt aussi, aber) che trouve vous faites une drôle de leckture de Debord, ja! "La société du spectacle" en tant que concept, miche je vois ça différemment, Nicht nur spectacle au sens cinoche, télé, etc. Aber comme une des-kription de la falsification totale de l'existence, dans une réifikation qui se réaktualise sans fin. Sauf si...
Aberteufel! Was ist? "Comme il disait lui et Sanguinetti "que l'époque cesse de nous admirer pour ce que nous ne sommes pas, mais qu'elle se terrifie pour ce qu'elle est"
Etwas wieso,unt jetzt, ja, ça a augmentiert,tellement que che ne peux imachiner!
Nachste dans le sens à bientôt
Unt bien à vous
=@=rb'r z

Écrit par : Redbaron'r'zombie | 17/04/2011

Ah,Unt, teufel, pour répondre à la question, ch'entend un grand siiiilence peigné!

Écrit par : Redbaron'r'zombie | 17/04/2011

Désolé, Souaille, de vous avoir prêté plus de lettres que vous n'en aviez. Vos analogies cinématographiques (comme toutes les autres souvent) sont mal placées, et même mal fondées. Je crois me souvenir que les chevelus de la nouvelle vague étaient à genoux devant certains représentants du système hollywoodien, pourtant fondamentalement commercial. Roger Corman, dont l'influence sur tant de cinéastes US parmi les plus fameux, était un réalisateur de séries B projetées dans les drive-in avant les films dits "sérieux" (un réalisateur à 15'000 dollars comme on disait). De la même manière, Korngold ou Hermann vivaient de leurs plumes, et non de leurs musiques "savantes". Ce qui est fondamentalement différent, depuis les années 80, c'est le rêve culturel qui pousse tant de représentants de la petite bourgeoisie à emprunter la "carrière d'artiste", et une économie de la sphère culturelle qui a poussé des collectivités de gauche à subventionner une offre toujours plus foisonnante, pour s'assurer in fine de fidélités et d'allégeances de représentants d'une économie culturelle devant plus aux "kombinats" soviétiques qu'à une demande, même stimulée.

Écrit par : caton | 17/04/2011

Désolé de vous décevoir Caton, mais voyez-vous l'honnête homme humaniste que j'essaie d'être ne vit pas au XVème siècle et la somme des connaissances a depuis lors été multipliée à un point tel qu'il m'est impossible d'avoir tout lu, tout vécu, tout entendu. J'essaie en ce qui me concerne d'avoir une culture qui ne soit pas trop littéraire et qui tienne compte des facteurs et des rouages réels de notre société.
Si la gauche a effectivement mis le grappin sur une clientèle d'agents culturels issus de la petite et moyenne bourgeoisie, voire de la haute bourgeoisie, c'est un épiphénomène. La toile de fond, c'est l'opulence globale de nos sociétés (d'aucuns diraient la décadence) qui permet à tant de gens de vivre de leur création, bonne ou mauvaise, au lieu d'aller bosser en usine ou dans des bureaux. Il est probable que cette opulence aura une fin, à moins que l'on ne parvienne à prendre sans casse le virage de l'énergie renouvelable et de la montée en puissance des BRICS. Ce qui parait peu probable.
Il est possible aussi que les solutions aux problèmes que nous pose l'adaptation nécessaire et urgente de nos sociétés ne naissent justement dans ces milieux que vous semblez mépriser au plus haut point. C'est pourquoi, sans doute je n'aime pas le ton réactionnaire et aigri de vos commentaires, aussi intelligents et cultivés qu'ils puissent sembler par ailleurs.
A part ça, vous devriez vous relire davantage. Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, dit-on et vous n'êtes pas toujours très clair...

Écrit par : Philippe Souaille | 17/04/2011

Achteufel! CEDH devait klavinoter en même temps che n'avais pas lu! So, Caton che viens de lesen! Tout ceci est la pieuvre par neuf de l'addition kulturelle! On en veux mais gratos dans un monde ou TOUT se paie!
Tout, y compris le matos utilisé par le artisten! Et non remboursé par la Krankenkasse, la caisse-maladie! Qui le devrait puisqu'il parait que le spirite des artisten c'est une désolationen mentale, une névrose sublimierten, etc.

(Au passage d'ailleurs che scrypte ici,que la krankenkasse devait rembourser les zigareten, ja! Aber c'est un autre débat!)

