18/04/2012

Mon ami Pierre Ruetschi, tu es un voisin bien mal élevé!

Cher Pierre, permets-moi de te le dire, ton édito d'hier sur les élections françaises est à la fois mensonger et légèrement parano. En plus d'ouvrir un boulevard, une fois de plus, à ces déferlements de haine anti-française qui n'ont pour pendant que la haine anti-suisse dans certains milieux gauchos de l'autre côté de la frontière. Déferlements tous aussi idiots, infondés et improductifs les uns que les autres. La seule chose de vraie, dans tout ce que tu écris, c'est que le moyen le plus simple d'interdire la publication de chiffres avant l'heure serait d'interdire les sondages. Mais cela n'est pas possible, car non seulement les appareils partisans en sont avides, mais la coutume est désormais de pouvoir annoncer le résultat dès 20h, grâce aux sondages "sortis des urnes", c'est à dire en interrogeant les gens à la sortie de l'isoloir.

Tout le reste, la parano sur la Suisse et les banques, le respect du droit helvétique, etc... c'est du blabla pipeau.  Ce problème de la publication des chiffres avant l'heure a au moins 30 ans. Depuis que la Tribune et d'autres le font, dans la plus parfaite illégalité. Le fait que les responsables de l'organisation des élections s'en offusquent est normal et naturel et ne date pas davantage d'aujourd'hui. Simplement, avec le développement d'Internet, cela devient à chaque fois plus préoccupant.

Certes, la Tribune est un média suisse et n'a pas à se plier à la loi française. Sauf que la Tribune est aussi distribuée et vendue en France. A l'époque, avant Internet, le débat ne portait pas sur la publication des résultats avant l'heure, mais sur celle des derniers sondages, le samedi, qui faisait bondir les chiffres de vente de la Julie sur Paris surface, puisque la concurrence française n'en avait pas le droit. Et déjà, il y avait des menaces d'action judiciaire, car bien évidemment, quand on vend un produit dans un pays, on se doit de respecter les règles de ce pays.

Tu me diras, oui mais Internet, c'est extra-territorial. Oui, si on veut. J'aurais plutôt tendance à dire que c'est de tous les territoires à la fois, ce qui oblige, précisément, à connaître les lois des différents pays dans lesquels on risque d'avoir des problèmes. Exactement comme ces banques que tu cites et qui doivent aujourd'hui savoir où elles mettent les pieds. Internet ne peut pas être, ne doit pas être une zone de non-droit. Par contre en l'absence de législation claire et de jurisprudences précises, il faut s'en remettre au bon sens. A des principes de base de bon voisinage, du genre "ma liberté s'arrête là où elle commence à empiéter sur celle des autres".

Je te rappelle que lors des votations en Suisse, il est strictement interdit de publier des résultats avant la clôture des bureaux de vote et que l'on attend patiemment le résultat des dépouillements. C'est logique et indiscutable, car même si c'est infime, la connaissance du résultat peut influer sur le vote. C'est une régle de base de la démocratie. Par ailleurs, la moindre des choses, entre voisins, c'est de respecter un minimum de règles communes. Si l'on fait une boum, on prévient et mieux, on demande l'autorisation; on ne fait pas marcher sa perceuse à 3 heures du matin; on ne jette pas ses déchets depuis sa terrasse sur le voisin du dessous, qui dans son jardin, reçoit des amis à dîner... Bref, on se respecte.

Ce que tu fais, du moins ce que tu annonces que tu vas faire, ce n'est pas correct, ce n'est pas respectueux et ce n'est pas déontologique. C'est comme de rompre un embargo mentionné par un communiqué de presse. Je sais bien que la Tribune, parfois, à recours à ce genre de pratiques professionnellement dicutables pour s'offrir des scoops à bon marché, mais cela ne vous grandit en aucun cas. Après, que vous soyez prêts à débourser quelques dizaines de milliers de Francs d'amende m'amène à te poser une question, car vous n'êtes généralement guère avides de coûteux procès: combien cela vous rapporte-t-il ? Le montant des pubs engrangées ce jour là est-il si considérable ou c'est juste pour le plaisir de faire établir une jurisprudence internationale ?

Ta réponse m'intéresse vraiment, parce que je doute que ce soit si intéressant financièrement. Alors défendre la liberté d'expression ? Pourquoi ne pas le faire en Suisse et révéler avant l'heure le résultat des prochaines votations ? Avec les votes par correspondance, ce serait fastoche... Reste l'idée de se faire bien voir d'un lectorat que l'on sait volontiers anti-frouze... Je ne suis pas certain que cela soit un bon calcul à long terme.

