06/11/2011

G20 : des retombées d'une ampleur exceptionnelle + Sarko et la Suisse

Je soulignais dernièrement ce défaut de la démocratie qui ne défend que les intérêts de sa circonscription, ce qui peut s'avérer contraire à l'intérêt général, et partant aux intérêts bien compris de la circonscription en tant que membre de la société humaine. On vient d'en voir l'éclatante preuve au sommet du G20, où tous les commentateurs ont glissé comme chat sur braise sur deux nouvelles qui sont pourtant de taille à révolutionner la planète et qui d'ailleurs vont la révolutionner.

1) Les Etats-Unis acceptent d'entrer en matière sur l'idée d'une taxation des transactions financières. Soit en gros, la fameuse taxe Tobin, seule véritable bonne idée des altermondialistes et d'Attac. Oh, certes, pas tout de suite, cela va prendre du temps, il y aura de l'enfumage, mais c'est un pas décisif, d'autant qu'il s'accompagne du point 2, qu'il pourrait largement contribuer à financer:

2) Le G20 entre en matière sur l'idée d'un socle mondial d'assistance sociale, pour compenser le fait que dans la plupart des pays pauvres, il n'existe rien de la sorte pour la majorité de la population: ni assurance maladie, ni assurance chômage ou retraite, ni revenu minimal etc... Rien. Du tout. Ce qui fait que par exemple, empêcher les enfants de bosser dans des usines de tapis ou ailleurs équivaut juste à les condamner à crever de faim dans la rue. Cette idée, née à Genève au BIT, sous la houlette du socialiste chilien Juan Somavia, qui va bientôt quitter l'organisation, est sans doute le pas le plus décisif dans l'histoire de la solidarité depuis Proudhon...

Cela m'embête de le reconnaître, car le personnage m'insupporte, mais ce bouleversement potentiel immense, c'est en grande partie à Sarkozy qu'on le doit. Oh certes, l'immense boulot en amont a été abattu par les sherpas des organisations internationales, mais à ma connaissance, c'est Sarko qui a convaincu Merkel, puis Obama et les autres. Qu'il en soit ici publiquement remercié. Je ne crois pas qu'aucun(e) de ces chefs d'etats l'ait fait pour servir des intérêts - certainement pas électoraux - ou par gloriole personnelle.  C'est juste une évidence, pour toute personne réflechissant au fonds des choses, que la planète dans son ensemble ne pourra se porter que mieux après de telles mesures. Maintenant, il faut traduire en actes les bonnes intentions.

Problème, la démocratie a une autre épine dans le pied: le court terme. Souffrant ainsi du même défaut que le capitalisme. Ce dernier a besoin de bénéfices à court terme pour satisfaire ses investisseurs. Alors même que les investissements de longue haleine sont une nécessité. Idem pour la démocratie, dont les électeurs réclament des retombées immédiates, alors même que des sacrifices sont parfois nécessaires pour pouvoir améliorer les choses à long terme. Et long, ici, peut aisément vouloir dire plus des 4 ou 5 ans d’une législature.

Cela plombe les efforts de tous, qu’ils ou elles soient de gauche ou de droite. Ce qui est en train de se passer autour de la place financière en est un exemple parfait. A long terme, éliminer le risque énorme à tous points de vue du secret bancaire (même s’il est très rémunérateur à court terme) apparait comme une nécessité pour la Suisse. Sauf que de se refaire une virginité non seulement morale mais légale aux yeux des règlements internationaux en train de se mettre en place, cela va coûter un saladier. Que certaines petites banques ne pourront pas assumer et que d’autres plus grandes, règleront en licenciant… Mais à moyen terme, il faut en passer par là, si l’on veut tout simplement pouvoir continuer à faire du business avec l’étranger.

Dénoncer les accords envisagés ou passés, comme on le fait à l’extrême-droite, rapporte à l’évidence des voix du côté de ceux qui vont perdre de l’argent ou des salaires à court terme. Mais si l’on écoutait MM Nidegger ou Décaillet sur ces questions, le résultat serait une catastrophe économique majeure à moyen terme. Parce que la Suisse n’a en aucun cas les moyens d’imposer ses vues au reste du monde, surtout si ses vues consiste à continuer d’écrémer les hauts revenus de ce reste du monde.

A l’inverse, Sarkozy a un problème. Il aimerait bien conclure avec la Suisse, sur le projet ex-RUBIK, mais se retrouve coincé par son opinion publique. Qui risque de mal comprendre pourquoi l’on se contente de récupérer l’argent dissimulé aux impôts par le passé, sans exiger de pénalités à l’égard des dissimulateurs, ni même leurs identités. Pourquoi ? Tout simplement parce que cela rapporte à court terme, des sommes considérables et en plus sans frais de perception ni de justice, tandis qu’en cas de refus de l’accord, cet argent va probablement s’évaporer à Singapour ou ailleurs.

Il est donc fort peu probable qu’un tel accord soit signé avant les élections. A moins que les sondages soient tellement mauvais à un mois de l’élection que Sarkozy se dise : «  Foutu pour foutu, autant faire quelque chose de bien pour le pays, en diminuant la dette de quelques milliards à peu de frais et sans licencier aucun fonctionnaire ! » Le genre de choses qui font que les politiciens ne sont souvent jamais si grands que lorsqu’ils se savent sur le départ. Non, décidemment la démocratie a des effets bizarres.

Commentaires

ben... ouai , demander de traduire en actes les bonnes intentions et nous voilà devant la résistance du libre marché pour assouvir son pouvoir de décider sans la démocratie du peuple , et de citer qu'après les élections fédérales une vague de licenciements pour nous montrer que seul le profit compte au détriment des bonnes intentions au slogan publicitaire " pour amour de la suisse " !

Écrit par : Ben...ouai | 06/11/2011

"A l’inverse, Sarkozy a un problème. Il aimerait bien conclure avec la Suisse"
S'il voulait conclure quoi que ce soit avec la Suisse, il ne la jouerait pas si agressif. Parce que les Suisses, à tout prendre, vont attendre les élections présidentielles (68% fromage mou, 32% Sarko selon les derniers sondages) pour finalement ne rien signer du tout et laisser le peuple bidochon sombrer dans les affres de sa dette, sous les risées du monde entier...
En tout cas, moi, je le ferai comme ça.

