22/11/2011

CHF 4000.- de salaire minimal, c'est jeter de l'essence sur l'incendie.

Les économistes le disent, le salaire minimal ne favorise pas l'emploi dans les économies qui le pratiquent.  Dans le cas de Genève, il serait même suicidaire.  Rappelons que nous sommes entourés sur l'essentiel de nos frontières par un pays où le salaire minimal est plus de deux fois inférieur. Certes pour 35h et avec l'assurance maladie payée, mais tout de même. Le principal problème de l'emploi à Genève, ce n'est pas le dumping sur les salaires (même si le cas peut se produire), mais le dumping sur les compétences. Du fait d'un niveau de vie survalorisé en comparaison internationale, du à la valeur refuge du Franc. Ce qu'un salaire minimum ne fera que renforcer.

Le problème N° 1 de l'économie genevoise, c'est la surévaluation de la monnaie nationale, due moins à la spéculation internationale stricto sensu qu'au fait qu'elle est une valeur refuge et que la crise perdure. Crise qui de manière globale découle du coût trop élevé - donc non concurrentiel - de la main d'oeuvre occidentale. C'est un facteur aussi essentiel dans le déclenchement de la crise (à savoir l'incapacité de l'occident à générer de la croissance) que notre surendettement. Surendettement causé en grande partie par l'inflation de dépenses (notamment sociales) que nous avons créé ces dernières décennies.

Donc en résumé, créer un salaire minimal de fait plus élevé que les plus bas salaires existant, c'est jeter de l'essence sur l'incendie. A moins que dans le même temps, une dévaluation compétitive du Franc l'arrime à l'euro à 1.60, comme je le proposais, ou même à 1,80, ce qui parait extrêmement peu probable.

J'entends déjà des commentaires idiots du genre: "on vous l'avait bien dit, il suffit de fermer les frontières". Or le Conseil d'Etat (et François Longchamp en particulier), fait déjà tout ce qu'il est légalement et économique possible de faire en sachant que :

1) Nous sommes liés par des accords de libre circulation avec l'UE

2) Le peuple les a largement acceptés en votation

3) L'économie cantonale dépend aux 3/4 de nos exportations et fermer les frontières déclencherait une récession dramatique

4) L'étonnante santé économique de Genève ces 4 dernières années - qui nous a préservé de la crise depuis 2007 - découle largement de la libre circulation qui a permis l'installation de sociétés dynamiques. Avec les conséquences ressenties sur le prix du logement.

Cela c'est le passé. Le présent, et l'avenir, c'est que la crise nous rattrape. Les banques licencient, nos Etats voisins ont de plus en plus de mal à se financer, notre endettement va cesser de se réduire pour augmenter à nouveau et le mot d'ordre tous azimuths est : réduisons la voilure!

Dans ce contexte, introduire un salaire minimum parait non plus hasardeux, comme il y a deux ans, mais purement suicidaire. Notre problème, à tous, en tant que Suisses et Genevois en particulier, c'est notre richesse. Du haut en bas de l'échelle. Du banquier privé milliardaire à l'assisté qui vit avec CHF 2500.- par mois d'aide sociale. Ce qui est, en certains pays d'Afrique, un salaire de ministre. Alors certes, nourriture et logement sont plus chers à Genève qu'à Lomé, mais pas les télévisions, les scooters, les téléphones portables et tout ce qui fait la vie quotidienne d'un humain du XXIème siècle.  Si l'on continue de vouloir monter la barre alors que le monde entier et la réalité nous hurle qu'il faut la descendre, nous allons au-devant d'une gamelle magistrale.

Ah et puis aussi, lorsque je lis des commentaires affirmant qu'un salaire inférieur à CHF 4000.- mensuel à Genève serait de l'esclavage, je me mets à rêver, juste à rêver, parce que je ne suis pas méchant: que ceux qui écrivent cela se retrouvent quelques heures ou quelques jours (s'ils survivent) dans la peau d'un esclave. Un vrai. Comme dans le film Case Départ: fouetté, battu, violé, humilié, amputé, affamé, transplanté, séparé, étouffé... Histoire d'apprendre à savoir raison garder.

