25/07/2011

Nous sommes tous le produit du multiculturalisme

Il est effrayant de découvrir le nombre de blogueurs qui osent peu ou prou défendrent le forcené norvégien. Avec au fond, toujours la même antienne ("c'est de la faute au multiculturalisme") et en écho ce constat bidon: le multiculturalisme ne marche pas, ne peut pas marcher, n'a jamais marché. Ce qui est faux. Historiquement, quasiment dans le monde entier, hormis quelques lieux particulièrement isolés, nous sommes tous le produit d'échanges ethniques et culturels intenses. C'est particulièrement vrai en Europe continentale - moins sans doute en Scandinavie, encore que les vikings s'ils n'ont guère reçu de visites, ont bien du ramener quelques souvernirs de vacances en 6 siècles de pérégrinations méditerrannéennes et transatlantiques : de Sicile en Palestine et du Groenland au Brésil. On sait aujourd'hui que les normands descendants des vikings, y étaient bien avant les portugais. Ils y furent d'ailleurs rejoints par quelques protestants de Genève, envoyés par Calvin et Coligny.

En Romandie, les celtes Allobroges et Helvètes avaient déjà fusionnés avec les Romains. Romains qui au départ étaient des méditerrannéens (originaires d'Asie mineure selon la légende) mais avaient peu à peu intégré tout ce qui entourait la Méditerranée. Les Allobroges avaient été mercernaires d'Hannibal le tunisien et une fois vaincus par les Romains, une légion allobroge avait été combattre Jugurtha le Numide, en Libye, sous la conduite d'un oncle de César. Saint-Maurice d'Agaune, le martyr valaisan, était égyptien, tout comme la légion dont il était centurion, stationné à Octodure (Martigny), exécuté avec tous ses hommes pour avoir refusé de persécuter les locaux, devenus chrétiens.

Christianisme qui entre parenthèses, n'est pas précisément une invention occidentale, puisqu'elle est née en Palestine, d'une secte juive.

A la chute de Rome, les Burgondes héritent de la Romandie. Ils viennent de Poméramie, à la limite de la Pologne et ont été décimés en Belgique par des romains alliés aux Huns, qui sont eux même originaires de l'Ouest de la Mongolie. Le Roi Burgonde Gondebaud, qui pratique l'arianisme, religion chrétienne aujourd'hui disparue, d'entente avec l'évêque catholique Avit, promulgue la loi gombette, première législation connue d'intégration nationale: contrairement à ce qui se faisait dans les autres royaumes ariens barbares (Francs, wisigoths, vandales, ostrogoths) elle donne des droits équivalents aux burgondes et aux gallo-romains et encourage les mariages mixtes. Si un différent oppose un romain et un burgonde, il doit être jugé par deux juges de concert, un Romain et un Burgonde. Ce qui va cimenter l'Unité nationale, comme le montre très bien Justin Favrod dans ses divers ouvrages.

Dès le début du VIIIème siècle, l'Islam s'installe en Provence, et régulièrement des bandes sarasines remontent le Rhône et la Saône jusqu'à Autun. La cavalerie burgonde va aider le Comte de Toulouse à remporter la première victoire sur les sarrasins en 721, mais les Sarrasins s'accrochent durablement sur les cols des Alpes, notamment Petit et Grand Saint Bernard. Ils y assurent la sécurité (et empochent les droits de passage) pour le comte des Rois ostrogoths d'Italie, vivant en bonne intelligence avec les villages des vallées. Ils n'en sont délogés par les comtes de Savoie que plusieurs siècles plus tard. Entretemps, les Burgondes sont devenus catholiques.

Et les croisés nous ont ramenés pléthore de connaissances conservées dans l'Empire Romain d'Orient et dans le monde judéo-musulman, que nous avions perdues. A cela s'ajoutent les foires de Genève et Thonon, qui font courir toute l'Europe, les banquiers juifs ou florentins, les commerçants d'épices levantins, les protestants venus de toute l'Europe du Sud... bref ethnies, cultures et religions se sont entrecroisées sur nos territoires depuis la nuit des temps. Et c'est heureux, car c'est le moteur de l'évolution et du progrès. L'intégration ne s'est jamais faite en six mois. Il a fallu une ou plusieurs générations avant que l'osmose s'installe. Chacun y mettant du sien. Si nous devions rejeter tout ce qui nous a été apporté par ces vagues de migrations successives, il faudrait redevenir animistes et vivre comme des hommes de caverne ou peu s'en faut, la principale invention  celtique résidant dans la maîtrise du fer. Ce qui n'est pas rien, mais de loin pas tout.

A voir ici sur youtube, le trailer de mon prochain film "Comment l'Esprit vint à Genève", qui raconte entre autres, l'épopée du peuplement de la région.

Moi, je n'ai pas envie de vivre comme un celte. Je n'ai pas envie de vivre sous la charia non plus. Et la majorité des musulmans de Suisse n'en ont pas davantage envie que moi. Je peux comprendre que les gens aient peur de devoir abandonner leurs habitudes, leurs coutumes, leur quotidien. C'est le même réflexe qui a poussé Khomeiny au pouvoir en Iran, parce que les réformes du Shah allaient trop vite... Et que les richesses étaient mal réparties.

La conjugaison de la crise économique, de la très probable baisse du niveau de vie des classes moyennes occidentales et de l'afflux d'immigrants est explosive. Mais il faut en passer par là, car s'isoler ne mêne à rien et certainement pas à maintenir un niveau de vie ad hoc. On n'a guère de prise sur la variable "crise économique et disponibilité des resources naturelles", sauf à essayer de gérer les choses en bon père de famille, en évitant toute décroissance brutâle et incontrôlée. Nous n'avons plus non plus les moyens d'augmenter le niveau de vie de tous, ni même sans doute de le maintenir. La seule pédale sur laquelle on puisse avoir de l'effet, c'est le contrôle des hyperriches et du maintien d'un minimum d'équité dans la répartition des richesses. Ce qui en pratique n'arrangera pas grand chose, mais psychologiquement, pour le moral des populations, demeure fondamental. Et donc justifié, qu'on le veuille ou non.

 

Commentaires

Ainsi donc mes délires tendent à se faire réalité. Pourriez-vous répondre à ces questions ? Et me dire quel est le contre-projet, direct ou indirect, que vous soutiendrez ?

Selon les chiffres officiels, le nombre d'immigrants venus en Suisse durant les quatre années écoulées dépasse de 330 000 celui des émigrants. Faux ou Vrai ?

L'immigration échappe aujourd'hui à toute limitation. Cette situation problématique est le résultat de l'immigration en provenance de l'UE.
Faux ou Vrai ?

Du regroupement familial trop facile pour les ressortissants de pays tiers. Faux ou Vrai ?

Des nombreux clandestins séjournant en Suisse. Faux ou Vrai ?

L'Office fédéral de la statistique annonce une nouvelle augmentation massive de la population d'ici à 2035. Faux ou Vrai ?

Selon les différents scénarios pris en compte, quelque 10 millions de personnes pourraient alors vivre en Suisse. Faux ou Vrai ?

Les conséquences de cette immigration illimitée sont de plus en plus manifestes au niveau des l'économie, des loyers, des prix du terrain, de l'aménagement du territoire, des infrastructures, des écoles, du chômage, de la santé publique et des institutions sociales. Faux ou Vrai ?

Écrit par : CEDH | 25/07/2011

Nous utilisons toutes sortes d'épices dans notre cuisine, nous meublons nos intérieurs avec des objets typiques ramenés de pays visités, ou achetés dans les magasins, nous nous déguisons lors de fêtes en arborant toutes sortes de costumes…mais nous ne prenons que ce qui nous intéresse du multiculturalisme, et laissons tomber ce qui nous dérange. soit, nous sommes tous des hypocrites!!!

