26/03/2012

Ville, canton, région... Quand les intérêts électoraux sont un frein au mieux-vivre ensemble

La dernière genferei en date sera donc prochainement tranchée par le TF. énième épiosde de la stupide guéguerre opposant la Ville et l'Etat depuis des lustres. On résume: le Canton, actionnaire majoritaire des SIG, a décidé de ponctionner 125 millions dans les caisses de nos services industriels ces prochaines années pour renflouer les siennes et résorber un peu de son déficit. Mais la Ville de Genève, emmenant 2/3 des communes, avec elles se plaignent avec deux types d'arguments, à priori contradictoires:

1) les SIG vont devoir investir ces prochaines années et auront besoin d'argent.

2) si la ponction est maintenue, les communes en tant qu'actionnaires minoritaires, en veulent leur part "pour leurs contribuables".

Si le premier semble recevable, mais l'on suppose que le Canton doit être au courant des besoins de financement à venir, c'est l'un de ses rôles essentiels, le deuxième l'est beaucoup moins. Car par défintion, tout contribuable d'une commune est également contribuable du canton. Donc ce serait juste prendre dans la poche gauche de Pierre pour remettre dans sa poche droite... Ou plutôt l'inverse :-)

Tout ce discours sur l'intérêt des contribuables ou les besoins de financement des SI n'est en effet qu'un écran de fumée dissimulant un intérêt purement politique et électoraliste: comment dépense-t-on l'argent public ? Parce que la Ville (et les grandes communes) et le Canton n'ayant pas les mêmes majorités politiques, ne font pas les mêmes choix. C'est normal, c'est naturel, c'est le jeu démocratique, mais c'est aussi diablement générateur de nuisances majeures.

Si l'on prend le cas du logement, il devient évident qu'au "il faut construire, mais pas en bas ou en haut de chez moi" se rajoute une volonté politique de conserver les majorités politiques en l'état. La Ville de Genève, à travers l'ASLOCA, fait tout ce qu'elle peut pour empêcher des surélévations et la construction d'immeubles de standing en PPE pour éloigner le spectre d'un retour d'électeurs de droite... Au contraire, elle appuie à fond sur la construction de logements aidés, synonime d'électeurs de gauche. Tandis qu`à l'inverse, dans les communes bourgeoises, on ne veut surtout pas de trop grands ensembles qui pourraient amener des électeurs de gauche...

Genève, ville de concertation et de consensus, sombre dans l'affrontement le plus vain qui soit, des conservatismes de droite et de gauche qui s'opposent en tout pour ne s'entendre que sur une chose: surtout ne rien changer. Il est évident que le choix des extrêmes, dans cette configuration, ne ferait qu'accentuer le phénomène en radicalisant les fronts. Nous avons au contraire besoin de personnalités politiques susceptibles de rassembler au centre, par delà les clivages. Pour triompher des pesanteurs conservatrices et faire enfin avancer les dossiers.

Un par un, dans l'esprit de l'intérêt général et non des intérêts partisans: logement, transports, sécurité... L'emploi en découlera naturellement.

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