14/10/2011

Traversée: la gauche saura-t-elle être proche des gens ?

Coincé dans son personnage de Don Quichotte anti-capitaliste, Pascal Hollenweg a sans cesse besoin de nouveaux moulins pour exister. Son problème est qu’il se prend à son propre jeu, oubliant le sens premier du mot politique qu’il est censé pourtant enseigner : gérer les affaires de la cité. Ni son ego, ni l’hypothétique monde rêvé d’après Grand soir, mais le quotidien d’aujourd’hui. Ce qui implique de chercher aux problèmes des solutions pratiques et concrètes plutôt que le meilleur moyen de se faire remarquer en se démarquant…

Sa charge contre la traversée ressort évidemment de ce besoin d’exister en s’opposant. A la base , elle repose sur un mensonge : l’entrée en matière de la gauche sur une traversée du lac n’a rien d’un scoop. Des responsables de gauche et/ou écologistes y sont favorables depuis des années. David Hiler s’était déclaré pour une traversée autoroutière lors d’un colloque au salon du Livre voici près de 10 ans. Robert Cramer, alors aux affaires, avait poussé en vain le projet d’une traversée moyenne se prolongeant en tunnel jusqu’à Thonêx-Vallard et dans mon film « Genevois Pluriels », qui sort le mois prochain en dvd, il déplore ouvertement que l’autoroute de contournement ne soit pas bouclée. Ce qui est effectivement un non-sens, reconnu par n’importe quel urbaniste, quelle que soit sa couleur politique.

Je me souviens d’une longue conversation avec une présidente du PS genevois, il y a 6 ou 7 ans, qui ne me semblait pas du tout hostile à mes arguments en faveur d’une telle traversée. Il est temps de passer à l’âge adulte et d’entrer dans le concret, à savoir les problèmes des gens et de l’agglomération dans laquelle nous vivons. Qui a besoin entre autres de modes de déplacement modernes, non polluants, rapides et économiques. Il ne s’agit pas d’aller de Douvaine à Nyon, mais d’une rive à l’autre, sans encombrer – et polluer - le centre ni faire 50 bornes inutiles en passant par Bernex… La quantité de C02 gaspillée ainsi quotidiennement dans les embouteillages et les contournements inutiles est proprement hallucinante. Et ce sont nos poumons et ceux de nos enfants qui la respirent.

Il s’agit aussi de rééquilibrer les deux rives en matière de logements et d’activité, l’une ne cessant de se densifier, tandis que l’autre est isolée par l’obstacle d’un pont quasi infranchissable aux heures de pointe. Les opposants utilisent volontiers l’argument de l’aspirateur à voitures, que serait toute nouvelle route ou construction d’ouvrage d’art… Eh bien c’est exactement cela. Une traversée servirait avant tout à aspirer 30% de la circulation au centre (des chiffres établis par des études officielles) pour la faire passer plus au nord, sur ou sous le lac, avec une fluidité largement accrue et des parcours bien moins longs, donc un gain considérable en pollution. Qui pourrait atteindre les 50% compte tenu de la diminution du pétrole gaspillé dans les détours et les embouteillages par des dizaines de milliers de véhicules quotidiens.

Un tel ouvrage ne serait évidemment pas réservé aux voitures, mais largement ouvert aux transports publics, bus et/ou voie ferrée, et à la mobilité douce, sans compter qu’il permettrait de favoriser davantage celle-ci sur les quais et le Pont du Mont-Blanc. Si les responsables écologistes, qui savent être à l’occasion des écolos responsables soutiennent plus ou moins discrètement ces projets, c’est simplement qu’ils ont compris ces arguments.

Que des avantages ? Ben oui, difficile de lui trouver un inconvénient à la Traversée. Même pas son prix puisque l’essentiel étant du ressort des routes nationales, devrait être payé par la Confédération. De plus, l’utilité de l’ouvrage à l’échelle régionale franco-suisse et à l’échelle européenne permet d’envisager une participation financière européenne sous couvert des fonds INTERREG de coopération interrégionale en zone frontalière. Le raccordement à Thonêx-Vallard ou au Carrefour des chasseurs, derrière l’aérodrome d’Annemasse (d’où part une route à 4 voies jusqu’à l’autoroute blanche) permet d’envisager la chose avec de bonnes chances de succès.