Avec mes amitiés, Philippe.

Commentaires

L'excellent Ambassadeur Zwahlen, conseiller de la BNS, l'expliquait fort bien dans de récentes conférences, dont le texte vient d'être publié par l'UIPF (l'Union des Intérêts de la Place Financière Lémanique). L'Europe est un pilier d'ancrage de la stabilité mondiale et il est fondamental pour nous qu'il le reste et se renforce. Y compris l'Euro. Car l'Europe est non seulement la partie du monde qui nous entoure, mais celle qui partage de plus près nos valeurs.
La stagnation de la construction européenne que nous constatons aujourd'hui est un drame, du en grande partie au non approfondissement de cette construction. De même que la crise mondiale est largement la conséquence d'un déficit de gouvernance mondiale. Les paradigmes d'aujourd'hui font que l'on ne peut plus espérer gérer ses affaires à l'échelle nationale sans se préoccuper de ce que fait ou pense son voisin.
C'est vrai en matière économique, sociale et financière. Les experts de tous poil qui réclament davantage de protectionnisme pour rapatrier les moyens de production se trompent en pensant qu'ils y parviendront en fermant les frontières. C'est tout l'inverse. L'Allemagne y parvient: elle rapatrie des usines qu'elle avait délocalisée en Asie. Mais parce que ses coûts de production ont été rendus suffisamment concurrentiels. Il n'y a pas d'alternative, à moins de prétendre vivre en autarcie, ce qu'aucun pays d'Europe ne peut faire, ni même l'Europe entière, faute de matières premières et de débouchés suffisants.
Quel rapport avec l'heure de publication des résultats ? Tout simplement que nous vivons dans un monde global, où nous sommes tous voisins et tous embarqués sur le même bâteau. L'Internet n'en étant qu'un des champs les plus flagrants. Il nous faut intégrer, et vite, le fait que l'on ne peut plus ne tenir compte que de nos petites lois nationales sans se préoccuper du contrecoup de nos actes chez le voisin. Car si on ne le fait pas, on court au devant de graves conflits.
Cela n'est pas "de la mondialisation néo-libérale". C'est de la mondialisation, qui nécessairement exprimera les rapports de force politique à l'échelle planétaire comme ils s'expriment à l'échelle nationale ou régionale. Qui ne profitera pas davantage à la gauche qu'à la droite, au pauvre qu'au riche. Elle profitera à tous et d'abord à la paix, en apportant respect et stabilité.
Rien qu'en économie sur les budgets militaires, cela représente un potentiel d'amélioration du sort des gens considérables. Par contre, il est clair que nous, occidentaux, européens, et Suisses en particulier, ne seront plus jamais les absolus privilégiés que nous avons été. Mais de toute façon, nous ne le serons plus jamais. Alors autant opérer la transition dans le calme que dans le sang et les larmes.

Écrit par : Philippe Souaille | 18/04/2012

je n'ai qu'un mot... merci! la lecture des commentaires sous les articles de la tribune est, sincèrement et sans rechercher la polémique, profondément choquante... tant de haine... c'est désolant... merci aussi de rappeler qu'une règle similaire existe en suisse ce qui semble être ignoré de beaucoup de ces commentateurs trop prompts à vociférer plutôt qu'à s'instruire...

encore une fois merci... votre lecture est réconfortante... espérons qu'elle soit aussi rassurante...

cordialement

matthieu

Écrit par : matthieu | 18/04/2012

@ P.Souaille,

Il me semble qu'en France on interdit les tendances avant le résultat final et non après la fermeture des bureaux de vote. A moins que les bureaux de vote ferment 1 heure avant les résultats.

Bref en France il peuvent brailler tout ce qu'ils veulent; il n'empêcheront pas l'inévitable.

D.J

Écrit par : D.J | 18/04/2012

Effectivement les bureaux de votre ferment à 20 heures. Et que comme en Suisse c'est après la fermeture que l'on peut donner des tendances. Mais je pensais surtout au deuxième ou l'on ne sait rien avant ( me semble-t-il ) le verdict finale.

Mais comme je l'ai dit; c'est tellement suivi dans le monde et surtout en Europe ces élections françaises contrairement aux votations suisses, que le viol de l'embargo semble inéluctable.

