30/05/2011

DSK vs JC : puissant d'hier et puissant de demain

J'ai d'abord été amusé par le pamphlet anti-puissants de Julien Cart, alias JC. Amusé parce que ceux qu'il accuse aujourd'hui de solidarité de classe, de race et de sexe  (les hommes blancs au pouvoir, dans le cas présent de gauche) sont ceux-là mêmes qui tenaient ce genre de discours lorsqu'ils avaient son âge. Je le sais, j'en étais. Et qu'il a le profil parfait, jeune mâle blanc militant et leader né, pour demain ou après-demain, se retrouver entouré et servi par une cohorte de jeunes militantes admiratives, parmi lesquelles il puisera, de temps en temps, pour assouvir ses pulsions. Ou pas.

J'ai donc été amusé, jusqu'à lire mon nom dans les commentaires de son texte. Tant mieux au fond, car cela m'a motivé à répondre et à tenter de faire le point sur cette affaire. Certains s'entourent d'une cour, c'est assez grisant, et puisent, d'autre pas. C'est un choix personnel. Qui dépend pour beaucoup de l'alchimie de son patrimoine génétique et de l'éducation reçue ou subie. Une barrière morale que l'on franchit, ou pas. Comme, je le suppose, la majorité des mâles blancs ayant détenu quelques bribes de pouvoir (économique, politique, culturel ou autre) je n'ai personnellement jamais profité de ma situation pour imposer ni même obtenir quoi que ce soit de sexuel. J'éprouve à l'égard de ceux qui ont une attitude contraire des sentiments partagés, qui vont du dégoût à une incompréhension amusée selon, je suppose, le reste de mes sentiments à leur égard. Car j'ai des amis qui sont des dragueurs invétérés, mais en général, le modèle libidineux me débecte. Est-ce du à mon amitié/inimitié à leur égard, ou à la perception que j'ai de leur mode de drague/imposition ?

Quelques remarques néanmoins, à l'intention du jeune Julien qui entre parenthèse a vu se confirmer ce vendredi ce que j'annonçais/dénonçais il y a environ deux ans, après avoir constaté que je recevais (mais aussi les copains/copines de mon fils de 15 ans), sur Facebook, des invitations de sa part à me rendre à la critical mass. A savoir que d'appeler des mômes à participer à des manifestations pouvant déboucher sur des blessés, mais sans en assumer la responsabilité morale, civique et civile s'apparentait à de la lâcheté. Tout ça sous prétexte de "pas de leader identifié", pas de vedettariat, tous égaux, alors même que dans les faits, il y a bien un leader d'opinion clairement identifiable et admiré (en attendant l'adulation, voire l'idôlatrie) par tous ces jeunes et toutes ces jeunes. Fermons la parenthèse en remarquant cependant que la justice l'a innocenté quand bien même la rumeur, les faits apparents et les médias l'accusaient.

Première remarque, le pouvoir séduit, indépendamment du sexe. Les homosexuels (hommes ou femmes) mis en situation de pouvoir ne sont pas en reste et les femmes à l'égard de leurs subordonnés non plus. Sans compter les femmes qui usent de leurs charmes sciemment, en tout bien tout honneur, genre décolleté plongeant mis le matin d'une réunion importante, et même projeté sous le nez du décisionnaire au moment opportun. Ou la mini-jupe le jour de l'examen du permis de conduire. Les mecs ayant le choix, pour séduire, selon l'âge et les circonstances, entre la cravatte et le pantalon "baggy" sous le caleçon...

Deuxième remarque, la justice des Etats-Unis n'a pas été impartiale dans l'affaire. DSK étant domicilié à Washington, il aurait du être mis en liberté immédiatement selon la jurisprudence, ce qui n'a pas été le cas, officiellement du fait de l'affaire Polanski. D'autre y ont vu la main d'intérêts étasuniens satisfaits de la mise hors jeu d'un patron du FMI qui risquait de jouer contre le dollar au G20. Remarquant qu'il n'a obtenu sa mise en liberté qu'après avoir démissioné du FMI.

La justice des Etats-Unis n'est pas logique avec elle-même: elle admet comme preuves à charge la vie sexuelle agitée du prévenu, mais celle de la présumée victime ne peut pas être utilisée durant le procès. Non sans raison: ce n'est pas parce qu'une femme a beaucoup d'amants qu'elle doit accepter de coucher avec n'importe qui. A fortiori lorsqu'on ne lui en connait qu'un, néanmoins marié et père de famille, ce qui ne colle cependant pas trop à l'image qu'on se fait d'une bonne musulmane pieuse. Mais à l'inverse, ce n'est parce qu'un homme a de nombreuses maîtresses qu'il est nécessairement un violeur. Quant à son histoire avec Tristane Banon, elle reste potentiellement du domaine de la calomnie ou du désir de nuire tant que cette dernière ne va pas en justice. Ce qui justifie que la presse n'en ait pas parlé davantage. Sinon, où va-t-on? N'importe qui pourrait raconter n'importe quoi sur n'importe qui...