Écrit par : Fatima | 25/07/2011

CEDH, vous ne pouvez pas avoir le beurre, l'argent du beurre et la crémière. Avoir les avantages économiques d'une société ouverte sur l'extérieur et en plein boom, mais pas les inconvénients.
La Suisse peut décider de se replier sur elle-même, mais alors elle doit s'attendre à voir son niveau de vie baisser bien davantage que du fait des problèmes que poseraient cette immigration, qui entre nous sont parfaitement gérables.
Nous avons encore de la place et les moyens de construire des logements et des écoles. Construisons et éduquons.
Vous ne pouvez pas avoir "Das Boot ist voll" sans les patates du Plan Wahlen.

Écrit par : Philippe Souaille | 25/07/2011

Fatima, j'ai l'impression qu'il y a comme un sous-entendu dans vos propos. Genre "peut-on soutenir le multiculturalisme en repoussant le voile et autres coutumes islamiques". Vous avez raison, c'est une contradiction. Je pourrais dire que c'est pour éviter de donner des gages aux fous-furieux du chacun chez soi, mais c'est insuffisant.
Comme je l'ai dit, je ne souhaite en aucun l'instauration de la charia. La laïcité, la démocratie, la république, toutes ces valeurs auxquelles je crois seraient mises à mal par l'application des lois islamiques. Plus que la survivance de ma culture occidentale franco-suisse et laïque, je souhaite la perpétuation d'un savoir, d'une forme de pensée en constante évolution. Juste le contraire d'une pensée révélée.
Je ne veux pas l'imposer, j'espère qu'en un temps futur, l'humanité aura assez évolué pour s'y rallier toute entière. Mais pour l'instant, le voile est le symbole de gens qui souhaite annihiler ma forme de pensée. Donc tant que je peux encore choisir à la carte, je préfère cela au menu.
Je pense en fait que la question se résoudra d'elle-même avec le temps. Le voile passera de mode et les musulmans de Suisse finiront probablement par se détacher de plus en plus de l'Islam des premiers âges, voire de l'Islam tout court. Tant mieux, ils ne s'en fondront que plus facilement dans la population.

Écrit par : Philippe Souaille | 25/07/2011

En fait, cela s'appelle l'intégration.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/07/2011

Comme vous l'écrivez, M. Souaille, le continent va économiquement couler. Pourtant l'immigration va continuer. Donc faire dans le positivisme, c'est déjà faire preuve d'utopisme. Je crois que beaucoup d'européens ont fait l'équation. L'intégration n'est pas facile à faire pour des populations "proches". Alors intégrer des populations musulmanes, venant d'Afrique, en tant de crise économique, c'est peu envisageable. Dans un occident où l'Eglise n'est plus suivie, ces nouveaux arrivés ont la tendance du repli. Le communautarisme pointe son nez. Beaucoup de jeunes maghrébines de la 3ème génération, en France, portent le voile. Alors que leurs mères ne le portaient pas. Ces jeunes filles vous répondront qu'elles n'ont pas à s'intégrer, car de toutes façons il n'y a pas de place pour elles.

A noter que les Eglises se vident, mais que les petites églises et autres assemblées religieuses se portent plutôt bien. L'individu a besoin d'une vie spirituelle ou philosophique. Ce qui n'est pas le cas de la société. Une société donc morcelée en communautés religieuses ou non religieuses... une société qui ne tient donc qu'à son système économique, qui va de plus en plus mal... c'est une société à l'avenir sombre, qui éclatera, faute se ciment.

Il y a un sujet que vous n'abordez pas dans votre billet et qui pourtant tient une place considérable dans les tensions inter-communautaires , c'est Israel. Nous n'allons pas vivre sous la Charia ou comme des Celtes, mais comme des israeliens... dans le terrorisme permanent.

Écrit par : Riro | 26/07/2011

Vous avez raison de dire qu'il y a un malentendu. je ne visais ni une communauté, ni une religion ni une personne. Mon commentaire concerne tout le monde, y compris moi-même.

Écrit par : Fatima | 26/07/2011

Vous faites erreur Riro, l'immigration ne va pas durer ad vitam eternam. Les gens ne quittent pas leur chez eux de gaieté de coeur, ils le font parce qu'ils pensent qu'ailleurs c'est mieux. Or au fur et à mesure que l'Occident s'enfoncera dans la crise tandis que les pays émergents poursuivront leur croissance, le "mieux" sera de moins en moins chez nous.
C'est d'ailleurs l'un des chantiers essentiels de la gouvernance mondiale que d'organiser le développement des pays qui le sont le moins, pour réduire les déséquilibres et donc les transferts de population. Surtout qu'il y a de la place en Afrique, et des matières premières, bien davantage que chez nous.
D'un autre côté le voile chez les jeunes de 3è génération comme vous dites, est aussi un effet de mode. Qui n'a pas vocation non plus à durer éternellement, comme toutes les modes. Nous devons inventer les processus qui amélioreront l'intégration de tous, et il est clair que nos sociétés occidentales de la fin du siècle seront plus métissées encore.
Nous n'avons pas le choix, parce que les matières premières ne sont pas chez nous, parce que nos populations vieillissent et qu'il faut des gens pour payer nos retraites (surtout dans les systèmes par répartition comme en France, les systèmes par capitalisation profitant plus facilement des capitaux placés dans le monde entier) et parce que la seule alternative serait de faire la guerre au reste du monde, ce dont nous n'avons plus les moyens.
Par ailleurs, on peut légitimement espérer qu'un monde sans guerre et travaillant de concert sur les technologies alternatives et durables pourrait produire assez de richesse et de stabilité pour offrir un sort correct et une vie pacifique à tous les humains, occidentaux compris. Ce qui ferait notablement baisser le besoin d'avoir recours aux bienfaits de l'au-delà...
Une utopie, oui, mais urgente.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/07/2011

Nous sommes en une phase d'inflexion, cela est certain, et de retournement, cela est plus que probable. L'occident élargi s'effondre et l'on assiste à l' émergence, ou à la ré-émergence, de puissances que nous qualifions il y a peu du tiers-monde. Des territoires entier de l'UE ont un PIB/PAA/Habitant inférieur à des territoires chinois nettement plus peuplés.

Les quelques dizaines d'années de plus, gagnée à coup de crédit néolibéral, arrivent à leur fin. L'artifice du crédit ne peut plus rien. L'occident n'a su, globalement, en profiter pour investir, mais a consommé. L'économie de l'UE s'effondre. Les emprunts européens ne sont plus qu'emprunt russe.

Que doit faire l'Allemagne? Doit-elle venir à la rescousse des cancres, ceux à l'appareil productif peu développé, ceux qui ont rejoint l'UE tardivement et n'ont pas su profiter de l'Europe autrement que pour s'endetter et consommer ? Il est encore temps pour elle de se couper la main pour n'y point tout perdre. Que le parlement, le peuple et le Tribunal constitutionnel fassent leur oeuvre.

Que doit faire la Suisse ? Renforcer la coopération avec l'UE et se ruer dans un bateau qui coule, comme vous le préconisez. NON ! Pour le sauver ? Humanisme inutile car mission impossible. Collaborer avec ceux qui ne coulerons pas en raison de leurs qualités propres ? Oui.

Devons nous héberger ceux des réfugiés économiques chassé de l'UE qui n'ont aucune qualification, qui n'ont d'esprit d'entreprise que d'entreprendre les services sociaux ? Non. D'ailleurs le pouvons nous ? Non. Le Boom économique suisse, que vous voyez dans le rétroviseur est terminé, tué par les politiques budgétaires et monétaires européennes. L'UDC néolibérale zürichoise, celle de Blocher, l'a perçu. Avec, comme d'habitude, une longueur d'avance sur vous.