 

 

Commentaires

"Le problème N° 1 de l'économie genevoise, c'est la surévaluation de la monnaie nationale, due moins à la spéculation internationale stricto sensu qu'au fait qu'elle est une valeur refuge et que la crise perdure. Crise qui de manière globale découle du coût trop élevé - donc non concurrentiel - de la main d'oeuvre occidentale."

Alors il faut sous payer la main d'oeuvre. D'ailleurs dans le terms main d'oeuvre, on ne voit même plus l'humain. On y voit que les mains... Les économistes prêchent pour un monde avec de la croissance. Une vision libérale et pas sociale. Honnêtement une solution ? y en a pas que se soit à gauche à droite ou dans votre billet...

Pour un salaire minimum ? pas spécialement...contre ...pas spécialement non plus. Ce qui m'importe c'est que beaucoup de gens ne peuvent vivre avec leur salaire et ces gens sont souvent sponsorisé par l'aide sociale charge lourde pour contribuable. Donc on en revient toujours au même problème. Soit on fait en sorte que tout le monde vivent dignement ou juste une partie...

Écrit par : plume noire | 22/11/2011

Toute mesure visant à dévaluer le franc suisse sera compris comme une dévaluation compétitive. C'est dire que la Suisse sera fort mal perçue.

Écrit par : CEDH | 22/11/2011

@ plume noire

De toutes les manières rares sont ceux qui, à Genève, vivent de leur salaire.

Les tenants du salaire minimun pensent mettre en oeuvre le principe qui veut que l'on doit pouvoir vivre de son salaire. Pourtant c'est là un leurre. Leur principe est bientôt que le travailleur doit pouvoir échapper à la nécessité de subventions monétaires, les subventions en nature étant, elles, très largement admises.

Et elles sont importantes.

Ecole publique pour les enfants, dans les 15'000 francs, par an et par enfant. Transport public : les TPG ne financent aucun investissement et sont subventionnés à moitié pour les frais de fonctionnement, ce qui a pour conséquence que prix de revient du billet est de plus de 10 francs. L'hôpital est subventionné à plus de 50 %. Police. Justice. Voirie. Club de foot. Maison des jeunes, de la culture. Et j'en passe.

Ces subventions en nature sont payées par des contribuables. L'argent de certains est prélevé par l'Etat qui, à son tour, fourni les prestations à tous, même à ceux qui n'ont guère contribué.

Alors pourquoi donc honnir la redistribution en espèce ? Pour que le travailleur salarié puisse retrouver sa fierté. Mais que vaut la fierté fondée sur un déni de réalité ?

Grosso modo et à Genève, on en n'est à environ 20'000 francs de dépenses par an et par habitant. Environ 11'000 francs proviennent de l'impôt sur les revenus et la fortune des personnes physique. Papa, maman, deux enfants : 44'000 francs. Quel salaire pour payer 44'000 francs d'impôt ?

Salaire minimun du père de famille à plus de 20'000 francs par mois. Autrement, fierté ou pas, il y a subvention de l'Etat et entraide de la collectivité. Et c'est bien.

Foin de pudeurs hypocrites. Imposer un salaire minimun permettant de vivre est un leurre dans notre société. Le motif invoqué tombe à faux, sauf pour les adeptes de la politique de l'autruche.


@ Souaille

Ce qui précède relativise largement l'importance de certaines subventions à la culture, je le concède.

Écrit par : CEDH | 22/11/2011

@CEDH

Bonne plaidoirie. Cela dit comme je le disais aucune solution.

"De toutes les manières rares sont ceux qui, à Genève, vivent de leur salaire"

La logique humaine voudrait que l'on trouve cela scandaleux.