Écrit par : Géo | 06/11/2011

Le libre marché est aux dimensions du monde, Ben Ouai. Il ne peut donc que très difficilement être contraint par des législations qui restent nationales. Par ailleurs, il est généralement admis que l'on ne peut s'en passer complètement...
Le G20 et les organisations internationales encore largement insuffisantes ont pour rôle de construire le monde mieux régulé et mieux coordonné de demain, mais ils ne disposent d'aucune baguette magique. Ni dans un sens, ni dans l'autre, contrairement à ce qu'aiment laisser croire les populistes et autres fervents défenseurs du "yaka..."
Pour ce qui est des licenciements, ce n'est que le début. La Suisse doit s'adapter à un monde qui bouge et ce n'est pas en continuant comme avant qu'elle le fera, mais en réduisant ce qui n'est plus assez performant chez nous pour inventer et construire ce qui le sera davantage. Nous avons la chance d'avoir des structures sociales qui permettent d'atténuer les méfaits du chômage. Ce n'est pas le cas partout. Les médicaments produits chez Novartis sont produits à des coûts qui les rendent inabordables pour près de la moitié de l'humanité...
Pour que cette moitié de l'humanité puisse les acheter et se soigner, il faut
1) qu'ils soient produits moins cher quelque part, ailleurs...
2) que cette moitié produise quelque chose qu'elle puisse vendre pour à son tour accéder à la cosommation globale...
Les limites de la planète n'étant pas infinies, tout cela implique que nous soyons un peu moins riches, pour qu'ils le soient davantage...

Écrit par : Philippe Souaille | 06/11/2011

Des billets bien riches en infos!

Bon dimanche Philippe

Écrit par : Gorgui Ndoye | 06/11/2011

l'enfumage nuit gravement à la santé.

Écrit par : briand | 06/11/2011

Je ne crois pas que les annonces soient finis.

Écrit par : bol chantant | 06/11/2011

les déclarations du g20 ne sont même pas des déclarations d'intention, elles n'ont juridiquement aucune portée d'engagement...

Qu'est-ce que cela veut dire lorsque les membres déclarent qu'ils "reconnaissent " qu'il est "important d'investir dans des socles de protection sociale qui soient adaptés à chaque situation nationale" ????

Point 6 Communiqué
Sommet des chefs d'État et de gouvernement du G20 -- Cannes -- 3-4 novembre 2011

Ca ne mange pas de pain et ça ne coûte pas cher,le très démagogue président français l'a bien compris, tout à coup il fait dans le social juste avant les élections... il se sert du G20 comme d'une tribune pour attirer à lui les voix sociales des électeurs français qui ne seraient pas tout à fait socialistes... et en plus cette campagne ne lui coûte rien puisque le sommet du G20 est financé pour partie par "l'Etat" français... le petit nicolas est malin, c'est surtout un démagogue né...

Lors du sommet du G20 a washington en 2008 les dirigeants et notamment ceux de la France et l'Allemagne s'étaient "engagés" (sic) à immédiatement ( au point 7 )
" Utiliser des mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des
résultats rapides ... " c'est pas exactement ce que l'on a vu en Grèce... ou au contraire sous le diktat de la France et de l'Allemagne on a induit des mesures d'austérité qui auront bientôt littéralement tué toute demande interne dans ce pays...

Mr Souaille n'aime pas la démocratie directe, c'est son droit, entre la démocratie directe et des décisions hors démocratie prises par les seuls dirigeants des hauts-exécutifs il choisit cette deuxième solution... c'est aussi son droit...

Chacun est libre de faire son choix et de décider selon ses intérêts de faire confiance à un système,la démocratie directe, qui permet de contrôler les décisions prises par les démagogues et les systèmes ( comme le système français qu'admire tant Mr souaille ) et où le peuple ne contrôle plus rien et où son activité se borne à "écouter" les propos de ceux qui savent bien parler...

Écrit par : 022 | 06/11/2011

@p.souaille
Vous parlez de "la Suisse " ? Chaussez de nouvelles lunettes pour découvrir que notre pays, après avoir cédé quelque 50 % de sa souveraineté sous la pression d'Etats tiers, est l'objet d'un chantage de l'Union européenne. Celle-ci "exige" maintenant que la Confédération reprenne automatiquement toute la législation pondue à Bruxelles. Je préfère cet article, (de Jacques-André Widmer) plus réaliste, au vôtre...

Écrit par : Anna Perrin | 06/11/2011

" A l’inverse, Sarkozy a un problème. Il aimerait bien conclure avec la Suisse, sur le projet ex-RUBIK, mais se retrouve coincé par son opinion publique. "

C'est l'éternel conflit entre le pragmatisme caractérisé par l'Allemagne, et le dogmatisme si cher à la France, un atavisme qui remonte à la Révolution.

Quand donc l'opinion publique française, si souvent en décalage avec la réalité, comprendra-t-elle que son quotidien a davantage à espérer du pragmatisme que des théories de Babeuf ou de Proudhon ?...

Quant au projet "ex-RUBIK", ce n'est pas une solution pérenne, juste un pis aller pour parer au plus pressé.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 06/11/2011

Mme Perrin, l'UE n'exerce aucun chantage sur la Suisse. Il se trouve que c'est la Suisse qui demande à accéder au Marché européen, car elle pense pouvoir en tirer profit. De fait, la Suisse a un besoin vital de ces échanges avec l'UE, tant en matière d'approvisionnement que de débouchés. Pour faire fonctionner ce grand marché, les pays membres ont décidé de règles communes. Il me parait on ne peut plus normal que si vous demandez à entrer dans une partie qui a déjà commencé, les joueurs vous demandent d'accepter leurs règles. Sinon, libre à vous d'aller jouer ailleurs.
Au même titre que vous êtes libre de préférer le blog de M. Jacques-André Widmer, et ses délires chauvins sur le registre un peu éculé du "on est les meilleurs et y en a point comme nous". Je ne citerai qu'un exemple, sa pique sur le passé colonial français, alors que la Suisse, ses entreprises et un certain nombre de ses citoyens ont toujours été mouillés jusqu'au coup dans les affaires coloniales des autres. De la traite triangulaire à l'Algérie...
Ce n'est pas vos lunettes que vous devriez changer, ce sont tout simplement vos oeillères que vous devriez enlever.

Écrit par : Philippe Souaille | 06/11/2011

Géo, il y a un truc que vous ne parvenez pas à comprendre, c'est que ce n'est pas la France qui est demandeuse, dans l'affaire ex-RUBIK, mais bien la Suisse. Car c'est cela ou l'échange automatique d'informations, ou encore le type d'accord passé avec les Etats-Unis qui font que quasi plus personne en Suisse ne veut de clients étasuniens... Tellement c'est risqué et compliqué.
Sans ces accords, ou sans l'acceptation des conditions de l'UE (et d'autres pays émergents), du pognon étranger en Suisse, il n'y en aura tout simplement plus du tout. Parce qu'il ne pourrait plus en sortir, pas même sous forme d'investissements, donc condamné à ne plus faire de petits...

