17/10/2011

Remboursement des frais de transports... les approximations d'une élue de Thonon... et d'un élu du MCG!

Mme Baud-Roche, adjointe au Maire de Thonon-les-Bains, a exprimé – à titre personnel - ce week-end dans le Matin Dimanche une assez mauvaise idée… Qui comporte néanmoins des éléments intéressants mais dénote sa méconnaissance des différences séparant les systèmes suisse et français. Méconnaissance que sa participation au bureau de l’ARC, le syndicat-mixte regroupant les communes de la partie française de l’agglomération franco-valdo-genevoise devrait l’aider à gommer.

Contrairement à ce que dénonce Me Poggia du MCG dans son blog, elle ne propose pas « le remboursement des frais de transport des frontaliers » en général, mais uniquement la moitié des frais de transport en commun, comme c’est le cas en France, ce qui a évidemment pour but de favoriser les transports en commun sur la bagnole. On voit tout de suite l’avantage que pourrait en retirer Genève, en réduisant les flux de trafic automobile et les voitures ventouses.

Méconnaissance des différences franco-suisses, parce que la France prélève le gros des frais publics sur les salaires avant que ceux-ci soient versés aux travailleurs, tandis que la Suisse le fait après qu’ils aient été versés, directement dans la poche du travailleur. Au bout du compte, cela revient au même, mais on peut difficilement mélanger les deux.

Concrètement, l’Etat suisse rembourse déjà une partie des frais de transport (qu’ils soient publics ou privés) en permettant de les déduire des impôts. Y compris pour les frontaliers, et ce depuis peu, suite au recours au TF d’un comptable suisse exilé dans le Genevois français. Durant plusieurs décades, les frontaliers n’y avaient pas droit, ce qui n’était pas conforme à l’égalité devant l’impôt, mais ce n’est évidemment pas une raison pour aujourd’hui les rembourser deux fois…

Concrètement, alors que l’on cherche à redensifier la ville pour éviter justement les flux de transports trop importants – ce qui a aussi pour conséquence d’augmenter les loyers au centre – on peut se demander si le fait même de rembourser des frais de transport, notamment automobiles, peut encore se justifier du point de vue de la collectivité. Et ce quelque soit la manière dont ce remboursement intervienne, par le biais de l’employeur ou celui de l’imposition. La seule justification pourrait être des mesures favorisant le transport en commun, et encore. C’est l’un des thèmes abordés dans les films « Genevois Pluriels », consacrés à l’histoire et aux problèmes de la région, qui sortent le mois prochain en DVD et seront diffusés, suivis de débats dans les communes qui le souhaitent, à commencer par Versoix.

Cela étant, Mme Baud-Roche intervenait sur un cas précis, les tarif de la CGN qui coûtent 270 ou 330 francs par mois aux frontaliers de Thonon ou Evian travaillant à Lausanne, ce qui parait en effet excessif. Il serait intéressant de savoir si la CGN exploite là une clientèle captive ou si les frais spécifiques au transport aquatique justifient ces prix. Dans le Jura, des employeurs ont mis en place des services de cars, à l’image des ramassages scolaires, qui traversent la frontière. Pourquoi pas. Mais au final, tout à un coût. Economique et écologique, qu’il importe aujourd’hui de calculer avec précision, dans le cadre de politiques ayant des objectifs clairs.

Commentaires

L'idée n'est pas la pire, mais...

Du côté français, le réseau de transports en commun est sous-développé par rapport aux besoins de l'agglomération. Essayez d'aller de la Vallée verte à la Gare d'Annemasse ! En outre, le réseau cesse de fonctionner à 22 h 00, alors que nombre de frontaliers ont des horaires irréguliers (restauration, hôtellerie, hôpitaux).

La Maire de Thonon demande donc une incitation à utiliser quelque chose de tout simplement inexistant pour l'instant.

Écrit par : J.-L. Masson | 17/10/2011

L'adjointe au Maire (et peut-être future maire) s'exprimait sur le problème des navettes en bateau. Où de fait, la traversée en transports publics existe et de plus, malgré son prix excessif, reste nettement plus économique qu'une traversée en chris-craft... A moins d'oser l'aviron...

Écrit par : Philippe Souaille | 17/10/2011

bonjour M. Souaille
votre haine à l'égard du MCG et de ses élus vous font lire entre les lignes les propos de Mauro Poggia qui a écrit dans son blog, je le cite :
"C'est LeMatinDimanche qui nous l'apprend. Astrid Baud-Roche, adjointe au maire de Thonon-les-Bains,et membre du bureau du syndicat mixte de l'Agglomération franco-valdo-genevoise considère que les employeurs suisses qui emploient des travailleurs frontaliers français devraient payer au moins le 50% de leurs frais de transport"

Mauro Poggia parle bien de 50% et non pas de son entier comme vous l'écrivez dans votre blog

Toutes les vérités sont bonnes à dire !

Écrit par : justice | 17/10/2011

Justice, vous pinaillez dans le potage. Le problème n'est pas dans le pourcentage, qui d'ailleurs devrait être selon Mme Baud-Roche, telle que citée par le Matin, de 50 %, point barre et pas de "au moins 50%" comme le prétend Me Poggia, mais bien qu'il omette de préciser que cela ne concernerait que les frais de transports publics, ce qui est tout de même fondamentalement différent.

Écrit par : Philippe Souaille | 17/10/2011

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