"Le motif invoqué tombe à faux, sauf pour les adeptes de la politique de l'autruche"

Les adeptes de la politique de l'autruche...vous parlez de la gauche ? de la droite ? ou des deux ?
Si on regarde un problème aussi simple que les places de crèches, (problème qui concerne droite comme gauche), ce souci perdure depuis en tout cas les années 70. Ces 40 dernières années il y a eu tout bord politique mais personne pour aborder le problème sérieusement.

La politique de l'autruche c'est même une maladie qui commence en politique et qui s'étend jusqu'à tout le monde. Car après tout on a autre chose à faire que de se préoccuper de problèmes qui nous concernent pas. C'est ce que se dira beaucoup de gens.

Écrit par : plume noire | 22/11/2011

une mauvaise note, c'est extra, les Moody's blues qui s'en balancent,encore une chanson qui ne veut plus rien dire, et dans la musique du silence , un Smic qui dérange, en fait je ne connais aucune revendication salariale que l'on ait traité de bienvenue , le "monde de l'économie" a toujours répondu par des arguments qui vont de pas maintenant à suicidaires , il n' y a pas que Souaille qui maille.

Écrit par : briand | 22/11/2011

Monsieur Souaille,

Vous êtes d’une telle mauvaise foi que vous en devenez amusant!
Je m'explique.
Dans votre billet vous parlez par deux fois de Noirs africains et à chaque fois pour faire une "comparaison". La première, où vous dites que CHF 2'500.- correspond à la paye d'un ministre dans certains pays d'Afrique et la seconde lorsqu'il est question d’un salaire de moins de CHF 4'000.- qui serait assimilable à de l'esclavage.
Selon vous, ces deux "comparaisons" sont très différentes. La première est de votre plume (ou clavier), la seconde de celle de celui ou ceux avec qui vous n'êtes pas d'accord. Une différence énorme, monumentale, abyssale! Une différence que votre ego quelque peu boursouflé assimile à celle qui existe entre formidable et désolant. Pourtant, dans les deux cas, il s'agit d’une sorte de métaphore et non d'une réelle comparaison!
Et puis, si un Ministre africain n'a un salaire officiel que de CHF 2'500.-, vous savez encore mieux que moi, qu'il s'en mettra plein les fouilles de manière légèrement moins officielle. Pour vous qui aimez faire référence au cinéma, je citerai le film de Sylvestre Amoussou: "Un Pas en Avant" afin d’illustrer le propos.

Faites attention à votre «moi», il vous joue des tours et ça diminue la portée de vos billets qui sont, même lorsque je ne suis pas d'accord avec vous, toujours dignes d'intérêt.

Écrit par : Baptiste Kapp | 23/11/2011

Je vous remercie de vos compliments, Baptiste, mais comprend mal vos reproches, qui me semblent injustifiés. Sincèrement.
Prétendre qu'un salaire inférieur à CHF 4000.- est de l'esclavage peut être qualifié de mensonge de très mauvais goût ou d'exagération grossière, c'est selon. L'inflation des mots est certes devenu habituelle, elle n'en est pas moins déplorale et pernicieuse, car on finit par oublier/relativiser leur vrai sens.
Ecrire que dans certains pays d'Afrique, la paye du Ministre est de 2500.- est la stricte vérité et prend tout son sens dans la démonstration. Certes, cela explique la propension de certains ministres à piquer dans la caisse ou plus souvent à solliciter les bakchichs. Mais tous ne le font pas. Je connais des ministres honnêtes (ou qui n'ont pas la possibilité de tricher), même s'ils sont rares. Mais là n'est pas la question.
Le fait est que si le ministre gagne 2500 francs, je vous laisse imaginer combien gagne le reste du personnel. En gros, entre 100 et 2000.- mensuels selon expérience, qualifications et cousinages... Plus souvent bien plus près de 100 que de 2000.- Certes, pour ce prix dérisoire, un certain nombre ne se foulent pas jusqu'à fatiguer (ou sollicitent le bakchich ou les haricots pour les enfants, comme on dit au Congo) mais il y en a énormément qui bossent, autant que nous, voire plus et en tout cas dans des conditions bien plus difficiles.
C'est cela que je voulais dire et que je vous remercie de me donner l'occasion de préciser puisqu'un lecteur aussi averti que vous ne l'avait apparemment pas saisi. Un gars qui bosse fort, dans les deux tiers des coins du monde (qui étant sphérique compte une infinité de coins :-) gagnera nettement moins qu'un junkie qui ne fait rien à Genève hormis trouver sa dope et regarder la télé, en se contentant de toucher ses 2500 balles d'assistance sociale plus l'aide au logement etc... Junkie bénéficiant du droit de vote au demeurant.
Attention, je ne dis pas que tous les bénéficiaires de l'aide sociale sont des junkies, il y a aussi des mères de famille et plein de gens qui ont vraiment besoin de cette aide. Ou de vrais artistes maudits dont c'est la seule béquille. En revanche, ce qui est certain, c'est que tous ceux qui la perçoivent vivent mieux, en matière d'accès aux produits de consommation, que les 2/3 ou les 3/4 des habitants de la planète qui eux bossent tous les jours.
Et là, il me parait évident que nous avons un gros, très gros problème. Problème nouveau, au demeurant, car fruit de l'évolution du monde de ces 60 dernières anées, sans qu'il se soit jamais posé nulle part auparavant. Sauf peut-être dans l'Empire romain, qui lui aussi nourrissait gratuitement ses citoyens romains, grâce aux fruits de ses conquêtes et de l'exploitation brutale de ceux qui n'étaient pas citoyens.
On a vu comment cela a fini.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/11/2011

