23/09/2011

Quand l'UDC attaque la place financière

C'est encore une preuve éclatante de la schyzophrénie genevoise: les deux seuls candidats de la dernière élection à la Cour des Comptes étaient des ennemis déclarés de nos deux principaux secteurs économiques: la finance et la gouvernance mondiale. Les deux partis de ces messieurs, chacun à une extrémité de l'échiquier (mais comme chacun sait, les extrêmes se touchent), avaient appelé à voter contre l'extension de l'OMC lors du vote municipal et font aujourd'hui campagne contre les accords fiscaux qui conditionnent l'avenir de notre place financière.

Rappelons au passage que le terme RUBIK est impropre pour qualifier ces accords, l'auteur du célèbre jeu ayant rappelé ses droits de propriété intellectuelle sur le nom. Ce qu'un juriste comme M.Nidegger ne devrait pas ignorer, mais passons. L'important, c'est l'attaque en règle qu'il porte contre ces accords, au prétexte qu'ils ne réglent rien définitivement et qu'ils seraient une sorte de capitulation en échange d'avantages d'ordre économique... Ce qu'aurait voulu M. Nidegger, c'est une défense obstinée d'un droit dépassé selon les normes internationales, quitte à se mettre le reste de la planète à dos. Le fameux réflexe du hérisson qui oublie juste que même un hérisson a besoin de manger de temps à autre, que pour cela, il doit se déplier et que si par malheur il lui prend le doux délire de s'en prendre à beaucoup plus gros que lui, une voiture par exemple, cela lui fait l'effet d'un rouleau compresseur.

Trouver à manger, dans le cas du hérisson suisse, cela veut dire produire et exporter. Ce que l'on sait très bien faire. Nos entreprises sont performantes et grâce à l'argent présent dans nos coffres depuis des décennies, elles peuvent se financer à des conditions très avantageuses. L'afflux de tout cet argent finit même par poser des problèmes, parfois, mais sur la durée, nous sommes incontestablement gagnants. Pour nos entreprises financières, c'est encore plus clair. L'argent n'est pas censé dormir dans nos coffres, mais fructifier. Pour cela, il doit être investi et bien évidemment, le marché suisse n'y suffit pas. L'accès aux principaux marchés mondiaux est donc primordial. Pour y placer les fonds en dépôt et pour y récolter de nouveaux fonds.

Il y a en effet deux, voire trois types d'argent. L'argent complètement légal, dûment fiscalisé, qui représente aujourd'hui et de loin la plus grosse part de l'argent dont s'occupe notre place financière. De l'argent provenant de très riches, de moins riches et même de vous et moi, à travers les fonds de pension du monde entier, ou les fonds souverains des Etats. Nos banques gèrent une grosse part de cet argent mondial, grâce à leur savoir faire, et ambitionnent de conserver et même développer leurs parts de marché, dans un contexte très concurrentiel. Elles ont bien raison, c'est parfaitement légal et irréprochable et c'est de très loin l'essentiel de ce qui fait vivre aujourd'hui directement plus de 100 000 travailleurs en Suisse et procure 25% des revenus fiscaux du Canton de Genève. Un très gros morceau, donc.

Il y a aussi de l'argent noir, complètement illégal, fruit de pratiques maffieuses, trafics et crimes divers. Cela peut représenter des sommes colossaes, mais moins quand même que l'argent légal, heureusement. Depuis de nombreuses années, après il est vrai quelques scandales, la Suisse s'est fait le champion de la lutte contre cet argent sale, et elle a parfaitement raison. A tous points de vue, moralement bien sûr, mais aussi pragmatiquement parce que ces déposants-là traînent avec eux des pratiques et des habitudes aussi dangereuses que nauséabondes. outre que ce voisinage déplaît souverainement aux déposants honnêtes, qui ont le droit de ne pas croiser un maffieux ou même leur racketteur en sortant de chez leur gestionnaire. Ces fonds-là, j'ose espérer que même les avocats de l'UDC n'en voudraient pas.

Et puis il y a l'argent gagné honnêtement, mais dissimulé au fisc. On peut épiloguer sur le caractère moral ou non de cette évasion, d'un point de vue poltique, toujours est-il que c'était légal en Suisse pour un étranger d'y dissimuler ses avoirs, dès lors qu'il n'y avait pas de malversation, et que la communauté internationale tolérait ce fait. Cela n'est plus le cas. On peut le déplorer, ou s'en réjouir, mais c'est un fait. L'OCDE a décidé que cela suffisait comme ça, que la Suisse (et d'autres paradis fiscaux, même si certains trusts résevés aux très grosses fortunes demeurent - sans doute provisoirement - intouchables) avait assez profité de l'argent appartenant en fait à ses divers Etats membres et que dorénavant, elle devrait se contenter de faire fructifier des avoirs dûment déclarés et fiscalisés.

Face à ce message fort et appuyé, le petit écureuil Patrick Odier a pris son bâton de pélerin et entrepris de convaincre les capitales européennes d'accepter un mode de transition qui soit supportable pour tout le monde: place financière suisse, gouvernements étrangers et clients de nos banques. Aidé par le SECO, il semble en voie d'y parvenir.  Sa double casquette, de Président des banquiers suisses mais aussi de Vice-président d'Economie suisse le prédestinait à comprendre plus vite que certains de ses collègues banquiers l'urgence qu'il y avait, pour toute l'économie de trouver un accord acceptable, susceptible de rompre un isolement mortel pour la Suisse. Cet accord va certes coûter passablement de noisettes, mais il sauvegarde l'essentiel, la possibilité de continuer à en récolter en Suisse, mais aussi sur tous les noisettiers des environs. Des noisettes légales, qui pourront ensuite être transformées par nos entreprises en délicieux Nutella, qui sera revendu par nos industries exportatrices... Oui je sais, Nutella c'est Ferrero, pas Nestlé, mais c'est une image...

