29/12/2011

Franc fort: dégonfler la bulle helvétique avant qu'elle n'explose

La Suisse est-elle une gigantesque bulle spéculative ? D'une certaine manière, oui. Bien sur, comme toute bulle qui se respecte, elle ne repose pas que sur du vent et dispose de sérieux atouts: stabilité politique, fiscalité favorisant l'entreprise, bon niveau de formation, culture du consensus et du pragmatisme, tradition d'hospitalité, etc... Elle a même su faire des avantages de ses handicaps, comme le manque de matière première, par exemple.

Pourtant son succès éclatant et surtout l'attrait qu'exerce sa monnaie sont sans commune mesure avec ses résultats réels. Il y a 50 ans, un Franc suisse valait exactement un franc français. Un demi-siècle plus tard, il en vaut 5 à 6 fois plus... Sans que les économies réelles aient évolué de la même manière évidemment. Ces différentiels de change anormaux sont dus en grande partie au caractère de valeur refuge qu'a pris le Franc Suisse et à l'immense quantité de richesse mondiale conservée chez nous.  Pour mémoire, plus du quart de la fortune mondiale off-shore (= circulant hors frontière) est gérée chez nous (fortunes privées et institutionnelles), alors que notre PIB représente moins de 1% du PIB mondial. L'ensemble des montants gérés en Suisse représente ainsi près de 8 fois l'ensemble de notre PIB annuel.

Les conséquences pour l'économie réelle et pour le citoyen sont à la fois très positives et extrêmement dangereuses. Positif, le fait de pouvoir se financer au meilleur coût, ou de disposer d'un pouvoir d'achat important à l'étranger. Dangereux le renchérissement qui s'ensuit pour nos exportations, le haut niveau des prix intérieurs et surtout la dépendance à une monoculture sur laquelle nous n'avons que peu de prise. Aujourd'hui, même si ses fondamentaux restent bons, la Suisse se retrouve face à une double crise: crise globale, mondiale de l'économie, en particulier celle des vieux pays occidentaux dont fait partie la Suisse, et crise de son système bancaire qui doit faire son deuil du secret bancaire et avec lui de son business model...

Si la BNS s'époumone à répéter que la valeur du Franc devrait baisser en 2012 sans qu'elle ait besoin d'intervenir, c'est que tous les banquiers s'attendent à ce que la Suisse et sa monnaie perdent passablement de leur prestige en tant que valeur refuge. Parce qu'une part non négligeable des fonds off-shore vont aller se faire voir ailleurs. Du moins ceux qui ont quelque chose à cacher, que l'on peut estimer à un bon tiers du total. Leur nouvel asile n'aura probablement qu'un temps, car la lutte contre les paradis fiscaux va s'étendre et se renforcer, mais c'est un autre débat.

Pour l'économie réelle, c'est un soulagement. La baisse probable du Franc redonnera de la compétitivité à leurs produits, sur les marchés intérieurs et extérieurs. Pour le citoyen, la facture semble salée. Son pouvoir d'achat va baisser lorsqu'il se rend à l'étranger et les produits importés en Suisse vont renchérir. Mais à moyen et long terme, il est gagnant. Car la montée du Franc entraîne des contraintes accrues pour les entreprises, qui ont de plus en plus de mal à produire en Suisse, et à terme, finissent par licencier. La très forte spécialisation des firmes suisses, induite par leur course à la qualité, finit par laisser en plan des pans entiers de la population, comme on peut le voir à Genève, où tout l'ancien secteur industriel est disparu. Sans compter les OI qui délocalisent, parce que le bout du lac devient trop cher...

La Suisse ne peut pas vivre en circuit fermé. Elle dépend entièrement de ses exportations. Si celles-ci s'arrêtent ou se réduisent drastiquement, la Suisse suit forcément immédiatement le mouvement. Ce serait pour le coup une vraie explosion de son ilôt de prospérité. Dégonfler la bulle du Franc permet de faire les choses en douceur, avec le moins d'à-coups possible, pour repartir du bon pied. Avec certes des vacances un peu moins luxueuses à l'étranger, mais l'assurance de ne pas perdre son job ou d'en retrouver un plus facilement.

24/12/2011

Priorités, chômage et realpolitik

Il parait nécessaire de revenir sur la priorité accordée aux chômeurs dans le petit et grand Etat, comme sur les cris de victoire poussés - à tort - par le MCG et son porte-parole quasi-officiel, Pascal Décaillet.

Le communiqué du Conseil d'Etat dit clairement qu'avant de demander un permis, les responsables de l'embauche devront accorder la priorité aux chômeurs inscrits à l'OCE. Ce qui est à la fois logique et social.