D.J

Écrit par : D.J | 18/04/2012

M. Souaille en défenseur de l'hypocrisie (et de la censure). On aura tout vu! Toute l'"élite" française (politiciens, journalistes, hommes de pouvoir, etc. - en un mot la nomenklatura) se fiche bien de la loi et connaîtra quasi en temps réel les résultats des sondages sortie des urnes. Mais le troupeau, lui, il devrait attendre 20h00. Et M. Souaille vient nous parler de loi, de démocratie... il ne manquerait plus que l'égalité des droits (notamment par rapport à l'information) pour que le tableau soit complet. Visiblement le mot transparence n'a pas de sens pour lui.

Je ne savais pas que la tdg paraissait le dimanche avant 20h00 et était instantanément distribuée en France.

Et à ma connaissance à Genève les bulletins des votes par correspondance ne sont pas ouverts avant la clôture du scrutin. Par contre il faudrait poser la question en ce qui concerne le vote par internet...

Le soleil rougeoie et la température est montée à 29 degrés.

Écrit par : Johann | 19/04/2012

"L'élite" comme vous dites, Johann a déjà voté et de toute manière ne représente qu'un petit pour cent et encore des électeurs. Le problème, c'est qu'on part du principe que les vrais résultats doivent être tenus secrets jusqu'à la clôture des derniers bureaux de vote. Parce qu'il y a encore plusieurs pour cent de gens qui votent au dernier moment et que cela pourrait influencer leur vote.
J'en profite pour vous répondre aussi sur votre commentaire précédent: Sarkozy ne s'est pas si mal débrouillé que ça, face à la crise et c'est l'un des mensonges majeurs de la gauche de prétendre pouvoir la gommer.
Avant d'être une crise du capitalisme, la crise actuelle est d'abord le fruit de la redistribution plus égalitaire des cartes entre les différentes parties du monde. Redistribution salutaire selon moi et selon n'importe quelle personne honnête et humaniste. Ce qu'en tant que gauchiste nationaliste chauvin, vous n'êtes pas, Johann. Vous croyez dur comme fer à des chimères, comme de penser que DSK n'aurait pas été choisi comme candidat sans ses "affairs", mais en fait votre combat revient à défendre vos intérêts égoïstes de petit bourgeois occidental européen helvète contre la montée en puissance des vrais pauvres, le reste du monde.

Écrit par : Philippe Souaille | 19/04/2012

Ph. Souaille, je vous encourage à poursuivre vos contributions en faveur de la cohérence et du respect, qu'il s'agisse d'individus, d'institutions ou de nations. Grand moralisateur à ses heures, M. Ruetschi prend pourtant souvent des libertés avec la loi lorsque ses intérêts (mercantiles) sont en jeu. On se souvient de ses tentatives répétées (et infructueuses, puisque condamnées par la Justice) pour justifier la publication de photos obtenues de manière illicite.

Écrit par : Paul Marbach | 19/04/2012

De toute façon la marge d'erreur sur les sondages est au moins de 5% ! Donc pratiquement on n'en saura pas plus que lors des derniers sondages officiels (à supposer en plus que les votants aient réelleemnt dit ce qu'ils ont voté!). Donc beaucoup de bruit pour rien, vraiment rien!!

Écrit par : uranus2011 | 19/04/2012

Comme d'habitude, M. Souaille, je vous redis ma phrase favorite vous concernant: Place aux jeunes! Et ils ont quand même une envie de respect de souveraineté et d'indépendance.

Vous aimez tant la France que cet amour vous fait oublier les règles élémentaires du pays qui vous a vu vous épanouir...grâce à son code juridique.

De là à vous taxer d'ingrat, il n'y a qu'un pas!

Robert Pahud

Écrit par : Bob Pahud | 19/04/2012

Cher jeune Pahud, ce que vous me dites n'a aucun sens. Il y a des jeunes qui pensent comme des vieux. Vous en faites indéniablement partie. Et d'autres jeunes pour qui l'idée de nation n'est plus qu'une vieille chimère à laquelle s'accroche désespérément un quarteron de conservateurs réactionnaires, jeunes ou vieux.
Je n'aime pas la France davantage que la Suisse. Ni moins d'ailleurs. J'aime que l'on soit juste et que l'on se détermine en fonction de critères le moins subjectifs possibles, c'est à dire surtout pas en fonction de la couleur d'un drapeau ou d'un passeport.
Parmi les règles élémentaires en Suisse, il y a selon moi le respect de la démocratie, la non-divulgation des résultats d'un vote avant la clôture des urnes et le respect du voisin. Tout ceci fait que, chez moi en Suisse, l'on ne fait pas au autres ce que l'on n'accepterait pas que l'on vous fasse.