L'immigration européenne doit être contrôlée. Quant à l'immigration extra-européenne ? Pourquoi pas. Mais pas de Multikulti. Les frontières doivent être sous contrôle.

Genève aura-t'elle l'intelligence de ne pas rejoindre le Sud ? La frontière passera-t'elle entre Plan-les-ouates et Saint-Julien-en-genevois au nom de l'indivisibilité de la République française ? Possible. Que les savoyards de souche sachent qu'ils auront toujours le privilège d'être reconnu comme tel à Genève.

Écrit par : CEDH | 26/07/2011

Sortie de l'utopie, de l'angélisme et soyons réalistes!

Ce qui semble évident après ce dernier évènement c'est qu'il y a maintenant 2 pôles antagonistes dans les sociétés européennes et les "mêmes" extrêmes se radicalisent.....la question c'est :

POURQUOI?

Des immigrants qui veulent s'installer, s'imposer, se faire reconnaitre avec leurs cultures et leurs pratiques et d'essaimer librement.

Des autochtones qui veulent maintenir leurs acquis, leurs mode de vie, leurs principes et leurs valeurs et de demander aux immigrants de ne pas annihiler cela par respect et reconnaissance pour l'accueil!

Les premiers sont chez les seconds.....Qui a les droits et est à sa juste place?

Faute de vouloir regarder les réalités en face et de donner le droit à ceux qui sont débordés, envahis, de choisir de garder leurs valeurs ancestrales ou de les brader contre celles des nouveaux arrivants, nous allons à la guerre civile.

Écrit par : Corélande | 26/07/2011

Corélande, ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il y a des pôles antagonistes dans la société. Il n'y a que cela en fait, des pôles antagonistes: hommes femmes, riches pauvres, catholiques protestants, chrétiens athées, pacifistes nationalistes, etc... Comme vous le dites, ceux qui tournent au plus près de ces pôles sont des extrémistes. Nos sociétés ont survécu à ces antagonismes, se sont nourris d'eux, en apprenant à les contrôler, à les limiter, à les intégrer. C'est le jeu magnifique de la démocratie.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/07/2011

CEDH, vous êtes peut-être bon en droit, mais en économie, peut mieux faire. Si l'Allemagne connait la belle santé que vous admirez, c'est notamment parce qu'elle a vendu un tas de trucs à ces pays aujourd'hui endettés. Si elle se coupe un bras, comme vous dites, elle se coupe de ses marchés. Et se retrouve dans la même situation que les endettés. Combien vous pariez qu'elle ne le fera jamais?
Par ailleurs, vous devriez consulter les chiffres d'endettement des divers membres de l'UE, vous seriez surpris. La plupart des nouveaux entrants sont nettement moins endettés que l'Allemagne.
Concernant la prescience de l'UDC zuricoise, laissez moi rire. Cela fait dix ans que j'écris que la Suisse comme le reste de "l'Occident élargi" est vouée à rentrer dans le rang. A vrai dire, mon père le disait déjà il y a 30 ans... Là où nous divergeons, c'est sur les remèdes. Je pense qu'il faut accepter ces rééquilibrages et les accompagner au mieux, en tirant parti des fenêtres de tir qui nous restent pour maintenir autant que possible des conditions de vie en harmonie avec notre environnement. L'UDC prétend pouvoir s'en sortir en fermant les frontières et en établissant des liens privilégiés, mais purement économiques, là où ça l'arrange. En fait M. Blocher et son gang pensent que l'argent pourra toujours tout acheter, même la sécurité. Il imagine la Suisse comme un océan de prospérité insolente dans un monde en crise. C'est une vision suicidaire à mon avis, parce que nous n'aurons jamais les moyens (ni le goût en ce qui me concerne) de maltraiter suffisamment le reste du monde pour qu'il l'accepte.
Quant à vos délires sur les "savoyards de souche", j'aime mieux ne pas répondre, pour éviter de devenir grossier.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/07/2011

Merci Fatima de votre réponse. Je vois que nous sommes bien sur la même longueur d'ondes. Nous avons tous nos crispations, mais l'humanité, la morale, qu'elles soient d'inspiration religieuse ou athée, c'est d'apprendre à les dépasser pour s'ouvrir à l'autre et progresser.
Comme vous le dites par ailleurs, ces types qui se prétendent fondamentalistes chrétiens n'ont rien compris au message de leur messie.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/07/2011

"ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il y a des pôles antagonistes dans la société."

C'est n'importe quoi d'opposer les hommes et les femmes dans une vision d'hostilité, comme les riches et les pauvres etc.....(voir votre liste).

Ecrire pour ne rien dire ou se mélanger les pinceaux pour essayer de faire avaler le bien fondé de sa théorie c'est vraiment limite pour une personne avec votre responsabilité politique....je crois?

Bon maintenant on comprendra mieux pourquoi nous sommes dans une m.....pareille.

Écrit par : Corélande | 26/07/2011

Ce n'est pas n'importe quoi du tout. Il y a eu des tas de morts suite à des désaccords entre riches et pauvres. Au moins des centaines de millions. Et entre hommes et femmes, si nous sommes heureusement une majorité à vivre harmonieusement nos différences, il y en a aussi, des extrémistes, pour qui c'est une vraie guerre. Dont le forcené norvégien d'ailleurs, qui mettait apparemment sur le même plan les musulmans que les féministes (le pauv' gars, il en voulait vraiment au monde entier !). Vous devriez aller lire ce que Julien Cart a collé sur le blog de Mauro Poggia à ce sujet.
En fait votre remarque conforte ma thèse. Pour vous et quelques allumés, dont nous avons un certain nombre d'exemples ici dans ces blogs, la présence de musulmans en Suisse et en Europe est un problème gravissime. Plus grave que l'existence de riches et de pauvres, etc... Heureusement, vous n'êtes qu'une minorité dans ce cas. Parce qu'honnêtement, il y a des problèmes beaucoup plus grave dans le monde que de savoir si votre voisine va faire ramaddan demain.
Au fait à ce sujet, bonne fête à tous mes amis musulmans. Et je me réjouis d'aller déguster une chorba un de ces soirs.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/07/2011

D'accord! Dans votre première réponse, vous êtes "au présent", puis dans la seconde vous contestez "au passé". Comme si l'évolution de la femme dans la société occidentale était du pareil au même avec les problèmes d'immigration dans nos sociétés qui vont se résoudre, voire se dissoudre gentiment avec le temps!
C'est bien clair comme cela, vous manipulez vos textes, vos paroles, vos positions à votre guise et pour votre crédibilité politicienne.....rien d'autre!

Joyeux 1er Août à tous!

Écrit par : Corélande | 26/07/2011

Cet espèce de dingue néo-nazi aux yeux livides n'était qu'un abruti lunatique dont les thèses et les propos devraient être ignorés. Critiquer le multiculturalisme n'est pas le défendre, encore moins être de droite (puisque la vrai critique du multiculturalisme est une critique de gauche républicaine), la critique du multiculturalisme ne fait pas d'une personne une personne de droite de la même manière que la critique de la mondialisation non plus. Il faut savoir définir les termes, l'article ci-dessus est intéressant pour la perspective historique qu'il nous donne, avec les nombreux échanges et métissages qui ont jalonnés l'histoire européenne, mais l'auteur se trompe sur la définition du multiculturalisme.

Le multiculturalisme est une idéologie anglo-saxonne à la base qui promeut comme système d'intégration des immigrés le communautarisme:à savoir intégrer les immigrés uniquement de manière socio-économique, en les laissant se former en communautés vivant repliées sur elles-mêmes, et généralement en leur permettant plus tard d'avoir des droits différents. On voit cette idéologie appliquée en Angleterre, en Allemagne, en Suède, au Canada (le Québec est une légère exception) et bien évidemment dans le berceau de cette idéologie: les USA, qui ont propagé cette doctrine mortifère à travers l'Europe via les universités entre autre.