Paradoxalement, le puritanisme de la justice étasunienne va peut-être jouer en la faveur de DSK. D'après les premières enquêtes, la présumée victime aurait menti sur sa situation réelle pour obtenir sa green card. Ce qui ne prouve absolument pas qu'elle ait aussi menti pour le viol, mais juste qu'elle est capable de monter un gros bobard - et sous serment - pour obtenir quelque chose, la même chose dans les deux cas, la sécurité pour elle et sa fille. Une greeen card dans un cas, la fortune dans l'autre. Cela pourrait être rédhibitoire. Et profondément injuste si DSK est innocenté bien qu'ayant néanmoins commis ce que certains lui reprochent. La morale de cette histoire c'est que mentir est un vilain défaut.

Troisième remarque, la présomption d'innocence protège les gens d'accusations injustes, qu'ils soient puissants ou misérables. Et c'est très bien ainsi. Car au poids indéniable que peut faire peser le pouvoir sur une pauvre victime, répond la mise au pilori automatique du puissant suspecté. Réflexe naturel aux relents de populisme intégral. Or une jeune femme africaine et sans le sou a bien évidemment le droit d'être protégée et défendue par la société - c'est impératif - mais un homme âgé, riche et blanc aussi. Il est fondamental que dans un cas comme dans l'autre, il n'y ait pas de condamnation automatique, car tous les deux peuvent être coupables, ou innocents.

Quatrième remarque, j'aimerais beaucoup en savoir davantage sur le jeune stagiaire qui a prévenu le responsable Internet de l'UMP qui a prévenu tout le monde avant la presse new yorkaise... Il n'a pas été réellement interrogé par la police. Il n'aurait pas appris l'info lui-même, étant en congé ce jour-là, mais l'aurait su d'un autre collègue de l'hôtel ! Lequel au juste, et pourquoi si vite ? Il a ensuite été mis au vert par la direction de l'hôtel, qui s'est aussi empressée de démentir les propos du député Debré, selon lequel DSK avait coutume d'importuner le personnel féminin à chaque fois qu'il y descendait. Personne ne l'a rencontré et c'est son père qui parle en son nom. Or il a 24 ans. On ne sait rien non plus du gars du room service qui a ouvert la porte fatale...

Ce scénario n'innocente absolument pas DSK. Si piège il y a eu, il l'aurait non seulement forgé lui-même, mais se serait vautré dedans avec délectation. Toutefois, si quelqu'un a balancé "Ophelia" intentionnellement dans la chambre, il serait juste que cette personne soit inculpée. Et que l'on sache si cette personne a agi seule, par conviction personnelle ou pour faire plaisir à d'autres puissants.

27/05/2011

Quel avenir pour Genève, en Suisse, dans le monde ?

Je suis en train de lire le dernier bouquin d'Attali: "Demain, qui gouvernera le monde ?". Dont le résumé de la quatrième de couverture ressemble étrangement à celui de mon "Utopie Urgente", publiée il y a quatre ans, notoriété de l'auteur en sus :-)

De fait la thèse est commune: l'unique solution aux problèmes planétaires est un Etat-monde, seul capable de réguler les excès du marché global, qu'aucun état-nation n'est en mesure de contrôler. Ce gouvernement verra le jour avant ou après la 3ème guerre mondiale, complémentaire à l'éclosion de pouvoirs locaux, plus proche des gens, pour gérer leur quotidien. Avant la guerre, ce serait mieux qu'après. Une guerre qui même si elle n'était plus militaire, mais purement commerciale, entre multinationales ayant remplacé les Etats, conserverait toujours la même chair à canon: le peuple.

Là où Attali fait très fort, c'est qu'il nous offre une Histoire des grands empires, militaires ou commerciaux, qui ont tenté de dominer leur monde depuis l'antiquité. Tout en suivant en parrallèle l'éclosion puis l'évolution de la pensée universaliste. Un gros travail de compilation, effectué avec une rimbambelle de documentalistes. On peut être d'accord ou pas sur tel ou tel détail, il y en a 2 ou 3 dont j'aimerais bien discuter avec lui, mais dans l'ensemble, la démonstration est époustouflante. Il était temps, parce que les tenants du nationalisme et du retours aux frontières tiennent de plus en plus le haut du pavé. Comme en chaque période de crise, débouchant généralement sur l'affrontement des esprits échauffés.

Ainsi en Suisse, Blocher et l'UDC, relayés par le MCG à Genève, agitent systématiquement l'étranger (respectivement le frontalier) comme cause unique de tous nos maux. C'est tellement plus simple d'avoir un coupable clairement identifiable. Cela évite d'avoir à proposer de vraies solutions aux problèmes des gens. Evidemment, le discours porte. Quand bien même diminuer le nombre d'étrangers et dénoncer les accords avec l'UE auraient pour conséquence principale et immédiate un net recul de nos conditions de vie. Ce qui d'ailleurs serait peut-être la solution pour nous ramener plus près des standards européens, supprimant ainsi l'une des causes de la surchauffe :-)

Genève affiche un taux de croissance supérieur à la moyenne suisse, elle-même supérieure aux chiffres européens. Cela n'a pas toujours été le cas. Dans les années nonante, avant les accords sur la libre circulation, c'était l'inverse. Et cela peut très vite s'inverse à nouveau. Attali montre très bien comment les "centres du monde" en rivalité perpétuelle, se succèdent depuis le Moyen âge, villes marchandes tenant le haut du pavé. Comment elles prennent de l'importance et comment elles en perdent. Blocher et les siens veulent nous embarquer dans ce cycle récessif et décroissant.  Il me semble urgent de refuser toute alliance mortifère de cette nature. A tout prendre, la gauche se bat pour ponctionner de plus grosses parts des richesses produites, mais elle ne semble pas avoir pour objectif (écolos intégristes mis à part) d'arrêter d'en produire...