Monsieur,

Si j'admets sans ambage que certains travaillent plus que moi qui suis à la retraite et que ces gens qui bossent plus que moi n'en auront jamais (de retraite), vous n'en aviez pas parlé dans votre billet avant que je mette le doigts sur la dichotomie que vous vous semblez constater entre les deux "comparaisons".

Vous dites: "En revanche, ce qui est certain, c'est que tous ceux qui la perçoivent vivent mieux, en matière d'accès aux produits de consommation, que les 2/3 ou les 3/4 des habitants de la planète qui eux bossent tous les jours."

... Je ne comprends toujours pas très bien! Je sais que vous ne voulez pas dire que ceux qui perçoive une aide ne devraient plus rien recevoir. Mais vous laissez entendre qu'il perçoivent trop. N'est-ce pas l'inverse? À mon sens, ce sont ceux le 2/3 à 3/4 qui ne reçoivent pas suffisemment, mais peut-être que je me trompe. îl n'empêche qu'un salaire inférieur à une certaine somme, ici en Suisse, peut réellement être (métaphoriquement) assimilé à de l'esclavage.

... Et puis, si le junkie garde sont droit de vote, il est des plus vilaines crapules de la République genevoise ou de la Confédération helvétique qui garde ce droit et qui, de plus, utilisent leur droit d'égibilité... D'ailleurs, certains sont également des junkies, mais des junkies de luxe. Et dans ce cas là, ça ne se remarque que beaucoup moins... Les vraies fripouilles ne sont pas toutes là où on les imagine!... Et on ne sait pas encore comment cela va finir!

Écrit par : Baptiste Kapp | 23/11/2011

M. Kapp, dans un monde idéal et sans limites, moi aussi j'aimerais que tous les habitants de cette planète bénéficient d'un socle de revenus équivalent à au moins CHF 2500.- et même pourquoi pas, soyons fous CHF 4000.-
Le problème est que notre monde a des limites et que si tous les habitants de cette planète avaient la possibilité de consommer à raison de CHF 2500.- par mois ou davantage, les ressources de plusieurs planètes n'y suffiraient pas. Le collapse écologique serait immédiat.
Donc soit on se débrouille pour garder nos avantages et qu'eux ne progressent pas, ce qui n'est pas correct moralement et est devenu totalement irréaliste militairement, soit on accepte de partager et donc de réduire la voilure. Ce qui rejoint d'ailleurs le discours des décroissants, à deux différences près:

1) ils font semblant de croire et font croire qu'il suffit de faire payer les riches pour résoudre le problème, ce qui est grossièrement faux, les riches étant peu nombreux et ne consommant pas en proportion linéaire de leur richesse.

