21/10/2011

Tout accord avec l'UDC est un attrape-nigaud

Comme tout parti qui se respecte, l'Entente genevoise a un objectif: conquérir des voix et surtout des sièges, qui lui permettront de faire passer sa politique. Seulement, le nez dans le guidon, il lui arrive de ne pas le relever à temps, pour voir assez loin les chausse-trappes qui s'annoncent. Hors, gouverner, c'est prévoir.

Contrairement à ce que prétendent certains, il n'y a aucune fatalité à devoir opposer la gauche et la droite. Tout au contraire, sur des thèmes aussi cruciaux et centraux que la croissance et notre rapport au monde et à l'économie, en passant par l'Europe,  la gauche et l'extrême-droite se rejoignent.

Le paralèle, souvent dressé à droite entre la gauche qui s'allie (s'appuie) sur l'extrême-gauche et la droite qui de ce fait aurait le droit de s'allier à l'extrême-droite est faux. Il ne tient pas la route, car les situations sont différentes. Les partis du centre-gauche, soit les verts et la majorité du PS ne courent aucun risque de se voir bouffés/dominés par l'extrême-gauche. Cest évident à Genéve, comme à Berne. Même en France, on voit bien que c'est Hollande qui a gagné. C'est le centre gauche qui impose sa loi, celle du pragmatisme et du réalisme et qui de temps à autre, à son gré, concède des miettes à son extrême-gauche.

A droite en revanche, c'est différent. Que ce soit face au MCG ou à l'UDC (ou même au Front National en France), la droite républicaine est gravement menacée par les extrêmes. Au point, comme je l'ai déjà dit que l'on peut, que l'on doit craindre un renversement de balancier qui offrirait les commandes de la droite à son extrême. Une situation éminement dangereuse. Toute victoire de la droite unie ne sera pas une victoire de la droite, mais une victoire de l'extrême-droite. Outre qu'elle chassera une partie du centre vers la gauche, déplaçant le centre de gravité, elle conduira à l'adoption de mesures protectionnistes nocives à l'économie.

 

Commentaires

Entièrement d'accord avec vous.
D'où une programme de gouvernement négocié entre les socialistes, les Verts, le PDC et le PLR avec l'exclusion de l'UDC, qui deviendrait l'opposition.
Le siège de Maurer revenant aux Verts.

Écrit par : Bertrand Buchs | 21/10/2011

Dans certain cas un certain degré de protectionnisme est une bonne chose. Même le grand économiste libéral et prix Nobel d'économie Samuelson l'a dit.
Et il faisait référence au marché du travail dont il disait qu'il ne fallait pas qu'il soit totalement libre en référence aux problèmes... pour l'emploi que l'immigration engendrait.

D'autre part, on voit bien en ville de Genève comment ni la Droite, ni la Droite proche du peuple (UDC) n'arrive plus à battre la Gauche unie des dicttoriaux maoïstes polpotistes aux verts en passant par le PSG (Parti du Suicide Genvois).

Alors créer une machine à perdre et devenir la Droite la plus bête du monde est totalement inutile.

N'oublions pas non plus et c'est très important que en terme de votes, l'UDC vote sur une large majorité de sujet comme la Droite classique (celle qui perd ses électeurs). Plusieurs référendums initiés par l'UDC ont aussi montré que les autres électeurs de Droite se rallient volontiers à la Droite proche du peuple.

Écrit par : Anonyme | 21/10/2011

Vous oubliez le PBD, cher Bertrand, et les rares agrariens encore survivants à l'UDC. Le fait qu'il se soit ainsi développé rapidement un parti entre le PLR et l'UDC, issu des cadres de l'UDC qui ne supportait plus sa dérive extrémiste montre bien la gravité de celle-ci.
Tous les gens qui votent pour l'UDC ne sont bien sûr pas des fascistes, loin de là, et au sein même de ce mouvement, bien des militants n'ont pas conscience de la nature profonde des positions qu'ils défendent. C'est tout le problème du populisme: à force de simplifier les raisonnements, on finit par passer à côté de l'essentiel.
Par contre, il y a des gens, à l'UDC et autour, y compris parmi les anonymes des blogs, qui ont clairement sombré du côté obscur de la force.

