23/06/2011

Le pacs Longeole-Staufifre, un cocktail explosif...

Avant la chute, il y a toujours une apothéose. Un coup de maître qui fait perdre les pédales aux plus retors, en leur hypertrophiant l'égo. Pour Hitler, ce fut le pacte Molotov-Ribbentrop, l'alliance avec Staline sur le dos de la pauvre Pologne, qui laissa pantois les démocraties occidentales et ouvrit les Champs Elysées à l'Allemagne nazie. Un pacte conclu sur le dos des communistes allemands, premiers clients des camps de concentration. Mais le pacte n'eut qu'un temps, Hitler finit par attaquer l'URSS, y creusant son tombeau. Staline fut l'un des deux grands vainqueurs du conflit, avec Roosevelt, qui l'avait largement soutenu matériellement.

Alors bien sûr, l'Histoire ne se répète que de manière ironique, René Longeole n'est pas Staline, le PSG n'est pas le PCUS, Rital Staufifre n'est pas Hitler, le Mouvement des Citoyens Gendarmes n'est pas le NSDAP, Jeune Eve n'est pas l'Europe et ce cocktail molotov n'est qu'un pétard mouillé sorti des colonnes de la Julie. Mais il est intéressant tout de même, en ce qu'il démontre la vraie nature du Mouvement Construit pour Gouverner. Sur le fond, il n'y a que cela qui intéresse ses membres les plus éminents: arriver au pouvoir. Ce qui certes est le but de tous les partis politiques, mais en fait bel et bien un parti comme les autres, constitué de beaucoup d'arrivistes et de quelques personnes de conviction. Mais les convictions, au MCG, il faut drôlement les chercher, tant elles sont fluctuantes... Au PSG aussi apparemment, et c'est là la seule vraie surprise de l'évènement. Lorsque certains socialistes appelaient à aider le centre-droit contre le MCG, on ne s'attendait pas à ce que cela soit de cette manière :-)

Longet, que l'on croyait homme de bien, à défaut d'être toujours clairvoyant, se montre sous un jour nouveau: menacé sur son extrème gauche, il est prêt aux pires compromissions pour se faire élire. Ce qui ne le grandit pas vraiment. Nous verrons ce qu'en pensent les lecteurs... Stauffer au moins est logique avec lui-même: pour faire élire ses gens... Et obtenir, pour lui-même, à terme, un ticket pour le Conseil d'Etat, il veut prouver qu'il est incontournable. Les raisons qui officiellement ont déterminé son choix ne trompent personne: en gros, Longet aurait prouvé ses compétences de gestionnaire des finances publiques. Sauf que sur ce terrain, le polonais de la fable, Walpen, le candidat PLR, longtemps haut fonctionnaire du département des finances, est encore mieux placé.

Tout cela n'est qu'une démonstration de force, une rodomontade de plus, qui à terme pourrait se retourner contre son auteur. Aucun parti n'est propriétaire des voix de ses électeurs. A force de sinuosités idéologiques, le MCG pourrait l'apprendre à ses dépens plus tôt que prévu. Me Poggia défend un patron qui veut engager des frontaliers, Stauffer, qui ne tient jamais en place, aime Longet, après des mois de cour assidûe à l'Entente, tout en promettant des cercueils aux racailles... Medeiros accuse les socialistes d'avoir tué des dizaines de millions de gens au Portugal... Tôt ou tard, la dénonciation de pseudo-scandales - dont le plus spectaculaire (!) semble bien d'avoir payé un dirigeant d'un service semi-public aux tarifs du privé - ne parviendra plus à faire illusion: le parti des citoyens veut des prébendes et sa part du gâteau, comme tout le monde.

Dès lors, la vraie question, c'est pourquoi l'en priver ? Pourquoi le centre-droit refuse-t-il à priori d'offrir au MCG la part de postes d'autorités qu'une alliance permettrait de reprendre à la gauche ? Pour au moins deux raisons essentielles:

a) l'idéologie populiste qui caractérise ce parti est dangereuse pour la démocratie, car on ne peut pas toujours simplifier des problèmes complexes. Cela créée des distorsions de la réalité et comme ils professent une vision disons "autoritaire" du monde, ils risquent d'avoir tendance à tordre la réalité pour la faire coller à leurs fantasmes. Ce qui peut vite dégénérer.

b) la compétence et la crédibilité de certains de ses principaux animateurs laisse clairement à désirer. En d'autres termes, ils ne semblent pas avoir le niveau de compétences correspondant aux postes qu'ils visent.

On peut y ajouter le manque de fiabilité, l'opportunisme élevé au rang d'idéologie et surtout une vision conservatrice et refermée sur elle-même des intérêts du canton, là où l'ouverture est, depuis 2000 ans, le gage des succès économiques et de la prospérité genevoise. Plus le fait qu'un certain nombre de nos électeurs, qui ne sont pas des girouettes, eux, ne comprendraient pas.

