05/07/2011

Soviet sur Léman

Les choses semblent limpides: pour une partie de la classe politique genevoise, la liberté d'entreprendre et de faire des affaires, la concurrence, la liberté de commerce, le droit à la propriété individuelle, la récompense du mérite et des efforts consentis, toutes ces valeurs qui fondent notre prospérité, c'est du passé. Place à la propriété collective des sols, des murs et des moyens de production, à la République des Soviets plus l'électricité (bleue ou verte) et à la répartirtion des fromages et des prébendes par les caciques du comité de quartier, en fonction de critères qui vont de l'appartenance politique à l'incapacité notoire à s'assumer par soi-même.

Soyons clairs: ni Christian Lüscher, ni Mark Müller, ni Jean Murith n'ont commis quoi que ce soit d'illégal. Ni même de moralement répréhensible. Ils travaillent, paient des impôts, entretiennent leurs familles, se logent et les logent en fonction des occasions qui se présentent. Il y a dans la République des logements régis par les collectivités publiques qui sont réservés à des familles aux revenus limités. Ce n'est pas le cas des logements concernés. C'est la loi (stupide, parce que limitatrice et n'incitant pas à construire) voulue par la gauche qui limite le montant du loyer de Mark Müller, mais elle ne dit rien quant aux revenus des personnes censées y habiter. Et dans un monde libre, un propriétaire a le droit de choisir son locataire. C'est évidemment son intérêt de choisir une personne qui ne devrait pas lui poser de problème. Contrairement à une famille dans le besoin. Le propriétaire paie des impôts, il n'a pas à se susbsituer aux services sociaux.

Et la loi est la même pour tous. Que l'on soit pour ou contre. Sinon, si l'on devait refuser d'appliquer une loi à l'avantage de quelqu'un sous prétexte que cette personne est contre la dite loi, pour rester cohérent, il faudrait prévoir la possibilité pour cette personne de ne pas se plier à la-dite loi.

Quant à l'argument prétendant qu'en acceptant le chef du DCTI comme locataire, le promoteur-régisseur a barre sur lui, c'est du grand-guignol. Le bail a été signé. Il est en vigueur. Pour le promoteur-régisseur, il est préférable d'avoir ce locataire-là, plutôt prestigieux dans l'immeuble et peu susceptible de laisser courir des loyers en retard. Cela ne lui coûte rien au promoteur-régisseur, au contraire. Mark Müller ne se sent pas le moins du monde lié, et il a raison. D'ailleurs il bloque un gros projet de logements de ce même promoteur à Bellevue (ma commune d'origine) parce qu'il souhaite que le projet prévoit davantage de logements. Il ne faut pas mélanger les business. Ou alors cela signifierait que si l'on obtient un logement de la GIM, on est redevable à Mme Salerno ? Jusqu'à quel point? Risque-t'on de perdre son logement si l'on dit du mal de l'ASLOCA ou si l'on appelle à voter contre M. Sommarugga ?

Des dizaines de milliers de foyers, à Genève, paient des loyers inférieurs, voire très inférieurs aux prix du marché, tout simplement parce qu'ils sont dans leur appartement depuis des lustres. Cela fait-il d'eux des profiteurs ou des malhonnêtes ?  J'ai vu il y a 3 jours un 4 pièces en plein centre, pour CHF 700.- Soit deux fois moins cher qu'en LUP. Pas dans les petites annonces évidemment: il a été sous-loué hors marché, avec la bénédiction des services sociaux et de la régie à un jeune orphelin de 18ans qui en avait bien besoin, qui avait juste la chance d'avoir des relations qu'il s'était faite lui-même et de savoir les utiliser.

Dans le monde libre, il est encore permis de faire des affaires et d'acheter à bon prix, si l'on en a l'occasion. L'interdire, c'est transformer Genève en satellite anachronique d'un astre heureusement disparu: l'URSS. Est-ce bien cela que veulent les socialistes, qui lorsqu'ils en ont l'occasion savent très bien, comme tout le monde, essayer d'obtenir le meilleur au meilleur prix...

Commentaires

Vous confondez illégalité et faute de goût.

Bien sûr que c'est parfaitement légal.

Mais c'est le comble du mauvais goût.

Écrit par : C. Bertrand | 05/07/2011

Depuis quand est-ce de mauvais goût d'obtenir quoi que ce soit au meilleur prix possible du moment que c'est légal ? En échange du travail pour lequel il a été élu, Mark Müller reçoit un salaire. Assez élevé, ce qui lui vaut de payer passablement d'impôts. Ce qui, me semble-t-il, clôt son devoir de solidarité. Ou bien?
L'économie genevoise, globalement libérale, plutôt plus libérale (= moins réglementée) que celle des contrées alentours, notamment en matière de droit du travail, marche mieux que celle des contrées alentours...
Sauf sur un point: le logement!
Dans ce seul et unique domaine, l'économie genevoise est une catastrophe. Qui fonctionne beaucoup moins bien que celle des contrées alentours. Or le logement, c'est précisément le seul domaine où notre économie est moins libérale, plus socialiste, plus réglementée, on peut même dire corsetée, que celle des contrées alentours.
CQFD: plus l'activité économique est encadrée, moins elle est dynamique et plus elle s'enraye. Ce qui ne signifie pas qu'il ne faut pas l'encadrer (car l'effet loi de la jungle est tout aussi nocif) mais qu'il faut le faire avec mesure et précaution. A Genève, en matière de logement, on a clairement dépassé les bornes dans le mauvais sens.
Je lisais le commentaire d'un blogueur gauchiste, linario, qui disait ce matin que quelques soient les règles, les promoteurs feraient toujours de la promotion. C'est faux et c'est enfantin de le croire. Les promoteurs en tant qu'entrepreneurs, ont l'obligation vitale de gagner leur vie. Au delà de même de l'appât du gain, ils ont besoin de faire tourner leur entreprise, payer leurs employés, etc... S'ils ne gagnent pas assez dans l'immobilier, ou dans tel domaine de l'immobilier, ils s'en détournent.
Et c'est pourquoi aussi, à Genève, il se construit tant de logements pour riches. C'est le dernier secteur où il y a encore moyen de gagner de l'argent, tant les autres sont sinistrés. Pourquoi aussi l'Etat et les communes sont les derniers intervenants sur les autres secteurs, et de très loin les plus gros propriétaires du canton. Parce que pour les privés, avec les lois de l'Asloca, c'est trop risqué.
Cela devient grossièrement évident. La gauche est en train de réussir une véritable révolution en douce, celle de devenir, de fait, le plus gros logeur du canton. Et sans doute demain l'unique. On aura fait un grand pas vers la République des Soviets.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/07/2011

En quoi la propriété collective du sol mènerait à la fin de l'électricité ?

"Il y a dans la République des logements régis par les collectivités publiques qui sont réservés à des familles aux revenus limités" -> mais il y en a de moins en moins et les libéraux se battent becs et ongles pour qu'il y en ait toujours moins. Et je ne parle même pas de la crise du logement...

"Et dans un monde libre, un propriétaire a le droit de choisir son locataire" -> Et dans un monde libéral, les privilégiés se soucient de leur responsabilité sociale.

"Et la loi est la même pour tous. Que l'on soit pour ou contre" -> Et les élus se doivent de montrer l'exemple, pas de profiter de leur position pour obtenir des privilèges au détriment des gens dans la besoin (qu'ils sont sensé défendre).

"Pour le promoteur-régisseur, il est préférable d'avoir ce locataire-là, [...] peu susceptible de laisser courir des loyers en retard" -> Pour le promoteur-régisseur, un retard de loyer correspond à un prétexte pour expulser le locataire et relouer plus cher.

"Des dizaines de milliers de foyers, à Genève, paient des loyers inférieurs, voire très inférieurs aux prix du marché, tout simplement parce qu'ils sont dans leur appartement depuis des lustres. Cela fait-il d'eux des profiteurs ou des malhonnêtes ?" -> Non, cela fait d'eux des locataire pas (encore) victimes de la crise du logement et de l'appétit sans limite des propriétaires. Les gens qui se font escroquer par les propriétaires sont des victimes. Ca ne fait pas des autres des privilégiés.

Pendant ce temps, les loyers continuent de prendre l'ascenseur et les propriétaires s'enrichissent grassement. Le prix des terrains et des immeubles exploser et les spéculateurs se frottent les mains. Et les Genevois quittent leur ville pour aller en France ou dans d'autres cantons.

Écrit par : linario | 05/07/2011

@Philippe Souaille : Vous voulez que nous remercions Mark Müller de payer des impôts alors que ce sont nos impôts qui constituent sont salaire de ministre ?

"le logement, c'est précisément le seul domaine où notre économie est moins libérale, plus socialiste, plus réglementée" -> Les lois restrictives dans le domaine du logement ont été introduites suite aux abus des propriétaires et des régies. Il ne faut pas confondre la poule et l'oeuf mon cher...

Le libéralisme peut éventuellement fonctionné dans un monde où les ressources naturelles et le territoire sont illimités. Dans un endroit exigü et attractif comme Genève, le libéralisme expulse les habitants pour les remplacer par ceux (venus du monde entier) qui ont plus de fric. Tu parles d'une réussite !

Quant aux promoteurs qui ne construiraient plus de logements, je crois que vous devriez vous renseigner un peu plus. Par exemple sur la ruée qu'on peut voir aux Cherpines ou au PAV. Et les promoteurs ne sont pas prêts de se détourner de l'immobilier alors que c'est la poule aux oeufs d'or comme ils le reconnaissent eux-mêmes dans leurs rapports annuels : (de tête) "la demande soutenue des logements assure des rendements très satisfaisants".

Vous parlez de "La gauche". Je crois que vous pensez en fait aux coopératives. Les coopératives (comme celle de La Ruche à la Jonction par ex.) offrent d'excellent prix au m2 qui permettent d'avoir les loyers les moins chers du canton. Et cela tout en réalisant un rendement de 3% qui permet de rénover l'immeuble, de l'améliorer et de le sur-élever. Les coopératives ne sont pas de gauche ou de droite, il s'agit seulement de logements gérés par les gens dont le but n'est pas de faire du profit mais d'habiter. Et dans une coopérative, on n'a pas à engraisser un rentier parasite !

Écrit par : linario | 05/07/2011

C'est, et de loin, la meilleure analyse qu'il m'ait été donnée de lire à ce sujet, ces derniers jours. Une lueur d'espoir parmi tant de commentaires et prises de positions insensés.

Écrit par : C. de Gessenay | 05/07/2011

Parce qu'il est ministre des constructions et que c'est lui qui a octroyé l'autorisation d'aménager les combles, tout simplement.

Ce serait d'aussi mauvais goût que si le chef du département de l'économie faisait un festin avec 25 amis chez un restaurateur à qui il a octroyé une patente et qu'il paie le prix du plat du jour.

C'est tout à fait légal, mais d'un goût très médiocre.

Écrit par : C. Bertrand | 05/07/2011

Non, M. Bertrand, votre comparaison ne fonctionne pas, car il n'existe aucune loi stupide contraignant le restaurateur à livrer des festins au prix des plats du jour. Du moins pour quelques temps encore, tant que le paradis soviétique n'a pas encore étendu son délicieux parapluie dans tous les rouages de notre économie. Dès lors ce serait un passe-droit qu'exigerait M. Müller, mais ce n'est pas le cas. Il n'a obtenu aucun rabais. Et personne, j'ose l'espérer, ne trouvera rien à redire si le responsable des patentes va manger à la carte et paie le prix demandé...
En matière immobilière, malheureusement, cette loi existe, mais M. Müller n'y a aucune espèce de responsabilité, bien au contraire.
Son job consiste à signer les autorisations de construire qui sont préavisées par ses services. 2000 en moyenne par année ces dernières années. Dans la mesure où suite à une séparation, M. Müller a du trouver à se loger, il a du chercher parmi l'un de ces logements neufs, les anciens étant généralement conservés tant que faire se peut par leurs locataires en titre...
Donc, si je vous comprend bien, il aurait du se dire: ah non celui-ci est super, idéalement placé, de la dimension qui convient pour mes enfants et mois, mais zut, il n'est pas assez cher ? A partir de quel montant était-il en droit de postuler ?
Il a eu raison de le faire, et raison de profiter d'une loi existante et mal fichue, qu'il a combattue, comme n'importe qui l'aurait fait à sa place, puisque cette loi malheureusement existe.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/07/2011

Linario, personne ne vous demande de remercier Mark Müller. Il paie ses impôts, c'est normal. Ce faisant, comme tout un chacun, il paie son écôt à la collectivité. Mais pourquoi donc devrait-il payer plus que d'autres ? Pourquoi n'aurait-il pas le droit d'aller acheter chez Denner ou M Budget si ça lui chante? Ou de profiter du dernier truc en solde, bradé au tiers du prix ?
Vous allez me dire qu'en achetant chez Denner ou M-Budget, il ne prive personne. Parce que Denner et M-Budget dépendent de l'économie privée et ne risquent pas l'épuisement de stocks. Contrairement à l'URSS ou à la Pologne d'avant Solidarnosc. Je me souviens encore d'une supérette de Varsovie, où il n'y avait rien, strictement rien sur les étalages. Un magasin entier, intégralement vide. Sauf des boîtes de poisson sur une des étagères. Que nous nous sommes empressés d'acheter. Nous avions faim et même en Afrique, les sardines sont mangeables... Et bien pas dans la Pologne communiste. Dans la boîte il n'y avait que des arrêtes et de la peau de poisson... Je ne plaisante pas...
Contrairement aussi au Venezuela de Chavez, qui importe de la Colombie honnie et tant décriée tout ce qu'il n'arrive pas à produire dans sa merveilleuse république socialiste et bolivarienne... Les climats, les cultures et les populations des deux pays étant par ailleurs très proches.
Bref, l'économie socialiste genevoise du logement est une catastrophe, et engendre une pénurie chronique sur laquelle s'engraisse, effectivement, un petit nombre de promoteurs, les derniers petits malins à avoir trouver des combines dans les coins: construire pour les très riches, qui achètent cash, contrairement au locataires/clients de l'ASLOCA qui sont un sujet d'emm. potentiels pour n'importe quel propriétaire sain de corps et d'esprit.
Savoir qui a pondu l'oeuf n'est pas la question. Le fait est que la réponse apportée aux problèmes du logement n'est pas la bonne. Il n'est jamais trop tard pour en essayer d'autres. Quant à l'exiguité du canton, laissez moi rire... Sur la même surface, des villes comme Paris, New York ou Bogota parviennent à loger plusieurs millions d'habitants. Et je ne vous parle pas de Tokyo ou Hong Kong...
Vous me direz, oui, mais nos cardons ? Nos cardons, ils pousseraient aussi bien en France. Je ne sais pas à quelle époque vous vivez, mais pour une grande partie de la population, aller faire ses courses, du ski, trouver un logement, bosser ou prendre l'avion de part et d'autre de la frontière, ce n'est plus un problème.
Je persiste et signe: la gestion collectiviste du patrimoine immobilier est une catastrophe.
D'ailleurs l'exemple des coopératives que vous citez est beaucoup plus proche d'une société par actions de type capitaliste, ou d'une PPE, que d'une gestion socialiste.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/07/2011

C'est vrai Monsieur Souaille, tout ce qui n'est pas interdit est autorisé...selon la loi.Reste cependant que l'homme politique doit parfois s'imposer des règles qui vont au-delà du simple respect de la loi, car il en va de la crédibilité des institutions qu'il représente: LA DECENCE.Cela ne veut certainement pas dire grand chose pour certains, mais il est difficile de faire croire que l'on est motivé par la défense de l'intérêt commun, lorsqu'à la première occasion qui se présente on pense d'abord à son avantage personnel. Je me suis exprimé sur le sujet il y a quelques jours ( http://poggia.blog.tdg.ch/archive/2011/07/02/indecence-quand-tu-nous-tiens.html ). Par contre, il est vrai que les socialistes feraient bien de balayer devant leur porte, et j'espère que leur attaque permettra à certaines langues de se délier, afin que l'on constate que le credo "ora pro nobis" est malheureusement répandu sur tout l'échiquier politique.

