12/01/2012

Affaire Blocher: Que faire d'un éléphant blessé dans un magasin de porcelaine ?

La meilleure défense, c'est l'attaque. Christoph Blocher applique le précepte à la lettre, pour nous faire oublier qu'il a tiré parti de données bancaires volées. Pire, il n'a pas seulement foulé aux pieds ce qu'il prétendait peu auparavant inscrire dans le marbre inviolable  de la constitution. Lors de l'affaire de l'employé monégasque, la ligne de défense helvétique consistait à dénier aux autorités judiciaires françaises le droit d'utiliser des données volées. L'UDC était bien sûr en première ligne. Que n'a-t-on pas dit à l'époque sur ces méthodes de voyous, indignes d'un Etat de droit...  Eh bien c'est exactement ce qu'a fait M. Blocher et il doit être puni pour cela. Doublement, car dans sa situation et au vu des positions de son parti, c'est un peu comme si le gendarme commettait le délit.

Si M. Hildebrand avait eu droit à un procès équitable, et non pas à un lynchage médiatique, les pièces volées n'auraient pas pu être utilisées. Poursuivre au-delà et s'en prendre à Mme Wimer-Schlumpf, c'est s'en prendre à l'essence même de nos institutions, dont la stabilité fait l'envie du reste du monde. Un peu comme Eric Stauffer qui se permet de réclamer la tête de Mme Rochat pour prendre sa place. Où cette folie menée par un quarteron de politiciens factieux et de  journalistes à leur service s'arrêtera-t-elle ?

Notre pays a des règles et des lois, il devient urgent de s'en rappeler. Ce n'est pas au quart de la population mené par quelques forts en gueule qu'il revient de dicter l'agenda, mais aux trois quarts restant.  Blocher est blessé. Il n'a pas apprécié qu'on lui ait cassé son jouet, que le peuple des électeurs ait à plusieurs reprises, à Zürich et à Berne, sifflé la fin de partie. Du coup, il en voulait déjà à la terre entière, mais désormais aussi à la Suisse et à ses institutions. Il n'est pas parvenu à les plier à sa volonté et cela le déstabilise, il n'en a pas l'habitude. Ce qui en fait un homme dangereux, un éléphant blessé dans le magasin de porcelaine de nos institutions.

Un procès ne l'arrêra probablement pas et même la prison qui l'encourt ne saurait l'empêcher de mener ses affaires depuis sa cellule, comme  un parrain bien organisé... Cela devrait même renforcer la détermination de ses partisans qui hurleront à l'injustice. Mais c'est une question de principe. Il est temps d'en finir avec ces méthodes de maître chanteur qui mettent en péril notre démocratie. C'est la même chose avec les gendarmes dont le Président du syndicat menace aujourd'hui le conseil d'Etat de sa colère s'il fait ceci ou cela... depuis quand la police dicte-t-elle sa conduite au politique ? Quelle est cette inversion des rôles, extrêmement dangereuse lorsqu'on songe à tous les régimes, de gauche ou de droite, qui ont mis la police au pouvoir ?

Inversion des rôles, oui, et inversion de la gravité des fautes. Il est bon de reprendre la question posée par le principal chantre, à Genève de ces marges extrémistes qui apparaissent de plus en plus ouvertement pour ce qu'elles sont : un danger pour nos institutions démocratiques. J'ai nommé Pascal Décaillet, qui ne cache pas son admiration pour les ténors fascistes d'une époque où l'extrême-droite tentait de parvenir au pouvoir, déjà, en dénonçant scandales réels et inventés, et complot judéo-maçonnique...

Qu'est-ce qui est le plus grave ?

Céder à la tentation de plaire à son épouse où même à l'appât du gain en profitant d'un gain de quelques dizaines de milliers de francs, pris in fine aux spéculateurs qui mettent en danger l'économie réelle du pays ?

Ou détruire ce qui reste du secret bancaire et avec lui l'image si précieuse d'inviolabilité de nos banques ? Car il ne s'agit plus cette fois d'un margoulin espérant vendre des données au fisc d'un pays étranger après s'y être réfugié, mais d'un ancien conseiller fédéral, patron milliardaire du premier parti de Suisse.  Qui, en plus, a déstabilisé la Banque Nationale et dégommé l'homme que la Suisse était parvenue à placer au coeur des débats sur le système financier international. Et qui, dans cette position au moins, ne devrait pas pouvoir être remplacé de sitôt.

Bref, l'un a commis une faute professionnelle et il a démissioné. L'autre a commis un délit, passible d'un long séjour en prison, et porté de surcroit de sérieux coups à des pans entiers de l'économie helvétique. Un traître à son pays, pour ce qui apparait de plus en plus motivé essentiellement par de vulgaires désirs de vengeance personnelle. Personnellement, je ne comprendrais pas qu'il ne soit pas puni comme il le mérite. Plus même, cela tendrait à prouver qu'il a déjà gagné et que la gangrène de nos institutions est dans un état tellement avancé que l'extrême-droite n'a plus qu'à se baisser pour les ramasser. Car elle fait peur.

C'est exactement la même chose, à l'échelle genevoise, avec le ton du Président du syndicat des gendarmes et les fantasmes de pouvoir de M. Stauffer. Libre à lui de se présenter au Conseil d'Etat, mais en son temps, lorsque les personnes actuellement élues auront terminé le mandat pour lequel elles l'ont été. Cela s'appelle le respect des institutions, et sans ce respect, la meilleure des démocraties du monde ne peut fonctionner.

Commentaires

en d'autres termes, pour vous, dénoncer à l'autorité supérieure de la bns (le CF) des agissements suspects de son directeur, c'est un crime (à vous lire passible de la peine de mort si elle existait, puisque mettant en danger la nation). Votre billet d'humeur est à ce point orienté vers la critique - mais vous en avez l'habitude- de la droite , en particulier de l'udc, qu'il me semble traduire une sorte de fixation monomaniaque. L'affaire dont vous faites le tire de votre billet est avant tout l'affaire Hildebrand, n'en déplaise à votre volonté de la baptiser du nom de votre ennemi préféré

Écrit par : uranus2011 | 12/01/2012

Sur ce sujet des gendarmes, je réponds aujourd'hui à Minet, ancien président de leurs syndicat, sur son excellent blog. En voici la copie:
Parlons clair, Minet. Sur le respect du aux gendarmes et à leur tâche difficile, je crois que nous sommes d'accord. Ils font dans l'ensemble très correctement leur boulot, qu'il s'agisse de maintien de l'ordre, de circulation routière ou de chasse aux brigands et ils méritent d'en être récompensés, alors qu'ils n'ont pas toujours reçu le soutien qu'ils méritaient face aux attaques d'une certaine gauche. Il y a dans ce domaine des progrès à faire, mais le rôle d'une conseillère d'Etat ne peut pas être non plus en permanence celui d'une maman distribuant des félicitations, qui plus est collectives, syndicat oblige.
De même, vous avez de quoi redire à l'application de la justice, bien souvent trop laxiste. Courir derrière un malfrat dont on sait qu'il sera relâché le lendemain n'est pas très motivant. On peut je crois compter sur Olivier Jornot pour améliorer les choses sur ce plan.
Maintenant sur le fond du problème, qui se résume tout de même à une histoire de syndicats et de revenus, il faut se montrer lucide:
Les moyens matériels de la population de ce canton sont étendus, mais ils ne sont pas extensibles à l'infini. Les gendarmes sont bien payés (20% de mieux que des journalistes, pour un niveau d'étude inférieur, des horaires et autres tout aussi farfelus et une sécurité d'emploi bien supérieure, mais il est vrai un mode de vie potentiellement plus risqué). Donc ils coûtent chers.
Malgré cette paie confortable que l'on verrait difficilement pouvoir augmenter - les finances du canton demandent grâce, ils ne sont pas assez nombreux à s'engager. A se demander d'ailleurs comment Eric le faiseur de miracles compte s'y prendre pour augmenter les effectifs... Par ailleurs les exigences - fédérales - du nouveau code de procédure pénale ont augmenté considérablement les tâches administratives, qui barbent tout le monde et réduisent la présence dans la rue.
Une solution a été proposée, simple, économique, logique et efficace, qui consistait à ouvrir une nouvelle catégorie de personnels à laquelle serait confiée ces tâches administratives. Des gens qui n'iraient pas dans la rue, qui n'encourraient donc pas les risques (pourraient dès lors travailler à plus de 50 ans et pourraient être payés comme les gratte-papiers qu'ils seraient), mais qui en revanche auraient le niveau administratif et qui pourrait être recrutés sur une base plus large y compris frontalière. Ce qui soit dit en passant, ne changerait pas grand chose, j'ai ouï dire que certains de nos pandores habitaient déjà sur France.
Mais là, surprise surprise, que n'a-t-on pas entendu, venant du syndicat et bien sûr du MCG... Le protectionnisme a fait son oeuvre. Et l'on a vu les ténors du MCG armer eux-mêmes le piège dans lequel ils tentent aujourd'hui de faire tomber Mme Rochat. En refusant la seule vraie solution réaliste et pragmatique, ils empêchaient toute amélioration réelle de la situation. Pour tenter aujourd'hui d'en tirer les marrons du feu...