C'est d'ailleurs ce dernier point qui a perdu Cyril Aellen, le gentil ex-Président libéral tant vanté par Pascal Décaillet, qui en avait fait le champion de ses théories, "son" champion. D'après mes sources, confirmant celles de Decaprod, Cyril Aellen a été mis en minorité sur la question des apparentements, lors d'une séance du nouveau comité du PLRG. Minorité étant le prénom, puisqu'il s'est apparemment (selon les oreilles des murs de la salle...) retrouvé seul contre tous, y compris Christian Lüscher, refusant de voir - outre toutes les considérations globales - que ce que l'on pouvait gagner à l'extrême-droite, on risquait fort de le perdre au centre, centre qui lui est un allié fiable, peu susceptible de vous balancer des boules puantes sous le nez pour prendre votre place. Cyril a choisi de démissioner, c'est son choix, et c'est à mon avis une erreur. Il aurait sans doute été un militant efficae, pour reprendre à la gauche - et à la loyale - un siège aux Etats.

Décaillet, marri et dépité de voir s'effondrer ses théories trop simplistes pour être vraies, rajoute une couche à son délire de la persécution. Il dénonce la mainmise radicale sur le nouveau parti, menée par un homme jaloux de conserver ses prébendes. Ses crachats répétés n'atteignent pourtant pas leur but non-nommé (comme le dieu des juifs ?) en la personne de François Longchamp. Car il est de notoriété publique qu'il ne compte pas se représenter à l'issue de son 2ème mandat en cours. Son intérêt personnel n'est nullement en cause. Par contre il y a des principes, oui, chez cet homme là et les siens. Des convictions et une ligne de conduite. Un honneur et une parole, une certaine idée du bien public. Tout ce qui au bout du compte, semble bien faire défaut aux pacsés du jour, dont on peut douter que d'une quelconque manière l'union de circonstances puisse être féconde.

Si les contes de féées se terminent par "ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants", en politique, c'est plus rare. Mais ce qui est certain, c'est que le PLRG n'a pas vocation à être piloté de l'extérieur. Ni par un animateur de radio, ni par des politiciens d'extrême-droite.

Commentaires

Sur ce coup-ci, je ne peut quêtre d'accord avec vous. Le manque de clairvoyance de René Longet n'a d'égal que le délire mégalomane de Stauffer... Quant à votre conclusion, "ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants", ils conviendrait d'ajouter "dans le dos"...

Écrit par : Déblogueur | 23/06/2011

C'est bizarre. La propension à déformer les noms propres est une vieille tradition de l'extrême-droite française.

Quant aux "théories" de M. Décaillet, elles sont simplistes mais sans doute fondées. La gauche conservera ses deux sièges aux Etats, c'est inéluctable, par la faute d'une droite incapable de s'organiser pour gagner. Peu importe pourquoi, seule compte le résultat en politique. Et le brave Christian Lüscher part déjà perdant. Et Cyril Aellen a parfaitement le droit de s'éloigner de cette machine à perdre qu'est le PLR. Dirigé tout en haut par un Pelli à la dérive, le PLR local a déjà perdu d'office un siège au National et n'en gagnera pas un aux Etats. Cyril Aellen, qui cherche, même parfois maladroitement, à mettre fin à ce cycle de défaites programmées fait bien de s'en éloigner. Jeune, peu habile, il est toutefois animé de la volonté de gagner, denrée interdite au PLR genevois.

Écrit par : Louis Besson | 23/06/2011

Pourriez-vous m'expliquer :

-Pourquoi diable Longchamps ne se représentera pas aux prochaines élections gouvernementales?

-Qui pourrait prétendre à son siège?

D'avance merci

Un fidèle lecteur.

Écrit par : szafa | 23/06/2011

M. Besson, il n'y a dit-on que la vérité qui blesse et franchement, si vous jugez mon humour d'extrême-droite, c'est votre problème... Sur le fond,vous ne faites que répétez le mantra Décaillet, qui repose sur un concept politique dépassé: quelles sont aujourd'hui les lignes de fracture essentielles pour l'avenir du canton?
la construction de l'agglo transfrontalière,
le soutien à la croissance économique,
la politique du logement,
le rapport à l'UE...
Aucune ne recoupe vraiment le front gauche-droite que voudrait établir une certaine droite. Quant aux enjeux de la diète bernoise, ils sont certes importants, mais comme déjà écrits ici, la démocratie participative helvétique ne pourrait guère fonctionner dans une logique d'affrontements bi-partisane comme on en connaît ailleurs.
Le moins d'impôt, le moins d'Etat, qui sont les lignes clefs du débat gauche-droite sont mis à mal par la crise, dont nous sommes loin d'être sortis. Et au coeurs desquels les décroissants (dont une bonne partie sont à l'extrême-droite) risqueraient fort de nous plonger si on leur laissait la place.
La raison, aujourd'hui commande d'être raisonnables et visionnaires. Tout le contraire de ce que prônent les agités perpétuels - socialement hyper-conservateurs - que sont MM Décaillet et Stauffer.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/06/2011