Depuis bientôt 20 ans, tous les sondages annuels du TCS le prouvent: les deux tiers des genevois veulent une traversée. Par ailleurs, le CEVA a été soutenu par quasi toute la classe politique, avec une volont affichée de réciprocité sur la Traversée. Donnant donnant, d'autant que ces deux projets sont salutaires et complémentaires. L'un va pouvoir enfin entamer ses travaux. On attend toujours l'autre et la preuve qu'une gauche responsable sait honorer ses engagements.

Commentaires

Holenweg est un arnarcho-gauchiste qui se complait dans une attitude visant à être contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre. Se confianant dans une provoc au premier degré, ses agitations "intellectuelles" sont aussi vaines que dénuées de sens.

Il possède néanmoins une qualité d'humour assez rare chez ses camarades.

Quant à ses capacités à gérer des affaires, qu'elles soient publiques ou privées, elles sont inexistantes. Il l'a démontré avec constantce toute sa vie.

Il est à la politique ce que le bouffon était à la royauté.

Écrit par : Déblogueur | 14/10/2011

Vous oubliez un argument essentiel: l'autoroute de contournement, du moins sa partie existante est actuellement saturée. Ce qui est cause d'encombrements et de pollution supplémentaires, affecte l'économie et le moral des gens, au quotidien. Il entre dans le plan d'entretien et de développement des routes nationales de faire en sorte que cela ne soit plus le cas. Pour cela, nous avons le choix entre élargir la partie existante à trois voies dans chaque sens (ce qui coûterait assez cher vu ses nombreux tunnels et tranchées couvertes et encombrerait davantage les voies le temps des travaux) ou... boucler le contournement. Rapidement.

Écrit par : Traversons | 14/10/2011

Vous vous complaisez à cracher sur Hollenweg, mais pour mieux passer sous silence ses arguments ... à mon avis, cela en dit long sur à quel point ces derniers doivent être pertinents !

Allez, courage Messieurs, faites fonctionner vos méninges, argumentez aussi, ne vous contentez pas de la technique Stauffer qui consiste qu'avoir l'impression de gueuler plus fort que l'autre et le traiter de tous les noms suffit à avoir raison.

Écrit par : djinius | 14/10/2011

Traversons nous donne un excellent exemple de faux dilemne : à un problème donné, il pose comme postulat indiscutable qu'il n'existe que deux solutions, et nous enjoint à choisir une des deux. Pas de chance, ca s'est vu.

Écrit par : djinius | 14/10/2011

Euh, Djinius, perso, je ne vois pas quelle serait l'autre solution ? Ou les autres? Vous avez une idée géniale et salvatrice derrière la tête, ou c'est juste pour faire de la réthorique, ce qui ne présente à mon avis aucun intérêt ?

Écrit par : Philippe Souaille | 14/10/2011

Djinius, je n'ai pas du tout le sentiment de "cracher" sur Hollenweg, que je considère comme un ami, même si nous avons des désaccords de fond. J'espère que c'est réciproque. Le traiter de Don Quichotte n'est pas vraiment une insulte et je crois même qu'il se satisferait assez de ce qualificatif. Idem de Déblogueur quand il le traite de gaucho anarchiste, voire même de fou du roi. C'est plutôt sympa, et une assez bonne définition du personnage. Qui à mon avis, doit plutôt lui faire plaisir.
Maintenant pour contrecarrer ses arguments il faudrait qu'il y en ait. Le peu qu'il avance ne tient pas la route et précisément, me semble-t-il, je les démonte. S'il y en a un ici, qui reste dans le flou et dans la dialectique pure, sans franchement casser des briques sur ce terrain, c'est bien vous.

Écrit par : Philippe Souaille | 14/10/2011

va pour Don Quichotte : il y a assez de moulins à vent...

Écrit par : Pascal Holenweg | 14/10/2011

Vous me faites bien rire.

Ce projet ne se fera JAMAIS.

Holenweg énumère quelques uns des menus obstacles de cette traversée :

- la géologie du lac
- l'impact sur la zone phréatique,
- l'arrivée sur la rive gauche se fait dans une réserve naturelle,
- zone d'emprise sur la renaturation de la Seymaz

On pourrait citer encore que :

- la Confédération ne voudra jamais payer pour un si mauvais rapport coût/utilité

- il est impensable pour l'écrasante majorité des genevois de défigurer le panorama de la rade avec une autoroute

- quand bien même on réussirait à nous convaincre des bienfaits d'un pont, il est IMPENSABLE de débarquer à Vésenaz avec une autoroute en surface...