2) il subsiste des gisements d'amélioration de la situation dans le progrès technologique et la recherche, qu'il importe de continuer à développer, car on pourra très certainement demain faire mieux avec moins, grâce à cela.

Pour le reste, vos remarques ne sont pas dénuées de pertinence: il y a des fripouilles partout, nous sommes bien d'accord. Mais toutes les personnalités élues sont très loin d'avoir tous les mauvais penchants que vous leur prêtez, même si toutes aiment le pouvoir, à des degrés divers.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/11/2011

Redistribuer ou ne pas redistribuer ? Là n'est pas la question. Tous, y compris les libéraux néoclassiques admettent la nécessité d'une redistribution.

Quel doit être l'étendue de la redistribution ? Je n'apporterai aucune réponse à cette question qui relève de la philosophie politique.

Par contre, il est possible d'éclairer un autre débat, celui qui a lieu entre les tenants d'une redistribution au niveau du processus de production en introduisant des charges salariales et/ou un salaire minimum. Et d'autres, qui s'y opposent, estimant qu'il vaut mieux se placer en aval et taxer le résultat du processus de production pour procéder à redistribution.

Pour trancher la question, il faut savoir quels objectifs l'on cherche à atteindre. Le but des politiciens est clairement de flatter leur(s) électorat(s), quitte à leur nuire, le but étant d'être élu. Pour ma part, je pense qu'il convient de prendre en compte deux objectifs : plein emploi et revenu minimum.

Or, l'introduction d'un revenu minimum a des impacts sur l'emploi.

Certes, si le salaire minimun est très bas, il ne provoquera pas d'augmentation du chômage. Mais ce n'est pas d'un tel revenu dont ont parle. Dans un tel cas on se rapproche de la lutte contre le travail forcé. Sans doute faut-il pour ces cas légiférer, mais au niveau pénal fédéral.

Et si le salaire minimun est un tant soit peu élevé, il aura un impact certain. Provoquer l'amélioration des processus de production. Moins de travail peu qualifié. Plus d'automatisation et plus de travail qualifié. Dans un bistrot la machine à café peut être plus ou moins automatisée.

Et aussi provoquer la délocalisation, non seulement des emplois ouvertement délocalisables, mais encore de ceux dont on dit qu'il ne le sont pas. Le degré de préfabrication est, dans le bâtiment, plus ou moins développé. La fabrication des toits peut être délocalisés ou les sanitaires arriver en Suisse déjà intégrés dans les pans de murs préfabriqués.

Certains nous brandissent des contre-exemples. Il faut, premièrement relever que le montant du salaire minimum est dans ces cas bas, et d'autre part, que ceux qui mettent en avant quelque cas n'ont aucune méthodologie. Ils viennent dire que le chômage n'a pas augmenté lors de l'introduction dudit salaire. Mais perdent de vue que cela était en plein boum économique. Ce sont là des arguments de politiciens dénués de sérieux. Un minimum de sérieux économétrique permettant de trier les causes est nécessaire. Au fond et à ce sujet, on peut renvoyer aux travaux de Thomas Piketti, homme pourtant on ne peut plus favorable à la redistribution tous azimuts.

Il est clair que la redistribution par un salaire minimum est de loin moins efficace, si l'on veut préserver l'emploi, que celle par l'impôt.

Je terminerai par une observation personnelle. Certains pensent qu'un employeur qui sous-paie est obligatoirement un gros dégoûtant. C'est la position de votre amie Orsini. Je pense que pareil jugement est erroné. Le petit commerçant qui ne gagne pas beaucoup plus que son unique employé, alors qu'il travaille beaucoup plus, ne m'apparait pas plus dégoûtant que le management bancaire, secteur dont les salaires sont élevés et dont les employés ne sont pas concernés par un salaire minimum.


@ Souaille

- "Ou de vrais artistes maudits dont c'est la seule béquille."
Qu'ils changent de métier.

