25/01/2012

40 % de la population active genevoise a le passeport français

 

Tout le monde connait l’imbrication de Genève avec la France, ou plutôt dans le Genevois français, avec qui elle partage 100 kilomètres de frontières, contre 10 avec Vaud et la Suisse. Mais on connait moins d’autres chiffres, sans doute encore plus significatifs :

60 000 français vivent à Genève, dont 50 000 inscrits au Consulat et 52% de double nationaux. Soit 13% de la population et du corps électoral genevois. Genève est d’ailleurs la plus grande ville française à l’étranger, sans compter que 60 000 frontaliers français y travaillent. Au total, près de 40% de la population active genevoise possède un passeport français.  Autant dire que les prochaines élections présidentielles et législatives y suscitent un énorme intérêt.

Sans les frontaliers, 85% des Français de Suisse résident en Suisse Romande. La communauté française en Suisse est la plus forte communauté française à l’étranger, ce qui fait de la Suisse (Liechtenstein inclus) le seul pays au monde à constituer, seul,  une circonscription électorale française. Pour les prochaines législatives, les circonscriptions sont en effet délimitées en fonction du nombre d’habitants.

A l’inverse, 65 000 suisses vivent dans l’Ain et la Haute-Savoie, dont 60 000 inscrits au consulat et 80% de double-nationaux. L’immense majorité réside dans les communes proches de la frontière où ils représentent 14% du corps électoral local :  Genevois, Chablais, Pays de Gex...  S’y ajoute plusieurs milliers de citoyens européens (avec droit de vote communal en France s’ils y sont domiciliés) travaillant à Genève, tout comme les 60 000 frontaliers français.

Dans les communes frontalières, une bonne moitié du corps électoral travaille en Suisse et « l’agglo » est de loin la plus grosse ville suisse à l’étranger.  01 et 74 abritent à eux seuls 2/3 des Suisses de France, la communauté suisse de France étant la plus forte communauté suisse à l’étranger. 17 000 d'entre eux sont inscrits sur les listes électorales genevoises. Leur participation est généralement inférieure à celle des résidents (encore que plusieurs milliers d'électeurs votant en Suisse comme résidents sont probablement des résidents français non déclarés) mais selon les scrutins, entre 4000 et 8000 d'entre eux votent. Ce qui peut représenter jusqu'à 10% des votants, chiffre non négligeable qui suffirait à lui seul à obtenir le quorum au Grand Conseil par exemple.

Chiffre surtout qui pourrait être augmenté. Les retombées sur la région des décisions prises à Genève sont évidentes et ce n'est pas un hasard si plusieurs partis, lors des dernières élections fédérales, ont présenté des listes "transfrontalières".

 

Jean Calvin chassé de Genève clair.png

Jean Calvin, le plus célèbre des Français de Genève, interprété par le belge John Goetelen dans le film "Comment l'Esprit vint à Genève" extrait du DVD "Genevois Pluriels".

 

Pour en savoir davantage sur les enjeux transfrontaliers, les deux films "Genevois Pluriels" (à voir les trailers ici) sont une excellente approche. Ils sont diffusés ce week-end, suivis de débats avec les autorités politiques locales, au cinéma Rouge et Noir de Saint-Julien en Genevois (74) vendredi 27 à 20h30 et à Versoix, au cinéma des Colombières le samedi 28 à 20h30.

 

Commentaires

Des Français, il va y en avoir encore plein qui vont débarquer, si jamais c'est Hollande qui passe Président.
Faudra pas venir se plaindre ... monsieur Montebourg et Cie. !

Écrit par : Victor Winteregg | 25/01/2012

40% de la population active à Genève a le passeport français et 40% des automobilistes à Genève ne respectent pas la règlementation. Ca correspond.

Écrit par : L' Amer Royaume | 25/01/2012

Très drôle Royaume, et vraiment typique du genre d'attitude constructive qui entretient l'amitié des deux côtés de la frontière. Parce que les Genevois respectent toujours la réglementation, même lorsqu'ils sont en France, c'est bien connu. Au fait, vous êtes bien d'origine lyonnaise, comme votre illustre homonyme?