- si on se rabat sur l'option tunnel (total ou partiel), on peut oublier d'y mettre la mobilité douce (quel piéton ou cycliste aura envie d'aller y suffoquer?) ...et on perd l'argument "bel ouvrage de prestige" - ça devient donc un gadget pour le seul confort des automobilistes...

- le prix du pétrole va augmenter à mesure que les réserves diminuent

- le problème du réchauffement climatique va devenir critique

- l'usage de l'automobile individuelle est en déclin, notamment chez les urbains et chez les jeunes

Et moi je me marre rien qu'en pensant à la puissance de feu d'une coalition qui rassemblerait :

- les milieux antibagnole et pro-mobilité douce (remontés, organisés et efficaces comme jamais)
- les riverains de Vésenaz et des communes avoisinantes (friqués comme jamais et qui ne voudront pas d'une autoroute ni devant ni sous leur villa)
- les défenseurs du paysage
- les amateurs de voile et de bateau en général
- les réservistes naturels de la Seymaz et de la Pointe à la Bise
- les anti-dépenses publiques (qui vont hurler quand ils verront le prix)
- l'écrasante majorité de la population du canton qui s'en contrefout - notons à ce propos qu'à mesure du développement, le centre de gravité de Genève se déplace toujours plus vers l'ouest (qu'est-ce-qu'un habitant de Meyrin, Onex, Lancy ou des futures Cherpines en a à secouer de la traversée de la rade?)

Moi je me réjouis! Donnez-nous un référendum nous mettre sous la dent, on vous patafiole (au moins) à 70% de NON...

Écrit par : T.S. | 14/10/2011

Mon expérience d'Holenweg est qu'il filtre les commentaires de ceux qui le critique au Karcher.

Un bon héritier de la censure de Gauche marxiste léniniste maoïste et polpotiste.

Écrit par : Anonyme | 14/10/2011

TS, ce projet se fera s'il se trouve une majorité suffisante à Genève pour le porter. C'est la seule question qui vaille, aux yeux de Berne et il n'est pas question qu'elle ne fasse pas, pour la deuxième ville de Suisse, noeud de communication et de commerce historique, ce qu'elle a fait, fait ou fera pour d'autres.
Les questions de géologie et de nappe phréatique n'ont rien de si grave qui ne puisse être résolu par les technologies modernes.
Le principe qui sera très probablement retenu est celui d'un départ en pont au Vengeron pour une arrivée en tunnel à Collonges, ce qui du coup n'interfère absolument pas avec les roseaux et les zones de nidification, pas plus qu'avec la renaturation de la Seymaz.
Outre que Genève reste sous le coup d'une votation qui réclamait la construction d'une traversée avec 68,5 % des voix, le TCS a fait effectuer plus d'une dizaine de sondages, ces vingt dernières années, qui donnaient à chaque fois des résultats très proches, entre 65 et 75 % des gens réclamant une traversée. Des sondages qui n'étaient pas destinés à la propagande mais à l'information interne. Donc fiables.
Rappelons que le vote de 1996 ne portait pas sur le principe d'une traversée (et notamment pas d'une traversée autoroutière financée par Berne) mais dénombrait (assez inutilement et stupidement) les partisans d'un pont ou d'un tunnel, sur la base du budget qu'ils approuvaient ou non.... Et en gros un tiers était pour le tunnel, un tiers pour le pont et un tiers contre toute traversée... Mais bel et bien deux tiers si l'on cumule partisans du pont et ceux du tunnel, ce qu'il va bien falloir faire.
Alors bien sûr, il y aura des opposants irréductibles à Cologny, comme il y en a à Champel contre le CEVA. Mais ils seront minoritaires, car les avantages d'un désenclavement pour toute la rive gauche seront supérieurs aux inconvénients, vue l'arrivée en tunnel et le raccordement, en tunnel au réseau routier existant.
Quant aux habitants de Vernier et autres, ils seront tout simplement ravis de voir diminuer la circulation qui embouteille "leur" contournement matin et soir. Et la pollution qui l'accompagne. Et en plus ils n'auront pas à payer.
La confédération paiera, et peut-être plus tôt qu'on ne le pense. Ce genre de grands travaux sont fort utiles à l'économie en période de crise.
Pour ce qui est des Genevois du Centre Ville, ils y gagneront de la fluidité et de la pollution. Une rade plus accessible à la mobilité douce. Et les amoureux du lac y gagneront une île supplémentaire, artificielle, à l'endroit où le pont deviendra tunnel, où l'on pourra aménager plages et bistrots sympas.
Bref, on peut prendre les paris. Savoir si le conservatisme doit l'emporter à Genève, ou le progrès. Quant au pétrole, laissez moi rire. Lorsqu'il n'y aura plus de pétrole, il y aura toujours des voitures. Electriques ou à pédales...
A noter encore que si le PS veut effectivement s'appeler au problème de la région et réclame la création d'une assemblée régionale, il lui faudra bien tenir compte des avis des résidents français de l'agglo...
Quant à Holenweg, avec une seul aile (de moulin ?), il fait ce qu'il veut de son blog et des commentaires qu'on y met.