Certains banquiers et intermédiaires financiers n'ont pas compris assez vite que les temps avaient changé. Ils continuent d'essayer de récolter des noisettes dissimulées au fisc ou même illégales, fruit de rapines, au risque de se retrouver condamnés à de lourdes amendes, voire en prison. L'attitude de politiciens responsables devrait être de soutenir  ces accords, qui assurent l'avenir. Yves Nidegger, à l'UDC, pense lui au contraire que la stratégie du hérisson était préférable: faire le gros dos, sortir ses piques... et se retrouver réduit à l'état de tâche sur le bitume. Parce qu'au delà du fait qu'en droit international, il serait tout de même très compliqué de prouver qu'un Etat a le droit de s'immiscer dans la manière dont son voisin impose ses propres ressortissants, on n'en est plus à des questions de droit, mais de business et de rapports de force. Qui d'aucune manière ne sauraient être en faveur de la Suisse contre le reste du Monde, ou même contre les puissants de ce monde: UE, USA, Chine etc...

La petite Suisse a besoin de pouvoir vendre ses produits - financiers ou industriels - au monde, bien davantage que le Monde n'a besoin de la Suisse. Les accords fiscaux sont une chance inouïe de parvenir à continuer de le faire sans trop de casse en préservant l'image de la Suisse à tous points de vue, y compris à l'égard des déposants. L'attitude irresponsable de certains ténors de l'UDC à cet égard met en danger les fondamentaux de notre économie, donc de la Suisse. Et tout ça pour quoi ? Pour un peu de gloriole personnelle et l'espoir de récolter les voix des esprits revanchards. Quelle futilité ! L'étonnant demeure que de tels égos aient pu séduire une partie de la droite républicaine, au mépris de ses valeurs les plus essentielles.

Commentaires

J'ai vu sur une affiche de GHi le titre d'une chronique du journaliste le plus prolixe de Genève: "La droite la plus bête du monde"... Pas la peine de lire l'article, on en devine le contenu, cela fait deux ans qu'il le répète en boucle sur tous les médias de Suisse Romande. L'étonnant est qu'il parvienne en plus à se faire payer pour. Trop fort le gaillard...
J'hésiterais presque à l'affubler du titre de journaliste le plus malin de Suisse Romande, s'il n'y avait un léger problème: son analyse est idiote.
La Suisse enregistre une croissance de 6% l'an dernier, alors que tous les vieux pays industrialisés voient leur croissance plafonner à 1 ou 2 % et s'enfoncent dans la crise... Genève, toute endettée qu'elle soit, reste le 2ème contributeur de Suisse à la péréquation intercantonale, en chiffres bruts aussi bien que par habitant, signe d'une santé insolente au sein de cet ensemble helvétique qui surperforme. Faut-il être bête quand même !
Les idiots responsables de ces résultats que le monde entier nous envie, à Berne comme à Genève, sont précisément les élus de cette droite que le bretteur de la Praille s'ingénie à conspuer. Plus un petit peu la gauche et très très peu l'UDC.
La droite la plus bête, donc, mais la meilleure gestionnaire et ce depuis des lustres. Il y a du Grock, dans cet homme là: chercher à changer le système politique pour rendre son émission plus mordante, c'est un peu comme de déplacer le piano à la place du tabouret...

Écrit par : Philippe Souaille | 23/09/2011

Sans vouloir pinailler, Philippe, où avez-vous trouvé que la Suisse a connu une croissance de 6% l'an dernier ? 6%, c'est vraiment beaucoup, beaucoup. A moins bien sûr que vous ne parliez de la croissance de l'égo chez votre tête de turc habituelle...

Écrit par : Carlos | 23/09/2011

Augmentation du PIB de la Suisse entre 2009 et 2010, 6,2%, chiffres du FMI. C'est effectivement beaucoup, beaucoup... Et même très très bien...

http://www.journaldunet.com/economie/magazine/classement-pib.shtml

Écrit par : Philippe Souaille | 23/09/2011

Désolé, Philippe, mais il doit y avoir un problème dans les données du site que vous citez*. En tout cas, ce ne sont pas les chiffres du FMI :

http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2011/02/weodata/weorept.aspx?sy=2005&ey=2016&scsm=1&ssd=1&sort=country&ds=.&br=1&pr1.x=50&pr1.y=15&c=193%2C158%2C122%2C542%2C124%2C137%2C156%2C181%2C423%2C138%2C935%2C196%2C128%2C142%2C939%2C182%2C172%2C576%2C132%2C936%2C134%2C961%2C174%2C184%2C532%2C144%2C176%2C146%2C178%2C528%2C436%2C112%2C136%2C111&s=NGDP_RPCH&grp=0&a=

(J'espère que ce lien monstrueux est utilisable. Sinon, allez sur

http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2011/02/weodata/weoselgr.aspx

Sélectionnez "advanced economies", et ensuite "Gross domestic product, constant prices". Eventuellement, vous pouvez choisir aussi une année initiale antérieure à 2009 pour avoir un peu de recul.)

Vous trouverez, pour la Suisse, une croissance de -1.878 en 2009 et de 2.714 en 2010...

Une croissance de 6% pour un pays développé, c'est a priori peu plausible, il faut bien le dire.

*Elles sont d'ailleurs incohérentes, puisqu'elles mentionnent une évolution du PIB par tête de 3,2% entre 2009 et 2010 et, pour la même période, une évolution absolue égale à 6,2%. Je vous laisse calculer la croissance invraisemblable de la population que cela suppose...

