22/04/2011

Front Républicain ou proportionnelle ?

Dans plusieurs communes genevoises, on a parlé de fronts républicains lors des dernières élections. Dans d'autres, on en est resté à la loi du plus fort, imposant silence avec plus ou moins d'élégance à la minorité. Cela fait partie du jeu politique. De manière générale, la gauche profite de la gabegie à droite et dicte ses conditions dans les grandes communes, tandis que dans les petites, c'est généralement l'inverse.

Il est frappant de constater que lorsque les partis populistes sont globalement absents, la droite et le centre régnent, tandis que lorsqu'ils sont forts, leur poussée profite essentiellement... à la gauche ! Vous me direz, c'est la faute de la droite classique qui refuse de partager le pouvoir avec les extrêmes, je vous rétorquerai que l'extrême-droite se livre à un odieux chantage, "nous ou la gauche..." Chantage auquel le parti libéral est donc tenté de céder. On nage en pleine politique politicienne, jeux de pouvoirs et d'egos.

Sauf que la droite-extrême populiste n'est pas une entité virtuelle. Elle défend des valeurs qui, au-delà de la morale et de l'éthique,  sont fondamentalement contraires aux intérêts de l'économie genevoise. Les banquiers par exemple le savent, qui ont besoin de pouvoir recruter loin au-delà des frontières, sur des bases exclusives de compétence internationale... Il est navrant que certains l'oublient.

La gauche peut-elle se permettre longtemps de jouer au jeu auquel elle s'est livrée en Ville de Genève, et pire encore à Carouge, où elle rafle les trois sièges sans rapport aucun avec sa force réelle ? De même dans les petites communes, où la gauche est minoritaire, mais une minorité forte, est-il juste de ne rien lui laisser ? A ces questions, je vois trois réponses possibles.

1) le statu quo, on ne change rien, chacun reste maître chez soi, et l'on admet que le canton est à droite, comme les petites communes et que les villes les plus peuplées sont à gauche. Ce qui n'est pas très constructif et accentue les blocages qui paralyse le canton à l'heure où il faudrait au contraire agir avec dynamisme. Au bout du compte, la gauche risque fort d'en être victime et Genève avec elle, le jour où le centre réduit à sa plus simple expression laissera la place à l'extrémisme.

2) la proportionnelle dans les CA, comme le réclame depuis dimanche le MCG, ce qui lui permettrait de placer plusieurs de ses membres. Un scénario qui fait peur, quand on pense à leur idéologie et à leur comportement global, sans même parler de leurs compétences supposées. Un scénario surtout refusé par la majorité, si l'on en juge par la manière dont le front républicain a fonctionné, là où il s'est mis en place. Mais on peut aussi penser que cela permettrait aux élus populistes de démontrer leur incompétence ou qu'ils n'ont pas de solution miracle...

3) la mise en place d'un vrai front républicain, poussant jusqu'au bout la logique consensuelle qui, tout autant que la démocratie participative à base de référendum est constitutive du miracle helvétique.  Cela implique de partager plus équitablement les postes, par exemple 2/3 en Ville de Genève plutôt que 1/4 et vice versa dans les petites communes. De travailler au bien commun en respectant le partenaire du front. De gouverner au centre en excluant les extrêmes. De part et d'autres. Sauf que, problème, si quelques éléments du parti libéral (plus rares qu'on veut bien le dire) sont très à droite, plusieurs cassiques du PS se positionnent clairement à l'extrême-gauche.

En résumé, la vraie question, c'est où place-t-on les clivages. Entre deux camps opposés, ou de part et d'autre ? La logique de la démocratie participative et collégiale voudrait que cela soit de part et d'autre. Les deux camps opposés convenant à des démocraties bi-partisanes, sans réelle participation du peuple aux décisions, et monocéphales. Tout le contraire de la Suisse et de Genève, qui à cet égard, fait figure de pionnier depuis le XIIIème siècle.