26/05/2011

UDC: après Austerlitz, la Berezina

J'ai bien aimé l'image utilisée par Ivan Perrin pour qualifier Blocher et son travail en vue des prochaines élections fédérales : "Napoléon à Austerlitz, l'Empereur au sommet de sa stratégie, etc..." Car il s'agit bien de celà: une guerre, des batailles, de la stratégie, des egos qui s'affrontent et tous les coups permis... On est là loin, très loin, de ce que devrait être la démocratie et le respect des choix du peuple. Il ne s'agit plus d'aider les gens à s'exprimer et à choisir sur des critères objectifs entre des programmes et des hommes (ou des femmes). Non, le but c'est de les enrégimenter, de les aveugler sous les rayons du soleil d'Austerlitz et d'une gloire personnelle, de transformer leurs frustrations quotidiennes en haine d'un ennemi responsable de tous les maux, qu'il s'agit d'abattre et d'humilier. Tout ce que je déteste en politique. Beurk.

Cette stratégie implique des investissements à longs terme, humains et financiers, pour occuper le terrain, les médias et les espaces publicitaires. L'idée de fond, c'est de casser la concordance helvétique, pour gouverner le pays à droite toute, une droite où bien sûr l'UDC aurait la première place. Une stratégie dangereuse. Pour la droite et le centre, mais également pour les classes possédantes qui emportées par l'euphorie de la croissance économique, auraient grand tort d'oublier l'histoire. Ce qui a fait la prospérité helvétique au XXème siècle, c'est bien sûr le secret bancaire et l'absence de guerre, mais c'est aussi le consensus social, la limitation des excès et le juste partage des fruits de la richesse. Tout ce qu'une victoire de la droite guidée par l'UDC remettrait en cause.

Après Austerlitz, il y eût la Berezina. Ce qu'Ivan Perrin plus que tout autre aurait grand tort d'oublier, car le régiment neuchâtelois des Canaris y périt jusqu'au dernier, dans des conditions héroïques, pour protéger la fuite de l'Empereur. Un million d'hommes périt dans l'affaire de Russie, du fait de la mégalomanie d'un stratège qui confondait son destin personnel avec celui du peuple... Un stratège qui avait auparavant renversé par un coup d'Etat la République française bâtie sur le modèle helvétique et plus précisément genevois: un conseil des Cinq cent et cinq directeurs, comme il y avait à Genève, le Conseil des 200 et cinq Conseillers.

Or, à moins de modifier profondément les structures démocratiques helvétiques, un Gouvernement et une Assemblée qui voudrait gouverner de manière unilatérale n'ont aucune chance de pouvoir gouverner en Suisse. Le droit d'initiative et de référendum rendent caduques avant la naissance tout projet d'envergure qui ne serait pas consensuel. Les rares "victoires" de l'UDC en votation n'infirment pas ce propos. Il s'agissait toujours d'interdire, de limiter, ce qui ne coûte rien. En aucun cas de construire et bien sûr, un pays moderne et dynamique ne peut pas se contenter de vivre sur ses acquis, en les rognant qui plus est. Il faut des projets, une volonté d'avenir qui ne soit pas que replis sur soi. Tout ce qui manque à l'UDC.

25/05/2011

PLRG: Vive les mariés

Voilà, c'est fait, à une écrasante majorité des deux parti(e)s, radicaux et libéraux ont entériné leurs épousailles hier soir.

Que les personnes ayant porté le nouveau bébé en soient remerciées. Je pense notamment aux Présidents des deux partis et à leurs secrétaires généraux, MM. Patrick Malek Ashgar,  Cyril Aellen, Geoffroy de Clavières et Rolin Wavre. Les deux premiers, Présidents élus, s'abstenant de concourrir à la Présidence du nouveau parti, ce qui les honore, tandis que les deux secrétaires généraux, salariés eux, restent en fonction jusqu'en 2015.

N'en déplaise aux aigreurs pisse-copières d'un plumitif frustré de n'avoir pu imposer ses vues personnelles à la classe politique genevoise (et plus encore d'avoir été désavoué par le résultat des urnes), on peut espérer que le nouveau couple saura bientôt devenir ménage à 3, le PDC ayant vocation naturelle à rejoindre ce que la grande majorité des orateurs, de part et d'autre, ont défini comme un parti de centre droite. Un grand parti.

Le plumitif en question a donc cessé de distiller son venin hautement subjectif dans les pages de la Tribune de Genève. Personnellemment, je m'en félicite. Si la liberté d'expression est sacrée, nul ne peut contraindre un média, de tradition politique humaniste (ou autre d'ailleurs) à publier les chroniques d'un éditorialiste conspuant systématiquement ses valeurs et celles de sa rédaction. Il faut savoir rester logique avec soi-même et si l'on mord la main qui vous nourrit, s'abstenir de crier à la censure ! D'autant que pour jeter sa gourme, aujourd'hui, les blogs existent.