- "Le peuple les a largement acceptés en votation"
Le peuple était dans l'ignorance de la situation grecque et donc européenne ensuite des faux produits par ce pays.
Le peuple ne s'est pas prononcé sur la non application en 2008 et 2009 des clauses de sauvegardes prévues dans ces 28 traités.

- "Sauf peut-être dans l'Empire romain, qui lui aussi nourrissait gratuitement ses citoyens romains, grâce aux fruits de ses conquêtes et de l'exploitation brutale de ceux qui n'étaient pas citoyens."

Intéressant. Vous pensez que si les romains avaient fait ami-ami avec les "barbares" nous serions tous citoyens ou assujettis à l'Empire romain ?

Écrit par : CEDH | 23/11/2011

Excusez-moi, Messieurs et Mesdames, votre débat est celui du revenu minimun, pas du salaire minimun. Confusion.

Écrit par : CEDH | 23/11/2011

CEDH: vos remarques et questionnements sont intéressants.
Concernant les romains, le fait est que les Romains ont fait ami-ami avec les barbares, d'une certaine manière, en intégrant ceux qui tentaient d'immigrer dans l'Empire. Mais le reste de la situation diffère du tout au tout. Je ne propose pas de remplacer nos légionnaires par des soldats barbares (comme le font les Etats-Unis avec les ressortissants latino-américains par exemple) mais de participer au développement de programmes qui fixent les gens sur place, chez eux, parce qu'ils auront plus d'avantages à rester qu'à tenter l'aventure de l'émigration.
Nous en avons les moyens, ça ne serait pas plus cher que la guerre d'Irak. Aussi, l'Empire romain était européen et méditerranéen. Notre village global est planétaire. Le but n'est pas de faire un empire occidental englobant la Chine et le reste, mais de construire une gouvernance globale, sur un mode confédéral, qui tienne compte des intérêts de tous. Nos technologies, nos savoirs sont très différents de ce que savaient les romains. Les conséquences potentielles d'une guerre mondiale également. Cela vaut la peine d'essayer, non ?

Concernant les artistes maudits, je ne vous suis pas. Si Bernard Palissy, par exemple, avait changé de métier au lieu de brûler ses meubles, nous n'aurions pas les émaux. Sans compter pas mal de génies méconnus, ou révélés après leur mort. Qu'ils choisissent de vivoter pour exprimer leur art me gêne beaucoup moins que certains (que je ne citerai pas, même sur mon lit de mort) qui se gavent de subventions pour commettre des choses innommables.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/11/2011

@ Souaille

Sauf que pour un artiste maudit combien y-a-t'il de pseudo-artistes à entretenir ? Faire confiance à l'administration ? Pas question ! Elle n'est même pas capable de faire la distinction entre un mathématicien pointu dans un domaine bien précis, de niveau postdoc, et une licenciée en math de l'université de Petraunchnok. Et ils m'emmerdent.

D'ailleurs Palissy a brûlé SES meubles, dites vous, il n'a donc pas empêché ses contemporains de conserver les leurs.

Pour les romains, je me pose une question. Comment se passait l'intégration des étrangers ? Aussi mal que l'intégration, actuelle et en Europe, d'une partie importante de l'immigration extra-occidentale ?

Écrit par : CEDH | 23/11/2011

CEDH Votre dernière question réclame une réponse circonstanciée, car il y eut toutes sortes d'immigrations, découlant de la conquête et venant aussi de territoires non conquis. Certains immigrés ont peu à peu remplacés les romains dans leurs tâches régaliennes, d'armée et de police notamment. Les dieux foisonnaient... Mais je n'ai plus le temps d'y répondre. J'y reviendrai.
Rémi s'il nous lit, pourra nous en toucher quelques mots je pense.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/11/2011

@ps

S'agissant du vocable esclavage, il faut distinguer l'esclavage des traites négrières de l'esclavage moderne. C'est dire que votre réaction face aux exagérations est exagérée.

