15/02/2012

C'est nouveau et ça vient de sortir: la genferei belge

Il suffit de parcourir les centaines de commentaires haineux sur le sujet pour s’en convaincre : en instaurant une préférence résidentielle pour les postes de cadre aux HUG, le Directeur Bernard Gruson a ouvert la boîte de Pandore. Alors certes, un grand nombre de ces commentaires sont écrits par une petite poignée de personnes, qui ont passé la journée à cela, n’ayant apparemment pas d’autre occupation, mais il est indéniable que les idées du MCG font recette.

La haine déferle. Contre les Français et contre tous ceux qui habitent de l’autre côté, Suisses compris. Plus rarement, en réaction, contre les Portugais plus ou moins fraîchement débarqués ou contre le Belge Gruson lui-même… De petites haines rancies au quotidien qui éclatent au grand jour, mais sans même le courage de leurs opinions. On étale sa xénophobie sous pseudonyme. Et l’on se demande où sont passées les forces républicaines de ce petit bout de pays.

Si l’on a bien compris l’article initial, le critère d’embauche serait désormais le lieu de résidence. Eliminant aussi bien les Suisses que les Français, du moment qu’ils ont leur domicile officiel de l’autre côté. Quid des résidents vaudois, valaisans ou soyons fous, saint-gallois ? Apparemment pas concernés. Seuls les résidents français le seraient quand bien même ils habiteraient Ambilly, à quelques centaines de mètres de chez M. Gruson, résident de Vandoeuvres. La logique de la chose ? Aucune, si ce n’est qu’une maison à Ambilly coûte 5 fois moins cher qu’à Vandeuvres. C’est pô juste…

De fait,  au moins 600 toubibs suisses et cadres suisses des HUG ont acquis en France la maison qu’ils ne pouvaient s’offrir à Genève et y habitent à demeure. Beaucoup d’autres y ont des résidences secondaires, chalets à Cham, à Mégève ou à Nernier. Comme des dizaines de milliers de Genevois de classe moyenne, ils l’ont fait parce qu’ils n’avaient pas les moyens de l’équivalent en Suisse et qu’ils en avaient le droit. On a voté pour cela.

Ils sont aujourd’hui plus de 60 000 suisses à vivre dans les départements de l’Ain et de la Haute-Savoie. Si de telles mesures se multiplient, ils vont prendre peur, pour leur avenir et celui de leurs enfants. Nombre d’entre eux vont revenir sur Genève. Ce qui n’est prévu ni par le plan directeur cantonal, ni par les maires et conseillers administratifs qui s’opposent aux constructions ! On  n’arrive déjà pas à absorber l’augmentation naturelle du nombre de foyers (jeunes quittant le domicile des parents + divorces), sans compter l’immigration.

Ces mesures vont également inciter les autres employés frontaliers non-suisses (français ou non) à venir habiter sur le canton. Les citoyens de l’UE en ont le droit. La pression sur l’immobilier et les loyers va devenir énorme, et sur tous les styles de logements. Le haut de gamme autant que le studio, car les gens possédant maison en France n’auront aucun intérêt à la revendre dans une telle ambiance. Nombreux sont ceux qui garderont la maison comme résidence secondaire, pour prendre un appart minuscule et l’adresse qui va avec à Genève. A côté de ce déferlement prévisible, les quelques 2 ou 300  nouveaux expats annuels, c’est de la rigolade !

Tout cela pour quoi ? Pour tenter de désamorcer la fronde anti-frontalière, anti-française et finalement anti-autorités qui se renforce jour après jour à Genève. Largement alimentée par les blogs et leurs commentaires, concentré d’aigreurs fétides. Tous apparemment d’accord sur un point essentiel : les problèmes de Genève sont dus au fait que de méchantes personnes habitent de l’autre côté de la frontière, qui volent le travail des gentilles habitant de ce côté-ci. Aidés en-cela par l'implacable conspiration des responsables de ressources humaines, eux-mêmes tous frontaliers, qui éliminent sans pitié toutes les candidatures genevois des procédures de recrutement.

Un leitmotiv du MCG qui bien évidemment ne tient pas debout. 5% des résidents Genevois en âge de travailler sont au chômage. Ce qui signifie que 95% d’entre eux n’y sont pas. On peut en déduire que 95% des Genevois sont habilement parvenus à déjouer l'horrible conspiration frontalière. Implacable, donc, mais avec de sacrés trous.