Écrit par : mauro poggia | 06/07/2011

Me Poggia, il n'y a aucune indication d'aucune sorte, ni dans la loi, ni ailleurs, qui contraigne ou ou qui même simplement laisse à penser que le propriétaire ou le promoteur immobilier d'un logement privé aurait une quelconque obligation morale de louer son bien au plus pauvre, ou à un plus pauvre plutôt qu'à un plus riche.
Tout au contraire, il a tout intérêt (et même une sorte d'obligation morale si l'on s'en réfère au calvinisme, qui légitime le profit et qui en fait même quasi un moyen d'élévation spirituelle) à louer au plus solvable, afin d'éviter les ennuis potentiels, retards de loyer ou autre. Après, s'il veut faire de la charité, c'est son problème, mais le calvinisme n'est pas la religion musulmane où le don au meskine est une obligation sociale. Pour cela, à Genève, nous avons des services sociaux, plus les fondations et les loyers contrôlés.
Dès lors, il est à peu près certain, vu l'emplacement et la nature du bien, que ce n'est pas une famille pauvre qui aurait eu le bien, mais un locataire pas forcément beaucoup moins riche que le Conseiller d'Etat. Ce d'autant plus que le loyer n'y est limité que durant cinq ans, et qu'il est appelé à rejoindre les prix du marché après. Ce qui n'est d'ailleurs qu'une des nombreuses incohérences de cette loi. Ce qui fait qu'un propriétaire a intérêt à y placer quelqu'un qui, le cas échéant, pourra faire face aux augmentations, plutôt que de devoir le forcer à déménager à la première issue du bail...
Toute cette histoire n'est qu'une basse attaque politicienne utilisant l'émotionnel pour faire mousser un fait dont on ne dévoile pas la vraie teneur. On y retrouve les acteurs habituels, qui font leur lit des simplifications abusives : les médias, les populistes d'extrême droite et les populistes de gauche, qui apparemment vont faire un bout de route ensemble jusqu'aux prochaines élections fédérales. Les petits entrepreneurs, petits propriétaires et autres anti-communistes de métier qui sont une partie de votre électorat vont être heureux d'apprendre que vous prônez le démantèlement collectiviste du droit de propriété, Me Poggia...

Écrit par : Philippe Souaille | 06/07/2011

@Philippe Souaille : si j'ai bien compris, pour vous, le seul problème en matière de logement c'est l'insuffisance de l'offre. Il n'y a pas à s'inquiéter de l'augmentation de la demande due à l'afflux d'entreprises étrangères et d'expats. Pour absorber cette augmentation démographique sans aggraver la crise du logement (mais sans la régler non plus), il faudrait loger 6000 personnes supplémentaires par année, ce qui représente l'équivalent d'un lignon. Pensez-vous vraiment que sans l'asloca et les socialistes il serait possible de construire autant ? Pensez-vous vraiment qu'il est souhaitable de sacrifier toute la campagne pour satisfaire aux exigences de l'économie mondialisée et aux appétits de ceux qui nous gouvernent ?

Écrit par : linario | 06/07/2011

Exactement, Linario, je termine cette semaine un film sur la question, sur lequel je travaille depuis un an et demi. Je vais vous donner un scoop: l'histoire de l'afflux d'entreprises étrangères et d'expats a été montée en épingles par quelques politiciens (notamment mon ami Antoine Vielliard qui a réussi là le coup du siècle) mais n'est responsable que du dixième de la croissance démographique de la région. Les 90%, c'est l'attraction naturelle qu'entraîne notre prospérité et la nature de notre économie, très prospère, très spécialisée et tertiarisée, qui poursuit sa croissance dans une atmosphère environnante globalement morose, voire très morose.
En plus, les salaires y sont nettement plus élevés qu'ailleurs. Ce qui à l'évidence est la cause principale de l'afflux : même si le coût de la vie y est également plus élevé, certains penseront toujours pouvoir se priver de telle ou telle chose pour mettre un pécule de côté.
Les gens viennent d'eux mêmes dans la région, dans le Genevois français comme à Genève, venant de Bordeaux comme de Fribourg. Et c'est normal, c'est naturel. Demandez à n'importe quel chef d'entreprise combien il reçoit d'offres spontanées! Genève est une capitale mondiale de l'administration, de la finance, du commerce de matières premières et de l'industrie du luxe. Plus quelques autres activités de premier plan comme les biotechnologies ou le décolletage de haute précision. Elle attire du monde. Indépendamment des facilités fiscales qui ne sont que la partie émergée de l'iceberg.
Ce n'est pas les autorités qui l'avaient prévu. Elles ont été largement dépassées par un succès inattendu, qui a vu passer en une année les recettes fiscales prévues de 400 millions de déficit à 800 millions de bénéfice !
Dès lors, on peut décider que l'on ne veut plus être une capitale mondiale et juste redevenir une ville de province, mais je ne vous dis pas la catastrophe économique immédiate et l'abaissement drastique du niveau de vie de tout un chacun si c'était le cas, ou accepter de construire davantage.
Pas en bétonnant tout le canton, non, sa combinaison de béton et de verdure fait partie intrinsèque de ses atouts. Mais en bétonnant davantage. Dans les zones vertes et les zones villas et en surélevant. Et en construisant les infrastructures lourdes de transport publics correspondantes. Je vous assure, vu d'en haut, c'est évident, il reste énormément de place !
Idem dans le Genevois français, où il s'agit de concentrer l'habitat autour des axes de transport en commun qui doivent être renforcés.
Cela s'appelle une politique d'aménagement. C'est assez simple à faire en général, mais à Genève, ça se complique pour plusieurs raisons: la frontière et les administrations et pouvoirs différents de part et d'autres, mais aussi le fait que chacun peut se prétendre aménageur, faire entendre sa voix et s'opposer à tout et n'importe quoi. Ce qui a du bon. Cela évite de foncer tête baissée dans de trop grossières erreurs. Mais il vient un moment où il faut prendre des décisions et avancer.

Écrit par : Philippe Souaille | 06/07/2011

La loi dont il est question a été acceptée par une grande majorité du peuple genevois, qui croyait que les propriétaires joueraient le jeu et affecteraient ce type d'appartements à des personnes aux revenus modestes.

Il y a quelques semaines, Mark Müller rappelait même les propriétaires à leur devoir.

Bien sûr, je le répète, tout cela est parfaitement légal, tellement d'ailleurs qu'on atteint l'abus de droit.

Me Poggia a raison de parler de "indécence". C'est le mot, tant pour qualifier le comportement de Mark Müller que celui du propriétaire.

L'électeur en tirera la leçon. Cela fait 20 ans que je votais radical, et PLR aux dernières municipales. Je ne voterai plus jamais PLR. Un magistrat radical n'aurait jamais commis pareille indécence, aggravée d'une rare arrogance. Je commence à comprendre pourquoi le PLR a perdu 25 % de son électorat aux dernières municipales et se trouve en chute libre sur le plan national.

Écrit par : C. Bertrand | 06/07/2011

Cher Monsieur, permettez-moi de douter que la majorité du peuple genevois ait ce genre de naïveté. Aucun homme (ou femme) d'affaires ne va agir contre ses intérêts s'il n'a aucune obligation légale de le faire.
Quant aux propos de M. Müller, pourriez vous nous dire plus précisément ce qu'il disait et à qui ? Parce que je crois me souvenir d'autres devoirs que de louer contre ses intérêts. Mais je peux me tromper.
Enfin, vous vous dites radical. J'ai un doute, votre attitude ressemblant étonnamment à celles des blogueurs du MCG, mais soit. Je crois me souvenir que certains anciens magistrats de ce parti se sont laissés accrocher des casseroles bien pires. Je suis surpris en tout cas qu'un radical prêche contre le droit de propriété. Etes vous bien sûr de n'avoir pas voté depuis 20 ans contre vos convictions profondes ? Les radicaux ont le sens de l'Etat. Mais de là à confondre James Fazy avec Mère Teresa...

Écrit par : Philippe Souaille | 06/07/2011

@Philippe Souaille : Est-ce que vous statistiques vous enseignent également quelle proportion de "l'attraction naturelle qu'entraîne notre prospérité et la nature de notre économie, très prospère, très spécialisée et tertiarisée, qui poursuit sa croissance dans une atmosphère environnante globalement morose, voire très morose" est due à l'afflux d'entreprises étrangères ?

"Genève est une capitale mondiale de l'administration, de la finance, du commerce de matières premières et de l'industrie du luxe" -> Autant de secteurs au service de l'économie mondialisée et pas des habitants de Genève et des environs qui ne font que subir la crise du logement.

"les recettes fiscales prévues de 400 millions de déficit à 800 millions de bénéfice ! " -> Mon loyer est toujours de 2500 et je n'ai aucune perspective de trouver moins cher.

"on peut décider que l'on ne veut plus être une capitale mondiale et juste redevenir une ville de province, mais je ne vous dis pas la catastrophe économique immédiate et l'abaissement drastique du niveau de vie" -> Lorsque je visite certaines villes de province, je n'ai ni l'impression d'arriver en zone sinistrée, ni de voir les gens y vivre comme au moyen âge... Ils ont généralement moins de problèmes pour se loger et n'y consacrent pas la moitié ou même les 3/4 de leurs revenus par contre.

"construire davantage" -> Un Lignon par année sans tout bétonner ? Vous y croyez vraiment vous ? Et même en acceptant de tout bétonner, vous y croyez ?

Ce modèle de développement est fait pour les riches du monde entier, pas pour nous.

Écrit par : linario | 06/07/2011

Eh bien Linario, vous n'avez qu'à déménager dans une ville de province. Il y en a effectivement de très jolies et très agréables à vivre, avec tout plein de logements disponibles. C'est particulièrement agréable lorsqu'on est à la retraite, ou lorsqu'on y a un boulot. Ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas.
Plus de la moitié de la population de l'agglo franco-valdo-genevoise est d'immigration récente ou "secundo" (je ne parle pas là de nationalité, mais juste d'arrivée dans l'agglo). Si ces gens y restent, en dépit des loyers élevés, c'est parce qu'ils y ont un intérêt. Notamment pécunier, parce que les salaires sont plus élevés. Ce qui fait qu'au bout du compte dans votre ville de province, vous ne dépensez peut-être que 20% de votre salaire en loyer mais à la fin du mois, il vous reste moins que si vous bossiez à Genève, avec un gros loyer et un gros salaire.
Maintenant, laissez-moi vous dire quelque chose: si quelqu'un dépense les 3/4 de ses revenus en loyer, il faut qu'il déménage, illico presto. C'est suicidaire. Si j'étais dans ce cas, je ne vois pas ce qui me retiendrait. Soit d'aller habiter plus loin, en Suisse et en France, et de continuer à bosser ici en me tapant les heures de transport, soit de trouver carrément un job ailleurs. Vivre dans ces conditions, ce n'est pas une vie et rien ne peut vous obliger de persister à vivre ici dans ces conditions. A moins bien sûr que vous viviez d'avantages sociaux que vous craindriez de perdre ailleurs.
Mais j'aimerais bien en savoir davantage sur de tels cas. Vous avez des chiffres précis ?

Écrit par : Philippe Souaille | 06/07/2011

Détrompez-vous, tout le monde n'est pas un petit business man et lorsque l'on reste dans notre région ce n'est pas parce qu'on y a un intérêt (par ex. un boulot qui permet de payer 3000 CHF de loyer) mais tout simplement parce que c'est notre région.

Faire des individus des pions interchangeables et sans attaches, soumis aux diktats du marché, déplaçables à volonté et contraints de se vendre au meilleur prix, c'est le projet libéral et il n'a rien d'enthousiasmant !

Je n'ai pas de chiffres précis sur le nombre de gens qui consacrent les 3/4 de leur salaire en loyer, je doute d'ailleurs qu'il existe des statistiques à ce sujet mais je sais qu'ils existent.

Mais vous n'avez pas répondu : "construire davantage" -> Un Lignon par année sans tout bétonner ? Vous y croyez vraiment vous ? Et même en acceptant de tout bétonner, vous y croyez ?

Écrit par : linario | 06/07/2011

Antoine vieillard, le politicien français, nous avait affirmé qu'il était le seul qui ne soit pas expat dans son service chez P&G.

Or, P&G emploie 10 % d'expat. Le service de ce politicien français doit être le service d'accueil aux expats !

http://www.tdg.ch/actu/economie/invasion-societes-etrangeres-poursuit-2011-07-05

Écrit par : CEDH | 06/07/2011

Comme c'est intéressant de vous voir défendre ces pratiques de corruption en nature au profit de l'élite politique genevoise.

Effectivement, pour le bonheur de ces gens-là, il ne faudrait surtout pas une loi qui fixerait le loyer par rapport au revenu, comme pour les garderies, pour les biens publics en location. Car sinon, cette crème de l'humanité verrait son énorme pouvoir d'achat diminuer. Quelle horreur !

