30/09/2011

Et si l'UBS avait joué contre le Franc ?

Il se murmure de drôles de trucs, dans le milieu. Celui des cambistes en l'occurrence, au sein desquels officiait à Londres le jeune Adoboly, accusé d'avoir plombé les comptes de l'UBS de 2,3 milliards... A ce qu'on dit, le gars jouait le Franc Suisse à la hausse. Avec des montants considérables. Ce qui pose plusieurs questions, si c'est vérifié, la principale banque helvétique n'étant pas censée jouer contre les intérêts économiques vitaux du pays.

Sa direction était-elle au courant ?

Pouvait-elle ne pas l'être ?

La découverte du pot aux roses est-elle due à la décision de la BNS de soutenir le cours du Franc, la semaine précédente, ce qui aurait occasionné les pertes ?

Ce genre de choses pourrait-il être évité à l'avenir et comment ?

Commentaires

cher Philippe,
vous avez un petit wagon de retard. Éric Grosjean de couleur 3 à fait une chronique expliquant que justement notre cher trader avait pour instruction de spéculer contre le franc. N est ce pas magnifique de voir justement une banque suisse sauvée par le peuple qui joue contre celui la même qui l à sauvé. Est-il nécessaire de rappeler que Kaspar Williger qui siège au CA est un ancien conseiller fédéral? Mais ps de panique ce genre de criminel on ne peut les renvoyer chez eux car ils y sont...alors que faire...accepter c est ce que l on fait tout les jours.
Bien à vous!

Écrit par : plume noire | 30/09/2011

A ce que j'ai lu le gars était, par des futures, à la baisse sur des indices boursiers. On dit tout et n'importe quoi.

Mais faisons l'hypothèse que l'UBS achetait pour son propre compte du franc suisse. Quelles conclusions en tirez vous ? Qu'elle favorisait la hausse du franc suisse ou qu'elle se contentait d'en profiter ?

Quant à la politique de la BNS. Je dirais que Hildebrand me fait irrésistiblement penser à Greenspan. La fin va être pénible. Pénible pour nous.

Écrit par : CEDH | 30/09/2011

Autant pour moi, Plume Noire, bien qu'ayant participé à la création de Couleur 3 (et avant cela d'Egale 3), je ne l'écoute plus trop ces temps. Apparemment, je devrai :-) Mais l'info de Grosjean était-elle confirmée ou non ? Quant à Kaspar, il semble que ce qu'on lui reproche, c'est plutôt d'être un bon gestionnaire et un bon marchand de vélos qu'un banquier très bien informé. Chacun son métier.
CEDH, on dit effectivement tellement de choses... Mais s'il était à la baisse, je ne vois pas comment il a fait pour paumer 2 milliards, vu que précisément, ça baisse... Par ailleurs s'il était cambiste, il était sur le marché des changes, à priori, non ? Enfin pour répondre à la question de fonds, que faisait l'UBS dans cette galère, il faut bien comprendre que s'il a paumé 2 milliards, c'est qu'il jouait avec des sommes bien plus considérables. On peut rajouter au minimum un zéro, s'il était sur le Franc, et même deux s'il était sur des valeurs boursières.
Le Franc s'est effectivement apprécié d'un coup d'un cinquième de sa valeur en quelques minutes, ce qui arrive tout de même extrêmement rarement... En général, c'est plutôt quelques pourcents par jour, à la hausse ou à la baisse.
et pour perdre 2 milliards, il faut en avoir placé une centaine... Ou alors s'enferrer dans l'erreur des jours durant...

Écrit par : Philippe Souaille | 30/09/2011

Ce n'est plus que de la spéculation à tout-va!

Même les entreprises s'en prennent plein la poire sur leurs titres, alors que cela ne correspond à rien!

Du moment que ces gens-là.....jouent.....et ne travaillent pas, on ne pourra pas en attendre mieux. Pour complément vous pouvez aussi dire que la CRO était une ancienne de Lehmann Brothers.....ceci explique cela peut-être!
La BNS a justement pris cette décision pour contrer les spéculateurs...alors il ne doit pas y avoir que l'UBS qui s'est fait piéger!

Alors faut pas tirer sur l'ambulance UBS bêtement alors que c'est des pratiques largement appliquées mondialement par tous les intervenants.

Écrit par : Corélande | 30/09/2011

Un trader "nostro" se voit allouer une ligne de crédit, un taux de financement pour ce crédit, unr limite de risque et la mission de gagner le plus d'argent possible avec ça, sachant qu'il va garder 10-20% des bénéfices à la fin de l'année. Il peut encore éventuellement recevoir des consignes sur les produits qu'il peut ou pas utiliser à cette fin. Et point barre.
Les "intérêts économiques vitaux du pays" c'est de la foutaise. Par exemple les plus gros spéculateurs à la baisse de la dette gracques sont les banques de ce pays...

Écrit par : AlexT | 30/09/2011

Oui Corélande, c'est leur boulot de spéculer et de tirer un maximum d'argent de toute opportunité... Sauf que si je peux comprendre qu'une banque étasunienne s'amuse à jouer contre l'euro ou le franc, c'est assez débile de la part d'une banque suisse, qui plus est l'UBS, qui vient d'être renflouée par la Confédération, surtout avec les montants dont on parle.
Vous parlez d'ambulance, j'aurais plutôt tendance à employer le terme d'acharnement thérapeutique. Dans l'erreur !