Écrit par : Philippe Souaille | 25/01/2012

Tiens moi aussi j'ai la double nationalité. Mais cela ne me sert absolument à rien. J'ai donc décidé d'oublier cette nationalité française. Les rares fois où je me suis rendu dans un consulat français, à Genève ou à l'étranger, ont toujours été des belles prises de tête avec un ou une fonctionnaire. A vrai dire, voire autant de Français en Romandie est le signe que la France se vide de ses forces vives. Ont trouve plein de Français au Canada ou à travers l'Europe... c'est toujours sympas de tomber sur un expat français à l'étranger. La France est bonne pour ceux qui peuvent encore en profiter. C'est à dire les africains, comoriens, chinois,... ou travailleur genevois en mal de toit.

Écrit par : Riro | 25/01/2012

Et hop, Riro, encore une bonne dose de clichés. Question passeport, vous pouvez le renvoyer, cela vous évitera d'être peut-être taxé sur vos revenus suisses comme cela risque d'être le cas si Hollande est vainqueur... Et l'UMP aussi d'ailleurs... A l'Américaine...
Cela étant, peut-être feriez-vous une erreur... A ce qu'on dit, l'Union Européenne et la France s'occupe mieux et plus généreusement de leurs ressortissants que Maman Helvétia, en cas de pépin grave à l'étranger. Et pas qu'en Libye...
Pour ce qui est de ceux qui profitent de la France, je note que vous semblez en accord avec Le Pen... Moi pas. l'Hexagone souffre effectivement du fait que trop de gens qui ne travaillent pas touchent des aides considérables. En même temps, cela permet à la société de tourner de manière point trop égalitaire, mais surtout, il y a plein de français de souches dans le tas. Et le taux d'immigrés en France est bien inférieur à ce qu'il est en Suisse et à Genève.
L'immigration est source de richesse économique. C'est bête à dire, mais c'est une vérité universelle. Précisément parce que cela dérange les habitudes et les rentes de situation. Voyez les pays en plein boom économique, ils ont tous bénéficié d'une forte immigration venue de l'extérieur ou de l'intérieur (exode rural, comme en Chine aujourd'hui). Et cela a toujours bouleversé les habitudes.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/01/2012

Aujourd'hui, il y a de la haine dans les rapports, de part et d'autre, entre les moitiés suisses et françaises de l'agglomération. Ce n'est pas sain. C'est même extrêmement malsain et pour tout dire stupide. Parce qu'au delà des aspects moraux de ce genre de détestation absurde entre voisins et cousins, nous sommes tellement imbriqués que l moindre conflit ouvert dégénérerait en catastrophe. Pour tout le monde et comme d'habitude en particulier pour les plus faibles, des deux côtés de la frontière.
Savoir qui a commencé n'est pas le problème. Je crois qu'il y a de l'incompréhension de part et d'autres depuis fort longtemps. Et l'arrivée de nouvelles vagues d'immigration (européennes et extra-européennes en Suisse, de toute la France dans la région française) n'a rien arrangé, réduisant à néant le sentiment d'appartenance à une culture et un bassin de vie commun qui existait encore dans tout le Genevois (suisse ou français) au début du xxème siècle.
Aujourd'hui il importe de recoudre les sutures, de part et d'autre de la frontière, et vite. Sous peine voir s'infecter gravement tout notre bassin de vie, déjà suffisamment enflammé comme cela.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/01/2012

@P. Souaille
Le taux d'immigré en France est certes plus bas qu'en Suisse, car la nationalité Française est quasi donnée. Si Mayotte est la plus grande maternité de France, c'est grâce aux clandestins comoriens.... Et c'est pour cela qu'ils ont raison s'en profiter! Genève attire les travailleurs français par son boom économique, et non le contraire! Ces derniers sont comme tous travailleurs... remplaçables! En parlant de Le Pen, je suis d'accord avec eux sur une vision "germanique" de la nationalité, liée au droit du sang.