Revenons nos boutons,pardon moutons!
Jim Thomson(référenz macht gut dans le paysage, ou pays-sage pour les gorardiens dont je ne suis pas- wie ich weiss,so? ahah!)Jim thomson, l'auteur de polar dans "cent mètres de silence" qui se passe dans le milieu des salles obscures, et des diffuseurs, écrit un passage wieso sur "un écrivain-conférencier" que le personnage du bouquin a entendu, et qui n'en pouvait plus de décolèrer sur les gens qui lui demandait un livre, gratuitement, et dédicacé si possible! Mpfr! Ce passsage vaut son pesant de dollars!
Mais c'est ô combien réalisten!

Oui, les artistes dans ce système (et il n'y en a actuellement pas d'autre!) sont des assistés! Et alors? Ca pose un problème à QUI? ET POURQUOI?
Assistés par l'Etat, au moyen de subventions ou par les services sociaux, che soutien dur comme la croix de fer, que c'est la même chose que d'être financé par le privé! Ja! denken sie... Vous verrez! Direkt oder indirekt?

Aber, socialement au sens de Service Social, même pas considérés professionellement! N'existent pas! Wieso:

"Artiste avec réalisation" et hop en "stage de réinsertion" (dans quoi?) demandez, CEDH, Caton etc., à Kurt Deroy, à An-artiste, ou d'autres artistes, si ce n'est pas richtig! Ch'ai vu envoyé par e-mail ein skan des machins papieren ORP d'"An-artiste"! Che peux vous dire, ça aide pas à le kalmer, nein!

Souvenons-nous de Malcom Lowry, qui ne vécut pas de son roman "Au-dessous du volcan" qui est une des plus grandes ventes de livre de son éditeur (puisqu'il faut immer alles réduire à ça,Teufel de teufelerei!) MAIS SUR LA DISTANCE TEMPORELLE!

Aber finalementen c'est quoi cette histoire de sous et de soupière? Un OVNI?

Finalement, che colle ici un lien vers un texte fur miche de base, unt qui résume bien:
http://an-artistelaculturechronique.blog.24heures.ch/archive/2009/09/17/les-derniers-jours-de-la-culture-par-an-artiste.html

Miche pour l'instant et en l'occurence historique che reste sur ma positionen de "revenu universel" pour les artisten, mais aussi pour tout le monde, ça fera déjà baisser la misère, et auch une grande part de la délinquance, Ja, Teufel!

Zezi était une kontribution sincère au débatten! Jetzt che vais ein koden frappen!
Bien à vous
Nachste
=@=rb'r z

Écrit par : Redbaron'r'zombie | 18/04/2011

Entièrement d'accord, Redbaron, et sur le revenu universel, comme je le mentionne dans "l'Utopie Urgente". A condition que cela soit une base minimale, soit le vivre et le couvert, sur laquelle chacun peut ensuite ajouter ou non des suppléments à sa guise. En fonction de ses envies, de ses besoins et de ses capacités, pour lesquels il devra vendre sa force de travail ou son talent, bien sûr.

Écrit par : Philippe Souaille | 18/04/2011

Achteufel, danke Philippe, aber "le vivre et le couvert" macht viele leuten ohne dach, sans toit, ni moi, wieso sans DR1! Unt sous les latitudes nordiques, ça fait geler paas mal de monde, ja! Unt wieso, aussi sans kulturenaccès (sauf blibliothek subventionnéen... Unt pour médiathèque il faut les appareils,et ils ne sont pas distribués gratos non plus), car la kultur c'est cher, ja!

Unt même du point de vue Ekonomik inhumain, c'est tout ça de pas vendu-acheté, wieso le serpente monétairen oder nut se mord la queue, et après il a mal, et il vient pleurer partout, aber... C'est de sa faute, ja! Ce serpent est illogik!

Unt j'ajoute que dans votre vision du revenu universel, il manque un paramètre, ja!
Le fait qu'il y a plus de boulot pour touten leuten! Artisten oder nut!

Le seul pays qui l'a compris verstanden, selon les ragots de cet Abruti de Kurt Deroy, c'est le Hollandais, ja! Il à fait un revenu d'inaptitude au travail, nicht wie le AI schwitzerkannif, nein!