Écrit par : Philippe Souaille | 14/10/2011

@Philippe Souaille
"Rappelons que le vote de 1996 ne portait pas sur le principe d'une traversée (et notamment pas d'une traversée autoroutière financée par Berne) mais dénombrait (assez inutilement et stupidement)..."

Etiez-vous en Suisse en 1996?

Géologue, architecte, ingénieur?

Écrit par : entre autres | 15/10/2011

J'étais en Suisse en 1996. Journaliste. Comme en 1988, à l'époque du vote massif des Genevois en faveur d'une traversée, qui reste toujurs en vigueur depuis

Écrit par : Philippe Souaille | 15/10/2011

@Philippe Souaille, on vous cite:


"A noter encore que si le PS veut effectivement s'appeler au problème de la région et réclame la création d'une assemblée régionale, il lui faudra bien tenir compte des avis des résidents français de l'agglo... "

- pourquoi ne tenez-vous compte que des français résidents?

et sinon, c'est quoi cette "agglo" dont vous parlez?

Écrit par : et ensuite? | 15/10/2011

Pour mémoire, nos votes et demandes "massives" étaient pour une seconde voie ou tunnel en parallèle au bout du lac - devant nous protéger de tout ce qui aurait été une défiguration.

Etiez-vous encore en France lors de la construction du parking du Mont-Blanc?
Je travaillais juste en face lors des travaux
- histoire de connaître son passé, comme tout suisse natif de Genève.

Écrit par : entre autres | 15/10/2011

M. ou Mme entre autres et ensuite, je m'exprime à visage découvert, ce qui n'est pas votre cas. Vous pouvez donc bien raconter ce qu'il vous plait sur vos origines et vos lieux de naissance, cela ne regarde que vous. Mais je vais vous répondre, même si j'estime personnellement que le fait de vivre dans l'agglomération et d'y travailler, indépendamment du fait que j'ai la nationalité suisse, me donne le droit d'exprimer mon avis et de me battre pour un développement que j'estime harmonieux.
Je suis en Suisse depuis 1960, à Neuchâtel d'abord, où j'ai fait toutes mes études primaires et le début du secondaire. Puis après mon bac à Cannes en 73 et mes études parisiennes, à Genève, depuis janvier 77, d'un côté ou de l'autre de la frontière.
Je pourrais aussi vous narrer le fait que la première fois que mes ancêtres, venant de Coucy-le-Chateau, dans l'Aisne, ont foulé le plateau suisse, qui était alors pour moitié savoyard, c'était au XIVème siècle, en rentrant d'une bataille (électorale) perdue pour la succession d'Autriche. Ils n'y sont cependant restés que quelques mois, et s'y sont semble-t-il assez mal comportés (je ne m'en vante pas, je reconnais les faits, mais pense qu'il y a prescription) au point d'en être chassés par les Bernois.
Pour le reste, je ne comprends pas votre histoire de deuxième voie en parallèle au bout du lac ??? On a demandé aux Genevois s'ils voulaient une Traversée de la rade et ils ont répondu "oui" à plus de 68%.
Quant à l'agglo, je ne sais pas où vous vivez, mais il s'agit de l'agglomération franco-valdo-genevoise, qui va bientôt fêter son 900 000ème habitant et qui est aujourd'hui l'échelle à laquelle se traitent les problèmes d'urbanisme et de transport de l'agglomération, dans le cadre d'un contrat d'agglomération avalisé par Berne et Paris.
Parce que nous sommes une vraie agglomération, que vous le vouliez ou non.
Il se trouve que le PS, reprenant une idée radicale, a souhaité la semaine dernière voire naître une assemblée démocratiquement élue franco-valdo-genevoise pour pouvoir discuter démocratiquement de ces problèmes cruciaux qui nous concernent tous, en fonction de l'intérêt général commun plutôt qu'en juxtaposant les égoïsmes micro-locaux.
Je partage ce voeu. Et j'avertis aimablement le PS genevois qu'il aura alors à tenir compte AUSSI des avis des parties vaudoises et françaises de l'agglo, qui logiquement souhaitent une telle traversée, d'importance régionale. Ceci dit, il y a pas mal de gens, au PS genevois qui partagent déjà cet avis, notamment tous ceux qui ont développé de vraies compétences en matière d'urbanisme et de transport. Des socialistes qui réfléchissent avec leur matière grise plutôt qu'en utilisant leurs mouvements réflexes et leur bulbe rachidien.
Je pense par exemple à Roger Deneys, vieil ennemi de la bagnole et piéton invétéré qui sait bien pourtant que pour désengorger et dépolluer le centre ville il n'y a aucune alternative: si l'on veut éviter que toute la rive droite passe par le centre ville pour aller sur la rive gauche, et vice versa, il faut bien leur permettre de passer ailleurs.