Écrit par : Fufus | 06/07/2011

Fufus, il ne s'agit en aucun cas de corruption, en nature ou autre. Comme déjà dit, Mark Müller bloque actuellement un projet à Bellevue, qui émane pourtant du propriétaire de son appartement !
Et qui parle de bien public en location? Il s'agit d'un bien privé. Ce qui fait une grosse différence. Par ailleurs, si je conçois qu'on puisse amender quelqu'un en fonction de ses revenus, pour introduire une forme d'égalité dans la peine pécuniaire, je ne comprends pas très bien pourquoi, si des gens paient déjà des impôts en fonction de leurs revenus, ils devraient en plus payer les services et les biens plus chers? Ou alors il faut baisser les impôts directs.
Personnellement je prône des impôts indirects très très progressifs selon le caractère nécessaire, ou au contraire inutile, voire peu écologique ou anti-social des biens acquis. Mais en délestant les impôts directs.
Si la somme des prélèvements directs et indirects revient à gommer les différences de revenus, alors la société devient un avatar du communisme, dans lequel l'effort, l'initiative et le talent n'ont plus de valeur.
Qu'ils puissent en avoir trop parfois, dans notre système, je vous le concède. Mais il faut fixer des normes logiques et planifier le tout. Pas agir à la petite semaine en cherchant aux gens qui bossent des querelles politiciennes.

Écrit par : Philippe Souaille | 06/07/2011

Linario, plus de la moitié des habitants de l'agglomération genevoise sont arrivés ici venant d'ailleurs, eux ou leurs parents. Ils sont venus ici spontanément, pour trouver un meilleur salaire ou tout simplement du boulot. Bien moins de 1 sur 10 a été amené par la société qui l'employait, avec un statut d'expat. Généralement d'ailleurs ceux-là repartent assez vite.
Genève est une ville d'immigrés. Cela a toujours été comme ça. Faites un test dans n'importe quelle soirée, même dans le défunt parti libéral, je vous mets au défi de trouver un Genevois (ou une Genevoise) dont les 4 grands-parents sont originaires du Canton. Alors le couplet régionaliste sur "on est ici chez nous", je vous propose de vous en dispenser. Vous ou vos parents, comme d'autres sont venus ici pour y trouver mieux que là où ils étaient. Cela fait 2000 ans que cela se passe ainsi à Genève. A force ça fait du monde, et Genève grossit.
300 000 personnes de plus sont annoncées d'ici 30 ans, dans une agglo de 900 000 habitants. Soit 30% d'augmentation.
Vu que largement plus de la moitié du canton est en zone verte ou zone villa, sans compter la France voisine, cela nous laisse une marge considérable, sans tout bétonner, très loin de là. Savez-vous quelle est la zone la plus dense à Genève ? le vieux Carouge. Y vit-on si mal que celà ? Non bien sûr, c'est l'une des zones les plus courues du canton. Alors arrêtons voulez-bien de faire de la politique et faisons de l'aménagement. De qualité.
par ailleurs, trouvez-moi un exemple de personne consacrant les 3/4 de ses revenus à son logement. Sans recevoir d'aide publique. Je ne vous demande pas de statistique, juste un exemple chiffré et concret. Il ne suffit pas d'exagérer pour rendre les choses vraies...

Écrit par : Philippe Souaille | 06/07/2011

@ Ph.Souaille,

Mauro Poggia sur son blog dit que c'est l'état qui a fixé le montant du loyer de Marc Muller. Je vous met un extrait de son dernier billet. Qu'en pensez-vous?

" Quant au loyer, il a été fixé par l'Etat, et plus précisément par les services de l'intéressé, avant transformation des chambres de bonnes qui composaient le dernier étage de l'immeuble en un appartement de 7 pièces, sur la base d'une loi élaborée par la Gauche du temps de Christian Grobet, loi qu'il avait toujours combattue à la Chambre genevoise immobilière, et qu'il déclarait néfaste dans ses nouvelles fonctions, à savoir la loi sur les démolitions, transformations et rénovations (LDTR). Rien d'illégal donc, le député socialiste Christian Dandrès, de l'Asloca, nous rappelant que la loi ne fixe pas de loyer minimum. "

D.J

Écrit par : D.J | 06/07/2011

Ne faites pas comme si j'avais dit que le problème était celui des étrangers. Le soit-disant "on est ici chez nous" était en réponse à votre "vous n'avez qu'à dégager", pas à un "on ne veut pas d'étrangers".

Les immigrés ne sont pas un problème, le problème est celui de l'attractivité économique du canton et en particulier des expats qui sont capables de payer des loyers de 5000 CHF par mois (grâce aux subventions que leur multinationale peut leur accorder grâce aux rabais d'impôts que l'Etat leur octroie) et poussent les habitants normaux dehors.

L'augmentation démographique n'est pas une fatalité, elle résulte de choix politiques qui pourrissent la vie des gens.

Alors la densification de l'existant permettrait de loger 6000 personnes supplémentaires par année ? Il faudrait sur-élever tous les immeubles puis recommencer, je me réjouis de voir ça et je me réjouis de voir la réaction de vos amis cologniottes !

Concernant les 3/4 de loyer, je ne vais pas vous donner de noms et je n'ai jamais dit qu'ils ou elles n'avaient pas de subvention. C'est ça votre programme ? Faire du peuple de Genève un peuple d'assistés composés d'individus incapables de payer pour leur logement ?

Subventionner les multinationales pour les faire venir et qu'elles subventionnent leurs expats pour qu'ils ne souffrent pas de la crise du logement puis utiliser les rentrées fiscales de ces multinationales pour subventionner les habitants originaux. Très logique en effet...

Écrit par : linario | 06/07/2011

DJ, le loyer n'a pas été fixé à proprement parlé par l'Etat, mais il découle d'une loi, la LDTR, qui fixe un loyer maximal pour les surélévations, pour soi-disant empêcher la spéculation... Qu'en fait elle entretient en organisant la pénurie. La gauche et l'économie, apparemment, restent inconciliables.

Écrit par : Philippe Souaille | 06/07/2011

Me Poggia, je vous trouve personnellement singulièrement gonflé d'oser parler de DECENCE alors que vous allez faire perdre quelques mois ou quelques semaines de plus (et coûter combien ???) aux centaines de milliers d'habitants de l'agglomération qui attendent la mise en service du CEVA pour voir s'alléger un peu le cauchemar quotidien des transports.
Tout cela pour toucher quelques honoraires supplémentaires, la bataille étant par avance perdue, vu son inanité...
Espérons que le TF tranche rapidement. Et que les électeurs s'en souviennent en octobre.

Écrit par : Philippe Souaille | 06/07/2011

Linario, si je comprend bien, vous voulez bien des immigrés pauvres, ou qui viennent de leur propre chef, et qui représentent 90% de l'immigration actuelle, mais pas des expatriés, parce qu'ils ont un niveau de vie supérieur au vôtre ?
C'est juste une xénophobie de classe, mais ce n'en est pas moins de la xénophobie. Vous avez le discours classique de l'immigré arrivé au paradis qui bloque la porte aux suivants. Sauf que cette fois, avec des raisonnements alambiqués, vous parvenez à planquer le tout sous une couverture rouge qui ne trompe que vous.

Si l'on construisait suffisamment, il n'y aurait pas de problème. Au cours des quarante dernières années, la France Voisine a multiplié par 3 le nombre de ses logements. Ce n'est ni la première ni la dernière fois qu'une région assume ce genre de choses. En trois ans, à la révocation de l'Edit de Nantes, Genève avait vu sa population doubler...
Mais vous devriez apprendre à lire, nulle part je n'ai dit qu'il suffisait de surélever. Surélever est l'une des solutions, mais aussi démolir pour reconstruire plus dense ou plus haut, et bien sûr aussi en zone verte et en zones villas, sans oublier la Praille, où l'on semble malheureusement voire plus petit que prévu au départ. Sans oublier la France et Vaud.
Il y a de la marge, partout. Suffisamment pour laisser des zones vertes et des zones villas en nombre suffisant. Il suffit de penser la région globalement, au lieu de continuer dans la lignée du chacun pour soi.
Sur une superficie 3 fois inférieure, Paris intra-muros loge près de 5 fois plus d'habitants. Sur une superficie 5 fois inférieure, Manhattan loge 3 fois plus d'habitants. Et l'on peut continuer, les villes asiatiques sont nettement plus denses. En clair, une grande ville moderne, c'est quinze fois plus dense que le Canton de Genève. Donc sans aller jusque là, il reste, très clairement beaucoup de marge à Genève...

Pour ce qui est des loyers représentant 3/4 des revenus, je ne vous ai pas demandé de nom, juste un cas concret, avec des montants précis: style de revenu, montant des revenus et du loyer, nombre de personnes dans le foyer, etc... Pour le reste, subventionner des gens sans revenu ou presque pour leur permettre de payer des apparts qui, à 3 km, de l'autre côté de la frontière, feraient figure de logements de luxe, je ne suis effectivement pas pour. Mais pour l'heure c'est ce qui se passe à Genève.

Pour connaître le fond de ma pensée, lisez l'Utopie urgente, c'est disponible librement sur le net. Mais je vous résume: un revenu minimal pour tous, permettant juste de se nourrir de pâtes tous les jours, de s'habiller modestement et d'avoir un toit au confort minimal. Pas d'autres aides à la personne - hormis le chômage, sur une période réduite - et par contre, tout ce que gagne la personne s'ajoute.
Cela n'est possible évidemment que dans un contexte global, ce revenu minimal devant être mondial (adapté néanmoins aux conditions économiques locales) universel = planétaire pour éviter les migrations en vue d'assistance. Je suis persuadé qu'on y viendra. Mais ce sera sans doute encore assez long.

Écrit par : Philippe Souaille | 06/07/2011

Cher Monsieur Souaille,

Mon père et mon grand-père étaient radicaux, tout comme moi. J'ai toujours voté radical, comme je vous l'ai écrit. Je ne vois pas en quoi le fait d'être écoeuré par cette histoire de 7 pièces à 1800 francs vous fait me ranger dans la catégorie des "blogueurs MCG", pas plus que de dire que la LDTR a été approuvée par une large majorité de Genevois. Vous dîtes que ceux-ci sont naïfs. Peut-être.
Quant aux propos récents de Mark Muller aux propriétaires, appelant à leur sens des responsabilités, et taxant la LDTR de "abominable, alors qu'il en profite honteusement, vous les trouverez ici :

http://www.tdg.ch/geneve/actu/mark-muller-met-garde-proprietaires-2011-05-10

Écrit par : C. Bertrand | 06/07/2011

Monsieur Souaille, pour répondre à votre attaque :"Me Poggia, je vous trouve personnellement singulièrement gonflé d'oser parler de DECENCE alors que vous allez faire perdre quelques mois ou quelques semaines de plus (et coûter combien ???) aux centaines de milliers d'habitants de l'agglomération qui attendent la mise en service du CEVA pour voir s'alléger un peu le cauchemar quotidien des transports.
Tout cela pour toucher quelques honoraires supplémentaires, la bataille étant par avance perdue, vu son inanité..."
Manifestement, vos pensées vont systématiquement dans le sens du pouvoir en place. Je ne vous blâme pas pour cela, mais retiens votre singulier manque de sens critique. Pour ce qui est du CEVA,comment pouvez-vous affirmer que des centaines de millier d'habitants attendent ce train fantôme pour lequel un déficit annuel de 30 millions a d'ores et déjà été budgétisé? Il ne suffit pas de répéter l'éditorial de la Tribune et le fait de marteler des inepties n'en fait pas pour autant des vérités. D'ailleurs, les mêmes petits copains que vous défendez bec et ongles n'en ont que faire de ce moyen de transport, car ils savent pertinemment qu'il n'améliorera absolument rien en matière de mobilité,bien au contraire, puisqu'il paralysera la ville durant 10 ans de travaux. Par contre, CFF immobilier va pouvoir faire une juteuse opération immobilière, puisque l'Etat va lui céder pour rien des terrains constructibles. Nous verrons bien qui sera chargé des travaux. Je me demande pourquoi ces travaux de construction de logements n'ont pas encore commencé, car CEVA ou pas CEVA, Genève a besoin de logements, et les quartiers concernés sont desservis par les transports publics. Expliquez-moi ça! Quant à mes honoraires, on ne juge autrui que par soi-même. Renseignez-vous avant d'asséner des insinuations malveillantes!

Écrit par : mauro poggia | 07/07/2011

Me Poggia, mes pensées ne vont pas systématiquement dans le sens du pouvoir en place. C'est plutôt l'inverse. Il se trouve que j'ai commis un Temps Présent, il y a près d'un quart de siècle, qui concluait déjà à l'urgence de mettre en place des transports en commun performants à Genève, de type trams et RER, en souterrain et aérien si besoin. Par ailleurs, lorsque je ne suis pas d'accord avec mes amis du Conseil d'Etat, je le leur dit. En face et dans mon blog.
Mais si ma carrière de journaliste, mon expérience politique et mes reportages aux quatre coins du monde m'ont bien appris une chose, c'est qu'il est infiniment plus facile de critiquer un pouvoir en place que de l'assumer. Vous et votre mouvement n'avez jusqu'à présent prouvé qu'une seule chose, votre goût immodéré de la critique pour la critique, du blocage et et de la dénonciation. Vous en faites une nouvelle fois la preuve sur le CEVA.