Cela ne signifie aucunement que les chômeurs sont prioritaires sur tout le monde. S'il est sain socialement de favoriser le retour à l'emploi, le réflexe naturel de n'importe quel employeur (d'autant plus fort que le poste est crucial dans la hiérarchie), c'est d'accorder davantage de confiance, à priori, à quelqu'un qui a su conserver son poste. Même si le chômage peut avoir des causes tout  fait indépendantes des qualités du chômeur, il arrive régulièrement que ce ne soit pas le cas. Un recruteur doit en tenir compte. Tout en sachant qu'un chômeur viré pour inaptitude au travail peut fort bien avoir compris la leçon et se montrer plus efficace que Mr X débauché dans l'entreprise Y... qui en réalité fut ravie de s'en débarasser...

Même si l'Etat n'a pas forcément les mêmes critères de rentabilité que le privé, il n'a pas vocation à assurer le plein emploi de tout un chacun. C'est un équilibre délicat à maintenir entre les impératifs de rentabilité et de cohésion sociale, apparement contradictoires. Il ne faudrait pas cependant, que la facilité conduise à se défausser sur la région de tous nos problèmes de gestion, car une telle attitude deviendrait invivable à court terme.

Concrêtement, la disposition officielle intervient avant de solliciter un permis, mais donc à priori après une première procédure de recrutement, ou en tout cas en même temps. Elle implique essentiellement de s'enquérir auprès de l'OCE d'un éventuel chômeur ayant le profil du poste. Qui devra être préféré à l'embauche d'un candidat sans permis.

Les frontaliers, eux ont un permis. le fameux permis G, qui, s'ils sont frontaliers depuis 5 ans sans interruption, leur donne le droit de changer d'employeur à leur guise et même de devenir indépendant. Les dispositions ayant changé avec les bilatérales et leur interprétation variant d'un canton à l'autre, il semble qu'en cas de chômage ils conservent leur permis un certain temps. 6 mois dans certains cantons durant lesquels, ils n'auront pas à solliciter de nouveau permis s'ils trouvent un job. Durant ce temps, ils sont indemnisés en France, par la France, les cotisations versées à l'assurance chomâge suisse restant en Suisse... L'OCE et Pole Emploi se communiquant parmi les offres disponibles, en tout cas lorsqu'elles ne sont pas immédiatement pourvues.

D'un aute côté, un ressortissant de l'UE/AELE inscrit au chômage dans son pays peut venir s'inscrire à Genève à l'OCE et y rester 3 mois, pour peu qu'il ait une adresse à Genève bien sûr. Ce qui, pour un frontalier, n'est guère plus compliqué que pour un Genevois. Cela fait de lui un résident, défendu en tant que tel par le MCG, qui n'est pas à une contradiction  près... A noter que s'il est indemnisé dans son pays selon les normes en vigueur en Suisse, il pourra l'être aussi en Suisse (on peut aussi être inscrit à l'OCE sans toucher d'indemnités, dans le cas d'un ancien indépendant, par exemple). Mais c'est le pays où il était indemnisé qui paiera la facture.

Tout ceci dans le but de faciliter la mobilité, gage de flexibilité et d'adaptabilité, donc d'efficacité économique en Europe. Problème, on est tellement bien à Genève que ceux qui y sont n'ont aucune envie d'en partir et refusent d'aller voir ailleurs si leurs capacités pourraient y être mieux employées. Ce qui ne les empêche pas de râler contre ce gouvernement qui, envers et contre tout, réussit à maintenir des conditions de vie particulièrement enviables à l'échelle européenne, donc mondiales.

23/12/2011

Genevois en France: les élucubrations d'Antoine

Mon ami Antoine Vielliard aime bien jeter de l'huile sur le feu des relations transfrontalières. C'est son truc à lui pour exister politiquement. Quitte à déclencher des cataclysmes politiques ou des chasses aux sorcières. Il est ainsi incontestablement à l'origine de la campagne d'opinion qui a largement désigné "les expats" et les multinationales comme la cause de tous les problèmes de Genève, ce qui est tout aussi faux et mensonger que de prétendre que tout est de la faute des frontaliers. Sandrine Salerno avait repris l'antienne anti-croissance avec ravissement et Temps Présent, de son côté, nous avait pondu une jolie émission chargée d'émotion, mais sans aucun chiffre. Et pour cause, car ils auraient largement contredit la thèse originelle: l'immigration due aux multinationales représente moins de 10% de l'immigration dans notre région et fondamentalement, n'est pas la responsable de la crise du logement.

Vielliard remet ça en appelant implicitement à la chasse aux suisses résidant en France tout en conservant une adresse officielle à Genève.  En fonction des scores cantonaux "intra muros" des listes vertes et démocrates chrétiennes de l'étranger aux dernières élections fédérales, il tente ici une extrapolation extrêmement hasardeuse, pour parvenir aux chiffres de 18 000 genevois qui résideraient dans le Genevois français sans s'y déclarer.

Toute son élucubration repose sur un à priori et il est faux. La petite quantité de votes concernés (333 sur tout le canton pour les verts de l'étranger et 323 sur tout le canton pour les PDC de l'étranger) en fait une somme de cas d'espèces. Cela peut tout à fait représenter la somme des copains du boulot et des familles ou amis proches des divers candidats. Auxquels on peut rajouter des Genevois qui sont résolument pour la région et veulent la faire avancer, qui ont une résidence secondaire (une vraie) à Nernier ou à Mégève, de la famille savoyarde ou gessienne, etc...