Écrit par : Carlos | 23/09/2011

Le PIB, pourquoi donc ? Il convient de prendre en compte le PIB-PPP réel, par habitant. PIB-PPP, PIB à parité de pouvoir d'achat, dès lors que c'est bien le pouvoir d'achat effectif qui est déterminant. PIB réel, pour tenir compte du niveau des prix. Par habitant, pour tenir compte des effets des variations de la population.

Qu'en est-il de l'évolution de cet indicateur depuis le début de la "crise" ?

Écrit par : CEDH | 23/09/2011

Carlos, ces chiffres du PIB sont bien ceux du FMI. Tu peux d'ailleurs les retrouver sur les pages dont tu m'as mis le lien si tu vas chercher les données mentionnées, à savoir, comme il est précisé dans la légende des tableaux que j'avais mis en lien, le PIB en dollars en prix courant. Il est évident, dès lors que l'évolution des taux de change CHF vs US$ explique en partie ces résultats.
Dans le report des chiffres par habitant, il semble en revanche y avoir une erreur concernant la Suisse, puisque les chiffres du FMI semblent être de 63580 dollars/an/hab en 2009 et de 67780 $ en 2010, ce qui nous fait une croissance du PIB / hab de 6,6%...
Si l'on choisit l'option monnaie nationale en prix constant, on n'a plus que 2,4% de croissance du PIB/hab, ce qui reste d'ailleurs mieux que bien pour un pays développé en prédiode de crise mondiale... A noter qu'avec ces chiffres, qui semblent les bons, la Suisse serait 3ème au classement mondial des PIB/hab.
CEDH trouvera la réponse à ses questions sur ces mêmes liens conduisant au FMI, qui tient toutes les statistiques souhaitées. Et quelle que soit la manière dont on tourne ou retourne les indicateurs, le résutat est le même: la Suisse est un cran au-dessus, et même plusieurs que quasi tous les pays développés en matière de résultats économiques. J'ai du mal à comprendre pourquoi nous faisons mieux que les autres, si la droite helvétique est tellement bête ?

Écrit par : Philippe Souaille | 24/09/2011

Après avoir constaté que 6.6 % reflétait la croissance mesurée en dollar, et donc n'était absolument pas significatif, vous venez nous dire que cela est plutôt de 2.4 %. Une baisse de 60 % !

Ce chiffre brut n'est que peu significatif. Quelle est la décomposition de ce taux de variation du PIB ? Notamment, quelle est part due à la reconstitution des stocks ?

Cela étant, je précise que je ne conteste pas que la Suisse demeure plutôt baltique que méditerranée.

Écrit par : CEDH | 24/09/2011

CEDH, la croissance en dollars est significative de pas mal de chose et ce n'est pas pour rien qu'elle sert à mesurer le classement mondial des performances économiques. Il faut bien un étalon commun et il se trouve que c'est le dollar. Dollar qui conditionne les prix d'un tas de trucs dans les échanges internationaux, à commencer par le pétrole et la plupart de ces échanges eux-mêmes, qui ne sont pas libellés en Francs suisses, pas même en euros. Donc oui, le PIB en dollars signifie un tas de trucs, surtout pour un pays comme la Suisse qui vit de ses échanges avec l'étranger. Cela signifie par exemple que notre facture d'énergie baisse, mais que cette année, on va certainement exporter moins que l'an dernier, parce que nos coûts de production interne, exprimés en dollars, sont devenus énormes en comparaison internationale. Nobody's perfect...
Je vous accorde bien volontiers que les comparaisons exprimées en équivalent de monnaies locales sont tout aussi importantes. Avec un bémol. Ces variations sont incessantes et l'on prend des moyennes. Il en va de même lorsqu'on cherche à tenir compte de l'indice des prix, qui peut énormément varier selon ce que l'on choisit de mettre dans le panier de la ménagère...
Ainsi, pour choisir un exemple que nous connaissons tous, la France et la Suisse. Certaines choses ou services demeurent plus chers en France (cigarettes, assurance moto), tandis que l'écart sur d'autres peut être du simple au double (viande, forfait téléphonefixe+internet+télé numérique)en faveur de la France... Avec lesquels calcule-t-on l'indice ?
En fait, les comparaisons entre pays ne sont jamais exactes. Mais globalement, on peut dire que la formule magique suisse a fait nettement mieux que la plupart des pays industrialisés ces cinquante dernières années, y compris pendant la crise. Ce que l'on peut attribuer sans autres à la qualité des dirigeants - généralement de centre-droite - qui étaient aux manettes. A une exception près, les années qui ont suivi le refus par le peuple de l'Espace économique européen, avant que l'on ne trouve la parade au travers des bilatérales. Qui aujourd'hui atteignent leurs limites. La seule exception à la règle de l'excellence helvétique est donc due non pas à la bêtise de la droite ou de ses dirigeants, mais au peuple qui a suivi - une fois n'est pas coutume - les sirènes de l'extrême-droite. Celles-là même qui aujourd'hui accuse la droite genevoise d'être la plus bête du monde.

Écrit par : Philippe Souaille | 24/09/2011

LA MALCROISSANCE
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L'ALLEMAGNE
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Coté pile

Plus grand exportateur mondial devant la Chine. Surplus commercial : 4.25 % du PIB. Redressement impressionnant depuis la réunification.


Coté face

Explosion de la rémunération du capital : 36 %. Soit bien plus que ce n'est le cas aux USA, qui à cette aune font piètre figure. Quant à la part, réduite, rémunérant le travail ? Explosion des inégalités au sein de la rémunération du travail. Vive les bonus.

Pour les pauvres : restrictions en tous genre (Hertz IV).

A qui a profité l'impressionnant redressement allemand ? Aux nantis et privilégiés (bonus). Et dans le futur profitera-t'elle aux pays du PIFIGS ?