Emmanuel Todd fait une très bonne critique de ce modèle d'intégration dans son livre "le destin des immigrés", et montre que justement, le taux de métissage dans ces pays-là qui appliquent ce modèle est très bas, voire quasi nul en Amérique. Au contraire, il lui oppose le modèle que moi et tant d'autres républicains de gauche promouvons : l'intégration républicaine (pour Todd c'est "assimilation républicaine" mais c'est la même chose). Ce modèle est appliqué en France avec de plus en plus de difficultés à cause des intellectuels français convertis au multiculturalisme et des médiocres politiques qui ont oublié le discours jacobin d'intégration, mais il a permis à ce pays d'intégrer les immigrés en leur inculquant des valeurs partagées par la population permettant le métissage, et en refusant tout "accommodement raisonnable" et autres balivernes du même acabit (exemple: donner aux juifs orthodoxes le droit de ne pas passer un examen lors d'une fête juive). D'où l'interdiction des signes religieux à l'école publique, et pour les représentants de l'Etat.

Ceci permet de minimiser largement les heurts et de permettre ce métissage qui a fait de l'Europe ce qu'elle est. Le multiculturalisme, lui, avec la gauche (et la droite) qui l'adopte et qui en conséquence se retrouve à cautionner les dérives des extrémistes des communautés en question (pour la Suisse, je pense à la complaisance d'une grosse partie de la gauche envers Tariq/Hani Ramadan et les islamistes de leur sorte), incitent au repli identitaire de part et d'autre, à la xénophobie et au racisme via les tensions intercommunautaires qui en résultent et les actes de fanatiques n'ayant pas su intégrer certaines valeurs dites universelles (comme le norvégien en question, car l'intégration, qui se fait via l'école publique laïque normalement, concerne aussi les "de souche").

Pour terminer, c'est la laïcité qui est le socle de ce modèle républicain. Pas je ne sais quelle identité chrétienne fantasmée, et certainement pas le christianisme ou une quelconque religion. L'identité européenne à promouvoir c'est l'identité laïque, identité accueillante car universaliste pour peu que l'on accepte les valeurs qui la sous-tendent (liberté, égalité, fraternité). Le modèle républicain est un modèle certes exigeant, mais qui au final permet un vivre-ensemble fraternel.

Écrit par : Anticléricanaille | 26/07/2011

Vous prêchez un converti de longue date. J'ai écris mes premiers articles concernant les modèles d'intégration français et anglo-saxons il y a une bonne vingtaine d'années, préférant évidemment le premier. Et avant cela, j'avais fait mon mémoire d'ethno sur l'intégration/dissolution d'une minorité dans un ensemble plus vaste, à savoir les tamouls en martinique.
Cela étant, cela devient de plus en plus un faux débat. L'intégration à la française a bien fonctionné avec des minorités qui n'étaient pas visibles et qui, au plan religieux, allaient généralement dans la même église. On n'en est plus là. Le contre-exemple juif est pour le moins douteux si l'on songe aux difficultés qu'on connut les juifs arrivés d'Allemagne et d'Europe de l'Est dans l'entre-deux guerres. Pourtant, personne n'a jamais eu peur que les juifs deviennent majoritaires en France.
Je pense évidemment que les immigrés doivent s'intégrer. En même temps, une partie de leurs coutumes va diffuser parmi les nôtres (je peux vous citer tout ce que vient des tamouls dans la culture antillaise) et les enrichir. Mais en attendant, on fait quoi avec leur religion? La laïcité implique qu'ils aient le droit de pratiquer leurs cultes, dans des lieux appropriés. Or la présence d'un minaret dérange certains, par exemple. La vision d'un voile au supermarché suffit à en énerver d'autres.
Je crois qu'il faut fixer des règles et des limites, conviviales, démocratiques et respectueuses, comme le firent en 501 après JC le Roi Gondebaud, arien, et l'évêque Avit, catholique, en rédigeant la loi Gombette à une époque où Genève était la capitale du royaume Burgonde.
10 siècles plus tard, à Kappel, Confédérés catholiques et protestants parvinrent à stopper les guerres intestines en légiférant à nouveau. La Suisse fut dès lors un modèle de tolérance, au coeur d'une Europe qui se déchirait pour ses guerres de religion. C'est aussi tout près d'ici, en Savoie que François de Salles parvint à imposer sa vision tolérante qui donna à Henry IV les moyens de pacifier la France et au Duc de Savoie de reconvertir au catholicisme toute la Savoie sans verser une goutte de sang.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/07/2011

Corélande, je ne manipule rien et n'ai aucun objectif politique personnel. Il y a des pôles antagoniques au présent qui ont dans le passé (et malheureusement très probablement encore dans l'avenir) causé des dégâts monstrueux. C'est un fait. Et le multiculturalisme n'est que l'un de ces pôles.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/07/2011

@ PS

Je pensais aux pays du PIGS et non à ceux d'Europe centrale. Je ne vois pas ce que l'Allemagne peut leur vendre, sauf à leur faire un crédit qui ne sera jamais remboursé. Ne regardez pas sans cesse dans le rétroviseur.

12. 12 heures de travail par semaine et le ressortissant de l'UE a un permis de séjour et tous les droits qui en découlent. Je connais le cas de trois piigsiens qui travaillent sur un seul poste de serveur de bistrot. Ils ont un permis de séjour, femmes et enfants. Ils ne paient pas d'impôts. Utilisent les écoles, les transports publics, se font opérer à l'HCUGE, ont l'assurance maladie subventionnée et du cash de l'Hospice général. Zut !

Trève de palabre, votons sur l'initiative UDC. Elle n'est pas raciste. C'est la situation actuelle avec son privilège aux ressortissants de l'UE qui est raciste.

Écrit par : CEDH | 26/07/2011

@ PS

Je ne suis pas un inconditionnel de l'Allemagne comme vous l'affirmez. La redistribution en faveur du travail y est beaucoup trop faible. De nombreux allemands en sont victimes comme le met en avant le démantèlement de la législation sociale. Il n'empêche que le peuple allemand s'est serré la ceinture et devrait maintenant se la serrer encore un peu plus pour soutenir les PIIGS. Il convient sans doute de tenir compte de la réalité et de choisir la moins mauvaise des solution.

Votons sur l'initiative UDC. Je trouve en effet répugnant ceux qui dénigrent l'initiative en faisant un amalgame avec les événements norvégiens. Que voterai-je ? La moins mauvaise des solutions en tenant compte de l'évolution européenne d'ici là.

Multikulti. Vous êtes favorables à l'intégration selon la tradition française. Soit. Et quand cela ne fonctionne pas, comme cela est le cas aujourd'hui, que préconisez-vous ?

