27/03/2012

Aimer le Genevois, parce que c’est notre dimension

Dans 7 semaines se tiendront les premiers Jeux de Genève de la nouvelle génération. Cela fait 60 ans qu’ils n’avaient plus été organisés. Ils réuniront les jeunes sportifs du canton, sur un week-end, dans 24 disciplines et devraient dorénavant se tenir tous les deux ans. Dès le départ, l’association genevoise des sports, qui en est la cheville ouvrière avec les départements concernés de la Ville et du Canton, a voulu y intégrer les sportifs de la région. Cela se fera donc en 2014, cette première édition servant de prototype. Voir ci-dessous le lien vers leur site:

http://www.jeuxdegeneve.ch/Accueil

L’idée est plus qu’excellente, elle est nécessaire. Mais à quelle échelle va-t-on travailler ? Veut-on réunir l’entier des territoires administratifs limitrophes soit le canton de Vaud et les départements de l’Ain et de la Haute-Savoie ? Pas sûr qu’il y ait un intérêt qui dépasse celui de l’invité d’honneur du comptoir. Ni de leur part, ni du nôtre. En revanche, nos voisins et partenaires, parties constituantes de l’ancien Comté de Genève, le Genevois historique (ou l’agglomération du Grand Genève), on voit mal comment nous pourrions nous en passer.

Annecy et Bourg-en-Bresse sont aussi loin de Genève que peut l’être Lausanne. Certains peuvent faire le déplacement tous les jours pour des raisons professionnelles, des contacts étroits sont nécessaires, mais nous ne résidons pas dans le même bassin de vie. Alors que la moitié des habitants d’Annemasse travaillent à Genève, que des centaines de milliers de Genevois font leurs courses en France et que les Nyonnais utilisent 3 fois plus souvent les TPG que les TL lausannois…

Par ailleurs et ce n’est pas une mince affaire, Lausanne, Annecy et Bourg-en-Bresse manifestent une certaine inquiétude à l’idée de voir se distendre les liens avec une partie excentrée de leur territoire, entraînée dans l’orbite genevoise. Soyons clair, il n’est pas question d’annexer quiconque, même si le caractère excentré de ces territoires prouve à l’envi qu’ils sont géographiquement naturellement rattachés à Genève. Il s’agit au contraire de creuser encore et toujours la vieille idée de co-gestion du territoire, qui remonte à 1603, en l’adaptant à la modernité.

Cette idée géniale fut celle de Robert Borrel et Robert Cramer, vite rejoints par Etienne Blanc. Elle répondait à une triple nécessité: se donner les moyens de coordonner l’urbanisme de notre petite métropole qui se construisait en dépit du bon sens, renforcer la qualité de vie d’habitants de plus en plus mobiles et enfin répondre aux exigences de Berne en matière d’attribution de fonds publics.

Sous le nom barbare de projet d’agglo, la structure s’est imposée comme l’interlocuteur le plus naturel au quotidien. Elle englobe toutes les communes, tant françaises que suisses dont une partie essentielle de la population travaille à Genève, soit près de 950 000 habitants aujourd’hui. Ce qui met Genève dans la même catégorie que Zurich, Toulouse, Lille ou Nice, à la 8ème place des agglomérations françaises, particulièrement dynamique et riche. L’agglomération d’Annemasse, sans la partie suisse, pointant elle-même devant Annecy, ce qui suscite quelques grincements de dents.

Genève, engoncée dans son carcan administratif en matière immobilière, s’est largement construite en France, développée grâce à la France. Le projet d’agglo n’a fait qu’en prendre acte en tentant d’adapter les structures administratives à la réalité des faits. Il est temps de passer à la vitesse supérieure et d’abord de se choisir un nom. Cela vous revient, en allant voter sur le site

http://www.choisirnotrenom.com/

Trois noms vous sont proposés. Personnellement, comme beaucoup, je préfère « le Genevois ». Même si historiquement, il désignait plutôt la partie sud (englobant Annecy d’ailleurs, aux temps anciens du Moyen-Age), cela me semble le mieux adapté à la réalité de notre bassin de vie. Ce nom, il est à notre dimension : chargé d’histoire et porteur d’avenir.