Cause

Un déterminant important de la croissance allemande : l'Euro. Euro beaucoup plus faible que ne l'aurait été le Mark.


Prospective

Fin de partie ou non ? Les pays importateurs européens se portent mal, c'est le moins que l'on puisse dire. Quel sort pour l'Euro ? Un Euro ? Plusieurs Euros ? Plus d'Euro du tout ? Si l'Euro se maintien, va-t'il continuer la baisse amorcée face au Yen et au Dollar ? L'Euro est déterminant quant à l'avenir économique de l'Allemagne à moyen terme.

Mais, l'avenir de l'allemand moyen ? C'est pas la même chose. Pourquoi devrait-il défendre une politique qui, si elle profite à l'Allemagne, ne lui profite pas puisque les fruits sont confisqués au bénéfice des privilégiés et nantis.


LA SUISSE
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Côté face

Depuis 2007 et juqu'à récemment, l'excédent commercial se situe environ à 12% du PIB. 12 % du PIB contre seulement 2% en moyenne de 1948 à 1990 et 5% entre 1990 et 2005.


Causes

Qu'est-ce qui se cache derrière cela. Faiblesse du franc jusqu'en 2007, faiblesse qui a déclenché et alimenté cette envolée des exportations. Accords bilatéraux aussi.


Côté face

Un afflux de main-d’oeuvre a été rendu nécessaire par l'augmentation de la production liée aux exportations. Comme il n'y a pas que des frontaliers, cet afflux de main d'oeuvre a entraîné une immigration importante.

Immigration importante, qui a renforcé la pénurie de logements, provoquant une hausse des nouveaux loyers, et donc fortement appauvri les nouveaux arrivés sur le marché du logement. En priorité, nos jeunes.

Afflux de main d'oeuvre, qui a empêché les hausses de salaires, laquelle a pesé sur la croissance de la demande intérieure. La croissance intérieure a été faible, sauf pour celle qui est liée à la spéculation immobilière, dont on aura remarqué qu'elle ne profite pas à l'immense majorité de la population.


Prospective

Franc suisse surévalué : game is over.

De plus, se profile le problème des crédits à l'exportation en cours, dont nombre sont subitement devenus pourris. Sans omettre le risque d'une évolution dramatique, semblable à celle vécue par l'Irlande, que fait peser sur la Suisse les bilans de nos deux grandes banques systémiques.

Faible croissance de la demande intérieure. Effondrement des exportations. Chômage. Impossibilité de renvoyer ladite main d'oeuvre. Plus de chômage encore. Chômage, pauvreté et misère.

Intervention de la BNS. Emplâtre sur une jambe de bois. Emplâtre couteuse, qui sera en fin de compte payée par tous pour venir au secours d'une industrie d'exportation, qui bénéficie aux privilégiés (bonus), aux nantis et à ceux qui se sont récemment implantés sur notre territoire.

Écrit par : CEDH | 24/09/2011

Je ne suis pas économiste mais 6% de taux de croissance ne me parait pas crédible, de plus et à moyen terme il est à mon avis indubitable que la fameuse place financière sera soumise à rude épreuve,la crise systémique du capitalisme obligera les états à renforcer les dispositifs anti-évasion fiscale pour pouvoir vendre leurs plans d'austérité avec un minimum de dégâts sociaux.
Je suis par contre convaincu que la Confédération et les Cantons doivent absolument investir dans l'éducation, la recherche fondamentale et appliquée pour assurer une économie à forte valeur ajoutée qui certainement est à l'origine en Suisse de l'effet retard sur le phénomène récessif mondial que l'on constate . En outre je suis totalement en désaccord sur la fameuse maxime des centristes en mal de positionnement "les extrêmes se rejoignent." on assiste au contraire actuellement à une radicalisation de la Droite en Suisse et ailleurs dans le monde occidental.