M. Szafa,
1) sans qu'il n'ait aucune obligation en ce sens (contrairement à certains partis), François Longchamp a déjà fait savoir qu'il ne se représenterait pas. Sans doute parce qu'il pense que deux mandats c'est assez, et que trois c'est trop, ce qui est effectivement une limite communément admise, mais pas (encore ?) par notre constitution.
2) Je n'en ai aucune idée, d'autant plus que ce n'est pas "son" siège. Le PLR détient actuellement 3 sièges sur 7 au Conseil d'Etat, et les libéraux radicaux auront certainement à coeur d'essayer de choisir les meilleurs candidats et candidates pour faire au moins aussi bien aux prochaines élections cantonales. Si vous voulez me faire dire que Maudet sera sur la liste, je n'en sais rien. Mais cela me semblerait une bonne idée, comme au moins deux autres candidats ou candidates. L'électeur tranchera. Et franchement s'il devait être mis en concurrence avec Stauffer, je ne donne pas cher de la peau de Stauffer vu leurs popularité et pedigree respectifs.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/06/2011

Je viens d'avoir une longue conversation avec Cyril Aellen, qui m'a fourni quelques renseignements supplémentaires, sur la manière dont les choses se sont passées. J'ai en effet dit une bêtise. Heureusement pour mon ego, Cyril dixit: "Vous en avez dit moins que Décaillet dans son papier d'hier !" Ouf. L'honneur est sauf.
"Ce n'est pas moi qui lui ait transmis ma lettre de démission (du CODIR, mais bien sûr pas du parti), explique Aellen. Je reste au PLR et ce n'est pas une démission sur le fond. J'aurais très bien pu m'accommoder d'une décision majoritaire qui me soit contraire mais celle-ci n'a pas encore eu lieu. En fait j'ai démissionné pour une question de forme, car je trouve que le Président n'aurait pas du s'exprimer avant l'assemblée générale du 29 prochain."
Résumons: lors d'une conversation avec une amie libérale la semaine dernière, celle-ci m'a dit "Aellen est isolé, il n'y a plus que lui qui prône l'apparentement, même Lüscher ne veut pas figurer sur un ticket commun avec un UDC ou un MCG".
J'en ai conclu qu'il était seul, or la position de Lüscher n'est pas nouvelle m'apprend C. Aellen:
"Il a toujours dit ça. Ce qui ne l'empêche nullement d'être soutenu par ces partis par ailleurs, si ceux-ci le souhaitent. Longet est bien soutenu par Stauffer... Il n'y a que Maudet qui a refusé d'être soutenu par l'UDC. En fait il n'y a pas eu de vote et je suis certain que je n'aurais pas été isolé. Le Président a jusqu'au 27 pour mener des discussions avec tous les autres partis, sans exclusive. Ce sera à l'assemblée générale du 29 de décider. Possible que le refus d'apparentement soit majoritaire, et je m'y serais plié, bien évidemment, mais ce n'est pas non plus certain. D'ici là, je trouve que le Président n'a pas à faire connaître ses positions personnelles dans la presse. D'où ma démission. Mais je ne réclame aucun rectificatif."
Le Président d'un parti peut-il faire connaître ses positions personnelles, en l'absence d'une décision formelle de son comité et de son assemblée générale ? Personnellement, contrairement à ce que pense Cyril Aellen, j'aurais tendance à dire que oui. C'est aussi pour cela qu'il est élu Président, pour représenter le parti et gérer l'actualité dans l'urgence, dans un temps plus court que celui des décisions démocratiques. Contrairement à un secrétaire général, par exemple, qui lui est salarié pour appliquer les décisions. Quitte à ce que le Président qui serait mis en minorité lors d'une vote important de l'Assemblée générale en prenne acte en démissionnant par exemple.
Il est peut-être regrettable que les débats internes au PLR soient projetés ainsi sous les yeux du public. Mais c'est après tout une preuve de maturité démocratique. On attend toujours de voir Decaprod révéler le dessous des discussions "amicales" entre caciques au sein du MCG par exemple. Comment communiquent un Poggia, proche de l'Islam et un Rappaz aux antécédents racistes avérés ?
Le PLR, nouveau parti qui se construit, doit être transparent, bâti sur des bases claires. C'est le meilleur moyen d'être solide à l'avenir.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/06/2011

Bonjour Philippe,

En plagiant John F. Kennedy et en me référant à votre billet, je dirais aujourd'hui simplement : " Je suis Polonais ! "

Que dire de plus de cette politique genevoise qui devient franchement catastrophique, de compromissions en trahisons, que d'idéaux trahis pour un bol de soupe !

Bonne journée quand même !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 23/06/2011

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