Que des centaines de milliers d'habitants de l'agglo (qui en compte près d'un million - 900 000 exactement aux jours d'aujourd'hui )attendent le CEVA est d'une rare évidence. Au coeur de l'agglo (dans le canton) il a été accepté par une large majorité du peuple des votants, dont on peut tout de même présumer qu'ils représentent un échantillon correct de la population. Et dans les marches, que sont les 2ème et 3ème centre de l'agglo, soit Annemasse et Nyon, dont il facilitera grandement les connexions, on peut supposer que l'acceptation est au moins aussi importante.
Quant au montant de vos honoraires, je n'en ai effectivement pas la moindre idée. Si ce n'est que vous avez jadis conseillé une amie dans une affaire que vous avez perdue, ce qui l'a amputé d'une partie de sa retraite, sans bien sûr avoir la grandeur d'âme de renoncer à vos honoraires... Ce qui était je vous l'accorde parfaitement légal. Etait-ce DECENT ? C'est la pratique usuelle de votre métier. Ce n'est pas celle de tous les métiers.
Moi par exemple, en tant que producteur de films indépendant, si je me plante sur un de mes films, ce qui ne fait de tort à personne qu'à moi-même, je peux faire une croix sur l'essentiel de mes honoraires...
Ceci dit, même si vous intervenez gratuitement, dans le cas du CEVA, ce n'est pas mieux. Car évidemment, votre intérêt est d'abord politique. Vous pensez que votre radicalisme anti-CEVA va vous rapporter des voix. Cela vous a effectivement rapporté une élue municipale de Champel qui est passée du PL au MCG à cause du CEVA. Mais c'est très minoritaire dans l'opinion. Vous l'apprendrez je pense à vos dépens lors des prochaines élections fédérales.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/07/2011

M. Bertrand, comme vous n'avez pas répondu au couriel que je vous ai adressé, je n'ai aucun moyen de savoir si vous existez vraiment ou n'êtes qu'un avatar de plus, tels qu'ils pullulent dans ces blogs. Donc aucun moyen de savoir si vous êtes vraiment radical ou juste joueur de pipeau.
Par ailleurs vous jouez sur les mots avec mauvaise foi. Que la majorité des Genevois ait approuvé la LDTR est un fait. Qu'ils l'aient fait pour les raisons et avec les à-priori que vous prétendez est une pure affabulation.
Et si vous avez raison, les électeurs ont non seulement été naïfs mais bien bernés par la gauche. La preuve aujourd'hui avec toute cette affaire: la LDTR ne sert à rien, sinon à enrayer encore davantage la machine à construire du logement à Genève. Donc à entretenir la pénurie, donc à engraisser l'ASLOCA, donc à assurer une clientèle captive aux avocats/édiles politiques qui l'animent, qui en vivent et en font carrière. CQFD.
Ce qui me permet de vous assimiler aux habituels blogueurs du MCG, c'est aussi la mauvaise foi avec laquelle vous avez évoqué la mise en garde de Mark Müller aux milieux immobiliers, que je reproduis ci-dessous. Christian Bernet me pardonnera je suppose. Il leur recommande clairement de modérer les hausses, sous peine de se retrouver avec de nouvelles lois encore plus restrictives et nocives, comme la LDTR. Je ne vois pas en quoi le fait d'être lui-même logé - conformément à la loi - dans un appartement au loyer limité du fait de cette LDTR serait de quelque manière indigne de ces propos.La LDTR est abominable par ses effets délétères sur les efforts de construction qu'elle décourage. Donc abominable pour la société genevoise dans son ensemble. Son autre effet - assez peu social - est de permettre à quelques privilégiés de bénéficier de loyers particulièrement attractifs. Dont Mark Müller à titre personnel. Je trouve personnellement plutôt courageux de sa part de dénoncer et de combattre une loi inique et stupide dont il profite à titre individuel.
Voici l'extrait:«Certains loyers sont clairement abusifs et ils pourraient provoquer un durcissement des lois.» Mark Muller a mis en garde aujourd’hui les propriétaires devant la tentation de pratiquer des loyers trop élevés. «Si nous avons des lois très contraignantes, comme l’abominable LDTR, c’est à cause des abus du passé. Il est de votre responsabilité de ne pas prêter le flanc à la critique, sinon vous risquez un retour de manivelle.» Le magistrat évoque notamment le risque d’un durcissement du droit du bail ou une remise en cause des accords sur la libre circulation.Le conseiller d'Etat libéral s’est adressé devant un parterre de professionnels de l’immobilier, réunis à l’instigation de l’agence immobilière CGI à l’hôtel du Rhône sur le thème de la crise du logement. Faisant le point sur sa politique, le magistrat a dénoncé les communes. «Elles représentent clairement l’un des principaux freins à la construction.» Mark Muller a ouvert des discussions avec leur association faîtière pour rediscuter des compétences de chacun et revoir la fiscalité. «Aujourd’hui, le régime fiscal n’incite pas les communes à construire du logement.»

Écrit par : Philippe Souaille | 07/07/2011

Concernant le CEVA, je renonce à tenter de vous convaincre qu'il s'agit d'un non-sens, c'est pour vous une profession de foi. Pour le reste, donnez-moi les références de votre "amie", pour que je vérifie. L'accusation à l'emporte-pièce est toujours facile et vos lecteurs ont le droit de savoir. Merci de m'adresser ses références au map@etudepoggia.ch.

Écrit par : mauro poggia | 07/07/2011

Me Poggia, que me chantez vous-là. Oseriez-vous prétendre que vous avez gagné tous vos procès ? Non bien sûr, et d'ailleurs personne ne vous le reproche.
Me direz-vous alors que lorsque vous perdez un procès, vous renoncez à vos honoraires ? Non bien sûr, d'ailleurs je ne pense pas que l'Ordre et la loi vous en laisseraient le droit. Contrairement aux Etats-Unis, vous n'avez pas le droit de ne travailler qu'à la commission. Ce pour éviter la multiplication des poursuites et l'envolée des dédommagements.
Il n'en reste pas moins que si votre attitude est légale et même normale, elle peut être ressentie comme INDECENTE selon la manière dont on la présente...
Il se trouve qu'une de mes amies a eu recours à vos services jadis (parce que vous aviez des relations communes - je vous livre un indice) et que vous avez perdu le procès. Ce qui lui a coûté cher. A elle. Pas à vous. Je n'ai pas l'intention de détailler publiquement ce cas davantage, car cela ne changerait rien aux données du problème.
Avez vous gagné tous vos procès ?
Faites vous cadeau des honoraires lorsque vous les perdez ?
Un point tout de même, pour le cas où d'aucuns seraient tenté d'ironiser sur une cause perdue ou autre faribole:
Selon ma conception des choses et de la DECENCE, si l'affaire n'était pas plaidable, il vous appartenait de refuser de la plaider et d'expliquer pourquoi à votre cliente. Si elle était plaidable, il vous appartenait de la gagner. Sinon c'est une erreur de votre part. Errare humanum est, nous sommes d'accord. Mais dès lors que vous n'assumez pas les conséquences financières de vos erreurs - ce que rien ne vous oblige à faire - ne venez pas parler de DECENCE. SVP. Merci
ps: si vous souhaitez m'en parler, vous pouvez me contacter en direct.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/07/2011

@Philippe Souaille : Il ne s'agit absolument pas de xénophobie. Je trouve que lorsqu'on vit dans un pays privilégié, on a la responsabilité d'être solidaire avec les gens qui viennent d'ailleurs et qui ont besoin d'être accueilli. Surtout que la Suisse a sa part de responsabilité dans le pillage par le nord des ressources des pays du sud.

En revanche, n'étant pas particulièrement attiré par le fric, je ne vois pas pourquoi on devrait laisser notre place à des expats dont les subventions octroyées par leur employeur, lui-même subventionné par le canton de Genève, permettent de payer des loyers complètement délirants qui remettent en cause la capacité des habitants de Genève à simplement se loger.

"sans oublier la Praille, où l'on semble malheureusement voire plus petit que prévu au départ" -> pas vraiment. Grâce aux menaces de la gauche, des syndicats et de l'asloca, le nombre de logements prévus est passé de 6000 à 15000. C'est qu'il faut bien mettre la pression sur Mark Müller sinon il préfère offrir des bureaux à ses amis promoteurs, ça rapporte bien davantage (les banques et les multinationales ont les moyens de ne pas lésiner sur les loyers grâce aux rabais d'impôt qu'on leur accorde).

Dans votre rêve de densification vous voulez tout de même conserver des zones villas. Est-ce que votre idéal se traduirait par des immenses barres d'immeubles dans lesquels entasser les gens. Avec bien entendu quelques lofts luxueux dans les étages supérieurs et de beaux quartiers de villas pour les riches ?

"au lieu de continuer dans la lignée du chacun pour soi" -> Le chacun pour soi, vous voulez dire l'individualisme ? Attention à ne pas vous laisser contaminer par le communisme tout de même...

Et si on préfère Genève à Manhattan, Singapour ou Shangai, on a le droit de remettre en question le modèle de développement exogène choisi par nos autorités ?

"subventionner des gens sans revenu ou presque pour leur permettre de payer des apparts qui, à 3 km, de l'autre côté de la frontière, feraient figure de logements de luxe, je ne suis effectivement pas pour" -> Vous trouvez normal que les gens s'en aillent pour laisser la place aux expats, on l'a bien compris.

Quant à moi, je suis pour la relocalisation de l'économie et de la politique. Les gens doivent pouvoir circuler mais pas les capitaux ni les marchandises. Un gouvernement mondial sur lequel on n'aurait aucune prise ? Non merci.

Écrit par : linario | 07/07/2011

Bon alors c'est une première!Dieu sait que je suis opposé politiquement à Me Poggia, ce que je ne maque pas de lui faire savoir de temps à autre...

Mais l'attaque sur ces honoraires est parfaitement déplacé! Imaginerait-on un médecin, s'il n'a pas commis de faute de diagnostique, renoncer à ses honoraires parce que le patient est décédé? il en va de même du consultant, du vétérinaire, du psychologue, etc, etc...

Si le dossier a été perdu, et si l'avocat n'a pas commis d'erreur, c'est que le dossier était probablement mauvais ou à tout le moins de mauvaise facture, ce que tout bon avoncat honnête aurait signalé au client, ne serait-ce que pour ne pas voir sa responsabilité engagée!

bon voilà j'ai fait ma B.A. mais que cela ne m'empêche pas de dire que pour le reste et plus précisément politiquement, Me Poggia et le MCG dans son ensemble ne font que colporter des inepties et manipuler les haines!

Écrit par : matthieu | 07/07/2011

Linario, qu'est-ce qui fait que ce pays est privilégié à votre avis, et vous donne les moyens d'aider ceux qui sont dans le besoin ?
Vous avez le droit de remettre en question le modèle de développement en vigueur, mais avec des arguments justes. En l'occurrence les expats "subventionnés" représentent moins de 10% des nouveaux arrivants à Genève. Le problème est donc ailleurs.
Je trouve normal, parce que cela se passe ainsi partout dans le monde, que des quartiers deviennent plus courus que d'autres, que les prix y montent et que les plus pauvres déménagent ailleurs. Cela se passe également à l'inverse. Certains quartiers deviennent mal fréquentés et les plus aisés s'en vont ailleurs. Je ne trouve pas normal que de déménager d'un quartier à un autre soit vécu et revendiqué comme une catastrophe, lorsqu'ils sont à 2 kilomètres l'un de l'autre, sous prétexte qu'il y a une frontière au milieu.
Car oui, je suis contre les frontières, que ce soit pour les gens ou les marchandises. Et laissez.moi vous dire un truc, si vous les fermez pour les marchandises, vous les fermez pour les gens. C'est automatique. Cela ne s'est jamais déroulé autrement. Et même plus généralement, cela c'est terminé par des guerres.
Vous tenez à me faire un procès d'intention. Je n'aime pas plus que vous les barres d'immeubles, encore qu'il y en ait de fort agréables. J'ai habité quelques temps la Tambourine à Carouge, et c'était très bien. Il est tout à fait possible de construire davantage, harmonieusement et sans tout bétonner. Suffisamment pour loger les 300 000 nouveaux arrivants prévus dans l'agglo. A condition que chacun y mette du sien et accepte un peu de densification à côté de chez soi, au lieu de la refuser.
Concernant le PAV et les intérêts des promoteurs, je vous signale que s'il se construit autant de bureaux et pas assez de logements, ce que Mark Müller déplore comme tout le monde, c'est que les lois fiscales genevoises avantagent les communes où les gens travaillent, par rapport à celles où les gens habitent. Contrairement au canton de Vaud et dans une certaine mesure aux communes du genevois français.
Cette fiscalité fait un grand, un énorme gagnant, qui profite de rentrées bien plus confortables que celles que lui assurerait sa seule population, c'est la ville de Genève. Et devinez qui met les pieds au mur, à la Constituante par exemple, pour ne surtout rien changer à cet état de fait déplorable ? La gauche évidemment, parce que c'est grâce à toutes ses rentrées fiscales qu'elle peut entretenir sa nombreuse clientèle. Qu'elle tient par les subventions au logement et autres, et par sa défense des locataires qui bloque le développement de la construction.
Quant à un Gouvernement mondial, qui dit qu'il serait incontrôlable ? Pas davantage qu'un gouvernement national, surtout s'il ne s'occupe que des problèmes planétaires et délègue au contraire tout le reste à des entités régionales.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/07/2011

Matthieu, il semble nous soyons d'accord. On peut supposer que Me Poggia a commis une erreur soit en acceptant le dossier, soit en le défendant mal. Mais même s'il n'en a commis aucune, que c'est la faute à pas de chance, il n'en reste pas moins que selon la manière dont on présente la chose, son attitude, bien que parfaitement légale et NATURELLE, puisse être perçue comme INDECENTE vis-à-vis de sa cliente, âgée, qui avait mis en lui toute sa confiance.
C'est exactement ce que je voulais démontrer en établissant un parallèle avec le cas Mark Müller. C'est une question de perception, ou non.
Quant à aller porter plainte contre un avocat ou un médecin pour une erreur professionnelle, il faut vraiment que celle-ci soit grossière et manifeste. Ce n'est pas le cas dans toutes les professions. J'en connais plusieurs, à commencer par la mienne, où si vous faites seulement presque tout juste, la sanction est immédiate.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/07/2011

Certes, il s'agit d'un bien privé. Mais comme ces appartements issus des surélévations ont un loyer artificiellement bas (LDTR), leurs locataires de ces appartements reçoivent en fait un cadeau.

C'est donc bien par copinage que Mark Muller ait été choisi comme locataire. Lui-même le reconnait. Mais dans la mesure où il oeuvre politiquement pour l'intérêt de ces propriétaires, on peut parler de corruption en nature ou de renvoi d'ascenceurs.

Écrit par : Fufus | 07/07/2011

"qu'est-ce qui fait que ce pays est privilégié à votre avis" -> La vente de produits de luxe à ceux qui pillent leurs peuples ? Le pillage des ressources fiscales des autres nations ? L'offre d'un havre de paix aux dictateurs du monde entier ? La vente d'armes et de munitions aux régimes répressifs ? La fourniture de services bancaires aux plus grands accapareurs ? Les multinationales qui vont piller les ressources naturelles des pays du sud et exploiter la main d'oeuvre pour ensuite nous fournir des produits à bas prix ? Par exemple...

"les expats "subventionnés" représentent moins de 10% des nouveaux arrivants à Genève" -> C'est faux. Et même si ils ne sont pas les seuls nouveaux venus, le pouvoir de nuisance des expatriés est extrêmement important en raison de leur capacité à payer des loyers quasiment illimités. Les régies et les propriétaires en profitent largement au détriment des gens normaux.

"Je trouve normal, parce que cela se passe ainsi partout dans le monde, que des quartiers deviennent plus courus que d'autres, que les prix y montent et que les plus pauvres déménagent ailleurs" -> Ca s'appelle la gentrification. On observe très clairement cela aux Pâquis : les habitants se mobilisent pour améliorer le quartier (places arborisées, rues piétonnes etc.) qui devient plus agréable à vivre et attire les petits riches qui font monter la demande, les propriétaires ajoutent des étages luxueux à leurs immeubles, font monter tous les loyers et les gens se retrouvent expulsés. Je ne doute pas que vous trouviez ça normal. Moi pas. Le fric ne devrait pas pousser les habitants dehors. A Genève c'est particulièrement insupportable en raison de la grande quantité de fric et de friqués.