Écrit par : briand | 24/09/2011

Briand et CEDH, vos remarques sont intéressantes et partiellement vraies, mais globalement fausses, si l'on tient compte de tous les facteurs. L'idéologie ou le point de vue politique sont avant tout des questions de perspective: changer l'angle de vue, ou le facteur de grossissement de vos lunettes et la réalité devient autre... Mais en vérité, la réalité est composée de toutes ces perspectives différentes. Et si vous bougez quoi que ce soit, un simple réglage économique ou politique, croyant bien faire, vous engendrez du mieux, et du moins bien.
Ce n'est pas que du blabla... Concrètement par exemple, une partie de la droite en Suisse, en europe et dans le monde tend à se radicaliser. Ce qui n'empêche pas que les thèmes enfourchés par la droite la plus extrême, comme par l'extrême gauche se recoupent de plus en plus et visent essentiellement, comme ennemi principal, la mondialisation et la finance, contre lequel le remède serait simple: relever les frontières... C'est d'ailleurs ce que sous-entend CEDH ci-dessus. Or le remède serait pire que le mal, je l'ai dit et redit, car nos économies ne peuvent survivre sans matières premières et sans échanges internationaux.
Il faut en réalité plus de mondialisation pour opposer un corpus législatif et judiciaire et un pouvoir exécutif démocratique qui fassent le poids et soient en mesure de réguler et limiter les excès de la finance mondialisée.
Le fait que le revenu du capital (donc des plus riches) a cru beaucoup plus vite que le revenu du travail (encore que cela dépende de quel travail on parle) ces trois dernières décades n'est pas du à l'Euro. C'est un phénomène mondial, relevé pour la première fois aux Etats-Unis, découlant d'une mondialisation imparfaite. Parce que limitée aux échanges commerciaux et à certaines agences "techniques" onusiennes (santé, météo, etc...), mais sans pouvoir législatif, exécutif et judiciaire mondial à opposer aux rois de la finance, du commerce et de l'industrie.
Ce phénomène de mauvaise répartition des richesses suit une courbe en parfaite corrélation avec le déclenchement des crises économiques mondiales depuis le début du XXème siècle. Je parle de tout cela dans mon livre l'Utopie Urgente, paru en 2007 et dans mon film "Le Secret des dieux", sorti en 2009. Il est en effet mauvais pour l'économie en général que trop oeu de gens détiennent trop de richesses, qui ne circulent plus assez. Le seuil semblant fixé par la main invisible (je plaisante) à 1% de la population détenant 20% des richesses aux Etats-Unis, ce qui s'est produit à deux reprises, en 1929 et en 2007...
La Suisse n'échappe pas au phénomène, où l'éventail des salaires a cru de manière aussi exponentielle que spectaculaire depuis la fin des années 70. Cela étant lorsque vous incriminez l'immigration dans la hausse de l'immobilier, vous oubliez pas mal de facteurs. D'abord que les vagues d'immigration ont été bien plus fortes, relativement, dans les années 60, mais qu'à cette époque, on a construit. Contrairement à maintenant. Et que l'immigration actuelle sert à produire des biens à haute valeur ajoutée, et qu'elle est plutôt bien, voire très bien payée. Ce qui accentue la concurrence sur les logements de qualité, mais faciliterait les choses, si l'on construisait non pas des tours HLM comme dans les années 60, mais des logements de qualité en PPE et en nombre, créant ainsi de jolis quartiers, potentiellement écologiques... Ils auraient les moyens de payer, mais la loi en Suisse n'incite pas à construire et surtout pas pour vendre à des co-propriétaires.
Maintenant que se passerait-il, si l'on écoutait les sirènes de l'extrême gauche et de l'extrême droite et que l'on referme les frontières ? Un bloquage quasi immédiat de la machine économique. La Suisse n'a pas de matières premières. Rien, makache, zéro. Hormis sa main d'oeuvre, qu'elle a exportée durant des siècles parce qu'au pays, on crevait de faim. Sauf que l'exportation de main d'oeuvre aujourd'hui, face à la concurrence chinoise... Et puis de toute façon, frontières fermées, on n'exporte rien. Pas plus qu'on n'importe... Donc du jour au lendemain, les 3/4 de l'activité économique helvétique s'arrête et l'on défoce les pelouses du Jardin Anglais et du Parc Lagrange pour planter des patates. Ja Grüeziwohl, herr Wahlen !
CEDH et l'UDC vont me dire, vous n'avez rien compris, on veut juste revenir en arrière, aux années 60, quand c'était mieux et qu'on pouvait commercer en contrôlant les entrées et les sorties avec de gentils douaniers... Sauf que dans les années 60, il s'est passé un truc fondamental: la décolonisation. Et depuis les pays en voie de développement, ben ils se sont développés, non seulement économiquement, mais militairement, donc plus moyen d'aller leur piquer comme ça leurs matières premières, ni de les forcer à nous acheter nos produits... Oui, je sais, la Suisse n'avait pas de colonies, mais elle était imbriquée jusqu'au coup dans le système colonial des pays qui l'entourait.
Alors voilà, on est aujourd'hui, en 2011, dans un monde qui est ce qu'il est et faut faire avec. Un monde dans lequel la Suisse a un rôle à jouer, comme pôle d'excellence spécialisée. Et aussi comme modèle démocratique, pour le futur gouvernement fédéral mondial, qu'il devient plus urgent chaque jour de mettre en place... Si possible plutôt avant qu'après la 3ème guerre mondiale.

Écrit par : Philippe Souaille | 24/09/2011

Une importante immigration a été provoquée par l'importante augmentation de la production liée à la croissance des exportations, alors dopées par un franc faible.

Immigration, qui a empêché les hausses de salaires, ce qui a pesé sur la croissance de la demande intérieure. La croissance intérieure a été faible, sauf pour celle qui est liée à la spéculation immobilière, dont on aura remarqué qu'elle ne profite pas à l'immense majorité de la population. Bien au contraire.

Cette croissance a donc surtout profité aux entrepreneurs, aux promoteurs immobiliers et aux immigrés, principalement ressortissants de l'UE.

A la lecture de ce qui précède, Ph.Souaille aura le réflexe d'écrire : "CEDH et l'UDC vont me dire, vous n'avez rien compris, on veut juste revenir en arrière ... "

En réalité, voilà ce que j'écris.

1. L'UDC est un oiseau à deux ailes. L'une antiminaret, tendance queue
de cheval, et l'autre, agrarienne, dont l'existence remonte à la
fondation de l'UDC. Mais l'UDC a aussi un corps où se trouve le cerveau et la pompe à fric, corps qui commande et manipule les battements
d'ailes et qui n'est autre que la droite blocherienne. La droite
blocherienne c'est une droite néolibérale, pure et dure, qui veut faire
du fric. Autant dire que ce corps ressemble fort au PLR. S'il existe des
différences de fond, elles sont faibles, variables et contingentes. La
différence c'est la stratégie, que dis-je, le marketing. L'UDC se
dissimule derrière ses ailes, ailes qu'elle agite pour dissimuler son
corps hideux. Dissimulation qui se comprend. Comment pourrait-elle, sans dissimulation, se faire élire par ceux qu'elle exploite. Le PLR, lui, a pour électeurs les profiteurs de la mondialisation, ceux qui bénéficient un peu de la mondialisation et ceux qui croient en profiter ou qu'ils en profiteront, notamment ceux qui se disent de la classe moyenne alors qu'ils sont, à l'aune suisse, pauvre.