Écrit par : Philippe Souaille | 12/01/2012

Euh, Uranus, une Banque Nationale, si l'on veut qu'elle soit efficace, doit être indépendante du pouvoir politique. C'est une des bases de nos sociétés modernes et de la séparation des pouvoirs. Mais cela étant, l'affaire Hildebrand est close. Le Monsieur a démissionné.
L'affaire Blocher en revanche est loin d'être réglée. Soit la grosse grosse entorse faite au sacro-saint secret bancaire, l'utilisation de données volées et j'y ajoute pour faire bonne mesure le lynchage médiatique et l'attaque irraisonnable (mais sans doute pas irraisonnée, circonstance aggravante) de nos institutions.
Par ailleurs, je n'attaque pas la droite. Je suis à droite. Je défends un système de valeurs basé sur la responsabilité individuelle et le libre commerce. Mais j'attaque l'extrême-droite, résolument, dont M. Blocher est le deux ex machina en Suisse et qui représente un réel danger pour notre démocratie.

Écrit par : Philippe Souaille | 12/01/2012

Comme je vous l'ai déjà dit, vous vous enfoncez, Philippe Souaille. Si un fasciste vous dit qu'une vache a quatre pattes, il est idiot de vouloir prétendre qu'elle en a trois ou cinq. Cela doit vous rappeler qqch...

Écrit par : Géo | 12/01/2012

Je ne sais pas si je m'enfonce Géo. Et je constate que d'après le sondage TdG auprès de ses internautes (au sein desquels la proportion de gens sensibles aux sirènes de l'extrême-droite est notoirement plus élevée que la moyenne) 2/3 des gens considèrent que Blocher a mal agi, comploté ou commis un délit...

Écrit par : Philippe Souaille | 12/01/2012

oui, une banque nationale doit être indépendante, et la BNS l'est. Toutefois c'est l'autorité politique , le CF, qui nomme le directeur. >>Donc ce dernier répond de ses actes devant l'autorité qui l'a nommé , rien de plus normal, surtout qu'il ne s'agissait pas d'un acte découlant de sa fonction, mais bel et bien d'une affaire privée. Pour le reste , auriez-vous été aussi virulent si le dénonciateur avait été un autre conseiller national, bon centriste ou autre ? je ne le pense pas !

Écrit par : uranus2011 | 12/01/2012

Il se trouve que j'ai parmi mes proches des spécialistes de la compliance bancaire. Alors oui, si un conseiller national centriste avait déchiré ce qui restait du secret bancaire, très probablement pour des motifs personnels, je lui serai tombé dessus à bras raccourcis. Même si par ailleurs - et la compliance bancaire est aujourd'hui en accord sur ce point - il ne doit pas servir à couvrir l'évasion fiscale ou le crime. Mais si soupçon il y a, on fait une enquête dans les règles, on ne va pas fracturer la maison d'autrui sans mandat au petit matin... Surtout pas pour une faute bénigne et pour le moins floue sur le plan réglementaire.
Je crois donc fondamentalement qu'un centriste n'aurait pas agit de la sorte. Qu'il n'aurait pas volé des données. Qu'il se serait arrêté à la première évaluation faite par le Procureur Thurgovien. Qu'il aurait constaté que le règlement de la BNS semblait avoir été respecté, ou même qu'il aurait été voir Hildebrand pour lui demander des comptes, l'alerter sur les dangers de son attitude dans sa situation, au lieu de chercher à le lyncher publiquement.
Qu'il aurait tenu compte qu'il s'agissait d'une faute somme toute vénielle et n'aurait pas cherché à écraser la figure du patron de la BNS avec une grosse pierre à cause d'une mouche.
Je me souviens, en tant que journaliste, avoir été quatre fois au courant de scandales potentiels qui à l'enquête s'avéraient de pitoyables drames humains. J'ai fait en sorte que ces drames s'interrompent et ne se reproduisent pas, plutôt que de sortir les affaires, ce qui n'aurait rien arrangé mais aurait probablement détruit des vies. J'en suis assez fier. Et même lorsque pour d'autres affaires, j'ai choisi de les sortir (indépendamment du contexte politique) j'ai toujours commencé par rencontrer les personnes incriminées, par leur demander des comptes. S'il avait été honnête, Blocher aurait agi de la sorte. Mais il ne voulait pas la fin de petits accommodements douteux, il voulait peau de Hildenbrand. Il l'a eu. Qu'il en paie maintenant les conséquences.
Mme Hildebrand s'exprime aujourd'hui. Je la crois sincère. Et j'espère avant tout que son couple résistera à toute cette brutalité. Car c'est sans doute le plus important.

Écrit par : Philippe Souaille | 12/01/2012

L'étrange silence de "Liberté". La pertinence de votre billet, et de votre argumentaire, le rendrait-elle aphasique ?

Écrit par : Georges | 12/01/2012

Rien que le titre est débile : Affaire Blocher! Ca n'est en rien l'affaire Blocher mais plutôt Hildebrand, mais cela confirme une chose:
Les mots tuent et c'est cela que veut faire passer tous ceux qui n'ont pas
de vrais arguments, et notamment les journaleux censeurs. Ca c'est du vrai populisme et surtout de la manipulation intellectuelle et mentale.

Écrit par : Corélande | 12/01/2012

Je crois que Philippe Souaille a raison. C'est bien de l'affaire Blocher dont il est question. La faute vénielle de Philipp Hildebrand devait être sanctionnée par sa hiérarchie et non devenir un enjeu politique monté en épingle à des fins bassement politiciennes. Blocher a fauté grave. Nous attendons le réveil du monde politique pour le confirmer haut et fort. Alors seulement, comme le dit pertinemment Philippe Souaille, le politique retrouvera sa crédibilité.

Écrit par : Georges | 12/01/2012

Pauvre Blocher, qui a reçu ces informations-là par le plus grand des hasards!

Que pouvait-il faire d'autre sinon son devoir de bon citoyen?

Et puis cela n'a rien à voir avec le fait que lui et ses amis milliardaires auraient perdus du fric avec la décision du taux-plancher et voulaient sabrer la BNS...

Pour avoir été informaticienne dans des milieux "sensibles" (banque privée et assurance maladie), je me demande naïvement comment un informaticien (lui-même UDC) peut avoir accès à de telles infos sans aller expressément les chercher...