Écrit par : Philippe Souaille | 06/11/2011

022, je ne suis pas un admirateur du système politique français. Je préfère le système suisse, sa démocratie semi-directe, ses directions collégiales et ses gouvernements consensuels permettant d'éviter l'alternance des extrêmes. Ce qui ne m'empêche pas d'estimer que notre système n'est pas parfait. Sur certains points même, le système français lui est supérieur, y compris d'un point de vue démocratique.
Par exemple, le financement des partis politiques est assuré en France par la collectivité publique et qui doit être entièrement transparent sur les financements privés, par ailleurs limités drastiquement. On ne pourrait pas voir, en France, un parti quelconque couvrir le pays de ses affiches avec des budgets venus d'on ne sait où. Y compris de l'étranger ou de sectes religieuses, qui sait, en Suisse, tout est possible...
Pour le reste, les promesses faites en 2008 ont été tenues. Il s'agissait d'abord de relancer la consommation interne, en France et en Allemagne, subsidiairement dans le reste de l'UE, par des allocations de crédit aux entreprises et aux particuliers. Cela fut fait et bien fait. Un peu trop même dans le cas de la Grèce, car il n'a jamais été dit que cela devait être à fonds perdus.
Les résolutions de ce sommet 2011 ne sont encore que des recommandations, pas des décisions ayant force de loi, mais c'est un début et c'est fort complexe à mettre en place. De quelle manière cela va-t-il se faire ? Qui va payer, combien et surtout qui va distribuer (donc recevoir) l'argent ? Autant de questions qu'il importe d'étudier pour passer du stade l'aumône charitable actuel à celui de vraies assurances sociales, comme ce fut fait en Europe entre la seconde moitié du XIXème siècle et la première moitié du XXème. Cela nous a pris 100 ans. Un peu de patience, donc.
Ah et puis 022, contrairement à certain leader d'un parti qui vous est cher, si je vous lis bien, ici ou là, si je suis double-national, je n'ai jamais brigué de mandat politique à l'étranger...

Écrit par : Philippe Souaille | 06/11/2011

1) Les Etats-Unis acceptent d'entrer en matière sur l'idée d'une taxation des transactions financières.
2) Le G20 entre en matière sur l'idée d'un socle mondial d'assistance sociale,

Pour aider vos lecteurs à se faire une idée de l'avancée que cela représente, pourriez-vous donner la référence de ces deux nouvelles ? J'ai cherché dans les documents finaux du sommet et je n'ai pas trouvé grand chose. Mais l'honnêteté m'oblige à reconnaître que je n'ai pas eu le courage de lire de bout en bout la prose prévisiblement infecte de ces .pdfs. Donc le paragraphe décisif m'a peut-être échappé...

Écrit par : Carlos | 07/11/2011

C'est amusant, Carlos, parce que vous faites la même remarque, dans le fond que 022. Qui lui a trouvé. Du moins pour la 2, parce que pour la 1, cela ne concerne que les seuls Etats-Unis qui étaient cependant jusqu'à présent le verrou principal. Pour le reste, je vous renvoie aux différents compte-rendus des conférences de presse finales et notamment de l'exercice télévisé commun Sarkozy-Obama.
Comme 022, vous me lisez apparemment assez mal. Je n'ai jamais dit que ces mesures essentielles allaient entrer en service demain. Tout au contraire, j'ai parler "d'entrer en matière sur l'idée..." C'est peu et c'est essentiel.
En matières de négociations internationales et commerciales, lorsqu'on reconnaît accepter le principe, on est finalement amené à accepter la chose elle-même. Mais si un contrat entre deux vendeurs de bagnoles peut se conclure en 30'' sur une poignée de mains, entre deux Etats, c'est infiniment plus long. Alors entre 20 imaginez...
C'est pourquoi j'ai précisément parlé du temps long de la politique et de la réalité, qui s'oppose aux désirs de résultats immédiats de la démocratie. Cependant, il y a des périodes d'accélération de l'Histoire. Nous sommes entrés dans l'une d'entre elles. Nul ne sait ce qui en sortira. Mais au moins les solutions sont écrites et la voie est tracée. Elle est étroite. Menacée constamment d'éboulis, bordée de précipices insondables. Il appartient désormais aux peuples de la suivre ou de se fourvoyer vers de nouveaux conflits.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/11/2011

Jean, concernant le projet "ex-RUBIK", je suis tenté de penser comme vous. Cependant, lorsque Patrick Odier prit sont bâton de pèlerin pour aller convaincre les capitales européennes, je n'aurais pas parié 10 centimes sur sa réussite. Enfin, si peut-être 10 cts, pour lui faire plaisir... Mais aujourd'hui, deux pays majeurs ont signé l'accord. Qui n'est cependant pas encore entériné par les parlements respectifs. Et les étasuniens, depuis une douzaine d'années, ont obtenu davantage... Mais l'UE, France comprise, a besoin d'argent frais. Tout de suite. Ce qu'apparemment, si j'en crois les blogs français, une partie plus importante que ce que je pensais de l'opinion semble assez bien comprendre. Alors wait & see.
Et puis, même si ce n'est qu'un pis aller temporaire, cela aura permis à nos banques d'opérer une mutation coûteuse mais nécessaire, et à nos clients de se retourner, autant que possible, en regard du changement des conditions cadres qui leur avaient été promises, mais que nous ne sommes plus en mesure d'assurer.
Time is money...

Écrit par : Philippe Souaille | 07/11/2011

Ornavasso, les commentaires stigmatisant des catégories de personne en raison de leur race, couleur, religion ou nationalité, je ne publie pas. Par principe personnel et en plus parce que cela peut tomber sous le coup de la loi. Allez éructer vos bouffées délirantes et racistes ailleurs. Merci.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/11/2011

Je me marre quand je lis vos écrit sur l'obligation pour la Suisse d'abandonner son Secret Bancaire alors que depuis des mois nos concurrents dans le monde captent l'argent qui avait été placé en Suisse.

Il est scandaleux que notre Nation soit régulièrement attaquée, car considérée comme une cible facile, étant un petit pays.

Dans le même temps, de nombreux clients étrangers redirigent leur argent vers des pays que personne ne critiquent et qui sont:

Les USA, la Grande-Bretagne, les bahamas, Singapour, Hong Kong, Macao, Panama, Dubaï, Monaco, Jersey, Guernsey, etc...

Dans le cas des USA et de l'Angleterre il est à noter que des systèmes de trusts inviolables captent des montants incroyablement plus élevés que tout ce qui a pu être déposé en Suisse.

De leur côté, Hong Kong et Macao sont protégés par le leader du Monde en devenir qu'est la Chine. Vous noterez que dans son discours récent à la TV française, le nain Sarkosy rappelait que la Chine détient 60% des réserves de changes du Monde. Il se garde bien de les attaquer sachant que la France risque fort d'avoir besoin de l'aide financière de la Chine dans les prochains mois.

Il faut arrêter de se montrer faible.

Dans la cour de récré ce n'est que le jour où vous arrêter de vous laisser faire qu'on vous respecte. Avec le nain sarkosy il faut faire de même.