Écrit par : CEDH | 27/07/2011

On descend tous du singe ni plus ni moins pourquoi se tartiner les neurones à rechercher le vrai coupable qui sans doute un jour dans une grande colère créa le monde faisant l'homme à son image et envoya son fils devenu scout entretemps pour lui confirmer ce que lui redoutait le plus,à savoir sa créature devenue intelligente et qui reliée à d'autres comprendrait mais après des siècles de luttes et de guerres,qu'il n'existe aucun Dieu si ce n'est le Roi Soleil et encore,la seule intelligence vient du coeur et non de l'esprit qui lui ensuite peut l'appliquer mais la vraie richesse fut enseignées grâce à Radio Sottens le cordon ombilical coupé depuis la fin de la dernières retransmission ,les suisses sont devenus orphelins,avec Sottens tout était d'une simplicité et clarté si naturelle que c'est à se demander si un jour l'humanité retrouvera des journalistes comme Raoul Riesen et bien d'autres toujours dans nos coeurs,pour preuve on nous ressort des images avec Catherine Wâlli et Alex Descottes,alors ou sont les émissions instructives et non destructives comme celles ingérées jours après jours 24 h sur 24 afin de nous endoctriner davantage que la religion elle-même,tout est à revoir radiophonie compris !et quand vous dites étonnant qu'aucun blogueur ne prennent la défence de cet homme qui a peut-être et sans doute été soumis à cette tuerie,les gens ne jugent que sur image et rien de plus,continuer la discussion ne les intéresse pas du tout hormi peut-être les plus anciens qui reçurent les enseignements de la culture personnelle à développer par soi et ce grâce et toujours à Sottens,de vrais pionniers ces journalistes!mais se dire qu'un jour on les retrouvera donne encore plus envie comme disait Dolto de partir pour l'au-delà quand on voit le relationnel de nos jours pas étonnant ensuite qu'un illuminé n'ait peut-être eu qu'une envie réveillez les humains s'endormant devant des ordinateurs ou TV oubliant carrément leur prochain,qui sait!

Écrit par : lovsmeralda | 27/07/2011

Bonjour M. Souaille,

Intéressante votre remarque plus haut, elle touche au cœur du problème.

Vous écrivez à propos d’un hypothétique maintien de la prospérité helvétique que, je cite, "nous n’aurons jamais les moyens de maltraiter suffisamment le reste du monde pour qu’il l’accepte" car "l’argent ne peut pas tout acheter".

Donc, pour vous, la prospérité se construit nécessairement au détriment du reste du monde. Si l’un s’enrichit, c’est aux dépens de l’autre.

Mais d’un autre côté, vous défendez la mondialisation qui, nous serons certainement d’accord là-dessus, est avant tout celle des échanges. De populations, de biens, etc.

Nous serons, probablement, également d’accord pour estimer, en des termes très généraux, que si ces échanges n’étaient pas, dans l’ensemble, plus fructueux que stériles pour leurs bénéficiaires, la mondialisation n’aurait pas existé.

N’y a-t-il pas là une contradiction fondamentale ?

Je vois bien l’objection : "oui mais la Suisse est trop riche par rapport au reste du monde, sa prospérité ne peut qu’aller diminuant !". Ah bon ? Et pourquoi donc ? Pourquoi le reste du monde ne pourrait-il pas améliorer sa prospérité pendant que la Suisse préserve la sienne, quitte à ce que cette dernière croisse, en toute logique, plus lentement ? Parce que nous irions vers une apocalypse économique et écologique ?

Entendez bien là que ce n’est pas votre discours en particulier que je questionne, mais bien celui de tout ce qui aujourd’hui se revendique fièrement "de gauche", le dénominateur commun de cette appellation étant une foi illimitée en l’organisation des activités humaines par un appareil central, lequel a visiblement décrété qu’on était, pour faire court, beaucoup trop pour pas assez du tout.

Or l’économie n’est en aucun cas un jeu à somme nulle, M. Souaille. La mondialisation soulève des questions douloureuses pour des Etats habitués de longue date à gérer leurs affaires à un échelon régional, certes. Face à cela, les socialistes, au sens large du terme, choisissent l’abandon : ils considèrent que le spectacle d’inégalité entre les différents pays ne saurait être résolu autrement qu’au travers d’un déclin lent et inéluctable des pays au mode de vie le plus confortable, jusqu’à ce que ceux-ci soient descendus trop bas pour être encore attractifs. Mieux, ils ont réussi à faire admettre ces vues par une part importante de la population – du moins dans les pays occidentaux. Les libéraux eux, car il y en a encore, croient au principe d’exemplarité, et observent qu’il est possible d’améliorer la condition des uns sans trop pénaliser celle des autres, grâce à ces formidables ressorts que sont l’ingéniosité et la capacité d’innovation humaines – à condition qu’ils puissent s’exprimer.

Vous parlez – avec raison – des hyper-riches. Mais il y a deux manières d’aborder le problème : se borner à constater que certains ont trop par rapport à d’autres, et leur prendre arbitrairement pour corriger le déséquilibre, ce qui s’en prend à l’homme et contribue à normaliser l’attitude qui consiste à se mêler de la vie de son voisin pour lui prendre ce qu’on estime qu’il a en trop ; ou bien chercher la racine de ce qui a produit ce déséquilibre, et y remédier. Le problème de la gauche actuelle est qu’elle faillit à sa mission par paresse intellectuelle : elle se contente de la première option. Y a qu’à aller chercher l’argent là où il est, et le réattribuer via de nouvelles combinaisons sociales forcément bonnes puisqu’elles partent d’une bonne intention. Folie.

Blocher et l’UDC sont certainement des politiciens populistes guère sympathiques. Mais ils ont le mérite d’avoir compris l’intérêt de préserver des espaces territoriaux à la gestion économique globalement saine, c’est-à-dire exigeante et parcimonieuse, car c’est ce qui fera l’attractivité des Etats de demain. Nul besoin de maltraiter qui que ce soit pour ça. La cause de la perte de prospérité n’est pas à chercher dans la fatalité de la mondialisation mais dans la mauvaise gestion économique, conséquence directe des innombrables prises qu’offre une administration trop omniprésente et pléthorique aux intérêts privés. L’Europe politique et ses rêves d’intégration chancelants sont en train d’en offrir une démonstration flagrante. Qui  voudra d’un humanisme qui consiste à appauvrir tout le monde en se réfugiant derrière la bonne conscience qu’offrira la sensation d’avoir quand même enrichi au passage certains des plus démunis ? Personne et c’est bien pour cela que la construction européenne ne se poursuit désormais que par la force au mépris de la volonté des populations, réduite à sa plus simple expression grâce à l’excuse facile et magique que les électeurs ne sont qu’un tas de gros égoïstes conservateurs qu’il faut rééduquer pour leur propre bien. De quel côté est exactement la "maltraitance" là-dedans, M. Souaille ? Est-ce cela dont vous rêvez pour la Suisse ?

Écrit par : Naith | 28/07/2011

" Emmanuel Todd fait une très bonne critique de ce modèle d'intégration dans son livre "le destin des immigrés", et montre que justement, le taux de métissage dans ces pays-là qui appliquent ce modèle est très bas, voire quasi nul en Amérique. "

Je vois qu'Emmanuel Todd n'est plus à une connerie prêt à chaque fois qu'il parle des Etats-unis. L'Amérique est de plus en plus métissée a tel point que d'ici 20 à 30 ans ce pays ne sera plus une nation blanche. Barack Obama incarne justement cette Amérique là. Et pour l'intégration: la communauté hispanique ou latinos aux Etats-unis voit une grande rapidité de la dissolution des communautés latinos dans la masse américaine comme le démontre les travaux du sociologue Léo Chavez. Dés la deuxième génération ils oublient l'espagnole et la troisième, 60% des méxicains-Américains ne parlent plus que l'anglais chez eux. Seul font exception ceux qui vivent à la frontière Mexicaine.