Commentaires

Rappelons par ailleurs que les frontaliers (suisses ou français) rapportent un joli pactole fiscal au canton, année après année. Contrairement aux pendulaires vaudois qui eux permettent à l'Etat de Vaud de se désendetter, mais ne rapportent rien à Genève.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/02/2012

Des 5% de chômeurs genevois à fin janvier 2012, on peut déduire les 3,4 % de la moyenne suisse à la même date, qui sont la conséquence de la crise et non des DRH français. Seul donc le 1,6% de la population active genevoise pourrait avoir potentiellement été victime de l'omniprésente conspiration frontalière des DRH français.
Donc il faut croire que 98,4 % de la population active genevoise n'a jamais été victime d'un DRH français. Ouf.
Vous me direz, 1,6 %, c'est encore trop. Mais même ce 1,6 % ne résiste pas à l'analyse. Thierry Cerutti, premier conseiller administratif du MCG, le reconnaît publiquement dans le film "Genevois Pluriels" en affirmant que le problème vient de ce qu'une part non négligeable de la population genevoise est d'origine étrangère et peu formée, en tout cas pas de la manière qui convient au tissu économique genevois, fortement axé sur les emplois hyperspécialisés.
Les frontaliers n'ont rien à voir là-dedans. Pas plus que les DRH français. D'ailleurs en 2011, le chômage dans le Genevois français a augmenté nettement plus vite que dans le reste de la Haute-Savoie et de l'Ain ou de la région Rhône-Alpes. Parce que les frontaliers ont commencé à perdre leurs boulots en masse, comme à chaque crise: ils sont systématiquement les premiers licenciés. Pas très efficaces, ces foutus DRH français...

Écrit par : Philippe Souaille | 16/02/2012

MERCI! un grand un très grand MERCI!!! cela fait du bien de lire des choses un peu plus fondée que les vociférations de lecteurs frustrés, mal renseignés ou manipulés...! cela fait tout de même très peur de lire autant de haine et de francophobie avec une référence quasi systématique à l'escalade! est-ce que rien n'aurait changé depuis tout ce temps? effrayant et désespérant...!

Écrit par : matthieu | 16/02/2012

Censure humaniste:Monsieur Souaille votre tolérance est un peu à l’image de votre indignation, c'est à dire à géométrie variable, cachant avec de plus en plus de difficultés votre connivence avec Pascal celui du MCGHI pas l'autre ,vous censurez mes commentaires préférant afficher une sympathie pour les blogs droitiers genre néo-consrvateurs du GOP.
Encore un effort camarade et vous passerez à Genève à Show en compagnie du Docteur Mabutse censeur certifié des commentaires énervants.

Écrit par : briand | 16/02/2012

Non Briand, j'essaie juste de rester au-dessus de la ceinture, de ne pas jeter de l'huile sur le feu inutilement et surtout d'éviter les attaques personnelles sur des faits privés. Par principe et aussi parce que j'assume la responsabilité éditoriale de ce blog, y compris pour les commentaires. Or j'ai déjà un procès en cours, m'opposant à un ténor de la droite extrême genevoise, ce qui me semble suffisant.
De plus, votre texte n'était pas complètement compréhensible, puisque moi-même, je n'en ai pas tout compris. Si vous voulez le renvoyer sans attaque personnelle en exprimant clairement votre position de fond sur cette affaire, je le diffuserai volontiers.
Par exemple, les propos du directeur d'un office public au sujet d'une grève, c'est public, pour autant que cela puisse être corroboré. L'endroit où il se trouvait durant tel ou tel incident, cela n'a rien à voir avec le débat.
Outre que si j'ai bien compris, la grève était celle des laborantins, tandis que la mesure concerne les soins infirmiers. Deux mondes bien séparés aux HUG.
Autre exemple, j'ai hésité à mentionner le fait que M. Gruson était d'origine belge. Je n'ai nulle envie de sombrer à mon tour dans le nationalisme racoleur. Mais il se trouve que cela fait sens, au delà du gag.
Parce que c'est une personnalité qui n'a pas forcément bien tout compris de ce qui constitue cette région (comme beaucoup des membres du MCG, originaires d'ailleurs) et parce que la Belgique n'est pas vraiment un exemple en matière de tolérance, comme le souligne d'ailleurs le papier d'Etienne Dumont juste au-dessus du mien.
Etienne Dumont dont je cite l'ancêtre dans mon film sur l'Histoire de la Région. Non pas son père, ethnologue réputé, mais son aïeul qui fut l'un de ces nombreux genevois qui jouèrent un rôle important dans la Révolution française. Etienne Dumont, au Club des Cordeliers faisait partie de ceux qui écrivait les discours de Mirabeau.
Genève indépendante grâce à l'appui de la Suisse, a toujours été un laboratoire d'idées, qui ensuite ont diffusé à travers le monde, grâce à la caisse de résonnance française. Amputer l'une de l'autre, et il leur manquera une part essentielle.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/02/2012