"Je ne trouve pas normal que de déménager d'un quartier à un autre soit vécu et revendiqué comme une catastrophe, lorsqu'ils sont à 2 kilomètres l'un de l'autre, sous prétexte qu'il y a une frontière au milieu" -> Vous connaissez des quartiers distants de 2km séparés par une frontière ? Je crois avoir lu que vous étiez bi-national. Il est donc bien normal que vous puissiez vivre indifféremment en Suisse ou en France mais ce n'est pas pour autant que vous pouvez mépriser les gens qui sont attachés à leur lieu de vie. De plus, lorsque les Genevois vont s'installer en France, ce sont les français qui sont poussés plus loin.

"A condition que chacun y mette du sien et accepte un peu de densification à côté de chez soi" -> On pourrait considérer que densifier près de chez soi soit un acte citoyen si c'était nécessaire, si les genevois faisaient de plus en plus d'enfants ou si l'augmentation des divorces et de l'arrivée de réfugiés suffisait vraiment à expliquer l'augmentation de la démographie. Mais ce n'est pas le cas. Alors sacrifier notre qualité de vie pour que des grosses boîtes à fric (banques, multinationales, sociétés de négoce etc.) viennent faire leur sale business chez nous (évasion fiscale, spéculation, exploitation des peuples du sud etc.), non merci.

"La gauche évidemment, parce que c'est grâce à toutes ses rentrées fiscales qu'elle peut entretenir sa nombreuse clientèle" -> Je me demande bien ce qui vous permet d'affirmer que les gens subventionnés votent pour la gauche à cause des subventions qu'ils reçoivent. Si ils votaient effectivement pour la gauche, pourquoi ce ne serait pas parce qu'ils savent que le fait qu'ils soient subventionnés signifie qu'ils sont victimes du système économique qui fait le bonheur de la droite et de sa clientèle de riches ?

"Quant à un Gouvernement mondial, qui dit qu'il serait incontrôlable ?" -> Un gouvernement mondial serait uniquement responsable des problèmes planétaires ? En quoi un revenu minimum pour tous dépendant des spécificités locales serait un problème planétaire ? On n'arrive même pas à se faire entendre à Berne, alors je n'ose même imaginer à Bruxelles et dans la capitale du monde qui aura été choisie... La vrai démocratie ne peut exister qu'au niveau local, c'est à dire communal, là où les gens se connaissent et connaissent leurs élus. La démocratie, c'est de haut en bas.

Écrit par : linario | 07/07/2011

Donc Linario, vous voulez bien profiter de la prospérité genevoise, due en partie aux causes que vous mentionnez, et qui vous fait apprécier ce pays à sa juste valeur, mais vous entendez réserver cette jouissance à vos copains et en exclure les riches, ceux qui précisément bossent pour que cette prospérité existe.
Au plan moral, c'est au moins aussi INDECENT que l'attitude de Mark Müller et certainement plus inconséquent. Sur le plan économique, c'est carrément suicidaire.
Pour ce qui est des quartiers à 2 km l'un de l'autre séparés par une frontière, vous n'avez que l'embarras du choix: Les 3 Chênes + Thônex et Gaillard, Ambilly ou Annemasse, Le Grand Saconnex et Ferney, Plan-les-Ouattes et Saint-Julien, Ville-la-Grand et Vandoeuvres, Meyrin et Saint-Genis... a vrai dire, 2 km, c'est beaucoup dire, c'est souvent nettement moins. Vous devriez sortir de votre "block" de temps à autre...
On pourrait continuer. Le coup de la subvention aux victimes, par exemple, faut quand même le faire... Si les riches ne gagnaient pas l'argent qui permet de payer les-dites subventions, par l'intermédiaire de l'Etat et des impôts, vous pensez sérieusement que vous vivriez dans une société meilleure ? Réveillez-vous mon vieux. Trouvez-moi un coin sur cette planète, un seul qui fonctionne ne serait-ce qu'aussi bien (=d'où les jeunes n'ont pas envie de s'enfuir pour venir chez nous)...
Cela fait partie de notre problème de logement d'ailleurs. Bien davantage que la question des expats. Vous pouvez toujours le nier. Mais la réalité est là. Et la marge de manoeuvre du Conseil d'Etat est infime. Parce que ce n'est pas lui qui commande cet influx, contrairement à ce qu'un nombre effrayant de gens affecte de croire.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/07/2011

Ce n'est pas la prospérité qui fait que les gens aiment leur région. Les expats ne bossent pas pour la prospérité de Genève mais pour celle de leur entreprise.

"Pour ce qui est des quartiers à 2 km l'un de l'autre séparés par une frontière, [...] a vrai dire, 2 km, c'est beaucoup dire, c'est souvent nettement moins." -> Pas le grand-saconnex et ferney, ni meyrin et st-genis, ni plan-les-ouates et st-julien, ni ville-la-grand et vandoeuvres pourtant. Je crois que c'est vous qui restez un peu trop dans votre tour d'ivoire.

"la marge de manoeuvre du Conseil d'Etat est infime. Parce que ce n'est pas lui qui commande cet influx, contrairement à ce qu'un nombre effrayant de gens affecte de croire." -> Donc David Hiler n'a aucun pouvoir pour influencer la venue de hedge funds comme il l'a annoncé ? Et Unger n'a aucune raison de proposer une réflexion du conseil d'Etat sur le modèle de développement de Genève...

Écrit par : linario | 07/07/2011

Linario, l'espoir d'une vie meilleure, essentiellement axée sur la prospérité, est le moteur essentiel des migrations et des déménagements. C'est pour cela que Genève attire du monde (dont plus de 90% ne sont pas des expats) et c'est comme cela qu'elle les retient. Qu'est-ce qui empêche une personne touchant des subventions pour son logement à Genève d'aller habiter de l'autre côté de la frontière, un logement bien moins cher, sans assistance ? La peur de perdre son pécule Genevois: CHF 2500.- minimum pour une personne seule, soit près de deux fois et demi le SMIC et nettement plus que ce que gagne une infirmière en France...
Par ailleurs, vous ne m'avez pas répondu sur vos origines? Moi oui. Je suis effectivement bi-national. Comme plus d'un tiers de la population genevoise. Auxquels ont peut ajouter plusieurs dizaines de milliers de non-suisses. Plus de la moitié du canton possède un passeport étranger. Tous ce monde reste à Genève, en dépit de ses embouteillages et de sa chèreté. Vous croyez sincèrement que c'est pour le Lac et le jet d'eau? C'est parce qu'on y est mieux payé qu'ailleurs. Point barre et tant pis pour les villes de province si accueillantes.
Votre attitude "anti-expats trop bien payés qui viennent nous piquer nos logements" (alors que nous refusons d'en construire d'autres et que la première causes de la pénurie, c'est... les divorces !) cela n'est pas différents de la xénophobie anti-immigrés qui viennent nous voler notre pain ou profiter de nos assurances sociales. C'est strictement la même chose.

A part ça, pour passer du Grand-Sac à Ferney, il suffit de passer sous l'aéroport. Qui ne fait pas 2 km de large... Idem entre Saint-Genis et Meyrin, séparés par le CERN. Idem pour les autres... Mais bon restez avec vos oeillères, moi j'arrête là.

Ah si j'oubliais, je n'ai jamais dit que l'immigration des expatriés ou des hedge fund n'était pas favorisée par le Conseil d'Etat. Le fait est que cela n'affecte qu'une toute petite partie du problème du logement. Mais, comme pour les travailleurs frontaliers, il y a tellement de gens qui sont persuadés du contraire suite au succès des propagandes populistes, que le Conseil d'Etat est bien forcé de montrer qu'il en tient compte. Même s'ils sont parfaitement renseignés sur les limites précises du problème.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/07/2011

PUNICA FIDES, JE NE PASSE PAS LES ATTAQUES NON SIGNEES, SUGGERANT DES RACONTARS NON VERIFIES. OUVREZ VOTRE PROPRE BLOG POUR CE FAIRE.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/07/2011

M. Souaille,

Convenez tout de même, en écartant toute suggestion ou toute évocation indirecte d'un soupçon de conflit d'intérêt, que le fonds de mon commentaire reste pertinent, à savoir qu'un élu, à ce niveau de responsabilité, se doit de demeurer au-dessus de tout soupçon, justement, et doit donc éviter de se retrouver dans une situation (en l'occurrence, un loyer qui semble "cadeau" à la majorité de la population), qui, portée à la connaissance du public, serait de nature à porter atteinte à son indépendance apparente. A lire les très nombreux commentaires des forums relatifs à ces "révélations", j'ai bien l'impression que sa crédibilité comme chef de son département est fortement entamée, quoi que l'on puisse dire pour défendre la légalité du procédé de fixation du bail, et la légitimité de M. Muller de postuler et d'obtenir ce logement au même titre que n'importe quel citoyen (qu'il n'est justement pas)...

Écrit par : Punica Fides | 08/07/2011

@Philippe Souaille : "l'espoir d'une vie meilleure, essentiellement axée sur la prospérité, est le moteur essentiel des migrations et des déménagements." -> Pas pour les expats. Eux, ils sont déplacés ici par leur employeur pour quelques années. Genève n'essaie pas de retenir les expats (ce sont des bons petits soldats du capitalisme, sans attache et parfaitement remplaçables), elle essaie d'attirer et de retenir les multinationales et autres grosses boîtes à fric pour les parasites de la finance mondialisée.

Mes origines ? Je suis confédéré et je vis à Genève depuis que j'ai 1 an. Mais je prévois de m'expatrier. J'ai conclu qu'un des seuls moyens de vivre sans nuire aux autres et à l'environnement est de devenir petit fermier 100% local sans employés, dettes, patron, locataire ou loyer. Et en Suisse, malheureusement, les fermes sont beaucoup trop grandes et trop chères. J'irai donc en France à contre-coeur mais je pense que je pourrai tout de même y vivre heureux et je continuerai ici à venir lutter entre autre contre les gangsters de la finance qu'on attire volontairement.

Si les gens viennent à Genève (les gens normaux, pas les expats), c'est d'abord parce qu'il y a du travail, pas parce qu'on y est mieux payé. En tout cas je considère que pour la majorité des gens, le but est de vivre correctement, pas d'accumuler du fric sans limite.

"Votre attitude "anti-expats trop bien payés qui viennent nous piquer nos logements" [...] n'est pas différents de la xénophobie anti-immigrés" -> Pas du tout. La xénophobie c'est quand on n'aime pas les étrangers. Moi, je n'ai rien contre les expats, je veux juste qu'on arrête de faire de Genève le centre mondial de la finance spéculative et de l'évasion fiscale au détriment de ses habitants. Car c'est bien une volonté politique même si elle ne commence que maintenant à se montrer au grand jour.

Après, vous pouvez continuer à répéter que les nouveaux arrivants ne sont pas des expats (seulement 10% selon vous) mais c'est faux.

Pour vous, c'est une bonne chose que 34% des emplois à Genève soient dans les multinationales et que ça progresse très vite. Pour moi, ça veut dire que nous serons bientôt tous au service de cette économie parasitaire qui ne sert à rien ni à personne et qui va disparaître lors d'une des prochaines crises à venir. Plus dure sera la chute !

Écrit par : linario | 08/07/2011

Linario, vous n'avez rien contre les expats ? Je vous crois. Consciemment. Au niveau de l'inconscient, en revanche, vous devriez vous relire: "des gangsters de la finance", "des gens pas normaux", de "bons petits soldats du capitalisme", "des gens sans attache, parfaitement remplaçables"... Qu'est ce que ce serait si vous aviez quelque chose contre eux ?
Vos propos suent la haine et vous me faites penser à mon ex-femme dont la voiture, portant plaques CD, était régulièrement "taggée" à coups de clefs, cabossée à coups de pieds, sans compter les insultes au feu rouge et autres insanités... Accessoirement elle était la 3ème génération de diplomates ou fonctionnaires internationaux en poste à Genève, où elle avait passé les 3/4 de sa vie et toute son enfance. Les internationaux mettent leur mouchoir dans leur poche, mais franchement, cette haine au quotidien pour des gens qui sont loin d'être des hyperriches mais gagnent effectivement 4 ou 5 fois ce que gagne une caissière de la Migros (ce qui me semble rester dans les limites du raisonnable et qui est du à leurs études et compétences, incontestablement), je n'arrive pas à la différencier de la haine du facho ordinaire pour celui dont le teint n'est pas clair... Bon week end néanmoins et tous mes voeux de réussite pour votre exil français. Dans quelle région allez-vous ?

Écrit par : Philippe Souaille | 08/07/2011

Monsieur Souaille, je vous ai oublié quelques jours et je constate que vous en avez "ajouté une couche" (de médisance). Vous laissez aujourd'hui entendre, tout en affirmant qu'il est normal que je prenne des honoraires même lorsque je ne gagne pas un procès, que "l'on peut supposer que (j'ai) commis une erreur, soit en acceptant le dossier, soit en le défendant mal". En d'autres termes, il y aurait des causes perdues que l'on devrait refuser, et des causes gagnées que l'on ne pourrait que gagner...Intéressant. Si j'ai réussi, dans des domaines aussi difficiles que le droit des assurances ou de la responsabilité médicale, à faire avancer la jurisprudence, c'est bien parce que,mes clients et moi, avons pris de pari de faire évoluer les choses. La seule question qui se pose, dans des cas difficiles, est de savoir si l'avocat a informé son client qu'il avait plus de risques de perdre que de chances de gagner, et si le client a finalement pris sa décision en connaissance de cause. Il y a certaines affaires qu'un client souhaite absolument plaiser jusqu'au bout, même si elles sont difficiles, et ce sont précisément ces cas qui permettent à la jurisprudence d'évoluer.Quant aux honoraires, j'ai toujours privilégié le résultat en tant que critère principal, et je ne demande jamais la même chose si la cause est gagnée ou perdue. C'est la raison pour laquelle je renouvelle ma demande: donnez-moi confidentiellement, à mon adresse email professionnelle, le nom de votre amie, et je répondrai, tout en respectant aussi la confidentialité de son identité, à vos attaques. Si vous ne le faites pas, je considérerai que vos assestions étaient purement malveillantes.