Commentaires

C'est clair qu'un changement est nécessaire.

Écrit par : Victor Winteregg | 22/04/2011

Nous sommes à l'époque des fronts, des batailles et des tranchées.
Complètement débile.
A Carouge nous n'avons plus le choix.
L'arrogance de la gauche, et sa bêtise, nous obligera à nous comporter en opposant durant 4 ans.
Nous avons déjà proposé à l'entente de refuser toutes présidences ou vice-présidences du CM ainsi que les présidences de commissions.
L'attitude de la gauche lors du dernier conseil municipal ne nous donne aucun espoir de trouver une solution.
Le PDC a été attaqué méchamment lors de toutes ses déclarations ou propositions.
Comme si le centre gênait et devait disparaître.
Situation très angoissante pour nous...

Écrit par : Bertrand BUCHS | 22/04/2011

Betrand, si c'est un calcul de la gauche, c'est un mauvais calcul. Le centre, aussi mince soit-il, reste un pivot. S'ils refusent de lui donner de l'air, ils se retrouveront avec une majorité contraire à la première occasion.

Écrit par : Philippe Souaille | 22/04/2011

Mais prenez votre retraite, et place aux jeunes !!!

Écrit par : Bob | 23/04/2011

Le PLR est-il favorable aux déclassements/expropriations des zones villas sur la rive droite, à l'exclusion des déclassements/expropriations des zones villas de la rive gauche ?

En d'autres termes sont-ils prêt à sacrifier les propriétaires des classes moyenne à aisée (selon la date d'acquisition de leur villa) en ne touchant pas aux riches propriétaires de villas opulentes ?

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/fd200a06-6f7b-11e0-babf-0c787ae5e63b/

Écrit par : CEDH | 25/04/2011

@M. Buchs
Vous êtes dépassé. Le centre ne gêne plus personne. Et c'est pour cela qu'il disparaît, par absence de tout relief pouvant répondre aux attentes des électeurs.

Écrit par : Philippe Marton | 29/04/2011

CEDH, on peut toujours tout interpréter. En l'occurrence, il ne vous échappera pas qu'une grande part des emplois à haute valeur ajoutée du Canton sont situés sur la rive Droite, tout comme les zones industrielles, et que l'idée dominante est de rapprocher les travailleurs de leur lieu de travail. D'autant que la Traversée qui désenclaverait la Rive gauche n'est pas agendée avant 2030 au mieux.
Savez-vous qu'une jolie maison tout proche du lac à Chens/Léman ou Sciez coûte un bon tiers en moins que la même à Ferney-Voltaire ou Divonne ? C'est un signe, non ?
Par ailleurs, à proximité des zones villas de la rive droite, il y a déjà des grands ensembles, des routes à grande circulation et des transports publics efficaces. Et les communes de la Rive Droite semblent plus enclines à construire, ce qu'elles ont en général déjà commencé à faire.
La rive gauche y passera probablement un jour, si la croissance se poursuit, mais il faudra alors une traversée et des trams jusqu'à Douvaine. Sans compter une quatre voies, probablement sur sol français.

Écrit par : Philippe Souaille | 03/05/2011

Je ne comprends pas votre réticence à l'idéologie du MCG, alors que le Conseil d'Etat, qui jusque là niait que la cause du chômage élevé à Genève résidait dans le nombre de frontaliers, l'adopte et incite désormais les employeurs genevois à engager des Genevois en priorité...

Écrit par : Andres Gomez | 03/05/2011

M. Gomez, je m'en explique dans ma dernière note.

Écrit par : Philippe Souaille | 03/05/2011

Merci Monsieur Souaille, je l'ai lue et vous y répondez en à ma question en expliquant bien votre position.

Écrit par : Andres Gomez | 03/05/2011

je voulais dire "en effet", mais n'ai tapé que "en". Merci de corriger.

Écrit par : Andres Gomez | 03/05/2011

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