j'ai tenté de tirer le portrait d'un personnage publique qui n'est pas un premier communiquant et qui utilise les médias lorsque la situation lui est profitable et qui fait silence radio dans le cas contraire, je vous ai donné deux exemples précis vérifiables qui n'ont rien à voir avec une quelconque atteinte à la sphère privée.
Il se trouve que dans le canton aujourd'hui le personnel politique le plus exposé est l'objet de railleries insupportables MCGHI aujourd'hui sur Madame Kunzler et Rochat alors que l' on encense Monsieur Hiller dont les éventuels errements "en matière d'accueils privilégiés de Hedge Fund per ex" sont sans conséquences immédiates ce qui n'est pas le cas des cacophonies des TPG ou de la grève des amendes .
Je pose donc la question de la responsabilité de la presse dans le traitement de l'actualité locale y compris , les fameux angles qui font les planches du Staufffer à repasser.Sur le fond et pour terminer, Genève a le même problème que le Nigeria , la RDC à savoir un mal développement du fait d'une économie transfrontalière s' articulant mal avec un pouvoir politique cantonal, fédéral en Suisse départemental régional et national en France .Il s'agit de faire preuve d'imagination de volonté pour permettre à cet ensemble de vivre dans un espace hérité de l'histoire , donner du temps au temps pourquoi , pas un bon printemps après la Belgique la Hollande... mais c'est une autre histoire.

Écrit par : briand | 16/02/2012

Le moins que l'on puisse dire est que vous n'êtes pas très clair, Briand. L'un de mes jobs consiste à réécrire des textes illisibles pondus par des experts en ceci ou cela, mais pas en écriture, pour les rendre plus clairs. J'ai donc une certaine expérience des textes arides. Mais là, franchement, j'ai du mal...
Par ailleurs souligner ma connivence avec Décaillet, parce que pour une fois, nous ne sommes pas en désaccord, c'est aller un peu vite en besogne.
Deux fois en fait! Je suis effectivement aussi assez d'accord avec ce qu'il écrit aujourd'hui dans le GHI sur le Conseil d'Etat. Je m'attendais au pire, genre une attaque obsessionnelle de mes amis comme il en a le secret, mais non, il est resté factuel et objectif. Comme quoi rien n'est jamais perdu.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/02/2012

@ Philippe Souaille,

J'ai posté un commentaire sur le blog de la concurrence, en réponse au vôtre.

Antoine étant probablement bien trop occupé aujourd'hui à peaufiner l'accueil de Nicolas Sarkozy à Annecy, il n'a pas encore eu le temps de mettre en ligne les derniers commentaires ... ;o).

Alors en préambule, qu'on veuille bien me pardonner cette infidélité, celle d'être allé posté un commentaire à la concurrence qui traitait le même sujet.
Mais je vous ai bien lu, ici comme chez Antoine ...

http://portevoix.blog.tdg.ch/archive/2012/02/15/l-hopital-cantonal-de-geneve-viole-les-accords-de-libre-circ.html

J'ai le sentiment que les déclarations de M. Gruson sont censées meubler le silence assourdissant de nos autorité politiques. En effet, le climat se dégrade dans les rapports humains transfrontaliers et cela semble inquiéter M. Gruson qui réagit en tant que responsable opérationnel des HUG. En directeur compétent, ce que je crois, il sent le vent et fait une déclaration que j'interprète pour ma part comme un signal adressé à son autorité de tutelle, le Conseil d'Etat et plus précisément à M. P.-F. Unger.

Si le climat se dégrade dans une entreprise n'incombe-t-il pas à ses responsables d'en analyser les causes et de tenter d'y remédier ? Or les remèdes ici n'appartiennent pas à M. Gruson mais au Conseil d'Etat. Et encore ?