Dans le cas de Mettan, tête de liste du PDC étranger, on peut même voir là une tentative organisée auprès de ses amis PDC de Genève de concentrer les votes sur sa personne sans remettre en cause le tir groupé en faveur du parti.

Le présupposé de Vielliard ne tient que si les gens percevaient un avantage clair à voter pour une liste ou une autre selon le côté de la frontière où ils résident. Ce qui n'est pas le cas: les listes vertes et démocrates-chrétiennes "genevoises" ont obtenu 150% de voix en plus que leurs homologues "étrangères" chez les Suisses de l'étranger... Si l'on appliquait le raisonnement de Vielliard à ce résultat, on pourrait donc en conclure que les deux tiers des Genevois se déclarant résider en France voisine habitent en réalité sur Genève !

Il faut toujours se méfier des raisonnements hâtifs. A fortiori lorsqu'ils débouchent sur des appels implicites - voire explicites - à davantage de contrôles policiers.  Ce n'est pas la première fois que mon ami Antoine franchit ce genre de limites très nauséabondes sans même s'en rendre compte. L'amitié doit être solide, pour y résister.

22/12/2011

Priorité aux chômeurs. Pas forcément résidents !

Pascal Décaillet et Mauro Poggia devraient apprendre à lire. Et à contrôler leurs sources. Pour leur éviter de se vautrer dans l'erreur, il leur aurait suffit de consulter le communiqué du Conseil d'Etat d'hier mercredi, relatif à la priorité accordée aux chômeurs dans les offres d'emploi du grand Etat. Il y est clairement indiqué que cela concerne "les chômeurs inscrits à l'Office Cantonal de l'Emploi". Ce qui inclut bien évidemment les frontaliers, suisses, français ou ressortissants de l'UE ou de l'AELE indemnisés en France et recherchant du travail à Genève, parce qu'ils sont suisses ou bénéficient déjà d'un permis F.

En clair, s'ils ont travaillé et cotisé en Suisse, ils conservent leurs droits. C'est bien la moindre puisqu'en dehors du fait que d'habiter sur France soit parfois juste la conséquence de la crise du logement, leurs cotisations versées à l'assurance chômage en Suisse... restent en Suisse, alors qu'ils sont indemnisés en cas de chômage par les ASSEDIC françaises, sur la base de salaires suisses (donc mieux que la plupart des cotisants français), bien que n'ayant souvent jamais côtisé en France.

Une préférence cantonale ou résidentielle, comme le prônent MM Décaillet et Poggia serait évidemment contraire aux accords bilatéraux signés par la Suisse et largement acceptés  en votation par le peuple genevois. Ce serait en plus une stupidité de première grandeur sur le plan du logement, puisqu'elle contraindrait un certain nombre de frontaliers, suisses, français ou ressortissants de l'UE/AELE à se loger ou reloger à Genève (ou sur le Canton de Vaud). Un nombre qui pourrait bien croître dangereusement dans les mois qui viennent si la crise s'installe ce qui parait plus que probable. On verrait donc la pression sur les loyers augmenter encore, pour des catégories de population susceptibles de s'en remettre à l'aide sociale, ou alors émigrer sur Vaud et dès lors ne plus payer d'impôts du tout.

Tout ceci résume assez bien la différence existant entre un parti de gouvernement et d'élus responsables et un club de blablatteurs aux solutions aussi simplistes qu'inapplicables.

19/12/2011

Une Suissesse à la tête d'une organisation internationale majeure ?

On babille pas mal dans les couloirs des organisations internationales en ce moment. Au BIT, ils appellent ça "radio moquette" et le thème principal des émissions, c'est l'identité du futur Secrétaire Général. Ou de la future, car l'un des noms qui revient avec insistance n'est autre que celui de Micheline Calmy-Rey.

Qui trouverait sur son chemin quelques grosses pointures, comme le français Gilles de Robien. ancien minstre et ancien directeur de campagne de François Bayrou en 2002... Lui est déjà au BIT, où il représente la France. Il a un excellent bilan en tant que ministre, le nombre de tués sur les routes en France ayant par exemple baissé de 15% suite à son passage aux transports. Il serait le 3ème français à la tête  de l'Organisation Internationale du Travail, Francis Blanchard, le dernier, y ayant laissé d'excellents souvenirs.

La Valaisanne a des atouts plus spécifiques. D'abord, elle a une vraie vision mondialiste des problèmes, ce qui est très rare. Sans doute est-ce du à ses études genevoises, à HEI. Ensuite, socialiste, elle fut longtemps chef d'entreprise. Enfin c'est elle (avec Pascal Lamy et Juan Somavia, boss chilien et démisionnaire du BIT, deux autres socialistes pragmatiques), qui a transformé le COB, le Chief Executive Board, réunissant tous les resonsables des organisations intergouvernementales mondiales.