Écrit par : Philippe Souaille | 30/09/2011

Eh bien Alex, je n'ai pas le sentiment que l'exemple grec soit le modèle à suivre, justement. Le problème, ainsi que le font remarquer certains banquiers comme Patrick Odier, c'est que sans un minimum d'éthique, la finance fonce droit dans le mur et creuse le lit de réglementations de plus en plus contraignantes. Il y a une forme de schyzophrénie, dans l'attitude des patrons des banques, qui demandent un max de résultats, tout en voulant préserver la réputation de leurs établissements et éviter les pépins, voire les suites judiciaires. Mais c'est pourtant simple à comprendre: les intervenants financiers doivent apprendre à rester dans les clous.
C'est un peu la même chose pour les journalistes, censés ramener des scoops qui font vendre, tout en évitant les procès à leur publication. L'équilibre n'est pas toujours facile à trouver, mais il existe.

Écrit par : Philippe Souaille | 30/09/2011

" vous avez un petit wagon de retard. Éric Grosjean de couleur 3 à fait une chronique expliquant que justement notre cher trader avait pour instruction de spéculer contre le franc. "

J'écoute aussi Couleur3. Eric Gosjean je l'apprécie quand il anime les " Métissages " Mais sa chronique " La Vie est belle " est un vrai torchon bourré de contre-vérités et de désinformation, c'est pas le genre d'info que j'estime vraiment crédible. L'UBS est le punching ball de l'opinion publique et des médias. Quand elle fait des étincelles avec des bénéfices de plusieurs milliards c'est de l'indécence et cela se fait sur le dos des autres, quand c'est des pertes on accuse la banque d'être géré par des incapables. Faudra un jour savoir ce que l'on désir

C'est une entreprise privée qui n'appartient ni au peuple et ni au médias; mais à ses actionnaires. ( Son soit-disant sauvetage par la confédération ne donne aucune légitimité à ses pourfendeurs, qui du reste fut un prêt avec bénéf' pour l'état et non une subvention ou de l'argent donné à fond perdu ) moins on s'en occupera de cette banque mieux elle se portera. Cette histoire de trader, c'est les oignons d'UBS et pas les nôtres.

D.J

Écrit par : D.J | 30/09/2011

1. J'imagine qu'il spéculait à la hausse. Cela ne m'étonnerait pas dès lors que de nombreux fonds, spéculatifs ou non, ont commis cet erreur. Avec 25 % de baisse en 14 jours de bourse fin juillet-début août, il suffisait de 8 milliards de notionnel. Pas 100 Milliards. Mais, il est vrai que l'info selon laquelle il s'agissait d'indices boursiers venait d'UBS. Alors, qu'en était-il ? Leeson et Kerviel c'était ça.

2. Franchement, s'il ne s'était pas trompé, avec 2 milliards de gain croyez vous qu'on l'aurait grondé sérieusement. Qui aurait protesté en suite de bons résultats trimestriels et des impôts plus vite repayés ? C'est là le problème. Tous auraient eu des primes et auraient été contents, y compris le contribuable.

3. Il aurait du voir pendant tous ces jours qu'il se trompait, dites vous. Pourquoi ? C'est pas parce qu'il y a une baisse pendant 6 jours que le septième il y a une baisse. La spéculation, comme l'investissement, cela se fait en prédisant le futur, pas en regardant les courbes passées et en se disant : là il suffisait de ...

4. La baisse du franc en quelques minutes, c'est pas 20 % mais 10 %.

5. UBS SA n'est pas une banque suisse. Le tiers de ses emplois sont en Suisse. Son siège est en Suisse, c'est tout. Elle est mondiale.

Écrit par : CEDH | 30/09/2011

6. Pourquoi acheter du franc suisse et vendre le reste est anti-patriotique ? Je repose ma question : Les opérations supputées favorisaient-elle la hausse du franc suisse ou l'UBS en profitait, comme les frontaliers :) ?

7. Quant à la politique de la BNS. Est-ce la bonne politique ? Cet interventionnisme est mal vu. Et dire que l'on parle pas de 1.40 pour un euro. Là ils nous retomberaient tous dessus.

Si la BCE déclarait ne plus tolérer un franc suisse au dessous de 1 euro et être prête à acheter autant de francs suisse que nécessaires avec des euros par elle créé (elle peut en créé tant qu'elle veut). Que se passerait-il ?

Dangers financiers mais aussi injustice économique. Les effets de cette création de monnaie centrale seront catastrophiques. Un fois de plus on repousse le problème en l'amplifiant. Vivons à crédit.

Subventionnons certaines entreprises. Offrons des emplois aux européens. Il faut tondre l'épargnant à coup d'inflation. Subventionnons les canards boiteux, les cigales et les endettés.

Mentalité de crapule.

Écrit par : CEDH | 30/09/2011

En complément, le problème des banques est un problème d'AGENCY. Terme anglais qui désigne le problème posé par les errements de celui qui représente. Dans une société par action, la technostructure bancaire est supposée agir en le sens des intérêts de l'actionnaire. Si on est plus Rhénan, aussi dans le sens de tous les employés de la société.

Tel n'est pas le cas. Les banques, pilotées par le gang des bonus avérés ou dissimulés, agit dans le sens des intérêts de la cliques des gros bonus.

Il faut sans doute les rattraper au vu de leur importance macro-économique. Mais il faudrait les attraper par les couilles (c'est grossier, je sais). Mise sous tutelle. Nationalisation temporaire. Mais cela sera impossible. Le peuple n'y comprend rien et le politiciens sont complices ou n'y comprennent rien, ou les deux.

NO FUTURE.

Écrit par : CEDH | 30/09/2011

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