Les bilatérales ont apporté beaucoup de prospérité à la Suisse et à Genève en particulier, elle qui est adossée à la France où elle trouve de la main-d'oeuvre formée en abondance. Toutefois cette prospérité engendre aussi beaucoup de nuisances : assèchement de l'immobilier à Genève, augmentation des prix de l'immobilier en France voisine, augmentation du trafic pendulaire, mais aussi beaucoup de ressentiment chez les laissés-pour-compte de part et d'autre de la frontière dont on souhaiterait qu'elle ne soit que virtuelle, alors qu'elle est bien réelle. Cette frontière sur laquelle butent les institutions suisses et françaises, lesquelles servent de références aux détracteurs qui s'épanouissent sur les blogs, mais souvent sans grande profondeur de réflexion, comme vous le relevez d'ailleurs.

Je pense pour ma part que l'on ne peut pas simplement taire un malaise sans en analyser les causes. Or c'est ce que je reproche et ce qui m'inquiète aussi lorsque je parle d'un silence assourdissant de nos autorités politiques.

En pointant "la vulnérabilité et la pérennité de certains secteurs stratégiques du secteur public genevois dans lesquels les emplois sont majoritairement occupés par des frontaliers", je tente d'interpeller nos autorités pour leur faire prendre conscience des risques encourus en ne perdant pas de vue les prochaines négociations entre la Suisse et l'UE, lesquelles s'annoncent d'ores et déjà très ardues. Je pense aussi bien évidemment aux coups de boutoir donné par l'UDC aux accords bilatéraux, mais également aux nombreuses réactions lues dans les médias de l'Hexagone dont certaines suggèrent d'entourer la Suisse d'un cordon sanitaire pour l’asphyxier, voire de la bombarder ... On se pince pour ne pas rêver tant de tels propos nous ramènent aux pires années qui ont précédées la dernière guerre !

Il faut donc revenir à la raison au risque de voir la situation empirer. Cela me semble urgent, or on n'entend aucune rumeur sortant de la Tout Baudet à ce sujet. La marge est très faible, je l'admet. A défaut d'autres solutions ne faudra-t-il pas choisir entre la croissance économique et la paix des ménages ?

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 16/02/2012

probable que vous ne censuriez ce commentaire, comme d'hab

car sauf vôtre respect, Môsieur Philippe Souaille, ex français établi en Suisse,

le marché de l'emploi en Suisse et aux HUG n'est pas sous contrôle frontalier - quoique.

Car si vos arguments sont vrais sur certains points, il ne reste que la légitimation et l'origine de vos ambitions contredit vos points d'attaque:

-Cher Monsieur Souaille, vous êtes français et le restez dans vos combats dans une Suisse non Européenne, sur ce sujet comme d'autres.

Saurez-vous accepter la contradiction que vous opposent vos lecteurs comme moi sur ces blogs de la TDG, ne serait-ce que pour son exercice démocratique, un jour?
GEE!

Écrit par : Suissi Tude | 16/02/2012

M ou Mme Suissi Tude. Je ne suis pas "ex-français établi en Suisse". Je suis double-national. Français et Suisse. J'ai commencé à habiter en Suisse il y a 52 ans (j'en avais 6) et depuis lors j'ai habité d'un côté ou de l'autre. Je me suis fait traité de "cochon de francillon" à 7 ans à l'école primaire et de "petit suisse" à 14 au Lycée... Ce qui m'a définitivement vacciné contre la connerie et le nationalisme.
Mes arguments sont vrais ou faux, indépendamment de la couleur de mon passeport. Je prône effectivement l'adhésion de la Suisse à l'Union européenne. Je ne vois pas en quoi cela ferait de moi davantage un Français que si j'avais l'opinion inverse. Il y a des Suisses qui sont pour l'adhésion à l'UE et des Français qui sont contre.
En fait vous me rappelez l'UDC, pour qui les "Vrais Suisses" pensent et votent forcément de la même façon qu'eux. Sinon, ils ne sont pas de vrais suisses. De là à ce qu'on leur enlève leur passeport, il n'y a qu'un pas. Qui fut franchi en France, à une certaine époque, sous Pétain. Et c'est vous qui venez me parler de démocratie...