Écrit par : mauro poggia | 09/07/2011

Me Poggia, je n'ai pas plus qu'avant hier l'intention de répondre à votre demande. Cette personne existe, nous la connaissons tous deux. Il ne devrait pas vous être très compliqué de l'identifier, à moins que vous n'ayez perdu énormément de procès ? Pour ma part, la prochaine fois que je la verrai, je lui demanderai si vous l'aviez averti des risques de sa cause, et si vous lui avez fait une fleur sur le tarif ou l'évaluation du temps passé... Et j'en rendrai compte, si tel est votre désir.
Ce n'est pour moi pas la question. La morale à deux balles et les à-priori peuvent nous conduire à porter des jugements hatifs sur ce qui est DECENT ou pas. Vous en êtes l'illustration même à travers ce cas, comme dans l'affaire du CEVA que vous bloquez indûment selon nombre d'observateurs, y compris des juristes. Ces cas sont à mon avis autrement plus grave que l'affaire MM qui quel que soit l'angle adopté ne lèse personne directement. Tandis que mon amie a perdu son procès et une partie de sa retraite (peut-être l'aurait-elle perdue aussi avec un autre avocat, peut-être pas, c'est en tout cas la question qu'elle s'est posée.) Et les contribuables vont très certainement perdre quelques millions supplémentaires dans l'affaire du CEVA, pour rien.
D'où mon propos initial, cher Maïtre: évitez de porter des jugments moraux sur le comportement de vos concitoyens tant qu'ils ne transgressent pas la loi. Du moins si vous voulez éviter les effets boomerangs.

Écrit par : Philippe Souaille | 09/07/2011

@ PS

Pensez-vous que le sort d'une procédure judiciaire soit prévisible ? Si oui, vous faites erreur. Non seulement, l'appréciation des faits, mais aussi l'appréciation juridique des juges est souvent imprévisible. En ce qui me concerne, j'ai vu aboutir des causes sur lesquelles je n'aurais pas parié un frifrelin alors que des causes évidentes se sont plantées.

Permettez-moi une observation économique. Quant faut-il engager procès/recours ? L'assistance judiciaire peut-être accordée lorsque la probabilité de gagner le procès est supérieure à celle de le perdre (ou a peu près). Soit, si la probabilité de gagner le procès est de plus de 50 % (ou à peu près). Parce que, nous dit la jurisprudence, c'est là le critère adopté par celui qui devrait exposer les frais du procès.

Quelle imbécillité.

Bien plus déterminant est l'espérance mathématique de gain. Si vous réclamez un million et que la probabilité de l'emporter est de 20 % alors que vous exposez 5000 francs, vous allez renoncer ? Moi pas. 20 % de 1 million font 200'000 francs. L'espérance mathématique est donc largement positive puisque de 196'000 francs.

Quant à se restreindre, en matière politique, à dénoncer ce qui est illégal, je n'en vois point les motifs. Si Poggia trouve indécent le loyer de Müller, libre à lui de le dire, comme il vous est libre de trouver que les "recours Poggia" contre le CEVA sont indécents.

Écrit par : CEDH | 09/07/2011

Les gangsters de la finance, ce ne sont pas les expats. Du moins pas tous. Beaucoup d'expats bossent pour des organisations internationales.

Les gens normaux, ce sont ceux qui subissent la venue en masse des expats à fort pouvoir d'achat.

Des gens sans attache, parfaitement remplaçables, c'est ce que vous voulez faire de tous les travailleurs conformément au projet libéral. Je comprend donc bien que les expats vous plaisent.

Écrit par : linario | 09/07/2011

Linario, je peux comprendre votre désir de vous retirer du monde.
Mais pour ce qui est de la haine des expats, je ne vois guère de différence entre vous et un facho raciste crachant sur les immigrés. Expats et immigrés viennent ici pour gagner leur vie. Tous occupent des logements et font monter les loyers, ce qui réduit le pouvoir d'achat des gens. Les immigrés aussi, pour qui l'on construit des logements sociaux subventionnés, en réduisant le nombre disponible pour les cas sociaux déjà installés... Ce qui coûte à tout le monde en impôts et donc réduit davantage encore le pouvoir d'achat de tous.
L'expat, lui paie des impôts, beaucoup, même si sa boîte en paie peu. Même les diplomates en paient, dans leurs pays respectifs, qui dépensent plus de 5 milliards par an dans l'économie locale. En faisant marcher le commerce et l'artisanat local, ils créent des emplois. Dans l'ensemble, tout ça, c'est juste une histoire de groupes sociaux concurrents. Mais les expats ne sont en aucun cas des exploiteurs, juste des salariés haut de gamme... Qui de plus ne votent guère. Tandis que les immigrés, au bout de huit ans peuvent voter, ce qu'ils font généralement pour la gauche (ou le MCG, contre les frontaliers, vérifiant une fois de plus que les derniers arrivés sont rarement les plus ouverts).
Vous me faites penser à mon ami Antoine Vielliard qui en est à compter combien, parmi ses collègues, sont originaires de la région. Sous-entendu, qui auraient le droit d'y vivre et d'y travailler, contrairement aux "expats". Un peu comme les Corses qui veulent virer les non-corses etc, etc...

Écrit par : Philippe Souaille | 09/07/2011

" Même les diplomates en paient, dans leurs pays respectifs, qui dépensent plus de 5 milliards par an dans l'économie locale. En faisant marcher le commerce et l'artisanat local, ils créent des emplois. "

N'oublions pas qu'ils Paient aussi des impôts sur Suisse avec la TVA.

D.J

Écrit par : D.J | 09/07/2011

Pas toujours DJ, pas toujours. Ils peuvent se la faire dégrever à partir d'un certain montant. Du moins les diplomates, pas les expats d'entreprises privées, qui eux paient plein pôt tva et impôts.

Écrit par : Philippe Souaille | 09/07/2011

Linario ne serait-il pas égoïste ?

Il a, des années durant bénéficié de Genève et de ses innombrables avantages : écoles gratuites, transports subventionnés, aides aux invalides de naissance et pas de naissance, aux personnes âgées, subvention de l'hôpital, police, etc...

Et maintenant il se décide à vivre en ermite, autonome, dans le Larzac.

Qui va payer pour les écoles ? Qui va payer pour les invalides ? Et pour les personnes âgées ? Pas lui ! Par contre, en cas de mauvais vent il appellera le SAMU, profitera des hôpitaux de France et de Suisse, des infrastructures (des infrastructures même sans mauvais vent), de l'aide au personnes âgées, qui sait à Genève... Et qui aura maintenu, espérons-le, tous cela contre vents et marées en prenant garde à ce que Genève conserve des emplois produisant de la valeur ajoutée, en évitant la production artisanale de bouchons industriels ou l'assemblage de vélocipède (désolé PS là je ne lâche pas) ?

Au fond, son retrait, avec droit de retour lié à la nationalité, fait de lui un freerider, un passager clandestin. "Je me casse, je ne paye plus, mais au cas où...".

Evidemment, ce qui précède est un procès d'intention, il se peut que Linario et ses enfants n'aient jamais fréquentés une école publique, ni pris les transports public, ni été malades, ni accouchés et qu'au sein de ses groupement familiaux successifs on ait payé 10'000 francs d'impôt par personne et par année.

Linario, êtes vous prêt à prendre un ticket simple course ?

Écrit par : CEDH | 09/07/2011

@Philippe Souaille : Je vous redis que je n'ai pas de haine des expats mais si vous ne comprenez pas ce n'est pas grave. Si haine il y a, c'est uniquement pour nos "élites" qui mettent en oeuvre des politiques qui ne profitent pas au plus grand nombre mais au contraire pourrissent la vie des gens et sont même dangereuses à long terme d'un point de vue économique vu que tout ce système sur lequel nous misons de plus en plus (capitalisme financier, spéculation, négoce international etc.) ne tiens pas la route.

La différence entre les expats et les immigrés, c'est que les expats ont le choix, ils viennent ici parce que leur entreprise le leur a proposé et qu'elle leur a fait un pont d'or pour qu'ils accepte. Et ils ont un pouvoir d'achat bien supérieur aux travailleurs normaux, ce qui crée un déséquilibre.

@CEDH : Le fait que j'ai grandit ici fait de moi un prisonnier ? Je n'aurais pas le droit de partir avant d'avoir payé en impôts tous les services dont j'ai profité ? Vous avez le droit de le penser.

Quant à l'aller simple, oui, c'en est un. Est-ce que je reviendrai peut-être me faire soigner si j'en ai besoin ? Je l'ignore. Je ne le souhaite pas mais qui sait comment on réagit lorsque sa vie est menacée. Mais j'ai travaillé ici, payé des impôts, contribué aux assurances sociales alors je ne vois pas au nom de quoi je serai privé d'accès au bien commun à Genève ou en Suisse.

Peut-être que ça vous pose problème pour d'autres raisons. Avez-vous secrètement envie de partir sans oser franchir le pas ? Ou peut-êtres faites-vous partie de ceux qui profitent à fond et avez-vous peur de perdre locataires, employés ou clients ?

Écrit par : linario | 12/07/2011

Linario, en quoi est-ce qu'un expat a davantage le choix qu'un immigré ? Personne ne force un immigré à émigrer, puis à immigrer. C'est un choix tout personnel. Au contraire, si l'expat n'obtempère pas, il risque de perdre son job.
Par ailleurs ils ont un pouvoir d'achat qui correspond à leurs compétences, à leurs connaissances et à leur expérience à priori. Un employé local ayant les mêmes serait payé pareil s'il existait. Les multinationales ne les font pas venir par plaisir. C'est d'ailleurs pourquoi, au fur et à mesure que les locaux se forment, ou qu'on prend le temps de les trouver, ils remplacent les expats.
De même les immigrés font le boulot que nous ne voulons pas ou plus faire. Quelle drôle de société que la vôtre où l'on ne tolère que ceux qui sont dans le besoin, ou pas trop bien payés.

Écrit par : Philippe Souaille | 12/07/2011

Fichtre, la liberté d'opinion et d'expression ne doit pas non plus décourager le journaliste et l'avocat de faire preuve d'une certaine retenue dans certains cas. Ce n'est en effet pas le lieu idéal pour porter des accusations sur l'intégrité professionnelle de l'un ou de l'autre ni pour discuter d'une affaire concrète passée. La discussion est ainsi bien malheureuse et les raisonnements qu'elle contient particulièrement abstrus, du moins pour moi qui n'habite pas à Genève et m'étonne néanmoins de la politique de petits copains et autres genevoiseries qui font plus de bruit que vos fêtes de Genève et qui bénéficient d'une meilleure publicité que votre jet d'eau. Cela étant, je ne peux m'empêcher de réagir sur deux points encore.

Tout d'abord, un sentiment qui semble particulièrement bien partagé par les Genevois qui s'expriment sur le sujet est de penser que leur Genève est le centre du monde, que c'est le plus bel endroit sur terre et qu'elle rayonne de par son influence sur l'univers quand elle ne donne pas naissance à un lac dont le nom a été usurpé par les provinciaux. Je ne conteste pas du tout l'importance de Genève et son influence - qui me semblent bien réelles et on peut s'en réjouir - mais il faut quand même que certains redescendent de leur nuage. Pas tout le monde ne connaît Genève et pas tout le monde a envie d'y vivre non plus. Et pour ceux qui ne le savent pas encore, le reste de la Suisse n'est pas seulement constituée de "provinces". :-)

Enfin, la vision de Monsieur Souaille sur la profession d'avocat est bien navrante et démontre surtout une méconnaissance de cette activité et des règles rigoureuses qui l'encadrent. Etant moi-même avocat, je suis très attaché à la dignité de cette profession et me dois ainsi de réagir. A lire Monsieur Souaille, il ne suffit pas à un journaliste - contrairement à un avocat - de faire "seulement presque tout juste" car sinon, la sanction est immédiate selon lui. Ceci est tout simplement faux et je pense même qu'un avocat risque de "ressentir" bien plus directement la sanction de ses clients qu'un journaliste de ses lecteurs ou de son employeur. Et là est encore parfois la distinction. L'avocat exerce le plus souvent son activitié en qualité d'indépendant, avec tous les risques et la responsabilité que cela comporte, ce qui le distingue également d'un bon nombre de journalistes qui sont employés. Le métier de journaliste et celui d'avocat sont des activités très exigeantes et dignes d'admiration où l'on est constamment exposé à la critique. c'est pourquoi il aurait été souhaitable que des accusations de cette nature reposent sur quelque chose de plus solide que le simple ouï-dire et, surtout, il aurait été plus convenable de ne pas porter de telles accusations sur la place publique si celles-ci ne concerne l'activité que d'un seul avocat et non pas de toute la Confrérie, ce qui en l'espèce, laisse injustement une image avilissante d'une profession soumise pourtant à des règles déontologiques particulièrement exigeantes. Si Monsieur Souaille voit de l'indécence dans le fait de percevoir des honoraires même lorsque le procès n'est pas "gagné", je l'invite à développer de véritables arguments auxquels je me ferai un plaisir de répondre, le cas échéant.

Écrit par : Ngabo | 12/07/2011

Un expat est un employé d'une grosse boîte qui bosse par ex. à Londres et à qui son employeur vient proposer d'aller travailler dans leur nouveau centre à Genève. Pour le convaincre, ils lui proposent un bon salaire, un bon appart, peut-être une voiture, et des billets aller-retour pour qu'il puisse venir voir sa famille et ses potes à Londres tous les week-ends.

L'immigré est souvent un travailleur très modeste, venant d'une région sinistrée économique ou peut-être même en guerre ou peut-être fait-il partie d'une minorité persécutée. Il émigre pour sauver sa vie ou nourrir sa famille et se retrouve bien souvent sur nos chantiers ou dans nos restaurants.

Le fait que leur pouvoir d'achat corresponde ou non à leurs compétences ou à quoi que ce soit d'autre n'a aucun intérêt pour moi, ça en a uniquement pour leur employeur. Le fait que ces compétences ne soient peut-être pas disponibles sur le marché genevois (ou que l'employeur préfère tout de même ses propres employés) justifie déjà que nous ne voulions pas de ces entreprises : leurs activités ne nous sont d'aucune utilité et elles ne veulent pas de nous pour les réaliser.

Quant à moi, je tolère bien volontiers tous les travailleurs mais je déteste qu'on veuille faire de Genève le centre mondial du capitalisme financier au détriment de ses habitants et de nombreux autres peuples dans le monde (ceux qui sont victimes de la spéculation qui se fait à Genève, ceux qui sont victimes du pillage de leurs ressources naturelles par les multinationales établies à Genève, ceux qui sont victimes de l'évasion fiscale grâce à Genève).

