19/12/2011

Une Suissesse à la tête d'une organisation internationale majeure ?

On babille pas mal dans les couloirs des organisations internationales en ce moment. Au BIT, ils appellent ça "radio moquette" et le thème principal des émissions, c'est l'identité du futur Secrétaire Général. Ou de la future, car l'un des noms qui revient avec insistance n'est autre que celui de Micheline Calmy-Rey.

Qui trouverait sur son chemin quelques grosses pointures, comme le français Gilles de Robien. ancien minstre et ancien directeur de campagne de François Bayrou en 2002... Lui est déjà au BIT, où il représente la France. Il a un excellent bilan en tant que ministre, le nombre de tués sur les routes en France ayant par exemple baissé de 15% suite à son passage aux transports. Il serait le 3ème français à la tête  de l'Organisation Internationale du Travail, Francis Blanchard, le dernier, y ayant laissé d'excellents souvenirs.

La Valaisanne a des atouts plus spécifiques. D'abord, elle a une vraie vision mondialiste des problèmes, ce qui est très rare. Sans doute est-ce du à ses études genevoises, à HEI. Ensuite, socialiste, elle fut longtemps chef d'entreprise. Enfin c'est elle (avec Pascal Lamy et Juan Somavia, boss chilien et démisionnaire du BIT, deux autres socialistes pragmatiques), qui a transformé le COB, le Chief Executive Board, réunissant tous les resonsables des organisations intergouvernementales mondiales.

De simple conférence administrative, ils en ont fait une sorte de conseil des Ministres du monde, qui malheureusement ne se réunit que deux fois par an (une fois en Suisse, une fois aux Etats-Unis) pour tenter de faire en sorte, à minima, que les différentes organisations internationales, chacune dans leur domaine, ne promeuvent pas des politiques contradictoires. Ce qui devrait être du ressort des gouvernements, qui sont en thorie les pilotes des Organisations Intergouvernementales, mais n'est de loin pas toujours le cas.

A noter qu'aucun pays du monde n'était représenté par plus d'une personne dans ce Conseil, sauf les Etats-Unis, qui comptent quatre "boss" d'organisations mineures, et la France qui en compte quatre dont trois d'organisations majeures: le FMI (ou une française a remplacé un français), l'UPU, l'OMM, et l'OMC. Où Pascal Lamy reste jusqu'en août 2013. Ce qui, avec Robien ferait donc 5 français... Peu probable. Aucun Suisse en revanche n'en a jamais été membre, le CICR n'en faisant pas partie. A noter également que les asiatiques (notamment Chinois ou Indiens) y sont sous représentés, tandis que l'Occident y truste les leaderships.

C'est d'ailleurs là le principal obstacle à la candidature de Mme Calmy-Rey: la volonté légitime des pays émergents d'obtenir une représentation plus équitable. Surtout s'ils montent en puissance au niveau des financements, ce qui n'est pas encore toujours le cas. Reste que le principal chantier du BIT pour les années à venir est essentiel aux équilibres de la planète. Du à l'initiative de Juan Somavia, il consite à doter l'ensemble de l'huamnité d'une couverture sociale minimale alors que les 2/3 d'entre elle en sont complètement dépourvus.

C'est incontestablement le meilleur moyen de réduire les déséquilibres nord sud, cause première des délocalisations, des migrations et plus généralement de l'instabilité politique et militaire. C'est refaire à l'échelle mondiale ce que les bourgeoisies europléennes ont enclenché à l'échelle nationale à la fin du XIXème, pour aboutir au milieu du XXème aux différentes formes de sécurité sociale.

Nul doute que le chemin sera long. Le meilleur candidat ou candidate sera celui qui sera le plus à même de faire avancer le dossier. Doit-il être du Nord ou du Sud, difficile à prédire...

Commentaires

La carrière de MCR à l'ONU était prévue de longue date par l'Internationale Socialiste ... un autre lobby très puissant ...

Écrit par : Victor Winteregg | 19/12/2011

Entre le dogmatisme de la gauche et l'arrogance de la droite, il faut mettre en place des gens pour ce qu'ils valent et non pour ce qu'ils représentent.