En bonus, vous trouverez un article du Guardian qui montre comment une banque américaine à elle seule (Wachovia en l'occurence) a servit à transférer en dehors des règles 378.4 milliards de dollars (oui, milliards) en provenance du Mexique gangréné par les cartels de la drogue mexicains et ne trouve se sanctionnée qu'à hauteur de quelques dizaines de millions sans personne en prison. On est bien loin des 750 millions d'amende de l'UBS et de la liste des 4'500 clients fournies rétro-activement sous la menace américaine.
http://www.guardian.co.uk/world/2011/apr/03/us-bank-mexico-drug-gangs

Écrit par : Anonyme | 07/11/2011

Marrez-vous anonyme. Les trusts anglo-saxons c'est on ne peut plus vrai. Les milliardaires armateurs grecs en savent quelque chose. Cela fait un paquet d'années que je dénonce ce scandale, avec d'autres bien sûr. Mais créer un trust coûte très cher, quelques dizaines de milliers de Francs à minima, exige un homme de paille et ne peut concerner qu'une partie de l'évasion fiscale. Pas les gros bataillons de dentistes de province.
Votre liste des paradis fiscaux, en revanche, date un peu, les îles anglo-normandes, par exemple, ont quasi fermé boutique. A Singapour, c'est l'embellie, mais les experts lui donnent 5 ans, pas plus,avant de devoir rentrer dans le rang. Le Delaware n'est plus un paradis pour les sociétés étasuniennes, mais pour les étrangères, en revanche... On pourrait multiplier les exemples. Un gros tas d'argent est parti ailleurs, mais un autre gros tas est reparti dans ses pays d'origine, dûment taxé. C'est une évolution inéluctable.
Pour le reste, relisez-vous: le pourquoi et le comment sont inclus dans votre texte. La Suisse est petite, très petite. C'est bien joli de vouloir jouer les cadors à la récré, mais si vous êtes à l'école enfantine et que ceux qui vous embêtent ont l'âge de la matu, vous n'avez aucune chance. Même en vous montrant intraitable.
La seule solution, dans ce cas, c'est de recourir au règlement, au surveillant ou à l'instit. Sauf que si c'est vous qui depuis 50 ans, piquez les billes des grands, vous allez avoir du mal à vous expliquer. Mieux vaut d'abord rendre les billes et ensuite démontrer que bien qu'encore en maternelle, vous êtes hyperdoué et que si l'on vous confie des billes, vous saurez les faire fructifier mieux que les autres. Voilà, c'est assez clair comme ça ?

Écrit par : Philippe Souaille | 07/11/2011

@ Philippe Souaille,

Je commence bien la semaine grâce à vous.

Deux rigolades ce matin.

(1) en nous montrant faible nous attirons les menaces. C'était De Gaulle qui le disait déjà en son temps.

(2) Petit ne veut pas dire que nous ne sommes pas costaud. En lutte, un centre de gravité bas est fort utile.

(3) Avec votre système de pensée vous accepter systématiquement les règles qui vous sont imposées et qui changeront en fonction des intérêts de votre gros partenaire. Vous lui donner la main et il vous arrache les c.....es.
Du genre, il faut arrêter le Secret Bancaire, puis il faut payer pour contribuer à ceci et cela, puis il faut monter vos taxes au niveau innefficient qui caractérise ma nation en faillite (et qui va vous mettre en faillite aussi 20 ans plus tard), il faut accepter mes règles de santé pour les produits dangereux, il faut limiter les droits souverain de votre population car nos décisions sont supérieures, etc...
Au final vous transformez la Suisse en aspirateur à problèmes des autres à deux doigts de la faillite... Vous la transformez en l'autre.

(4) Intéressant que vous vous gardiez bien de commenter l'article du Guardian sur les $ 400 milliards sortis du Mexique pour aller dans une banque US. Vous imaginez le reste au niveau mondial?

(5) Très intéressant que vous ne parlez pas du Secret Bancaire chinois via Hong Kong et Macao. La Chine le futur leader du Monde. Et là l'ouverture d'un compte est bon marché pour votre dentiste de province.

(6) rendre les billes qui nous ont été données je vous le rappele par des clients qui nous font confiance. Ce n'est pas rendre quelque chose de volé.

(7) Qui vous dit que le suisse est un élève plus doué que les autres. Vous êtes le premier à rejeté le racisme. Alors, qu'est-ce qui vous permet de dire que nous soyons hyperdoué. Le QI n'est-il pas distribué de la même façon dans le monde avec seulement 2% de la population d'une nation ayant plus de 130? Contairement à des pays comme la Norvège qui ont 35% de leur revenus qui viennent du pétrole, notre pétrole c'est le Secret Bancaire.

Écrit par : Anonyme | 07/11/2011

Eh bien vous ne me faites pas rire Anonyme car vous me forcez à répéter ce que j'ai déjà écrit ci-dessus, notamment en réponse à a.perrin. Il existe tout de même des règles internationales et les gros n'ont en principe pas le droit d'embêter les petits juste pour rire. L'UE n'exerce aucun chantage sur la Suisse. C'est la Suisse qui a besoin d'accéder au Marché européen. Notamment en matière financière. C'est exactement pour ça que la Suisse a depuis 12 ans rendu toutes ses billes aux Etats-Unis, parce que le grand méchant de Washington la tenait par les bourses. Et qu'elle a préféré conserver ses coucougnettes... Nonobstant quelques petits malins dans votre genre qui ont tenté (vainement) de planquer quelques sacs en douce.
Si la Suisse décide d'ignorer le marché européen (et en fait le marché mondial), libre à elle. Cela équivaudrait à tenter de faire l'école à domicile... Plus aucun risque à la récré. En revanche, si elle veut aller à l'école, faut accepter le règlement commun. Et les billes appartenaient à des gens qui auraient normalement du en donner une partie à leurs fiscs respectifs. Donc oui, quelque part, c'était du vol. Et vous pouvez toujours essayer de courir plus vite, mais plus vous le ferez et plus vous risquerez de vous faire exploser si on vous rattrape.
Pour ce qui est des comptes en Chine, il existe aujourd'hui un contrôle des transactions électroniques interbancaires extrêmement efficace. Le secret est devenu incroyable relatif. Savez-vous que Moscou, par exemple, connait très probablement par le menu le détail de TOUS les comptes russes en Suisse ? Et pour déplacer des liasses de billets dans une valise à Hong Kong, cela risque de lui coûter fort cher au dentiste... Sans compter que pour sortir son pognon de sa banque suisse en liquide, il devra le justifier...
Maintenant que la Chine ou les Etats-Unis maintiennent des conditions cadres inégales et injustes, je le dénonce au moins autant que vous, depuis des années et à visage découvert. La solution, c'est précisément d'arriver à leur faire admettre que les règles s'appliquent aussi à eux. C'est une question de rapports de force (et sur ce coup, la Suisse peut trouver des alliances de poids), mais pas seulement.
La diplomatie, les mouvements populaires dans ces pays, l'urgence d'une gouvernance mondiale sont les pistes qui peuvent peu à peu contraindre les gens à se plier aux règles du bien commun. Comme ils le font déjà dans d'autres domaines. Même s'ils rechignent. C'est là notre savoir faire. Reconnu. De même que nous avons un savoir-faire et une expérience reconnue en matière financière.
Cela n'a strictement rien à voir avec du racisme, d'autant que ce savoir-faire est largement du à l'importation année après année de jeunes et brillants financiers venus du monde entier, de toutes races, couleurs et religions.
Mais allez-y, jouez à la tactique du hérisson, fermez les frontières et envoyez paître le restant de la planète. L'argent qui dort en Suisse, vous en faites quoi ? La Suisse ne pouvant vivre en autarcie, son économie s'effondre. Et l'argent étranger ne peut plus fructifier sur les marchés internationaux, notamment émergents, là où les taux de croissance à plus de 5% permettent encore de faire des bénéfices corrects. Il va rester combien de temps en Suisse, à votre avis, si sa valeur ne fait que diminuer ?