D.J

Écrit par : D.J | 28/07/2011

Naith,le fait est que l'occident en général et la Suisse en particulier ont bâti leur richesse sur l'exploitation des autres et que cette période a pris fin. Les échanges mondiaux, dont je suis un fervent partisan, engendrent certes de la prospérité, mais pas toujours également répartie. Surtout lorsque se mêlent des facteurs tels que le recel d'évasion fiscale, qui oserais-je vous le rappeler, déséquilibre les termes de l'échange, puisqu'il rapatrie en Suisse un gros morceau des bénéfices réalisés là-bas...
Recel d'évasion fiscale que M. Blocher et son gang souhaiteraient voir inscrit dans la constitution.
Par ailleurs, une partie non négligeable de la richesse créée par le système capitaliste provient directement de la planche à billets, ou autrement dit du jeu de l'avion pratiqué par les banques centrales, celle des Etats-Unis en particulier. Et les avions n'ont pas vocation à voler éternellement.
Je me permets également de vous rappeler que notre planète a des limites géographiques dont on ne peut pour l'instant s'échapper. Je suis intimement persuadé que l'on pourra améliorer les rendements, découvrir de nouvelles technologies et sources d'énergie, optimiser les dépenses etc... Mais malgré tout, en attendant, ces limites existent et la planète dans l'état actuel de nos connaissances, ne supporterait pas l'extension de notre train de vie occidental - à fortiori suisse - au reste du monde.
Le problème des hyperriches dépasse largement une simple question d'égalité formelle. Que certains soient plus riches que d'autres et que cela récompense leurs efforts, je suis pour. Je suis pour la société de marchés. Que certains héritent de fortunes sans avoir rien fait pour est certes troublant, mais à la limite, comme en général il les claquent en deux générations, cela fait marcher le commerce. Le problème, c'est le pouvoir que procure aujourd'hui une fortune chiffrée en milliards, qui vous permet d'acheter bien trop de consciences et de vous émanciper des lois communes. Je ne parle pas de DSK qui n'est qu'un petit marquis millionnaire, pas un milliardaire... En gros, on en revient aux sociétés aristocratiques de l'ancien régime. Et je trouve cela éminemment dangereux. D'autant qu'à partir d'un certain niveau, le revenu récolté, qu'il soit salarié, dividendes, droits d'auteur ou autres n'a plus aucune commune mesure avec le talent, l'énergie, le travail ou la créativité dépensé pour le faire pousser.
Je suis radical-libéral. Dans cet ordre. Pas socialiste. Ou alors très proche de ces socialistes libéraux voués aux gémonies par la gauche, comme Pascal Lamy ou le très regretté DSK... J'ai une position centriste, en fait qui consiste à rester lucide en décelant ce qui ne colle pas dans les idéologies "clefs en main" que sont les socialismes d'Hollenweg ou d'Attac et le libéralisme façon Mont-Pélerin.
La Suisse et Genève en particulier, ont des cartes à jouer et très certainement les atouts pour rester des ilôts de prospérité. Que ce soit hors d'UE ou dedans. Mon feeling et ma culture me font préférer l'idée de poursuivre dans l'UE, mais ce n'est pas essentiel. En revanche, dans tous les cas, il faudra lâcher du lest, car on ne peut pas non plus gagner à tous les coups. Sinon vous perdez vos camarades de jeu. C'est un principe d'économie assez basique. Sans compter les rapports de force qui font que si vous en faites trop, le gros méchant de la classe, voire tout le reste de la classe vous tombe dessus. Et nous sommes petits et jalousés. Personne ne cherchera à nous venir en aide. Sauf à rentrer dans l'UE :-)

Écrit par : Philippe Souaille | 28/07/2011

Admettons votre postulat de base qui est que la prospérité occidentale s’est largement construite sur l’exploitation des autres, et en Suisse en particulier, et prenons le cas de la Suisse. Si c’est son cas à elle aussi, d’où cela vient-il ? Le Suisse serait-il plus mauvais que ses voisins européens ? Ou est-ce surtout que les bases sur lesquelles le système suisse repose se sont révélées, au fil du temps, plus fructueuses que les autres quand à l’utilisation et l’allocation du capital, ce qui a permis à la Suisse de s’en sortir mieux que ses voisins sans pour autant avoir été une puissance coloniale ou militaire importante ?

 
L’évasion fiscale déséquilibre les échanges ? Ca reste à démontrer. Mais vous conviendrez qu’à partir du moment où l’on parle d’évasion, c’est qu’il y a emprisonnement quelque part. Et que les frottements à ce sujet vont très au-delà du simple manque à gagner d’autres Etats en termes d’impôts. Ce qui est visé dans l’évasion fiscale n’est pas tant la part des montants soustraits aux autres Etats que le volume des montants que le système helvétique permet d’attirer.
Et pour faire court, tant qu’on n’en est pas à une fiscalité unique à l’échelon mondial dont on préfère ne pas imaginer le degré de coercition nécessaire à sa mise en place – et sans même aborder le fait que les inégalités territoriales la rendraient plus inégalitaire encore par nature que la situation précédente – les Etats sont de facto en concurrence fiscale entre eux, et on en a pour un moment avec cet état de fait. Donc, sauf à considérer que le capital accumulé par l’entrepreneur appartient à l’Etat et non à l’entrepreneur, et donc à s’engager dans la question délicate du droit de propriété, il va falloir se faire à l’idée que les Etats qui offrent le meilleur rapport qualité/prix en matière de fiscalité attireront plus de capital que les autres, changements économiques majeurs ou non, et que la Suisse fait partie de ces Etats-là.
Dans les faits, elle doit gérer les imbrications diplomatiques que cela implique. La mondialisation de la finance induit d’ailleurs un reflux, à cet égard, des positions financières trop avantageuses – du moins est-ce ce que les progrès des régulations révéleront à terme. Mais considérer que c’est à la Suisse de prélever ce que ses collègues-Etats ont échoué à conserver me semble une drôle d’inversion des valeurs, qui repose en tout cas sur l’idée que le capital qui a fui a été positivement mal acquis. Il est en tout cas difficile d’évoquer ce sujet sans avoir admis au préalable la part d’incompétence des autres Etats dans la fuite des capitaux. En matière de placements et de prévoyance, l’individu cherchera à maximiser son intérêt de toute façon…

 
Pour le reste, je comprends votre discours et suis entièrement d’accord avec votre analyse sur la domination d’un système oligarchique finalement très proche de l’Ancien Régime, et encore plus sur la déconnexion de plus en plus grande entre l’effort et sa rémunération – c’est LEAP2020, je crois, qui avait chiffré à 30 trillions de dollars les actifs « fantômes » en circulation dans l’économie mondiale au moment de la crise de 2008. De droite ou de gauche, étatistes ou libéraux, nous sommes de plus en plus nombreux à faire ce constat. Seulement, en période de changement de paradigme économique que nous voyons tous venir, il ne faut surtout pas nous tromper sur les causes, sous peine de revivre les mêmes conséquences.
 

La Suisse n’échappera certes pas au rééquilibrage des richesses mondiales, comme tout le monde. Ce que je conteste, c’est que ce rééquilibrage se fasse forcément au détriment du niveau de vie de ses habitants. Que tout le monde ne puisse pas parvenir au niveau de vie occidental est quelque chose qui reste à démontrer ; tel qu’il est aujourd’hui, c’est possible, tel qu’il sera dans quelques décennies, et pas forcément moins bon qu’aujourd’hui, ça me paraît beaucoup plus difficile à prouver. Dans les faits, cela n’est pour l’instant que le reflet de l’éternelle théorie malthusianiste qui cette fois pense avoir trouvé dans la fin programmée de l’économie néo-keynésienne d’endettement sa victoire finale. Ce n’est pas comme si le discours était nouveau, on l’entend depuis des siècles. Pour ma part j’attends de voir, avec un scepticisme non dissimulé.
 