Écrit par : Philippe Souaille | 16/02/2012

J'ajoute, Suissi Tude, que le seul texte que j'ai censuré sur cette question attaquait Gruson et sa mesure en le traitant de facho. Il n'émanait pas d'un français, mais d'un suisse de gauche.
Actuellement, dans notre agglomération de 900 000 habitants, près de 10 % de la population est double-natinale franco-suisse, habitant de part ou d'autre de la frontière. Mon but dans la vie n'étant pas de susciter conflits et guerres, mais plutôt de les éviter, je suis assez fier de faire partie de ces 10% et d'être d'une certaine manière, leur porte-parole.
Nous sommes dans une situation de pré-conflit et d'aucuns s'amusent à jeter de l'huile sur le feu, croyant pouvoir en tirer parti. Eric Stauffer, dans un communiqué vengeur, crie victoire et affirme que c'est grâce à sa présence au Conseil d'administration des HUG que toute cette affaire a éclaté. D'ici à penser qu'il a incité Gruson à édicter de telles mesures, il n'y a qu'un pas.
Personnellement, je préfère être dans la peau du cow-boy qui connaît les Indiens et les aime, ou dans celle de l'Indien qui connait le monde des blancs et comprend le sens de l'Histoire, que dans celle du salopard qui tire sur tout ce qui bouge, pour servir ses propres intérêts et assouvir sa soif névrotique de pouvoir.

Écrit par : Philippe Souaille | 17/02/2012

Si des responsables RH favorisent leurs voisins ou leurs compatriotes au détriment du poste à pourvoir, ils doivent être sanctionnés, c'est une évidence. Quitte à améliorer la législation ou la jurisprudence en la matière. Mais si l'on se réfère aux chiffres réels du chômage, cela ressemble fort à une légende urbaine. Une généralité purement fictive, construite sciemment à partir d'un, deux ou trois cas d'espèce...
Le but de la manoeuvre est évident: crééer un prétexte pour justifier une discrimination à l'encontre des frontaliers. Discrimination illégale, que rien ne justifie. Discrimination qu'il faut combattre résolument, car si l'on tire sur le fil, c'est tout un raisonnement ségrégationniste inadmissible qui se découvre. Ainsi des insultes et sous-entendus lourdingues à l'égard des Suisses qui comme moi, détiennent encore un passeport français.
Je ne serais pas un "vrai" suisse et ma parole ne devrait donc pas être prise en compte. Quid alors de Mauro Poggia qui s'est présenté à la députation en Italie ? Ou du fondateur historique et financier du MCG qui était double-national français ? C'est ainsi que les choses ont commencé dans les années 30. Il est regrettable que d'authentiques démocrates se laissent prendre à ce piège gluant. Ils feraient mieux de relire Brecht.

Écrit par : Philippe Souaille | 17/02/2012

" Nous sommes dans une situation de pré-conflit et d'aucuns s'amusent à jeter de l'huile sur le feu, croyant pouvoir en tirer parti. "

Exactement et c'est bien cela qui m'inquiète, car une telle situation est préjudiciable à tous, de quelle côté de la frontière qu'ils habitent.

" Si des responsables RH favorisent leurs voisins ou leurs compatriotes au détriment du poste à pourvoir, ils doivent être sanctionnés, c'est une évidence. Quitte à améliorer la législation ou la jurisprudence en la matière. "

Absolument d'accord !

Quant à la qualité de "vrai" Suisse "à part entière", ou de demi-Suisse, une telle distinction est parfaitement ridicule. En effet, depuis le 1er janvier 1992 la Suisse a supprimé l'obligation faite aux candidats à l'obtention de la nationalité suisse, de renoncer à leur nationalité d'origine. La double nationalité est autorisée en Suisse sans aucune restriction. Par conséquent, contester aujourd'hui la "pureté suisse" à un double national, revient à contester la législation en vigueur ("Loi fédérale sur l’acquisition et la perte de la nationalité suisse") Voir ici :

http://www.admin.ch/ch/f/rs/1/141.0.fr.pdf

Ce que l'on lit ici est un peu le retour aux années 1930 ...

Quant à traiter M. Gruson de "facho", c'est gravissime !

" Eric Stauffer, dans un communiqué vengeur, crie victoire et affirme que c'est grâce à sa présence au Conseil d'administration des HUG que toute cette affaire a éclaté. D'ici à penser qu'il a incité Gruson à édicter de telles mesures, il n'y a qu'un pas. "

Je ne crois pas une minute à une telle version, Éric Stauffer fait simplement de la récupération politique. Il devrait relire la fable de La Fontaine "Le coche et la mouche" ...

Je ne vois pas M. Gruson céder aux menaces d'Eric Stauffer.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 17/02/2012

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