2. Il est légitime que les profiteurs trinquent.

3. Que fait on des immigrés européens ? Souaille va écrire : " CEDH et
l'UDC vont dire.... on les jette." Mais ce n'est pas mon désir, ni n'est
très praticable. D'ailleurs, jeter les hommes, une fois pressés comme un citron, relève de la mentalité néolibérale. Par contre, ce qui est vrai est que ceux qui n'ont pas le droit de rester doivent partir. Pour rester, il faut un permis d'établissement ou avoir des moyens d'existence suffisants ou être étudiant (niveau tertiaire) ou avoir un contrat de travail de plus de 12 heures ou avoir travaillé en Suisse plus de 3 ans, chômage indemnisé inclus. Plus quelques autres cas et les droits dérivés. Les autres doivent partir. De plus, le Conseil fédéral doit, en veillant à une simple modification d'une directive, augmenter à 13 et demi le nombre d'heures minimales.

Si ce qui précède pas suffisant, alors il faut suspendre partiellement l'application des accords bilatéraux et retourner, unilatéralement pour un période de 4 ans, à la situation transitoire antérieure : préférence accordé à ceux qui sont déjà sur sur le marché de l'emploi. Pas de quota et préférence à l'UE sur les non-UE. On n'expulse personne pour des raisons économiques. Evidemment, les criminels et délinquants on les éjecte. Européens ou non. Il y aura sans doute réciprocité et c'est tout. Pas très gênant. Cela n'empêchera pas la Suisse d'accueillir, par exemple, infirmières, s'il en manque.

Ce qui précède ne viole pas les obligations internationales de la Suisse dès lors que l'UE a violé dès l'origine les siennes en faisant preuve de mauvaise foi. N'oublions pas que cette sur-immigration est liée à la situation économique au sein de l'UE, dont c'est peu dire qu'elle découle de manière non négligeable de la situation Grecque. Or, nous avons, lors de la conclusion des accords de libre circulation, été induit en erreur par la présentations astucieuse de faits faux quant à la situation économique de ce pays, pays signataire desdits accords à côté des autres états et de l'UE.

Mais bon on ne le fera pas. Pas de place pour la modération. Ca passera
ou ça cassera. Et ça cassera. Troubles sociaux à venir. Les citoyens et les syndicats en sont déjà réduits, au vu des carences de l'Etat PLR, à faire la police. Quant aux profiteurs ils continueront à profiter.

Écrit par : CEDH | 03/10/2011

CEDH, vous voyez le monde au travers de lunettes nationales. Nous ne serons dès lors jamais d'accord sur le fond. Une île de prospérité au milieu de la misère n'est pas viable. C'est vrai à l'intérieur d'un pays (ce que vous revendiquez en affirmant qu'il est légitime que les profiteurs trinquent - ce qui à mon avis est un peu abrupt, il y a toutes sortes de profiteurs et certains riches ont gagné leur fortune sans abus ni injustice), et ça l'est tout autant entre les pays. La Suisse et donc les Suisse, y compris moi-même et tous les gens qui résident en Suisse ont largement profité (à des degrés divers, je vous l'accorde) d'un certain nombre de privilèges matériels comparés au reste du monde. Ces temps sont terminés et le rééquilibrage a commencé.
Le monde qui en sortira sera plus stable parce que plus équitable, mais pour être durable, il doit respecter un certain nombre de règles de base, telles que la concurrence, des marchés libres mais régulés, la prime à l'innovation etc... etc...

Écrit par : Philippe Souaille | 03/10/2011

J'ai écrit les profiteurs et n'ai pas écrit les riches. Relisez-moi donc.

La globalisation commerciale et financière actuelle, celle voulue et impulsée par votre parti, le PLR, est un échec, sauf pour les profiteurs. Pas d'amélioration de PIB, sauf pour la Chine et quelques petits pays en sa périphérie. Pour le surplus, risque accru de guerre, destruction de la planète.

En Suisse et en Occident : légère amélioration de la situation des plus qualifiés, enrichissement des profiteurs, stagnation du plus grand nombre, enfoncement d'un part importante de la population. Destruction sociale, insécurité.

Vous semblez vous réjouir de l'appauvrissement suisse. Je vous signale que celui-ci profite à des pays riches mal gouvernés et non aux plus pauvres.

Votre mondialisation humaniste n'existera pas. Vous êtes un grand rêveur. Votre bouquin aurait du s'intituler la mondialisation utopique. Le choix est entre la dé-mondialisation ou la mondialisation que nous connaissons. Il n'y a pas d'alternative.

Pour en revenir au titre de votre billet. Je vous signale que c'est l'Etat PLR qui a détruit la place financière suisse. C'est ses sbires qui ont permis les exactions d'UBS aux USA. C'est l'Etat PLR qui a balançer des noms, cédant par là au chantage d'un ancien de Goldman Sachs devenu secrétaire d'Etat, chantage qui portait sur la faillite d'UBS en raison de son insolvalibité/illiquidité en 2008 aux USA.

Écrit par : CEDH | 03/10/2011

Euh, c'est me semble-t-il attribuer beaucoup d'importance au PLR que de lui accorder la paternité de la mondialisation. Il ne fait que l'appuyer et la défendre, dans la mesure de ses moyens, mais elle est inéluctable. Et ce n'est pas la mondialisation qui est cause de guerres et de désordres, mais plutôt son non-aboutissement. La guerre a existé bien avant la mondialisation et a toujours explosé lorsque la mondialisation (ou le libre-échanges) s'enrhumait.
Vous prétendez privilégier l'intérêt des suisses en les isolant du reste du monde. Je pense moi qu'ils seront plus en paix, en sécurité et vivront dans de meilleures conditions (si l'on inclut la paix comme donnée au moins aussi essentielle que le fait de pouvoir changer de voiture chaque année) si l'on fait ce qu'il faut pour conserver les avantages de la mondialisation, tout en en contrôlant les effets néfastes et les injustices par la mise en place d'une gouvernance mondiale.
Pour le reste, ce débat tourne en rond et je n'accepterais plus vos commentaires sur ce thème, n'ayant pas le temps d'y répondre.