Écrit par : Philippe Souaille | 19/04/2012

"Avant d'être une crise du capitalisme, la crise actuelle est d'abord le fruit de la redistribution plus égalitaire des cartes entre les différentes parties du monde."

Je suis plié de rire et vous êtes pathétiques Vous prenez vos rêves pour la réalité, ou dois-je dire votre utopie? La crise actuelle a été déclenchée aux Etats-Unis: 11 septembre US made, agressions contre l'Afghanistan et l'Irak, endettement record des USA, chute du dollar, puis subprimes. Et la crise des subprimes est une crise du capitalisme financier, et la conséquence directe d'une redistribution des revenus en faveur du capital au détriment du travail. De 70% - certains disent 67% - de part du PIB, le revenu du travail est descendu à 60% - certains disent 57%. Au profit de qui cette redistribution? Certainement pas des plus pauvres, alors que l'écart entre les plus riches et les plus pauvres ne fait que s'accroître partout, oui partout, à l'intérieur de chaque pays et entre les pays. Evidemment vous voyez la réalité par le gros bout de la lorgnette. C'est-à-dire que vous n'êtes intéressé que par l'élite, soit la maffia internationale au pouvoir qui veut briser toutes les solidarités pour augmenter encore son profit. En Chine, en Inde, en Russie une minorité s'en met plein les poches et alimentent les banques suisses, quand le bétail que vous vomissez, que vous ne respectez pas doit travailler - quand il y a un travail - dans des conditions dignes du 19me siècle en Europe. L'Afrique continue d'être pillée, l'Amazonie d'être déforestée, les océans d'être vidés de leurs poissons. Les terres des pays pauvres alimentent la table des riches, leurs terres sont soldées pour l'enrichissement sans frein des maffias locales. La Chine n'est qu'un prédateur de plus. Et vous venez parler de redistribution. On a vu comment vous réagissez devant l'impôt citoyen: pas touche, pas de cette redistribution-là! Les riches français doivent pouvoir continuer à profiter de leurs forfaits fiscaux (pourtant supprimé à Zurich). Pas de redistribution selon vous des droits et des devoirs. Vous voulez bien de vos droits de vote et à un passeport français, mais pas du devoir de payer l'impôt. Des droits, mais pas des devoirs. Ou est l'égalité des droits quand qqn peut exercer son droit de vote dans deux pays?

Les flux financiers sont complètement déconnectés de l'économie réelle. La crise elle est aussi là.


"Sarkozy ne s'est pas si mal débrouillé que ça, face à la crise"

J'adore les plaisanteries. Surtout quand elle sont courtes comme celle-ci.
Sarkozy a coûté 500 milliards d'Euro à la France. Et vous appelez ça "pas si mal débrouillé"? J'admire votre jugement. Allez voter et appeler à voter Sarkozy pour le 6 mai, de toute façon les jeux sont faits depuis octobre dernier. Et votre candidat Bayrou et dans les choux. Plus que jamais.

Alors faute d'argument vous recourrez à l'attaque ad hominem. Et c'est tout ce qu'il vous reste. Je vous pardonne, car vous ne me connaissez pas, et votre "jugement" ne juge que vous-même. Quand à mon jugement, je vous laisse juge :

"Le soleil rougeoie et la température est montée à 29 degrés."

Bon on va pas chipoter pour 0,4%, non?

Écrit par : Johann | 23/04/2012

J'allais oublier, les premières estimations étaient disponibles peu après 17h00. Elles ont vu juste, et ça n'a rien changé. Comme ça ne changera rien pour le 6 mai.


"le respect de la démocratie"

Selon le principe, un être humain, une voix, hors vous en avez deux. Vous ne respectez pas la démocratie.