De simple conférence administrative, ils en ont fait une sorte de conseil des Ministres du monde, qui malheureusement ne se réunit que deux fois par an (une fois en Suisse, une fois aux Etats-Unis) pour tenter de faire en sorte, à minima, que les différentes organisations internationales, chacune dans leur domaine, ne promeuvent pas des politiques contradictoires. Ce qui devrait être du ressort des gouvernements, qui sont en thorie les pilotes des Organisations Intergouvernementales, mais n'est de loin pas toujours le cas.

A noter qu'aucun pays du monde n'était représenté par plus d'une personne dans ce Conseil, sauf les Etats-Unis, qui comptent quatre "boss" d'organisations mineures, et la France qui en compte quatre dont trois d'organisations majeures: le FMI (ou une française a remplacé un français), l'UPU, l'OMM, et l'OMC. Où Pascal Lamy reste jusqu'en août 2013. Ce qui, avec Robien ferait donc 5 français... Peu probable. Aucun Suisse en revanche n'en a jamais été membre, le CICR n'en faisant pas partie. A noter également que les asiatiques (notamment Chinois ou Indiens) y sont sous représentés, tandis que l'Occident y truste les leaderships.

C'est d'ailleurs là le principal obstacle à la candidature de Mme Calmy-Rey: la volonté légitime des pays émergents d'obtenir une représentation plus équitable. Surtout s'ils montent en puissance au niveau des financements, ce qui n'est pas encore toujours le cas. Reste que le principal chantier du BIT pour les années à venir est essentiel aux équilibres de la planète. Du à l'initiative de Juan Somavia, il consite à doter l'ensemble de l'huamnité d'une couverture sociale minimale alors que les 2/3 d'entre elle en sont complètement dépourvus.

C'est incontestablement le meilleur moyen de réduire les déséquilibres nord sud, cause première des délocalisations, des migrations et plus généralement de l'instabilité politique et militaire. C'est refaire à l'échelle mondiale ce que les bourgeoisies europléennes ont enclenché à l'échelle nationale à la fin du XIXème, pour aboutir au milieu du XXème aux différentes formes de sécurité sociale.

Nul doute que le chemin sera long. Le meilleur candidat ou candidate sera celui qui sera le plus à même de faire avancer le dossier. Doit-il être du Nord ou du Sud, difficile à prédire...

16/12/2011

C'est la guerre froide qu'on enterre aujourd'hui, pendant que les ingrédients du prochain conflit se mettent en place...

Je ne sais pas quel effet cela vous fait de vivre sur une planète cyclothimique, mais moi je trouve cela angoissant. Notre réalité dépasse de loin n'importe quelle fiction. Alors même que les derniers relents de la guerre froide sont défintivement enterrés, le monde se prépare à une phase de contraction protectionniste qui non seulement ruinera l'économie, mais cumule tous les risques de déboucher sur des affrontments violents et généralisés.

Franchement, ces pulsations compulsives, "extension, compression," lorsqu'il s'agit de planter le bâton, ça m'amuse, mais beaucoup moins lorsque c'est avec le sort de l'Humanité que l'on joue. Il est affligeant que les 90% des intellectuels de  nos pays semblent se réjouir du retour en force des nationalismes. Reste à espérer que le bon peuple, ou plutôt les bons peuples, soient plus terre à terre et ne se laissent pas  embarquer dans ces délires revanchards et égoïstes.

Signe des temps, c'est dans une grande discrétion que l'on fête à Genève, en cette fin de semaine, l'une des plus belles réalisations de la diplomatie suisse depuis 20 ans: l'entrée de la Russie à l'OMC, obtenue en grande partie grâce à la diplomatie de Micheline Calmy-Rey. Berne a en effet joué un rôle essentiel dans le débloquage des rouages sacrément grippés de la Géorgie Membre du même groupe que la Suisse à l'OMC, Tiflis faisait tout ce qu'elle pouvait pour empêcher l'entrée de Moscou dans le vaste club du commerce mondial.

Micheline Calmy-Rey s'en va ainsi sur une éclatante résussite, un succés de la diplomatie et des manoeuvres discrètes, voire secrètes, qu font une large part des rapports internationaux. C'est heureux, car si tout cela s'était déroulé au grand jour, les dirigeants géorgiens auraient été corsetés par les tendances les plus populistes et revanchardes de leur opinion publique et rien n'aurait pu se faire. Moscou serait restée en marge d'une des institutions les plus importantes de la gouvernance collective, ruminant son exclusion dans son coin. Car au sein de l'OMC. où les igorants prétendent que les grands pays font la loi, un petit peut bloquer  tout le processus.