A part cela, c'est tout de même amusant que l'essentiel de mon texte était axé sur une potentielle révolution fondamentale des équilibres mondiaux, qui pourraient faire changer la donne de l'immigration, du commerce international, du prix des matières premières, des minimas syndicaux au nord comme au sud etc... Révolution initiée à Genève, au BIT... Et que l'on ne parle plus que d'évasion fiscale... La Suisse a un problème, m'est avis. Un gros. Et qui risque de faire très mal lorsqu'il va lui retomber dessus.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/11/2011

Un point qui me semble révélateur du climat du G20, tient à l’humiliation inutile qu a du subir Papandreou de la part des Merkosy, 2heures d'attente, aucune réception à l'entrée du chapiteau alors que le clown français est à la tête du pays dont la dette cumulée est supérieure à celle de la Grèce et dont les seuls intérêts à payer représentent la plus grande augmentation budgétaire des ces dix dernières années.
Il Y a des procédures précises , pour qu'un pays sorte de la Zone Euro , cela ne dépend pas uniquement de Merkosy .
Après avoir admonester la Grèce, puis l'Italie puis la Suisse, le courageux Nic. a laissé le soin de présenter la douloureuse française à son premier ministre .
Au delà des effets d'annonce sur les paradis fiscaux " la énième " sur la taxe Tobinet sans aucun calendrier d'application , on reste dans le flou artistique sur le devenir de la zone Euro , en cas de taux de croissance anémique, ce que indomptable Angela a laissé entendre manifestant là un courage . Bref on attend avec impatience le prochain sommet de la dernière chance , et ainsi de suite.

Écrit par : briand | 07/11/2011

Achteufel,Philippe Souaille, che ne kommentature pas l'ensemble du billeten...Che déklare chuste que c'est une manoeuvre (ja au sens militarische) de temporisation unt propageandstaffel!
La preuve ist les tailles dans les aides sociales en France (et partout auch! évidedément, même ici chez le schwitzerkannif)... Haben-sie horen? dans le poste?*
Wieso, si l'intention était réelle, ce n'est pas ce qui se passerait, neiiin?

Unt ch'espères que vous n'allez pas antwörten que c'est une mise à niveau voire à caniveau actueldément, avec la non-existence ou quasi d'aide-sociale dans les pays du Sud... Une solidarité immer tirée vers le bas sous prétexte il y a plus pauvre, alors qu'il y a immmmmmensedément pluuuuuuuuusssssse RRRRRRIIIICHES!

Das ist passiert partout est très graaave! ja, on sent monter une odeur qu'aime lecolonel Kilgore! Mais la victoire n'a pas cette odeur! Ni même la fin de la krieg!
Bien à vous Philippe
=@rb=(+) r dk

*Ch'ai ein freund français qui ne s'en sort plus, avec les coupes et exigences déjà subies dernièrement, cette fois... Il pourrait bien ne plus se payer le toit... Inkiétant!

Écrit par : Redbaron 'r dummkopf | 07/11/2011

"Sans compter que pour sortir son pognon de sa banque suisse en liquide, il devra le justifier..."

Mis à part justifier qu'il a une créance contre la banque ("il a de l'argent à la banque" ), de quoi doit-il justifier ?

Il est vrai que Des banques ont empêché des retraits en liquide dans l'attente de Rubik pour les clients Rubikables. Ce qui est parfaitement illégal. Après avoir balancé les clients, Des banque suisses les rançonnent. Elles ne paient pas ce qu'elle doivent à première demande. Des voleuses.

Ces banques se sont suicidées. Plus personne ne leur fera plus jamais confiance. Mais c'est ce que vous avez voulu. Vous avez réussi.

A titre personnel, je ne connais qu'un cas précis. La banque a fini par remettre en numéraire ce qu'elle devait remettre en numéraire plutôt que de payer des dommages et intérêts en suite du dommage causé par son refus de payer ce qu'elle devait incontestablement payer en monnaie libératoire du pays. D'ailleurs, il s'agissait d'un dommage construit. Et c'est une des excellentes méthodes pour éviter de mettre la banque au poursuite.

Peut-être est-il sage pour tout les épargnants de vider leurs comptes. De n'y rien laisser. De toutes les manières, laisser son argent dans une banque ne rapporte rien au client et il risque de tout perdre.

Pour trouver ces turpitudes bancaires normales, il faut être de mentalité française jusqu'à la moëlle des os au point d'ignorer la loi française. C'est votre cas.

Quant au G20. L'essentiel n'a pas été traité. Ne le sera pas. Il n'y aura pas de mondialisation humaniste. Il y aura des conflits armés inter-blocs.

Écrit par : CEDH | 07/11/2011

Je ne crois pas, redbaron. Bien sûr que cela peut servir sa propagande, la preuve, c'est qu'il est remonté de quelques points dans mon estime... Mais au-delà, il n'y a pas d'intérêt contraire fondamental à la mise en place de telles mesures mondiales. Il y a juste de très grosses difficultés de mise en application. Mais si l'on y parvient, les avantages, pour tout le monde, devraient être largement supérieurs aux inconvénients. Dès lors d'avoir contribué à leur mise en place serait assez satisfaisant pour l'ego d'une personne de petite taille qui en souffre depuis son enfance :-)
Qui songerait aujourd'hui, même à droite, à revenir aux conditions du XIXème siècle avant l'invention des assurances sociales ? La société dans son ensemble est beaucoup plus stable et durable ainsi... Plus agréable pour tous ! Après, il y a bien sûr des réglages possibles, pour éviter les effets de seuil, rationaliser les aides, ou réduire les mauvais côtés de l'assistanat... par exemple éviter que de soi-disant chômistes détournent leurs aides en peignant dans leur antre des tableaux révolutionnaires mettant en péril les équilibres sociaux... Nan, je plaisante là, pas la peine de vous étouffer, c'était une blague... Allez recracher le triplan, Donnerwetter...