Écrit par : Philippe Souaille | 21/10/2011

M. Anonyme, dans sa théorie du commerce international, article paru en 2004, Samuelson fait une brillante analyse des avantages et des inconvénients du commerce international. Non pas dans l'absolu, considérant l'humanité comme un ensemble, mais au regard des seuls intérêts étasuniens. Car il est étasunien. Et là il découvre, effectivement ce que les chinois - et d'autres, cela fait partie des thèses de mon livre "L'Utopie Urgente" écrit entre 2001 et 2004 - avaient compris avant lui...
A savoir que les institutions nées de Bretton Woods, à l'initiative des Etats-Unis, telles que l'OMC ou le FMI, sont des autoroutes bâties pour favoriser les échanges, mais que ces autoroutes sont à double sens. Du coup, les pays émergents peuvent en tirer profit au moins autant que les Etats-Unis ou les autres pays riches. Au point que cela va leur permettre de combler rapidement leurs retards de développement. Et faire perdre aux Etats-Unis leur position de leader incontesté et incontestable.
Je m'en réjouis. Non pas que les Etats-Unis perdent leur position de leader, je ne suis pas si mesquin (encore que...) mais que le nombre de pays et de régions du monde ayant voix au chapitre s'agrandisse. Et que les écarts de niveaux de vie entre pays riches et pays pauvres se réduisent. Cela n'est pas encore perceptible partout, nous sommes d'accord, mais nous sommes sur la bonne route. Grâce à la mondialisation.
L'un des problèmes qui demeure est l'existence d'une finance et d'hyper-riches échappant à tout contrôle, ce que l'on ne parviendra à contrer que par davantage d'intégration mondiale et certainement pas en relevant les frontières, et en perpétuant les rivalités entre pays comme voudraient le faire l'extrême-droite et l'extrême-gauche.
Le monde doit devenir plus équilibré. Comme vous le relevez fort délicatement ailleurs dans mon blog, j'ai de la famille en Afrique, et en Amérique latine, et je suis soucieux de leurs intérêts, autant que de ceux de ma famille en Suisse, ou en France. L'amélioration de leur situation passe par des efforts qu'ils auront à accomplir (c'est valable pour tous) et par l'accroissement des échanges. Le protectionnisme ne sert qu'à protéger les intérêts de certains contre ceux des autres. Là-dessus nous serons d'accord.
Mais de plus, et tout particulièrement dans le cas de la Suisse, qui ne possède comme ressource naturelle que sa matière grise et vit aux 3/4 de ses échanges, le protectionnisme constituerait un véritable suicide économique. Ou au mieux un retour en arrière de plusieurs décades dans nos conditions de vie. Nous avons des atouts, des compétences à faire valoir et c'est dans un monde ouvert que nous serons le plus efficace.
Il ne faut pas avoir peur de la concurrence, elle est stimulante. Et plutôt moins dangereuse que les affrontements violents auxquels ont toujours mené, historiquement les vagues de protectionnisme, systématiquement accompagnées et souhaitées par des mouvements de type fasciste.
Le peuple entend cependant plus volontiers les arguments populistes, qui l'appâtent à coups de verroteries politique (ya ka) tout en lui agitant sous le nez des muletas étrangères (c'est la faute à...). Mais c'est une escroquerie. Et ce n'est certainement pas une raison pour continuer d'essayer de convaincre. Tant qu'on nous laisse nous exprimer...
Au passage, je vous signale que M. Blocher, qui n'est pas idiot et sait très bien dans quel sens souffle le vent de ses intérêts économiques, lorsqu'il était au CF, a puissamment poussé à la conclusion d'accords de libre-échange avec les Etats-Unis... et la Chine.
Des accords ouvrant nos marchés, au détriment de nos travailleurs, en échange d'ouvertures de ces gigantesques marchés pour nos entrepreneurs. L'UDC en comptant quelques uns de très gros, à commencer par Blocher lui-même. Comme par ailleurs, il avait déjà délocalisé une partie de sa production, ce n'était même pas pour protéger nos travailleurs... L'UDC est très fort dans le "Faites ce que je dis, pas ce que je fais". Alors on dévie le mécontentement du peuple sur l'étranger du coin... Des méthodes aujourd'hui bien connues et identifiées.

Écrit par : Philippe Souaille | 21/10/2011

@ Philippe Souaille,

Lors d'une conférence à Genève en septembre, Monsieur Blocher a précisé que justement la libre circulation appliquée aussi massivement aux personnes n'est pas bonne.

Il a citer en fait, Milton Friedman lui aussi prix Nobel d'économie, et non pas Samuelson. Errare humanum est.

Je vous remercie de reconnaître que je sais faire preuve de délicatesse et de nous faire savoir que en plus d'avoir de la famille dans le "berceau de l'humanité", vous en avez aussi en Amérique Latine et en Gaule.

Écrit par : Anonyme | 21/10/2011

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