Bien qu'il nie s'être rallié à la droite la plus dure, force est de constater que jamais il ne l'a critiquée, ni publié la moindre démolition acerbe de ses leaders maxi-mots, alors même qu'il assassinait régulièrement ceux du centre droit et parfois de la gauche. C'est son droit, mais au moins qu'il assume ses choix sans faire le calimero, lui dont les fantasmes sont remplis de dagues, de poignards et de compas qui piquent... Quant aux reproches "d'attaques en dessous de la ceinture" qu'il adresse à ses ennemis imaginaires, le Don Quichotte des bisses oublie un peu vite qu'il a lui-même manié la calomnie et le mensonge plus souvent qu'à son tour, accusant à tort un confrère d'être cocaïnomane ou feignant ne pas le connaître après l'avoir invité sur son plateau.

Bref, point de larmes de crocodile pour ce qui n'est qu'un juste retours aux bons usages de la démocratie, la parole politique ne pouvant pas être monopolisée à long terme par une personne ne représentant qu'une infime partie de l'électorat: lui-même et ses deux amis.

Pour conclure, félicitations aux mariés. Dont l'Union dérange, c'est peu de le dire, puisque même les populistes s'en mêlent et cherchent qui à récupérer les déçus, qui à mettre des bâtons dans les roues de la nouvelle force politique. Avec 31 députés, le PLRG s'affirme plus que jamais comme le premier parti du canton. Reste à transformer, comme l'affirmait le jeune Genequand, ces fondations solides en camp de base vers de nouvelles conquêtes.

20/05/2011

Ras-le-bol de l'hypocrisie puritaine made in Hollywood

Le moralisme de certains milieux étasuniens commence sérieusement à me les briser menu.

Qui fait déferler sur le Vieux Continent depuis 30 ans, des tombereaux de clips de raps orduriers dans lesquels les jeunes femmes sont en string et les malabars en survêtement ?

De quel pays viennent toutes ces chanteuses qui n'ont même pas le droit de faire un doigt d'honneur dans leur clip (flouté au montage, wahhh la bonne blague) mais qui écartent les jambes sans culotte à chaque fois qu'elles montent dans une voiture, ou perdent régulièrement leurs téléphones portables sur lequel elles se sont photographiées à poil dans la glace, ou faisant l'amour avec leur malabar (généralement black, le malabar), ce qui fait automatiquement bondir leurs ventes ???

Dans quel pays prolifèrent des sites pornos montrant (légalement au demeurant) des jeunes immigrantes violées à la fontière en échange d'une promesse de green card ?

Quel était ce Président qui s'envoyait en l'air avec Marylin Monroe et (estimation basse) quelques centaines de greluches plus moins fréquentables jusque dans la piscine de la Maison Blanche, pour laquelle il avait fait installer un ascenseur spécial, sous la protection du FBI ?

Dans quel Etat le Gouveneur était un grand costaud qui a fait un môme à la bonne et trainaît une réputation épouvantable du temps où il fréquentait assidûment les salles de sport ? A noter que le proc chargé d'enfoncer DSK est l'un des meilleurs potes de la fille du-dit président, cousine germaine de la femme du-dit Gouverneur... Comme le monde est petit...

Quel est ce pays où l'on jette en pâture aux fauves un "puissant" (comme par hasard frenchie et socialiste), sur la base d'un seul témoignage, malgré un paquet d'invraissemblances, mais où les coupables identifiés d'une guerre ayant causé des centaines de milliers de morts sur la base d'un très gros mensonge courent toujours ? Mensonge monté de toutes pièces pour s'emparer du pétrole, mais surtout pour s'enrichir individuellement, les-dits coupables étant bardés d'actions des trusts qui ont fait des milliards sur la guerre...

Bref, les médias et les intellectuels des Etats-Unis feraient bien de balayer devant leur porte et d'essayer de comprendre pourquoi leur attitude puritaine et hypocrite engendre de tels excès. Indice ? La seule de ces starlettes du show-biz que l'on n'a jamais vue sans culotte ou sans soutien-gorge n'est pas native des Etats-Unis. Shakira est née et a grandi en Colombie, à Baranquilla. Un pays - et une ville - où les moeurs sont sans doute parmi les plus libres de la planète. Ouvertement, ce qui n'empêche pas que cela demeure rigoureusement du domaine privé. En clair chacun fait ce qu'il veut de ses petites affaires, dès lors que cela se passe entre adultes consentants.

Dès lors, vous comprendrez que je ne sois pas du tout d'accord avec ce nouveau letimotiv prétendant qu'il faudrait changer les moeurs de nos médias francophones. Jamais de la vie. Les reproches faits aux journalistes au sujet de DSK sont odieux: "Vous saviez, mais vous n'avez rien dit !" Nous savions quoi ?

1) DSK avait la réputation d'être un dragueur invétéré et même d'être parfois un peu lourd. Insistant.