Aujourd'hui. on apprend aussi que MCR lasse les rênes du DFAE à Didier Burkhalter. Gageons que le Neuchâtelois saura se montrer digne  héritier d'une diplomatie discrète, mais efficace, qui sait se faire oublier pour mieux avancer. Ce ne sont pas les dossiers qui manquent, vitaux pour notre économie et notre place financière. Sa formation d'économiste et les expériences passées de Burkhalter avec l'OCDE, la francophonie ou les parlementaires français devraient lui permettre d'être rapidement opérationnel au coeur de l'action, dans la négociation des dossiers les plus sensibles. Des problèmes directement reliés aux tensions qui agitent la planète.

On dit le Neuchâtelois mesuré. Voire glacial. Personnellement, pour tenir le cap dans un monde maniaco-dépressif, je préfère un pilote qui sache conserver son sang-froid.

09/12/2011

L'Escalade n'est pas ce que vous croyez

Nos contemporains voient souvent l'Escalade comme une sorte de guerre entre nations... Qui en réalité n'existaient pas encore à l'époque ! Il s'agit au contraire d'une vraie guerre civile, opposant la bourgeoisie urbaine à l'aristocratie féodale et à sa paysannerie, sur fond de guerre de religions: dans toute l'Europe de l'Ouest, les familles se déchirent entre elles.

La population d'Annecy est ainsi largement composée des ordres religieux ayant fui Genève un demi-siècle plus tôt et des enfants et petits enfants de Genevois, restés catholiques, qui les accompagnaient. Tandis que Genève se peuple de huguenots savoyards ou lyonnais, comme la Mère Royaume. Lorsque la guerre éclate en 1589, elle oppose des cousins, parfois des frères. La seule chose qui les sépare vraiment, c'est la religion.
Genève est la capitale historique de la région. Les riches savoyards ont leurs demeures à la rue des Granges et les Genevois exploitent des domaines en Savoie. Où le Conseil de Ville prélève des impôts. C'est pourquoi Genève, lorsqu'elle déclare la guerre au Duc, interdit les exactions contre les civils. Il y en aura cependant, de part et d'autre; mais côté Genevois, les coupables seront jugés. Et condamnés à des peines légères, mais hautement symboliques, car il s'agit d'une première mondiale.

Lorsque les Savoyards furieux attaquent Genève en 1602, Genève n'est pas Suisse et depuis 1589, la France, dirigée par Henry IV, est son alliée dans la guerre. Tandis que les cantons suisses catholiques, Fribourg, Valais et la Suisse primitive soutiennent la Savoie, après s'en être nourris.

Cela fait un siècle, depuis 1476, que toute la Romandie, jusque là savoyarde, donc bourguignonne, passe progressivement sous domination alémanique: Vaud devient vassale de Berne, le Bas-Valais, du Haut et la Gruyère de Fribourg, qui a remplacé le français par l'allemand comme langue officielle à l'issue des guerres de Bourgogne.

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Jacques de Savoie, Seigneur de Romont et Henry de Neuchâtel commandent les bourguignons à Morat

 

Les 10 000 morts - en bonne partie romands - de la bataille de Morat représentent l'équivalent de la population de Genève ou Zurich à l'époque. Un traumatisme énorme. Ils ont été massacrés par la Ligue alémanique formée de Bâle, Berne, Zurich, Strasbourg, Mulhouse, Colmar et Sélestat, soutenues par le Duc de Lorraine et les Habsbourg et financées par Paris. Louis XI met ainsi fin à la Guerre de Cent ans et aux prétentions continentales du Téméraire Duc de Bourgogne et de son allié Roi d'Angleterre.

Pour éviter de devenir bernoise, Genève paie une forte rançon, mais la famille de Savoie reste officiellement suzeraine de la ville. Qui signe, en 1526, contre la volonté du duc et de l'évêque, un traité de combourgeoisie la liant à Berne et Fribourg. C'est alors un mouvement général des bourgeoisies urbaines européennes qui rejettent le joug féodal. Nombre d'entre elles passent à la Réforme, qui leur accorde des droits que leur refuse la tradition catholique. Comme le prêt à intérêt, essentiel au commerce.

Les évènements de Kappel, en 1529, puis 1531, ont profondément divisé la Suisse et marqué le déclenchement des guerres de religion en Europe. Avec l'aide du Valais et des Habsbourg, les cantons "primitifs", ruraux et catholiques sont sortis vainqueurs de la deuxième guerre de Kappel et tiennent en respect les bourgeoisies des villes nouvellement protestantes : Zurich, Berne, Saint-Gall et Bâle.

Berne, qui avait rendu le pays de Vaud à la Savoie, le reprend en 1536 avec l'aide de Genève, passée à la Réforme. Les Genevois restés catholiques s'enfuient à Annecy. Berne occupe le Chablais et le pays de Gex, tandis que Paris s'empare du Faucigny. La Savoie est exsangue, mais Emmanuel Philibert, dit Tête de Fer, le nouveau Duc de Savoie, devient le principal général des Habsbourg, soutien des cantons catholiques.
Ses conquêtes, les traités internationaux et son mariage avec la fille de François 1er lui permettent de récupérer ses terres du Chablais et de Gex, rendues par les Bernois, et le Faucigny, par la France. Les accords de paix prévoient qu'il n'exercera aucune violence contre ses sujets qui se seraient convertis à la Réforme durant l'occupation bernoise. Il doit cependant abandonner définitivement Vaud, la Gruyère et le Valais. Le statut de Genève restant en suspens.