Je n'ai pas de sympathie particulière pour Hildebrand, mais bon, les sommes "spéculées", que ce soit lui ou sa femme, semblent un peu dérisoires pour en faire une telle affaire. Le remettre au pas pour cette bourde, maladresse, bêtise aurait suffit.

Écrit par : Lala | 12/01/2012

Vous êtes en "bonne" compagnie, Philippe Souaille :
http://pachakmac.blog.24heures.ch/archive/2012/01/12/toute-la-sincere-verite-sur-l-affaire-hildebrand.html
Le jour où je suis d'accord avec Pachatrucmuche, je me poserai de grandes questions sur mon équilibre mental...

Que vous n'aimiez pas Blocher est une chose. Cela n'a rien d'exceptionnel, c'est banal. Il y a de bonnes raisons : l'appréciation de l'espace économique européen en 1992 par l'UDC était à mes yeux totalement catastrophique. Je l'ai déjà écrit maintes fois, le refus de l'EEE/EWR est la cause principale de la faillite de Swissair, cela ne me parait pas difficile à démontrer...
L'UDC a voulu nous faire croire qu'entrer dans l'EEE équivalait à entrer dans l'Europe et c'était une escroquerie.
Blocher est très riche et qqn dans ces blogs a rappelé comment il a roulé les anciens propriétaires de Ems Chemie, inutile de le faire à nouveau.
Il utilise sa fortune pour les campagnes de ce parti et leurs affiches, probablement payées par lui, sont à vomir.

Là-dessus, on peut maintenant remplir la colonne de droite, celle du positif. Blocher utilise sa fortune et ses qualités de tribun pour maintenir un sentiment d'appartenance à cette petite merveille politique qu'est la Suisse. Avec le fédéralisme dont on peut mesurer les avantages quand on regarde nos pauvres voisins français, obligés d'avaler toutes les couleuvres que leur concoctent leurs dirigeants jacobins.
Avec une armée de milice faites de citoyens âgés de 20 à 35 ans, absolument pas prêts à obéir sans condition à des officiers issus d'autres filières qu'eux-mêmes comme le feraient des soldats de 20-22 ans exclusivement professionnels. (Comment des socialistes peuvent faire une proposition aussi immonde ???)
Avec une banque nationale sous contrôle. Personnellement, avec cette décision de bloquer le cours du franc avec l'euro, je me suis beaucoup posé de questions sur le pouvoir totalement anti-démocratique d'un ex-trader (ex???) sur nos vies...Si c'est ça, l'agenda secret de Blocher, il a eu bien raison d'aller jusqu'au bout, merci à lui...

La Suisse n'est pas constituée que de Genevois, merci à Lui...
La Suisse est constituée de 2/3 de Suisses allemands, dont la très grande majorité ne partagent pas les valeurs grandguignolesques de votre coin de pays, Philippe Souaille. Il s'agirait de les respecter un peu. Dans les anciennes valeurs suisses (et européennes...), le patron de la BNS ne profite pas de sa situation pour spéculer sur le cours des monnaies. Et non seulement cela, il s'arrange pour que nul ne puisse le soupçonner de le faire. Cela s'appelle "vieilles valeurs républicaines". Incompréhensible que vous ne le voyez pas.

Et le racisme EVIDENT que manifeste la très grande majorité de vos compatriotes genevois, sur lequel je me suis déjà exprimé dans le blog de Pascal Décaillet, envers nos compatriotes germanophones est aussi ignoble que tous les racismes. Il n'y a pas un bon racisme pour se foutre de la gueule des totos, des bourbines et un mauvais pour se foutre de la gueule des bicots, des ratons, etc... C'est exactement la même chose.

Alors ce que je prétends, c'est que dans vos motivations de lutte anti-Blocher sur cette affaire, il y a 90% de racisme anti-suisse allemand. Et ce n'est pas à votre honneur...

Écrit par : Géo | 12/01/2012

Attendez, Géo, vous dérapez grave là. Hildebrand est romand ? Widmer-Schlumpf est romande ? Où voyez-vous la moindre trace d'une quelconque animosité anti-alémanique dans mes propos ou mes écrits ?

Écrit par : Philippe Souaille | 12/01/2012

Marrant la remarque de Géo. Il ne me serait pas venu à l'idée d'appeler l'affaire Hildebrand-Blocher une "zürcherei", mais à la réflexion, pourquoi pas ?

Écrit par : Jonquillard | 12/01/2012

C'est votre attitude envers Blocher qui est en cause. Et l'intérêt des banquiers genevois...
Vos propos sont le reflet exact de ceux de Nicolas Pictet.

Écrit par : Géo | 12/01/2012

Pourquoi les supporters de M. Blocher n'ont rien à dire sur son revirement récent quant à l'importance capitale du secret bancaire? Il vend donc les derniers restes de ce secret pour 70.000 dollars.
Et les versions contradictoires sur sa rencontre avec l'informaticien à l'origine de la rupture du secret bancaire ?
Pourquoi vouloir absolument croire tout ce qu'il dit et penser qu'il agit réellement uniquement pour le bien du pays ?
Je trouve l'image de l'éléphant dans le magasin de porcelaine absolument parfait. A la fin, lorsqu'on fera le bila de la casse, il faudra assumer la facture.
Ce ne sera pas la gauche qui portera la responsabilité du naufrage de la place financière helvétique. On a beau avoir une monnaie forte, des traditions, des restes de bonne réputation, les gens qui ont adoré le secret bancaire jusqu'à présent sont désormais au clair sur sa réele fragilité.

Écrit par : Calendula | 12/01/2012

Hildebrand n'a simplement pas de couilles.
Ma femme qui achète des dollars sur mon compte ... elle va voir de quel bois je me chauffe !
Affaire Blocher ou Hildebrand, il faut être honnête et reconnaître que Blocher n'a rien volé, Souaille !

Écrit par : Victor Winteregg | 13/01/2012

A ma connaissance, Victor, vous n'êtes pas marrié et ne vivez pas en couple. Ce qui a bien des égards pourrait expliquer votre réaction. Mieux vaut en général parler de ce que l'on connaît. Blocher a utilisé des données volées. C'est simple et clair et dans le cas de données bancaires, comme ici, sévèrement puni par la loi.

Écrit par : Philippe Souaille | 13/01/2012

Etonnant certaines de vos remarques Monsieur Decaillet.
Notemment quand vous reprocher à Monsieur Blocher de faire des effets de manches et de dicter les agendas à la majorité avec ses coups déclats. Etonnant aussi que vous invoquiez le secret professionnel pour dénoncer un scandale.
Etonnant que ces remarques, qui sont justes à mon sens, ne soient pas aussi exprimées à l'encontre du MCG... 2 poids 2 mesures ?

Écrit par : Vanessa | 13/01/2012

Euh, vous avez parfaitement raison, Vanessa... Sauf que je ne suis pas Pascal Décaillet :-) Ceci expliquant sans doute cela !

Écrit par : Philippe Souaille | 13/01/2012

"Je constate que d'après le sondage TdG auprès de ses internautes 2/3 des gens considèrent que Blocher a mal agi, comploté ou commis un délit..."

Je n'ai pas réagi tout de suite mais il n'est pas trop tard. Puisque vous vous croyez justifié dans vos attaques contre Blocher par ces chiffres, comment interprétez-vous le fait que 31% des Français approuvent le Front national de Marine Le Pen ?