Écrit par : linario | 12/07/2011

Ngabo, il faut toujours se méfier de la première impression et bien lire ce qui est écrit. En vous lisant ailleurs, j'ai par exemple cru que vous étiez africain. Je ne parlais pas de mon activité journalistique, réduite à sa plus simple expression depuis de longues années, mais de producteur réalisateur de films, et donc moins "indépendant" que dépendant directement du succès commercial remporté par mes oeuvres. Ce qui est, je vous l'assure, autrement plus périlleux qu'avocat ou journaliste (comme disait un copain qui fait le même métier "je met ma tête sur le billot à chaque film") et habituellement, en l'absence de gros succès commercial, nettement moins bien payé. Je ne me plains pas, c'est mon choix, j'en précise simplement le cadre.
Concernant l'affaire qui nous occupe, loin de moi l'idée de remettre en cause le fait qu'un avocat soit payé même lorsqu'il perd. Au même titre que je ne vois pas en quoi Mark Müller devrait payer un loyer cher sous prétexte qu'il est politicien, dès lors qu'il n'y a pas eu d'avantage en retour bien sûr. J'en profite pour lui dire amicalement, s'il me lit, qu'à sa place, je ne porterais pas plainte. Mais bon, c'est lui l'avocat et le politicien.
Tout ça pour dire que la solidarité entre avocats parait touchante. On gagne on perd, cela n'a pas d'importance. Un peu comme les Médecins. Ou comme les chefs d'entreprise qui coulent leur boîte et touchent un "golden shake hand". En réalité, cela ne se passe pas comme ça. Les médecins entre eux savent très bien qui est bon ou pas et les avocats de même. Simplement, ça ne sort pas trop sur la place publique. Pas officiellement.

Écrit par : Philippe Souaille | 12/07/2011

Linario, c'est bien ce que je disais. Vous n'aimez pas les expats parce qu'ils gagnent bien leur vie. Quant aux immigrés, ils ne trouvent grâce à vos yeux que s'ils sont réfugiés politiques issus du tiers-monde et crevant de faim chez eux. C'est une vision extrêmement restrictive, qui ne correspond pas à la réalité. En vérité, en matière de logement (ce qui est tout de même votre sujet de départ), nous sommes tous des immigrés. Ou presque. Plus de la moitié des genevois ont un passeport étranger et plus de la moitié des autres sont comme vous des "Confédérés".
3/4 des Genevois sont venus occuper des logements ici, parce qu'ils y avaient trouvé du travail. Venant du Tessin, de Neuchâtel, des Pouilles ou de l'Alentejo... Quasiment tous sont venus parce que les conditions qui leur étaient faites leur semblaient nettement meilleures que celles qu'ils (ou elles) trouvaient chez eux. A Bellinzone, Cadix ou Solothurn... Et pour tous ces gens (sur lesquels moins de 10% étaient expats) il a fallu bâtir des logements. Pour vous aussi, quand vous êtes venus.
Decider que seuls les moins riches auraient droit d'accès me parait absurde. De même qu'il n'y a pas une seule multinationale qui arrive ici sans y apporter quelque chose: savoir faire et recettes fiscales, et sans fournir du travail aux locaux, ne serait-ce qu'au travers de ses fournisseurs.
Vous n'aimez pas la finance, pourtant coeur de métier de la Ville. Il n'en a pas toujours été ainsi. Les premiers banquiers étaient florentins et juifs, attirés par les foires de Genève, d'importance européenne au moyen-âge, qui manquaient cruellement de services financiers. Mais Louis XI les attire en France et ils quittent Genève. En y laissant leur savoir-faire, que leurs employés locaux ont appris à imiter...

Écrit par : Philippe Souaille | 12/07/2011

"On gagne on perd, cela n'a pas d'importance."

La solidarité entre Confrères concerne avant tout la dignité de la profession. Car lorsqu'elle concerne seulement les actes d'un seul avocat, nombreux sont les Confrères qui en profitent pour "flinguer" le concurrent. Mais vous avez raison, cela n'est que rarement porté sur la place publique et c'est tant mieux. Vous y voyez une tendance à protéger le Confrère. Cette protection a uniquement pour but de protéger la profession, mais pas de protéger le concurrent. La concurrence entre avocats est même féroce. Sans les règles déontologiques, je ne serais pas étonné d'assister à des combats à la hache devant la salle du Tribunal et il faudrait ensuite ramer pour voir dans la profession encore un germe de dignité. ;-)

En outre, l'avocat et son client sont liés par un contrat de mandat. Par conséquent, l'avocat doit suivre les instructions que lui donne son client mais il ne peut garantir expressément le résultat (contrairement au contrat d’entreprise). En d'autres termes, le résultat n’est donc pas promis de manière certaine. Il est donc inexact d'affirmer que le fait de gagner ou de perdre n'a pas son importance. Cela a certes son importance, mais ce n'est pas du résultat lui-même que l'on pourra vérifier si l'avocat a fait du bon boulot ou non, mais bien au regard des services déployés en vue de tendre vers un certain résultat. Il s'agit d'une caractéristique fondamentale de l'activité de l'avocat, du moins en Suisse. Le fait de ne pas faire (totalement) dépendre ainsi les honoraires du résultat obtenu permet également d'éviter les dérives que l'on trouve ailleurs, par exemple aux USA, où la victime d'une injustice ne pourra pas toujours avoir accès à une justice qui favorise indirectement les affaires où les résultats sont juteux. Or la gravité d'une injustice n'est pas forcément liée à l'argent qui pourrait être "gagné" au final, notamment lorsque l'auteur d'un crime n'a pas d'argent... Notre système vous paraît touchant et criticable peut-être, mais à mes yeux, ce système sert avant tout l'intérêt des clients.

Écrit par : Ngabo | 13/07/2011

Depuis l'écriture de votre billet, il s'est avéré que ce n'est pas le propriétaire qui a accepté un conseiller d'Etat comme locataire, mais bien le contraire : le bail lui a été proposé.

Ainsi, si l'aveugle ne veut déjà pas y voir de l'immoralité dans le fait de, doté d'un salaire confortable et en charge du logement, bénéficier d'un loyer modéré par le truchement d'une loi qu'on ne cesse de combattre, le fait de s'être fait proposé cet appartement peut - par le gain financier d'environ 3000.- mensuel que cela représente, s'apparenter sans problème à de la corruption.

Écrit par : djinius | 13/07/2011

Ngabo, je suis d'accord avec vous et parfaitement conscient de l'écueil étasunien des avocats payés au résultat. Je l'avais d'ailleurs déjà écrit.
Encore une fois,mon intention était essentiellement de rappeler à votre collègue Poggia que l'appréciation d'une rectitude morale peut beaucoup dépendre de l'angle de vision de l'observateur.

Écrit par : Philippe Souaille | 13/07/2011

"Vous n'aimez pas les expats parce qu'ils gagnent bien leur vie. Quant aux immigrés, ils ne trouvent grâce à vos yeux que s'ils sont réfugiés politiques issus du tiers-monde et crevant de faim chez eux" -> Non, je respecte également les travailleurs d'europe du sud puis d'europe de l'est puis d'afrique par ex. qui sont venus ou viennent travailler sur les chantiers et construire nos maisons. Les multinationales, hedge funds, sociétés de négoce etc., elles font quoi pour nous à part payer des impôts ?

"Plus de la moitié des genevois ont un passeport étranger et plus de la moitié des autres sont comme vous des "Confédérés"" -> Je répète que je n'ai pas de problème avec l'immigration, seulement avec la politique de développement économique de Genève qui consiste à en faire une plaque tournante du capitalisme financier mondialisé. C'est mauvais pour les autres peuples et c'est mauvais pour nous.

"Decider que seuls les moins riches auraient droit d'accès me parait absurde" -> Ce n'est pas le porte-monnaie qui doit déterminer qui vient ou qui ne vient pas mais c'est le peuple qui devrait décider si il veut subire les conséquences de la politique de croissance du Conseil d'Etat.

"pas une seule multinationale qui arrive ici sans y apporter quelque chose: savoir faire et recettes fiscales" -> Ce genre de "savoir-faire" sert à résoudre les problèmes de ceux qui ont trop d'argent et qui s'inquiètent de devoir en rendre une partie à la collectivité. Ca ne nous concerne pas, c'est même mauvais pour nous.

Écrit par : linario | 13/07/2011

Djinius, je ne sais pas plus que vous ce qui est avéré ou non. Ce qu'a écrit MM sur sa page FB et ce qu'a écrit le journaliste du Matin ne correspondent pas vraiment sur ce point. Mais bon admettons. Comme je l'ai dit, tant qu'il n'y a pas eu retours d'ascenseur, cela ne me gêne pas. Certes le cadeau est de taille, si cadeau il y a, mais il ne coûte pas un sou au promoteur, puisqu'il n'aurait pu obtenir plus cher. Et il a l'assurance d'avoir un locataire exemplaire, qui pourra faire face aux augmentations de loyer, à l'échéance.
Maintenant, s'il y a retour d'ascenseur, c'est une autre paire de manches. Mais jusqu'à preuve du contraire, MM bloque un projet de ce promoteur, qui ne correspond pas à ce que souhaite le département. Il n'y a donc pas de renvoi d'ascenseur. Mais si cet ascenseur est bien reparti, sous une forme consistante, je pense qu'il faudra le dire. Démissionner ? C'est à envisager, mais ce n'est pas dans les habitudes de la République. Je me souviens avoir révélé, il y a 17 ans, qu'un prédécesseur de MM. lui-même architecte (et d'un parti dont fut longtemps membre Me Poggia, jusqu'à ce que l'investiture lui soit refusée), avait accordé une dérogation au roi Fahd pour des travaux menés par son propre bureau, dont il était resté propriétaire en devenant Conseiller d'Etat.
Cela n'avait guère fait de vagues, à l'époque. O tempora o mores.
Des histoires comme celle-là, en 35 ans de journalisme à Genève, j'en ai quelques-unes, sur TOUS les partis. Mais je préfère juger sur le travail quotidien réellement accompli par les politiciens. En clair, je préfère un pragmatique efficace qu'un intègre exalté enfermé dans son idéologie.
Mark Müller n'est pas le plus habile des hommes, mais je le crois plutôt honnête et bon type, d'après les contacts que j'ai pu avoir avec lui. Ce n'est qu'un feeling, mais c'est le mien.

Écrit par : Philippe Souaille | 13/07/2011

Linario, elles paient des impôts, justement, qui paient nos écoles, nos services sociaux, des apparts subventionnés pour les plus pauvres, etc...
C'est votre droit d'être contre. Mais dans la mesure où vous vous préparez à aller planter vos choux ailleurs, il vous est facile d'oublier que c'est précisément cette politique qui assure à Genève sa prospérité, dans un monde en débandade. Je ne suis pas certain que tous les immigrés venus ici profiter de cette prospérité (en offrant leur force de travail en échange pour la plupart) soient d'accord avec votre idée qui immanquablement péjorerait leurs conditions de vie.
Quant aux activités de ces multinationales, elles sont à priori légales. Certaines mériteraient d'être encadrées davantage, mais pour cela, il faut davantage de gouvernance mondiale, pas moins. Une gouvernance et des cadres qui sont posés ici, à Genève, par ceux que vous assimilez aux "expats".
Vous vivez enfermez dans vos rêves. Partir cultiver votre champ est sans doute ce que vous avez de mieux à faire. Le problème, c'est que beaucoup trop de gens, comme vous, s'arrêtent à des préjugés idéologiques et à des explications simplistes, sans chercher à comprendre comment les choses fonctionnent pour de vrai, et comment l'on pourrait faire pour les améliorer, sans tout casser. Car c'est encore possible... Mais il semble que l'envie de briser nos jouets s'empare d'un nombre croissant de gens. Ce qui pourrait bien nous amener une révolution. En 1789, 1846, 1933, elles sont parties de Genève... On n'en est pas encore là, mais les tensions montent, incontestablement.

Écrit par : Philippe Souaille | 13/07/2011

"elles paient des impôts, justement, qui paient nos écoles, nos services sociaux, des apparts subventionnés pour les plus pauvres" -> Il me semble que les autres "petites villes de province" dont vous craignez tant que Genève fasse partie ont également des écoles et des services sociaux. Quant aux appartements subventionnés, ils ne seraient peut-être pas nécessaires si la "norme" ne soit pas devenue 2100 CHF pour un 4 pièces...

Si révolution il y a, et si elle part de Genève, je laisserai mes choux avec grand plaisir pour venir m'y associer.

Vous pensez que si les tensions montent c'est à cause des "gens comme moi qui s'arrêtent à des explications simplistes" ?

Écrit par : linario | 13/07/2011

@ Linario

Bien sûr que vous avez le droit de partir et de revenir. Vous avez cette chance liée à votre passeport. Vous ne serez jamais un pauvre immigré. Vous serez, à votre tour, un expat, que ce soit en Ardèche ou dans la pampa argentine. En cas de besoin, la cavalerie, entretenue par la mère patrie, mais plus par vous, si tant est que vous ne l'ayez jamais subventionné plus que symboliquement, sera là pour vous sauver. Vous avez les convictions de gosse d'un pays(encore)riche. Souffrez donc que les conditions dans lesquelles il vous est loisible d'accomplir votre périple, qui avec ou sans retour est pour vous initiatique, m'insupportent et que, de ce fait, j'aie l'audace d'esquisser quelques moyens crûment terre à terre à fin d'y remédier.

Vous partez. Vous ne payez plus d'impôt en Suisse, ni de primes d'assurance maladie. Vous revenez plus vieux, sûrement, et peut-être malade. Les prestations de l'assurance maladie, assurance devenue rentable parce que vous êtes âgé et, peut-être, malade vous sont dues. Les prestations complémentaires fédérales, cantonales voire communales, aussi. Vous êtes suisse. Vous avez tous les droits. N'est-ce pas ?

Il y a maldonne.

Vous êtes assuré maladie quand cela est rentable pour vous, alors que lorsque cela n'est pas le cas vous ne payez pas de primes. Aucune solidarité avec ceux qui paient pour vous. Vous générez une hausse des primes que paient les autres. Vous êtes un passager clandestin. Et cela m'indispose. Certes, je veux bien vous laisser la possibilité de bénéficier de l'assurance maladie. Mais alors à une condition : que vous payez une contribution de solidarité pendant votre absence. Autrement, et ce serait alors votre choix, pas d'assurance et pas de soins gratuits à la charge des cochons de payants, dont les 5% qui, à Genève, paient 50% des impôts sur les personnes physiques.

S'agissant des prestations complémentaires, financées par l'impôt, la situation est la même. Vous partez, ne payez pas d'impôt et revenez quant cela vous rapporte. Même manque de solidarité. Solution : réduction des prestations en proportion des années hors de Suisse.

Les immigrés européens profitent de ce qui précède, et, en plus, de l'assurance chômage. Un jour de travail salarié en Suisse entraîne une indemnisation dont le montant est calculé sur le salaire de ce jour de travail en Suisse, mais sur la durée des cotisations versées dans les pays des caciques du MCG.

Pas d'accord.

Fondamentalement, vous allez procéder à une opération d'évasion financière, certes pas fiscale, mais sociale. J'ai dit évasion, je n'ai pas dit fraude. Et dire que vous reprochez à certaines sociétés de chercher à minimiser leur charge fiscale !