En 1584, le Traité de combourgeoisie avec Genève la calviniste est dénoncé par Fribourg la papiste, et l'entrée dans la Confédération est refusée à la Rome protestante. Pas question de désobliger le Duc, qui tient à récupérer sa capitale historique. Mieux vaut éviter aussi de déstabiliser le fragile équilibre né à Kappel. Les cantons protestants réagissent à leur manière et Zurich, réformée par Zwingli, remplace Fribourg dans l'accord de combourgeoisie avec Berne.

La neutralité suisse et l'art du consensus naissent de ce XVIème siècle troublé: pendant que les guerres de religion ravagent l'Europe, les Confédérés parviennent à éviter les conflits sanglants en dépit de vives rivalités. Mais la paix reste fragile au sein de la Confédération comme en France... et en Savoie.

Le nouveau Duc de Savoie, Charles-Emmanuel, dit le Chat, fils de "Tête de Fer" est au mieux avec les cantons catholiques. Il prépare la reconquête de ses domaines avec l'appui de son beau-père, l'empereur d'Autriche et richissime roi d'Espagne, Philippe II, qui soutient la redoutable Inquisition, tout en restant suzerain des Etats et principautés réformés de Flandres et d'Allemagne.
Le Chat, petit fils de François 1er par sa mère, a donc épousé sa cousine germaine, Catherine-Michèle d'Espagne, petite-fille de Charles Quint par son père et de François 1er par sa mère. Leur cousin Henry de Navarre est le chef de file du parti protestant et... le prétendant numéro 1 à la couronne de France, à la mort de leur autre cousin Henry III.

Laurent Deshusses en Duc de Savoie.jpg

Laurent Deshusses est "Le Chat", aux côtés de Françoise Chevrot


Le Chat, lui, est Numéro 2 dans l'ordre de succession. Le Royaume voudra-t-il d'un protestant? En 1589, apprenant la mort d'Henry III, le Chat qui s'apprêtait à attaquer Genève, alors isolée et mal défendue, bouleverse ses plans et fonce sur la Provence. Mauvaise idée car il s'y fait battre, tandis que les protestants de Genève, appuyés par une petite armée de huguenots français dépêchés par Henry IV, lui déclarent la guerre.
Il y a plus d'une centaine de morts à Chatelaine (bien plus qu'à l'Escalade), mais tout le pays de Gex jusqu'à Bellegarde tombe aux mains des troupes franco-genevoises. Henry IV abjure devant Paris et promulgue l'Edit de Nantes, qui met fin aux guerres de religion en France et bloque l'Inquisition aux frontières des Pyrénées

Echouant à reconquérrir ses territoires, le Chat se consacre désormais à la Reconquête des âmes. Toutefois, tenu par les engagements de son père, il renonce à agir par la force et se laisse convaincre par l'évêque de Genève, établi à Annecy, François de Sales, qui préfère la persuasion. L'Inquisition qui ravage alors l'Espagne et l'Italie, ne pénètre pas en Savoie, mais les Savoyards repassent massivement de la Réforme au catholicisme.

Le conseil de Genève doit même punir d'emprisonnement les Genevois qui assistent aux grands messes données à Annemasse, Thonon, Veigy ou Bonneville, car plusieurs qui s'y rendent se convertissent... On y prêche 40 heures d'affilée, entrecoupées de messes et de saynètes représentant les mystères de la foi. Nombreux dans l'assistance sont ceux qui rentrent en transes mystiques...

En 1601, le traité de Lyon laisse le pays de Gex à la France, qui du coup prend pied sur les bords du Léman, à Versoix et Genthod. Le traité reste cependant assez flou sur la question de l'indépendance genevoise. Henry IV la considère comme rattachée à la Suisse, mais ce n'est pas exprimé par écrit. Le Chat en profite pour tenter de reconquérir Genève, une nuit de décembre 1602, "Malgré la paix qui avait été jurée et rejurée par le Prince..."
La cacade qui s'ensuit trouve son épilogue en 1603, au traité de Saint-Julien. De part et d'autres, l'esprit de vengeance domine et l'on semble n'avoir aucune envie de parvenir à la paix. C'est sous la forte pression de la France et surtout des cantons suisses qu'elle sera enfin conclue. Les émissaires des cantons catholiques se chargent de convaincre leur allié savoyard, tandis que Berne et Zürich arrachent à Genève, leur combourgeoise, l'acceptation du compromis.