Écrit par : Géo | 13/01/2012

Géo, je ne me sens pas justifié, je constate juste que les deux tiers des personnes ayant cliqué à ce "sondage" semblent du même avis que moi.
Ce qui signifie aussi qu'un tiers sont d'un avis contraire. En gros le même pourcentage que celui des Français approuvant Le Pen. Ce qui n'a rien d'étonnant. Cette proportion de gens exprimant peu ou prou des idées d'extrême-droite a longtemps été d'environ un quart un peu partout en Europe. Elle est aujourd'hui, toujours un peu partout en Europe, d'environ un tiers. Cela n'est pas bon signe. Cela s'explique évidemment par la crise économique et la montée des tensions, mis aussi par l'impact d'internet, qui libère les paroles extrémistes. Toujours est-il que cela n'est pas bon signe.
D'autant que cet extrémisme arc-bouté sur ses valeurs "nationales" se renforce partout dans le monde, ce que je dénonçais déjà dans l'Utopie Urgente en 2007. D'où le risque d'en venir à se taper sur le coin de la figure dans une grande confrontation stupide et généralisée. J'essaie, dans la faible mesure de mes moyens et pas toujours très diplomatiquement de combattre ce phénomène.
Pour le moment, 2/3 des gens sont encore en accord avec moi. Chiffres que l'on retrouve dans les sondages effectués dans le monde entier par l'ONU et l'UE en 2004 et 2005, qui révélaient que les humains de cette planète - du moins entre 3/5 et 3/4 d'entre eux dans chaque pays - souhaitaient la mise en place d'un gouvernement mondial.
Tant que la proportion ne s'inverse pas, nous conservons des chances d'échapper au 3ème conflit mondial. Si elle atteint 50-50, je commencerai vraiment à me faire du souci et sans doute à chercher activement un coin tranquille, stable et sans enjeu pour y mettre à l'abri ma petite famille. Mais ils se font rares.

Écrit par : Philippe Souaille | 13/01/2012

On se souvient tous de ce couple de hippies anglais qui voulaient fuir le monde et ses affrontements pour cultiver ses moutons et élever ses carottes dans un endroit inconnu de tous : les Falkland...

Comme nous n'échapperons pas à la 3ème et vraisemblablement dernière, vu qu'il n'y aura plus jamais les moyens d'en faire une 4ème, j'ai déjà la solution. Mais elle est dans l'ordre de Edgar Allan Poë. Bien en vue...

Écrit par : Géo | 13/01/2012

En France, le parti de Marine ressemble de moins en moins à ce que fut le parti du père. C'est un parti de droite, certes, d'une bonne droite nationale et républicaine mais peut-on encore le traiter d'extrémiste ? Je crois la dame futée et stratège. Le changement de génération à la tête du Front a renouvelé une bonne partie de son idéologie. Cette nouvelle génération est cultivée, informée et surtout a analysé pertinemment les faiblesses des autres partis pour se positionner sur une ligne sociale pas si lointaine de celle que défendait le............PCF. Oui, j'écris PCF. Il sera très intéressant d'étudier la composition sociologique de son électorat, une fois les élections passées. On aura du mal a trouver le qualificatif juste pour le classifier selon les critères désuets en cours aujourd'hui. Faudra-t-il le qualifier de national-socialiste ?

Écrit par : Georges | 13/01/2012

Pour moi, Georges, le principal danger d'aujourd'hui, c'est le nationalisme et tout ce qui l'accompagne de repli sur soi protectionniste et de rejet du voisin. Qu'il s'appuie sur des bases populaires n'a rien d'étonnant. Les couches populaires ont toujours servi de chair à canon, dans toutes les guerres du monde et comme elles sont malheureusement les moins instruites, elles sont les premières à tomber dans le panneau de solutions simplistes du genre "sortir de l'euro".
Ceci est vrai à l'échelle internationale, dans les conflits de civilisation que l'on voit monter entre cultures, couleurs de peau ou religions, et bien sûr également à l'échelle régionale. Le principal souci des républicains aujourd'hui devrait être de s'unir au-delà des sensibilités politiques divergentes ou de rivalités de personne, pour renforcer la communication entre les peuples, qu'ils soient éloignés ou voisins.
Cela fait 22 ans que j'ai créé Adavi productions dans ce but: apprendre aux gens à se connaître par delà les frontières. Et malheureusement, cela devient chaque jour plus nécessaire. J'ai un peu le sentiment de prêcher dans le désert et nous manquons dramatiquement de moyens, car nous n'avons rien à vendre: ni victoire électorale, ni armes, ni amélioration du sort des gens, juste la possible limitation des problèmes à des dimensions que l'on puisse résoudre avec humanité.

Écrit par : Philippe Souaille | 13/01/2012

@ PS

Permettez-moi tout d'abord de vous souhaiter une bonne année.

1. Vous écrivez : "Je constate que d'après le sondage TdG auprès de ses internautes 2/3 des gens considèrent que Blocher a mal agi, comploté OU commis un délit...

Mais vous, vous alléguez précisément que Blocher est un délinquant. C'est dire que vous ne pouvez pas vous référez aux 2/3 de ceux qui ont répondu à ce "sondage", qui, d'ailleurs, est dépourvu de représentativité. Surtout Blocher n'a commis aucun délit. Si vous avez des informations complémentaires qui démontrent le contraire, n'étouffez pas l'affaire.

Il me semble qu'un conseiller national UDC avait déposé plainte contre vous pour avoir atteint à son honneur pénalement protégé. Je vous avais soutenu puisque l'atteinte à l'honneur n'était pas là. Mais "délinquant", contrairement à "faco" est une atteinte à l'honneur. C'est clair et vous le savez. Cherchez vous à devenir un martyre ? Croyez vous que Blocher vous fera l'honneur d'une plainte pénale ?


2. Le 30 septembre 2011 j'écrivais sur votre blog : "Quant à la politique de la BNS. Je dirais que Hildebrand me fait irrésistiblement penser à Greenspan. La fin va être pénible. Pénible pour nous." Je crains que l'on ait pas encore tout vu.


3. Soutenir des dévaluations compétitives du franc suisse comme vous le faites, c'est soutenir qu'il fait déterrer la hache de guerre commerciale. Soit en dernier ressort la hache de guerre tout court. Votre position est objectivement belliciste.


4. Les revendications actuelles de ne l'UCPC ne sont pas des revendications syndicales mais bel et bien des revendications politiques. A l'instant où les policiers font usages (ou non usage) des prérogatives qui leur sont confiées afin de faire triompher leur point de vue, aussi fondé soit-il, ce sont des factieux. Il n'appartient pas à ces gens de se substituer à nos élus, qu'ils soient fédéraux ou cantonaux. Rien ne les oblige à être policier. Rien ne leur interdit d'être candidat aux diverses élections. Rien ne leur interdit de lancer initiative ou référendum.

Je ne comprend pas comment le fait de sortir de la légalité pourra redorer le blason de la police. Comment respecter un policier qui agit dans l'illégalité ? Rappelons que le policier qui étouffe une infraction sombre rapidement dans l'entrave à l'action pénale.

L'UCPC est largement responsable de la situation puisque ce syndicat milite pour le maintient d'un système de recrutement qui est clairement un échec, sauf sur le plan de la rémunération des policiers.

Minet, ancien président de l'UCPC, nous parle de désamorcer la bombe. C'est du chantage. Et si on l'a laissait exploser la bombe une bonne fois pour toute ?

Écrit par : CEDH | 14/01/2012

A ceux et celles qui pensent qu'il y aurait une divergence d'opinion du type Röschtigraben ( les Suisse-alémaniques auraient mieux compris que M.Blocher avait raison ), je conseille la lecture de Politblog. On y accède en page d'accueil de la TdG.
Je n'ai pas encore eu le temps de lire l'intégralié des commentaires, mais ça vaut le détour.
(le début, en tout cas, est en allemand.)

Écrit par : Calendula | 14/01/2012

"J'ai un peu le sentiment de prêcher dans le désert"
Un éclair de lucidité ! Je l'ai toujours dit, il ne faut jamais perdre espoir !

Écrit par : Géo | 14/01/2012

Et bien Cher Monsieur, vous semblez ne rien avoir compris ! Blocher est en voie de supplanter Nicolas de Flüe dans l'échelle des "valeurs" helvétiques...

Et les thuriféraires du parrain ont toujours quelque espoir de retirer une juste prébende de leur soumission bienveillante...