Cela n'en fais pas un délinquant, ni même quelqu'un d'incapable d'exercer une charge d'autorité. Des tas d'hommes et de femmes politiques dans l'histoire ont eu des moeurs disons peu communes, et la plupart d'entre eux furent des dirigeants de grande qualité. Certains ont clairement dérapé, passant la frontière de ce qui est légal et de ce qui ne l'est plus. Ceux-là sont évidemment condamnables. DSK l'avait-t-il déjà franchie (pour autant qu'il l'ait franchie à New York, ce qui reste à prouver) ? Pas que je sache. Et personne ne peut prouver le contraire.

2) Tristane Banon clamait dans Tout Paris, et jusque sur les plateaux d'Ardisson, qu'elle avait du se battre avec DSK pour lui échapper.

Soit. Mais elle n'a pas porté plainte. Et Ardisson avait beepé le nom, car DSK aurait pu l'attaquer. Parce que si Tristane Banon avait à se plaindre, c'est devant la police qu'elle aurait du le faire. Ce qu'elle n'a jamais fait en 8 ans. Les lois sont faites pour empêcher les agressions, mais aussi les fausses accusations. Qui peuvent détruire une vie tout autant qu'un viol, et même plus sûrement sur le plan social, car le viol reste une intrusion - inadmissible scandaleuse et qui doit être punie sévèrement - dans la sphère privée. Cela laisse des séquelles, mais il est possible de se reconstruire sans même changer de vie. Une fausse accusation projette la victime sous les feux de la rampe et détruit toute sa vie, et plus elle est réussie, plus elle est détruite. Dans les deux cas, c'est une injustice.

 

17/05/2011

Exit DSK : A qui le (1er) tour ?

L'expulsion spectaculaire de DSK rebat les cartes des papables au 2ème tour de la Présidentielle française. Sans prétendre lire l'avenir, on peut se hasarder à quelques supputations.

Il est clair que l'éclatement de l'affaire, maintenant, n'arrange pas forcément Sarkozy. Un scandale du même genre après les primaires socialistes, à quelques semaines de l'élection, eut été infiniment préférable. C'est d'ailleurs ce qui avait été prévu et annoncé, par Sarkozy lui-même. Dans ce contexte, l'attitude de la mère de la jeune journaliste qui dit avoir échappée de peu à DSK en 2002 paraît étrange. Elle, simple conseillère générale, parfaitement inconnue des masses, se présentait à la primaire socialiste. Avec quel programme sinon celui de nuire à DSK?

L'avantage Numéro 1 de DSK était qu'il concentrait les voix d'une grosse partie de la gauche et du centre, ce qui lui assurait quasi mathématiquement sa présence au second tour. Son éviction réveille les espoirs au centre, et à gauche. Mais au lieu de concentrer clairement les voix sur une personne, elle les divise en au moins deux candidats. Et l'on risque de connaître à nouveau la configuration de 2007, avec une forte dispersion entre un candidat centriste très bien placé et un candidat de gauche au moins aussi bien placé. Sauf que cette fois Marine Le Pen ne va pas faire de figuration.

On a donc potentiellement 4 candidats dans un mouchoir, pour une finale à deux seulement. S'il est entendu que Marine Le Pen ne sera jamais élue, sa présence au second tour assurant automatiquement l'élection de l'autre candidat, quel qu'il soit - c'est peut-être d'ailleurs la seule chance de Sarkozy d'être réélu - cela reste très ouvert pour les trois autres.

A condition, notamment, qu'il se dégage un authentique candidat du centre, un candidat rassembleur, qu'il s'agisse de Bayrou ou de Borloo, mais en aucun cas des deux. Or pour l'heure, ils n'ont pas vraiment l'air près de s'entendre... A gauche, Martine Aubry ou François Hollande, c'est un peu bonnet blanc et blanc bonnet. Les membres du PS choisiront. Quel que soit le candidat choisi, il ou elle aura toutes les chances d'être élu, contre Sarkozy et à fortiori contre Le Pen, à condition d'être au second tour. Pour cela, il faut évidemment éviter de multiplier les candidatures de dispersion comme celle de Mélenchon, ou des verts.

A la différence d'un Mélenchon, issu de l'extrême-gauche, qui n'a pas plus de chances au 2ème tour qu'une Marine Le Pen, un(e) vert(e) ne servirait pas forcément de repoussoir. Encore qu'en matière de caractère emporté, je ne suis pas certain que les deux Nicolas soient bien différents... Mais le scénario "Mélenchon + un vert = duel Sarko-Le Pen au 2ème tour" ne peut être écarté. L'idéal serait bien sûr qu'un centriste, Bayrou ou Borloo, peu importe, passe devant Sarkozy, mais pour cela, il faudrait impérativement que l'un des deux fasse le deuil de son ego et apporte franchement son soutien à l'autre. Ou qu'ils trouvent une formule adaptée entre les deux. Ce qui serait d'ailleurs un excellent signal de mâturité et de responsabilité donné aux français. Leurs egos en seront-ils capables ?

Resterait ensuite à dammer le pion de la machine de guerre UMP. Certes pas une partie de plaisir, mais dans ce domaine, tout est possible.

 

15/05/2011

Ce week-end, l'égoïsme genevois a encore gagné

Ainsi donc, les cardons vont déménager et les bagnoles avec. PS, PDC, Conseil d'Etat et Verts Libéraux sont les grands gagnants. Balle au centre.