Écrit par : Philippe Souaille | 08/11/2011

CEDH, vos obsessions vous aveuglent et vous font lire le droit à l'envers.
Les banques ont l'obligation légale en Suisse de renseigner les mouvements de fonds qu'elles effectuent. En particulier les mouvements en liquide, à partir de certains montants. Essayez de changer 5000 francs en liquide n'importe où et vous devrez remplir des papiers, prouver votre identité. Lorsque ces montants atteignent des sommes de plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de francs, ou plus encore, cela devient carrément très chaud.
Normalement une banque ne doit pas laisser sortir en liquide de telles sommes, même si elles appartiennent à son client, sans que l'usage des fonds sous cette forme soit dûment justifié. Et au moindre soupçon, la banque a l'OBLIGATION de dénoncer le cas aux autorités fédérales de contrôle, la FINMA. Et ce notamment pour répondre aux obligations internationales de lutte contre le blanchiment. Celles-là même que la Suisse se vente urbi et orbi de respecter mieux d'autres, et à juste raison.
Avez-vous entendu parlé du trafic de drogue, CEDH ? Du trafic d'armes - le cas échéant nucléaires - de la traite des êtres humains et du proxénétisme, du trafic d'influences en tous genres, de déchets polluants et j'en passe. Je comprends qu'en tant qu'avocat, la perspective d'une Suisse abritant des hordes de maffieux vous électrise, il y aurait des honoraires à se faire... mais je doute que cela corresponde aux voeux de la majorité de nos concitoyens.
En ce qui me concerne, cela me casse souverainement les pieds de devoir justifier les 5000 francs que je change en liquide, ou le pourquoi du comment de cette vente en liquide que j'ai faite à une télé africaine d'un de mes films africains (parce que si cela n'avait pas été cash, contre la cassette, j'avais 9 chances sur 10 de ne jamais voir mon argent), mais je préfère cela et pouvoir me dire que le dealer du coin, dans le parc à côté du collège de mes mômes, a les mêmes difficultés. Et son boss aussi. Et le boss de son boss. Et qu'au final, si ce dernier est arrêté un jour, ce sera sans doute à cause de biftons mal lavés...

Écrit par : Philippe Souaille | 08/11/2011

1. "Normalement une banque ne doit pas laisser sortir en liquide de telles sommes, même si elles appartiennent à son client, sans que l'usage des fonds sous cette forme soit dûment justifié." (Dès plus de 5'000 francs).

Vous confondez un peu tout. L'identification du cocontractant et de l'ayant droit économique par un intermédiaire financier. Où une réglementation rigoureuse existe.

Le devoir de diligence dans l'acceptation de fond par un intermédiaire financier. Ou un devoir de diligence existe. Un bureau de change accepte avant de rendre !

Pour ce qui est du refus pour une banque de payer à première requête ce qu'elle doit, il s'agit d'une violation de ses obligations contractuelles. Refus qui est de nature à engager sa responsabilité contractuelle. Auriez-vous l'obligeance de m'indiquer les dispositions de droit public qui justifierait une telle violation ?

En passant, retirer son argent pour éviter de le perdre dans une faillite bancaire me semble un bon motif. Et un commerçant en voiture n'est pas un intermédiaire financier, qu'il vende une fiat 500 d'occasion ou une Bugatti veyron SS.

Quant au dealer du coin, trouvez vous un Procureur, donnez les moyens matériels et intellectuels à la justice et à la police, veillez à ce que l'Etat puisse exercer ses tâches régaliennes, mais fichez donc la paix aux honnêtes gens. D'ailleurs, le dealer du coin à besoin de blanchir son argent, soit de le rentrer dans le système légal. Pas de le sortir. Le problème est l'abondement du compte, pas le retrait du compte.

Je le répète, votre mentalité est celle du français, qui paie tout par chèque ou carte et tombe en syncope devant un billet de 500 Euro. D'un français qui pense qu'il y a légalement dans son pays un montant maximal aux transactions en numéraire.

"Normalement une banque ne doit pas laisser sortir en liquide de telles sommes, même si elles appartiennent à son client, sans que l'usage des fonds sous cette forme soit dûment justifié."

Au delà de toute considération juridique, et j'attends votre réponse car je dois dire qu'elle m'intéresse puisque dans le cas relaté (quelques centaines de milliers) le louche banquier et ses juristes n'ont trouvé aucun motif, je trouve que votre attitude est faciste, au sens commun du terme, peut-être devrais-je dire totalitaire.

2. S'agissant du G20. Je le trouve vain. Tant que le problème de la monnaie internationale de réserve ne sera pas réglé, il n'y aura aucun progrès. Mais pour ce faire l'occident devra arrêter de se croire au centre du monde. L'UE devrait se rapprocher du BRICS et non des USA. Si ce n'est par conviction, par pragmatisme. Sarko-Obama c'est la conférence des perdants, des éclopés. Sarko-Hu, cela aurait été prometteur.