L'inaptitude reconnue que le systèmen ne veut plus (oder n'a plus besoin, ja!) de certaines katégorien, pour âge, ou formation etc.
Unt comme le Hollandais il ne veut pas laisser mourrir dehors les autres, ou les pousser au crimes, ou ...che ne peux skrypter la définitiv solutionen, nein ! (koique, ces temps che manque de points Godwin)

Le Hollandais reconnaît donc que la sociétät à changé mit la informatik, etc., unt CHOISI cette idéen. Aussi contenu le fait de ne pas dépenser "pour rien" dans des formations qui ne débouchent sur rien! Genre schwitzerrkaniff-orp-Laci, qui aime faire semblant qu'on vit comme il y a 30-40-50 ans!

Voilà, Ponne Pâques, unt que le Grand Lapin vienne vous visiter!
=@=rb'r z

Écrit par : Redbaron'r'zombie | 19/04/2011

Je suis impardonnable, Red Baron, d'autant que c'est la deuxième fois que je commets la bourde. J'entendais bien sûr "le gîte et le couvert" et par là un toit et des pâtes... Voire même une X*"@#§ arghhh télévision...
Mais l'idée néerlandaise me parait intéressante, indeed...

Écrit par : Philippe Souaille | 19/04/2011

Vous avez raison Souailles (avec un "s"), je devrais me relire plus attentivement, et je rougis des fautes de frappe et des barbarismes queje trouve sous ma plume, emporté par l'urgence (toute relative) de répondre à vos contributions. Il n'empêche, vos propos sont un peu ridicules: "Il est possible aussi que les solutions aux problèmes que nous pose l'adaptation nécessaire et urgente de nos sociétés ne naissent justement dans ces milieux que vous semblez mépriser au plus haut point." Oui, sans doute, comme la musique en URSS était gouvernée par les adversaires du formalisme et de tout ce qui allait faire sens et intérêt. La bureaucratie culturelle actuelle en Suisse et à Genève me rappelle donc dangereusement celle peinte par Bruno Monsaingeon dans "The Red Batton" (il parait que vous faites des documentaires, ce serait donc un confrère que vous pourriez regarder). Enfin, je me réjouis de me trouver ainsi "cultivé" - vous voyez que dans les affreux "populisstes" il y en a qui ont lu des livres, et pas que pour les colorier.

Écrit par : caton | 19/04/2011

Je n'ai jamais douté de la culture de certains populistes, Caton. Le problème n'étant pas tant le taux de remplissage de l'occiput que la manière dont le contenu est utilisé. Par ailleurs certains de vos collègues n'ont ni le remplissage ni la manière, mais des comme ça, on en trouve dans tous les partis.
Ah et puis au fait, je ne saisis pas en quoi vos propos sur Corman infirmerait ma thèse, à savoir que les oeuvres de grande qualité artistiques poussent mieux sur un terreau de productions populaires que hors sol. La qualité des oeuvres n'étant heureusement pas forcément liées à la taille de leur budget.

Écrit par : Philippe Souaille | 19/04/2011

Vous pouvez bien vous présentez sous le jour qui vous convient, CEDH, puisque protégé par votre anonymat. Parlez à visage découvert, et je retirerai mon qualificatif volatile.
En me relisant, je constate qu'il manque un mot ci-dessus "Mes revenus ne sont qu'en toute PETITE partie imputés sur les coûts de production".
Pour le reste, si je critique la manière dont parfois les subventions culturelles sont accordées, je n'ai jamais dit ou écrit qu'elles étaient nocives en soi. Il y a des domaines de la culture où elles sont quasiment nécessaires. Niez-vous l'utilité d'avoir une fonction publique dans l'absolu ? Je n'en ai pas le sentiment à vous lire. Il faut évidemment des fonctionnaires pour gérer des pans entiers du fonctionnement de notre société.
La culture fait partie de ces services au public, où peuvent cohabiter l'Etat et le privé. Je n'ai aucun problème avec ça, ni avec le fait d'utiliser les deux dans mes productions. Le problème se posera peut-être le jour où je ferai un carton avec un film subventionné. D'où la pertinence du système français d'avance sur recettes remboursable. Mais pour l'heure point de carton dans mes valises... Sauf en rêve bien sûr.