Écrit par : Riro | 26/01/2012

Vous dites de grosses bêtises Riro. Les conditions d'obtention de la nationalité en France et en Suisse sont très proches: 10 ans de résidence en France, 12 en Suisse et comme en France, si vous êtes né en Suisse et y avez suivi vos études, on vous la donne quasiment avant votre majorité, ce qui est bien normal. La seule différence étant qu'il faut faire la demande en Suisse alors que c'est quasi automatique en France.
Quant aux chiffres, 5,7% d'étrangers résident en France en 2011, auxquels on peut rajouter 0,8% de clandestins... En tout, 19% de personnes résidant en France sont étrangères ou d'origine étrangère (européenne ou extra-européenne), elles-même ou leurs parents... A rapprocher des 22% d'étrangers résidant en Suisse, auxquels on peut rajouter un nombre équivalent d'origine étrangère... Et 3% de frontaliers!
A Genève, c'est encore plus frappant, puisque l'on est à 52% d'étrangers, sans les frontaliers... Et si l'on compte les naturalisés, il devient fort difficile de trouver un "vrai genevois 100% de souche" dans les dîners en ville, même à la rue des Granges. Et encore aura-t-il 2 chances sur 3 de porter un nom savoyard !

En fait, si les étrangers se naturalisent peu en Suisse (du moins certains d'entre eux, les différences vont du simple au triple selon les nationalités) cela tient surtout aux conditions de leur pays d'origine. Les Italiens, par exemple se font naturaliser trois fois moins que les Français, car jusqu'à une date récente, ils perdaient leur passeport italien dans l'affaire, contrairement aux Français, qui ont une longue histoire de double nationalité avec la France, issue du mercenariat, de la Réforme et de la Révolution: Napoléon III était double national, bourgeois de Thurgovie et capitaine d'artillerie des régiments bernois, avant de devenir empereur des Français...
Du coup, les Italiens restent la plus forte communauté étrangère de Suisse, parce que les Français ou les Allemands, également très nombreux, sont fréquemment naturalisés, comme la famille de Christoph Blocher, venue de Souabe et restée longtemps germanophile.
Au plan économique, bien sûr qu'un boom économique attire l'immigration, mais c'est complètement interactif: l'immigration le nourrit et le permet. C'est vrai en Suisse comme en France, comme partout. Sans les immigrés, plus de Renault, plus de Grande Dixence, plus d'informatique et de secteur bancaire ou international à Genève, et plus de retraites payées en France, parce que plus assez de monde pour cotiser...
La situation se tend aujourd'hui, notamment dans les couches populaires, en France comme en Suisse, parce que la concurrence des pays émergents dans les emplois sans qualification est féroce. Ce n'est qu'un début. Il y avait 13 millions d'étudiants universitaires dans le monde en 1960, ils sont 165 millions aujourd'hui, pour beaucoup en Chine et en Inde...
Tant que l'on n'aura pas trouvé des sources d'énergie, d'eau, d'air propre et de matières premières inépuisables, la concurrence sera chaque année, chaque jour plus féroce pour l'accès au bien être. Ce n'est pas en se refermant sur soi-même que l'on gagnera la course, certainement pas. Mais en ayant les bonnes idées, pour rester en tête. En continuant d'accepter l'immigration, qui est clairement bon signe. Le jour où les flux s'inverseront, je m'inquiéterai vraiment.
Et tiens, cela a déjà commencé. Les jeunes diplômés universitaires espagnols et portugais sont désormais plus nombreux à aller travailler en Amérique latine que l'inverse... Et ils y gagnent mieux qu'en Europe, au Brésil notamment, mais pas que.

Écrit par : Philippe Souaille | 26/01/2012

" Vous dites de grosses bêtises Riro. Les conditions d'obtention de la nationalité en France et en Suisse sont très proches: 10 ans de résidence en France, 12 en Suisse et comme en France, si vous êtes né en Suisse et y avez suivi vos études, on vous la donne quasiment avant votre majorité, ce qui est bien normal. La seule différence étant qu'il faut faire la demande en Suisse alors que c'est quasi automatique en France. "

Il me semble que tout ceux qui naissent en France de parents étrangers a automatiquement la nationalité française. Ce fameux droit de sol.

Mais si l'immigration en France pose plus de problème qu'en Suisse notemment avec les banlieues devenu quasiment des zones de non droit; reste que dans les deux pays l'immigration est nécessaire au fonctionnement de l'économie.

