04/04/2012

Scoop, Stauffer a un programme: se passer du Tribunal Fédéral

OK, j'avais dit que j'arrêtais de bloguer, mais en découvrant la dernière perle du cancre gominé, je ne peux m'empêcher de faire partager mon éclat de rire. Voilà qu'il nous sort enfin un début de programme: faire Juge Roy Bean à la place de Roy Bean en décrétant que lui, Eric Stauffer, "sans avoir fait de grandes études juridiques" est bien mieux à même que les juges de Mon Repos de savoir si les gens sont coupables ou non. Parce qu'il est proche du terrain. Ah que même Johnny il peut comprendre ça!

Sauf que l'on n'est ni dans un album de Lucky Luke, ni à l'Ouest du Pecos au XIXème siècle...  A l'Ouest de la Versoix, nous avons des lois et il se trouve que la plupart d'entre elles sont fédérales. La peine de mort est abolie, nous pratiquons la séparation des pouvoirs (ce que semble ignorer le candidat à l'exécutif...), ainsi que la subsidiarité entre Berne et les Cantons. D'où l'existence d'un organe de justice supérieur: le Tribunal Fédéral.

Ce qui fait qu'en pratique, même en tant que Conseiller d'Etat, l'Eric, il n'aurait que le droit de la boucler face aux décisions du-dit Tribunal Fédéral. Le Procureur Général de Genève en est lui heureusement pleinement conscient, ce qui nous rassure. Voter Stauffer ne changera rien à cet aspect des choses. A moins de sortir Genève de la Confédération, ce qui était jadis au programme du candidat gominé.

On peut penser ce que l'on veut sur ce qui s'est passé ce fameux soir sous ce tunnel d'autoroute fribourgeois. J'aurais tendance à estimer qu'un malfrat prend des risques, à fortiori s'il n'obtempère pas. Et plus encore s'il fonce sur quelqu'un...   Mais perso, je n'y étais pas, ni Stauffer, ni les juges non plus. Une décision de justice doit néanmoins être prise, qui comme son nom l'indique doit être la plus juste possible. C'est pour cela qu'il existe des tribunaux, des reconstitutions, des expertises, que l'on entend les parties, etc... Les juges fribourgeois ont pensé que l'on pouvait faire l'économie de tout ce fourbi, les Juges Fédéraux ont rétorqué que non. Il se trouve que ce sont eux qui décident en dernier ressort, ils sont très précisément là pour ça. Que cela plaise ou non à M. Stauffer.

Et pour le jeune et malheureux policier fribourgeois concerné, qui en plus d'avoir probablement du sauver sa peau, a tout de même un mort sur la conscience, un procès qui conclut à votre innocence, cela peut être mieux qu'un classement qui laisse la place aux pires suppositions, en n'allant pas au fond des choses.

 

 

Commentaires

Bien vu, mais une petite erreur : il s'agit d'un policier vaudois, car à cet endroit on est encore sur Vaud. Il ne faut pas oublier que dans cette région on change de canton tous les deux ou trois kilomètres.

Écrit par : gamine | 04/04/2012

"Eric Stauffer, "sans avoir fait de grandes études juridiques" est bien mieux à même que les juges de Mon Repos de savoir si les gens sont coupables ou non…"

"Sauf que l'on n'est ni dans un album de Lucky Luke, ni à l'Ouest du Pecos au XIXème siècle…"

"…nous avons des lois et il se trouve que la plupart d'entre elles sont fédérales. La peine de mort est abolie, nous pratiquons la séparation des pouvoirs…"

"On peut penser ce que l'on veut sur ce qui s'est passé ce fameux soir sous ce tunnel d'autoroute… …Mais perso, je n'y étais pas, ni Stauffer, ni les juges non plus."

Sans être un partisan dudit Stauffer, vous avez tout dit dans la dernière phrase: Stauffer n'y était pas, les juges non plus.

Donc Stauffer peut avoir son avis sur la question et l'exprimer. Je ne vois pas où est le problème.

Et il y a plein de gens qui n'étaient pas plus dans le tunnel que Stauffer et les juges, qui se sont forgés un avis contraire sur la question par le biais des torrents d'infos publiés dans la presse. Pleins de gens qui par naïveté confondent Lucky Luke et Zorro avec le "Droit" (ceci pour ne pas éclabousser le mot Justice".

Oui, on peut être choqué par la décision des juges de Mont-Repos, mais pas par les déclarations de Stauffer, tout ridicule qu'il apparaît à vos yeux.

