01/02/2012

Finalement ce sera Bayrou

Je viens d'écouter attentivement la conférence de presse parisienne de François Bayrou, qui présentait son programme économique et social devant les chaînes de télévision en continu BFM et Itélé.

Il refuse clairement d'augmenter l'endettement, contrairement au programme socialiste, et affirme nettement vouloir contenir puis réduire la dépense publique. Fort bien mais comment ? S'ensuivent une vingtaine de mesures, posées, intelligentes, et habiles. Dont plusieurs visent à faciliter l'investissement dans les start-up. Cependant les 18 premières, si pertinentes qu'elles soient, me laissaient sur ma faim. Défendre la production française dans un contexte européen, c'est bien, mais si l'on oublie le reste du monde, et si l'on néglige le poids affolant des charges sociales dans la structure des coûts français, on court à la catastrophe.

Ouf, les deux dernières mesures emportent mon adhésion:

19) Bayrou entend travailler à faire des pays émergents des partenaires et non des ennemis. Rappelant au passage qu'ils porteront la croissance mondiale dans les années à venir et que leurs classes moyennes en pleine essor seront les premiers consommateurs des produits français de qualité. Pour cela, il entend se rapprocher des BRIC, et voit la mixité ethnique et culturelle française comme un atout essentiel sur les marchés mondiaux.

20) Bayrou propose d'exonérer de charges sociales pendant 2 ans l'engagement d'un employé pour chaque entrerprise de moins de 50 salariés. Ce qui représente  plus de deux millions et demi d'entreprises pour lesquelles l'engagement d'un collaborateur coûtera deux fois moins cher que la normale... C'est bien, très bien même, mais c'est une mesure ponctuelle. Bayrou et ses économistes doivent comprendre qu'en Suisse, avec des charges sociales deux fois moins élevées, on parvient à payer un salaire deux fois plus élevé avec des taux de chômage deux à trois fois inférieurs à ce qu'ils sont en France. Il faut donc poursuivre la réflexion et étudier comment réduire les charges françaises pesant sur l'entreprise, à long terme.

En résumé, il ne reste plus à Bayrou qu'à passer devant LePen, pour que les votes de défiance envers le programme socialiste puissent se critalliser sur lui, en oubliant Sarkozy, qui n'a manifestement pas réussi son pari: d'après les derniers sondages, le discours du Président en exercice n'a gagné à sa cause que 0,5% d'indécis. Dont moi, pour deux jours seulement. C'est très peu et ce handicap là paraît impossible à remonter !

 

Commentaires

Bayrou, comme il y a cinq ans, est de loin le meilleur candidat. Hélas, comme il y a cinq ans, je crains qu'il ne passe pas le cap du deuxième tour.

Écrit par : Pascal Décaillet | 01/02/2012

Eh bien, chers blogueurs et blogueuses, nous sommes tous là pour l'aider à passer la rampe. Solidarité internationale en faveur de Bayrou. Ce n'est pas du communisme. C'est de la lucidité intellectuelle, culturelle, économique, et politique. En avant toute avec François Bayrou! Bonne journée à vous.

Écrit par : pachakmac | 01/02/2012

Un président ferait le beau temps ? Ne serait-ce pas plutôt une équipe bien présidée ?
Voyons les équipes en jeu : celle en place est manifestement usée, au point de s'en remettre exclusivement à un homme providentiel mais qu'elle sait cuit (croire au miracle) !
Les équipes des François sont bien différentes. L'une est expérimentée, rodée, bien inscrite dans les pouvoirs nationaux et locaux, pouvant être opérationnelle très rapidement. L'autre est ...... inexistante, à moins de récupérer en catastrophe les rats qui auront quitté le navire de la première. L'opportunisme n'est-il pas la marque de fabrique de l'équipe actuelle ? Faudrait-il continuer encore cinq longues années dans le même vide sidéral.
Une bonne alternance, vivifiante pour le débat démocratique et l'adrénaline du peuple, c'est ce qu'il faut souhaiter au peuple gaulois.

Écrit par : demain | 01/02/2012

Un Président ne fait pas le beau temps et pas davantage une équipe, encore que la personnalité des individus ait du poids. Ainsi, je connais quelqu'un qui est votre homonyme (à moins que cela ne soit vous ?), qui fut selon moi une calamité à son poste durant des années.
L'important en politique, jusqu'à preuve du contraire, c'est tout de même la politique qu'on mène et les mesures qu'on prend. Celles qu'entend prendre Hollande ne sont pas les bonnes. Et cela ne m'étonne guère venant de son équipe, baillonée par sa gauche.
Accessoirement, ce sont rarement des équipes rassies qui font les révolutions. Un peu de fraîcheur et de sang neuf ne fera pas de mal à la France.