Je suis peut-être un peu noir dans mon propos, mais j'essaie d'imaginer ce que deviendrait notre pays en cas de majorité de l'UDC au parlement.

Vous avez donc parfaitement raison de dénoncer le nationalisme rampant et qui, si l'on n'y prend pas garde, va petit à petit se (re)mettre debout et relever la tête.

C'est une bonne et suffisante raison pour que l'Europe se fortifie et que chaque citoyen de ce continent affirme haut et fort qu'il est européen avant tout, quand bien même ses racines sont françaises, hongroises ou lituaniennes.

La Suisse a eu besoin de quelques siècles pour devenir ce qu'elle est. Il n'y a donc aucune raison de désespérer pour l'Europe.

Et le repli sur soi, tel celui préconisé par Marine Le Pen, ne peut conduire qu'à l'exacerbation des nationalismes. Jeanne d'Arc était une sainte. Marine le Pen n'est qu'une sirène susceptible d'envoûter tous les Ulysse gaulois.

Écrit par : Michel Sommer | 14/01/2012

Tous, non M. Sommer, je suis intimement persuadé qu'il restera toujours de très nombreux irréductibles, sourds aux chants de la sirène, dont le chant, entre nous, doit se situer quelque part entre ceux d'Assurancetourix et de la Castafiore. Tous ensemble,cela fait bien davantage qu'un village :-)

Écrit par : Philippe Souaille | 14/01/2012

Mes meilleurs voeux CEDH, mais 2 choses:
1) le sondage est représentatif de ce qu'il est, à savoir uiquement une prise de température au sein des lecteurs de la version élctronique de la TdG, soit une population bien particulière. Rien de plus, rien de moins. Je n'ai rien dit d'autre.
2) M. Blocher a pris connaissance, utilisé et transmis des données bancaires volées. Il l'a nié en conférence de presse, mais l'analyse des faits semble clairement le confirmer. A ma connaissance, en Suisse, c'est un délit, une violation des lois sur le secret bancaire. Le Ministère public zuricois semble du mêne avis qui a prévu d'interroger M. Blocher sur ce point.

Écrit par : Philippe Souaille | 15/01/2012

@ PS

Je ne vois pas en quoi ce que vous décrivez constitue une violation de l'article 47 LB. Blocher n'est ni employé, ni organe de la banque Sarasin. Dès lors il n'est donc pas tenu au secret bancaire et ne peut donc pas le violer. A ma connaissance, il n'est ni instigateur ni complice dès lors qu'il est intervenu alors que la violation avait été commise.

Lorsque la TDG fait usage de documents transmis en violation du secret de fonction, elle ne commet aucune infraction. Si vous voulez punir les journalistes et Blocher, il faut modifier la législation et créer un délit de recel de violation de secret bancaire et un délit de recel de violation du secret de fonction. Si un des délits est créé, l'autre doit l'être. Y êtes vous favorable ? Aurions-nous dû envoyer en prison le rédacteur en chef dans l'affaire Hannibal ?

Sur le plan civil les agissements de Blocher sont-ils légaux ? Il y a indubitablement atteinte à la sphère privée d'Hildebrand. La transmission au Conseil fédéral me semble licite dès lors qu'un intérêt public prépondérant le justifiait. Pour ce qui est de la divulgation ultérieure, je n'en sais rien. Je ne la connait pas suffisamment le détail ce qui s'est passé. Mais au vu de la défaillance du CF, je ne vois pas comment il était possible que l'affaire ne soit pas divulguée en public.

Cela la faute principale n'est pas celle d'Hildebrand mais bien du CF et de la BNS. Deux bandes de Charlots. Un président de Banque centrale ne doit pas gérer directement sa fortune. Elle doit être confiée à un tiers qui agit discrétionnairement dans le cadre d'un mandat préétabli.

Je pense toutefois que l'opération d'achat de 500'000 USD ne relève pas de la spéculation lorsque l'on pèse au moins 10 millions et que l'on a une activité commerciale en USD. Il s'agit de placement anti-spéculatatif par excellence.

Ce qui ne veut pas dire que j'approuve la "politique Hildebrand". C'est une erreur que d'avoir lié le franc à l'euro alors que celui-ci était assez fort. En cas de chute de l'euro, le lien sera insoutenable ou alors au prix d'une inflation dont pâtiront les pauvres et les faibles de notre pays. Tout cela pour favoriser le patrons et l'emploi des immigrés européens. S'il y a une bulle à dégonfler c'est bien la bulle migratoire. Là je crains que nous ne soyons pas d'accord. On ne peut pas régler des problèmes politiques, économiques et sociaux à coup de mesures monétaires. Au fond je ne peut que me citer à nouveau :

"Quant à la politique de la BNS. Je dirais que Hildebrand me fait irrésistiblement penser à Greenspan. La fin va être pénible. Pénible pour nous."

Écrit par : CEDH | 15/01/2012

Pour Genève et les gendarmes je ne sais pas.
Mais pour Blocher je suis entièrement d'accord avec vous.
Il a créé un coup politique destiné à déstabliser Evelyne Widmer-Schlumpf en forcant Hildebrand à démissionner.
Ce faisant il a fait perdre à la Suisse un homme de grande valeur et a mis la Suisse au ban des nations. Il n'y a qu'a lire la presse étrangère.
Pour un homme qui défendait le secret bancaire bec et ongles, c'est une preuve indéniable de sa duplicité.

Écrit par : Lambert | 15/01/2012

"Tout cela pour favoriser le patrons et l'emploi des immigrés européens."
Ce qui est semble-t-il l'objectif n°1 des socialistes...

Écrit par : Géo | 15/01/2012

CEDH, il y a au moins un point sur lequel nous sommes d'accord: il ne s'agit pas de spéculation.
Dès lors, il me semble que M. Blocher, qui n'est pas le dernier des crétins en matière économique, a utilisé cet incident avec une dose certaine de mauvaise foi.
Sur l'appréciation de l'étendue de la loi sur le secret bancaire, j'attends des éclaircissements de mes sources spécialisées pour vous répondre. Peut-être avez-vous raison, mais dès lors, je ne vois pas pourquoi M. Blocher (qui doit avoir aussi de bons avocats) a cherché à nier qu'il avait transmis de tels documents volés, alors qu'il semble patent qu'il l'a fait.
Par ailleurs en droit suisse, le secret de fonction et le secret bancaire n'ont pas (n'avaient pas...) du tout la même gravité. A preuve la volonté passée de M. Blocher d'inscrire l'un dans la constitution. Et pas l'autre.
J'ajoute que pour un simple recel d'informations protégées par le secret de fonction, plusieurs élus, hauts fonctionnaires et journalistes valaisans se sont retrouvés interpellés et perquisitionnés au réveil, il y a quelques années, sur ordre de M. Blocher alors responsable fédéral de Justice et Police. Il est vrai que la fuite le desservait lui...
Mais le plus important, c'est la force du Franc et votre obsession de la bulle migratoire. Là, vous montrez clairement vos limites en matière d'économie, qui sont avant tout idéologiques. Maintenir la force (artificielle, car découlant de la spéculation internationale) du franc suisse serait le meilleur moyen de maintenir l'attractivité du-dit Franc pour toute personne étrangère désireuse de travailler en Suisse. Lorsque l'Euro prenait des couleurs face au Franc, nombre d'étrangers, y compris secundos en âge de travailler, retournaient dans leurs pays d'origine pour y vivre mieux. Et les flux d'immigration en Suisse s'étaient taris et même inversés brièvement.
Parvenir au même résultat par des moyens légaux plutôt qu'économiques serait contraire aux accords signés et risqueraient d'entraîner des mesures de rétorsion. Contraindre à revenir en Suisse tous ceux qui en ont le droit mais sont partis habiter en France voisine (des dizaines de milliers de personnes) aurait des répercussions désastreuses sur le prix des loyers... Bien plus graves que quelques dizaines ou petites centaines d'expats par an...
Mais même sans rétorsions européennes, si l'économie suisse est ouverte au monde entier, l'UE représente de loin la plus grosse part de ses échanges. Laisser le Franc bondir loin de la valeur de l'euro pénaliserait TOUTE l'économie suisse: le tourisme, les organisations internationales, les machines, l'agro-alimentaire, les banques, l'horlogerie... Du coup croyez-vous que les secteurs qui n'en dépendent qu'indirectement comme les avocats ou autres resteraient longtemps indemnes ?
On ne peut pas avoir indéfiniment le beurre et l'argent du beurre: des importations à bas prix plus des voyages dans le luxe à l'étranger et en même temps du boulot pour nos industries exportatrices (2 Francs sur 3) et des touristes chez nous. Il faut choisir:
continuer à gagner de l'argent et à être performant, ou s'endormir sur nos lauriers et privilégier les retraités sans penser aux jeunes qui ont encore leur vie à faire et leur avenir à construire. Dans un pays de rentiers fermé au monde, ils n'ont aucun espace.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/01/2012