Écrit par : CEDH | 08/11/2011

Vous êtes lourd, là, CEDH. Mais amusant. Durant des décennies, on a moqué les Français pour être les champions de l'évasion fiscale, grands rivaux des Italiens et de leurs combinazione... Les Suisses étant les bons élèves, propres sur eux, sans rien qui puisse ressembler à des dessous de table... Et là, tout d'un coup on inverse le schéma.
Si je n'ai pas commenté dans ma première réponse, je vous rappelle que j'ai fait toute ma carrière à Genève, en plus d'avoir passé mon enfance à Neuchâtel et que je suis à peu près aussi familiarisé que vous avec les BVR et les calculettes de nos moyens de paiment par Internet. Sans oublier les comptes salaires... parce que les paiements en cash, ce n'est pas donné à tout le monde !
Je me souviens même des "eurochèques", je crois que c'est comme ça que ça s'appelait, du temps où les banques suisses émettaient des chèques dont la seule différence avec les français, c'est qu'ils n'étaient pas reliés dans un chéquier...
Accessoirement, lors de tournages de fiction en Afrique, je me suis retrouvé avec plus de liasses de billets dans les poches que vous ne pouvez imaginer. Pour payer des équipes de 50 personnes en millions de francs CFA... Des sacs entiers. Alors si vous le voulez bien, arrêtons d'évoquer de soi-disant travers culturels largement fantasmés et parlons chiffons:
Le fait est que l'utilisation de cash est de plus en plus réglementée, partout dans le monde. Pour lutter contre le blanchiment, les trafics divers, le travail au noir, le marché noir, l'évasion fiscale et j'en passe. En Suisse aussi. Et quand d'importantes sommes d'argent liquide entrent ou sortent du circuit officiel, les banques ont l'obligation d'en connaître les causes. Sinon, elles se font taper dessus par la FINMA et c'est pour ça qu'elles paient très cher, depuis une douzaine d'années des bataillons de juristes et même des flics !
Il se trouve que l'ayant droit économique peut donner une réponse style "c'est pour mes besoins personnels", et que la banque devra s'en contenter, mais qu'ensuite le client pourra avoir à rééxpliquer le pourquoi du comment avec la justice et/ou le fisc. Sinon, il serait par exemple trop facile de sortir sa fortune en cash le 30 décembre, pour la remettre en banque le 2 janvier, rien que pour ne pas payer d'ISF dessus.
C'est peut-être du totalitarisme, mais personnellement, cela me fait moins peur que de voir se reproduire des fortunes milliardaires qui peuvent acheter qui elles veulent quand elles veulent, à coups de millions (en liquide) qui ne leur coûtent que des clopinettes en regard de leur fortune.
Quant à la répression du trafic, je vous trouve bien naïf. Ou ignorant pour un juriste. Les mouvements de fonds, fiduciaires ou en cash, sont toujours le talon d'Achille des truands. La Suisse peut décider qu'elle sert à les couvrir, mais elle doit le faire en connaissance de cause, sans se cacher derrière une hypocrisie bidon. Elle doit aussi s'attendre, dans ce cas, à se faire tomber dessus à bras raccourcis par le reste des autorités du monde... Heureusement, pour l'heure et depuis 12 ans, elle a pris le chemin inverse...
Pour ce qui concerne le G20, l'axe UE-USA me semble un peu dépassé. Je préférais la vision chiraquienne du multilatéralisme, en y incluant bien entendu les Etats-Unis, encore incontournables pour un bout de temps.

Écrit par : Philippe Souaille | 08/11/2011

1. Avoir coincé Al capone pour fraude fiscale est tout de même un échec, puisqu'il est demeuré innocent de nombre de meurtres.

Cela retournons à nos moutons. Vous avez écrit : "Normalement une banque ne doit pas laisser sortir en liquide de telles sommes, même si elles appartiennent à son client, sans que l'usage des fonds sous cette forme soit dûment justifié." (Dès plus de 5'000 francs).

Pour ce qui est du refus pour une banque de payer à première requête ce qu'elle doit, il s'agit d'une violation de ses obligations contractuelles. Refus qui est de nature à engager sa responsabilité contractuelle. Auriez-vous l'obligeance de m'indiquer les dispositions de droit public qui justifierait une telle violation ?

Votre absence de réponse, laisse entendre que ce que vous écrivez est juridiquement infondé, que vous le savez et que vous faites de la propagande pour vos amis banquiers. Les banquiers qui ne veulent pas payer Rubik de leur poche. De l'intox, quoi ! En tous les cas, tant que vous n'aurez pas démontré ce que vous alléguez, c'est ce que je penserai.

J'y pense, si je retire 5'000 francs au distributeur de ma banque à minuit moins une et 5'000 francs à minuit une, j'ai retiré 10'000 francs dans deux opérations manifestement liées ? Faut-il mettre l'automate en prison ? Me mettre en prison ? Faire un signalement à la FINMA ?

J'ai rarement vu, si je ne l'ai jamais vu, un client payer à la migros avec un chèque. Alléguer le contraire c'est ne connaître que migros france.

Il est clair que pour vous l'argent c'est sale. Que le cash est une horreur. Que les allemands qui font un bien plus large usage du cash sont des barbares, ce d'autant que c'est eux qui impriment ses satanés billets de 500 euro. Bref que vous êtes aussi français.


2. Pour le G20, vous qui m'accusez de ne pas prendre en compte le basculement planétaire en cours, je vous trouve bien conservateur. On a l'impression que vos européens pensaient que les chinois et les autres Bricsiens allaient casquer. Aux chinois, on leur a fourgué des trucs US, dollars, bons du trésor, Fanni mae, Freddy mac, bref de la verroterie dématérialisée. Alors il est temps qu'il se méfient, non?

Maintenant c'est quoi la suite ? La planche à billet. Mais les allemands n'en veulent pas, ou alors ... alors quoi au fait ? Vous avez un tuyau ? Comment faire tenir la zone euro, sans apports extérieurs et sans augmentation de la masse monétaire ? Je ne vois pas. On se rapproche du crash franco-allemand et de la constitution de la zone euronord. A moins que vos lumières ...