Écrit par : Philippe Souaille | 01/02/2012

En tant que libéral; autant BayerouLemou que SarkoTaxe n'ont pas une vision économique que j'espérerai si j'étais français. Mais à choisir; ce sont les seuls deux grands candidats que la France a intérêt d'avoir comme président. Je serai Français; j'irai voter pour l'un deux. Entre les deux je ne sais pas. C'est vrai que je commence a voir en Bayerou un programme bien plus ciblé sur la rigueur budgétaire que celui de Sarkosy.

Mais avec DetteHollande, c'est la France qui plonge. Avec Marine Lepen je ne préfèrent pas imaginer la déroute française. Quand à Mélanchon ou Montebourg c'est la Corée du Nord à l'horizon.

D.J

Écrit par : D.J | 01/02/2012

En mai fais ce qu'il te plait, en juin on verra bien ! Législatives à majorité de........ ou cohabitation ? Qui avec qui ? François B. avec François H. comme premier ministre ? Pourquoi pas. Faut aimer l'aigre doux, ça pourrait être marrant, non ?

Écrit par : demain | 01/02/2012

Bonsoir Philippe Souaille,

Autant j'étais surpris de votre dernier billet "Hier soir Sarkozy a gagné ma voix ...", autant je suis ravi de lire celui-ci.

J'ai regardé et écouté Sarkozy dimanche soir et il ne m'a pas convaincu du tout. En effet, je l'ai trouvé aux abois et parfois déstabilisé face aux questions du journaliste économique François Lenglet. Voire irrité lorsqu'il a remis en place la journaliste Claire Chazal qui faisait référence à François Hollande.
Il me semble que Sarkozy a joué son va-tout en présentant autant de projets de la "25ème heure" dont on se demande bien comment ils pourraient être mis en oeuvre techniquement en aussi peu de temps ?

Pourtant certains de ces projets m'ont semblé intéressants, tel celui qui laisserait aux entreprises la liberté d'engager des négociations directement avec leurs salariés en laissant de côté la rigidité du carcan étatique.

Quant à la possibilité de permettre aux projets immobiliers d'augmenter le relèvement de 30% du droit de construire, je ne vois franchement pas comment elle serait mise en oeuvre. En effet, un tel plan sera forcément confronté à une multitudes de recours - même si l'on n'est pas en Suisse - : nuisances et conflits de voisinage, atteinte au patrimoine, à la nature, etc.
J'ai l'impression que cette idée relève un peu de l'utopie.

N'étant pas Français, avec moi Sarkozy n'a pas perdu de voix, mais Bayron n'en a pas gagnée non plus, lui qui n'a probablement et malheureusement aucune chance d'accéder au second tour. Quant à Hollande, je pense qu'il passera facilement l'épaule. C'est un homme intelligent mais en cas d'élection - probable (?) - sa marge de manoeuvre sera très étroite, placé qu'il sera entre la réalité économique, la "démocratie de la rue", la surenchère des syndicats et les engagements pris à sa gauche. Je lui souhaite bonne chance !

Pour conclure, je déplore que les institutions françaises, la Constitution de la Vème République en l'occurrence, confèrent autant de pouvoirs entre les mains d'un seul homme, un Président auquel on signe un chèque en blanc pour cinq ans.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 01/02/2012

J'avais voté Bayrou en 2007. J'apprécie sa personnalité et le fait qu'il ne soit pas de l'UMP, ni du PS. Il est attaché à une Europe politique forte et non pas celle des marchés. Je ne sais pas si j'aurais voté pour lui cette année, tant cette présidentielle est terne, sans relief, sans passion. Sarkozy semble ne pas trop vouloir rester. Peut-être qu'il n'a pas envie de se battre pour être Le président, qui assistera à l'effondrement de l'Europe et de la France dans l'économie mondiale. Comme vous le dites, M. Souaille, il ne reste plus qu'à Bayrou de passer devant Le Pen et j'ai bien l'impression que cela dépend fortement de l'envie de l'actuel président.

Écrit par : Riro | 02/02/2012

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