Des résultats faussement contradictoires, si l'on se rend compte que la victoire revient à chaque fois aux alliances - certes de circonstance - les mieux étoffées. Ce qui confirme que la simple lecture de la politique genevoise sous la forme d'une ligne gauche-droite sur laquelle on pourrait déplacer les curseurs n'est qu'une vue de l'esprit, inapplicable dans notre bienheureuse République.

Plus intéressante est l'analyse par commune permettant de deviner, un peu, qui a voté quoi.

Concernant les Cherpines, c'est clair: l'acceptation du projet est très nette, partout, souvent à plus de 60%, sauf... Dans les communes jouxtant le périmètre, et ce qu'elles soient urbaines ou agricoles. Déduction: c'est une nouvelle confirmation du "oui au logement, mais pas à côté de chez moi". Un égoïsme de fort mauvaise augure pour la suite si l'on s'obstine à pinailler partout sur chaque densification. Les cardons eux-mêmes n'ayant que très peu d'importance dans l'histoire. Heureusement, il y a une solution, c'est effectivement d'imposer à chaque fois, par une décision cantonale, la densification à ceux qui localement la refusent. Car Genève a besoin de construire et de construire un habitat proche des centres urbains déjà reliés aux transports publics, comme le confirme l'acceptation in extremis de l'IN 144.

Sur les pistes cyclables, l'opposition ville-campagne (et aussi quartiers bourgeois vs quartiers populaires) est effectivement des plus nettes, même si la question reste partout disputée. Ce que l'on peut en déduire, c'est que les habitants des centres urbains ne veulent plus voir les bagnoles défiler devant chez eux matin et soir, qu'elles soient frontalières ou non. Cela peut se comprendre. L'initiative aurait d'ailleurs été beaucoup plus largement acceptée si elle avait été un peu moins unilatérale, en ménageant des axes prioritaires pour les transports motorisés. Ceux des pendulaires et des autres, qui ne peuvent pas toujours utiliser la bicyclette et les trams.

Le problème de cette acceptation, c'est qu'elle va renforcer encore la crise du logement, en augmentant la demande pour les logements bien situés (en ville et près des transports publics - là où la gauche refuse souvent de densifier) tout en rendant plus difficile la vie de ceux qui ont fait le choix de vivre un peu plus loin. A moins que les chefs d'entreprise ne prennent le taureau par les cornes et poursuivent sur une voie déjà entamée: délocaliser leurs entreprises là où il reste de la place pour se garer et des voies d'accès pratiquables, avec souvent des impôts moins élevés. Parce que ceux qui ont perdu, sur l'IN144 aujourd'hui, sont aussi ceux qui paient les impôts qui permettent de subventionner les logements en ville et les rues sans bagnoles de ceux qui ont gagné... Forcément, au bout d'un moment, ça lasse.

 

La Malédiction Dominique

Je suis en train de lire "La Malédiction d'Edgar", de Marc Dugain, biographie certes romancée mais passionnante de celui qui fut durant un demi-siècle le patron du FBI. Copain de la mafia, responsable de la chasse aux sorcières, homosexuel honteux et auteur de passablement de mauvais coups en tous genres. L'une de ses spécialités étant la descente en flammes d'hommes politiques opportunément mis en relation avec de jeunes et séduisantes personnes, de sexe et de formes adaptés aux goûts du politicien visé.

Le fin du fin, dans ce genre "d'affaire", c'est de faire vraisemblable. Et dans le cas qui occupe toutes les gazettes francophones aujourd'hui, et probablablement toutes les gazettes du monde demain, l'affaire est pour le moins surprenante, mais pas inconcevable. DSK ayant la réputation de draguer tout ce qui bouge, il est puni par là où il a pêché. Mission accomplie. Même s'il est finalement innocenté, même si gai tapant il y eut et si cela peut-être prouvé, les délais de la justice sont tels qu'il est quasi impossible que cela soit à temps pour les primaires socialistes, la date butoir étant en principe fin juin.

Finie donc, la présidentielle, avec en prime l'enthousiasmante perspective pour DSK de passer quelques temps dans les geôles étasuniennes, au moins jusqu'à ce que la caution soit fixée et payée. Il reste qu'entre draguer tout ce qui bouge et une tentative de viol, il y a une marge, même en tenant compte de l'impact du Politically Correct aux Etats-Unis. Qu'un dragueur patenté ait des pulsions envers une supposée accorte femme de ménage est une chose, qu'il lui saute dessus, la contraigne et la tire d'une pièce à l'autre etc... en est une autre. A priori, un type comme DSK aime avant tout être aimé. Même petit, gros et plus très jeune, il est d'abord fier de sa virilité. Qu'il ait envie de la montrer et qu'il s'attende à ce qu'une jeune femme tombe à genoux devant, oui. C'est là son problème. A priori pas celui d'être en manque au point de commettre un viol.

Qu'un sexagénaire ventripotent de petite taille, occupé toute la journée à discuter le bout de gras, soit de même physiquement capable de contraindre une jeune femme de 32 ans, ayant une activité physique professionnelle toute la journée, en la trainant d'une pièce à l'autre etc... est également étonnant. Que la suite du patron du FMI ne bénéficie d'aucune protection rapprochée surprend. Qu'aucun clignotant "STOP" ne se soit allumé dans la tête d'un homme réputé supérieurement intelligent, victime depuis quelques jours de plusieurs coups bas l'est plus encore... Sans compter sa précédente affaire avec une économiste hongroise qui aurait tout de même du lui servir de leçon.