@ PS

Il est certains que nos points de vue économiques respectifs sont influencés par ce que nous estimons être désirable.

Vous êtes favorable à une très grande égalité au niveau mondial. Pour cela, pour vous, l'occident doit s'appauvrir au bénéfice des autres. Et la Suisse doit s'appauvrir au bénéfice de l'Occident donc de l'Union européenne. Dès lors vous préconisez une dévaluation du franc suisse afin de pouvoir exporter et employer le plus possible de réfugiés économiques européens. Par cette politique votre but d'égalité par l'appauvrissement serait atteint, les classes moyennes supprimées et les bénéfices des patrons préservés.

Pour ma part je privilégie l'occident. Et au sein de l'occident je privilégie la Suisse. Et en Suisse les suisses et ceux qui sont établis de longue date en Suisse. Les gens moyens pas les patrons. A partir de là, je ne peux que rejeter votre politique de dévaluation compétitive. J'estime qu'il n'y a pas lieu de jouer à un jeu monétaire dangereux générateur d'inflation qui asphyxiera les pauvres, les salariés et les rentiers. Les secteurs tournés vers l'exportation on bénéficié d'un franc sous-évalué. Dès lors que tel n'est plus le cas, la baisse de l'emploi doit être compensée par la diminution du nombre de Gastarbeiter, soit des derniers arrivés sur le marché suisse du travail.

Quant à la valeur du franc suisse elle est fondamentalement due à la situation financière de la Suisse. Imaginez un instant que l'Euro disparaisse. Le mark allemand, le florint néerlandais ou le mark finlandais s'envoleraient, comme le franc suisse, et l'escudos portugais ou la lire italienne s'enfonceraient.

Enfin la politique que vous préconisez ne favorise pas plus les jeunes suisses que les vieux suisses comme vous le prétendez, sauf peut-être les fils et filles à papa. Mais vous avez raison, il faut choisir et pour ma part j'ai choisi. Je ne pense pas que nous devions sauver l'Union européenne et accueuillir sans discernement tout les réfugiés économiques de l'Union. D'ailleurs privilégier ceux-ci au détriment des autres n'est rien d'autre qu'une forme de racisme. Racisme idiot qui plus est dès lors que l'on rejette les non-UE utiles à la Suisse et accepte les UE sans intérêt voir nuisibles.

Je rajoute que contrôler l'immigration ne veut pas dire expulser qui que ce soit dès lors qu'il a acquis un droit de résidence permanent (permis d'établissement ou 3 ans de travail en Suisse). Je n'imagine pas d'épuration "ethnique" contrairement à vous qui semblez penser que Genève devrait reprendre les quelques dizaines de milliers suisses du genevois. La France, va-t'elle donc expulser les suisses régulièrement établis en Suisse voisine ? En tous les cas il y a plus d'européens à Genève que de Suisse en France voisine.

Écrit par : CEDH | 17/01/2012

Je ne vois pas de mauvaise foi en le comportement de Blocher mais
l'exploitation politique d'une faute d'Hildebrand, de la BNS, d'EWS et
du Conseil fédéral; les deux derniers ayant couverts la BNS, gravement
défaillante. Encore une fois, un président de Banque centrale ne doit
pas gérer lui même sa fortune. Permettre une telle gestion c'est se
comporter en charlots.

Il ne semble pas qu'il y ait des documents volés. Des photographies
auraient été faites par l'informaticien. Dès lors pas de recel (de vol)
possible.

Violation du secret de fonction et du secret bancaire. La gravité est la
même : trois ans d'emprisonnement. Il y a peu que le maximum de la peine
pour l'article 47 LB a été relevé à 3 ans. Auparavant elle était de 6
mois, étant même passé par 180 jours amendes au terme de ce qui apparaît
comme une maladresse du législateur lors de l'adoption de la nouvelle
partie générale du code pénal.

Une perquisition peut se justifier, non pas pour poursuivre le recel de
violation de secret de fonction, qui n'est pas une infraction, mais pour
documenter la violation de secret de fonction et tenter de trouver
l'auteur du délit.

Écrit par : CEDH | 17/01/2012

Vous pinaillez avec une mauvaise foi confondante, CEDH. Il y a bel et bien vol de données, parce que le secret bancaire ne couvre pas tel ou tel bout de papier vierge, mais bien ce qui est écrit dessus et donc le photographier est un délit. De même que de conserver ou transmettre là-dite photo est du recel. Croyez-vous que le monégasque qui s'était sauvé en France avait emporté les disques durs de HSBC ? Bien sûr que non. Il en avait fait une copie. C'est exactement pareil.
Par ailleurs, vous me faites dire ce que je n'ai pas dit, ni même pensé... Réduire les déséquilibres n'a pas pour but ni même pour conséquence d'augmenter l'immigration, mais au contraire de la réduire en permettant à chacun de vivre mieux chez soi. C'est l'opulence de certains au détriment des autres qui crée un appel d'air auprès des pauvres. Si vous leur donnez les moyens de vivre mieux chez eux, ils y restent.
Quant au protectionnisme que vous défendez, c'est un verrouillage de la société, au profit de ceux déjà en place ou possédant. Les jeunes ont bien du mal à y trouver leur place et on ne leur laisse que celles qu'on veut bien leur laisser, à condition qu'ils n'en sortent surtout pas. C'est l'une des causes fondamentales du déclin de l'Occident. Tout y est en place et bouclé à double tour. Les perspectives ne sont pas le dixième de ce qu'elles sont dans les pays émergents et c'est bien pourquoi nos jeunes parmi les plus dynamiques et créatifs ont commencé à émigrer là-bas, au Brésil ou en Chine notamment.
Quant à la question de la région, je vous rappelle que le libre établissement des suisses en France est le fruit d'un accord donnant-donnant dans le cadre de la libre circulation. Si vous en dénoncez l'un des termes, il n'y a aucune raison que l'autre terme ne soit pas dénoncé par la partie adverse, d'autant que cela lui pose de gros problèmes de renchérissement artificiel du logement.
De plus, si l'on renforce à Genève les privilèges des résidents au détriment des non-résidents, y compris des suisses non-résidents en matière de chômage ou d protection de l'emploi, il est évident que les Suisses vont rentrer en Suisse sans qu'on ait besoin de le leur demander...
Enfin, le Franc suisse est surévalué, l'a toujours été, même et y compris face au Mark Allemand, parce que le quart de la fortune off-shore mondiale était placée ici et qu'en plus il avait valeur refuge. Il y a des avantages à cela et aussi des inconvénients. Vouloir ne voire que les premiers en négligeant les seconds, c'est être à côté de la plaque. Comme tout le reste de votre discours.