Commentaires

Qu’appelle-t-on la région genevoise ? La réponse est… vaudoise: c’est selon ! Historiquement, la région dont Genève fut le centre économique et administratif a parfois été très vaste : en gros la Romandie, la Savoie et le Jura. Là où l’on prend l’avion à Cointrin plutôt qu’à Satolas ou à Kloten. Mais dans la réalité quotidienne, elle a une autre dimension, celle de l’agglomération. Un lieu de vie dont les limites apparaissent clairement sur n’importe quelle carte ou en montant à la Faucille : celles de l’urbanisation.
Notre bassin de vie s’arrête avant Bourg-en-Bresse ou Annecy. Elle est délimitée par la géographie et les bords de la cuvette que forment le Jura, le Mont-de-Sion, le Vuache et les Préalpes. Le Salève, les Voirons s’y rattachent. Elle s’infiltre loin dans les vallées par les autoroutes et demain les voies ferrées nouvelles ou modernisées.
En 1603, le traité de Saint-Julien qui concluait la paix entre Genève et le Duc de Savoie la résumait ainsi juste après l’Escalade : le Duc ne pouvait édifier de fortifications à moins de 15 km de Genève. Clairement, Annemasse et Saint-Julien sont à l‘intérieur de ce périmètre comme l’aurait été Ferney ou Saint-Genis si elles n’avaient été, déjà, françaises et nos alliées. Dans ces limites, la responsabilité juridique et administrative était partagée.
La facilité des déplacements a étendu la zone, intégrant peu à peu le district de Nyon, qui était alors – depuis peu – bernois, et qui lui grimpe jusqu’aux crêtes du Jura. Cela fait un bon demi-siècle que la zone économique définie par les sociologues, comme le 022 téléphonique, englobe Nyon. Au même titre que ce que l’on appelait alors « la France Voisine » pouvait être jointe par le 023, à un tarif de proximité…
En 1860, le traité d’annexion de la Savoie par la France créait une zone franche qui permit aux habitants, et notamment aux paysans, de continuer à vivre à cheval sur les deux pays. La frontière était symbolique et c’est seulement en 1940, avec l’occupation allemande et italienne que la frontière s’est fermée, séparant des familles, des quartiers, des morceaux de rue… Après la guerre, on a voulu recoller les pots cassés. Ce fut long et laborieux.
On a commencé par empiler les structures institutionnelles à l’image du CRFG, le Comité Régional Franco-Genevois, qui réunit les autorités de Genève, de Bourg-en-Bresse et d’Annecy. Cela permit de démêler des centaines de problèmes administratifs en bientôt 40 ans, mais ce n’est pas la bonne échelle. Parce que qu’on le veuille ou non c’est au niveau des communes que cela se passe et non des découpages administratifs nationaux. Et au niveau des communes, la chose est claire : un certain nombre d’entre elles, du District de Nyon, du pays de Gex ou de la Haute-Savoie du Nord, sont dans l’orbite genevoise. Probablement depuis toujours, mais de manière évidente aujourd’hui. Pour le meilleur, espérons-le.

Écrit par : Philippe Souaille | 27/03/2012

"l’association genevoise des sports, qui en est la chenille ouvrière"
Vous, quand vous vous mettez à dire du mal, vous faites fort!

Écrit par : Mère-Grand | 27/03/2012

Mille mercis Mère-Grand... J'ai rectifié. le grand âge venant, la mémoire s'en va voir ailleurs... Le pire c'est que j'ai bien réfléchi deux bonnes minutes, au petit matin, en écrivant cette phrase en me disant... "Chenille ouvrière", ça me parait bizarre... Mais je ne voyais pas, je ne voyais plus, qu'elle était la formule juste... Et là, bien sûr, en vous lisant, cela m'est revenu.
J'ai lu un article sur le phénomène pas plus tard qu'hier. Il parait que ce sont des substances du même type que le THC (ou tétrahydracannabinol, toute notre jeunesse), mais secrétées par nos synapses qui envoient des messages d'erreurs aux neurones un peu trop connectés. Pour éviter l'embouteillage. C'est clair qu'en un demi-siècle, depuis que j'ai atteint l'âge de raison, j'ai du en accumuler des connections... Le problème c'est que le THC machin, il ne sait pas toujours très bien selon quels critères trier ce qui doit être foutu à la poubelle ou non... Le truc rassurant en revanche, c'est qu'apparemment, il ne détruit que la connection, pas l'info elle-même, que vous pouvez retrouver dès que vous avez retrouvé le bon itinéraire pour y parvenir, une fois détruit le chemin usuel...

Écrit par : Philippe Souaille | 27/03/2012

Profitons donc du fait qu'il nous reste encore l'humour!
Par contre, je ne me souviens plus à qui s'adresse cette remarque ...

Écrit par : Mère-Grand | 27/03/2012

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