Genève est désormais durablement séparée de son arrière pays naturel par une frontière des âmes. Définitivement ? Le motif religieux, en tout cas n'est plus pertinent. Pas davantage que le conflit avec la féodalité... Reste un héritage de l'Histoire, appelé tôt ou tard à s'effacer, car il ne correspond plus à aucun besoin ni réalité. Mais cela prendra du temps, car les frontières séparent aujourd'hui des systèmes administraitfs, sociaux et fiscaux devenus largement différents.

Illustrations tirées du film "Genevois Pluriels" - 1) Comment l'Esprit vint à Genève  diffusé ce samedi à 16h et 18h et dimanche à 16h au Grütli, salle Fonction Cinema - A l'occasion de l'Escalade, les spectateurs en costume historique recevront un cadeau.

05/12/2011

Lettre ouverte à un copain taxi, blogueur qui se prépare à faire grève...

Salut Pierre. Tout d'abord merci d'être venu voir mes films et d'être l'ami et le musicien que tu es. Cela étant, dans ton blog (ici) je pense que tu fais erreur. Les taxis ne sont effectivement pas en concurrence les uns avec les autres, et les compteurs sont là pour y veiller. Personne n'aimerait avoir à discuter le prix de la course. Surtout pas les touristes ne connaissant pas la ville.

En revanche, les taxis sont, collectivement, en concurrence avec tous les autres modes de transport, de la voiture individuelle au tram en passant par la marche à pieds, la trottinette, le scooter, le vélo etc... C'est là que se fait le choix, que s'exerce la concurrence, même si elle est faussée par l'attitude de l'Etat, qui cherche à privilégier certains modes, en entravant les autres.

Là il est clair que le facteur prix est essentiel. Que si les taxis étaient moins chers à Genève, davantage de gens y auraient recours, que les taximen attendraient moins longtemps, donc feraient plus de chiffre, etc... Après, il importe de trouver le juste milieu, tout en sachant qu'il n'est nul besoin d'avoir fait l'EPFL pour être taximan (ou woman) et que passer la journée ou la nuit dans une voiture chauffée et confortable avec sa musique préférée n'est pas vraiment le bagne, ni même aussi fastidieux qu'un emploi de caissière. Hors du peu que j'en sais, c'est nettement mieux payé...

Dans ce contexte de concurrence canalisée par l'Etat, quelle doit être la place du taxi ? Est-il d'utilité publique ? A mon avis, oui. Il n'est pas très opportun aux heures de pointe, mais en dehors, il est bien plus pertinent d'utiliser une auto pour transporter une, deux ou trois personnes qu'un grand tram vide... Tout en contribuant à régler les problèmes de parking.

Et puis il est bon pourvoyeur d'emplois sans qualification non délocalisables. Il est donc à mon avis anormal qu'il soit lourdement fiscalisé (à commencer par les taxes sur l'essence) pendant que les transports publics sont largement subventionnés.

C'est à mon avis en ce sens que vous devriez battre. Vous êtes un service public délégué à des privés, mais vous êtes un service public.

01/12/2011

Loyer, politique, cinéma tous est dans TOUT... Et là ça se complique !

On va encore me dire que je mélange tout. Que je mêle trop de sujets, que je saute du coq à l'âne et que je mélange des choux et des pâtés. C'est faux. A dire vrai, dans mes films et mes écrits, j'essaie de faire de l'impressionnisme: du pâté de coq pendant que mes ânes mangent mes choux… Pour dépeindre au plus près la réalité, qui n'est jamais linéaire et simple. C'est un euphémisme (euphémisme; traduction en langage djeune: "c'est le prénom") car dans la réalité, le pâté mange l'âne et le chou fait de la physique nucléaire avec le coq.

Cette interpénétration complexe de tous et toutes dans Tout, entremêlant les désirs et les pulsions de chacun sous l'aune de la soi-disant rationalité, c'est le quotidien de nos politiciens. Ceux que nous avons élus pour gérer les conflits nés de nos intérêts divergents. Entre autres.

Et ce n'est pas simple. On l'a bien vu hier soir, à l'Assemblée générale extraordinaire du PLR Genevois, où l'on a pour une fois, fait de la politique. De la vraie. C'est-à-dire débattu, avec Mark Muller, ou plutôt commencé à débattre de ce que nous voulons pour Genève et la région, en matière de plan directeur d'aménagement cantonal.

Ce que nous voulons, c'est la quadrature du cercle, plus la téléportation: des logements bons marchés, bien construits et bien habités (surtout !), proches des zones d'emploi, mais à la campagne avec des routes nouvelles et des trams qui ne coûtent rien, ne se voient pas et ne polluent pas, le fin du fin étant évidemment que ces logements soient construits ailleurs, mais en même temps, que l'économie croisse, que les grenouilles croassent (mais pas trop fort tout de même) et que Genève reste ce subtil mélange de Wall Street et Long Island qui fait son charme, reléguant le Bronx outre-frontière.