Écrit par : Philippe Souaille | 17/01/2012

1. "Vol de donnée". Si cela vous plait, je veux bien utiliser l'expression. Mais quelle disposition pénale invoquez vous pour
poursuivre le "recel de vol de données" que vous imputez à Blocher. Je
vous rappelle qu'en matière de droit pénal il est un principe
civilisationnel cardinal : pas de peine sans loi, principe consacré par
la Conv.EDH.

En tous cas, l'informaticien ne s'est pas rendu coupable de vol
puisqu'il n'a soustrait aucun objet mobilier. Et, faute de vol, personne
ne s'est rendu coupable de recel (de vol). Et si l'informaticien a violé
le secret bancaire, Blocher n'étant pas tenu au secret bancaire faute
d'être employé ou organe de la banque Sarasin, il n'a pas transgressé
l'article 47 LB.

Vous semblez tout bonnement oublier la Conv.EDH, convention que vous
aimez pourtant à invoquer pour museler le peuple suisse. Votre obsession
de vous "faire Blocher",vous aveugle et vous conduit à être à côté de la plaque. Certes, les comportements et motivations ne sont pas jolis jolis, mais "pas jolis jolis" ne veut pas dire qu'il y ait délinquance.

Remarquez que les faits sont peut être tout autres et qu'en fin de
compte l'analyse juridique sera différente.

2. Sur le plan régional. Imaginons que l'ALCP ne soit plus appliqué.
Qu'advient-il ? La solution humanitaire n'est pas l'épuration "ethnique"
mais bien la préservation des "droits acquis". C'est ce qui était prévu
dans l'ALCP si celui ci n'avait pas été prolongé après la période
initiale de 7 ans. Il faut aussi tenir compte des traités bilatéraux
d'établissement, de la Conv.EDH et des droits internes des deux
pays. Si cela ne devait pas être suffisant, alors il faudrait remarquer
qu'il y a bien plus d'européens à Genève qu'il n'y a de suisses en France
voisine. Je suis fortement opposé et révulsé face à un déplacement massifs des populations. Mais ce qui est certain c'est que l'expulsion des suisses que vous envisagez que la France pratique ne ne se passerait pas sans expulsion des européens de Genève. Cela ne serait pas joli du tout. Et la France voisine n'y gagnerait rien. Des européens se substitueraient aux suisses, probablement plus d'européens qu'elle n'a de suisses, qui plus est des européens qui ne lui rapporteraient plus rien dès lors que la rétrocession financière auraient été dénoncée, et qui lui couteraient cher puisqu'il serait pour beaucoup, comme les frontaliers préexistants, au chômage.


3. Je ne vois pas en quoi le fait d'avoir beaucoup d'emploi mal payés,
ce à quoi conduit l'application de votre politique, favorise les jeunes
de ce pays. Pourquoi pas des emplois bien payés comme je le préconise.
Certes cela ne s'applique qu'aux jeunes suisses et à ceux qui sont
établis depuis longtemps en Suisse et non à tous les européens, comme
vous le préconisez. C'est bien là ce qui nous différencie. Je défend les
suisses de la classe moyenne et ceux qui sont établis en Suisse, alors
que vous, dans le cadre d'un projet politique, vous défendez les
européens et les riches. Au fond on a fait le tour de ce sujet. Ne
croyez-vous pas ?

4. Votre remarque sur la migration en Chine et au Brésil des jeunes est
intéressante. C'est avec ces pays qu'il faut trouver des accords
commerciaux et de circulation des personnes. Si des suisses veulent se
rendre dans ces pays, il est aussi des chinois et des brésiliens qui
sont intéressés par la Suisse et qui sont beaucoup plus intéressants
pour la Suisse que les européens qui migrent en suisse. Ce alors que le
quota d'immigration de ces personnes est dérisoire. Il faut augmenter la
possibilité d'immigration contrôlée des non-européens. Cette priorité
quasi-absolue accordée aux européens est catastrophique et raciste.

Petit exemple pratique et vécu. Une petite société active dans l'ingénirie mathématique s'implante à Genève : 8 postes bien payés. Elle veut s'agrandir par une nouvelle unité de 8 postes. Impossible, le mathématicien leader de la nouvelle unité est ressortissant d'un pays de l'est européen à une époque où que la libre circulation s'applique à l'ouest mais pas à l'est. Impossible de la faire venir en Suisse car l'administration, qui confond licencié en math de petraunschmok et postdoc hautement qualifié, estime qu'il existe de tel mathématicien sur le marché du travail suisse ou de l'ouest. Conséquence : 8 postes créés en un pays proche de Vienne en Autriche. Fin de l'année dernière : Nouvelle extension de 8 postes. Où donc ? A Genéve ou près de Vienne ? Le nouveau leader est nord américain. Donc pas d'implantation à Genève mais près de Vienne. Qui plus est les 8 postes genevois ne passeront pas l'année. Donc 24 postes très bien payés perdus pour Genève a raison de privilège accordé aux européens. Imbécillité économique.

6. Ainsi pour vous la force du franc suisse résulte de la fortune off-shore géré depuis la Suisse. Comment expliquez vous donc la très grande force du yen ou du dollar australien ?


Sur ce, je vous laisse, je dois régler deux ou trois affaires avant que
de partir fêter le nouvel an en Chine (Manière de souligner qu'il n'y a
pas que les jeunes ... et de me permettre de vous souhaiter prospérité
et santé pour l'année du dragon qui va s'ouvrir).

Écrit par : CEDH | 18/01/2012

CEDH, répéter votre mantra en boucle, c'est l'abc de la propagande, Antoine Vielliard fait cela très bien également. Cela n'en fait pas pour autant une vérité intangible. J'ai déjà répondu plus haut à tous vos points et ne passerai plus votre disque rayé, qui n'est qu'une suite de grossiers mensonges, attendu que vous me prêtez généralement des propos ou des buts qui ne sont en aucun cas les miens.
Rapidement donc:
1) Concernant Blocher, laissons la justice zuricoise déterminer s'il y matière à poursuivre la violation du secret bancaire, l'incitation à violer, la transmission de données volées et la participation à leur divulgation publique. Pour l'instant elle enquête, instruit et entend. Y compris M. Blocher sur plusieurs de ces accusations.
2) Epuration ethnique, expulsion, comme vous y allez ! Si la frontière se referme, les Suisses de France voisine vont rentrer en Suisse d'eux-mêmes. Personne ne les chassera. Cela suffira à créer un pecci sans précédent sur le marché du logement à Genève
3) Qui parle d'emplois mal payés ou de défendre les européens et les riches? La croissance genevoise crée au contraire beaucoup d'emplois très bien payés et pas assez de jobs pour les gens non qualifiés. Qui ne sont pas tous des immigrés européens de fraîche date. Je vous signale que chaque année quelques centaines d'élèves sortent du système scolaire sans formation leur permettant d'accéder à des postes bien payés. Il y a même un certain nombre de Genevois de souche parmi eux. Et les autres sont résidents et parfois même résidents de longue date d'origine extra-européenne... Ces gens là aussi, il faut leur trouver du travail. Avec un franc fort, c'est plus difficile.
4 & 5) Je suis personnellement et depuis toujours pour la libre-circulation. De tous partout. Cela n'engage évidemment que moi. Et je soutiens toute mesure visant à réduire les déséquilibres pour que les habitants des zones déshéritées n'éprouvent pas le besoin d'émigrer pour accéder à un niveau de vie décent. Cela implique évidemment que nous partagions les richesses différemment et donc que nous réduisions notre niveau de vie (du moins tant que l'on n'a pas trouvé de nouvelles sources d'énergie etc...) ce qui réduira l'appel d'air. Et je suis pour le libre-échange avec tous les pays du monde. Mais il se trouve que nous sommes en Europe, qui est et restera notre premier partenaire commercial.
6) L'Australie est un pays-continent particulièrement riche en matières premières de toutes sortes et sa faible densité humaine en même temps que son haut niveau technologique lui permettent d'être le seul pays occidental à conserver des taux de croissance dignes d'un pays émergent. Le Japon fut longtemps la deuxième économie de la planète et le champion de l'exportation. Il le demeure dans un tas de domaines vitaux. Mais une fois encore vous mentez: j'ai parlé des fortunes placées ici ET de sa valeur refuge, soit la spéculation.