Écrit par : Philippe Souaille | 20/04/2011

Pour moi, la culture n'est absolument pas de l'ordre du service public. Les artistes rendent service à l'humanité en général, et non aux citoyens d'un Etat. A ce compte-là, les religions aussi sont de l'ordre du service public. Si l'Etat veut être neutre, il ne doit plus rien subventionner, je pense. La vie culturelle n'est pas de l'ordre du service public, néanmoins, si l'accès à la culture l'est, alors, l'Etat peut créer des bourses cultrurelles pour les plus pauvres. Pourquoi ne fait-il pas ainsi? C'est parce qu'il sait que les pauvres mettront de l'argent dans des activités culturelles dont ne veut pas l'Etat. On peut facilement en faire la liste: les religions (dont les limites ne s'arrêtent pas au territoire d'un Etat en particulier, mais le dépassent), les formes culturelles dominées par l'économie de pays étrangers (par exemple, en France, la science-fiction, dominée par les Anglo-Américains), les cultures régionales (en particulier celles des régions frontalières, qui gomment aussi les frontières, ou particularisent trop un territoire excentré). Ensuite, on peut faire de beaux discours pour essayer de prouver que la culture qu'on subventionne élève davantage l'humanité que celle qu'on ne subventionne pas. Mais dans les faits, c'est rarement le cas.

Écrit par : RM | 20/04/2011

Les services publics ne sont généralement pas liés à la nationalité. On ne vous demande pas votre passeport avant de mettre votre enfant à l'école ou au moment d'emprunter une route.

Écrit par : Philippe Souaille | 20/04/2011

Ils sont liés à un territoire. C'est bien ce que j'ai voulu dire avec mes exemples qui justement ne s'arrêtaient pas aux frontières. Or, dans les faits, l'humanité ne peut pas vivre tout entière sur le territoire français, et dans les faits, la nationalité, en France, est liée au droit du sol, au territoire. Les étrangers qui s'y trouvent ont vocation à recevoir la nationalité française, au moins, si ce n'est eux, leurs enfants. Sinon, ce sont des touristes ou des saisonniers qui enrichissent les permanents, plus qu'ils ne les appauvrissent.

Écrit par : RM | 21/04/2011

Remi, quand vous dites que l'Etat ne devrait en aucun cas se mêler de culture, vous voulez dire l'Etat français, hexagonal et centralisateur, ou l'autorité publique sous toutes ses formes, qu'elle soit communale, régionale ou autre ?

Écrit par : Philippe Souaille | 21/04/2011

Je n'ai pas dit que l'Etat ne devrait en aucun cas se mêler de Culture, mais qu'il serait préférable qu'il se désengage progressivement de la vie culturelle. Déjà, il devrait laisser davantage le choix aux acteurs de cette vie culturelle d'oeuvrer soit dans le cadre de l'Etat, soit dans un cadre privé, sur une base associative. Or, très souvent, et notamment dans les grands pays européens, notamment en France, on a accepté le principe que l'Etat doit contrôler et assumer cette vie culturelle. Donc, on n'a pas vraiment le choix, si l'on est un acteur culturel. Cela dit, lorsque l'Etat se fédéralise, il est évident que le choix devient en principe plus divers, si les collectivités locales sont en mesure d'assumer ce que l'Etat en général veut assumer. Mais d'abord, l'Etat central conserve le tronc principal, notamment au travers de l'Education, qui est entièrement centralisée, et ensuite, il est évident que si l'Etat, globalement, dans sa direction générale, décidait de libéraliser le domaine culturel, l'action des collectivités locales elle-même deviendrait sans réelle utilité. La libéralisation du domaine culturel va néanmoins souvent de pair avec sa régionalisation: quand l'Etat ne peut vraiment pas s'empêcher de contrôler l'Education, par exemple, mais qu'il veut quand même rester libéral dans ce domaine, au moins il demande les régions ou aux cantons de la prendre en charge, comme c'est le cas en Suisse. L'autorité moindre, sur le plan étatique, de ces collectivités locales, installe naturellement du libéralisme dans la domaine culturel. C'est donc la voie à suivre. Il ne s'agit pas de désengager l'Etat du jour au lendemain de la vie culturelle, car les gens ont à cet égard des habitudes, et ce serait le chaos, ils ne voudraient pas payer directement pour tout ce qui ressortit à la vie culturelle. La France, dans les faits, doit donc commencer par régionaliser, au moins partiellement, l'Education, laisser à ses représentants régionaux le soin de créer au moins une partie des programmes et des méthodes. Il faut aussi régionaliser les subventions aux spectacles publics, si jamais c'est à cela que vous pensez. Il est évident que même au sein de l'Etat, ce qui est local apparaît comme plus libéral que ce qui est national. Les enseignants le savent très bien, c'est justement pour cela qu'ils ne veulent pas dépendre des collectivités locales, généralement. Car l'Etat n'est en rien détaché des gens réels, plus il est proche des gens, plus il dépend de leurs choix: moins il peut leur imposer ce qu'il veut.

Écrit par : RM | 21/04/2011

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