Écrit par : Philippe Souaille | 03/10/2011

Enfin si, CEDH, je réponds une fois encore, la dernière, promis juré craché.
Vous dites que l'appauvrissement de la Suisse profite à des pays riches... Mais la Suisse n'est pas encore en train de s'appauvrir. Elle est sans doute aujourd'hui le pays développé qui s'est le mieux tiré de la crise. même si cela va sans doute changer.
La mondialisation ne profite pas à des pays riches, bien ou mal gouvernées, mais d'abord à la Chine, au Brésil, à l'Indonésie, qui sont encore des pays pauvres, même s'ils sont en voie d'enrichissement. Et demain au Ghana, à la Colombie, à l'Ethiopie, au Pérou, au Vietnam, à la Tunisie... Cela me réjouit, oui, de savoir que le cercle des pays ayant les moyens de faire entendre leur voix dans le concert des nations s'élargit.
Quant à la notion de "profiteurs", elle est un peu trop floue à mon goût. Aux yeux de Staline, les koulaks étaient des profiteurs. Ils en sont morts. Ce n'étaient pourtant que de simples paysans possédant juste davantage de terre que les autres. Aux yeux des shebabs somaliens qui l'ont enlevée, la sexagénaire handicapée française du Kenya était sans doute une profiteuse...
On peut continuer la liste. Votre discours pue l'intolérance et le nationalisme. J'aime pas.

Écrit par : Philippe Souaille | 03/10/2011

La mondialisation a profité à la Chine, enfin à certains en Chine, et à quelques petits états géographiquement satellites. Et c'est tout. Pour les autres, c'est de la musique d'avenir. Des sornettes. Votre marketing. La Suisse, elle, s'appauvrit. Au dépend des USA et de l'UE. Ce ne sont pas là des pays pauvres.

Mon discours n'est pas nationaliste. Il respecte les peuples, tous les peuples. Votre néo-libéralisme, financiarisé et mondialisé, vise à supprimer les peuples.

Votre système financier néolibéral mondialisé est perclus de profiteurs, qui surfant sur le néolibéralisme mondialiste, suce le sang des peuples du monde et nous conduit à la guerre, qui est devenu inévitable.

Écrit par : CEDH | 03/10/2011

Etes-vous naïf ou hypocrite, CEDH ? La Suisse qui risque de s'appauvrir, c'est celle des profiteurs qui ont sucé le sang du reste des habitants de cette planète en recelant l'argent du à leurs impôts depuis près d'un siècle. Et tous en ont profité. Vous en premier sans doute, comme avocat !
Il y a un genre humain, un seul, qui peut avoir différentes couleurs, parler différentes langues, croire en différents dieux, mais tous vivent sur la même planète. Et Souaille a raison lorsqu'il dit que les fauteurs de guerre sont ceux qui hurlent au respect des peuples et des frontières, ressassant de vieilles haines rancies, oeuvrant à la gloire des marchands de canon plutôt que de faire la seule chose censée en ce bas monde, se mettre d'accord, tous ensemble, pour mettre en place des normes internationales respectueuses de tous. Tous ensemble.
Pas chacun pour soi derrière ses frontières en prétendant respecter les autres tout en se montrant décidé à les entuber à la première occasion... Les nations, les peuples, ce ne sont que des gangs dressés les uns contre les autres à la première occasion.
Vous devriez aller dire aux Brésiliens, aux Indonésiens et aux autres qu'ils ne sont que de petits pays périphériques. Idem au demi-milliard de chinois qui sont sortis de la pauvreté en 20 ans. 100 fois la population suisse... Réveillez-vous voyagez, sortez de vos ornières euro-helvétiques blanches à la noix !

Écrit par : Gracchus Baboeuf | 03/10/2011

@ Baboeuf

Les petits états géographiquement satellites sont Taiwan, la Corée du sud, Singapour et Hong Kong (qui d'ailleurs n'est pas un état). L'Indonésie n'a nullement profité de la mondialisation commerciale et financière. Le succès de la Chine repose sur une stratégie de développement tirant toute les ficelles de la mondialisation économique et financière.

Écrit par : CEDH | 03/10/2011

Indonésie, 28,9% de croissance du PIB en dollars 2010. OK, les taux de change ont joué, mais le PIB par habitant augmente de 5% par an, régulièrement, même s'il part de très bas, comme la Chine, l'Inde, ou le Brésil.
Et tandis que le PIB/hab de la Suisse a généreusement cru de moins de 9% en... 20 ans, devinez là où il a le plus progressé? Dans des petits pays qui font le même job que la Suisse, mais qui ont eu l'intelligence de rentrer dans l'Union Européenne qui les protège: Liechtenstein, Luxembourg, Andorre, Jersey, Guernesey, Gibraltar, qui aujourd'hui dépassent largement la Suisse en termes de richesse par habitant... Tout comme ces petits pays exotiques eux aussi protégés par de grands ensembles, Chine ou UE essentiellement: Singapour, Hong Kong, Barbade, Cayman, les seules places non financières de ce tableau
http://www.indexmundi.com/g/r.aspx?c=id&v=67&l=fr
des 16 pays plus riches que la Suisse étant des producteurs de pétrole, ou cumulant les deux : Quatar, Brunei, EAU, Koweit Norvège et bien sûr les Etats-Unis.
Ce déclassement de la Suisse est bien évidemment la conséquence du refus de l'EEE en 1992 suite aux délires de l'UDC et de l'ASIN. On a mis 10 ans à recoller les morceaux, et vous voulez recommencer à nous isoler ?