Écrit par : Philippe Souaille | 18/01/2012

1) Tout aussi intéressant est la question du secret professionnel de l'avocat de l'informaticien et de l'instigation à la violation dudit secret.

2) Pourquoi les suisses résidents de France voisine rentreraient à Genève, s'ils n'étaient pas forcés de le faire ? J'avoue ne pas comprendre.

3) Il est vrai qu'avec un Euro à 3 francs, Genève pourrait devenir la Chine de l'Europe et exporter en Pologne des cerceuils bas de gamme. Ce qui créerait des emplois pour personnes dénuées de qualifications. Emplois fort mal rétribués. Je ne vois pas comment le ménage cantonal pourrait dans de telles conditions tourner.

4) Vous êtes favorables à la libre circulation de tous et partout. Et bien moi pas. J'estime qu'il est légitime que les pays contrôlent l'accès et l'accès résidant à leur territoire. La Suisse doit pouvoir mieux réguler l'accès au territoire suisse, y compris en élargissant l'accès de certaines personnes non-communautaires.

S'agissant de mon mantra, il est effectivement rayé. Tout come le votre et, plus encore, celui d'AV, qui pratique une politique de politicien : répéter la même chose, répéter et répéter, mais sur un seul thème porteur, en ne pas se mouillant sur les autres. Mais bon il va être éclaboussé par son candidat présidentiel qui va bien devoir se mouiller.

Écrit par : CEDH | 23/01/2012

2) Si les frontières se referment, comme certaines personnes aimeraient le faire et appuient de toutes leurs forces sur les barrières pour les faire retomber, ceux qui ont le droit de résider en Suisse vont s'empresser d'y rentrer. Peut-être garderont-ils leurs résidences françaises en en faisant des résidences secondaires, mais ils mettront leurs papiers à Genève, et les boîtes aux lettres ne suffiront pas.
Premier signe concret de l'abaissement des frontières, la préférence accordée aux chômeurs inscrits dans le canton. Ce qui exclut donc les Suisse résidant de l'autre côté. Moi, Suisse de l'autre côté, si je me retrouve au chômage, je repasse illico la douane pour m0inscrire à l'OCE...
De plus si le marché de l'immobilier s'effondre de l'autre côté, parce que l'arrivée de nouveaux suisses est bloquée (si l'on dénonce les accords bilatéraux, il y aura évidemment réciprocité), tous ceux qui sont déjà propriétaires vont y laisser leur chemise. Sur le marché du logement, une telle mesure ne ferait qu'amplifier les disparités, de part et d'autre.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/01/2012

1."Premier signe concret de l'abaissement des frontières, la préférence accordée aux chômeurs inscrits dans le canton. Ce qui exclut donc les Suisse résidant de l'autre côté. Moi, Suisse de l'autre côté, si je me retrouve au chômage, je repasse illico la douane pour m0inscrire à l'OCE..."

Ce n'est pas ce que j'ai compris. Il me semble que l'administration qui veut engager doit consulter l'OCE avant de demander un permis de travail, afin de pouvoir y renoncer si l'OCE à un candidat valable. Il ne me semble donc pas que cela concerne les suisses qui n'ont pas besoin d'un permis de travail.

Si toutefois ce que vous dites est vrai, ce privilège du français de Suisse sur le suisse de France, très MCG d'ailleurs, risque de dégénérer en un conflit ouvert.

Quoiqu'il en soit, le suisse domicilié en France peut, comme tout chômeur de France, faire usage des dispositions lui permettant de venir 3 mois en Suisse afin d'y chercher un emploi en étant inscrit à l'OCE tout en se faisant verser ses indemnités française par la Suisse. Pendant ces trois mois, il aura une adresse en Suisse sans y être domicilié. Il existe quelques points pratiques à clarifier. Par exemple, quelle est l'autorité suisse qui paie l'indemnité chômage française, qui sera remboursée par la France à la Suisse. C'est un peu idiot, asset "red tape". Mais bon, le chômeur frontalier fait comme il peut.

2. Notez que la LIPAD permet d'accéder à la directive en question. De plus, je ne suis pas certain qu'il ne soit pas possible de saisir directement le TF d'un recours en matière de droit public contre cette directive. Il se peut que les moyens de droit en les cas d'application soient trop aléatoires pour que l'on puisse exiger d'attendre un cas concret d'application. En tous les cas c'est à "gratter". Il serait alors à relever que toute personne qui pourrait un jour être touchée pourrait saisir le TF, ce qui fait de nombreuses personnes qui ne seront pas vraiment touchées et ne risqueraient pas de représailles.

Écrit par : CEDH | 23/01/2012

Un Suisse résident en France n'a pas besoin de permis pour travailler en Suisse. Donc s'il voit une annonce, il a parfaitement le droit d'y répondre et de postuler. En revanche s'il est au chômage sans être inscrit à l'OCE (ce serait une acrobatie administrative qu'il le soit, car il dépend normalement du pôle emploi français) et qu'il passe à côté de l'annonce, il ne fera pas partie des privilégiés qui devront être placés en priorité DEVANT toute personne étrangère résident à l'étranger.
La discrimination n'est donc pas énorme, elle n'en est pas moins réelle. Et pour des chômeurs de plus de 50 ans, c'est le genre de détail qui peut vous faire passer à côté du poste que vous cherchez depuis des mois, voire des années.
Déjà que l'indemnisation du chômage est nettement plus favorable en Suisse qu'en France, ce qui conduit les frontaliers (suisses ou français) acquéreurs de biens immobiliers en France à prendre de très coûteuses assurances perte d'emploi pour limiter les risques.
Entendons-nous, les frontaliers ne sont pas à plaindre, ils bénéficient de sérieux avantages, mais ils ont aussi des inconvénients et il est naturel et humain qu'ils cherchent à les réduire en cas de problème. Dans le cas des frontaliers suisses, qu'ils rentrent d'eux-mêmes en Suisse si le temps forcit... Ce qui ne serait pas une bonne nouvelle pour le prix des loyers en Suisse.

Écrit par : Philippe Souaille | 24/01/2012

Et pourquoi ne pas permettre aux frontaliers d'être inscrits à l'OCE tout en étant indemnisés par Pôle emploi?

On peut s'y inscrire dès qu'on est en recherche d'emploi même si on n'a pas droit aux indemnités chômage, ceci ne changerait donc rien au fonctionnement actuel et permettrait d'enlever toute discrimination tout en favorisant les chômeurs "locaux".

Écrit par : Lala | 24/01/2012

De fait Lala, je pense que votre suggestion va dans le bon sens. Après il est toujours délicat de définir ce qui est local ou pas. Les frontaliers ayant déjà travaillé en Suisse serait une norme assez simple. Mais pourquoi privilégier un chômeur indemnisé à deux ans de la retraite plutôt qu'un jeune sortant des études qui n'a jamais travaillé ? Objectivement, les deux ont besoin de bosser et chacun a des avantages et des inconvénients (pas les mêmes) pour un employeur potentiel...
Les postes à faible qualification sont les plus fragiles dans nos contrées car les plus sensibles à la concurrence des pays émergents. Sauf ceux qui ne sont pas délocalisables, comme les femmes de ménage et plus généralement les services à la personne. Il faut donc inventer des emplois nouveaux, mais c'est loin d'être facile à rentabiliser.

Écrit par : Philippe Souaille | 24/01/2012

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