Ce qui nous sépare, c’est que vous voyez dans le constructivisme européen la garantie de solidarité qui risque de manquer à la Suisse demain, alors que l’Europe sera bientôt devant un choix entre assumer une évolution totalitariste et s’infliger un rétropédalage économique pour le moins douloureux. Dans l’absolu, je suis moi aussi plutôt favorable à l’évolution de l’Europe vers davantage d’intégration – à condition que cela préserve la richesse de ses spécificités locales. Dans la pratique, cette construction est en train de se planter faute d’avoir su montrer l’inflexibilité requise sur les fondamentaux qui la supportent.
Ce n’est pas pour rien, m’est avis, qu’autant de Suisses sont opposés aujourd’hui à toute tentative de rapprochement. Actuellement, la Suisse n’a rien à y gagner, et l’hypothétique « solidarité en cas de coup dur », cette garantie supposée qui peut sembler attirante au bon père de famille soucieux de l’avenir, exhibe déjà un plumage plutôt froissé : voyez donc la terreur européenne à l’idée d’assumer, par exemple, les conséquences du seul surendettement grec. Mais voyez, surtout, à quel point cette crainte de l’incertitude « personne ne cherchera à nous venir en aide » ressemble à s’y méprendre à celle qui domine l’économie de crédit depuis des années, qui à force d’avoir cherché dans l’Etat la garantie des retours sur investissements que le libre-arbitre des acheteurs ne lui offrait pas, a creusé l’endettement et virtualisé les actifs dans les proportions que nous connaissons aujourd’hui.
La garantie que la Suisse doit obtenir, c’est celle qu’un rapprochement avec l’UE a toutes les chances de se révéler bénéfique pour les deux parties. Mais implorer l’aide de Frankenstein ? très peu pour moi :-)   

Écrit par : Naith | 28/07/2011

Réponse de haut niveau, dont je vous remercie. La place enviée de la Suisse dans le capitalisme mondial et aujourd'hui le négoce international tient en grande partie dans le succès de ses banques, et sa fonction de coffre-fort. Les Suisses ont été durant trois siècles (de 1515 à 1815) les gardiens des grands d'Europe, de France en particulier, et depuis un siècle ils sont les gardiens de leurs fortunes. Accessoirement tout cela est du en bonne partie à Calvin qui a légitimé le profit, les intérêts et le reste. En l'encadrant de certains critères moraux.
Je ne suis pas d'accord avec la notion d'emprisonnement fiscal. Chaque système démocratique a sa logique. La France charge largement le salaire avant qu'il soit versé au travailleur, la Suisse après. Mais chacun est libre d'imposer ses ressortissants comme il le souhaite. Le problème, et on le voit bien au niveau intercantonal, c'est que l'évasion fiscale est un cercle vicieux, qui favorise ceux qui imposent peu et leur permet de réduire leurs impôts alors qu'elle défavorise ceux qui imposent davantage en les contraignant à augmenter encore leurs impôts. Et pas moyen d'inverser la donne, parce que au cas où vous n'auriez pas remarqué, les cantons à faible fiscalité sont généralement plus petits et moins industrialisés que les grosses villes et supportent beaucoup moins de frais d'assistance sociale. Il en va de même à l'échelle des nations, la Suisse étant d'un côté de la balance, la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne etc... de l'autre côté... C'est fatalement inégal.
Le mieux que nous ayons à faire aujourd'hui, c'est de prier pour que le projet Rubik de Patrick Odier passe la rampe. Pas de bol, Calvin a supprimé les saints, ça aurait pu aider. Et c'est un athée qui vous le dit.
Pour le reste, je ne crois pas en la dérive européenne vers une pente totalitaire. J'ai le sentiment que les fondamentaux sont solides et que tout ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort. Même en m'efforçant, je n'arrive pas à voir l'UE en Frankestein. Plutôt Sophia Loren, mâtinée d'Ursula Andress :-)

Écrit par : Philippe Souaille | 28/07/2011

@PS

"Naith,le fait est que l'occident en général et la Suisse en particulier ont bâti leur richesse sur l'exploitation des autres et que cette période a pris fin."

L'exploitation des autres est une grande théorie, erronée, qui est celle de la gauche tiersmondiste. Mais où en serait la Chine sans l'aide occidentale, sans les transferts des hautes technologies, trains allemands, avions européens, moteur d'avion monocouloir franco-américain (le comble de la cupidité). par exemple.

Et si nous n'avions pas été victime de la rente pétrolière où en seraient-on? La rente pétrolière au bénéfice de pays faiblement peuplés n'est-elle pas une exploitation du labeur des occidentaux. Oui. N'est pas une rente indécente ? Oui. Elle l'est.

Au delà de ce jugement, il y a actuellement un grand basculement. L'occident s'est temporairement sauvé par la financiarisation et le crédit. La gauche a suivi. Les pauvres, qui se sont endettés directement ou indirectement, et les riches, qui se sont enrichis par la spéculation, ont été complice. Mais aujourd'hui cela tire à sa fin.

Ou alors il faut mettre fin à l'OMC (Remarquez que je n'ai pas dit l'UE). Serrer les rangs. Bloquer les exportations technologiques et assurer des importations pétrolières. Pas possible. Nous sommes des crétins, des fainéants.

Déclin de l'occident, mais pourquoi de la Suisse ? Nous devons affuter nos armes. Garder au chaud l'initiative UDC. Nous prémunir des envahissement des PIIGSiens sous-qualifiés et des non-PIIGSiens du même acabit, et favoriser les activités économiques à haute valeur ajoutée, que les multinationales créent bien plus que la Migros ou les bistrots.

Nous ne sommes pas bon avec les impôts sur les sociétés. Baissons lesdits impôts à un très bas taux, identique pour toute les sociétés, et compensons cela par une TVA eurocompatible, déductible à l'export, qui permettra aussi de baisser les impôts sur les classes moyennes. Eurocompatible et attirant. Révolution pénible mais utile. Initiative de l'UDC nécessaire.

"Recel d'évasion fiscale". Voilà, vu de Suisse, une terminologie digne de de l'alliance de gauche, d'Eva Joly ou de Jean Ziegler. "Recel d'évasion de cotisation d'assurance sociale", c'est joli aussi , n'est-il pas vrai ?

Écrit par : CEDH | 28/07/2011

Mais e suis tiers-mondiste, CEDH, vous ne vous en étiez pas encore aperçu ? Et je n'en ai nulle honte, au contraire, c'est à mon avis la seule posture politique qui vaille, moralement parlant. Cela étant l'occident a exploité les ressources naturelles du reste du monde à bas prix, utilisant toutes sortes de subterfuges pour cela, de la guerre à l'évasion fiscale en passant par la colonisation. Et le néocolonialisme, qui quelque part fut pire, parce qu'il n'y avait plus d'infrastructures construites en échange, à peine entretenues par la coopération.
Ce qui fait que c'est une époque révolue, c'est précisément que des pays comme la Chine sont parvenus à s'affranchir de la tutelle occidentale. Avec notre aide et celle de l'OMC et e trouve cela très bien. Vive l'OMC et vive l'émancipation économique des peuples et la concurrence à armes égales.
Ceci dit, je recommence à penser que vous êtes Nidegger...

Écrit par : Philippe Souaille | 28/07/2011

Quand vous alléguez l'exploitation de ce que l'on appelle le tiers monde par l'occident, il me semble que c'est un peu court. Il conviendrait de différencier les époques, les territoires concernés ainsi que les pays occidentaux concernés. Je dois vous avouer, je ne me sens pas responsable des traites négrières qu'elle ait été interne, arabe ou occidentale, ni de la sale guerre de l'opium. Pas plus que de tout événement antérieur à ma naissance. Et je ne suis pas sûr, qu'en fin de compte, la traite occidentale, crime contre l'humanité, ait été rentable pour les occidentaux. D'ailleurs, je ne crois pas qu'il faille cet argument pour venir raisonnablement en aide aux africains. C'est dire que je ne comprends pas pourquoi on claque (ou essaie) la porte aux africains, quand bien même il serait qualifiés, intégrés et entreprenants, et laisse la porte grande ouverte à tous les citoyens de l'UE, quand bien même ils seraient malfaisant, flemmards, assisté sociaux, etc...