D.J

Écrit par : D.J | 26/01/2012

@PS

Pour pouvoir se voir octroyer la nationalité française, il faut avoir résidé 5 ans en France. Non pas 10 ans. Et ce en principe seulement. Par exemple, il y a réduction à 2 ans pour ceux qui ont poursuivis deux années d'études supérieures en France, ou à 0 année pour les réfugiés politiques.

De plus, l'article 21-20 CC prévoit : " Peut être naturalisée sans condition de stage la personne qui appartient à l'entité culturelle et linguistique française, lorsqu'elle est ressortissante des territoires ou Etats dont la langue officielle ou l'une des langues officielles est le français, soit lorsque le français est sa langue maternelle, soit lorsqu'elle justifie d'une scolarisation minimale de cinq années dans un établissement enseignant en langue française."

Quelle est la pratique administrative s'agissant de cette disposition ? Qu'est-ce que l'entité culturelle française ? Est-elle appliquée ? Violée ? Dissimulée ? Ignorée ? Je n'en sais rien. Mais je suis sûr que le journaliste que vous êtes va nous renseigner.

Les finlandais se portent très bien alors que la proportion de résidents nés à l'étranger est très faible (Au passage c'est ce critère qui doit être pris en compte et non pas la nationalité). Quant au Japon, il demeure l'un des pays le plus riches au monde et ignore passablement les migrations. Quoiqui'il en soit un immigration choisie, contrôlée et non raciste est préférable. Canada et Australie peuvent fournir des indications utiles. Ouvrir sa porte aux unioniens et la fermer aux autres est idiot, raciste. Et c'est notre politique.

S'agissant de l'imposition des français hors de France, Hollande qui a des chances certaines d'être président, veut-il imposer les réfugiés fiscaux ou bien les réfugiés économiques ? Est-ce admissible en cas de "fuite" au sein de l'UE ? Del'EEE ? De la Suisse ? Est-ce conforme aux traités bilatéraux CDI ? Est-ce faciste ?


@Riro

Pas la peine de renvoyer votre passeport, cela n'aurait aucun effet. Ils vous tiennent et ne vous lacherons pas. Sauf acquisition d'une nouvelle nationalité (ce qui est facile pour les réfugiés fiscaux et difficile pour les réfugié économiques) vous êtes, cas spécial mis à part, cuit. Par opposition, pour cesser d'être Suisse il suffit de ne pas résider en Suisse et d'avoir une autre nationalité.

Écrit par : CEDH | 26/01/2012

Mea maxima culpa, CEDH, vous avez raison: 5 ans. Et 6 seulement en Suisse, si l'on y a suivi sa scolarité. Ce qui ne change donc pas grand chose au fond: la Suisse a plus d'immigrés que la France, naturalisés ou non. Et se porte mieux économiquement. De même qu'elle se porte mieux que la Finlande ou que le Japon. Environ 25% de PIB par habitant en plus en Suisse qu'au Japon, en Filande ou en France, ces trois pays étant très proches dans les trois classements (FMI, BM et CIA), mais à chaque fois largement distanciés par la Suisse. Le taux de chômage, même à Genève (5,7%, 3,3% en Suisse), étant lui aussi nettement inférieur à celui de la France (10%) ou de la Finlande (8,8%).
Le cas du Japon est différent. Son chômage reste bas (oscillant entre 4 et 5.6%), bien que traversant depuis 20 ans une grave crise de croissance (stganation, voire récession) déclenchée par les mesures concertées des autres pays (le G5 à l'époque) pour faire cesser son expansionnisme débridé sans renvoi d'ascenseur, car le pays était alors fermé aux importations. On ne peut pas avoir durablement le beurre, l'argent du beurre et la crémière.
Déclenchement d'une crise qui coincide également avec la fin de l'exode rural japonais (qui est une forme d'immigration intérieure, comme je l'ai laissé entendre plus haut) qui avait alimenté en main d'oeure la croissance japonaise depuis un siècle. Il n'y a plus aujourd'hui que 4% de la population qui vit du secteur primaire.
Aujourd'hui,le Japon manque de main d'oeuvre pour faire repartir sa croissance et invente toutes sortes de système pour inciter les jeunes, les femmes et les vieux à prendre ou reprendre un emploi. Ce qui montre bien les limites du protectionnisme.