Écrit par : Philippe Souaille | 15/10/2011

J'aime bien votre idée que le principe voulu par le peuple n'a pas été rendu caduc par le refus d'une concrétisation de ce principe. Juridiquement, je m'étais posé la question à l'époque .... Cela pouvait se soutenir. Mais avec l'écoulement du temps et le changement de législation constitutionnelle ...

Si les vaudois et les français veulent une traversée, pourquoi pas la faire entre le discrict de Nyon et la Haute-savoie ?

" ... contrat d'agglo avalisé par berne et paris." Le machin d'agglo est un truc signé par le Conseil d'Etat genevois, le maire de Genève et le président de l'association des communes genevoises et non Genève ou la Confédération. Ce truc oblige, conformément à son texte (lire jusqu'à la fin) et le cadre juridique dans lequel il s'insère (convention sous l'égide du COE) les autorités genevoise à insufler, conformément aux procédures genevoise, les supposées bonnes idées qui y figurent. Si ceux qui décident n'en veulent pas et bien .... ils n'en veulent pas. Le premier pas est le plan directeur cantonal. Le Grand conseil décidera souverainement sans nullement être lié par le truc. Et puis le peuple peut décider ce qu'il veut. Le truc n'est pas un engagement international, n'est pas un traité au sens du traité de Vienne sur le droit des traités.

Vous dites avalisé par Paris. Ah bon. Avez-vous le numéro du Bulletin officiel dans lequel est publié le décret du Président de la République française promulguant ce machin ? Bien sûr que non ! Quand à Berne, ce truc a tout simplement été pris en compte pour octroyer des subventions à Genève. Pas plus.

Quant à votre assemblée, si c'est pour palabrer et résolutionner, allez-y. Mais avec votre argent, pas celui du peuple. Si c'est pour imposer des décisions au peuple en court-circuitant la démocratie directe. Non merci.

Écrit par : CEDH | 15/10/2011

Philippe : en effet,m "On a demandé aux Genevois s'ils voulaient une Traversée de la rade et ils ont répondu "oui" à plus de 68%.". Et quand on a demandé aux Genevois s'ils voulaient de CETTE traversée de la rade là, celle en pont, ou celle en tunnel, qu'ont-ils répondu, au juste ? Les votes de principe ne mangent pas de pain (ni de béton). Ils ne prennent un sens que lorsque l'on fait voter sur la concrétisation de ce principe. En clair, les Genevois sont d'accord avec le principe d'une traversée de la rade. Et jusqu'à preuve du contraire, opposés à ce qu'elle se fasse en pont, et opposée à ce qu'elle se fasse en tunnel. Ils sont donc d'accord avec une traversée virtuelle. Et 4a tombe bien : moi aussi. Pourvu qu'elle le reste.

