09/01/2012

Un second tour François contre François ?

Contrairement à ce qu'affirment un peu vite certains "analystes", Sarkozy ne remonte pas sur Hollande. L'analyse des chiffres et leur comparaison avec les précédents sondages sont on ne peut plus claires : C'est Hollande qui baisse. Parce que Bayrou monte et lui prend des voix. Le Pen et Sarkozy restant, pour l'instant assez stables. Mais dans le cas de figure actuel, l'issue du 2ème tour ne fait aucun doute: Sarkozy est battu par Hollande à plate couture.

Cet instantanné pourrait cependant changer, à une seule et unique condition. Si Bayrou, qui a jusqu'à présent mordu essentiellement dans l'électorat centriste ravi d'une alternative au vote PS, se mettait à mordre à droite, prenant à Sarkozy ce qu'il a pris jusqu'à maintenant surtout à Hollande et Joly. Cela a commencé ce week-end avec le ralliement de Dassier, libéral bon teint éconduit par l'UMP, puis de Douste-Blazy, médecin béarnais, ci-devant maire de Lourdes et haut-fonctionnaire international.

C'est cependant loin d'être fait, car l'UMP, pour l'instant serre les coudes avec une peur au ventre: que Le Pen soit au 2ème tour face au PS. Pour tous ceux qui ne veulent ni du PS (avec Montebourg et Melenchon en embuscade dérrière un Hollande bon enfant), ni de Le Pen, Bayrou parait être la seule solution, le seul à même de vaincre le PS au second tour. Car si c'est Sarkozy, on peut être sûr que c'est plié. Et Le Pen, on n'en parle même pas. Mais pour que Bayrou puisse bénéficier des voix UMP lucides, et il y en a, il faut qu'il parvienne à dépasser Le Pen...

C'est un drôle de jeu, une sorte de quitte ou double qui n'a plus grand chose à voir avec l'idéologie, encore que l'enjeu soit directement politique: que l'élu des Français soit à la fois une personnalité raisonnable et surtout qu'il soit représentatif d'une majorité d'entre eux, loin des extrêmes. Ces Français qui souhaitent conserver le système actuel sans faire la révolution, mais rêvent de le moderniser et de le rendre plus équitable et plus durable. La majorité silencieuse, quoi qui se reconnait évidemment davantage dans l'un ou l'autre des François, aimables notables de province que dans n'importe quel autre des candidats.

Mais lequel des deux, au-delà de ces aspects tacticiens ? Sur le fond, qu'est-ce qui les différencie ? J'y reviendrai.

Commentaires

Ce serait un second tour de rêve!

Écrit par : Pascal Décaillet | 09/01/2012

On se demande si les présidentielles française ont un quelconque intérêt tant les candidats n'ont pas de programme claire pour sortir la France du marasme des fiances et celui du fort taux de chômage permanent depuis près de 40 ans.

Avec le programme de Hollande c'est le creusement de la dette garantie. Avec Sarkozy ce sera pareil mais en moins pire. Quand à Bayrou; il incarne la France qui roupille. C'est en tout cas le sentiment qu'il me donne quand je l'écoute. Un vrai somnifère.

Il manque à la France une vraie droite libéral ( elle existe mais elle est peu représentée comme le parti libéral démocrate ou alternative libérale )comme le PLR en Suisse, le CDU en Allemagne ou le parti conservateur britannique.

L'UMP ou le MODEM sont des parti de droite interventionniste et étatique héritée de l'aristocratie française.

D.J

Écrit par : D.J | 09/01/2012

"Ce serait un second tour de rêve!"
Vous partagez les goûts de Philippe Souaille pour la science fiction ?

Écrit par : Géo | 09/01/2012

En l'occurrence, DJ, certains représentants de cette droite libérale (dont Dassier, qui roule pour Madelin) sont en train de rallier Bayrou. Ce qui pourrait certes lui assurer l'élection si le mouvement se confirme, sans pour autant donner d'indications claires sur la suite des évènements, après l'élection. Car le Modem, au même titre que l'UMP et le PS d'ailleurs, est sérieusement divisé entre des courants largement contraires: pour et contre l'Europe, pour et contre le libéralisme, pour et contre l'omniprésence française du social...
Ce sont les inconvénients du système dual, si cher à Pascal Décaillet. Comme aux Etats-Unis, il peut y avoir bien plus de divergences, sur des questions politiques essentielles, entre gens d'un même parti qu'entre personnes de partis opposés.

Écrit par : Philippe Souaille | 09/01/2012

@ Philippe,

Je parlais bien sur de la tendance générale de ces partis. L'UMP n'est pas vraiment libéral dans son ensemble bien que certain le sont plus que d'autres. Par contre Le GOP américain dans son ensemble est bien encré libéral. ( au sens européen du terme ). Comme l'est le PLR en Suisse.

D.J

Écrit par : D.J | 09/01/2012

"Sarkozy ne remonte pas sur Hollande"
Parce qu'il a été déçu ? Ce genre de pratique est obscène et ne devrait pas être publié sur ce blog, M. Souaille, c'est une affaire privée.

Écrit par : Benoît Marquis | 10/01/2012

Un deuxième tour bonnet blanc blanc bonnet comme disait je crois Jacques Duclos.
Cela dit le béarnais m'a impressionné l'autre soir chez Ruquier.
saluti bien cordiaux
p.l.

Écrit par : pierre losio | 10/01/2012

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