Écrit par : Johann | 23/04/2012

Vous êtes gravement à côté de la plaque, Johann parce que comme tous les extrémistes sectaires, vous ne retenez dans vos données que celles qui confortent vos thèses. Pas très scientifiques tout cela. Le fait est que l'accaparement des richesses par une toute petite minorité soit l'une des raisons de la crise est indéniable. J'en ai d'ailleurs fait l'un des pivots de mon film "Le Secret des Dieux" qui montre comment la gouvernance mondiale tente de réagir à la crise. Mais ce n'est qu'une des raisons. Pas la seule.
La question de la nouvelle répartition mondiale des ressources et des richesses (et de leur caractère limité dans l'absolu) est au moins aussi importante. Ce que vous niez. Oui, une minorité profite plus, beaucoup plus, dans chaque pays, mais il est faux de dire que l'écart entre pays riches et pauvres s'accroit. Il se réduit. Pas seulement au niveau des BRIC, qui sont l'exemple éclatant de votre erreur, mais même au niveau des plus pauvres, qui en Afrique battent des records de croissance, tandis que nous autres Occidentaux stagnons. Ce qui réduit forcément l'écart, c'est arithmétique.
Quand on est un paysan pauvre africain ou asiatique, bossant comme un malade 15 heures par jour dans des conditions épouvantables (chaleur, climat, maladies) pour moins de 50cts par jour, décrocher un job régulier à 5 francs par jour, c'est un progrès considérable. Votre niveau de vie qui grosso modo décuple... La possibilité de faire travailler leurs populations dans ces conditions, c'est la seule chance, pour certains pays, de sortir de l'ornière. Car s'ils les payaient comme nous payons nos travailleurs, ils n'auraient jamais accès à nos marchés, en plus qu'on ne peut pas multiplier le niveau de vie global d'un pays par 500 comme cela du jour au lendemain (passer de 50 cts/ jour à 250 Francs comme chez nous pour un ouvrier).
Donc il faut procéder par étapes. Par exemple promouvoir la mise en lace d'un système de sécurité sociale mondiale, comme tente de le faire le BIT.
Concernant Sarkozy, j'ai assez dit ici depuis plus de 5 ans que je ne l'aimais pas. Mais il n'a pas si mal joué que cela, dans des conditions extrêmement difficiles. Il fait partie de ceux qui ont permis au système mondial de résister à une crise qui potentiellement était aussi grave qu'en 29. Il ne l'a pas fait tout seul. Il a eu l'intelligence d'écouter des socialistes éclairés: Pascal Lamy, Juan Somavia, Lula da Silva et même ce DSK que vous haïssez, Johann. Trop cosmopolite à vos yeux, sans doute.
Et pour que la France ne creuse pas son déficit, il aurait fallu prendre des mesures de rigueur à l'allemande, faire se serrer la ceinture davantage encore aux populations travailleuses, ce que vous dites détester, Johann...
Vous êtes un social-chauvin, Johann, et je ne vous convaincrai pas. Mais c'est de votre bois qu'on fait les dictatures.
Et lisez-moi en entier, svp, plutôt que de critiquer des morceaux isolés de ma pensée. Je suis pour une coordination mondiale de la fiscalité et la fin des paradis fiscaux. C'est un pan essentiel de mon bouquin l'Utopie Urgente. Mais dans un cadre global. A l'échelle nationale, c'est un voeu pieux. Concernant les Français de Suisse, qui pour la plupart sont des travailleurs parmi d'autres, ils paient déjà des impôts adaptés au pays dans lequel ils vivent. Leur en faire payer en France, sur la base des conditions de vie françaises serait foncièrement injuste. Après si certains bénéficient d'avantages sociaux lorsqu'ils rentrent en France, ou en matière d'éducation, il faut trouver le moyen de le leur faire payer, mais à l'usage. Pas systématiquement par l'impôt car la plupart n'utilisent pas ces droits.
Pour le reste Johann, vous ne me connaissez pas. Vous ne savez rien de mes convictions intimes au sujet de la démocratie, de la manière dont j'exerce mes droits de vote ou pas. Je pense que les Nations sont une absurdité ancestrale vouée à disparaitre, une organisation de type clanique, voire maffieuse, visant à se répartir en famille les produits de l'exploitation d'un territoire, contre les intérêts des clans voisins. Ce qui bien évidemment engendre conflits, rivalités et chauvinisme.
Tôt ou tard, les nations disparaitront. En attendant de pouvoir être citoyen du monde, le fait d'avoir deux passeports et deux droits de vote me convent assez. A l'échelle de l'agglomération, les double nationaux, franco-suisses ou autres sont certainement nettement plus de 100 000. Nous serons le double à la prochaine génération, et ainsi de suite, mais les frontières seront supprimées avant. Vous êtes une espèce en voie de disparition, Johann. Peut-être un jour mettra-t-on votre statue dans un musée ? Avec une épitaphe : il était le dernier nationaliste...

Écrit par : Philippe Souaille | 24/04/2012

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