Écrit par : Phiippe Souaille | 28/01/2012

En outre, pour résoudre ses problèmes de main d'oeuvre en dépit de son faible taux d'immigration (c à d pour bénéficier malgré tout de la flexibilité nécessaire au développement de son industrie), le Japon a mis au point un système très particulier d'emplois précaires, qui représentent plus du tiers des emplois effctifs du pays, assortis de conditions d'emploi clairement défavorables aux travailleurs.

Écrit par : Philippe Souaille | 28/01/2012

La salle était archi-comble, hier soir, au cinéma Rouge et Noir de Saint-Julien, pour assister à la première publique en France de "Genevois Pluriels". Ce qui est d'excellente augure pour les prochaines projections prévues dans les communes françaises. Le débat qui suivit fut très intéressant et constructif, en l'absence d'autorités publiques de premier plan. Ce sont vraiment "les gens" qui se sont exprimés.
J'y reviendrai, après celui de ce soir, à Versoix, auquel prendront part le maire de Ferney-Voltaire, François Meylan, le conseiller administratif de Versoix Patrick Malek-Ashgar et un élu du district de Nyon.

Écrit par : Philippe Souaille | 28/01/2012

Suisse qui peut et suivant (apparemment la même personne), je ne passerai pas vos propos xénophobes. Quant aux sources, elles sont simples et disponibles sur Internet: le consulat Suisse de Lyon, auprès desquels étaient inscrits un peu plus de 57 500 suisses dans les deux départements 74 et 01 en 2008. Comme un certain nombre de suisses résidents dans ces deux départements ne sont pas inscrits au-dit consulat, j'ai rajouté - arbitrairement - environ 10%.
On est est très loin des 15 000 que vous prétendez.
Avec mes meilleurs messages

Écrit par : Philippe Souaille | 28/01/2012

M. Souaille,

J'admire la constance avec laquelle vous tentez de convaincre les plus xénophobes de nos concitoyens qui vous entendent mais ne vous écoutent pas. Ils ont probablement trop peur d'être obligés de changer d'avis. La mauvaise foi ne s'use que si l'on ne s'en sert pas !
Bien cordialement.

Écrit par : Michel Sommer | 29/01/2012

Merci M. Sommer... Cela tient effectivement du Chemin de Damas et du tonneau des Danaïdes, mais je suppose que c'est mon karma :-)
Plaisanterie mis à part, je tiens à préciser à Suisse qui peut et aux autres intervenants qui me reprochent de vouloir prendre possession de Genève, de truquer les chiffres et surtout d'oublier les Portugais, Italiens ou Espagnols... Ce n'est évidemment pas le cas. J'ai le plus profond respect pour tous les Gallegos, lusitaniens, siciliens, piémontais et autres qui ont eux aussi construit cette ville, et pour leurs enfants qui occupent toutes sortes de poste à responsabilité. De même que pour les petites mains boliviennes ou équatoriennes qui nettoient les appartements bourgeois, les philippines qui nettoient nos bureaux, etc...
La question n'est pas là. Il ne s'agit pas de comparer ou de mettre en concurrence les communautés entre elles, encore moins de monter telle communauté contre telle autre. N'importe quel Français qui manquera de respect à un Portugais ou à un Suisse en ma présence entendra ma façon de penser.
Il se trouve que Genève est enclavée en France et partage la même langue avec l'Hexagone, ainsi qu'une histoire millénaire. 9 patronymes traditionnels genevois sur 10 ont des origines françaises (huguenotes) ou savoyardes. Ce qui n'est évidemment le cas ni du Portugal, ni de l'Italie, ni de l'Espagne, ni de la Bolivie ou des Philippines.
Si Genève est suisse, elle est aussi un phare essentiel de la culture française. Les liens sont plus qu'étroits, ils sont ombilicaux en matière culturelle, économique, financière, urbanistique et même politique, Genève ayant autant d'influence sur la France que la France n'en a sur Genève. C'est ainsi et cela ne changera pas, quelles que soient les fantasmes contraires des farfelus du MCG.

Écrit par : Philippe Souaille | 29/01/2012

Les commentaires sont fermés.