Il y a bien longtemps que je ne vote plus pour des partis mais pour des personnes

Écrit par : Michel Sommer | 19/12/2011

Je trouve cet article peu réaliste face à la réalité du chômage à Genève. Vous avez les statistiques du nombre de travailleurs frontaliers à l'état de Genève ? Et au HUG ? Je ne parle pas de la police... C'est certain qu'a compétence égale une personne habitant en Suisse et un frontalier ont les mêmes chance. Mais pourquoi employer une personne vivant en Suisse au même salaire qu'une personnes beaucoup plus qualifiée mais frontalière ? Après tout le frontalier acceptera un salaire moins élevé car de toute façon c'est mieux que ce qu'il aurait eu en France. Ce qui est aussi écoeurant c'est qu'en cas de crise, on vire les Suisses car au chômage ils touchent plus que le pauvre petit frontalier qui ne recevrait que le minimum.

Je ne parle pas de nationalité mais de lieu de résidence. Ce n'est pas une histoire de Suisse, de français ou d'étranger, mais juste la région où on habite....

Écrit par : mar | 24/12/2011

J'ai l'impression que vous n'avez pas commenté le bon post, mar.
Ceci dit, justement, nous habitons dans une région qui s'étend à minima du Salève et des Voirons au Vuache et au Jura. Traversée par une frontière, qui sépare, de manière absurbe, une agglomération de 900 000 habitants.
Prétendre payer les gens en fonction de leur lieu de vie serait absurde. Cela ne se fait nulle part dans le monde. Ah tiens vous habitez dans le XVIème arrondissment, alors vous avez une prime. A Saint-Denis ? Alors on vous baisse votre salaire. Vous avez une villa de 10 pièces à Cologny? On vous l'augmente. Vous êtes dans un studio aux Avanchets, on vous le baisse... C'est idiot.
Surtout que rien ne vous empêche d'aller habiter de l'autre côté pour avoir mieux pour moins cher. Ah bien sûr il y a aussi des inconvénients, les déplacements notamment... Ou le fait d'être viré avant les résidents en Suisse en général, car statistiquement, c'est bien ce qui se passe, les syndicats sont formels. En particulier pour les frontaliers récemment engagés qui sont toutjours virés en premier. Même s'il peut exister des contre-exemples tel que celui que vous citez, qui ne sont certainement pas la majorité, et qui d'ailleurs peuvent se comprendre.
En cas de chômage, un suisse locataire en Suisse sera indemnisé mieux et plus longtemps qu'un frontalier en France. En plus il pourra percevoir des aides spécifiques qui l'aideront à payer son loyer.
Le frontalier, souvent propriétaire avec un crédit en Francs suisses, au contraire, ne pourra généralement plus payer sa maison et s'il en a fait l'acquisition récemment, il risque de la perdre en même temps que ses économies.
Il n'y a pas de situation idéale. Les frontaliers jouissent de certains avantages, mais aussi d'inconvénients notoires. Les résidents à Genève bénéficient d'avantages différents, mais aussi d'autres inconvénients. C'est un choix et aujourd'hui, chacun est libre d'habiter d'un côté ou de l'autre de la frontière, de choisir son mode de vie en fonction de ses critères personnels. Si vous trouvez que les frontaliers sont tellement privilégiés, vous n'avez qu'à aller vivre à Annemasse, on y construit beaucoup et le centre-ville devient franchement coquet.
Cette diversité, c'est une grande chance que nous avons dans notre région, une chance presque unique au monde, et au lieu de nous tirer dans les pattes, de nous jalouser et de nous insulter de part et d'autre de la frontière, nous ferions mieux de penser à mettre de l'huile dans les rouages et tant qu'à faire d'essayer de réduire les avantages, pour chacun. Au final, tous y trouveront leur compte.
Mais cela demande un peu plus qu'un simple esprit de Noël. Cela demande de l'intelligence.

Écrit par : Philippe Souaille | 24/12/2011

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