Le pauvre Mark a bien du courage. Point focal de toutes ces contradictions, il tente de déblayer la voie de toutes ces obstructions, pour faire avancer l'intérêt général. Tout en tenant compte de la démocratie qui, dans le détail, parait à géométrie variable. C'est systématique, plus on vit prêt d'un projet de construction, plus on vote contre. Et plus l'on s'en éloigne, plus on l'approuve. Indépendamment des motivations idéologiques. Ce qui fait que les habitants de Troinex, de Thônex ou de Chêne-Bougeries qui s'opposent à des projets chez eux (enfin s'opposaient dans le cas de Thônex, qui vient d'accepter officiellement les Communaux d'Ambilly), ont approuvé celui des Cherpines. Qui aurait été refusé si l'on avait voté localement. Tandis que si le vote sur le projet Challandin à Chêne-Bougeries (refusé localement) avait été cantonal, il serait très probablement passé. Parce que Confignon et Plan-les-Ouates auraient voté pour…

Face à cet enchevêtrement d'intérêts croisés et contradictoires, où même la démocratie perd son grec, il n'est pas de réponse simple. Sauf celle du MCG, à savoir la construction de barres façon années 60, qui est précisément ce dont personne ne veut. Sauf les leaders de ce parti qui puisent le gros de leurs forces électorales dans ces grands ensembles, écrins bétonnés de la misère humaine.

A noter que les grands ensembles, même la gauche n'en veut plus. Son rêve à elle, ce sont des quartiers urbains pas trop denses, remplis de bobos, de zones piétonnes et d'animations culturelles. Sauf que les animateurs culturels, pour les payer, il faut bien prélever des impôts quelque part… Si possible dans les zones villas, abomination absolue, peuplées de pendulaires pollueurs… Que l'on tente de tondre à ras, en les contraignant à vendre leur bien à la moitié du prix du marché, lorsqu'il passe de zone villas à zone de développement. Ce qui évidemment, n'accélère pas les procédures.

Un problème identifié par le DCTI et bientôt résolu semble-t-il, qui découlait au départ de la volonté de contenir le coût des loyers futurs. Mais en bloquant les ventes, donc les constructions, on aboutissait au résultat contraire, soit une hausse irraisonnée due à la pénurie.

Il n'est pas de solution simple à des problèmes complexes. Les émissions de télé, les articles de journaux, qui vous présentent un problème isolé de son contexte vous mentent et vous abêtissent. Les populistes aussi, de droite ou de gauche et même du centre, qui en profitent pour désigner un bouc émissaire. Les fameux "expats" par exemple, ne représentent que 10% des nouveaux emplois créés à Genève ces dix dernières années. Soit en terme de logements, 2 à 300 nouveaux logements par an… Le vrai problème, ce sont évidemment les 2200 autres…

Qui manquent. Les licenciements en cours, dans les banques, devraient calmer le jeu. Et rappeler à tous qu'une économie prospère a du bon !

Cette peinture impressionniste des problèmes de l'agglo, c'est le cœur de "Ville-Frontière", le deuxième film de mon diptyque "Genevois Pluriels" que l'on peut voir ici ou là dans les bonnes salles de quartier ou de village et trouver en DVD, à la Migros notamment. A chacune des projections, les gens applaudissent à la fin. Ce qui me procure évidemment un immense plaisir. Mais à ma grande surprise, c'est justement ce deuxième film qu'ils préfèrent, car disent-ils, "ils apprennent beaucoup". Sur la complexité des problèmes de notre quotidien, ceux qu'ont à gérer nos politiques.

Lorsque j'interviewais des musiciens, j'étais toujours étonné de voir qu'ils ne savaient jamais à l'avance quel serait le tube de leur album. Cela semblait pourtant tellement évident qu'il y en avait un qui se détachait. Eh bien dans mon cas, j'aurais parié à tous coups sur le premier. "Comment l'Esprit vint à Genève". Pour ses reconstitutions historiques, son originalité, sa distanciation et son voyage en immersion dans 2600 ans d'Histoire. L'Histoire, c'est ma passion, le meilleur outil de compréhension du présent. Et les férus d'Histoire adorent ce premier film. Les autres le trouvent "trop dense"… Ils ont tort.

Non pas qu'il ne soit pas dense. Il l'est. Mais à la manière d'un tableau impressionniste, il ne faut pas chercher à en isoler, à en retenir chaque point de détail. Ce serait folie. Quand vous regardez une fiction, on ne vous demande pas de vous souvenir de chaque scène. Là c'est la même chose, laissez vous bercer, laissez vous emporter par le flot des images et des sons. L'Histoire c'est d'abord une histoire, géniale, pleine de suspens, d'interactions, de sang de sueur et de larmes, de rires aussi. Et si après avoir vu le film, vous avez envie de la connaître mieux notre Histoire, vous pouvez reprendre le DVD séquence par séquence. Onze périodes historiques à digérer indépendamment les unes des autres. Pour essayer d'isoler un peu de simplicité dans notre monde complexe.

NB: sur ce blog ne passeront désormais que les commentaires de personnes réellement identifiées ou au moins identifiables par moi.