http://www.esclavagemoderne.org

Écrit par : CEDH | 24/11/2011

CEDH, le terme employé sur le commentaire était esclavage. Pas esclavage moderne. Qui est effectivement déjà une atténuation du terme originel, qui ne concerne pas que les traites négrières. L'esclavage perpetré par les arabes ou les turcs, par les romains ou même par les celtes n'était guère plus réjouissant. Je ne suis pas sûr qu'il soit opportun de changer ainsi le sens de mots aussi chargés... Mais même si l'on se réfère au terme d'esclavage moderne, cela ne saurait s'appliquer au fait de travailler à Genève pour CHF 3500.- mois. Il ne faut pas tout confondre. Ou alors comment appelle-t-on un vrai cas d'esclavage moderne style papiers d'identité confisqués, nourri-logé dans un réduit à balais, taillable et corvéable 18h/jours, pour un peu d'argent de poche et éventuellement la satisfaction sexuelle du patron ?
3500 CHF/mois, c'est peu à Genève, mais on survit. Je l'ai fait durant deux ans avec un ado à charge. Et e acceptant d'habiter un peu plus loin (ce qui n'est pas écolo, nous sommes d'accord), on réduit les coûts. C'est exactement ce qui se passe dans toutes les grandes villes du monde. Impossible de vivre dans Paris intra-muros si l'on est au smic, sauf dans certains quartiers bien précis. La plupart des gens habitent bien plus loin et viennent travailler au centre. C'est pareil dans le monde entier.
Je ne dis pas que c'est bien, je dis qu'avec la crise financière et ses conséquences sur les banques et l'économie, plus la dissolution du secret bancaire, Genève n'a plus les moyens de vivre tellement différemment du reste du monde. Il va falloir s'y faire.
Autre chose, concernant les "problèmes d'intégration" contemporains. Il faut aussi laisser du temps au temps. C'est clair que si l'on jette sans cesse de l'huile sur le feu comme aiment à le faire certains, on ne va rien arranger.

Écrit par : Philippe Souaille | 24/11/2011

@ ps

Pour la définition de l'esclavage, je suis d'accord avec vous. L'esclavage moderne c'est votre "vignette clinique", pas 3'500 francs par mois.

Pour l'évolution économique aussi. Mais évidemment, nous n'avons pas les mêmes solutions. Pour moi, il est inutile de vouloir faire ami-ami à tous prix avec les européens, comme l'a fait le Conseil fédéral en ne faisant pas jouer les clauses de sauvegarde. Nous devons mettre, d'une manière ou d'une autre, fin à la libre migration européenne. Nous n'avons plus les postes de travail à raison de pratiques européennes. Dès lors, pourquoi devrions nous accueillir les citoyens de l'UE ? Le mieux serait un sursaut patriotique. Suisse et suisses d'abord. Pas besoin de s'en prendre à ceux qui sont là en toute régularité depuis un temps suffisant/travail suffisant. Nous avons été roulé par des faux grecs quant à la situation économique de la Grèce et de l'Europe. Le droit des traités prévoit une procédure en un tel cas de dol.

Il ne faut pas confondre les migrations intra-européennes et les migrations extra-européennes. Ces dernières sont dangereuses lorsqu'elles sont incontrôlées. Et elles sont incontrôlées. Là, les indésirables doivent déguerpir. Manu militari, s'il le faut. Il est temps de modifier la loi sur les étrangers. Le séjour irrégulier est un délit punissable de jours amendes. Rétablissons l'emprisonnement. C'est un vrai délit. Avec circonstances aggravante en cas de récidive.

J'imagine que ce qui précède n'est pas votre opinion. Dans un sens, je vous comprends. Le junkie qui est beaucoup mieux traité que la petite togolaise, c'est rageant. Mais alors il faut changer un principe fondamental et rétablir le bannissement. En attendant, le traitement de l'assistance sociale doit être différencié. Les pâtes au junkies. Et le beurre dans les épinards pour la mère de famille caissière à la Migros et plaquée par son jules.

Écrit par : CEDH | 24/11/2011

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