Si l'ont suit la logique de votre raisonnement et celle des juges de Mont-Repos. Il se trouve que la presse aurait embobinné tout le monde (ce qui n'est vraiment pas bien de sa part). Pourquoi n'a-t-elle pas divulgué que vos deux compatriotes avaient loué la voiture chez Hertz et qu'ils roulaient un peu trop vite parce que l'un d'entre-eux avait un besoin pressant…

On aurait aussi mieux compris le pourquoi des deux milles francs alloués au chauffeur pour le préjudice…

S'il faut avoir fait de grandes études juridiques pour arriver à de telles conclusions… ben merde alors!

Écrit par : petard | 04/04/2012

Monsieur Souaille , mille fois plus intéressant que le clown Stauffer , le cas de Maitre P. cible auquel vous ne vous confrontez pas , me parait plus intéressante d'explorer , plus dangereuse aussi , j'en conviens , mais aussi plus instructive à tous égard .Sujet à plusieurs hypothèses, il n'en demeure pas moins, que :décrire, rapporter, investiguer , " activité semble-t-il proscrite dans la presse de proximité parce que trop onéreuse" l'énigme reste intacte.
Pourquoi avec quel moyens? , j'ai une idée même plusieurs et vous.....?

Écrit par : briand | 04/04/2012

Eric Stauffer n'a pas dit ce que vous lui faites dire, encore et toujours pour servir votre dénigrement systématique. Il a dit que le message donné par le Tribunal fédéral en renvoyant en jugement le policier qui avait tiré en direction d'une voiture volée qui roulait à vote allure sur l'autoroute sans s'arrêter aux barrages mis en place, avec pour conséquence le décès du conducteur, était politiquement critiiquable, et c'est son droit d'homme politique de le critiquer. Pour ma part je pense que le Tribunal fédéral n'a pas eu tort, car la décision de classer cette affaire pouvait laisser penser qu'il y a deux justices dans notre pays, et que le policier sortait par la petite porte, sauvé par l'opinion publique. Cette procédure, en aboutissant à un procès public, démontrera tout aussi publiquement que la police a le droit de faire prendre des risques aux criminels présumés qui n'obtempèrent pas aux ordres répétés qui leur sont donnés. Je ne vois pas d'autre issue que l'acquittement de ce policier, qui aura alors le crédit d'une justice transparente et impartiale.

Écrit par : mauro poggia | 05/04/2012

@ MP :

"Il a dit que le message donné par le Tribunal fédéral ........ était politiquement critiquable".

Question de novice. Un homme politique a-t-il comme prérogative de critiquer une décision de justice. Quid de la séparation des pouvoirs !?

Écrit par : Bob d'Arvey | 05/04/2012

En vrac, à tous: Pascal, je n'ai pas publié votre message parce que savoir qui écrit les discours de Stauffer, qui est encore ou n'est plus avocat au sein du MCG ne m'intéresse pas vraiment et que je ne publie pas d'accusations non étayées de la part d'inconnus, même si elles visent des ennemis politiques.
Briand, je ne comprends pas ce que vous dites, ne sachant pas qui est Me P. ni ce que vous semblez lui reprocher. De manière générale, je regrette effectivement que la presse n'ait pas les moyens de faire davantage de vraies enquêtes. En fait, elle en fait extrêmement peu. A titre personnel, j'essaie de produire et réaliser des films un peu plus fouillés, tentant d'expliquer les choses plutôt que de simplement les montrer, mais cela intéresse moins le grand public que le dernier kleenex de telle ou telle chanteuse. Quant à l'écrit, je ne suis plus que blogueur, pas journaliste rétribué. Je ne vais donc certainement pas passer mon temps à enquêter, je dois aussi manger.
Petard, d'accord avec vous, n'importe qui a le droit de s'exprimer, nous sommes en démocratie. Mais Stauffer n'est pas n'importe qui, il est candidat au Conseil d'Etat. Qui plus est, c'est lui qui le dit, à la tête de la police. Donc à la défense des institutions. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cela implique qu'il les connaisse, les respecte et en comprenne le fonctionnement. Ce qui ne semble pas être le cas.
Me Poggia, nous n'avons pas la même lecture des écrits de M. Stauffer. C'est votre droit. A tout le moins, quand une pensée demande à être précisée, c'est qu'elle a été mal exprimée. Je note sur le fond que nous sommes d'accord et que donc vous ne l'êtes pas avec Eric Stauffer. Manière subtile d'exprimer votre différence, en m'égratignant au passage, mais manière tout de même de l'exprimer. Bien, le MCG n'est donc pas aligné couvert derrière son grand leader Président fondateur. Du moins dans les blogs. Dans les assemblées, lorsque les décisions se prennent, cela semble un peu plus compliqué. Ou bien ?
Par ailleurs, dénigrement systématique, vous en avez de bonnes. Qu'a fait le MCG depuis sa fondation à l'égard des institutions, des frontaliers, des régies publiques, des magistrats PLR et j'en passe ? Je vous rappelle que nous sommes en campagne électorale et que votre candidat est la personne qui risque d'empêcher le mien d'être élu. Car il n'y aura probablement pas de 2ème tour. Donc, si mon travail m'en laisse le temps, je ne laisserai rien passer des (fort nombreuses) perles qu'il égrène et des étonnantes casseroles qu'il promène.