Quant au 10 % d'expat, il ne sont pas le problème principal, ils ont des salaires liés à une activité qualifiée dans des secteurs à haute valeur ajoutée. Plus problématique sont bien les 90 % de non expat. C'est ceux là, les malheureux chassés de l'UE, qui ont le plus de malchance de devoir émarger aux diverses formes d'aide sociale et de ne payer que peu ou pas d'impôt. C'est ceux là, qui exercent une pression à la baisse sur les salaires des moins qualifiés. C'est ceux là, qui occupent, du fait de leur nombre, le plus les logements et dont les enfants conduisent à la création de zone d'éducation prioritaire. A Vernier, toutes les écoles primaires, sauf une, sont en zone prioritaire. C'est eux, et je ne le leur reproche pas car ils n'ont pas le choix, qui ne sont pas à même de subvenir au ménage cantonal : 20'000 francs par an et par personne de dépense.

"Ce n'est pas pour nous". Pourquoi ? Quelle est, à Genève, l'employeur privé qui engage le plus grand nombre de diplômés de hautes écoles SUISSES ? Procter et gamble.

Mais. Mais au cas où l'on vous écouterait, revenez-nous vite avant qu'il n'y ait plus rien. Une fois que l'on aura renoncé aux multinationales, déployant des activités à haute valeur ajoutée, telle qu'exprimée dans les salaires de leurs employés, pour les remplacer par des usines d'assemblage de vélocipèdes et de production artisanale de bouchons industriel, activités qui semblent vous êtes plus utiles (à vous pas à moi), il n'y aura plus de prestations complémentaires. Peut-être des dortoirs et des pâtes. Mais plus sûrement des bancs publics à la peinture défraichie.

Pour ce qui est du néolibéralisme je suis bien d'accord avec vous. L'absence de régulation financière est une catastrophe qui n'a pas fini de nous passer les plats, que l'on devrait d'ores et déjà s'apprêter à manger avec des baguettes.

Écrit par : CEDH | 13/07/2011

Linario, le niveau d'assistance sociale à Genève est unique au monde. Bien sûr qu'il y a aussi des services sociaux en province, mais moins généreux et payés en partie par... Genève. Qui est le 2ème contributeur net au budget de la Confédération en chiffres absolu (derrière Zurich) et par habitant (derrière Zoug). Accessoirement nous payons aussi dans le genevois français (directement) et dans l'Union Européenne (par l'entremise de Berne). Ce qui est d'ailleurs la moindre des choses, vu ce que nous leur devons.
Vous jouez sur les mots et m'obligez sans cesse à me répéter. Les tensions ne montent pas à cause de gens comme vous, mais à cause des disfonctionnements de l'économie d'une part, des limites écologiques qu'on atteint, de l'émergence de nouveaux pays concurrents (et parfaitement justifiés à le faire). Là-dessus, au lieu d'essayer de raisonner sur l'ensemble des problèmes, trop de gens, y compris des intellectuels ou pseudo-intellectuels, préfèrent se contenter de désigner un bouc émissaire qui serait seul responsable, traditionnellement l'étranger ou le riche. Vous innovez dans votre cas, puisque vous faites d'une pierre deux coups: l'étranger riche. Enfin, remarquez, en 33 en Allemagne, si les juifs étaient pourchassés, ce n'est pas parce qu'ils étaient pauvres...
Non, je ne vous traite pas de nazi, j'essaie juste de vous faire comprendre les soubassements de votre comportement et de vos pulsions.

Écrit par : Philippe Souaille | 13/07/2011

Philippe Souille, on va dire que c'est moi qui joue sur les mots et vous force à vous répéter ;) Faire de Genève un centre mondial du capitalisme financier, son évasion fiscale, sa spéculation, ses multinationales qui pillent les ressources du sud et exploitent sa main d'oeuvre pour venir vendre au nord et faire des bénéfices dans des paradis fiscaux, tout ça est en train de nous rendre dépendant d'un système mortifère, qui ne nous sert à rien (aux gens normaux), est néfaste pour les autres peuples et qui va se casser la gueule bientôt. Non seulement il ne nous rend pas heureux puisqu'il remet en cause notre capacité à nous loger et/ou nous pousse dehors de notre ville mais en plus il ne tient pas la route.

Mais vous pouvez continuer à me parler de mes pulsions si c'est ça qui vous intéresse :)

Écrit par : linario | 13/07/2011

CEDH : non, je ne serai pas un expat, je serai un émigré/immigré, ce n'est pas pareil.

Je ne compte pas revenir. Je compte aller vivre à la campagne avec un grand V et devenir paysan. Je n'ai pas de boule de crystal pour vous dire ce que sera mon avenir lointain, je ne peux que vous parlez de mes intentions et de mes actes aujourd'hui et vous dire que le procès d'intention que vous me faites est faux.

Mais peut-être voudriez-vous me parler des obligations que le fait d'être né ici font peser sur moi ? Car vous dites que je ne suis pas prisonnier mais il me semble que c'est tout comme.

Je vais vivre ailleurs. Je vais donc contribuer et être solidaire ailleurs, comme le font ceux qui viennent travailler ici. Je ne vois pas ce qu'il y a de clandestin ou d'égoïste là-dedans. Mais peut-être est-ce simplement l'idée qu'il puisse exister une alternative qui vous est insupportable...

"Fondamentalement, vous allez procéder à une opération d'évasion financière, certes pas fiscale, mais sociale. J'ai dit évasion, je n'ai pas dit fraude. Et dire que vous reprochez à certaines sociétés de chercher à minimiser leur charge fiscale !" -> Très drôle, merci !

Pour le reste, "le problème c'est les pauvres mais ce n'est pas de leur faute" (vous êtes gentil) et "tout le monde crèverait de faim et de froid sans les multinationales", je vous remercie mais j'ai une certaine fierté et une certaine foi dans la nature humaine, je ne pense donc pas qu'on se laisse mourir et si Genève n'était pas un fleuron du capitalisme mondial, ça me ferait bien plaisir ! Et de toute façon, la prochaine crise énergétique (fin du pétrole ?), écologique (fin des stocks de matières premières ? changement climatique ?), sociale (révolution ?) ou capitaliste (une bulle plus grosse que les autres ?) marquera probablement la fin de la mondialisation et les multinationales disparaîtront d'elles-mêmes.

Écrit par : linario | 13/07/2011

Punica Fides, je recopie ci-dessous le texte que je vous avais censuré. Contrairement à ce que vous affirmez par ailleurs dans d'autres blogs ou commentaires de la Tribune, nulle part vous n'évoquez la FAO ou le registre du commerce. Vous ne faites état que de rumeurs que vous dites vous-même improuvables.
Pour le reste, la démarche de M. Muller, et partant du conseil d'Etat me semble moins correspondre à de la corruption qu'à une démarche claire : construire, indépendamment des cadeaux éventuellement reçus du promoteur! A Bellevue, pas assez de logements, il bloque le projet en attendant qu'il soit amendé, au saconnex, il faut exproprier une servitude pour construire des logements en plus, il le fait. Une question, puisque vous travaillez sous pseudo: seriez-vous d'une quelconque manière lié à Pic-vert ou aux petits propriétaires de villas, bref, auriez-vous un intérêt évident à interpréter les choses comme vous le faites ?

Voici le post, poli mais sous-entendant cependant sans preuve, que je n'avais pas publié.

"M. Souaille,

Vous parlez du projet de Bellevue, bloqué par Mark Muller, mais pourriez-vous parler également des (sans doute nombreux) autres projets qu'il a approuvés ? Par exemple à Moillebeau ? Question: est-il d'usage que le Conseil d'Etat procède à une expropriation de servitude sur une parcelle, et ce au bénéfice d'un privé ?

Je ne veux pas accuser M. Muller de conflit d'intérêt, et encore moins de corruption, je n'aurais de toute manière aucune preuve à avancer. Mais je poserais le problème autrement, et sans en faire une question de morale: une personnalité occupant ce niveau de responsabilité ne devrait pas se trouver dans une situation qui, une fois portée à la connaissance du public, serait de nature jeter un doute sur son indépendance ("indépendance en apparence" selon les normes applicables aux réviseurs). En somme, il se doit de PARAITRE irréprochable à tous points de vue. Malheureusement, au vu des réactions spontanées d'une grande partie du public, ce n'est plus le cas.

Il n'est encore une fois pas question de prétendre que le conflit d'intérêt est avéré, mais il faut bien constater que cette situation entame forcément la crédibilité du Conseiller d'Etat, du fait qu'il instille un doute dans l'esprit du citoyen lambda."

Écrit par : Philippe Souaille | 14/07/2011

Punica Fides, vous mentez et portez de graves accusations à mon égard dans vos commentaires à l'article publié dans la Tribune de Genève au sujet de Mark Müller.
Le texte publié ci-dessus EST votre texte original, sans la moindre retouche, comme il est enregistré dans mes commentaires et comme les outils de gestion du blog permettent de s'en assurer.
Par ailleurs le fait que MM ait accepté un ou plusieurs projets de ce promoteur, qui est l'un des plus gros de Genève n'a rien d'anormal. M. Muller fait son métier, il a été élu pour ça: construire du logement. Parce que cela manque à Genève, cruellement. On pourrait l'accuser de corruption si au contraire il refusait des projets, empêchait des constructions ou encore privilégiait certains intérêts contre d'autres, mais ce n'est pas le cas. Il fait tout ce qu'il peut pour construire, en ménageant tout le monde et personne.
Les agriculteurs se plaignent de devoir offrir (ou plutôt vendre au prix fort) à la collectivité 5% des terres cultivées en 20 ans... Alors que des milliers de famille cherchent désespérément un logement. Et Mark Muller est accusé de ne pas être solidaire... Ce canton est tombé sur la tête.

Écrit par : Philippe Souaille | 14/07/2011

Monsieur Souaille, veuillez vous reporter à la réponse que j'ai apportée à Moraliste dans les commentaires de la TDG, je n'avais effectivement pas encore vu que vous aviez remis mon premier commentaire ci-dessus. Pour le reste, je vous ai écrit directement, sans pseudo, à l'adresse mail que vous indiquez en haut à droite.

Au demeurant, je ne crois pas en quoi le fait de penser que vous êtes un peu partial sur le coup, et de le dire, revient à porter de "graves accusations" contre vous ?

Écrit par : Punica Fides | 14/07/2011

Punica Fides: très bien, j'accepte vos explications que je considère comme des excuses. Je n'aurais en effet jamais modifié vos propos pour prouver mes dires !
Pour le reste, l'adresse couriel en haut à gauche est fausse et je ne sais même pas d'où elle sort. Elle ressemble à la mienne, mais n'est pas la mienne. J'ai été voir dans les maniclettes de gestion de mon blog et je ne la trouve nulle part. Le texte du dessus est un texte standard mis par Mabut sur tous les blogs et je subodore que c'est chez lui qu'il y a erreur.
Pour le reste, vous pouvez m'écrire en sachant que l'association que je préside se nomme adavi et non alali ou je ne sais quoi (Ce qui me fait penser qu'hallali et hallal doivent avoir une racine commune, puisqu'il s'agit d'égorgement dans les deux cas. Mais les dictionnaires étymologiques ne font apparemment pas le rapprochement)...
Vous avez le droit de me trouver tendancieux, mais vous faites fausse route. Lorsque j'ai écrit mon blog, je ne connaissais que l'exemple de Bellevue et ce que vous m'avez présenté de l'autre cas me semblait assez fumeux. Sur le fond, comme dit, j'ai l'impression qu'il a fait son job honnêtement. Certains laissent même entendre aujourd'hui que l'affaire de Bellevue pourrait avoir vraiment déplu au promoteur...

Écrit par : Philippe Souaille | 14/07/2011

Un juge peut-il trancher un litiqe opposant un propriétaire et un locataire, alors que lui-même est locataire de ce propriétaire privé, qui, de plus, lui a proposé une aubaine. Certes non.

Monsieur le Conseiller d'Etat Müller a bénéficié d'une aubaine du propriétaire privé de son logement personnel. Peut-il prendre, lui-même ou ses subordonnés, des décisions importantes touchant directement ledit propriétaire. La réponse se trouve en l'article 15 de la loi cantonale sur la procédure administrative.

Récusation des membres des autorités administratives

1 Les membres des autorités administratives appelés à rendre ou à préparer une décision doivent se récuser :

d) s’il existe des circonstances de nature à faire suspecter leur partialité


De jurisprudence constante, rentre en ligne de compte non seulement la partialité interne, le plus souvent inaccessible, mais encore la partialité externe. L'apparence externe.

Opposants et recourants auront de quoi s'opposer à toute décision prise par M. Müller, ou ses subordonnés, en faveur du propriétaire dès lors qu'elle ne leur conviendrait pas.

Il semble que M. Müller soit intervenu dans plusieurs dossiers concernant son propriétaire. Pas normal. Ce d'autant qu'il doit se récuser spontanément, Ce qu'il n'a pas fait. Est-ce fautivement ? Pas forcément, il ignorait peut-être, comme nombre de genevois, qui était son propriétaire.

Les recourants qui découvriraient après coup la situation, après le délai de recours, peuvent encore faire valoir ledit grief en agissant dans les plus brefs délais et en faisant valoir une demande de restitution du délai de recours.

Écrit par : CEDH | 14/07/2011

Je comprends bien cette idée de récusation, qui se justifie sans doute en de nombreux cas, mais en même temps la trouve un peu cosmétique. Un juge est rarement neutre, il a des convictions morales, politiques, sociales, ethniques, religieuses etc... Qui vont forcément influencer son jugement. Peu ou prou. Parfois même énormément. Or le justiciable n'a aucune protection à cet égard.
Dans le cas de la recherche scientifique par exemple, tout le monde d'accorde à examiner avec défiance une étude payée par un organisme dont les intérêts pourraient interférer avec les résultats de là-dite étude. Mais le danger que les convictions politiques, écologiques, religieuses ou autre du chercheur influent sur ses résultats est tout aussi flagrant, sans pour autant être pris en considération.
Alors pour ma part, j'aurais tendance à rester pragmatique. MM fait-il le boulot pour lequel il a été élu ? Ma réponse est oui... Les attaques qui le visent viennent elles très probablement de gens qui auraient intérêt à ce que ce boulot aille dans un autre sens ? Ma réponse est encore oui. Est-ce que je pense qu'il faut que ce boulot soit poursuivi dans le sens de MM. Toujours oui. Est-ce qu'il aurait pu éviter de se mettre dans cette situation ? Oui. Est-ce qu'il doit démissionner ? Non.

Écrit par : Philippe Souaille | 15/07/2011

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