Que la jeune femme soit restée dans la pièce, sans chercher d'abord à la quitter, pendant que DSK la traversait à poil, alors que normalement elle aurait du sortir immédiatement et au plus vite, en s'excusant platement pour être rentrée dans une suite occupée, c'est bizarre. Et cela ne correspond absolument pas à l'attitude que l'on est en droit d'attendre du personnel d'un 5 étoiles, à priori formé à ce genre de situation.

Bref, bien des choses étonnent, dans cette affaire, mais bien sûr aussi, DSK peut avoir été le jouet de ses démons de 01pm (locale) et la jeune femme, d'abord hésitante, tardant à réagir, être de bonne foi... Ce n'est pas impossible. Ce qui est certain, c'est que DSK ne sera jamais président de la République. Et que j'en connais un qui doit exulter, ce matin.

04/05/2011

Conseil d'Etat, Chômeurs, Cherpines Charrotons, Chyclistes...

Grâce au MCG et ses affiches, les Genevois sauront désormais que CH signifie autre chose que Confoederatio Helvetica... J'ai dit hier en quoi cela distinguait formellement le Conseil d'Etat d'une mouvance politique élevant la vulgarité en sacerdoce et l'agressivité en ligne de conduite...

Je veux dire aujourd'hui pourquoi, sur le fond, les mesures du Conseil d'Etat me semblent discutables. Certes, il revient au berger de travailler au bien-être de ses moutons, et les moutons des élus genevois ne résident à priori pas en France. Sauf que:

- quelques dizaines de milliers de résidents du genevois français ont la nationalité suisse, souvent genevoise. Ils ne devraient pas être concernés par la mesure, d'autant que pas mal d'entre eux sont des patrons, petits ou grands. Mais cela ne va certainement pas faciliter les rapports au sein de l'agglomération. Ni la stabilité, indispensable aux marchés de l'emploi, de l'immobilier, etc...

- les européens ont le droit d'habiter en Suisse. Ce qui rend illusoire toute velléité de leur interdire l'accès au marché de l'emploi local. Inciter les employeurs à prendre en compte prioritairement les chômeurs résidents revient au contraire à inciter les demandeurs d'emplois à se loger à Genève.  Ce qui n'est pas la meilleure manière de réduire la pression sur l'immobilier.

- s'il est évident que certains cas sociaux sont dramatiques et que la plupart sont pour le moins attristants, il est tout aussi patent que d'autres, suisses ou étrangers, profitent délibérément du système. Passagèrement ou à long terme. Tandis que les frontaliers, à priori, bossent. Ils sont là pour ça.

- Carlos Medeiros s'étonnait de ce qu'un français fraîchement débarqué de Bordeaux pouvait aujourd'hui voler un emploi à un Portugais arrivé en Suisse il y a 20 ans. Je lui retourne le compliment: en quoi un résident genevois, arrivé de l'Alentejo en 2009, devrait-il avoir davantage de droits à l'emploi qu'un chômeur frontalier ayant payé des impôts à Genève (et des cotisations-chômage, à perte puisqu'il est indemnisé par la France) durant 30 ans...

- La réponse de Patrice Mugny à propos du cas d'une animatrice culturelle est symptômatique: cette femme, permis B à Genève, déménage dans le Genevois français avec son compagnon suisse, afin de s'y mieux loger. Ce changement de permis ferait d'elle une frontalière, aux droits amoindris... Ce n'est ni juste, ni logique! Et des cas comme cela, il risque d'y en avoir bien davantage encore que les 20 000 chômeurs incompressibles, si l'on ne prend pas garde à maintenir les meilleures relations transfrontalières possibles.

La priorité aujourd'hui me semble être de construire du logement, d'améliorer nos infrastructures de transport et d'inventer des emplois pour les plus de cinquante ans, les jeunes sans formation, les personnes peu qualifiées et celles qui sont déstabilisées par un chômage de longue durée.

C'est dans ce cadre que le déclassement des Cherpines me parait prioritaire. En construisant non pas d'horribles barres passées de mode, même avec des espaces communs au rez-de-chaussée, mais de l'habitat coquet et néanmoins populaire, protégé des nuisances de l'autoroute. Et surtout accessible à la classe moyenne qui n'a pas droit au logement aidé, sans avoir les moyens d'accéder à la PPE en Suisse. Prioritaire, au contraire de l'extension des pistes cyclables sur TOUS les axes principaux et secondaires, comme le réclame l'IN144, qui ressemble davantage à une machine de guerre déguisée en bisounours qu'à une volonté d'optimiser les transports.

Il est évident qu'un quartier d'habitation est plus agréable à vivre si le trafic y est limité, le vélo encouragé et si les enfants peuvent y jouer en liberté. De même, les cyclistes doivent pouvoir se rendre d'un point à un autre en empruntant des itinéraires sécurisés. Mais pas forcément TOUS les axes. Il faut aussi des axes de transit efficaces et fluides. C'est une nécessité urbaine. Pas forcément partout, mais permettant de contourner la ville - en bouclant la boucle - et d'y pénétrer ou d'en sortir. Le vélo n'est pas accessible à tous et c'est aussi une grande cause écologiste de limiter les embouteillages, gros producteurs de CO2.