Écrit par : Philippe Souaille | 05/04/2012

J'ai regardé le Genève à Chaud d'hier avec Stauffer. Décaillet se réveille, c'est bien. J'ai bien aimé quand il dit à Stauffer en le regardant dans les yeux qu'il a connu la prison de l'intérieur... Stauffer a marqué un temps d'arrêt et ce matin, il nous sort son certificat de bonne vie et moeurs... Qui ne contredit rien de ce qui a été écrit par l'illustré! Même pas les faillites, puisqu'il suffit qu'elles aient eu lieu depuis plus de deux ans pour ne plus être prises en compte. Les faits contestés ou n'ayant pas donné lieu à condamnation ne sont pas non plus pris en compte. Donc c'est juste de la comm, mais à l'ouest d'Onex, il n'y a rien de nouveau.

Voici ce que dit la loi à ce sujet :
Art. 10 Refus
1 Le certificat de bonne vie et mœurs est refusé :
a) à celui dont le casier judiciaire contient une condamnation à une peine privative de liberté.(11) L’autorité compétente apprécie librement, eu égard aux circonstances, si certaines condamnations de peu de gravité peuvent ne pas être retenues. Il peut en être de même des condamnations en raison d’une infraction non intentionnelle;
b) à celui dont l’honorabilité peut être déniée avec certitude en raison soit d’une ou plusieurs plaintes fondées concernant son comportement, soit de contraventions encourues par lui à réitérées reprises, notamment pour ivrognerie ou toxicomanie, ou encore s’il s’agit d’un failli inexcusable.(3)
2 Les faits de peu d’importance ou ceux qui sont contestés et non établis ne sont pas pris en considération.

Art. 11 Délai d’attente
1 Celui qui tombe sous le coup de l’article 10, alinéa 1, lettre a, peut néanmoins recevoir un certificat de bonne vie et mœurs si la moitié de la durée déterminante pour l'élimination de l'inscription en vertu de l'article 369 du code pénal suisse est écoulée.(11)
2 Celui qui tombe sous le coup de l’article 10, alinéa 1, lettre b, peut recevoir un certificat de bonne vie et mœurs si dans les 2 ans qui précèdent la demande, sa conduite n’a donné lieu à aucun fait pouvant porter atteinte à son honorabilité.(3)

Sur la suite de l'entretien, Stauffer raconte ce qui l'arrange, pas la vérité: Il dit que les gens qui sont à Frambois y sont parce qu'ils sont commis des délits. Non, ils sont en instance d'expulsion parce que leur demande d'asile a été rejetée, parfois après des années de présence en Suisse. Et Ils ont tous un point de chute, un pays vers lequel ils vont être expulsés.

Écrit par : Téléspectateur | 05/04/2012

@ Téléspectateur
"Il dit que les gens qui sont à Frambois y sont parce qu'ils sont commis des délits. Non, ils sont en instance d'expulsion parce que leur demande d'asile a été rejetée"....

si leur demande d'asile a été rejetée ET qu'ils sont malgré tout restés en Suisse, ils ont commis un délit...

Écrit par : bic | 05/04/2012

Nous sommes entrés dans une période où les opinions quelles qu'elles soient, d'où qu'elles viennent se croient au-dessus des lois et pire, elles ont tendance à être considérées comme au-dessus des lois ou des décisions de justice.

Ce sont les institutions elles-mêmes qui sont menacées.

Il faut paraît-il cinq ans pour lire le Memorial du Grand Conseil.
Avec un peu de patience on y trouve la déclaration suivante adressée au Conseil d'Etat par un candidat au même Conseil d'Etat : "je serai tenté de dire - et je m'en excuse auprès des jeunes - : "je vous emmerde" !(novembre 2011)
- Etonnant, non ? comme disait Pierre Desproges.
p.l.

Écrit par : pierre losio | 06/04/2012

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