Cela étant, vous légitimez l'exploitation des travailleurs occidentaux, asiatiques et africains par le pays exportateurs de pétroles à faible population. Cela est choquant. Voilà une bonne raison pour ne pas voter PLR.

Vive l'OMC ! J'en prend note. Voilà une autre bonne raison pour ne pas voter PLR. Vous auriez pu ajouter que ces salauds d'européens et de suisses en crève, bon débarras !

Seriez-vous le fils caché de Jean Ziegler ? Fils spirituel bien entendu. Quand à Niedegger, si le l'ai fait magistrat, ce n'est pas par conviction électoraliste, mais bien parce que je ne supporte pas la banalisation de la délinquance routière.

Écrit par : CEDH | 28/07/2011

CEDH, à titre personnel, je ne me sens pas responsable non plus de la traite triangulaire, mais collectivement en tant qu'occidental, on ne peut nier l'importance économique qu'elle eut pour nos villes. Je pense à Bordeaux, qui s'est construite sur l'odieux trafic, mais aussi à Neuchâtel. L'Hôtel de Pury que je longeais pour aller à l'école étant gamin s'est construit ainsi. Et je peux vous citer une demie douzaine de grandes familles genevoises et neuchâteloises qui doivent leur fortune à ce commerce immonde. Plus Voltaire. Jusqu'à ce que le Code Noir (du à la deuxième épouse de Louis XIV, petite-fille élevée en Martinique du Genevois Agrippa d'Aubigné - le monde est petit) l'interdise aux protestants et aux juifs. Dès lors, protestants et juifs vont devenir les fers de lance de la lutte pour l'abolition et c'est le Genevois de Clavière, inventeur des Assignats et fondateur du Club des Amis des Noirs, qui pousse la Révolution à abolir l'esclavage...
Pour ce qui est du pétrole, je ne légitime rien du tout. Chaque chose a un prix et les matières premières sont notoirement sous-évaluées, par toutes sortes d'artifices évoqués ci-dessus, notamment la délocalisation des bénéfices aux Turks ou aux Bahamas. Dans un monde idéal géré par une gouvernance mondiale, tel que je le préconise, une partie de l'argent du pétrole servirait à développer le reste du monde plutôt qu'à y construire des mosquées. Mais puisque nous vivons encore sous le régime des états-nations, il est légitime et normal que cet argent aillent aux Etats-nations concernés. Je m'étonne qu'un juriste tel que vous puisse envisager le contraire ?
Concernant l'OMC, je réitère. Nous vivons pour les 3/4 de nos exportations. Il est donc vital pour nous que le commerce international soit libre et c'est la fonction de l'OMC. Mais pour pouvoir vendre à quelqu'un, il faut aussi accepter de lui acheter. C'est une règle de base. Relisez Ricardo. On peut décider de protéger à fonds les paysans et de ne plus vendre à l'étranger. C'est un choix. Douteux. A moins bien sûr d'envisager d'avoir à nouveau à se vendre comme mercenaires pour survivre.
Jean Ziegler est un stalinien de mauvaise foi qui dit tout et son contraire. J'essaie de rester logique. Et droit, même si ça rapporte moins.

Écrit par : Philippe Souaille | 29/07/2011

"Mais en attendant, on fait quoi avec leur religion? La laïcité implique qu'ils aient le droit de pratiquer leurs cultes, dans des lieux appropriés. Or la présence d'un minaret dérange certains, par exemple. La vision d'un voile au supermarché suffit à en énerver d'autres."
Vous vous trompez, cher monsieur, la laïcité n'implique rien de cela, la laïcité garantit la libre pratique du culte dans les limites des lois de la République, et avant tout la liberté de conscience qui ne se limite pas à la liberté de religion. La laïcité, si elle permet l'exercice du culte, en aveuglant la puissance publique aux différences confessionnelles et philosophiques (car la République "ne reconnait(...) aucun culte"), ne la promeut pas justement. Elle ne s'occupe pas de la pratique des croyants afin de garantir une véritable liberté et faire en sorte que les religions elles-mêmes ne s'occupent pas de politique. De ce fait, qu'il n'y ait aucune mosquée, pagode ou centre scientologue n'intéresse pas la République, c'est l'affaire des croyants qui s'ils veulent peuvent économiser pour se payer un lieu de culte. Point barre. La République ne peut pas empêcher la construction de lieux de culte, mais elle ne peut CERTAINEMENT PAS les construire elle-même non plus!

Enfin, j'apprécie votre culture historique, mais concernant le modèle d'intégration que nous voulons pour nos diverses nations, je préfère personnellement, et de loin, m'inspirer du républicanisme et de la révolution française plutôt que des monarchies et empire du Moyen-Age. Sur la tolérance, pour connaître mon avis il suffit de connaître celui de Mirabeau.

"Je vois qu'Emmanuel Todd n'est plus à une connerie prêt à chaque fois qu'il parle des Etats-unis. L'Amérique est de plus en plus métissée a tel point que d'ici 20 à 30 ans ce pays ne sera plus une nation blanche. Barack Obama incarne justement cette Amérique là. Et pour l'intégration: la communauté hispanique ou latinos aux Etats-unis voit une grande rapidité de la dissolution des communautés latinos dans la masse américaine comme le démontre les travaux du sociologue Léo Chavez. Dés la deuxième génération ils oublient l'espagnole et la troisième, 60% des méxicains-Américains ne parlent plus que l'anglais chez eux. Seul font exception ceux qui vivent à la frontière Mexicaine."
Obama n'incarne rien, l'Amérique n'est en rien métissée elle est communautariste jusqu'aux dents. Vous confondez insertion et intégration, et surtout vous confondez dissolution et métissage, puisque le taux de métissage, c'est-à-dire les naissances de parents hétérogènes du point de vue ethnique ou religieux (entre autre), en Amérique est très, très bas.

Le modèle de société américain est un modèle pourri et antirépublicain. Avec ses "quartiers noirs/latinos/musulmans/chinois/...", c'est beau pour les touristes gogos mais pour la vie sur place c'est le conflit permanent, avec des communautés qui se regardent en chien de faience. D'ailleurs c'est amusant, car l'arrivée d'une immigration latino-américaine de masse a fait qu'en Californie l'espagnol est de facto deuxième langue obligatoire pour trouver pas mal d'emplois.

Enfin, vos commentaires stupides sur Todd montre bien le niveau de médiocrité de votre pensée. Bien à vous!

Écrit par : Anticléricanaille | 09/08/2011

Anticléricanaille, vous me faites un procès d'intention:"La laïcité implique qu'ils aient le droit de pratiquer leurs cultes, dans des lieux appropriés" ne signifie nullement que ces lieux de culte doivent être payés par la collectivité. Et je pense aussi que la loi républicaine doit être la règle pour tous. Pour le droit à l'apostasie comme pour l'érection d'un minaret, qui devrait être autorisée tant qu'elle ne contrevient pas aux règles urbanistiques en vigueur.
Vous devriez cesser aussi de parler d'Amérique pour désigner les seuls Etats-Unis. Et le préciser quand vous répondez à DJ et non à moi. De même, la révolution française a certes marqué un progrès de l'organisation politique, mais cela ne signifie pas que tout ce qui se faisait avant était dénué d'intérêt. Cela ne signifie pas non plus que tout ce qui s'est fait à la Révolution ou sous la République était parfait. Quant à Todd, il a certes dit des choses intéressantes par le passé, mais sa conversion au nationalisme de gauche l'a sérieusement discrédité à mes yeux.
Donc mon cher Monsieur, vous devriez écarter vos oeillères d'anticlérical estampillé républicain laïcard, labellisé de gôche, pour vous ouvrir aux subtiles réalités du Monde.

Écrit par : Philippe Souaille | 10/08/2011

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