Écrit par : CEDH | 08/11/2011

CEDH, les mouvements de fonds importants en liquide sont ce que les professionnels de la lutte anti-blanchiment (anti-monney laundring officers en jargon bancaire) appellent un "Red Flag". Qui dans ce cas précis n'est pas une limousine communiste chinoise, mais un signal de suspicion de blanchiment. Ils ont l'obligation d'en comprendre les tenants et les aboutissants afin de pouvoir renseigner la FINMA, le cas échéant l'avertir ainsi que les autorités judiciaires.
C'est par exemple ce genre de choses (la sortie de grosses sommes en liquide alors même que l'argent était entrée sur les comptes sous forme fiduciaire) et leur dénonciation par la succursale genevoise d'une grande banque suisse qui a permis en son temps le déclenchement d'une enquête judiciaire sur de très hauts fonctionnaires de l'OMM. Qui arnaquaient joyeusement leur organisation en se faisant attribuer des mandats de coopération bidons.
Ce qui a entre autres coûté sa place au précédent secrétaire général de cette organisation, financée par des fonds publics. Donc par les contribuables du monde entier. Il y en avait pour plusieurs millions, depuis des années, et plusieurs très hauts fonctionnaires amateurs de grosses berlines allemandes étaient concernés.
La Suisse est à la pointe du combat contre le blanchiment depuis des années, pour satisfaire Washington et Bruxelles, certes, mais aussi parce que des patrons de nos banques, notamment des banquiers privés de vieille souche protestante ont encore des principes. Contrairement à certains self made men zuricois d'origine bâloise amateurs d'Aston Martin recarrossée en break de chasse.
Ou, dit autrement, ils en avaient un peu ras le bol d'avoir pour clients la lie de l'humanité: cela fait désordre dans les cocktails, tous ces scandales. Surtout lorsqu'on prétend gérer le pognon des fonds de pension du monde entier.
Problème, la jurisprudence en Suisse fait qu'effectivement des clients exigeant leur argent en cash peuvent l'obtenir. Cela pourrait changer un jour. Parce que rien dans la loi ne précise non plus sous quelle forme le client doit pouvoir recevoir son argent.
Il est évident qu'un certain nombre d'avocats et d'officines de ce pays en profitent pour se faire des coucougnettes en or massif en allant pointer tous les matins dans leur job d'hommes de paille de fortunes diverses et variées. Si la loi contraint les banques à connaître "l'ayant-droit économique" d'une fortune quelconque, au travers de la "form A" (pour les personnes privées) et de la "form T" (pour les trusts), une spécificité suisse, la banque peut aisément être trompée sur l'identité réelle de cet ayant-droit, à partir du moment où les transferts se feraient en liquide.
C'est pourquoi des juristes de banque estiment qu'un versement par chèque (un chèque de banque, donc, pas l'horrible truc français non endossable qui sert juste à payer à la Migros d'Etrembières :-) devrait pouvoir être considéré comme de l'argent physique puisqu'il peut être transmis, gagé etc... Le truc essentiel restant qu'on saura toujours à qui il a été remis et quel sera l'utilisateur final qui l'aura encaissé :-)
Contrairement aux banques, qui ont une obligation légale, commerciale, et même sociétale de respectabilité, les intermédiaires financiers, avocats et autres n'en ont aucune. Ils peuvent servir les intérêts de qui ils veulent, même de Kadhafi si ça leur chante. C'est leur droit d'essayer de maintenir ce privilège, qui sert avant tout à couvrir des trafics de toutes sortes, à commencer par la corruption.
C'est le droit et même le devoir des banques et de la société d'essayer d'y mettre fin, ou en tout cas de le contrôler, car cela porte atteinte à leurs intérêts professionnels comme à ceux du pays. En dehors du fait que c'est profondément injuste à l'égard de l'immense majorité des habitants de ce pays qui, en tant que salariés, n'ont aucune chance, eux, d'échapper au fisc.
Partant de là, CEDH, vous pouvez bien me traiter de français, je ne peux que constater que sur ce coup, le système juridique helvétique actuel ne protège ni les intérêts du pays ni ceux de sa population, mais bien ceux d'une petite catégorie de spécialistes de l'évasion fiscale et de la domiciliation de personnes douteuses, qui pour l'essentiel, sont des juristes. Un peu consanguin, non ? Et pas très démocratique.
Il faudra bien que la jurisprudence bouge. Si elle ne le fait pas, ce sera probablement la loi qui changera. Car elle s'écrit au parlement et n'a pas pour objectif de protéger les intérêts obscurs d'une minorité. D'autant que cela devient schyzophrène: si le responsable compliance d'une banque laisse passer des échanges suspects sans les signaler à la FINMA, il risque non seulement sa place, mais toute sa carrière. Cela vient de se produire à Bâle, et le responsable concerné a reçu l'interdiction formelle d'exercer désormais sa profession. Or jouer les lampistes pendant que d'autres s'en mettent plein les poches, ça fâche !
Vous parlez beaucoup de démocratie, CEDH, mais ce qui est en train de se passer, au niveau mondial, c'est précisément l'expression de la démocratie. Les opinions publiques, composées majoritairement de salariés, en ont ras-le-bol de se faire tondre, tandis que les chefs de meute planquent leur pognon en Suisse. Ou ailleurs. De fait, il reste des ailleurs, mais plus pour longtemps.
Un à un, tous les paradis seront démantelés, même ceux qui dépendent de Pékin. Beaucoup l'ont déjà été et ont pris les mesures demandées. Même les trusts commencent enfin à être considérés pour ce qu'ils sont trop souvent: de l'évasion fiscale.
Alors même si les gouvernements avaient souvent tendance à protéger les paradis dont ils pensaient pouvoir avoir besoin, cela sera de moins en moins le cas. Car les gouvernants veulent d'abord être élus, et les électeurs veulent la fin des évasions fiscales.
Les clients étrangers qui chercheraient à se soustraire à Rubik ont tort. La chance qui leur est offerte, c'est de conserver leur anonymat et de rentrer dans la légalité, en payant en gros un tiers de leur fortune placée, au titre des
arriérés d'impôts. Une sorte d'amnistie de la dernière chance.
Fuir ailleurs, c'est s'octroyer quelques mois de sursis, au plus quelques années, avant que l'abri qu'ils auraient pu trouver soit identifié et ouvert au grand jour. Ils courent le risque cette fois de tout perdre, voire davantage, car leurs fiscs respectifs pourront exiger des pénalités variables selon les pays, mais qui peuvent dépasser les montants soustraits...
Quant à payer une Bugatti Veyron en cash, faut vraiment avoir quelque chose à se reprocher pour se promener avec un million en biftons dans une valise.
Concernant le G20, je ne comprends pas votre critique. Le multilatéralisme que je prône depuis des années inclut bien évidemment les pays du BRIC. C'en est même la base. Ce qui ne m'empêche pas de reconnaître que les Etats-Unis sont encore incontournables pour quelques temps encore...

Écrit par : Philippe Souaille | 09/11/2011

"Problème, la jurisprudence en Suisse fait qu'effectivement des clients exigeant leur argent en cash peuvent l'obtenir. Cela pourrait changer un jour. Parce que rien dans la loi ne précise non plus sous quelle forme le client doit pouvoir recevoir son argent."

Vous oubliez deux points. Le franc suisse a pouvoir libératoire et seul lui a pouvoir libératoire. La remise d'un chèque n'est pas un paiement, mais une dation en vue du paiement. La loi doit être modifiée.

Mais derrière, il y a un problème économique sérieux. La banque centrale émet de la monnaie. Une partie de celle-ci l'est sous forme de billets et de pièces. L'autre est introduite dans le système via ses relations avec les banques commerciales. Puis celles-ci, au vu du principe des réserves (très) fractionnaires fabrique de la monnaie scripturale (virtuelle).

Et cette monnaie bancaire virtuelle est douteuse. Pourquoi? Les banques peuvent faire faillite. Y compris les plus grandes. Et les plus grandes ne pourront pas être rattrapées. Il est donc légitime de ne pas vouloir faire appel aux banques. Légitimes de planquer ses biftons durement gagnés sous le matelas. De mémoire, lors de la dernière panique (cachée au peuple), les français avaient retiré de leur banques quelque chose comme le quart de leurs dépôts. Sans compter que l'on ne veut peut être pas soutenir par un dépôt ces charmantes banques. Dès lors, il n'est pas possible de modifier la loi dans le sens que vous préconisez parce qu'un chèque n'est pas de la monnaie centrale.

De plus, les banques centrales sont devenues de plus en plus des "faux monnayeurs". La planche à billet, ce n'est pas sérieux. On ne finance pas un Etat (ou des exportateurs) par l'émission de monnaie centrale. Cela ne reste pas impuni. Il y a un prix à payer à la sortie.

Dès lors, il est recommandé de choisir la bonne marque de monnaie centrale, voire d'éviter toute monnaie centrale. Il est piquant de relever que le système financier redécouvre le paiement en or (du troc). A quand l'or et l'argent dans nos commerces ? Si ça continue, on va y arriver. Combien d'onces d'or pour une Fiat 500 ?

Écrit par : CEDH | 09/11/2011

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