Écrit par : Philippe Souaille | 04/10/2011

@ Gracchus Baboeuf

La Chine s'est organisée pour tirer parti de la globalisation commerciale et financière et cela, jusqu'à aujourd'hui, lui a réussi. Tant mieux. Cependant, il faut relever qu'elle a été organisée dans le cadre de la doctrine des fils de l'empereur jaune. La suprématie de l'ethnie Han.

Pas besoin d'aller en Chine pour constater ce phénomène. Lisez donc les statuts de l'association des chinois de Genève (ccge.ch). Les membres ordinaires de plein droit de cette association sont les chinois, sans distinction de nationalité. Qu'est-ce alors un chinois ?

La création d'une association, intitulée communauté des suisses de Genève, dont les critères d'admission seraient semblables, provoquerait de vives protestations, les bonnes âmes criant à l'inadmissible. Cela choquerait l'internationalisant que vous êtes. Est-ce à dire que les nationalismes du tiers monde sont bons et ceux d'Europe mauvais ?

Écrit par : zhongnanhai | 04/10/2011

1. Le PIB d'un pays ne mesure pas la richesse produite par un pays. Il faut déflater le PIB de l'inflation. Prendre en considération le PIB réel. Avoir plus de monnaie n'est pas nécessairement s'enrichir dès lors que cette monnaie vaut moins.

Le PIB d'un pays ne mesure pas la richesse de ses habitants. Il faut prendre en compte le PIB par habitant. Si la population d'un pays augmente en suite d'une immigration importante et que le PIB augmente, il n'est pas possible d'en conclure que la situation des résidents initiaux s'est améliorée.

Le PIB en dollar ne mesure pas la richesse de ses habitants. Le dollar a gagné 10 % face à l'euro en début d'année, le résident d'euroland ne s'en est pas trouvé enrichi de 10 % pendant cette période. Pas plus qu'il ne s'est, récemment, appauvri de 10 % en quelques semaines parce que le dollar a perdu 10 % par rapport à l'Euro en quelques semaines.

Afin de faire des comparaisons mondiales, il faut recourir au PIB par habitant à parité de pouvoir d'achat (PPA/PPP).


2. C'est en 2005 que l'Indonésie a retrouvé son PIB PPA par habitant de 1997. Pourquoi ? Parce que ce pays a été torpillé par la crise asiatique, crise conséquence de la mondialisation tel qu'elle est.

Source: FAIRE [sherbrooke indonesie pib par habitant (p ]dans GOOGLE


3. C'est d'ailleurs là une vue optimiste. Le PIB, même à PPA, est un mauvais indicateur dans les PEV dès lors qu'il ne mesure que la production marchande. Lorsqu'un pays diminue sa production de riz, qu'il consomme dans un cadre familial élargi (agriculture de subsistance), pour produire plus de cacao, cacao qu'il exporte, sont PIB augmente. Le cacao exporté est comptabilisé et provoque une hausse du PIB alors que la baisse de production du riz n'a aucun impact négatif sur le PIB, puisque de toute façon l'agriculture de subsistance n'est pas pris en compte dans le calcul du PIB. Le chiffre du PIB est donc trompeur. Or, la suppression des productions de subsistance est typique des PEV, que ce soit sous l'influence de la croissance (auquel cas le PIB exagère la croissance) ou sans croissance, de par l'adoption d'un mode de consommation occidentalisé (auquel cas le PIB "ment").

Quant à la globalisation marchande, elle exagère les évolutions de PIB de par l'externalisation qu'elle génère. Ce qui est externalisé, par exemple, le nettoyage de l'hôpital cantonal, ou la compatibilité de Firmenich, augmente le PIB, sans augmentation de production de richesse. Or, la néolibéralisation a fait exploser les externalisations, nationales ou internationales.

Écrit par : CEDH | 04/10/2011

@ CEDH,

C'est quoi l'état PLR?

Un peu moins de 15% des voix au national, 12 sièges sur 46 aux Etats et 2 conseillers fédéraux PLR sur 7 ça fait peu pour leur attribuer le nom de " l'état PLR " qui aurait tout décidé de la politique économique de la Suisse et dans le monde.

Quand à la mondialisation du libre commerce, jamais depuis ces 15 dernières années il n'y a eu autant d'humains sortis de la pauvreté dans le monde. L'Afrique flirt avec une moyenne de 5% de croissance. ( connaissez-vous le G13 africain ) Alors qu'il y a 30 ans ce continent était le symbole de la misère dans le monde.

D.J

Écrit par : D.J | 04/10/2011

Zhongnanhai, votre mauvaise foi est affligeante: comparer un club de Chinois à Genève et un club de Genevois à Genève, c'est n'importe quoi. Dans tous les pays du monde, il y a des clubs de Suisse, de Français, de Gallegos ou d'anglo-saxons qui n'ont généralement rien de racistes, c'est juste l'occasion de se retrouver entre expats et de parler du pays... Par ailleurs, je n'ai jamais dit que les Chinois n'avaient pas un grave problème de racisme, mes amis africains en savent quelque chose. Mais ils se soignent, ou du moins essaient.
CEDH, vous êtes lassant. On a déjà expliqué en long en large et en travers ce qu'était le PIB et le tableau que j'ai mis en lien donne le PIB par habitant, inflation déduite. Maintenant qu'il y ait eu une crise en Asie, qui le nierait ? Mais avant d'affirmer que la mondialisation en a été la cause vous devriez vous informer auprès d'économistes asiatiques, qui ne sont pas du tout de cet avis. Il se trouve que cela occupe une grande partie de mon film précédent "Le Secret des Dieux", sur la Gouvernance mondiale et la crise et croyez-moi, en Asie, du Cambodge au Vietnam en passant par la Malaisie, ils sont drôlement pour.

Écrit par : Philippe Souaille | 04/10/2011

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