Pour cela, un cycliste doit accepter parfois de faire un détour, qui doit être balisé, sur et pratique, ce qui n'est de loin pas encore le cas. Comme les automobilistes ont accepté le fait de devoir poser leur voiture pour accéder en certains points. Le jour ou une initiative cycliste intègrera cette notion d'équilibre, et pourquoi pas la traversée de la rade (avec une passerelle cycliste, puisqu'il est encore temps de l'y prévoir), je la signerai sans hésiter.

Nous vivons dans une agglomération commune. La construire et l'améliorer ensemble devrait être notre objectif commun. Pas les uns contre les autres.

03/05/2011

De la différence entre un conseil d'Etat responsable et des fachos...

Tandis que Me Poggia se félicite des mesures d'incitation en mesure d'emploi des chômeurs annoncées par le Conseil d'Etat, Me Pardo se demande si le Conseil d'Etat est devenu facho ? La question est grossière et mérite à peine une réponse. Mais tout de même, peut-on comparer le discours d'un parti que les frontaliers font ch... et qui réclame, purement et simplement de les bloquer aux frontières, avec un chapelet de mesures incitatives et républicaines, prudemment élaborées pour rester dans un cadre légal suisse et européen ?

D'autant que l'attitude du Conseil d'Etat n'est pas nouvelle. Cela fait de nombreux mois que le Département de l'Emploi incite discrêtement les employeurs, privés et publics à préférer des chômeurs genevois à chaque fois que c'est possible. Au point que le Groupement transfrontalier s'en est discrêtement ému, l'été dernier déjà. Le problème, c'est que les employeurs ont tendance à estimer que cela n'est pas dans leur intérêt. Et de fait, un employeur a besoin de compétences, de connaissances et de dynamisme. Les séjours à l'étranger, par exemple, sont considérés comme des avantages dans les entreprises ayant à travailler à l'exportation. Ce que trop de jeunes genevois hésitent encore à faire, peu désireux de quitter ne fût-ce qu'un temps le douillet cocon lémanique.

La dimension sociale d'une entreprise, ou d'un patron, est toujours dialectique, le fruit d'une résultante. Il doit peser son intérêt à court terme (faire le maximum de résultats) et l'intérêt commun de la collectivité dans laquelle il s'insère, qui est de ne pas trop augmenter les disparités. Ce serait générateur de turbulences, et à terme de conséquences négatives sur ses résultats et son cadre de vie. Au besoin, la politique est là pour rappeler à l'économie ces règles de base. Sans en faire trop.

A l'instar des mouvements communistes, les mouvements fascistes ont toujours eu leur dimension sociale, soucieux d'apporter "au peuple" les bienfaits d'un toit, d'un travail, d'une couverture sociale. Du franquisme au fascisme italien en passant par Hitler ou Peron, c'est une constante absolue, le côté "ni gauche ni droite" du populisme. Avec cette autre constante: la désignation d'un bouc émissaire extérieur à la communauté. Le problème des mouvements populistes, de gauche ou de droite, c'est qu'ils en font trop et finissent toujours par freiner l'économie, paralysant la croissance. Ce dont ils attribuent la faute au bouc émissaire, évidemment.

Les partis de gouvernement républicains naviguent à vue entre ces différents écueils, tâtonnant en permanence pour trouver le juste milieu. Les mesures incitatives proposées hier vont dans ce sens. Elles s'accompagnent de facilités offertes aux entreprises qui acceptent de prendre le risque d'engager des chômeurs. Car c'est un risque, par définition: le travail qu'ils fournissaient en échange du salaire qu'ils recevaient, en tant qu'employés ne permettait pas à leurs employeurs de dégager des résultats suffisants. Certes à leurs yeux, aux employeurs, et tenant compte de leurs propres capacités d'entrepreneur, parfois très relatives. Mais le résultat est là: les chômeurs ont été licenciés, ou leur boîte a fermé. Ou ils l'ont quittée, pour toutes sortes de raisons...

C'est cruel, cela ressemble à la jungle, mais ce sont les lois du capitalisme... et aussi celles de la nature. La collectivité rend la chose moins cruelle par toutes sortes de mesures... qui n'incitent pas forcément le chômeur à se remettre en question. J'ai été frappé en discutant avec un ami, membre d'un comité de chômeurs de plus de 50 ans, par son refus de se recycler. Il s'indignait de ne plus trouver de travail dans sa branche, l'édition, par ailleurs en perdition, mais n'envisageait pas vraiment de changer de métier et de réécrire sa vie... Le Conseil d'Etat a raison de rappeler leurs responsabilités sociales aux entreprises. Il serait bon aussi que quelqu'un rapelle aux citoyens leur responsabilité personnelle dans l'accomplissement de leur vie, dans un monde qui ne leur est ni hostile ni amical, mais plutôt indifférent, et auquel il leur faut s'adapter.

Mais cela, aucun politique ne le fera, et surtout pas les populistes - de gauche ou de droite - car ce serait suicidaire en termes électoraux.