Écrit par : Pascal Holenweg | 15/10/2011

Pascal et CEDH, juridiquement, politiquement et surtout en pratique, vous avez tout faux. Parce que la question posée en 96 n'était pas "voulez-vous d'un pont ou d'un tunnel ?" qui eut été la seule formulation convenant après le vote de 88, avec une croix à cocher en face de la formule choisie. Sans 3ème option "rien" puisque la question avait déjà été traitée précédemment.
La double question posée était "voulez de ce tunnel, allant de là à là et qui coûte tant, et (au lieu de "ou") voulez vous de ce pont allant de là à là, ayant cet aspect et qui coûte tant ?" Bref, on a refusé deux variantes, en plus mises stupidement en concurrence, ce qui à aucun moment ne remet en cause le vote de 1988.
Un peu comme si, en politique pour élire un président de la République on demandait aux Gaulois : Voulez-vous de Sarko ? Réponse: Non à 82 %. Voulez vous de Hollande ? Non à 68%. Ok, alors puisque c'est comme ça, vous n'aurez ni l'un ni l'autre et on reste sans Président... Idem pour une élection au poste de PG, ou de 3ème juge à la Cour des Comptes, par exemple...
Pour le reste, CEDH, vous faites la même confusion que le Xéno de service qui me questionne sur ma suissitude : les Vaudois et les Français souhaitent une traversée, cela ne signifie par que les Genevois n'en veulent pas ni n'en ont besoin. Ils en veulent aussi et ils en ont besoin. La faire entre Thonon et Nyon, ou même entre Nernier et Coppet coûterait un saladier, elle serait très mal reliée au réseau autoroutier des deux côtés et surtout, elle serait trop loin de Genève pour servir d'évitement du Centre...
Pour ce qui est de l'agglo, ce concept transfrontalier essaie précisément d'exister dans un cadre légal existant, mais pas du tout prévu pour. Il est donc forcément un peu bancal, jusqu'à ce que les lois, de part et d'autres, aient été changées pour prévoir une vraie assemblée transfrontalière élue, disposant de pouvoirs et de budget. C'est le rôle du politique de changer les lois, mais cela prend du temps et en attendant, la région et l'agglomération ont besoin de décisions coordonnées et équilibrées.
D'où le contrat d'agglo, qui répond aux concepts édictés par Berne, Paris et Bruxelles en la matière, permettant à des collectivités publiques d'exister sous des formes juridiques nouvelles en regroupant d'autres collectivités publiques et de recevoir des subventions. 500 millions de Francs destinés au transport transfrontalier, par exemple, dans le 2ème volet du contrat qui doit être signé en 2012, par exemple, ce n'est pas rien.
Lorsque l'ARC a été créée, selon les normes de Paris et Bruxelles, donc, en 2010, à Annemasse, pour être l'organe officiel regroupant les communes françaises de l'agglo, c'était en présence du président de Région, le socialiste Jean-Jack Queyranne et du Ministre d'alors délégué aux questions frontalières, l'UMP Pierre Lellouche. Et Paris et Lyon ont non seulement approuvé, mais fait douce pression sur Annecy et Bourg-en-Bresse qui n'étaient pas très chaudes de voir se constituer un pôle alternatif de taille dans leurs départements respectifs, dans l'orbite d'une ville voisine et pour le moins puissante...
Mais il est temps de passer sur les orgueils locaux et de construire des structures qui tiennent compte des réalités et leur soit adapté...
Comme par hasard, la Ministre Suisse des Affaires Etrangères était à Annemasse ce jour-là. Elle n'a pas assisté officiellement à la constitution de l'ARC, il faut respecter les susceptibilités diplomatico-nationales, mais tout le monde s'est retrouvé ensuite pour une série de discours (immortalisés par nos caméras pour notre film Genevois Pluriels qui sort en DVD en novembre) à l'invitation du Groupement transfrontalier.
Le but n'est pas de court-circuiter la démocratie semi-directe qui est notre modèle en Suisse (semi- car nous avons tout de même des parlements, qui font les lois que vous êtes chargé d'appliquer en tant que juriste). Nous l'aimons même tellement, notre démocratie, que nous souhaitons en faire bénéficier tous nos voisins, concernés autant que nous par les décisions qui sont prises par les uns ou par les autres.
La fonction de l'agglo est de faciliter la coordination des politiques publiques, rien de plus, rien de moins. Et d'apprendre à tenir compte des besoins et blocages ou facilités du voisin pour construire par exemple, une route ou un tram, pour que celle-ci n'arrive pas dans le vide à la frontière. Ou d'éviter de faire une usine ou un aéroport qui s'en irait polluer chez ceux d'en face...
Personne ne veut remettre en cause la démocratie directe, sauf peut-être ceux qui prétendent utiliser le vote de 96 contre le vote de 88... En 1996, les gens ont voté aussi contre un coût, censé avoir des conséquences fâcheuses sur leurs impôts. Or ce coût n'existe plus. C'est Berne qui paiera. Ou à défaut, pourquoi pas, des investisseurs privés, qui se rembourseraient sur un péage. Ce seul fait en soi rend caduque la votation de 1996.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/10/2011

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